Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 4 heures
Christine Kelly revient, de 11h30 à 13h, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:0111h30, 13h, Christine Kelly sur Europe 1.
00:07Nous sommes avec Didier Lemaire dans le studio d'Europe 1, avec Gabriel Kuzel-Éric Tegner également.
00:14On va parler de cette sortie de l'avocat d'Abdelkhanim Sifrioui,
00:19qui est un des accusés qui est au procès en appel en ce moment, des accusés de Samuel Paty.
00:26Écoutez-le et on en parle juste après, vous nous direz si vous êtes choqués par ses propos.
00:31La décapitation de Samuel Paty, il est tellement horrible qu'elle écrase tout le dossier, qu'il y a un tabou.
00:38Nous n'avons pas le droit de le dire, qu'il procédait à la discrimination des élèves musulmans.
00:43Mais moi je vais le dire haut et fort, tout au long du procès et pas avant de plaider à la fin.
00:48Qu'aurait-on dit si Samuel Paty avait dit les enfants juifs, levez le doigt ?
00:52Ou les homosexuels, levez le doigt ? Ou les handicapés, levez le doigt ?
00:57Pour ensuite montrer des caricatures d'un handicapé ? Ou d'un juif ?
01:02La discrimination, elle existe, elle est là.
01:06Je ne dis pas que Samuel Paty était raciste, sûrement pas.
01:10Il avait plutôt l'air d'un brave type.
01:12Mais il a commis une erreur pédagogique, une faute pédagogique fondamentale.
01:18M. Seffrioui n'a jamais appelé à la violence.
01:22Il ne connaît pas le terroriste et le terroriste ne le connaissait pas.
01:25Il appelait à des sanctions administratives.
01:29C'est-à-dire, soit que Samuel Paty soit exclu de l'éducation nationale, pas forcément définitivement,
01:35mais quelques semaines ou quelques mois, une suspension qui aurait apaisé les esprits,
01:40apaisé les esprits des familles et qui aurait permis un temps de réflexion à Samuel Paty
01:45pour qu'il prenne conscience des fautes qu'il a commises.
01:49Et l'administration de l'éducation nationale a commis de nombreuses fautes aussi,
01:53en le surprotégeant, alors qu'il fallait le sanctionner.
01:57S'il avait été sanctionné, il serait vivant parmi nous aujourd'hui.
02:01Sauf qu'en première instance, il avait été admis que Samuel Paty n'avait pas directement désigné des élèves musulmans.
02:09Au contraire, il avait demandé à tous ceux qui pouvaient être choqués,
02:12qu'ils soient musulmans ou pas, de détourner la tête ou bien de quitter le cours,
02:15mais il n'avait pas à discriminer.
02:17Ça avait été bien acté en première instance.
02:20Avant de parler avec mes invités et mes chroniqueurs dans le studio,
02:24je vous propose d'écouter Maître Catherine Svar,
02:26qui est avocate de la partie civile et qui rappelle que Samuel Paty n'a jamais discriminé.
02:32Pour bien comprendre, et on va tout poser sur la table, écoutez-la.
02:35Il n'y a pas de question de discrimination.
02:39D'ailleurs, l'association des victimes d'attentats, présidée par Moussa Lafasalane,
02:43qui est là pour agir dans l'intérêt collectif des victimes d'attentats passées et présentes,
02:52s'exprime très bien contre cet argument de défense qui est développé.
03:01Il n'y a jamais eu de discrimination parmi les personnes qui étaient présentes à l'école,
03:07sur les bancs de l'école.
03:09M. Samuel Paty n'a pas du tout discriminé.
03:13Il n'a pas discriminé.
03:14Appelez-nous pour savoir si vous êtes choqués par rapport à cet avocat,
03:18avocat qui a prêté serment et qui, là, est en train d'accuser Samuel Paty de discrimination.
03:25Et derrière cette accusation de discrimination et d'islamophobie, en fait,
03:28il y a une certaine stratégie de défense qui, à mon avis, est discutable
03:32et qui consiste à légitimer les actions de son client.
