- il y a 37 minutes
Avec Benoît Biteau, Député écologiste de Charente-Maritime et agriculteur, Patrick Legras, Président de la Coordination Rurale des Hauts-de-France et producteur de betteraves
---
▶️ Suivez le direct : https://www.dailymotion.com/video/x75yzts
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
———————————————————————
🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOffi...
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradiooff...
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
———————————————————————
———————————————————————
☀️ Et pour plus de vidéos du Grand Matin Week-End : https://www.youtube.com/playlist?list=PLaXVMKmPLMDSoOQuH74IIXMno3AffxfUT
##LE_DEBAT_DE_LA_SEMAINE-2026-08-09##
---
▶️ Suivez le direct : https://www.dailymotion.com/video/x75yzts
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
———————————————————————
🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOffi...
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradiooff...
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
———————————————————————
———————————————————————
☀️ Et pour plus de vidéos du Grand Matin Week-End : https://www.youtube.com/playlist?list=PLaXVMKmPLMDSoOQuH74IIXMno3AffxfUT
##LE_DEBAT_DE_LA_SEMAINE-2026-08-09##
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Je voulais donner la parole également à ceux qui sont sur le terrain, et vous allez voir que nos deux
00:03invités sont aussi sur le terrain.
00:06Je rappelle Benoît Biteau, député écologiste de Charente-Maritime et agriculteur,
00:10et Patrick Legras également, président de la Coordination Rurale des Hauts-de-France,
00:14et producteur de lin, de pommes de terre, de betteraves et de céréales.
00:18Alors je vais vous donner la parole messieurs, merci d'être là.
00:21Je voudrais déjà que vous réagissiez au témoignage de Vanessa, qui est ouvrière agricole.
00:27Déjà, Benoît Biteau, sur votre territoire de la Charente-Maritime, que je connais bien,
00:32on en est où ? L'état des lieux à date.
00:36Alors on est en grande difficulté, et la difficulté sur ce territoire lié à l'eau est souvent très exacerbée,
00:44parce qu'on est sur un territoire qui est très éloigné de ce qu'on appelle les châteaux d'eau,
00:48c'est-à-dire les montagnes qui stockent l'eau via les enneigements,
00:53et qui sont très très éloignés de notre territoire, qui est plutôt proche de l'océan,
00:59et donc plutôt proche de l'exutoire que de la source.
01:02Et donc on est dans une difficulté extrêmement importante.
01:06Vous, vous êtes agriculte, votre spécialité, monsieur le député ?
01:10Moi je suis en polyculture, polyélevage, j'élève des vaches, des chèvres, des chevaux de trait,
01:14des baudets du poitou et des poules pondeuses,
01:16et en grande culture, je produis des productions végétales qui sont toutes dédiées à l'alimentation humaine.
01:22Moi j'élève des herbivores qui ne mangent que de l'herbe,
01:24et donc toutes mes surfaces qu'on appelle les terres arables, les terres cultivées,
01:28sont dédiées à l'alimentation humaine.
01:30Je produis 18 espèces différentes, des légumineuses, des espèces panifiables,
01:38des espèces oléagineuses pour faire de l'huile,
01:40enfin voilà, il y a beaucoup de diversité,
01:42dans une logique agronomique de mélange d'espèces entre elles,
01:45c'est-à-dire que quand la moissonneuse batteuse vient dans le champ,
01:48il y a au moins deux graines dans la trémie qu'on sépare ensuite,
01:50enfin voilà, bon, c'est un modèle agronomique abouti.
01:53Ok, et vous Benoît Biteau, avant de laisser la parole également à notre deuxième invité,
01:57Patrick Legras, quelles conséquences la sécheresse a sur votre exploitation ?
02:01Pour réagir au témoignage de Vanessa,
02:05en vérité ce qu'on constate cette année, c'est deux paramètres.
02:08On constate effectivement un paramètre de sécheresse avec des difficultés liées à la pénurie d'eau
02:13et un autre paramètre qu'on a tendance à occulter, qui est la canicule,
02:17c'est-à-dire que même des cultures, même très très bien irriguées,
02:21vont souffrir de ces températures très élevées,
02:23parce qu'on connaît ce qu'on appelle le zéro de végétation en agronomie,
02:28c'est-à-dire le moment où tout s'arrête,
02:30on le connaît sur les températures négatives,
02:33on connaît tous les dégâts du gel qui brûlent absolument tout,
02:36et ça on a l'habitude d'être confrontés à ce phénomène-là.
