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  • il y a 2 heures
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Vous vouliez parler quoi ? Rendre hommage à Louis Dauphinès ?
00:02Oui, l'anniversaire de sa disparition, au 27 janvier 1983.
00:05Donc ça fait 43 ans.
00:09Exactement.
00:10Alors, ce qui est drôle, et ça c'est intéressant,
00:13c'est que tous les morts ne restent pas dans nos vies.
00:19Il y a des chanteurs, Claude-François, Jodassin, qui sont incroyablement présents.
00:23Il y a des chanteurs morts qui, hélas, sont moins présents.
00:27C'est vrai qu'on entend moins Brassens, vous parliez de Montand,
00:29les chansons de Montand, on les entend moins.
00:31Bon, et pareil pour les comédiens.
00:35Fernandelle n'est pas présent.
00:37Et Dauphinès est présent.
00:39Pourquoi ? Mystère et boule de gomme.
00:41On peut avancer quelques explications.
00:43Il y a le noir et blanc, mais on pourrait aussi coloriser.
00:47Mais il y a autre chose, je pense qu'il y a autre chose.
00:49Pour Dauphinès, il y a un truc qui plaît, intergénérationnel,
00:52qui fait que les enfants adorent.
00:54Et on peut rappeler, son premier film, c'est drôle d'ailleurs,
00:57il s'appelait Au revoir M. Grock en 1950.
01:01Et puis après, il a fait plein de ce qu'on appelait de panouilles
01:04avant de trouver avec le premier grand rôle, c'est Pouic Pouic, en 1963.
01:09La carrière est assez courte d'ailleurs, au plus haut niveau.
01:13Pouic Pouic, c'est en 1963, il mourra en 1983.
01:15Le gendarme de Saint-Tropez, évidemment en 1964.
01:18Et puis après, le corneau en 1965, le grand restaurant.
01:20J'adore les trois premiers quarts d'heure du grand restaurant.
01:23Après, c'est moins bien.
01:25Mais par exemple, en 1966, vous avez deux films.
01:26Le grand restaurant, la grande vadrouille.
01:28En 1967, vous en avez trois.
01:30Fantomas contre Scotland Yard.
01:34Oscar, les grandes vacances.
01:36En 1968, le petit baigneur, le tatoué.
01:38Hibernatus, en 1969.
01:41Vous n'avez pas 25 ans, vous avez 90 ans.
01:44Et vous êtes le grand-père de votre mère, c'est-à-dire de ma femme.
01:47Elle ne s'appelle pas Clémentine, elle s'appelle Edmé.
01:51Bon, et c'est extraordinaire parce que Michael Lonsdal,
01:54qui est un acteur extrêmement intello,
01:56qui avait fait des pièces de théâtre,
01:58qui avait fait...
01:58Bon, on ne lui parlait toujours que de son rôle.
02:01Et je crois que c'était le professeur Lorto
02:02qu'il jouait de mémoire, le professeur Lorto.
02:05Bon, après, le gendarme se balade.
02:08La folie des grandeurs, c'est formidable.
02:09Les aventures de Rabbi Jacob.
02:10Les loups-la-cuisse, qui est très, très réussie.
02:12Et puis, la soupe aux choux.
02:14Et le dernier, c'est les gendarmes et les gendarmettes.
02:16Bon.
02:17Et pourquoi est-il aussi présent ?
02:18Et notamment, pourquoi ça repasse ?
02:20Pendant le Covid, on avait vu les films de Funès,
02:23les films qui passaient l'après-midi,
02:25et ça faisait mal.
02:26Il fait du bien, il fait du bien.
02:28Oui, mais ce qui m'étonne,
02:29c'est qu'on ne parle pas du De Funès classique.
02:33J'ai chez moi les fables de La Fontaine,
02:36récitées par De Funès.
02:38C'est un chef-d'oeuvre.
02:39Mais vous avez...
02:39En vidéo ?
02:40Non, en CD.
02:42En CD, mais on le trouve du reste sur le téléphone.
02:45On les trouve sur YouTube, oui.
02:46Oui, sur YouTube, vous les avez.
02:47Il a une façon de...
02:49Alors ça, je demande à Fabrice Laffitte,
02:51quelle fable vous revient ?
02:52Les animaux malades de la peste ?
02:54Oh, il a le fable à Perrette et le pot au lait.
02:56Le corbeau et le renard.
02:56Le corbeau et le renard, c'est magnifique.
02:59Écoutons, le corbeau et le renard,
03:00de Funès, ça c'est bien,
03:02parce que c'est au moins quelque chose qu'on...
03:04Les fables, c'est formidable.
