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Avec Mathieu Bock-Coté, auteur de "Le pessimiste joyeux" éd. Fayard

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##LE_FACE_A_FACE-2026-04-28##

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News
Transcription
00:01...
00:04Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face à face.
00:11Vous êtes bien sur Sud Radio, il est 13h05 en ce 28 avril, j'allais dire 1936,
00:18pourquoi je suis obsédé par 1936 ? Parce que c'était le bombardement de Guernica 26 avril.
00:23Voilà, 2028, et je reçois, je me permets de le traiter de joyeux luron.
00:26Ah mais très juste ! Il n'est pas que ça, mais c'est un Québécois heureux,
00:31il est revenu aux origines du Québec, il est revenu dans, alors la mère patrie originelle,
00:36je ne dis pas que c'est sa patrie, lui c'est un vrai Québécois, vous avez reconnu Mathieu Boc
00:41-Côté.
00:42Je me dis toujours, si Mathieu n'avait pas d'accent, est-ce que ses paroles auraient autant de poids
00:47?
00:48Peut-être pas, il y a peut-être une configuration climatologique et culturelle qui fait que...
00:53Donc c'est un livre d'entretien avec Laurent Dandrieu, avec lequel j'ai côtoyé sur d'autres plateaux de
01:00studios de radio,
01:01et ce livre d'entretien avec Laurent Dandrieu, rédacteur en chef culture à Voyeurs Actuels,
01:07s'appelle Le Pessimiste Joyeux.
01:09Alors je disais en présentant tout à temps la séquence Mathieu Boc-Côté,
01:12nous avions l'austère qui se marre, qui était un feu, Lionel Jospin,
01:15et là nous avons Le Pessimiste Joyeux.
01:18Alors, plus pessimiste ou plus joyeux ?
01:20Je pense les deux ensemble, c'est-à-dire que pessimiste, en fait, la formule à l'origine,
01:25c'est une formule que j'utilise pour parler de mon père,
01:26c'est-à-dire mon père qui, dans l'existence, considère globalement la bête humaine
01:30est généralement médiocre ou plutôt mauvaise.
01:31Père fondateur, on est d'accord, très important dans votre vie.
01:34C'est sûr la figure centrale de mon existence.
01:35Et en même temps, je crois que l'existence est une grâce,
01:38et riche de mille surprises, de mille petites joies, de mille bonheurs,
01:42donc je pense que c'est une manière d'aborder l'existence,
01:45c'est-à-dire une existence inévitablement catastrophique à l'échelle de l'histoire.
01:48Ah, tous les empires tomberont, tous les pays tomberont, toutes les nations tomberont,
01:51nous sommes contemporains, nous avons toujours l'impression de vivre dans des ruines,
01:55et pourtant la vie peut être un banquet.
01:56Et je vous donne raison, soit dit en passant, dans votre présentation,
01:58vous dites que l'accent, est-ce qu'il permet de dire des choses ?
02:01C'est identifiant.
02:02J'en suis absolument convaincu.
02:04J'ai constaté au fil du temps que l'accent québécois,
02:06alors ça c'est de bon côté ou de mauvais côté,
02:07c'est comme un accent de panda,
02:08c'est-à-dire une espèce de créature inoffensive.
02:10Dès lors, la créature inoffensive, version National Geographic,
02:13on croit qu'il peut tout dire,
02:14on ne lui prête pas le caractère polémique ou hostile qui caractérise la culture du débat parisien.
02:19Or, l'accent québécois, j'aimerais dire,
02:21les Québécois ne sont pas non plus des animaux absolument inoffensifs.
02:23Nous vivons dans le monde réel, nous savons ce qu'est le conflit.
02:25Je me souviens personnellement,
02:27et vous les avez peut-être ou connus ou entendus à la radio,
02:30quand de grands leaders politiques parlaient avec leur accent d'origine,
02:32que ce soit Jacques Duclos au Parti Communiste,
02:34Gaston Deferre,
02:35mais ils pouvaient aussi avoir l'accent alsacien ou l'accent du Nord.
02:38Voilà, c'était d'identifiant.
02:40On ressentait qu'ils représentaient un territoire avec le passé, la culture et le patrimoine.
02:44Et vous représentez ici le Québec.
02:46Donc, c'est très important le Québec pour moi,
02:48parce que ça prouve que la France peut rester France, même au-delà de l'Atlantique.
02:51Ah ben bien sûr, c'est une histoire magnifique.
02:53Vous êtes une taille de pont.
02:54Le fait est que, je crois que c'est Yves Duteil dans sa chanson,
02:58La langue de chez nous,
02:59il dit une bulle de France au nord d'un continent.
03:02De l'île d'Orléans.
03:03Jusqu'à la Contrèche-Cartre.
03:04Jusqu'à la Contrèche-Cartre qui est un quartier de Paris.
03:05Les jeunes, l'île d'Orléans, il n'y a pas dit l'Orléans.
03:07Ben non, effectivement, elle est sur Saint-Laurent,
03:09crétin face à Montréal.
03:11Jusqu'à la Contrèche-Cartre qui est un quartier du Saint-Laurent.
03:13En écoutant chanter, les gens de ce pays ont dit que le vent s'est pris dans une arbre.
03:16C'est magnifique.
03:16Mais le fait est que le Québec,
03:18on dit que c'est en si la Nouvelle-France est à la mode.
03:21Dans les faits, la première Nouvelle-France,
03:22le Québec, c'était l'Amérique française.
03:24Et je pense que l'histoire de France se poursuit autrement.
03:27Parce que, quoi qu'on en dise, le Québec est une nation à part entière.
03:29Mais une part de l'histoire de France se poursuit au Québec aujourd'hui.
03:33C'est la possibilité d'une autre Amérique.
03:35Et de Gaulle, quand il vient en 67, le 24 juillet 67,
03:37dans cette formule parlant des Québécois et des Français,
03:40les Français de part et d'autre de l'Atlantique
03:42travaillent ensemble à une même oeuvre française.
03:44Comme quoi, il y a une profondeur de civilisation qui nous unit.
03:46Quelques heures avant la célèbre déclaration
03:49au balcon de la mairie de Montréal,
03:51à Vivique, qui est l'équipe,
03:52et on oublie toujours que le maire de Montréal s'appelait M. Drapeau.
03:54Bien sûr, Jean Drapeau.
03:55Ça ne ment pas et que le général de Gaulle a repris le bateau le soir.
03:58Parce qu'évidemment, Ottawa a été très vexé.
04:01Et il est reparti.
04:02Vous imaginez, je fais un peu d'une uchronie,
04:05une politique fiction,
04:06Napoléon ne vend pas la Louisiane aux Anglais,
04:08il la garde.
04:09Nous ne perdons pas la guerre sur les champs d'Abraham,
04:12nous gardons le Québec.
04:13Et Donald Trump s'appelle Joseph Chandon.
04:16Ah non, ce serait pas mal.
04:18Ou elle serait bitru.
04:20On serait embêtés quand même.
04:22Ah mais il y a quelques années,
04:23Michel de Gégère avait consacré un numéro de Figaro Histoire
04:26à ce qu'aurait été l'Amérique autrement
04:28si la France n'avait pas perdu,
04:29elle n'avait pas été chassée.
04:31Il imaginait une forme d'Amérique
04:32où l'Espagne, le Portugal,
04:34les pays bonnes mémoires, l'Angleterre, évidemment,
04:36et la France...
04:36La Californie reste espagnole.
04:37Mais voilà, quelque chose comme ça.
04:39Et l'Amérique est française.
04:40Et le fait est que l'histoire de l'Amérique française
04:42se poursuit à travers l'histoire du Québec aujourd'hui.
04:44Et René Lévesque,
04:45qui est le général de Gaulle des Québécois en quelque sorte,
04:48c'est le grand...
04:49Le héros de la souveraineté d'association.
04:51qui perd son référendum en 1976.
04:53En 1880.
04:53En 1880, il gagne ses élections.
04:54Il gagne ses élections.
04:55Et en 1880, il perd le référendum.
04:57Et lorsqu'il fait le manuscrit Option,
04:59c'est le tourisme Option Québec,
05:00qui est le livre fondateur du néonationalisme québécois
05:03de 1967-1968,
05:05il raconte l'histoire de la Nouvelle-France
05:07pour fonder le droit du Québec à l'autodétermination.
05:09Donc il rappelle toute l'histoire
05:11de la présence française en Amérique
05:12qui culmine dans notre désir
05:14d'indépendance politique aujourd'hui.
05:16Et ce passage, je le cite d'ailleurs
05:17dans Le Pessimiste Joyeux,
05:18parce que c'est pour moi un des plus beaux passages
05:20de notre littérature politique,
05:21ce rappel de la longue histoire du Québec
05:23qui ne commence pas en 1960.
05:25Une longue histoire qui trouve encore une fois
05:26des racines françaises.
05:27Je vais vous donner un autre exemple.
05:29Tout au long de notre histoire,
05:30chaque fois que les Anglais,
05:31parce que le régime canadien est issu
05:32de l'Empire britannique,
05:34a voulu se débarrasser des Canadiens français,
05:35des Québécois.
05:36Ils ont voulu en finir avec eux.
05:37Et en leur disant,
05:38vous avez une histoire minable,
05:39une histoire médiocre,
05:40vous êtes une culture folklorique sans intérêt,
05:42eh bien souvent, nos historiens
05:44se tournaient vers notre histoire française
05:45en disant, regardez,
05:46nous participons à la civilisation française.
05:48Cela nous donne une forme
05:49de certaine noblesse dans l'espèce humaine.
05:51Dès lors, nos origines françaises
05:53servaient à revitaliser l'identité québécoise
05:55lorsqu'elle était piétinée
05:56par le régime canadien.
05:57Une nouvelle France
05:58qui est totalement antithétique
05:59à celle que nous promet
06:02la France insoumise.
06:03Et pourtant, cette nouvelle France
06:04a bien eu une cryonisation,
06:07mais au service de la culture française.
06:09Voilà.
06:10Donc, on peut avoir de la diversité,
06:12des rencontres de culture
06:12et rester soi-même dans la continuité.
06:14Bien sûr, je n'en doute absolument pas.
06:16C'est-à-dire que, comment dire ça,
06:18la culture québécoise
06:19n'est pas le simple prolongement
06:21de la culture française.