02:40Mais donc c'est un autre phénomène, voilà, c'est la même chose mais avec la chaleur.
02:42Ce qui se passe avec le dérèglement climatique,
02:44c'est qu'on a exactement le même phénomène à l'autre bout,
02:47c'est-à-dire avec des températures positives,
02:50avec soit des plantes qui brûlent sur pied, même irriguées,
02:53même irriguées, j'insiste,
02:54ou des plantes qui ne fécondent pas,
02:57c'est-à-dire que je vous ai parlé de lentilles,
02:58enfin je ne vous en ai pas parlé mais je produis beaucoup de lentilles,
03:00et bien à 28 degrés,
03:02quand en pleine fleur il fait 28 degrés pendant une période plutôt longue,
03:06ce qu'on a vécu cette année,
03:08les fleurs ne fécondent pas,
03:10et donc même irriguées, même irriguées,
03:12on n'arrive pas à produire des lentilles.
03:13Et donc on a deux phénomènes qui sont conjoints
03:17et qui sont directement liés au dérèglement climatique.
03:19Je comprends bien Benoît.
03:20Et l'écueil, je veux juste finir avec une phrase,
03:23l'écueil, c'est de penser qu'en irriguant,
03:25on va régler les problèmes alors qu'on doit réinventer les pratiques agricoles
03:29parce que même en irriguant,
03:30on aura des productions à cause de la canicule,
03:33à cause des températures qui ne fonctionnent pas.
03:34Ok, j'ai bien entendu,
03:35mais là vous parlez de la culture Benoît,
03:37j'adore votre côté passionné,
03:38et je l'accède vraiment, je trouve ça génial,
03:40et on sent que vous êtes de toute façon un homme de terrain,
03:43mais je suis désolée,
03:44mais en termes, entre autres, d'irrigation pour l'élevage,
03:48là, on a un vrai souci,
03:50c'est-à-dire qu'on est obligé de...
03:51Ben non, je ne suis pas d'accord avec vous madame.
03:54Alors attendez, on va donner la parole également,
03:55je sais que vous êtes aussi,
03:56c'est pour ça que je vous embête un peu, un éleveur.
03:58Je voudrais donner la parole aussi,
04:00M. Benoît Biteau,
04:01à M. Patrick Legras,
04:02pour aussi avoir son avis.
04:04J'aimerais avoir votre avis,
04:05parce que je vais vous poser la question à tous les deux,
04:07est-ce qu'on peut éviter les conséquences de la sécheresse ?
04:11Patrick Legras, vous,
04:12et tu as des lieux dans la Somme ?
04:13Alors, je vais reprendre un peu ce qui a été dit auparavant,
04:16en fait, on n'a pas un manque d'eau,
04:18on a une mauvaise gestion de l'eau.
04:19Ça, c'est le premier point.
04:21Pourquoi on a une mauvaise gestion de l'eau ?
04:23Parce que la France était un pays depuis des dizaines d'années
04:26où l'eau n'était pas un souci.
04:28À la différence de d'autres pays plus désertiques
04:31ou plus délicats,
04:33comme l'Espagne,
04:34comme tous ces pays du sud de l'Europe ou de l'Afrique,
04:37qui, eux, gèrent l'eau,
04:39réduisent la vitesse d'eau qui part à la mer,
04:42font tout ce qu'ils peuvent
04:43pour que cette eau descende dans les nappes
04:46et qu'il y ait le moins de pertes possible.
04:47Donc, aujourd'hui,
04:49si on fait un peu une synthèse,
04:51depuis quelques dizaines d'années,
04:52on a augmenté la réglementation
04:54et on a aidé l'eau à aller plus vite à la mer
04:57pour un respect de la biodiversité.
05:00Parce qu'il fallait que le monde aquatique
05:03puisse remonter les cours d'eau
05:04pour aller à la source.
05:06Donc, le problème, c'est que l'hiver,
05:08la quantité d'eau qui descend
05:10est perdue parce qu'elle part très vite à la mer.
05:13Alors, la démarche, par contre,
05:15je suis d'accord avec M. le député
05:18sur la démarche.
