00:00Samuel Paty était un brave type, voilà ce qu'a dit Francis Huillemin hier.
00:05Et ce mot, ces paroles que j'ai entendues ce matin nous ont révoltés.
00:10C'est pour montrer qu'aux origines de l'affaire, l'indignation d'Abdel Hakim Sèfrioui,
00:15et accessoirement celle du père de famille, M. Schnina, cette indignation, elle était légitime.
00:21Qu'aurait-on dit si Samuel Paty avait dit « les enfants juifs, levez le doigt »
00:26ou « les homosexuels, levez le doigt »
00:29ou « les handicapés, levez le doigt »
00:31pour ensuite montrer des caricatures d'un handicapé ou d'un juif.
00:35Comment ? Il y a une forme de perversité même à détourner le sens des mots
00:41qu'a voulu donner Samuel Paty qui, je vous le rappelle, est un héros.
00:45Moi, j'ai rarement vu un avocat, même Vergès.
00:48Oui, mais Vergès était très correct.
00:50C'est ce que je voulais dire parce que j'ai bien connu Vergès.
00:55Je l'ai même bien fréquenté.
00:58C'était un type d'une immense culture.
01:00Il avait ce que nous appelons, nous, la politesse des mots.
01:04C'est-à-dire qu'il pouvait dire des choses très dures,
01:07mais elles étaient dites avec une telle finesse de langage
01:10qu'il n'y avait pas cette espèce de vulgarité haineuse qu'on entend là.
01:16Finalement, cet avocat est un lourdeau.
01:20Il essaye de paraître, mais il n'arrive pas à maîtriser les mots.
01:27Et je suis sûr que s'il y a un salaud au sens sartrien du terme,
01:32je le dis tout de suite, qui devrait lever le doigt, c'est lui.
01:35On peut dire quelque chose, maître Collard,
01:37que ce procès, en tout cas l'intervention du maître Villemin,
01:41c'est quand même le triomphe de l'islamisme dans notre société.
01:45C'est-à-dire que s'il agit comme ça, vous parliez tout à l'heure de tribune,
01:49c'est évidemment une tribune politique, pour quelle raison ?
01:51Parce qu'il cherche, à travers les propos ignominieux qu'il tient,
01:55de justement capter, de faire une OPA sur une clientèle,
01:58ou de présidents d'associations, de collectifs, ou même d'islamistes.
02:01Rappelons quand même le profil d'Abdelkrim, c'est Free, oui.
02:04Depuis 2004, c'est lui le fondateur du collectif Cheikh Yassine,
02:08le même étant le fondateur du Hamas.
02:10Il a officié, divulgué, diffusé, ramifié un discours antisémite,
02:15sexiste, homophobe, anti-France, pendant 16 ans,
02:17jusqu'à ce que ce collectif soit dissous.
02:20Donc, il y a bien une conclusion, entre guillemets, sociétale,
02:23qu'on peut tirer de ce procès,
02:25c'est que c'est un véritable triomphe de l'islamisme,
02:27pour que justement, certains avocats prétendent à conquérir ces personnes-là.
02:30Écoutons une dernière fois, monsieur Villemin,
02:32parce qu'hier, il a demandé, il aurait espéré que Samuel Paty fût suspendu.
02:39Monsieur Seffrioui n'a jamais appelé à la violence.
02:42Il ne connaît pas le terroriste, et le terroriste ne le connaissait pas.
02:47Il n'a jamais, Abdelhakim Seffrioui, nous allons le marteler, appelé à la violence.
02:51Il appelait à des sanctions administratives.
02:55C'est-à-dire, soit que Samuel Paty soit exclu de l'éducation nationale,
02:59pas forcément définitivement,
03:01mais quelques semaines ou quelques mois,
03:02une suspension qui aurait apaisé les esprits,
03:06apaisé les esprits des familles,
03:07et qui aurait permis un temps de réflexion à Samuel Paty
03:11pour qu'il prenne conscience des fautes qu'il a commises.
03:15Et l'administration de l'éducation nationale a commis de nombreuses fautes aussi,
03:19en le surprotégeant, alors qu'il fallait le sanctionner.
03:23S'il avait été sanctionné, il serait vivant parmi nous aujourd'hui.
03:25Non, mais c'est pas possible, c'est trop loin.
03:29C'est horrible, hein ?
03:30J'espère que le bâtonnier va pour une fois prendre son bâton,
03:33parce que là, on n'est pas maintenu à une obligation de...
03:36Il y a un devoir de délicatesse, de modération, d'une principe de l'humanité.
03:40C'est complètement lâché, Samuel Paty, c'est une réécriture de l'histoire.
03:44Encore une fois, personne ne l'a soutenu.
03:47Ce qui m'intéresse, moi, c'est de voir comment cet avocat,
03:50qui vocifère devant les micros, va se comporter devant les magistrats.
03:53Parce qu'il peut très bien se faire rappeler à l'ordre par le président.
03:55Oui, mais un peu de respect quand même.
03:56Richard Millet, c'est même hors du prêtoir, un peu de respect.
03:59Et pour les sœurs de Samuel Paty, c'est horrible.
04:03Il y a une chose que tout ceci révèle, c'est la défaite de l'enseignement.
04:08Dans l'enseignement tel que je l'ai pratiqué, tel que je le conçois,
04:11un professeur est maître à son bord.
04:13Et on doit lui faire confiance.
04:15Si Samuel Paty a montré ses caricatures,
04:17ce n'était pas pour discriminer des élèves,
04:20c'était pour expliquer les choses.
04:22C'était dans un geste historique.
04:24géographique, même d'une certaine façon.
04:27Voilà, donc on ne fait plus confiance au professeur,
04:30on appelle sur un téléphone quelqu'un pour décapiter.
04:33Mais il le rend responsable de sa propre mort quand même.
04:36C'est ce qu'a dit la sœur d'ailleurs de Samuel Paty.
04:38Il a bien cherché.
04:38C'est la raison.
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