06:21Il y a une empreinte britannique,
06:22il y a le territoire nord-américain,
06:24il y a des emprunts amérindiens,
06:25et pourtant, à travers cela,
06:27je crois que c'est une histoire
06:28de 400 ans
06:28qui s'écrit sous le signe de la continuité.
06:30Alors, pour ne pas te fâcher,
06:32Laurent Dandrier,
06:32on va revenir au thème du livre.
06:34On ne s'en était pas trop éloigné.
06:36C'est un des aspects.
06:37On va revenir plus sur le fond,
06:39sur l'esprit de cet ouvrage
06:40qui est passionné,
06:40donc il y a vraiment un instant
06:41de réjouissance et d'apaisement.
06:43Je recommande de le lire
06:45sur des raisons médicales
06:46ou psychologiques,
06:47parce que nous sommes aujourd'hui,
06:48nous sommes noyés
06:49dans des informations
06:50qui nous angoissent.
06:51On raconte chaque jour,
06:52ça va de mal en pire.
06:53Et pourtant,
06:53il y a un compatriote québécois
06:56qui vient nous dire
06:56c'est un peu n'ayez pas peur.
06:58C'est une forme de dire n'ayez pas peur.
06:59Est-ce qu'on peut résumer
07:00l'idée centrale ?
07:01C'est un être lucide,
07:02donc pessimiste,
07:03sur l'époque que nous vivons,
07:05qui reste attaché à la vie,
07:06c'est-à-dire qui reste joyeux.
07:07Est-ce qu'on peut bien faire les deux ?
07:08Nous gérons la cruauté du présent,
07:12j'allais dire les preuves
07:13de l'actualité,
07:14et pourtant,
07:15il ne faut surtout pas se départir
07:16de ce qui nous rend
07:16et de ce que nous éloignons.
07:18J'en suis absolument convaincu.
07:19Je crois que la joie
07:20est une prédisposition de l'âme,
07:21et si on n'a pas
07:22une prédisposition pour la joie,
07:23à tout le moins,
07:24on peut la travailler.
07:25C'est-à-dire,
07:25il y a une différence de fond
07:27entre ceux,
07:28et c'est souvent le cas à gauche,
07:29si je peux me permettre,
07:30ils ne seront heureux
07:30que lorsque le monde sera parfait.
07:32Et donc,
07:33on confie à la société
07:37notamment une des raisons
07:38pour lesquelles je défends
07:39avec tant d'acharnement
07:40le droit à l'existence privée,
07:41le droit d'exister
07:42à l'écart du regard public,
07:44c'est la possibilité
07:45d'un bonheur
07:45qui n'est pas sous le signe
07:46de la transparence idéologique
07:47du moment,
07:48la possibilité pour une existence
07:49de se vivre à l'abri
07:51des surveillants idéologiques,
07:52des professeurs de morale,
07:54des donneurs de leçons,
07:55et de ce point de vue,
07:56je pense que oui,
07:56l'existence,
07:57quelle que soit l'époque,
07:57évidemment,
07:58il y a des périodes
07:58absolument catastrophiques,
07:59mais pour peu qu'on vive
08:00dans une société
08:01minimalement apaisée,
08:02il y a une prédisposition
08:03de l'âme
08:03qui s'appelle la joie.
08:04Mathieu Bobcoté,
08:05j'adore écouter la Marseillaise,
08:06j'adore écouter l'International,
08:08il y a une phrase
08:09qui me pose un problème,
08:10c'est du...
08:10Alors,
08:11c'est un sang pur
08:11à breuve de Sion,
08:12c'est pas très conforme
08:13aux valeurs de la République
08:14et de Marianne,
08:15mais on sait qu'à l'époque
08:15c'était le sang des Sénés,
08:16mais même à brevée
08:18de Sion avec du sang humain,
08:19c'est vain,
08:19et alors du passé
08:20faisant table rase
08:21dans l'International,
08:22non.
08:22Mais c'est la catastrophe
08:23absolue.
08:24Surtout pas.
08:25Le nettoyer un petit peu,
08:26oui,
08:27le faire,
08:27mais surtout pas
08:28de table rase.
08:29La tradition n'est pas
08:30un bloc absolument irréformable,
08:33la tradition est réinterprétée
08:34à chaque génération,
08:35mais je crois que
08:36la grande erreur des modernes
08:37c'est le fantasme
08:37du recommencement zéro.
08:39C'est cette idée
08:39que l'homme devrait se délivrer
08:41de sa culture,
08:41de sa mémoire,
08:42de sa langue,
08:43de son identité,
08:44de ses racines,
08:45de sa religion,
08:46de tout ça,
08:46mais au terme de cela,
08:48l'homme n'est pas absolument libre,
08:49il devient absolument nu
08:51et condamné à grelotter
08:52dans un monde trop froid
08:53pour lui.
08:54On oublie à quel point
08:55l'homme qui s'est arraché
08:57à tout est en fait
08:58une pauvre créature
08:59jetée dans un monde
09:00qui le broiera.
09:01J'ajoute une chose,
09:02un homme déculturé,
09:03de manière très politique,
09:04un homme déculturé
09:05arraché à son identité
09:06est un homme
09:07que les pouvoirs
09:07vont pouvoir manipuler
09:08beaucoup plus facilement
09:09et comment les peuples
09:11des pays de l'Est
09:11ont su résister
09:12notamment à la domination soviétique
09:13parce qu'ils étaient
09:14ancrés dans leur culture
09:15à l'époque de la domination soviétique.
09:16Vous critiquez
09:17les idéologies modernes
09:18qui veulent reconstruire
09:19la société de zéro.
09:20Rappelons que le nazisme,
09:21aussi à un moment donné,
09:22Hitler envisageait
09:22de faire un homme nouveau.
09:24Germania,
09:24refaire une...
09:25C'est l'horreur totalitaire,
09:26c'est cette idée
09:27de l'homme nouveau
09:27qu'on doit arracher à tout
09:29pour le faire renaître
09:29dans la pureté de la doctrine
09:31et c'est catastrophique partout.
09:33Un individu déraciné
09:35était le plus fragile
09:36et manipulable
09:36quand on n'a plus de passé,
09:38quand on n'a plus de mémoire,
09:38quand on n'a plus de racine.
09:39Mais absolument,
09:40c'est-à-dire l'individu
09:41qui n'a plus de repères,
09:42qui n'est plus ancré
09:42dans quelque chose
09:43qui est antérieur
09:44à la rationalité administrative,
09:45juridique ou bureaucratique,
09:46cet individu devient
09:47un numéro parmi d'autres.
09:49Et on notera d'ailleurs
09:49dans nos sociétés
09:50la tentation totalitaire
09:51des modernes
09:52s'exprime aujourd'hui
09:53notamment dans la volonté
09:54d'une transparence intégrale
09:56de l'existence,
09:57d'une codification intégrale
09:59de l'existence.
09:59Vous n'avez plus
10:00votre domaine
10:00qui vous appartient
10:01à partir duquel
10:02vous pouvez résister
10:02au pouvoir
10:03qui veut vous manipuler,
10:04qu'il s'agisse
10:04du pouvoir privé
10:05au public d'ailleurs.
10:06Vous dites
10:06que la modernité radicale
10:07produit une perte
10:08de repères collectifs.
10:09Vraiment, carrément,
10:10de repères de repères collectifs.
10:11Ou alors,
10:11on nous propose
10:12des repères falsifiés.
10:13Vous voyez le rapport
10:14à l'histoire.
10:14On a vécu
10:15pendant une dizaine
10:16d'années,
10:16une quinzaine d'années
10:16des années 90
10:17dans cette idée
10:18qu'il fallait repartir
10:18à zéro.
10:19Plus l'histoire.
10:20Et là, l'histoire revient
10:21dans sa version pénitentielle.
10:22Donc, vous avez
10:23de nouveaux repères
10:23mais ce sont des repères
10:24qui vous poussent
10:25à vous maudire,
10:26à vous détruire,
10:27à vous stigmatiser,
10:28à vous déconstruire
10:29en permanence.
10:30Donc, d'abord,
10:31vous aviez les repères,
10:32on les balaie.
10:32Vous n'avez plus rien.
10:33Vous avez l'impression
10:34d'être dans le grand vide
10:35de sens.
10:35Et à la fin,
10:36on vous propose
10:36une identité négative
10:37qui vous pousse
10:38à l'autodestruction.
10:39On vous pousse
10:39à détester l'histoire
10:40de France.
10:40On vous pousse
10:41à détester l'histoire
10:41du Québec.
10:42On vous pousse
10:42à détester l'histoire
10:43de l'Occident.
10:44On vous pousse
10:44à vous effacer
10:45pour qu'advienne
10:46la fameuse Nouvelle-France
10:46qui, elle,
10:47serait porteuse
10:47d'une véritable force
10:49de rédemption.
10:49Donc, on voit
10:50ce que veut dire
10:50la destruction des repères.
10:51Donc, le monde
10:52n'est pas une patamolée
10:53transformable à volonté.
10:54Alors, ceux qui l'ont cru
10:55ont transformé le monde
10:56en enfer.
10:57Ils sont en train
10:58de le transformer.
10:59Je reçois Mathieu Bob Côté
11:01qui, aujourd'hui,
11:02est un pessimiste joyeux,
11:03non pas un austère
11:04qui se marre,
11:05même s'il peut être austère
11:06et qui se marre.
11:07Voilà, un entretien
11:08avec Laurent Dandrieu
11:09publié chez Fayard.
11:11Gardons histoire
11:11malgré l'adversité
11:13et gardons espoir
11:14en croyant
11:14en ce que nous sommes,
11:15d'où venons,
11:16nos valeurs
11:17et non pas nos certitudes
11:18mais nos convictions.
11:19C'est vraiment très important.
11:20Et vous nous appelez
11:21au 0826 300 300.
11:23Vous avez vu la teneur
11:24de la conversation
11:24et de l'échange.
11:25C'est parti sur
11:26Voilà, ça ne va pas
11:27dans tous les sens
11:28mais ça appelle
11:29à tous les sens
11:29et Mathieu Bob Côté
11:30se fera une joie
11:31et un honneur
11:32de répondre
11:32à vos interrogations,
11:33peut-être à vos divergences.
11:34En tout cas,
11:35si vous avez besoin
11:36d'un petit remède,
11:37le docteur Bob Côté est là
11:38pour vous donner
11:38la joie d'espérer
11:39en ce que ce beau pays
11:40est la France.
11:41A tout de suite
11:41sur Sud Radio.
11:43Midi 14h,
11:43la France dans tous ses états
11:45Péricault et Gass.