03:05Mais Cochet obligeait tous ces comédiens,
03:08Depardieu et les autres,
03:10à travailler...
03:11Moi, je l'ai bien connu, Jean-Laurent Cochet,
03:12grâce à ma cousine.
03:14Et il faisait travailler...
03:15Pourquoi votre cousine ?
03:16Parce qu'elle était Marceline Collard,
03:17elle était comédienne à la comédie française.
03:20Et Cochet faisait travailler
03:21tous les comédiens sur les fables de La Fontaine.
03:24Et il commençait toujours par
03:26mettre corbeau sur un arbre perché.
03:27Ça ne veut rien dire.
03:28Mais dites mettre corbeau sur un arbre perché.
03:33Ah !
03:33Le sens arrive.
03:35Et les fables de La Fontaine,
03:36c'était le travail de Depardieu,
03:38de tous les comédiens.
03:39Ils ont travaillé là-dessus.
03:40Et quand on entend
03:41De Funès, c'était les fables,
03:43pardon, on se rend compte
03:44que c'est un immense comédien.
03:46Est-ce que c'est le plus grand styliste
03:47de la langue française, La Fontaine ?
03:50Je pense, oui.
03:51Il y a des gens qui pensent
03:53que c'est même notre Dante.
03:55Vous voyez ?
03:56Les Italiens ont Dante.
03:58Et nous, on a La Fontaine.
03:59Alors, ça peut paraître bizarre
04:00parce que Dante,
04:01l'enfer, le paradis, le purgatoire, tout ça.
04:03Mais La Fontaine,
04:04c'est une comédie humaine absolument géniale.
04:07Céline disait de lui,
04:08le flûtiste.
04:10Oui, il a raison.
04:12Mais s'agissant de Funès,
04:14j'ai vu une fois,
04:15Puik, Puik,
04:17doublé en japonais.
04:19Et je peux vous dire que ça passe.
04:20et c'est là qu'on voit
04:22le génie de de Funès.
04:23Même doublé, ça passe.
04:25Il y a Christian Marin,
04:26évidemment, il y a Jacqueline Maillant.
04:27Que dites-vous, Fabrice Laffitte ?
04:29J'ai à vous proposer
04:30le corbeau et le renard.
04:31Alors, il est arrivé.
04:32Écoutons quelques secondes.
04:33Génial.
04:36Écoutons.
04:36Le corbeau
04:37et le renard.
04:50Maître corbeau,
04:55sur un arbre perché,
04:56tenait en son bec un fromage.
04:59Mouh !
05:02Maître renard,
05:04par l'odeur alléchée,
05:05lui teinte à peu près
05:06ce langage.
05:07Hé !
05:09Bonjour !
05:10Monsieur du corbeau !
05:12Que vous êtes joli !
05:14Que vous me semblez beau !
05:16Sans mentir,
05:17si votre ramage
05:18se rapporte
05:18à votre plumage,
05:20vous êtes
05:20le phénix
05:21des hôtes
05:22de ces bois !
05:24Ah !
05:25À ces mots,
05:25le corbeau ne se sent pas
05:26de joie
05:27et pour montrer
05:28sa belle voix,
05:29il ouvre un large bec.
05:30Oh !
05:32Laisse tomber sa proie.
05:34Oh !
05:35Oh !
05:35Le renard s'en saisit
05:38et dit
05:39Mon bon monsieur,
05:40apprenez que tout flotteur
05:41vit au dépend
05:42de celui qui l'écoute.
05:44Cette leçon
05:44vaut bien un fromage,
05:45sans doute.
05:46Ah !
05:47Oh !
05:48Mon corbeau !
05:54honteux et confus.
05:57Vira,
05:58mais un peu tard,
05:59qu'on ne l'y prendrait plus.
06:03Bon, il en fait des tonnes.
06:04Ah !
06:04Mais oui, c'est le filet.
06:06Voilà.
06:07Il faut l'écouter,
06:08la mort et le bûcheron.
06:10La mort et le bûcheron,
06:11c'est génial,
06:11mais les animaux malades.
06:12Moi,
06:12l'une des plus extraordinaires,
06:15c'est vraiment
06:15les animaux malades de la vie.
06:17Ça, c'est une fable politique, ça.
06:18Absolument.
06:19Elle est géniale.
06:20C'est René Girard.
06:22Oui.
06:23Mal que le ciel,
06:24dans sa fureur.
06:25Mais quel dommage
06:26qu'on oublie la fontaine.
06:28Quel dommage.
06:29Mais on ne l'oublie pas,
06:29j'espère qu'il est toujours enseigné,
06:31la fontaine.
06:32de Julien,
06:32je sais pas,
06:32et puis...
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