00:00Drôle d'époque, Éric Revelle. Bonjour Eric.
00:02Bonjour Patrick, bonjour à tous.
00:04Alors, drôle d'époque parce que, pour la première fois,
00:06des syndicats de policiers appellent les citoyens,
00:09les acteurs de la sécurité, à manifester ensemble,
00:13samedi prochain, dans plusieurs villes du pays.
00:15Oui, oui, dans une vingtaine de villes.
00:17Alors, j'ai tiré cette petite phrase du syndicat Alliance,
00:21qui est majoritaire chez les policiers dégradés.
00:23Cette phrase, c'est « Pendant que la criminalité s'organise,
00:26se structure et se radicalise, l'État recule ».
00:31Cette phrase est frappante, à mon sens,
00:33et elle incarne le ras-le-bol et la colère sourde des forces de l'ordre.
00:38Ce ras-le-bol a donc passé un cap,
00:39avec cet appel à manifester samedi prochain.
00:43Alors que, disent ces syndicats, la France s'enfonce dans l'insécurité,
00:48la délinquance progresse, et donc une partie des policiers
00:51se sent abandonnés par les pouvoirs publics,
00:54et va le dire haut et clair, samedi prochain,
00:57en appelant les citoyens à les rejoindre pour manifester.
01:00Quelles sont les raisons, quand même, de ce malaise
01:03qui semble profond chez les policiers ériques ?
01:05Alors, je les classe en deux catégories.
01:07Il y a les motifs, les raisons conjoncturelles,
01:11mais qui deviennent, en fait, structurelles.
01:13C'est, par exemple, le manque d'effectifs suffisants,
01:17la vétusté des commissariats,
01:19même si un certain nombre de commissariats neufs
01:21ont été inaugurés en 2025.
01:24Des logiciels de prise de plainte ou de renseignements
01:27qui sont totalement dépassés, disent les policiers,
01:31une crise de l'investigation des crimes et des délits.
01:34Voilà, des motifs conjoncturels,
01:36mais qui, à mon sens, deviennent structurels,
01:37parce qu'année après année,
01:39les policiers disent qu'il manque de moyens.
01:41Mais il y a aussi
01:42l'effondrement de leur autorité,
01:45qu'ils constatent,
01:46et ça, c'est tout à fait ancré,
01:47et c'est tout à fait structurel.
01:49L'impression de vider l'océan de la délinquance
01:52à la petite cuillère,
01:53je rappelle qu'il y a un refus d'obtempérer
01:56toutes les 20 minutes dans notre pays,
01:59et que les policiers ne sont plus respectés.
02:01C'est aussi ça, la raison, j'allais dire,
02:03structurelle de leur malaise.
02:04Oui, c'est ça.
02:05Et puis, en plus,
02:06la situation économique du pays n'est pas terrible.
02:09Il y a une instabilité globale
02:11qui, finalement, n'améliore pas,
02:13ne permet pas d'améliorer la situation.
02:15Bah oui, la situation budgétaire,
02:17on voulait dire.
02:18Bah oui, à l'heure où la France
02:19n'a toujours pas de budget définitif,
02:21voter au Parlement,
02:22il faudra encore attendre la navette
02:24via le Sénat.
02:26Bah, le ministère de l'Intérieur
02:28ne peut sortir aucun plan,
02:29ne peut pas faire des annonces
02:31de rallonge financière
02:33susceptibles d'apaiser
02:34la fronte des policiers.
02:36Faute de moyens et d'effectifs,
02:38écoutez bien,
02:382 millions de procédures
02:40sont en attente de traitement en France.
02:42Les paperasses s'accumulent.
02:43Plus de 3 millions de nouveaux dossiers
02:46sont à traiter chaque année.
02:48Les services d'enquête sont donc saturés,
02:50pris entre l'ensauvagement de notre société
02:53et les manques de moyens.
02:54Et puis, attention, Patrick,
02:55parce que la police nationale,
02:57et j'y rajoute la gendarmerie,
02:59sont les derniers piliers
03:00qui tiennent encore cette république debout.
03:03L'épuisement de nos policiers,
03:05leur colère sourde,
03:06doit donc être traitée en priorité.
03:08La police donne rendez-vous
03:10dans 23 villes de France,
03:11samedi prochain,
03:11à Paris.
03:12Le cortège s'élancera à 11h,
03:15place de la Bastille,
03:16pour rejoindre la place de la Nation.
03:17Bon, je ne sais pas si ça va mobiliser,
03:19parce qu'on le dit souvent,
03:21on se mobilise,
03:22on manifeste sous le coup de l'émotion
03:24quand il se passe effectivement
03:25un acte, un drame.
03:27Là, c'est plutôt à froid,
03:29mais c'est intéressant de voir cette démarche.
03:31Je ne sais pas si vous seriez prêts,
03:33vous, à aller manifester
03:34auprès des policiers,
03:36samedi prochain.
03:37Vous pourrez bien sûr réagir tout à l'heure.
03:39Jean-François Aquilly,
03:40bonjour,
03:40votre invité politique,
03:418h15.
03:42Ce sera Pierre Jouvet,
03:43secrétaire général du Parti Socialiste
03:45et député PS européen.
03:47Tiens, on pourra lui poser la question
03:48sur cette mobilisation policière.
03:50Et il y a sur la table,
03:51évidemment,
03:51les municipales,
03:52avec le Parti Socialiste
03:53qui aligne
03:542000 têtes de liste,
03:56et la question sur les relations
03:57avec la France Insoumise.
03:59Très important.
03:59Oui, à tout à l'heure.
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