11:47Et dans un état
11:47d'euphorie absolue
11:48puisque je reçois
11:49Mathieu Bob Côté
11:50auteur du pessimiste joyeux
11:52des entretiens
11:52avec Laurent Dandrieu.
11:54Mathieu Bob Côté,
11:54on en discute
11:55depuis 13h,
11:58nous dit
11:58ne perdez pas confiance,
11:59ne perdez pas espoir,
12:00la situation est dure
12:01mais pas désespérée.
12:02Pourquoi ?
12:03Mais précisément
12:04parce que quand on est français,
12:05on a des matières
12:06à espérer,
12:07on a surtout des arguments
12:08pour se battre
12:08et on a surtout
12:09dans notre quotidienneté,
12:10dans notre géographie,
12:11des éléments
12:12qui peuvent nous rendre
12:12plus forts,
12:13qui peuvent nous permettre
12:13d'espérer
12:14et de préserver
12:15cette continuité.
12:15C'est facile à dire.
12:17Ça concerne tout le monde
12:18ou non ?
12:18Y compris les gens
12:19avec des revenus modestes ?
12:21Non, fondamentalement,
12:22il est plus facile
12:23d'avoir une vie heureuse
12:25à tout le moins
12:25si on n'a aucun souci de santé,
12:27si on a beaucoup d'argent,
12:28si on a une...
12:28Évidemment.
12:29Mais si on a un verre de cidre
12:30du camembert,
12:31c'est déjà fait.
12:31C'est-à-dire que j'entends par là
12:32qu'il y a...
12:33Oui, c'est une belle image.
12:35On peut changer.
12:36Je peux dire un verre de sans serre,
12:37un crottin de chavignol
12:38ou une saucisse de Toulouse.
12:39Je prends tout.
12:39Il y a quelque chose
12:40d'à moins de 10 euros.
12:40Je prends tout.
12:41Mais je suis d'accord.
12:42Je pense que tout en sachant
12:44qu'il faut un minimum vital
12:44pour survivre,
12:45ça va de soi.
12:46On n'est pas dans l'idée
12:46du dépouillement,
12:47du dénuement.
12:48Une fois que c'est dit,
12:49je pense que l'espèce
12:51de consumérisme étrange
12:52qui nous dit
12:53qu'il n'y aura de joie,
12:54de bonheur
12:55dans l'accumulation débile
12:56des matériels de tous les biens
12:57suggérés par une publicité
12:58qui est encore une entreprise
13:00de conditionnement mental
13:01en permanence,
13:02je crois, je crois
13:03qu'il faut savoir résister à cela.
13:05Ensuite, par ailleurs,
13:07ensuite,
13:07c'est la question de la...
13:08C'est pour ça que je dis la joie.
13:10Chesterton nous dit quand même
13:11cette formule,
13:11moi qui m'a toujours marqué,
13:12c'est une grâce que d'exister.
13:14C'est une grâce que d'exister.
13:15Dès lors, on n'est pas...
13:16Les croyants pensent
13:18qu'on a une promesse d'éternité,
13:20mais laissons de côté
13:21l'éternité.
13:21En ce monde,
13:22pendant les quelques décennies
13:23que nous le traversons,
13:24il y a tout simplement
13:25l'existence est riche
13:26de mille bonheurs
13:27et c'est pour ça
13:27que quand on m'a posé
13:28la question,
13:28je crois,
13:28chez Pascal Praud,
13:30c'est Eugélie Basty
13:30qui me disait
13:31qu'est-ce qui vous rend heureux
13:31Mathilde Côté ?
13:32Je dis un fromage.
13:33Pourquoi ?
13:34Parce que la grande erreur
13:36des modernes,
13:36c'est de chercher,
13:37on en parlait un instant,
13:38le salut dans la rédemption collective
13:40et c'est une erreur.
13:41Le collectif existe,
13:42le politique existe,
13:43les idéaux existent,
13:44mais il n'y a pas de rédemption
13:45dans le collectif.
13:46Il n'y a de vérité absolue
13:47dans l'existence privée
13:50avec ses proches.
13:50Il y a un bonheur public,
13:51mais il n'y a de joie que privée.
13:53Mathilde Côté,
13:54comment se battre,
13:55s'embasculer dans l'excès idéologique
13:56pour se défendre ?
13:58Nous allons éviter l'écueil
13:58du grand remplacement
13:59de Renaud Camus.
14:00Est-ce que je peux parler
14:01de tentative de substitution
14:03d'un monde par un autre
14:05au nom de causes très justes
14:06et très saines ?
14:07Il n'y a pas de problème
14:07de la fraternité,
14:09de la mondialité,
14:11de l'universalité.
14:12Quelle arme j'ai, moi,
14:14pour jouer,
14:14comme le suggère
14:15Alain Ficulte,
14:16je veux garder ma continuité.
14:18Je veux laisser mon clocher
14:19au milieu du village
14:20alors que je suis laïque,
14:22peut-être athée par ailleurs.
14:23Je veux garder l'église
14:25et je ne rechète pas l'idée
14:28d'une mosquée quelque part
14:29pourvu que nous vivions en harmonie.
14:30Quels sont les arguments
14:31que nous avons aujourd'hui
14:32face à ces gens ?
14:33Je comprends que la démographie
14:35soit probablement
14:36ce qui pousse le plus
14:37au fatalisme.
14:38Il y a une formule,
14:39moi, que j'ai toujours
14:39aimé citer,
14:40c'est une bille reprise
14:41par Brunet,
14:42reprise par Arcand,
14:43reprise par Zemmour,
14:44qui dit que trois facteurs
14:45pèsent dans l'histoire,
14:46le nombre,
14:47le nombre et le nombre.
14:48Et en tant que Québécois,
14:49je vous dirais que nous savons
14:50une chose que les Français
14:51ne savent pas encore,
14:52peut-être commencer
14:52à le savoir,
14:53c'est que devenir minoritaire
14:55chez soi,
14:55c'est la certitude
14:56de la disparition.
14:57Parce que vous passez
14:58du pouvoir,
14:59vous avez le pouvoir
14:59sur vos vies,
15:00vous aurez au mieux
15:01des droits.
15:01Vous négocierez
15:02avec la souveraineté nouvelle
15:03des droits
15:04pour aménager
15:05un réduit
15:05d'existence collective.
15:07Donc, rien n'est plus important
15:08pour un peuple
15:08qui a une majoritaire
15:09chez lui.
15:10Ensuite,
15:10rien n'est plus important
15:11que d'assumer sa culture
15:13et de ne pas la traiter
15:14comme un fardeau.
15:15Moi, je crois à l'universel,
15:16mais il n'y a de l'universel
15:17que situé.
15:17C'est à partir
15:18d'un ancrage culturel véritable
15:19qu'on peut se projeter
15:20vers l'universel.
15:21L'universel à rôle seul
15:22ne donne absolument rien.
15:24Et, vous parlez
15:25de la démographie,
15:25je reviens,
15:26la réponse ici est politique.
15:27C'est-à-dire,
15:27autant je ne crois pas
15:28à la rédemption
15:29par le politique,
15:30autant je crois
15:30au rôle du politique.
15:31Et c'est une époque
15:33aujourd'hui
15:33où il y a une importance
15:34vitale de reconstruction
15:35des frontières,
15:35de mise en place
15:36des mécanismes
15:37d'assimilation
15:38autant que possible,
15:39tout en sachant
15:40que s'il y a reconstruction,
15:42reconquista, reconquête,
15:43j'en sais rien,
15:44ça va dépasser
15:45largement nos vies,
15:46ça va être sur une tâche
15:47de plusieurs générations.
15:48Encore doit-on savoir
15:51pour préserver cette continuité
15:52historique et culturelle,
15:53pour préserver cet héritage
15:54à transmettre
15:55qui est le socle de la France,
15:57pour préserver notre identité,
15:58notre sens du partage,
16:00notre universitalité,
16:01quelle est l'institution
16:02que la République
16:02doit en priorité
16:04sauver tout de suite d'urgence ?
16:05C'est l'école ou non ?
16:06Bien sûr, ça, ça.
16:06Alors, je pense que
16:07la question de l'école
16:08et Finkielkraut là-dessus
16:08est très claire.
16:09L'école est le lieu
16:10où la société fait le pari
16:11d'une transmission consciente.
16:13C'est-à-dire, nous disons
16:13à chaque génération,
16:15voilà ce qui est essentiel
16:16pour entrer dans le monde commun.
16:17Donc, l'école doit être pensée
16:19non pas justement
16:20comme un simple lieu
16:21d'ajustement,
16:21d'adaptation à la société,
16:23mais le lieu de la transmission
16:24de notre patrimoine
16:25de civilisation.
16:26Qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ?
16:26Luc Ferry disait hier
16:27que c'était un massacre.
16:28Comment est-ce que la République
16:29a pu négliger
16:30cet outil fondamental
16:31d'intégration
16:32et de permanence
16:34de la républicité ?
16:34Oui, mais partout en Occident,
16:36ça va bien au-delà
16:37de la République française.
16:38Au Québec aussi,
16:39vous avez ce phénomène ?
16:40Oui, aux États-Unis.
16:40Ensuite, il y a partout...
16:41Donc, personne n'est épargné.
16:42Le monde développé
16:43n'est pas épargné.
16:43Je pense que les mêmes idées
16:44sèment partout
16:45les mêmes conséquences.
16:47Ensuite, ensuite...
16:47Pardon, les mêmes idées.
16:48Le pédagogisme américain,
16:49l'universalisme...
16:49Oui, le pédagogisme,
16:51le constructivisme,
16:52la déconstruction
16:52de la transmission culturelle.
16:54Cette idée,
16:54je crois que c'est
16:55Mme Duflo qui disait
16:56il y a quelques jours
16:56que l'orthographe
16:57est une technique
16:58de sélection sociale
16:59au service des dominants
17:00et de la bourgeoisie.
17:01Elle nous a fait
17:01du néo-bourdieu
17:02de la gamme.
17:03Sarkozy disait
17:03que la princesse de clèves
17:05on commence à souper
17:06et le président de la République
17:06avait dit
17:07il n'y a pas
17:07la culture française,
17:08il y a les cultures de la France.
17:09Voilà, donc il y a cette idée
17:10que la culture française
17:11est optionnelle chez elle.