03:35Peut-on aller jusque-là ?
03:36Question à Gabriel Cluzel, ensuite Éric Tegner et notre invité à Didier Le Maire,
03:40ancien professeur de philosophie dans les Yvelines.
03:43Pardon, mais la Rome n'excuse pas tout.
03:47Vous voyez, moi j'ai été extrêmement heurtée par ses propos,
03:51parce que sous prétexte de défendre son client, qui certes est le rôle d'un avocat,
03:54en réalité, il accuse la victime. On aurait pu imaginer que Samuel Paty,
03:59et que tout le dramatroce dont il a été l'objet, se verrait épargné par ce genre de choses.
04:06Et puis, il connaît l'avocat, il n'est pas idiot, il connaît le poids du mot discrimination.
04:11Ce que vous avez décrit, qu'on peut après tout qualifier d'excès de délicatesse peut-être,
04:15mais qui était au fond une volonté de ne pas heurter ce qui pouvait l'être,
04:19est interprété comme aujourd'hui de l'islamophobie.
04:23Parce que quand on dit discrimination, c'est à cela que cela revient.
04:26Et sans vous interrompre, effectivement, c'est même, en première instance,
04:30il a été acté que c'était même un excès de bienveillance.
04:32Mais oui, mais quand je parle de délicatesse, c'est de la bienveillance.
04:35C'était de la bienveillance, ce n'était pas du tout de la discrimination.
04:37C'est pour ne pas heurter ce qu'il voulait être.
04:39Donc, ça a été retourné comme une chaussette.
04:42Mais ça en dit long quand même sur un état d'esprit.
04:46Parce qu'en réalité, Samuel Paty n'est pas une victime.
04:51Même quand il dit, moi, pardon, ça m'a choqué.
04:52Quand il dit, oh, ça devait être un brave type.
04:54Non, mais si vous voulez, moi, je n'aime pas du tout cette façon de qualifier Samuel Paty.
04:59Parce que c'est un homme qui est allé au bout de sa profession et qu'il a payé de sa vie.
05:03Je crois au respect, pardonnez-moi.
05:06Atrocement.
05:07Je crois au respect, Gabriel Cluzel, Eric Tegner.
05:10Cette sortie est intéressante parce qu'elle est publique.
05:14Vous savez, il aurait pu choisir d'adopter cette stratégie uniquement dans le précaré, discret du tribunal.
05:20Non, il choisit de parler devant les médias, effectivement, avec une forme de violence dans ses propos.
05:25Ça, c'est très marquant.
05:26Pourquoi ? Parce qu'il sait qu'il a un public.
05:28Et pour moi, c'est ça le grand enseignement.
05:30Ce qui montre que le sujet de la panthéonisation, par exemple, de Samuel Paty, selon moi, est à côté.
05:35C'est-à-dire que le vrai enjeu, c'est qu'on n'a pas progressé depuis la mort de Samuel Paty.
05:39À tel point qu'aujourd'hui, on peut dire des choses encore plus atroces que ça l'était auparavant.
05:44Et cet avocat, eh bien, il y a une petite partie de la population aujourd'hui qui est d'accord avec lui.
05:49Il y a certains professeurs aujourd'hui, comme ceux qui ont pu ne pas soutenir Samuel Paty, qui sont d'accord avec lui.
05:55Et entendez un petit peu cette injonction à la fin.
05:57Il dit, s'il avait été sanctionné, Samuel Paty serait encore en vie.
06:01Qu'est-ce qu'on entend en permanence ?
06:02On nous entend dire, finalement, faites des accommodements raisonnables.
06:06Soumettez-vous parce que sinon, ça sera la guerre civile.
06:09Toujours cette injonction.
06:10Et c'est là où, oui, M. Seffray, oui, était lié d'une certaine façon à ce terrorisme.
06:15Parce que c'est les deux bras armés.
06:17Il y en a un qui va agiter et il a besoin de l'autre, qui peut être la menace,
06:21d'avoir quelqu'un qui va passer à l'acte pour finalement que tout le monde se couche par peur.
