00:00Sud Radio, le grand matin week-end, 6h-10h, Maxime Liedau.
00:05Il est 7h14 sur Sud Radio et prêtez-vous ce matin du côté du Loiret avec cette décision du département qui a pris une décision forte.
00:12Bonjour Marc Godet.
00:14Bonjour.
00:14Merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Vous êtes le président du département du Loiret et cette nouvelle.
00:19Alors comme ça, le Loiret a décidé de taper du poing sur la table et de supprimer les produits issus de l'Amérique latine, des assiettes des enfants scolarisés, c'est ça ?
00:27Tout à fait. Ça me paraît complètement logique à une époque où on nous dit, où la loi Egaline plus exactement nous dit,
00:33vous devez avoir minimum 50% de produits locaux sur les tables des collèges et des écoles, enfin tout ce qui est restauration publique.
00:41Et puis quand je vois aussi, même c'est un petit coup de patte, mais le Code des marchés publics qui peut imposer, lorsqu'on est au-dessus d'un certain seuil,
00:50qui peut imposer l'ouverture à la concurrence finalement, bon française, ça ça passe, européenne.
00:56Pourquoi pas ? Mais même bien au-delà, on doit ouvrir complètement nos marchés aux productions qui viennent d'ailleurs pour mettre sur la table des enfants.
01:05Donc moi ça me paraît aberrant ça déjà.
01:08Et puis il y a ce Mercosur qui va être signé, qui va mettre en difficulté nos producteurs locaux, mais des producteurs nationaux aussi, surtout, et européens.
01:16Donc on se dit, comment on peut nous se positionner ?
01:20Et pourquoi d'un côté, pardonnez-moi Marc Godet, pourquoi il a fallu autant de temps ? Parce qu'après tout, ça fait quoi ?
01:25Ça fait 25 ans qu'on parle du Mercosur et la loi Egaline a déjà quelques années.
01:29Qu'est-ce qui a été l'élément déclencheur ? C'est plutôt quand même l'actualité et les agriculteurs dans la rue sur les points de blocage, non ?
01:34Oui, effectivement. Je pense que ça a aidé à prendre conscience quelque part, prendre conscience qu'il y a un vrai problème.
01:40Donc cette prise de conscience, quand on est à la tête d'un département avec 58 collèges, 24 000 repas par jour qui sont servis dans nos collèges,
01:48ce qui fait en gros 3 millions de repas par an, effectivement se dire qu'on a une certaine force de frappe.
01:52Moi, je recherche aussi quelque part l'effet boule de neige.
01:57Alors déjà, notre association des maires du Loiret a lancé une démarche un peu similaire,
02:03ils avaient même précédé, ils avaient étudié une motion qui viserait à être distribuée dans toutes les communes
02:09pour dire, attention, peut-être qu'on pourrait bannir les produits venant de l'Amérique du Sud pour nos écoles primaires.
02:17Donc effectivement, là, quand c'est l'association des maires,
02:20tous les maires ne se mettront peut-être pas le doigt sur la couture pour dire...
02:23Mais on espère que ça peut en entraîner d'autres, vous avez raison.
02:26Il y a quand même aussi un message fort que vous véhiculez.
02:29Est-ce que c'est si facile, du jour au lendemain, parce que ça va se faire quand même assez rapidement,
02:33de changer tout le circuit, on va dire, de fournitures, des cantines scolaires,
02:38et de passer de, on va dire, d'aller progressivement, d'obtenir progressivement un 100% local, un 100% français ?
02:46Et surtout en termes de prix, est-ce qu'on arrive à tenir la fourchette ?
02:49Bien sûr, ça c'est une difficulté.
02:51Bon, on n'est pas non plus envahi de produits dans l'Amérique du Sud, mais c'est vrai qu'on a des doutes.
02:55Et ce que je dis maintenant aux chefs de cuisine, quand il y a un doute, il n'y a pas de doute, on ne prend pas.
02:59C'est-à-dire que quand on n'est pas sûr de l'origine du produit, il faut laisser de côté.
03:03Alors effectivement, le risque, c'est qu'il y ait une légère dérive budgétaire,
03:08parce que ce qu'on appelle nous le bol alimentaire, c'est en gros le coût de la matière première dans le repas,
03:12on est autour de 2,10€, 2,30€.
03:14Et quand on achète français, ça monte ?
03:16Pour l'instant, on ne l'a pas encore évalué, parce que là, on fait l'inventaire déjà dans toutes les cuisines,
03:21dans tous nos stocks, quels sont les produits où il y a un doute,
03:25ou quels sont les produits où c'est affiché clairement, ananas, avocats, d'équateurs, etc.
03:30Donc ceux-là, bon, ils seront consommés.
03:32Les produits qui sont achetés, ils seront consommés, évidemment.
03:34Il n'y a pas un danger imminent.
03:36Mais par contre, à l'avenir, c'est ça.
03:38Donc l'attention a été portée sur tous ces chefs de cuisine et sur notre service éducation
03:42de ne pas avoir recours à ces produits.
03:44Alors oui, il risque d'y avoir une légère dérive.
03:47Ça, c'est sûr, une dérive financière.
03:48Qu'il faudra que la collectivité supporte et que la collectivité supporte.
03:52Mais je ne pense pas non plus qu'on soit sur des sommes astronomiques.
03:56Ceci dit, dans le même temps, on lance aussi, j'ai lancé avec l'idée,
04:00qu'on ait des groupements de commandes entre certains collèges par secteur.
04:04Pour éviter peut-être une explosion des coûts et pour rassembler un maximum les prix.
04:09Et c'est sûr qu'on espère un effet boule de neige rapidement.
04:12Merci beaucoup, Marc Godet, d'avoir été avec nous.
04:14Président du département du Loiret, qui a cette initiative avec la mobilisation des agriculteurs.
04:19Stop aux produits issus des Amériques latènes, de l'Amérique latine,
Écris le tout premier commentaire