17:13Ensuite, je pense néanmoins
17:14sur le plan politique
17:15la question première
17:15parce qu'on peut toujours
17:16reconstruire l'école,
17:17on peut reconstruire une économie,
17:19on peut désendetter un pays,
17:20on peut même reconquérir
17:21les pouvoirs confisqués
17:23par l'Union Européenne
17:23mais la démographie
17:25est probablement
17:25ce qui est fatal.
17:26C'est-à-dire le jour
17:26où les Français
17:27au sens postéloir administratif
17:29le peuple historique français,
17:31le jour où les Français
17:31deviendraient minoritaires
17:32chez eux,
17:33ils feraient l'expérience
17:34d'une dépossession grave
17:35et radicale.
17:36L'homme est un être situé
17:37dans sa chair,
17:39dans sa terre,
17:40dans son passé,
17:40dans son histoire.
17:41Mais ça, c'est ce que...
17:42Alors là,
17:43si on médite un instant
17:44sur la modernité,
17:45la modernité tend à présenter
17:46toutes les formes
17:47d'enracinement
17:48comme des éléments
17:49de contexte secondaire.
17:50La vérité de l'homme
17:51serait dans sa nudité universelle.
17:53Et ça, nous savons.
17:54Nous savons aujourd'hui
17:55que c'est fondamentalement faux.
17:56Et je vous le dirais
17:58sur le plan touristique.
18:00Rien ne me déplaît davantage
18:01que d'arriver dans une ville,
18:04une grande ville,
18:04et d'avoir l'impression
18:05de retrouver celle
18:06que je viens tout juste
18:06de quitter
18:06il y a quelques milliers
18:07de kilomètres plus avant.
18:08Je vous raconte une histoire
18:09qui se passe...
18:09Avec les mêmes enseignes,
18:10partout.
18:11Les mêmes cafés.
18:12Alors c'est une histoire
18:12qui se passe il y a...
18:13Ça doit faire une dizaine d'années.
18:14Pour une dizaine d'années,
18:15je m'en souviens encore.
18:16Je quitte Montréal
18:17avec ma compagne
18:18pour aller, je crois,
18:19sur l'Europe centrale.
18:20Dans le taxi,
18:21il y a une chanson
18:22américaine du moment.
18:23Je traverse l'Atlantique,
18:25on se pose à l'aéroport,
18:26on prend un taxi,
18:27et c'est la même chanson
18:29qui joue des milliers
18:29de kilomètres plus loin.
18:30À ce moment précis,
18:32j'ai eu l'impression
18:32comme touriste,
18:33pas comme voyageur,
18:34mais comme touriste,
18:35d'appartenir à l'armée
18:36d'occupation de la mondialisation.
18:38Et on arrive,
18:39on prend un territoire,
18:40on le vide de sa population réelle,
18:41sa population locale,
18:42on conserve les décors
18:43parce qu'ils sont plus beaux
18:44que des constructions récentes,
18:45et ensuite,
18:46on décide de le coloniser
18:47avec l'espèce de culture
18:48de l'anglo-conformité mondialisée.
18:50Il y a là-dedans
18:51une véritable destruction.
18:52Vous voyez, Mathieu,
18:53du côté,
18:53quand je suis dans le Berry Profond
18:55ou la Provence Authentique
18:56ou l'Asace Éternelle
18:58ou la Savoie Insondable
18:59et que je vois un agriculteur
19:01avec une casquette de baseballeur
19:02alors qu'il y a encore quelques années,
19:03il avait un chapeau,
19:04un béret,
19:05et que tout le monde l'a,
19:06je me dis quand même,
19:06les Américains ont gagné
19:07sur ce côté-là.
19:08Oui, oui, mais ça,
19:08on peut gagner.
19:09Ils boivent un certain soda
19:10et ils mangent un certain type
19:11de sandwich.
19:11Mais ça, je pense qu'on peut reconquérir.
19:13C'est-à-dire là où je serais
19:14presque optimiste culturellement.
19:15Le fast-food en pleine campagne
19:16où on va faire la communion aujourd'hui,
19:23je ne ferai pas de pub,
19:23mais par exemple,
19:25la France qui est le pays de la gastronomie,
19:26quand on voit aujourd'hui
19:27l'espèce de poulet dégueulasse
19:29qui est servi dans certaines quartiers...
19:30Vous avez vu le maire de Saint-Ouen
19:31qui se bat contre Master Poulet,
19:33il n'en veut pas
19:33parce que pour lui,
19:34c'est Saint-Mol le malbouffe.
19:35Et M. Coqueren,
19:36la France insommée,
19:37je lui ai dit,
19:37salaud, tu n'aimes pas les pauvres,
19:38ils ont le droit de crever
19:39et d'autres gens de LFI disent
19:41vous êtes raciste
19:42si vous n'aimez pas le Master Poulet.
19:43Exactement.
19:44Donc là, moi, je vois,
19:44il y a quelque chose,
19:45je crois,
19:45le testi-crousti,
19:46je ne peux m'empêcher
19:48d'y voir pas de marque en particulier,
19:50mais plus largement,
19:51dans la malbouffe aujourd'hui,
19:52une forme d'empoisonnement global
19:53de nos sociétés,
19:54d'empoisonnement alimentaire global.
19:56Et je dirais à la blague,
19:56moi qui ne suis pas tout petit,
19:58tout mince,
19:58il y a plusieurs manières
19:59de prendre du bide,
20:00prenons un autre chemin
20:01que la malbouffe américaine.
20:02Est-ce que les Québécois,
20:04qui sont dans un milieu anglophone,
20:07évidemment, le Canada,
20:08et en plus avec comme grands voisins
20:09et amis,
20:11les Américains,
20:12est-ce que vous êtes vraiment,
20:13comme le dit la caricature,
20:14des Français américanisés,
20:15et est-ce que la société québécoise
20:17a pu préserver son identité,
20:18j'allais dire francophone
20:20et francophile,
20:21malgré la très forte influence
20:22des anglo-saxons
20:23et des Américains ?
20:24Depuis la première présence française
20:26en Amérique...
20:27Autrement dit,
20:27est-ce que vous avez vraiment
20:28des leçons de morale à nous donner ?
20:29Ou vous avez vous déjà...
20:30Je donne le leçon...
20:30Non, non, non,
20:31je parle des Québécois en général,
20:32ou est-ce que vous avez vous aussi,
20:33vous êtes passé par là ?
20:34Et que vous avez en connaissance de cause
20:35ce qu'il ne faut pas faire ?
20:36Mais nous savons en fait
20:37ce que veut dire
20:38le fait de devenir étranger chez soi.
20:40Montréal était autrefois
20:41la deuxième plus grande ville française
20:42de langue française au monde.
20:44Aujourd'hui,
20:45Montréal est en train de devenir
20:45une ville française de langue anglaise.
20:47Ce que je vois,
20:48il y a un changement démographique majeur
20:51à Montréal,
20:52dans la grande région de Montréal,
20:54et tout ça,
20:55c'est dans une formule,
20:55vous venez de l'évoquer,
20:56c'est le bonjour,
20:57aïe.
20:57Normalement,
20:58vous entrez dans un commerce,
20:59on vous dit bonjour.
21:00Un jour,
21:00au nom de la diversité,
21:01de l'inclusion,
21:01on a dit bonjour,
21:02aïe,
21:02en français et en anglais.
21:03Autrement dit,
21:04vous avez le choix,
21:04le français est optionnel.
21:05Et quelques années plus tard,
21:07on a eu aïe tout court.
21:08Et là,
21:08vous devez,
21:09si vous dites bonjour,
21:09on va peut-être vous accommoder,
21:11mais on vous accommode
21:11à la manière d'un étranger
21:12en son propre pays.
21:14D'un point de vue québécois,
21:15la reconquête linguistique
21:16et culturelle de Montréal
21:17est absolument vitale
21:18parce que par ailleurs,
21:19les conséquences démographiques
21:21sur notre avenir politique
21:22sont réelles.
21:23Ottawa,
21:23le pouvoir canadien,
21:24a toujours utilisé l'immigration
21:25pour diluer le fait français
21:27et aujourd'hui,
21:28pour verrouiller démographiquement
21:29l'avenir politique du Québec.
21:30Et ça,
21:31je pense que c'est fondamental.
21:33Le peuple québécois
21:34a une dernière chance,
21:34je pense,
21:35dans les 50 prochaines années
21:36d'accès à l'indépendance politique.
21:37Mais comme en 1995,
21:3961% des francophones
21:40ont voté oui,
21:4099% des anglais ont voté non,
21:42c'est normal.
21:42Et à peu près 90 à 95%
21:44des immigrants ont voté non.
21:45On voit comment Ottawa
21:46utilise l'immigration
21:47pour verrouiller démographiquement
21:49notre avenir national,
21:50comme quoi l'immigration
21:50est une arme politique
21:52par certains pouvoirs
21:53pour en finir,
21:54dis-je,
21:55avec certains peuples insurgés
21:56comme le Québécois.
21:57Un petit remplacement
21:58long et progressif,
21:59mais qui...
22:00Une mise en ligne
22:01de minorité.
22:02René Lévesque parlait,
22:03disait qu'il y avait
22:04deux ministères
22:05de l'immigration au Canada.
22:06Un à Ottawa
22:06pour nous noyer
22:07et un à Québec
22:08pour enregistrer la noyable.
22:09Et ça pourrait fonctionner.
22:11Eh bien moi,
22:12je continuerai à dire
22:13à nos auditeurs
22:14de Sud Radio,
22:15venez sur Sud Radio,
22:15on va bien s'adonner,
22:17comme on dit
22:17à l'entrée des banques au Québec,
22:18quand pour saisir
22:19la clientèle
22:20et leur dire de venir.
22:21Vous nous appelez
22:21au 0826 300 300,
22:23vous avez vu la teneur
22:24de mon échange
22:24avec Mathieu Bocoté,
22:26on parle de beaucoup de choses,
22:27bien entendu,
22:27de cette identité française
22:30à préserver,
22:31alors que nous sommes confrontés
22:32à un monde sans pitié.
22:34Le pessimiste joyeux,
22:35c'est le titre du livre
22:36de Mathieu Bocoté
22:36co-écrit avec Laurent Dandrieux,
22:38c'est un échange
22:39publié chez Fayard
22:40et il vous donne peut-être
22:41les clés et les secrets
22:42d'un espoir justifié
22:44parce que justement,
22:45nous avons la chance
22:45d'habiter en France
22:46et que cette continuité
22:47nous donne envie
22:48de la prolonger,
22:49cette continuité.