06:25Et c'est ça qui, pour moi, est une catastrophe aujourd'hui.
06:27Il montre à quel point on n'a rien fait depuis plusieurs années.
06:29Il montre à quel point on n'a rien fait depuis quelques années.
06:32Vous dites qu'on n'a pas progressé depuis la mort de Samuel Paty.
06:36On va marquer une pause, mais moi, j'ai l'impression qu'on a régressé.
06:39Moi, ça me fait aussi penser à Charlie.
06:41Je suis Charlie.
06:42Maintenant, on n'est plus du tout Charlie.
06:43On marque une pause, on revient avec Didier Le Maire.
06:46Et avec vous, chers auditeurs, vous réagissez au 01-80-20-39-21, 11h42.
06:51Vous avez la parole avec Christine Kelly sur Europe 1.
06:54Europe 1, Christine Kelly.
06:56Et 11h45, bienvenue sur Europe 1, la suite de Christine Kelly.
06:59Et vous, nous parlons de cet avocat qui accuse Samuel Paty de discrimination.
07:03Avec cette question que nous vous posons, chers auditeurs d'Europe 1,
07:06jusqu'où peut aller un avocat pour défendre son client ?
07:09Vous réagissez 01-80-20-30-9-20-21.
07:13Et Christine, on vous retrouve avec votre invité Didier Le Maire,
07:15ancien professeur de philosophie à Trappes dans les Yvelines.
07:18Oui, Didier Le Maire, vous étiez déjà venu avec nous dans ce studio d'Europe 1.
07:23On est ravis de vous avoir aujourd'hui.
07:24Lorsque vous entendez cet avocat, Francis Villemin, qui accuse Samuel Paty en disant,
07:32voilà, moi je vais oser le dire, il dit en quelque sorte que c'est tabou, que personne n'ose le dire,
07:36mais moi je vais oser le dire, qu'il faisait de la discrimination envers les élèves musulmans,
07:42alors qu'en première instance, il avait été démontré qu'il ne s'agissait pas du tout de discrimination,
07:49bien au contraire, de bienveillance et de délicatesse, pour en prendre le mot qu'a employé tout à l'heure Gabriel Cluzel.
07:55Comment vous réagissez en ce moment ?
07:59Il y a trois choses, je crois, dans cette intervention.
08:02D'abord, il y a un mensonge, vous l'avez souligné.
08:05Il y a la vérité des faits.
08:06La vérité des faits, c'est que Samuel Paty n'a jamais stigmatisé personne dans sa classe,
08:12n'a jamais discriminé quiconque, et surtout pas au nom de la religion.
08:17C'est un professeur qui appliquait en classe les principes républicains,
08:21à savoir la transmission de la liberté et l'égalité de ses élèves.
08:26Je crois que c'était quelque chose de fondamental dans son enseignement.
08:28Et je rappelle que ça a bien été acté en première instance.
08:31Absolument. Deuxième point, c'est une insulte à sa mémoire, il faut le dire.
08:36Et troisième point, c'est une stratégie perverse qui consiste à continuer d'exercer une pression sur les professeurs aujourd'hui.
08:46C'est une manière de les menacer indirectement, s'ils exercent leur mission,
08:52de les menacer finalement en leur mettant à nouveau une cible dans le dos.
08:56Et je crois aussi que c'est un appel à une certaine gauche qui accepte cette idée que l'État,
09:03ou promeut cette idée plus exactement, que l'État serait raciste, islamophobe,
09:09et donc que les agents de l'État, à savoir les professeurs, seraient leur courroie de transmission.
09:16Voilà. J'ajouterais un dernier point tout de même.
09:19Didier Lemaire, en direct sur Repas, ancien professeur de philosophie dans les Yvelines.
09:24Oui. Il me semble que ces propos sont possibles aussi dans un contexte où l'éducation nationale
09:30et le gouvernement n'a toujours pas pris acte des menaces qui pèsent sur les enseignants.
09:37Et ça, c'est un point important parce que, finalement, comme rien n'a été fait,
09:43la parole continue, cette parole, cette stratégie perverse qui retourne finalement les victimes et les bourreaux.