05:19Aujourd'hui, on a une année extrêmement catastrophique
05:22au niveau des températures.
05:24Mais je suis désolé,
05:26vous allez dans d'autres pays bien plus désertiques
05:28avec des pivots d'irrigation.
05:31Ils arrivent à produire les cultures que l'on produise.
05:33Alors, ça dérange, mais c'est la réalité.
05:35Mais moi, je voudrais venir...
05:36Juste avant que vous développiez,
05:38moi, j'aimerais bien avoir votre état des lieux
05:40à vous dans votre exploitation.
05:41Vous êtes dans la Somme.
05:42J'ai annoncé que Dunkerque n'a pas eu d'eau
05:44depuis 45 jours.
05:45Vous êtes juste en dessous, vous, de la Somme.
05:47Comment ça se passe sur votre exploitation ?
05:49Si on prend les cultures en céréales,
05:51comme c'est une culture d'hiver
05:52qui a pris l'eau du printemps,
05:54on s'en sort moins mal.
05:55C'est-à-dire, on a perdu 20% de rendement.
05:57Mais toutes les cultures de printemps,
05:59on va perdre entre 20, 30, 50, 80% des rendements.
06:04Je dis bien rendement
06:05parce que lorsque j'entends des politiques
06:07qui nous disent qu'on va perdre
06:08quelques milliers d'euros par exploitation,
06:11non, c'est des dizaines de milliers d'euros
06:13qu'on va perdre par exploitation.
06:15Les gens, là, on confond revenu et chiffre d'affaires.
06:18Lorsqu'on perd 50% des rendements,
06:21on ne perd pas 50% du revenu.
06:23On perd 100% du revenu
06:25et on doit remettre la main à la pâte
06:27au niveau de notre argent privé.
06:29Là, moi, je vais vous dire une seule chose
06:31pour essayer d'élever le débat.
06:33Je vais vous prendre un seul exemple.
06:34Aujourd'hui, l'eau, elle vient de nous.
06:36Elle vient bien de la campagne et de nos champs,
06:38les paysans, là.
06:40Elle vient de là et elle va à la ville,
06:42cette eau, pour nourrir, ce qui est logique,
06:44pour arroser, pour désaltérer,
06:50pour être utilisée par l'industrie.
06:53Eh bien, moi, je souhaiterais que l'on débattre
06:55parce que c'est là où est la source du problème.
06:57Je souhaiterais que l'on débattre
06:58des 30 milliards de mètres cubes qui arrivent
07:01et que l'on utilise.
07:0325 milliards sont perdus.
07:05Où va cette eau ?
07:06Évidemment, je le sais et on pourra en aller.
07:09Où va cette eau ?
07:10Pourquoi n'est-elle pas réutilisée ?
07:12Pourquoi est-elle perdue pour tout le monde ?
07:14Parce qu'une fois qu'elle est rejetée,
07:17elle est perdue pour tout le monde,
07:18donc elle part à la mer.
07:19Et c'est là que se situe le problème
07:21d'une France qui, dans l'opulence de l'eau,
07:24est arrivée en une dizaine d'années
07:26à force de réglementations, d'organisations
07:28et d'écologies,
07:30qui n'est pas forcément un mal,
07:31mais une écologie non cadrée
07:33et non, on va dire, orientée
07:37avec le besoin de cette agriculture.
07:40Où va cette eau et pourquoi est-elle perdue ?
07:42Patrick, la question est posée.
07:44Je vous propose de revenir avec nous
07:46dans quelques instants.
07:46Vous savez qu'en radio,
07:47on a des pauses obligatoires.
07:49Ça s'appelle la pub.
07:50Patrick Legras, président de la Coordination
07:52Rurale des Hauts-de-France
07:52et producteur, entre autres,
07:54de céréales, de lin, de betteraves
07:55et de pommes de terre,
07:56pose la question.
07:57Où va l'eau ?
07:58On essaiera d'y répondre avec vous,
08:00Patrick Legras, avec vous,
08:02Benoît Biteau.
08:03Et avec vous, je vous rappelle
08:04la question que je vous pose,
08:05sécheresse.
08:06Et est-ce que Benoît n'apporte pas là
08:08une réponse ?