22:50On vous attend
22:50au 0826 300 300
22:53sur Sud Radio.
22:54Vous êtes sur Sud Radio,
22:55il est 13h32,
22:57la parole est à ceux
22:58qui nous écoutent,
22:59toujours en présence
22:59de Mathieu Bocoté,
23:00mais là,
23:00vous pouvez intervenir,
23:01appelez-nous
23:02parce que je suis sûr
23:03que ce que nous avons dit
23:04avec Mathieu Bocoté
23:05vous inspire,
23:06vous interpelle,
23:07vous réjouit,
23:07vous rassure ou vous inquiète.
23:09Il a les clés du bonheur
23:10malgré l'adversité.
23:11Dans ses livres,
23:12le pessimiste joyeux
23:13écrit,
23:14c'est un entretien
23:14avec Laurent Dandrieux
23:16et au fil de ses plus
23:18de 300 pages,
23:19vous avez les codes
23:20qu'il faut utiliser
23:21aujourd'hui.
23:22Les mauvaises nouvelles tombent
23:23sur tous les médias,
23:23quoi que vous lisiez,
23:24quoi que vous écoutiez,
23:25ça va mal.
23:26La guerre
23:27et puis au niveau français,
23:28la dislocation de cette république
23:29qui nous inquiète,
23:30la perte des valeurs,
23:31nos institutions
23:31qui se délitent,
23:32l'école qui s'efface,
23:34la médecine,
23:34les hôpitaux,
23:35et bien avec Mathieu Bocoté,
23:36il vous donne
23:37tout simplement
23:38au matin,
23:39au réveil,
23:40le paysage,
23:41un livre,
23:41un verre de vin,
23:42un fromage,
23:43voilà.
23:44Mais d'autres choses,
23:44la culture française
23:45est là,
23:46permanente,
23:46il n'y a qu'à se baisser
23:47pour la ramasser
23:48et continuer à espérer
23:49que cette continuité
23:51survivra.
23:52Mathieu Bocoté,
23:52il faut avoir
23:53un tout petit peu de culture
23:54quand même
23:54et de connaissance
23:55du pays où on habite
23:56et il faut savoir
23:57l'aimer.
24:00C'est-à-dire désidentifié
24:01et aujourd'hui,
24:02il y a une jeunesse
24:02qui ne sait plus.
24:03Qu'est-ce qu'on fait
24:04avec ces gens-là ?
24:04On l'évoquait
24:05il y a un instant
24:06à la pause
24:06dans le rapport
24:07à la gastronomie.
24:08C'est-à-dire,
24:08moi je suis sidéré
24:09de voir que dans un pays
24:11comme la France,
24:11une partie de la jeunesse
24:12se retrouve
24:13et trouve son bonheur
24:14dans les produits
24:15les plus repoussants
24:17de mon point de vue
24:17du fast-food
24:18nord-américanisé
24:19ou d'autres fast-food
24:20qui s'imposent aujourd'hui.
24:22Et je pense que
24:22de ce point de vue,
24:23parce que tout n'est pas politique
24:24dans l'existence,
24:25même si tout a
24:25une dimension politique,
24:27la reconquête de l'assiette
24:28fait partie des marqueurs
24:29identitaires.
24:29On parle en ce moment
24:30beaucoup du canon français.
24:31Vous savez,
24:32ces grandes fêtes
24:33qui cherchent à retrouver
24:34l'esprit de bancaire
24:35à la française.
24:35Qui sont montrés du doigt
24:36comme étant des réunions fascisantes.
24:37C'est exceptionnel ça.
24:37C'est ça parce qu'il y a
24:38du saucisson et du beaujolais.
24:39Les députés,
24:40je pense,
24:40des films communistes
24:41voient du fascisme là-dedans,
24:43voient du nazisme là-dedans.
24:43Oui, c'est si facile.
24:44Mais à ce niveau de débilité,
24:46c'est exceptionnel.
24:47Or, le canon français,
24:48qu'est-ce qu'il dit ?
24:48C'est un désir
24:49de se réenraciner
24:50dans sa propre culture.
24:51Et je pense que ça en dit
24:52beaucoup sur l'homme
24:53de notre temps.
24:54Il est dans un pays,
24:56il voit par exemple
24:56une architecture magnifique
24:57en France.
24:58Il voit une culture magnifique.
24:59Il voit tout
25:00et il se sent un peu
25:01étranger à ça
25:02parce qu'il a été
25:03américanisé mentalement,
25:04parce qu'il a été
25:05européanisé,
25:06parce qu'il a été frappé
25:07par la submersion migratoire.
25:08Et au même moment,
25:09il aimerait se réapproprier
25:10ce décor
25:12qui pourrait être le sien,
25:13qui pourrait être
25:13un décor vu de l'intérieur.
25:15Et ça, je pense que
25:15de ce point de vue
25:16de la contemplation
25:17de l'architecture,
25:18au bonheur d'habiter
25:19chez soi tout simplement,
25:20au bonheur de table,
25:21au bonheur de l'amitié,
25:22au bonheur de la conversation,
25:23tout ça,
25:24au bonheur du verre de plus
25:25qui n'est pas le verre de trop.
25:26Tout ça, je pense que
25:27ça fait partie
25:27d'une forme de reconquête
25:28de soi
25:29qui peut éliminer l'existence.
25:31L'instant de table
25:32est un instant
25:32évidemment alimentaire,
25:33c'est un instant culturel,
25:34c'est un instant social,
25:35c'est un échange
25:36d'échange et de partage.
25:38C'est là où on fait le pays,
25:38c'est là où on fait la vie.
25:40Moi, j'ai une formule là-dessus,
25:40c'est pour ça que je dis
25:41le verre de plus.
25:42C'est-à-dire, évidemment,
25:43l'hygiénisme contemporain,
25:44le puritanisme contemporain
25:45du fait,
25:46attention au verre de trop.
25:47On pourrait peut-être
25:47célébrer au Périer.
25:48Avec modération.
25:50Oui, oui, avec modération
25:51et avec un petit quelque chose
25:53de plus de la modération.
25:54Oui, oui.
25:55C'est pour ça que je chante l'excès.
25:56On prend pas le volant après,
25:57c'est tout.
25:57On est responsable.
25:58Personne ne me suis signé.
25:59En tout cas avec responsabilité.
26:00Oui, bien sûr.
26:01Mais j'aime cette idée
26:02du verre de plus.
26:03Le verre des dernières confidences.
26:04Ce moment qui se dérobe
26:06au fait que je dois rentrer tôt
26:07parce que demain matin...
26:08Et là, le dernier verre
26:10qui est le moment
26:10des dernières confidences.
26:11Le moment de l'inattendu,
26:13de l'inavoué
26:14qui devient finalement
26:15secret confessé.
26:16Je trouve qu'il y a une beauté
26:17de l'existence là-dedans.
26:18Et de ce point de vue,
26:19la France est le plus beau
26:20des pays pour vivre
26:21cette part d'existence.
26:22Mais aussi, Mathieu Bobcoté,
26:23c'est pas à vous
26:24que vous expliquez ça.
26:24Je racontais tout à l'heure
26:25que la société Gibert
26:26est au bord du dépôt de bilan
26:28parce que les Français
26:29ne lisent plus de livres neufs.
26:30Un peu de livres d'occasion.
26:31Bien entendu,
26:32la littérature et les récits.
26:33Et ça, je pense
26:34que c'est récible à tout le monde.
26:35On sait qu'aujourd'hui,
26:36l'école est en train de crever.
26:36Le fait que les élèves
26:37ne lisent pas
26:37parce que M. Claude Allègue,
26:38ministre de l'éducation,
26:39a dit qu'on va remplacer
26:40par des écrans
26:41et l'intelligence va exploser
26:42et les résultats seront absolument...
26:44On voit que c'est le contraire.
26:46Il faut en venir à la lecture
26:47de nos récits nationaux.
26:48Je pense que c'est même...
26:49Même pour enfants.
26:51Si j'étais ministre de l'éducation,
26:52je ne crois pas que ça va arriver,
26:53mais j'imposerais...
26:54Ce ne serait-on jamais ?
26:55Ce serait le seul ministère
26:57que j'aimerais bien occuper.
26:57On a vu qu'avec aux États-Unis,
26:58tout peut arriver,
26:59en France aussi.
27:01Inspirons-nous au moins de ça chez eux.
27:02Espérons cela.
27:03Alors moi, j'imposerais
27:04une forme de cure de silence.
27:05C'est-à-dire que plutôt
27:06qu'une attention toujours dispersée,
27:08excitée par les écrans,
27:09qui nous transforme quand même
27:10en crétins cosmiques,
27:12il y a la possibilité
27:13de retrouver le bonheur du silence
27:14et le véritable bonheur de lecture.
27:16Appelons ça le bonheur
27:17après 15 ou 20 minutes.
27:18Une sorte de pause,
27:18si je comprends bien.
27:19Mais une pause active.
27:20Une pause active,
27:21c'est-à-dire que le temps de lecture...
27:22Moi, j'ai toujours vu
27:23les choses comme ça.
27:24C'est-à-dire que dans une classe,
27:25il faudrait, dans une société normale,
27:27offrir une heure de lecture par jour.
27:30Sans portable,
27:30une heure de lecture
27:31avec un bouquin,
27:32le temps d'y entrer,
27:33le temps d'entrer dans le livre
27:34parce qu'on ne lit pas
27:34de la même manière
27:35après 5 minutes, 10 minutes,
27:3615 minutes, 30 minutes,
27:37une heure.
27:37À un moment donné,
27:38on bascule et notre imaginaire
27:39est stimulé.
27:40Et ça, c'est un autre
27:41de ces bonheurs
27:41de l'existence absolue.
27:43Mais, et ça,
27:44la culture des écrans,
27:45d'une manière ou de l'autre,
27:45on y est tous soumis.
27:46C'est inévitable.
27:47On en a besoin.
27:47Ça fait partie de nos vies.
27:49Mais ceux qui ne lisent aujourd'hui
27:50qu'à travers les questions
27:51qu'ils posent à Grock,
27:52Chat, GPT,
27:53ceux qui ne lisent aujourd'hui
27:55qu'en lisant des tweets à la tonne,
27:56ceux qui sont incapables
27:57de transporter un livre avec eux.
27:58Il n'y a rien...
27:59Vous savez,
27:59une scène que les Québécois
28:00aiment noter à Paris
28:01parce qu'on la voit souvent.