09:50Rien n'a été fait. Ça rappelle un peu ce que disait Éric Tegner tout à l'heure.
09:56Vous-même, vous avez été un professeur qui avait subi beaucoup de critiques
10:02parce que vous avez vécu, vous-même aussi, cette évolution des élèves dans votre classe.
10:10Vous avez été à critiquer en tant qu'enseignant.
10:13Vous allez nous reparler encore, nous replacer le contexte dans un instant.
10:17Il y a aussi ce que vous avez évoqué, Éric Tegner.
10:18J'aimerais revenir là-dessus sur le fait qu'on a deux procès.
10:21On a le procès, effectivement, au tribunal, voilà, fermé, dans un tribunal, fermé,
10:26et le procès médiatique. Dans le procès au tribunal, qui est fermé à huis clos,
10:30enfin, j'exagère un peu à huis clos, mais qui n'est pas médiatique,
10:32qui n'est pas complètement ouvert comme ça dans tous les médias,
10:35effectivement, en première instance, on dit, voilà, Samuel Paty n'a pas discriminé,
10:40bien au contraire, elle a fait preuve de bienveillance.
10:41Et puis là, effectivement, l'avocat Francis Jules Main,
10:45il jette en pâture dans le procès médiatique
10:48et qui est un procès peut-être qui compte beaucoup plus
10:50que le procès à huis clos,
10:52et jette en pâture Samuel Paty.
10:54Et là, peu importe, là, ce sont des petits morceaux de venin
10:57qui sont jetés comme ça en public
11:00et qui sèment le doute, qui jettent le trouble,
11:02alors que la justice n'a pas dit son dernier mot.
11:04– Totalement, et qui également angoissent les professeurs,
11:07parce que demain, les professeurs qui vont simplement enseigner la laïcité,
11:10l'histoire de France, il y a deux risques qui pèsent sur eux,
11:13soit d'être finalement assassiné, comme Samuel Paty,
11:17ou encore d'être violenté, soit d'être poursuivi ou sanctionné,
11:20parce que je ne m'interdis pas de penser que Samuel Paty,
11:24peut-être que s'il avait été aujourd'hui en vie, dans quelques années,
11:28peut-être qu'il aurait été traîné devant un tribunal.
11:29C'est ça l'énorme angoisse aujourd'hui,
11:31c'est qu'on est en train de légitimer cette théorie de l'islamophobie,
11:35on est en train de la judiciariser,
11:37alors qu'on aurait dû normalement sanctuariser le fait
11:40que toutes les personnes qui fonctionnent
11:42et qui donnent des cours comme Samuel Paty soient protégées.
11:44C'est l'immense problème, et c'est cette cause
11:46qu'il est en train de porter, cet avocat-là.
11:48Il est en train de porter la cause de sanctionner, demain,
11:51les Didier Le Maire et tous les autres.
11:53Et donc vous imaginez à quel point,
11:54quelle est l'envie d'être professeur dans ce cas-là ?
11:56On ne va plus avoir que des professeurs, soit qui se taisent,
11:58soit qui finalement sont complices de ces élèves qui sont pleins.
12:02Parce que rappelons-le quand même,
12:03ça n'a pas été remis en cause en deuxième instance
12:05que cette jeune fille de 13 ans avait menti
12:07qu'elle n'était pas présente au cours.
12:09C'est-à-dire que tout ça, c'est une affabulation
12:11de dire qu'il a demandé à des élèves musulmans
12:14de lever le doigt.
12:15Tout à fait, on revient sur ce sujet.
12:16Je vais avoir Stéphane, on a Dominique aussi qui nous appelle.
12:19Stéphane, vous êtes enseignant.
12:21Vous êtes enseignant dans le sud-ouest
12:23et vous dites, vous voulez nous raconter un petit peu
12:25votre regard depuis les années 2000, en fait, pour vous.
12:28C'est le retour du religieux et de l'islamisme.
12:31Oui, bonjour Christine, bonjour à vos invités.