08:09Avec l'agriculture qui souffre,
08:11est-ce que nous pouvions éviter
08:13les conséquences de la sécheresse ?
08:14On en parle avec vous sur Sud Radio
08:16dans quelques instants.
08:17Restez avec nous.
08:17On accueillera aussi Jean-Paul
08:18au 0826-300-300
08:20qui lui aussi veut donner son avis.
08:247h10h, le grand matin week-end.
08:27Sud Radio, le grand matin week-end.
08:317h10h, Laurence Perrault.
08:32Et la question que je vous pose ce matin
08:33et dont nous sommes en débat actuellement,
08:35sécheresse, l'agriculture souffre,
08:37et pas quelle, évidemment.
08:39Pourvions-nous léviter ?
08:40On en parle évidemment avec vous.
08:42Vous êtes nombreux à réagir
08:43sur la page Facebook, YouTube
08:45et le compte X de Sud Radio.
08:47Vous dites oui sur la page YouTube.
08:49Oui, nous pouvions l'éviter.
08:50En tout cas, de faire souffrir l'agriculture
08:53et le reste suite à cette sèche-stresse.
08:55N'hésitez pas.
08:56Vous avez par exemple Francis
08:58qui nous dit
08:58« Laissez nos agriculteurs stocker de l'eau.
09:00Actuellement en France,
09:01les champs pour nourrir la population sont brûlés. »
09:04Vous êtes nombreux à réagir.
09:05Alors, en quelques mots,
09:06parce que je voudrais vraiment laisser aussi
09:08la parole à Benoît Biteau
09:09et nous avons Jean-Paul
09:10qui a appelé 0826-300-300.
09:12Patrick Legras, vous avez jeté
09:13un pavé dans la mare juste avant.
09:15Je vous donne mes 20 secondes
09:16pour rappeler ce que vous nous dites.
09:18L'eau des champs part à la ville
09:19et n'est pas utilisée.
09:21Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
09:23Ben, grosso modo, la France,
09:24on utilise 28 milliards de mètres cubes.
09:27Et si on additionne tout ce qui est rejeté
09:29par l'industrie,
09:30par les centrales nucléaires
09:31et par les stations d'épuration,
09:33on en rejette 25 milliards.
09:34Voilà, c'est clair, c'est net, c'est précis.
09:36Et quand vous dites
09:37« L'eau des champs part à la ville » ?
09:39Ben, tout ce qui est eau pour pomper,
09:41on va prendre par exemple la région parisienne.
09:43La grosse source de l'eau de la région parisienne,
09:45c'est la Seine-et-Marne
09:47et c'est justement la région des Hauts-de-France,
09:50entre autres l'Aisne,
09:51parce que les pompages sont faits
09:54bien plus loin que les villes,
09:55parce que par nature,
09:56les villes sont des grosses zones de pollution.
09:59Donc, on ne va pas pomper l'eau
10:00où l'eau n'est pas forcément très bonne.
10:02Merci d'avoir été bien clair,
10:04j'ai mieux compris.
10:04Benoît Bito, une réaction
10:05à ce que vient de nous annoncer Patrick Legras.
10:07Est-ce que ça pourrait être
10:08l'une des solutions
10:10pour éviter les conséquences de sécheresse
10:12évidemment à venir,
10:13puisque celle de cette année,
10:14on est tous en train d'essayer de faire au mieux ?
10:17Alors, au risque de vous surprendre,
10:19je partage complètement
10:20le début du développement de M. Legras.
10:24Effectivement, on a beaucoup d'eau,
10:26parce qu'on n'est pas sur un pays
10:28où on a un déficit de pluviométrie.
10:29Ce régime pluviométrique a été sévèrement modifié
10:33par le dérèglement climatique,
10:34c'est-à-dire qu'on a beaucoup d'eau
10:35qui arrive sur des courtes périodes
10:37et donc on a cette eau qui est abondante
10:40et qui est effectivement...
10:41Oui, comme cet hiver avec les inondations.
10:43Voilà, c'est ça.
10:44Donc, on a une année 2026
10:45qui est particulièrement éclairante
10:47par rapport à tout ça.
10:48On a un excès d'eau au début de l'année,
10:51conséquent, historique,
10:52et derrière, une sécheresse et une canicule
10:55également conséquentes et historiques.
