00:00Vous vouliez parler quoi ? Rendre hommage à Louis Dauphinès ?
00:02Oui, l'anniversaire de sa disparition, au 27 janvier 1983.
00:05Donc ça fait 43 ans.
00:09Exactement.
00:10Alors, ce qui est drôle, et ça c'est intéressant,
00:13c'est que tous les morts ne restent pas dans nos vies.
00:19Il y a des chanteurs, Claude-François, Jodassin, qui sont incroyablement présents.
00:23Il y a des chanteurs morts qui, hélas, sont moins présents.
00:27C'est vrai qu'on entend moins Brassens, vous parliez de Montand,
00:29les chansons de Montand, on les entend moins.
00:31Bon, et pareil pour les comédiens.
00:35Fernandelle n'est pas présent.
00:37Et Dauphinès est présent.
00:39Pourquoi ? Mystère et boule de gomme.
00:41On peut avancer quelques explications.
00:43Il y a le noir et blanc, mais on pourrait aussi coloriser.
00:47Mais il y a autre chose, je pense qu'il y a autre chose.
00:49Pour Dauphinès, il y a un truc qui plaît, intergénérationnel,
00:52qui fait que les enfants adorent.
00:54Et on peut rappeler, son premier film, c'est drôle d'ailleurs,
00:57il s'appelait Au revoir M. Grock en 1950.
01:01Et puis après, il a fait plein de ce qu'on appelait de panouilles
01:04avant de trouver avec le premier grand rôle, c'est Pouic Pouic, en 1963.
01:09La carrière est assez courte d'ailleurs, au plus haut niveau.
01:13Pouic Pouic, c'est en 1963, il mourra en 1983.
01:15Le gendarme de Saint-Tropez, évidemment en 1964.
01:18Et puis après, le corneau en 1965, le grand restaurant.
01:20J'adore les trois premiers quarts d'heure du grand restaurant.
01:23Après, c'est moins bien.
01:25Mais par exemple, en 1966, vous avez deux films.
01:26Le grand restaurant, la grande vadrouille.
01:28En 1967, vous en avez trois.
01:30Fantomas contre Scotland Yard.
01:34Oscar, les grandes vacances.
01:36En 1968, le petit baigneur, le tatoué.
01:38Hibernatus, en 1969.
01:41Vous n'avez pas 25 ans, vous avez 90 ans.
01:44Et vous êtes le grand-père de votre mère, c'est-à-dire de ma femme.
01:47Elle ne s'appelle pas Clémentine, elle s'appelle Edmé.
01:51Bon, et c'est extraordinaire parce que Michael Lonsdal,
01:54qui est un acteur extrêmement intello,
01:56qui avait fait des pièces de théâtre,
01:58qui avait fait...
01:58Bon, on ne lui parlait toujours que de son rôle.
02:01Et je crois que c'était le professeur Lorto
02:02qu'il jouait de mémoire, le professeur Lorto.
02:05Bon, après, le gendarme se balade.
02:08La folie des grandeurs, c'est formidable.
02:09Les aventures de Rabbi Jacob.
02:10Les loups-la-cuisse, qui est très, très réussie.
02:12Et puis, la soupe aux choux.
02:14Et le dernier, c'est les gendarmes et les gendarmettes.
02:16Bon.
02:17Et pourquoi est-il aussi présent ?
02:18Et notamment, pourquoi ça repasse ?
02:20Pendant le Covid, on avait vu les films de Funès,
02:23les films qui passaient l'après-midi,
02:25et ça faisait mal.
02:26Il fait du bien, il fait du bien.
02:28Oui, mais ce qui m'étonne,
02:29c'est qu'on ne parle pas du De Funès classique.
02:33J'ai chez moi les fables de La Fontaine,
02:36récitées par De Funès.
02:38C'est un chef-d'oeuvre.
02:39Mais vous avez...
02:39En vidéo ?
02:40Non, en CD.
02:42En CD, mais on le trouve du reste sur le téléphone.
02:45On les trouve sur YouTube, oui.
02:46Oui, sur YouTube, vous les avez.
02:47Il a une façon de...
02:49Alors ça, je demande à Fabrice Laffitte,
02:51quelle fable vous revient ?
02:52Les animaux malades de la peste ?
02:54Oh, il a le fable à Perrette et le pot au lait.
02:56Le corbeau et le renard.
02:56Le corbeau et le renard, c'est magnifique.
02:59Écoutons, le corbeau et le renard,
03:00de Funès, ça c'est bien,
03:02parce que c'est au moins quelque chose qu'on...
03:04Les fables, c'est formidable.