12:34Bonjour Stéphane.
12:35Ce que je constate, c'est qu'on a,
12:40depuis une vingtaine d'années, peut-être même 30 ans à peu près,
12:44un phénomène global du retour du religieux
12:47et d'une affirmation culturelle de l'islamisme
12:50par rapport à l'Occident.
12:52Les islamistes, au travers de l'islam,
12:53ils clament la supériorité de leur culture
12:56par rapport à la culture occidentale.
12:58Et le vecteur de propagation de cette haine islamine
13:03à l'égard de l'Occident,
13:04c'est Internet, c'est les réseaux sociaux,
13:07certaines mosquées, certaines écoles coraniques,
13:10et ça aboutit à des drames comme celui de Samuel Paty.
13:14Mais là, en l'occurrence, cher Stéphane,
13:17c'est pas Internet, c'est pas les réseaux sociaux,
13:19c'est un avocat qui vient et qui jette le trouble
13:24sur un homme qui a été victime,
13:27justement, de décapitation,
13:30qui a été tué,
13:32et là, on rend la victime coupable.
13:34– Absolument, malheureusement,
13:37et le positionnement de l'avocat de la Défense
13:40est littéralement scandaleux,
13:42d'autant plus que les faits qui ont été écrits,
13:46notamment lors d'un rapport qui avait été écrit
13:49suite aux déclarations de Samuel Paty,
13:51en l'occurrence le 13 octobre,
13:53ce dernier a déclaré,
13:55il a dit « je n'ai jamais demandé aux élèves
13:58qui étaient musulmans pour les faire sortir de la classe ».
14:01Il n'a jamais dit ça.
14:03Il a laissé le choix à ses élèves
14:05en leur donnant la liberté de regarder ses dessins ou pas,
14:08c'est tout ce qu'il a dit.
14:09Il n'a pas montré les musulmans du doigt.
14:11D'ailleurs, cela a été confirmé
14:13par une des élèves de la classe a posteriori.
14:17Il n'a pas montré les musulmans du doigt,
14:19il n'a forcé personne.
14:21Il a fait preuve au contraire
14:22d'une bienveillance
14:24et d'une générosité
14:26et d'une prudence
14:29que nous tous enseignants,
14:32nous pratiquons,
14:33du moins nous nous efforçons de pratiquer
14:35quotidiennement
14:36quand on aborde ces sujets
14:39qui sont ô combien difficiles.
14:40Mais je voudrais rajouter une chose.
14:42Oui, c'est ça, dites-nous.
14:44Dernièrement.
14:45Jean-Pierre Robin,
14:46qui était l'inspecteur général,
14:48qui a fait un rapport en 2004.
14:50Dans ses conclusions...
14:51Sur l'éducation.
14:52Sur l'éducation.
14:53Et qui a pointé du doigt
14:55l'entrisme islamiste dans nos écoles.
14:58Il a déclaré,
14:59je constate que les républicains
15:02n'ont pas le sentiment
15:03d'être encouragés
15:05lorsqu'ils veulent tenter
15:06d'enrayer les atteintes à la laïcité.
15:09Et je crois que c'est tout...
15:10On est encore aujourd'hui,
15:12aujourd'hui,
15:13plus de 20 ans plus tard,
15:14dans ce même constat
15:16et dans cette même impuissance.
15:17C'est-à-dire que l'État
15:19a beaucoup de mal
15:21à régler ce problème
15:23parce qu'il transige,
15:25il négocie,
15:27il louvoie
15:29face à un sujet
15:30qui est extrêmement délicat,
15:31alors que là,
15:32il faudrait faire preuve
15:33de beaucoup plus d'autorité.
15:34Merci beaucoup Stéphane
15:36de nous avoir appelé
15:37du Sud-Ouest.
15:38Vous êtes enseignant
15:38et vous dites que
15:40depuis les années 2000,
15:41c'est le retour du religieux,
15:42le retour de l'islamisme.
15:43Vous êtes choqué
15:44par les propos
15:45de l'avocat Francis Villemin.