10:57Et là, ça met en lumière, effectivement,
11:01le fait qu'on aurait pu éviter tout ça
11:02si on avait travaillé et réfléchi
11:05à l'aménagement du territoire.
11:06Et c'est là où peut-être mon propos
11:08va diverger un peu de celui de M. Legras.
11:11C'est qu'à ce moment-là,
11:13on fait le constat que l'eau qui part à la mer
11:15est en quantité importante,
11:17mais se poser la question de
11:19pourquoi est-ce qu'elle part à la mer ?
11:20Avec une petite incise quand même,
11:23l'eau qui part à la mer n'est pas une eau perdue.
11:25Moi, je suis élu sur une circonscription
11:26où j'ai des pêcheurs,
11:28où j'ai des conchiliculteurs.
11:29Je peux vous dire que, eux,
11:31l'eau qui arrive à la mer,
11:32elle est déterminante.
11:33Elle est déterminante.
11:34Oui, pour faire des huiles de Marais-Noléron,
11:35par exemple.
11:36Elle est déterminante pour ces productions-là.
11:39Donc, attention avec ces racontes
11:41un peu simplistes.
11:42Bien sûr.
11:42Parce qu'il y a des acteurs
11:44qui ont besoin de l'eau qui arrive à la mer.
11:46Mais par contre, dans les quantités...
11:47Comment on pourrait faire ?
11:49Concrètement, c'est un problème
11:50d'aménagement du territoire.
11:51Et moi, ce qui me gêne,
11:52c'est que les agriculteurs
11:53qui veulent aujourd'hui des méga-bassines
11:55et il y a un éléphant dans la pièce,
11:57un angle mort que personne n'évoque,
11:59c'est l'argent public qu'on met sur la table.
12:01C'est-à-dire que pour faire ces méga-bassines,
12:03on met beaucoup, beaucoup, beaucoup,
12:05beaucoup d'argent public
12:06qui ne va servir qu'à 6% des agriculteurs
12:09parce que seulement 6% des agriculteurs
12:11sont à capacité d'irriguer.
12:13Et cet argent public,
12:14si je prends l'exemple de l'Aix-Moi-Tou-Charente,
12:16les quatre départements,
12:17Deux-Sèvres, Charente, Charente-Maritime et Vienne,
12:21on est prêt à mettre 400 millions d'euros
12:23pour faire des méga-bassines
12:25qui ne vont servir qu'à 6% des agriculteurs.
12:27Et bien ces 400 millions d'euros,
12:29il faudrait qu'on les oriente
12:31vers le réaménagement du territoire,
12:33c'est-à-dire créer des conditions
12:34pour que quand l'eau est abondante,
12:36comme ça a été le cas cet hiver,
12:38on sache l'accueillir.
12:39J'adore ce verbe quand on parle d'eau.
12:42Accueillir l'eau,
12:43la retenir,
12:43la ralentir,
12:44la laisser s'infiltrer,
12:46mais sur des zones humides.
12:49C'est là où il y a des zones stratégiques
12:52et qu'on a complètement balayées du territoire
12:55qui sont des zones humides
12:57qui permettent de recevoir cette eau,
13:00de restaurer le grand cycle de l'eau,
13:02de retrouver de la fonctionnalité hydrogique
13:04et de nourrir,
13:05pour répondre à votre question,
13:06parce que vous m'avez posé une question sur l'élevage,
13:08et qui permettrait,
13:09quand l'eau s'évacue gentiment,
13:11de nourrir des herbivores avec de l'herbe
13:13plutôt qu'avec du maïs qu'on irrigue.
13:14Et là, on rallume véritablement un cercle vertueux,
13:17sauf que les 6%
13:19Non, je finis.
13:20Les 6% d'agriculteurs
13:21qui veulent des méga-bassines
13:22sont ceux qui ont arraché les...
13:24Benoît Bittaud, député écologique,
13:26je vais vous couper la parole.
13:27Benoît Bittaud, stop.
13:28Ceux qui ont redressé les cours d'eau.
13:31Excusez-moi, Benoît Bittaud,
13:32mais s'il vous plaît,
13:33je ne vous entends plus.
13:34Je le fais exprès,
13:35parce que vous ne...
13:36Oui, mais excusez-moi.