28:02On arrive,
28:03on voit un café
28:04aussi dans les villes-provinces.
28:06On arrive,
28:06on voit un monsieur,
28:07ou un monsieur bien habillé
28:08qui est en train de lire
28:09tranquillement au café
28:10avec un verre de vin.
28:11Il y a quelque chose
28:12dans cette scène-là
28:13qui est un moment
28:14d'émerveillement au quotidien.
28:15Donc,
28:16il ne s'est pas présenté
28:17au café dépenaillé.
28:18Il ne s'est pas présenté relâché.
28:20Il peut avoir une cravate
28:21quelques fois.
28:21Oui,
28:21il porte souvent la cravate.
28:22Il a le souci de son apparence
28:24et il est en train de lire un roman.
28:26Quelquefois un vieux livre,
28:26quelquefois un nouveau.
28:27Il y a une beauté,
28:28je pense,
28:28dans un tel geste
28:29qui appartient au bonheur de la vie.
28:31En fait,
28:31c'est un bonheur spécifiquement français.
28:32C'est un instant
28:33de la vie parisienne
28:33de la sociologie française
28:34et je connais beaucoup
28:35et même des gens
28:36très très proches de moi
28:37me disent
28:37quand j'ai besoin de réfléchir
28:38ou de passer un moment
28:39de réflexion,
28:40je vais au café,
28:41devant un café,
28:41devant une bière
28:42ou tout simplement
28:42une boisson malgalisée.
28:44Mais c'est un instant
28:45sociologique et culturel.
28:46Tout ça peut sembler tout simple
28:47et pourtant,
28:47c'est ce qui nous échappe aujourd'hui.
28:48Et on passe à côté.
28:49On passe à côté
28:50de choses relativement simples
28:52qui pourtant,
28:53dans ce pessimiste joyeux,
28:54je pense que la part de la joie
28:55se trouve dans de tels moments.
28:56Le nombre de nos compatriotes
28:58qui traversent des villes
28:59comme Toulouse,
29:00Nîmes,
29:00Marseille,
29:01Paris,
29:01à plus fortes raisons,
29:02même Rennes,
29:03il y a des vieux quartiers,
29:04il y a des maisons magnifiques
29:05qui passent devant sans le voir.
29:07Or, nous visons dans un pays
29:08où l'environnement
29:08et l'urbanisme
29:09quelquefois révèlent des secrets
29:10et des trésors infinis.
29:12Ouvrons les yeux
29:13et ouvrons nos oreilles.
29:14Mais je suis absolument d'accord.
29:15Imaginez,
29:15si on le voit souvent dans Paris,
29:16ça peut m'arriver aussi
29:17en soirée de ce temps passant,
29:18je fais mea culpa,
29:19mea maxima culpa.
29:20On est dans le taxi,
29:21on pourrait voir la ville
29:22dans tout ce qu'il y a de beaux
29:22et comme on est un pays d'idiot,
29:24on est occupé
29:24à regarder son portable
29:25pour voir le dernier tweet.
29:26Quelle mauvaise idée.
29:26Je me disais que,
29:28en réfléchissant dans notre conversation,
29:30en fait,
29:30je suis un optimiste triste
29:32alors que vous êtes un...
29:34Je crois et malgré tout,
29:35je constate
29:36que ça va être très difficile à sauver.
29:37Vous, vous êtes un pessimiste joyeux.
29:38Quel est aujourd'hui
29:39le véritable ennemi
29:40de toutes ces valeurs
29:41que vous défendez,
29:42ce patrimoine,
29:43cette culture ?
29:43C'est quand même l'écran plat
29:44et le numéro qui va avec.
29:46Oui, parce que vous ne serez
29:47je pense fondamentalement
29:48c'est l'idéologie
29:49de la désincarnation.
29:50Fondamentalement,
29:50cette idée que nous sommes
29:52des individus interchangeables.
29:54Depuis 40 ans,
29:55on est passé
29:56du constat
29:57de la diversité des peuples
29:58au mythe
29:58de l'interchangeabilité
29:59des populations.
30:00On en est venu à croire
30:01que la culture était optionnelle,
30:02qu'elle n'était qu'un folklore,
30:03qu'on pouvait le consommer
30:04comme on consommait un autre.
30:06Je pense qu'il y a une forme
30:07d'aliénation collective
30:08à travers cela.
30:08Donc, sur le plan politique,
30:10on en a parlé,
30:10je pense que la submersion migratoire
30:12est hélas centrale.
30:13Sur le plan de nos vies privées,
30:14je pense que la tyrannie de l'écran
30:15est une manière de nous abrutir.
30:16Donc, le pessimiste joyeux
30:17nous dit que la chair est triste.
30:18Quelquefois,
30:19Malarmé n'est pas démenti,
30:20mais...
30:21Oh, pour le dernier instant,
30:22il y a toujours moyen de faire...
30:22Il y a toujours moyen,
30:23je crois,
30:25je vais le dire ainsi,
30:25le Québec n'est pas encore indépendant.
30:27Théoriquement,
30:27je pourrais être triste
30:28chaque jour.
30:28Et je le suis un peu
30:29à cause de cela.
30:30Moi, j'y crois.
30:30Je pense qu'il va le devenir.
30:31Je pense même
30:32dans les prochaines années.
30:32Mais le fait est que si...
30:34Et c'est pour moi
30:35la grande cause politique
30:36de ma vie,
30:36c'est l'indépendance du Québec.
30:37Théoriquement,
30:38je pourrais être un type triste
30:39en permanence.
30:40Il y a une chanson
30:40d'un groupe Octobre
30:41des années 70 au Québec
30:43d'un personnage qui dit
30:44« Tu voudrais faire l'indépendance
30:45à chaque instant. »
30:46Et on parle d'un type
30:47qui est fondamentalement désespéré
30:48parce qu'il vit loin de son idéal.
30:49Je pense qu'on peut avoir des idéaux,
30:51savoir qu'on ne va pas
30:51les atteindre immédiatement
30:52le lendemain
30:53et pourtant considérer,
30:54je le dis,
30:54que l'existence est une grâce.
30:55Même approche pour la cause
30:56des Écossais,
30:58des Catalans.
30:58Il y a sa première
30:59sur les Écossais,
30:59si je peux me permettre.
31:00Et éventuellement des Corses.
31:01Si un jour le peuple corse
31:02décide d'être souverain,
31:03il faudra l'admettre
31:04de façon républicaine.
31:06Le jacobinisme
31:07auquel nous devons
31:08la République unie
31:10a quelquefois eu
31:12le tort
31:12de jeter le bébé
31:13avec le vin
31:13avec ses cultures régionales.
31:14La différence régionale,
31:15j'y tiens véritablement en France.
31:16Ensuite,
31:17je n'aurais pas le culot
31:17comme indépendantiste québécois
31:19de dire
31:19« Que la France soit unie,
31:21je trouve ça très beau. »
31:22Ensuite,
31:22que la Grande-Bretagne éclate,
31:23j'en serais très heureux.
31:24D'accord,
31:25mais vous préservez encore la France.
31:26Vous êtes un petit peu filou
31:27là-dessus sur cette histoire.
31:28je pense qu'en dernier sens,
31:29la France est une...
31:30J'ai un rapport trouble.
31:31Je ne pense pas
31:31que toutes les causes
31:32indépendantistes
31:33sont interchangeables.
31:34Mais ce que je sais,
31:35c'est que j'adore
31:36la diversité
31:36des patrimoines français.
31:38Mais pour ce qui est de la cause,
31:39si je devais faire éclater
31:41un pays en Europe,
31:41ce serait la Grande-Bretagne
31:42avec l'indépendance de l'Écosse.
31:43Lors du référendum de 1995
31:45mené par Jacques Parizeau,
31:46le deuxième référendum
31:47sur l'indépendance
31:48sur la souveraineté et l'association,
31:49toute élite politique française
31:50était à la délégation générale
31:52du Québec,
31:53Rupergolède.
31:53Alors, ils étaient tous d'accord
31:54de Rocard,
31:55achevènement avec Séguin
31:56pour démontrer le Canada.
31:58Mais quand on leur disait
31:58mais les Corses
31:59et les masses pareilles,
32:00ah, surtout pas,
32:01il ne faut pas toucher
32:01à la télé.
32:02Je dirais,
32:02ne mélangeons pas tout
32:02et ce n'est pas un Québécois
32:03qui va faire la provocation là-dessus.
32:04Mais vous avez raison de dire
32:05que l'indépendance du Québec
32:06rassemblait Rocard,
32:07chevènement,
32:08Séguin, Juppé,
32:09tout le monde,
32:09sauf quelques-uns
32:10que je ne mentionnerai pas.
32:11La cause nationale québécoise
32:12réussit à rassembler les Français.
32:14Comme quoi,
32:14de ce point de vue,
32:15la Nouvelle-France
32:16vous tenait encore.
32:18Puisque je vous tiens,
32:18Mathieu Boubcoté,
32:19on va parler un petit peu
32:20d'actualité.
32:20Il y a eu la commission
32:23sur l'audiovisuel public.
32:25Vous êtes une des figures,
32:26une des voix
32:27de l'autre système
32:28qui n'est pas
32:28l'audiovisuel public.
32:29Est-ce que le risque,
32:31lorsqu'on dénonce,
32:31c'est vrai que l'audiovisuel public,
32:32il y a une idéologie
32:33qui est claire,
32:34il y a un discours constant,
32:35il y a plutôt
32:36une tendance à gauche,
32:37surtout sur les éditeux,
32:38sur les présentations.
32:38Est-ce que le risque,
32:39c'est que dans les autres médias,
32:41notamment du groupe Bolloré,
32:42à force de prendre
32:43le contre-pied,
32:45on finit par basculer
32:46dans l'idéologie adverse.
32:47Est-ce qu'il n'y a pas
32:47ce risque, quelquefois,
32:48de s'enfermer
32:49dans une caricature ?
32:50Alors, très honnêtement,
32:51je pense que ça peut menacer
32:52tout groupe médiatique,
32:53en tant que tel.
32:54Ensuite, je crois
32:55que nous faisons sur CNews,
32:56je le dis très sincèrement,
32:57un effort de pluralisme
32:58pour une raison simple,
32:59c'est que toujours être
33:00dans l'entre-soi
33:00serait lassant.
33:02Donc voilà pourquoi,
33:02par exemple,
33:03moi j'ai une émission
33:03le samedi soir,
33:04j'essaie d'inviter
33:05les intellectuels
33:05de différentes tendances.