15:48Dominique,
15:48qui nous appelle du Vaucluse.
15:49Bonjour Dominique.
15:50Ensuite, Gérardine,
15:50à moi j'aimerais bien vous entendre
15:51parce que vous avez été aussi enseignante
15:53et Didier Lemaire,
15:54vous allez aussi nous remettre
15:55dans le contexte
15:56ce que vous avez vécu.
15:57Dominique,
15:58vous nous appelez du Vaucluse.
15:59Oui, bonjour.
16:00Bonjour.
16:01Bonjour.
16:01Bonjour à tous.
16:02Écoutez, j'ai mal à ma France.
16:06J'ai un peu plus mal
16:07à ma France depuis 8 ans.
16:09J'en prends de plus en plus
16:10de choses qui me font bon dire
16:11et quand j'ai entendu cet avocat,
16:14j'ai eu envie de vomir
16:15parce que cette inversion accusatoire
16:17qu'il a prononcée
16:18devant un auditoire
16:20qu'il a écoutée,
16:21j'espère méduser.
16:22C'est ce qui a justifié
16:24le fait qu'aucun journaliste
16:25sur place ne se soit retourné
16:27ou n'ait éteint la caméra
16:29parce que c'est ce que
16:30j'aurais aimé voir
16:31et ce qui me révulse le plus,
16:34voyez-vous Christine,
16:35c'est qu'en fait,
16:36on est en train de parler
16:37des propos de cet avocat
16:40où il a simplement
16:43positionné sa défense
16:46sur l'aspect politique.
16:48C'est-à-dire qu'on est en train
16:49de parler d'un fait
16:50absolument épouvantable.
16:52Lui, il utilise un stratagème
16:54de politisation de la religion
16:56comme le fait exactement
16:58et les filles en allant chercher
17:00un électorat musulman.
17:01Lui, il est en train
17:02de positionner sa défense
17:04d'un point de vue politique.
17:06Ça n'est même plus une question
17:07de laïfisme.
17:09Ça n'est même plus une question
17:10de terrorisme intellectuel.
17:12C'est un positionnement politique.
17:14C'est-à-dire, je suis dans la défense
17:16des musulmans,
17:16les pauvres musulmans,
17:18ceux que l'on agresse,
17:19ceux qui tous les jours
17:20subissent le pire dans ce pays
17:22pour aller chercher finalement
17:23un assentiment judiciaire
17:25de la part, on va dire,
17:27d'une justice
17:27qui, je dois l'avouer aujourd'hui,
17:30est largement positionnée
17:31sur ce débat-là.
17:32Et ça, ça me dérange profondément.
17:34Je pense qu'il a vraiment manqué
17:36à ses devoirs de dignité
17:37qui lui sont imposés
17:38en tant que sa fonction d'avocat.
17:41Et je suis en grande souffrance
17:43aujourd'hui de ce pays
17:44que je ne reconnais plus.
17:46On oublie la victime,
17:48on oublie les victimes.
17:49Et j'ai été moi aussi victime
17:51de fait absolument épouvantable.
17:53Vous êtes d'accord avec le fait
17:54que cet avocat condamne
17:56à nouveau Samuel Paty
17:57qui a été décapité.
17:58Et puis vous allez nous raconter
17:59quelque chose, c'était quoi ?
18:01Oui, écoutez,
18:03je voulais vous raconter
18:03quelque chose
18:04qui nous est arrivé à nous
18:05personnellement dans le Vaucluse.
18:07Donc je rappelle que le Vaucluse
18:08c'est un endroit extrêmement touristique
18:10avec plein de beaux petits villages
18:11et j'habite dans un de ces beaux petits villages.
18:13Et à la rentrée de janvier 2024,
18:16mon fils a été enlevé devant la maison.
18:19Mon fils mineur a été enlevé
18:20devant la maison
18:21par deux Algériens,
18:22deux frères algériens
18:23avec des CV longs comme le bras
18:25et un subsaharien,
18:27je crois qu'il est sous OQTF.