13:37On est à trois,
13:38vous parlez tout seul.
13:40Benoît Bittaud, excusez-moi.
13:41Je voudrais quand même aussi
13:42avoir la réaction de votre débatteur.
13:44Sinon, ce n'est plus un débat,
13:45c'est un monologue.
13:46Et puis, j'ai aussi Jean-Paul.
13:47Et j'ai des choses à tenir.
13:48Donc, non, je suis désolée.
13:49Vous ne pouvez pas
13:50prendre la parole comme ça,
13:52en otage,
13:52et la garder.
13:53Je voudrais avoir la réponse
13:55de Patrick Legras.
13:55On vous a entendu,
13:56monsieur le député
13:57des Charentes-Maritimes,
13:58monsieur le député écologiste.
13:59Je suis d'accord avec vous,
14:00mais laissez la parole aussi aux autres.
14:02Monsieur Patrick Legras,
14:03rapidement,
14:04parce que je voudrais donner
14:04la parole aussi à Jean-Paul
14:05qui nous a appelés.
14:07Alors, en 30 secondes,
14:08j'étais satisfait
14:09que monsieur Bito soit d'accord
14:10sur les propos
14:11qui sont des chiffres
14:12qui existent.
14:14Le reste,
14:14c'est de l'idéologie.
14:16Je suis désolé.
14:16Le grand cycle de l'eau,
14:18l'eau,
14:18il va à la mer,
14:19elle va toujours à la mer.
14:20Il faut savoir
14:21que sur les 500 milliards
14:22de mètres cubes,
14:24470,
14:25on va dire 470 milliards
14:27ne sont pas utilisés
14:28par les agriculteurs,
14:29entre autres.
14:31Et dernier point,
14:32on n'utilise que 10%
14:34de l'utilité,
14:36c'est-à-dire des 30 milliards,
14:37même pas 10%,
14:38et pendant 3 mois.
14:40Donc,
14:41il faut aujourd'hui,
14:42au lieu de se battre,
14:43il faut que l'on trouve
14:43des solutions
14:44à la fois agricoles,
14:46à la fois écologiques
14:47et à la fois pour le consommateur.
14:49Je vais vous prendre
14:49un seul exemple
14:50qui va résumer ça.
14:51Vous prenez le dossier
14:52de la ville de New York.
14:53New York,
14:54c'est 30 à 40 millions
14:56de mètres cubes
14:56qui sont rejetés.
14:58L'État a décidé
14:59que les rejets
15:00étant trop toxiques
15:01en milieu aquatique,
15:02il fallait les diluer
15:04pour qu'elles repartent
15:05à la mer.
15:06Donc,
15:06vous comprenez,
15:07que les dossiers
15:08sont là.
15:08Alors,
15:08on accable le paysan,
15:10on accable l'agriculteur,
15:12alors qu'il est là
15:13pour nourrir le peuple.
15:15Et en fait,
15:16les solutions,
15:17ils sont,
15:17je dis bien maquillés,
15:18j'emploie le terme,
15:19maquillés
15:20par des gens
15:20qui ne sont pas face
15:22à leur responsabilité.
15:23On va accueillir.
15:24On va accueillir Jean-Paul.
15:24Restez avec nous,
15:25Benoît Buteau,
15:26député écologiste
15:26de Charente,
15:27maritime,
15:27agriculteur et passionné.
15:29Et Patrick Legras,
15:30président de la Coordination
15:31Rurale des Hauts-de-France
15:32et producteur,
15:32entre autres,
15:33de céréales,
15:33de betteraves,
15:34de lin et,
15:35je l'ai bien entendu,
15:36de pommes de terre.
15:37Jean-Paul,
15:37j'ai quelques minutes,
15:38enfin,
15:38quelques secondes
15:39à vous accorder.
15:40Merci d'être avec nous
15:41au 0826 300 300.
15:43Oui,
15:44bonjour Laurence
15:44et donc bonjour
15:46à vos intervenants,
15:46donc M. Legras,
15:48dont j'apprécie les propos.
15:50Est-ce qu'on peut prévoir
15:52oui et non ?
15:54Non,
15:54parce qu'il y a des phénomènes
15:56climatiques qui existent
15:57et qui ont toujours existé.