33:06Je vous écoute, je sais bien.
33:07La semaine dernière,
33:08c'était Fred Léman.
33:08Patrick Cohen sur CNews,
33:10inévitablement.
33:12Je ne sais pas franchement
33:12des gens qui se prennent
33:13pour l'objectivité intégrale
33:15et incarnée,
33:15qui se prennent,
33:16je pense que chez CNews,
33:17chez les principaux présentateurs,
33:19il y a la conscience
33:19d'avoir une subjectivité
33:20et ensuite,
33:21il y a la recherche
33:22du plus réaliste.
33:22Mais encore,
33:23vous savez,
33:23on a un problème,
33:24c'est qu'il y a des gens
33:25qu'on invite,
33:25moi je vais vous raconter
33:26une histoire qui se passe
33:26avec un type de France Inter,
33:27qui écrit un livre
33:28absolument remarquable.
33:29Je l'invite,
33:30je précise que sur France Inter,
33:31on ne le reçoit pas,
33:32on ne lui donne pas d'écho
33:33pour son propre livre.
33:35Je l'invite,
33:36il doit venir chez moi,
33:36il est plutôt à gauche,
33:37franchement.
33:38Il doit venir chez moi
33:39et le vendredi,
33:40il m'écrit en me disant
33:41ma direction ne me permet pas
33:42d'aller chez vous,
33:43j'en suis absolument désolé,
33:45on m'a déconseillé sérieusement
33:46d'aller sur CNews.
33:48Donc moi,
33:49comme présentateur
33:49de l'émission du samedi soir,
33:51je cherche des invités
33:52avec qui je ne suis pas d'accord.
33:56Et ensuite,
33:56ces gens-là nous reprochent
33:57de ne pas les inviter.
33:58On est d'accord.
33:58C'est un peu absurde.
33:59Nous avons Alain
34:01qui nous appelle d'Albi
34:02sur un sujet de francophonie.
34:03Bonjour Albin.
34:04Oui, bonjour Alain.
34:06Bonjour Alain.
34:06Alain Dalbi, pardon.
34:07Bonjour Alain.
34:08Oui, oui.
34:08Vous voulez interpeller
34:10Mathieu Bobcoté
34:11sur un sujet de francophonie ?
34:14Oui, entre autres.
34:17Donc je l'écoute
34:20sur CNews,
34:22notamment parce qu'il sait faire
34:24la différence entre
34:25indépendantisme
34:26et autonomie.
34:27Très important.
34:28Ce qui est rare
34:29chez des journalistes
34:31et commentateurs français.
34:33Ce n'est pas la même chose.
34:34Eh oui, bien sûr.
34:36Donc je suis plutôt
34:37pour une France fédérale,
34:38vous voyez ?
34:39Oui.
34:40Alors, sur la francophonie,
34:42je n'y crois plus.
34:44Ah.
34:46Parce que...
34:47Vous êtes pessimiste
34:48sur la francophonie.
34:50Dans un sens, oui,
34:52du point de vue
34:53de la France,
34:54la francophonie peut vivre
34:56avec les jeunes d'Afrique
34:57et les autres pays francophones.
35:00Mais la France,
35:01l'État français,
35:02ne fait rien
35:02pour faire connaître
35:05les francophones du monde
35:07aux Français.
35:09notamment par la musique.
35:12À quand une émission
35:14sur le service public,
35:17sur la musique
35:18qu'a jeune de Louisiane,
35:19les soucousses d'Afrique,
35:21les musiques de la Réunion,
35:24et voilà.
35:26Les musiques du monde,
35:27mais voilà,
35:28d'ambidios francophones.
35:30Je trouve...
35:32La francophonie en France,
35:34il ne s'intéresse
35:35qu'au top, top, top
35:37de l'intellectuel
35:39qui vend peu de livres,
35:41mais jamais au peuple
35:42des gens qui vivent
35:44au Québec,
35:46à Louisiane.
35:47Moi, j'aime la musique louisiane.
35:48Ça, il écho...
35:50C'est fantastique.
35:52Je vous trouve
35:53un peu sévère,
35:53cher ami,
35:54si je peux me permettre,
35:54parce que je veux parler
35:55de ce que je connais,
35:55la musique québécoise.
35:57De Gilles Vigneault
35:58à Claude Léveillé
35:59à Charles-le-Bois
36:00à Félix Leclerc,
36:02jusqu'à aujourd'hui,
36:03les cow-boys fringants,
36:04Dégénération,
36:05Isabelle Boulay,
36:06Linda Lebey,
36:07j'ai l'impression
36:08que la chanson québécoise
36:09a été remarquablement accueillie
36:10à Paris depuis 60 ans.
36:12Donc, je vous trouve sévère
36:13envers votre peuple.
36:14Oui, mais c'est l'art seul.
36:15C'est l'art seul.
36:18Ah, ben, attendez.
36:20On poursuit cette conversation.
36:23Un instant,
36:24on se retrouve avec
36:24Mathieu Bobcôté
36:26pour parler de francophonie.
36:28Vous restez avec nous
36:28tout de suite sur Sud Radio.
36:30Il est 13h48,
36:31vous êtes sur Sud Radio,
36:32la France en dessous des états.
36:33Le face-à-face,
36:34qui est un côte-à-côte
36:35avec Mathieu Bobcôté,
36:36justement, à côté de Boc.
36:38C'est Mathieu,
36:39le pessimiste joyeux.
36:40Et nous discutions
36:40à l'instant avec Alain de Halbi
36:42sur la francophonie.
36:43Alain se plaignait
36:44que la francophonie
36:45ne soit pas vraiment
36:46mise aux valeurs
36:47dans sa diversité.
36:48pas vraiment mise en valeur
36:49par les médias
36:50et par le monde culturel.
36:52Alain,
36:52on entend quand même,
36:53il y a quand même des radios
36:54où on entend
36:55le folklore français
36:56dans toutes ses vertus,
36:58de temps en temps.
36:59Pas vraiment, non.
37:00Non ?
37:03Oui, voilà.
37:05Je parlais en radio locale.
37:07En radio locale,
37:07moi, quand je traverse la France,
37:08je me réjouis d'entendre,
37:09justement,
37:10des musiques populaires.
37:12une heure sur garantiteur.
37:15Oui.
37:16Non, non,
37:17ce n'est pas
37:18t'es soutenu,
37:19tout ça.
37:21D'autre part,
37:23par rapport à la souveraineté,
37:26etc.,
37:27je trouve que les gens
37:30qui parlent
37:31de souveraineté nationale,
37:33etc.,
37:34sont un peu trop nostalgiques.
37:39Avant, c'était mieux.
37:40De Gaulle, etc.
37:41Mais si c'était mieux,
37:43pourquoi les gens
37:43ont voté autrement ?
37:46C'est bien que tout
37:48n'était pas merveilleux,
37:49non plus.
37:51C'est qu'on leur a expliqué,
37:54Mathieu,
37:54vos côtés va vous répondre,
37:55c'est qu'on leur a expliqué
37:56au niveau médiatique,
37:57au niveau scolaire,
37:58au niveau politique,
37:59dans une propagande très forte,
38:01que c'était ringard
38:02et qu'il fallait
38:03un monde meilleur
38:04et un monde nouveau.
38:05Les gens sont aussi crédibles.
38:06Il y a quand même
38:06une crédulité de bonne foi
38:08de la part des masses
38:09qui se laissent quand même
38:09quelquefois dicter leur discours.
38:11Aujourd'hui,
38:11il y a de l'émancipation.
38:12Mais à l'époque,
38:13on pensait que c'était ça.
38:14Je ne pense pas qu'il vous plaît.
38:15Oui, j'allais même ajouter
38:15qu'en 2005,
38:16au moment de Maestrich,
38:18ça fait 51-49,
38:19malgré le fait
38:20que le système médiatique
38:21est radicalement...
38:22En 92.
38:23En 92 et 2005,
38:24alors là, c'était clair.
38:25En 2005,
38:26le refus de la Constitution européenne
38:27s'impose dans les urnes
38:28et on décide de se ficher
38:29de l'opinion des Français.
38:31Je n'ai pas l'impression
38:32qu'on a demandé
38:33la permission aux Français
38:34pour leur imposer
38:35la submersion migratoire.
38:37Je ne pense pas
38:37qu'on leur a demandé
38:38clairement la permission
38:39pour leur imposer
38:40la technostructure européenne
38:41avec toute la bureaucratie
38:42qui est la sienne.
38:43Je ne suis même pas certain
38:43qu'on leur a demandé
38:44la permission
38:44pour les taxer
38:46jusqu'à transformer
38:47quelquefois Bercy
38:48en incarnation de la kleptocratie.
38:49Je pense que le commun
38:50des mortels
38:52s'est fait imposer
38:52bien plus de choses
38:53qu'il ne l'aurait souhaité.
38:54Mais je me trompe peut-être.
38:55Ça a été sournois,
38:56lent et progressif
38:57et la remarque d'Alain
38:58est fondée.
38:59C'est vrai que voilà.
39:00Mais on pensait
39:00que tout ça a été tactique
39:01et n'était pas blessé.
39:02Je ne crois pas
39:02qu'aucune époque
39:03était idéale.
39:03On s'entend.
39:04Et ça va de soi.
39:05Ensuite, je pense
39:06que globalement,
39:07nos sociétés,
39:08évidemment,
39:09les médecins,
39:10par exemple,
39:11la médecine contre le cancer
39:12va mieux aujourd'hui
39:13qu'il y a 60 ans.
39:13Ça va de soi.
39:14Très bien,
39:15les programmes médicaux.
39:16Une fois que c'est dit,
39:16je pense que nos pays
39:17étaient globalement
39:18dans un meilleur état
39:20existentiellement
39:21il y a une soixantaine
39:21d'années qu'aujourd'hui.
39:22Attention avec le nucléaire,
39:23science sans conscience
39:24n'est que ruine de l'âme
39:25mais on sait que le nucléaire
39:25aujourd'hui est l'avenir
39:26et l'avenir
39:27et la dépendance
39:28et la liberté
39:28et la propreté.
39:29Nous avons Hervé
39:30qui nous appelle d'Anthony
39:31et lui, Hervé,
39:33s'intéresse à la commission
39:34d'enquête
39:35sur l'audiovisuel public.
39:36Bonjour, Hervé.
39:37Bonjour, bonjour.