18:30Il a été enlevé dans une voiture
18:32et emmené à quelques kilomètres
18:37avant qu'il se rende compte
18:38qu'il s'était trompé de gamin.
18:40Et il venait enlever un petit voisin,
18:42donc incroyable,
18:43parce que ce petit voisin
18:44avait donc miné sur
18:46ce qu'ils appellent miné
18:47sur un ordinateur des bitcoins.
18:49et ils avaient remonté ce gamin
18:52pour l'enlever.
18:53Donc, on ne sait pas
18:54ce qu'ils allaient en faire.
18:54Le gamin avait 14 ans
18:55et ils se sont trompés de gamin.
18:57Donc, c'est mon fils
18:57qui a ramassé,
18:59comme on dit,
18:59parce que j'ai récupéré
19:00mon gamin en sang
19:01à la maison,
19:03complètement terrorisé.
19:04Donc,
19:05les types étaient masqués,
19:07gantés,
19:07ils l'ont violenté,
19:09tabassé
19:10et puis ils se sont rendus compte
19:10plus tard,
19:11à quelques kilomètres de là,
19:13qu'il s'était trompé.
19:14Il avait quel âge de fils, pardon ?
19:15Mon fils,
19:16il avait à ce moment-là,
19:17il avait 16 ans et demi.
19:19Et donc,
19:20ça s'est passé,
19:21ça a terrorisé tout le quartier
19:23et depuis,
19:24on est en procédure
19:25et il faut savoir,
19:26j'ai découvert ça
19:27donc récemment,
19:29qu'en fait,
19:30un enlèvement,
19:31donc normalement,
19:32c'est 20 ans de prison,
19:33mais il y a des députés
19:34qui ont jugé
19:35que si c'est un enlèvement
19:36de moins de 7 jours,
19:38de moins de 7 jours,
19:39c'est un enlèvement
19:40furtif.
19:42Donc, en fait,
19:42c'est de la correctionnelle,
19:43c'est pas du pénal.
19:44Et donc,
19:46c'est pas grave.
19:47Donc,
19:47vous pouvez enlever
19:48quelqu'un 6 jours,
19:49vous risquez rien quasiment.
19:52On marche sur la tête.
19:53On marche sur la tête.
19:54Et quel est-ce que vous voulez faire
19:55avec l'avocat
19:55de l'inversion accusatoire ?
19:58En fait,
19:59aujourd'hui,
19:59j'ai rencontré bien sûr
20:00toutes les démarches
20:01imaginaires
20:02que vous pouvez imaginer
20:03donc au niveau judiciaire
20:05et le procureur
20:06de la République
20:07m'a déjà bien expliqué
20:08que j'allais devoir faire face
20:09probablement
20:10à des inversions accusatoires
20:11de la part
20:12des avocats
20:13qui allaient s'en prendre
20:14à moi,
20:15qui allaient s'en prendre
20:15à mon fils
20:16et qu'il fallait que je sois
20:18très solide
20:18parce qu'aujourd'hui,
20:20en fait,
20:21ces gens-là étaient
20:21extrêmement protégés
20:23et que c'était des gens
20:24qui allaient être considérés
20:25finalement comme en difficulté
20:26dans un pays
20:27qui ne leur avait pas donné
20:27leur chance
20:28et que cet enlèvement
20:30finalement était le fruit
20:31de notre propre responsabilité.
20:33quand vous entendez ça
20:35vous vous dites
20:36mais on tombe sur la tête
20:37et les victimes
20:38dans tout ça
20:38et la famille
20:39de Samuel Paty
20:40dans tout ça
20:40quand on prononce
20:41les mots
20:42que cet avocat a prononcé
20:43je suis effaré
20:45Je suis effaré
20:46j'entends bien
20:47Merci Dominique
20:48de nous avoir appelé
20:48du vécu
20:49d'avoir témoigné
20:50de cette histoire
20:50incroyable
20:51qui est arrivée
20:53à votre fils
20:53et où votre fils
20:55victime
20:55on lui dit
20:56de se préparer
20:57parce qu'il sera
20:57indésigné comme coupable
Commentaires

Recommandations