03:05Mais Cochet obligeait tous ces comédiens,
03:08Depardieu et les autres,
03:10à travailler...
03:11Moi, je l'ai bien connu, Jean-Laurent Cochet,
03:12grâce à ma cousine.
03:14Et il faisait travailler...
03:15Pourquoi votre cousine ?
03:16Parce qu'elle était Marceline Collard,
03:17elle était comédienne à la comédie française.
03:20Et Cochet faisait travailler
03:21tous les comédiens sur les fables de La Fontaine.
03:24Et il commençait toujours par
03:26mettre corbeau sur un arbre perché.
03:27Ça ne veut rien dire.
03:28Mais dites mettre corbeau sur un arbre perché.
03:33Ah !
03:33Le sens arrive.
03:35Et les fables de La Fontaine,
03:36c'était le travail de Depardieu,
03:38de tous les comédiens.
03:39Ils ont travaillé là-dessus.
03:40Et quand on entend
03:41De Funès, c'était les fables,
03:43pardon, on se rend compte
03:44que c'est un immense comédien.
03:46Est-ce que c'est le plus grand styliste
03:47de la langue française, La Fontaine ?
03:50Je pense, oui.
03:51Il y a des gens qui pensent
03:53que c'est même notre Dante.
03:55Vous voyez ?
03:56Les Italiens ont Dante.
03:58Et nous, on a La Fontaine.
03:59Alors, ça peut paraître bizarre
04:00parce que Dante,
04:01l'enfer, le paradis, le purgatoire, tout ça.
04:03Mais La Fontaine,
04:04c'est une comédie humaine absolument géniale.
04:07Céline disait de lui,
04:08le flûtiste.
04:10Oui, il a raison.
04:12Mais s'agissant de Funès,
04:14j'ai vu une fois,
04:15Puik, Puik,
04:17doublé en japonais.
04:19Et je peux vous dire que ça passe.
04:20et c'est là qu'on voit
04:22le génie de de Funès.
04:23Même doublé, ça passe.
04:25Il y a Christian Marin,
04:26évidemment, il y a Jacqueline Maillant.
04:27Que dites-vous, Fabrice Laffitte ?
04:29J'ai à vous proposer
04:30le corbeau et le renard.
04:31Alors, il est arrivé.
04:32Écoutons quelques secondes.
04:33Génial.
04:36Écoutons.
04:36Le corbeau
04:37et le renard.
04:50Maître corbeau,
04:55sur un arbre perché,
04:56tenait en son bec un fromage.
04:59Mouh !
05:02Maître renard,
05:04par l'odeur alléchée,
05:05lui teinte à peu près
05:06ce langage.
05:07Hé !
05:09Bonjour !
05:10Monsieur du corbeau !
05:12Que vous êtes joli !
05:14Que vous me semblez beau !
05:16Sans mentir,
05:17si votre ramage
05:18se rapporte
05:18à votre plumage,
05:20vous êtes
05:20le phénix
05:21des hôtes
05:22de ces bois !
05:24Ah !
05:25À ces mots,
05:25le corbeau ne se sent pas
05:26de joie
05:27et pour montrer
05:28sa belle voix,
05:29il ouvre un large bec.
05:30Oh !
05:32Laisse tomber sa proie.
05:34Oh !
05:35Oh !
05:35Le renard s'en saisit
05:38et dit
05:39Mon bon monsieur,
05:40apprenez que tout flotteur
05:41vit au dépend
05:42de celui qui l'écoute.
05:44Cette leçon
05:44vaut bien un fromage,
05:45sans doute.
05:46Ah !
05:47Oh !
05:48Mon corbeau !
05:54honteux et confus.
05:57Vira,
05:58mais un peu tard,
05:59qu'on ne l'y prendrait plus.
06:03Bon, il en fait des tonnes.
06:04Ah !
06:04Mais oui, c'est le filet.
06:06Voilà.
06:07Il faut l'écouter,
06:08la mort et le bûcheron.
06:10La mort et le bûcheron,
06:11c'est génial,
06:11mais les animaux malades.
06:12Moi,
06:12l'une des plus extraordinaires,
06:15c'est vraiment
06:15les animaux malades de la vie.
06:17Ça, c'est une fable politique, ça.
06:18Absolument.
06:19Elle est géniale.
06:20C'est René Girard.
06:22Oui.
06:23Mal que le ciel,
06:24dans sa fureur.
06:25Mais quel dommage
06:26qu'on oublie la fontaine.
06:28Quel dommage.
06:29Mais on ne l'oublie pas,
06:29j'espère qu'il est toujours enseigné,
06:31la fontaine.
06:32de Julien,
06:32je sais pas,
06:32et puis...
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