39:38Ben, écoutez,
39:39peut-être qu'il y a
39:40des pessimistes.
39:41Moi, je suis un optimiste
39:42un peu énervé
39:42parce que je trouve
39:44que les questions
39:48qui sont posées
39:50aux députés
39:51qui étaient contre
39:52la publication
39:53de ce rapport
39:54ne sont pas
39:55les bonnes questions.
39:55C'est-à-dire que
39:56jamais on entend
39:57des arguments.
39:58C'est ça qui est
39:58un peu énervant,
39:59si vous voulez.
40:00C'est un discours
40:01généralisant
40:02qui condamne,
40:03qui stigmatise,
40:04même qui extrême-droite
40:05comme dit
40:06Mathieu Bocoté.
40:07Mais en même temps,
40:08j'entends jamais rien
40:10sur l'argumentation.
40:12On n'est même pas
40:12au niveau des troisièmes
40:13quand on apprend
40:14l'argumentation en troisième.
40:15Donc je trouve ça
40:16un peu lamentable,
40:18si vous voulez.
40:18C'est un peu
40:18une défaite de la pensée,
40:19tout ça.
40:20Qu'est-ce que vous voudriez
40:21entendre comme genre de remarque
40:22qui soit plus pertinente ?
40:24Moi, je voudrais
40:25que les journalistes
40:26de toutes les radios,
40:27de toutes les télévisions,
40:28quand ils ont un député
40:29qui est contre le rapport,
40:32qui pose des questions
40:34sur qu'est-ce que vous
40:35reprochez exactement
40:37au rapport ?
40:38Quels sont les points
40:39avec lesquels
40:39vous n'êtes pas d'accord ?
40:41Et là, à mon avis,
40:42ce serait bien difficile
40:42qu'ils puissent répondre.
40:44Vous pensez
40:44que ça manque de précision
40:45ou que la question
40:46n'est pas posée
40:47volontairement, justement ?
40:49La question n'est pas posée
40:51volontairement,
40:51je n'en sais rien,
40:52plus ou moins inconscient,
40:52mais ils n'osent pas
40:54poser des questions
40:55aux députés
40:56qui stigmatisent
40:57sans arrêt Charles Hallon,
40:58sans donner des arguments.
40:59C'est ça qui est
41:00un peu énervant,
41:01si vous voulez.
41:02C'est-à-dire qu'on les laisse
41:03débiter le discours
41:06un peu généralisant
41:07et qu'il n'apporte rien
41:08au débat,
41:09en définitive.
41:10Et moi,
41:10je voudrais qu'il y ait
41:11des véritables débats
41:13sur ce sujet-là
41:14et on verrait
41:14qui a tort,
41:15qui a raison.
41:16Vous parlez de tous les médias
41:17ou de certains en particulier ?
41:19Écoutez,
41:19non,
41:20il ne faut pas exagérer,
41:21je ne parle pas de
41:21Adelio par exemple
41:22ou d'autres,
41:23mais c'est vrai
41:24que sur le service public,
41:26on n'entend pas ce...
41:27Mais même sur certaines
41:28chaînes privées,
41:29si vous voulez,
41:29on laisse parler
41:31les députés
41:32sans les interrompre.
41:33Et c'est ça
41:33qui est gênant.
41:34Si vous voulez,
41:35ce n'est pas le fait
41:36que les députés
41:37aient des idées différentes,
41:38mais c'est que les journalistes
41:39ne jouent pas
41:40le rôle de journaliste,
41:41c'est-à-dire
41:41qu'ils poussent
41:43dans les retranchements
41:45les députés
41:45qui ne sont pas d'accord
41:47avec ce rapport.
41:48Mathieu,
41:48pour votre côté,
41:49est-ce que certains journalistes
41:51ménagent les élus,
41:52les parlementaires
41:52selon leur opinion ?
41:53Il y a une complicité
41:54quelquefois,
41:54il n'y a pas de doute là-dessus.
41:55Et ensuite,
41:56pour faire écho
41:57à ce que disait monsieur,
41:58je suis d'accord,
41:59quand on demande
42:00des arguments,
42:01des critiques sérieuses
42:02à tel ou tel journaliste,
42:02ils ne viendront pas.
42:03Pourquoi ?
42:04Parce que ça fait un bon moment
42:05qu'on a remplacé
42:06la réflexion
42:06par l'étiquetage.
42:08Donc ce qu'il faut,
42:08c'est coller des étiquettes
42:09pour dire attention,
42:10chien méchant,
42:11ne vous approchez pas
42:12de ce rapport
42:12extrême droite,
42:13fasciste,
42:14repli sur soi,
42:14danger.
42:15Donc on décide
42:16d'étiqueter les gens
42:17pour nous dire
42:18ne vous approchez pas d'eux,
42:19vous pourriez être contaminés.
42:20Et par ailleurs,
42:21oui,
42:21il y a une petite clique,
42:22il y a une caste médiatique
42:24qui se parle entre elles
42:25sans le moindre doute,
42:27qui parle aux politiques aussi.
42:28Ils sont dans l'entre-soi
42:29du pouvoir
42:29qui va se défendre
42:30à tout prix.
42:31Hervé,
42:31vous êtes quand même
42:32satisfait par ce rapport ?
42:33Vous estimez
42:34qu'il faut repenser
42:35le service public ?
42:37Non,
42:37moi je suis totalement satisfait,
42:38oui,
42:39il y a des économies à faire
42:41et moi je suis tombé
42:42par hasard
42:43sur le débat
42:44avec le milliardaire,
42:46je dis exprès,
42:47le milliardaire Pigasse
42:48et puis Xavier Niel,
42:51ils ont été
42:52véritablement odieux
42:54et ça,
42:54ce n'est pas repris
42:56dans les médias.
42:57Enfin,
42:57le problème,
42:58si vous voulez,
42:59ce n'est pas tellement
42:59Pigasse et Niel,
43:00c'est les médias.
43:01Mais Bolloré aussi est milliardaire,
43:03il a été interrogé
43:04de la même façon.
43:04Oui,
43:05mais lui,
43:05on est d'accord,
43:06il est stigmatisé,
43:07mais pourquoi est-ce qu'on
43:08ne stigmatise pas
43:09les autres
43:09de la même manière ?
43:11Vous pensez,
43:12Mathieu Bobcoté,
43:12qu'un ton change
43:14selon qu'on est
43:15interlocuteur milliardaire ?
43:16J'ai cru remarquer,
43:17alors quand Mathieu Pigasse
43:18dit je veux mettre
43:19les médias que je contrôle
43:20au service de mon combat
43:21contre la droite radicale,
43:22là on trouve
43:23que c'est tout à fait normal.
43:24Imaginez si Vincent Bolloré
43:25qui n'a jamais rien dit de tel,
43:26dit je veux mettre
43:27les médias que je contrôle
43:28entre guillemets
43:28au service de mon combat
43:29pour X, Y ou Z.
43:31Ça serait un scandale absolu.
43:32Il ne dit pas ça
43:33pour lui prêtre déjà
43:34d'une telle pensée
43:34alors qu'il n'y a jamais
43:35de dire rien de tel
43:35que je sache,
43:36mais quand Pigasse dit
43:37je veux utiliser
43:38mes médias privés
43:38et leur fixer
43:39une orientation idéologique
43:40marquée pour combattre
43:41une idéologie en particulier,
43:43j'ai envie de dire
43:44théoriquement,
43:44il y a une forme
43:44de deux poids de mesure,
43:45mais on est habitué.
43:46Est-ce qu'il y a
43:46des opposants à Vincent Bolloré
43:48qui ont aujourd'hui
43:49une tribune dans son groupe ?
43:51Pas vraiment,
43:51je pense qu'ils font
43:52attention à ce qu'ils disent.
43:53On a vu l'affaire Morandini,
43:54il y a eu un malaise
43:55à un moment donné.
43:56Je pense que par exemple,
43:57comment s'appelle-t-il
43:58Pascal Praud,
43:59Laurence Ferrari
44:00ont exprimé
44:01leur malaise
44:01à ce moment-là.
44:03Ensuite,
44:04pour ce qui est,
44:04je vous dirais,
44:05Sonia Mabrouk est partie.
44:06Bien sûr.
44:07Ensuite,
44:07je vous dirais
44:08sur la question
44:08de la ligne,
44:09entre guillemets,
44:10je regarde ces news
44:11et très honnêtement,
44:12je ne vois pas exactement
44:13de ligne fixe.
44:15C'est-à-dire,
44:15entre moi et Marc Menand,
44:16par exemple,
44:16on est sur le même plateau.
44:17Lui, c'est mon formidable,
44:18c'est la gauche libertine.
44:20C'est l'historien.
44:21Oui,
44:21mais c'est aussi en même temps,
44:22c'est le line car absolu.
44:23Moi, j'ai un attachement
44:24plus grand
44:25où j'ai un rapport
44:26autour des catholicistes.
44:27On a Charlotte Dornelas
44:28qui est très catholique là-dedans.
44:29On a sur nos plateaux
44:30des gens qui sont
44:31plutôt sensibles
44:32aux États-Unis,
44:33d'autres qui,
44:33on regarde plus critique
44:34sur la guerre d'Ukraine.
44:36On a,
44:36cette diversité
44:37de point de vue existe.
44:38Mais,
44:39puisqu'il n'y a pas
44:39une surreprésentation
44:40de la France insoumise,
44:41on a l'impression
44:41qu'il y a un discours
44:43monocorde et monotone.
44:44Je pense que,
44:45derrière ça,
44:45c'est le malaise.
44:46Quand il n'y a pas
44:46une hégémonie de la gauche
44:47absolue,
44:48on a l'impression
44:49qu'on est dans une forme
44:49de contre-hégémonie conservatrice,
44:51ce qui ne me semble pas le cas.
44:52Un bon argument
44:52pour rester pessimiste
44:54et joyeux
44:54par Mathieu Bob Côté,
44:56entretien avec Laurent Dandrieux
44:57aux éditions Fayard.
44:59Un remède,
45:00j'allais dire,
45:00à la consternation
45:02et surtout à la résignation
45:04de bonnes raisons d'espérer
45:05parce qu'on vit en France
45:06et au Québec.
45:07Voilà.
45:07Mettons en valeur
45:08ce patrimoine,
45:09transmettons-le,
45:09aimons-le,
45:10ça nous permettra
45:11de mieux supporter
45:11l'adversité
45:12et les épreuves
45:13que nos époques
45:14nous imposent.
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