15:59On parle de dérèglement,
16:00mais il faut arrêter
16:01de raconter ce genre
16:02de plaisanterie
16:03pour faire peur aux gens.
16:06Donc,
16:07oui,
16:07est-ce qu'on peut prévoir
16:08en 1976,
16:10on a eu une très grande sécheresse
16:12qui nous a valu
16:13un impôt exceptionnel,
16:14un impôt sécheresse
16:15qui était brossé
16:16cinq ans après,
16:17c'est clair.
16:18Mais donc,
16:19on pensait qu'à l'époque,
16:21on aurait mis en place
16:22une gestion de l'eau,
16:23c'est-à-dire faire des,
16:26comment dire,
16:26des retenues,
16:27des petites retenues,
16:28des grandes retenues
16:30un peu partout
16:31et non pas envoyer
16:33toute la flotte à la mer.
16:34Donc,
16:34comme les écologistes,
16:36effectivement,
16:36on le réclame.
16:37et donc,
16:38on a vu
16:38les écologistes
16:40faire détruire
16:41toutes les petites retenues
16:43qu'il y avait autour de Valence
16:44dans tous les cours d'eau.
16:46Donc,
16:46ça a provoqué
16:47une inéditation catastrophique
16:48d'il y a quelques années
16:50à Valence.
16:50Mais ça,
16:51on l'a oublié.
16:52Donc,
16:53il ne faut pas confondre,
16:54effectivement,
16:55écologie et escrologie.
16:56On a affaire
16:57à de l'escrologie
16:58à l'heure actuelle
16:59et donc des gens
17:00qui ne veulent pas du tout
17:01mettre en place
17:02des solutions.
17:03En tout cas,
17:03les solutions sont multiples.
17:05Ça,
17:05c'est clair.
17:06Mais par contre,
17:07il faut retenir de l'eau.
17:09si je peux me permettre,
17:10Jean-Paul,
17:11je ne serais pas d'accord
17:12avec le mot
17:12que vous venez d'utiliser.
17:14On peut avoir des idées,
17:16je ne sais pas
17:16spécialement les miennes
17:17puis je n'ai pas à en parler,
17:18mais l'escrologie,
17:20je trouve quand même
17:20que le mot est trop fort
17:21et c'est vous qui le dites,
17:22ce ne sera pas moi.
17:24Voilà,
17:24je pense qu'on a besoin
17:25de tout le monde
17:25pour travailler,
17:26qu'on soit écologiste,
17:28qu'on ne le soit pas
17:28et que face à ce qui se passe
17:30en termes de changement climatique
17:31et de conséquences.
17:33Travaillons main dans la main
17:34tous ensemble
17:34et peut-être arrêtons
17:36de se diviser
17:37et de se battre
17:38pour je ne sais quelle raison.
17:39Moi,
17:39je suis plutôt pour
17:40travailler tous ensemble.
17:41En tout cas,
17:42Jean-Paul,
17:42vous avez eu la parole
17:43également sur Sud Radio.
17:44Je vais devoir arrêter le débat
17:46parce qu'on pourrait passer
17:48des heures sur ce sujet
17:49qui est d'importance
17:50et bravo à vous deux
17:52d'avoir donné aussi votre avis
17:53avec passion évidemment
17:55pour notre ami député
17:58de la Charente-Maritime
18:00d'une des circonscriptions
18:01Benoît Biteau
18:02et également éleveur
18:04et agriculteur
18:05et Patrick Legras
18:06dans la Somme également.
18:08Merci d'avoir été
18:09avec nous tous les deux.
18:10Patrick Legras,
18:11président de la Coordination
18:12Rurale des Hauts-de-France,
18:13producteur dans la Somme
18:15et député écologiste
18:16Benoît Biteau
18:17de Charente-Maritime
18:18et agriculteur également.
18:19Merci à vous deux
18:20de votre franchise
18:21et en tout cas
18:22de votre vérité
18:23partagée sur l'antenne
18:24de Sud Radio.
18:25Allez,
18:25à suivre,
18:25on va parler de rencontres
18:27avec la nuit des étoiles.
18:28on va prendre un peu de hauteur
18:30et puis juste après
18:31on parlera des vins
18:32de l'Occitanie
18:33avec Gérard Bertrand.
18:35Sud Radio
18:38Parlons vrai
18:38C'était
Commentaires