00:00Europe 1, Pascal Trouet-vous ?
00:02Sabrina Medjabersara, Salman, Richard Millet, Gauthier Lebrecht, Olivier Guenek et Gilbert Collard.
00:07Jusqu'où les avocats peuvent-ils aller pour défendre leurs clients ?
00:09Le procès en appel de l'assassinat de Samuel Paty s'est ouvert hier.
00:12Et le discours de maître Francis Villemin, avocat de l'un des complices présumés de l'assassin de Samuel Paty, a choqué.
00:19Samuel Paty procédait à la discrimination des élèves musulmans, a-t-il dit.
00:24Il a commis une erreur pédagogique fondamentale.
00:27Le professeur d'histoire-géographie a été décapité, je le rappelle, par un terroriste islamiste.
00:31C'était le 16 octobre 2020.
00:33Il a été tué parce qu'il était enseignant, parce qu'il défendait la liberté d'expression, parce qu'il a montré ses décaricatures.
00:40Quatre complices présumés de l'assassin ont été condamnés en première instance à des peines de 13 à 16 ans.
00:44Maître Villemin est l'avocat du prédicateur islamiste Abdel-Rakim Sefrioui.
00:49Il avait défendu Maurice Papon.
00:51Exactement, je ne sais pas si je le dis bien, Sefrioui.
00:53Il est accusé d'avoir participé à la campagne de haine qui a conduit à l'assassinat du professeur.
00:59Je vous propose d'écouter Francis Villemin hier.
01:02La décapitation de Samuel Paty, il est tellement horrible qu'elle écrase tout le dossier, qu'il y a un tabou.
01:08Nous n'avons pas le droit de le dire, qu'il procédait à la discrimination des élèves musulmans.
01:12Mais moi je vais le dire, haut et fort, après avoir montré un certain nombre de caricatures devant tous les élèves,
01:18il avait le droit, toutes ciblées sur Mahomet et l'islam d'ailleurs.
01:21Mais il avait le droit, il en présentait une quatrième, parfaitement obscène, aux limites de la pornographie.
01:27Et avant de montrer cette caricature, que faisait Samuel Paty ?
01:31Il disait à la classe, les élèves musulmans, levaient le doigt.
01:34Pour ensuite les inviter, leur demander de bien vouloir sortir de la salle.
01:38Il procédait à la discrimination des élèves musulmans.
01:42C'est une présentation qui est faite, qui n'est pas convenable.
01:45Il interrogeait précisément ceux qui pouvaient être gênés par ces caricatures.
01:50Et c'était au contraire une marque de délicatesse, me semble-t-il, de prévenance.
01:55Et je ne dirais pas de discrimination, telle que c'est rapporté par Maître Villemin.
01:59Alors d'une part, ça me semble assez étrange dans la période dans laquelle nous vivons,
02:03les professeurs doivent être précautionneux, précisément parce qu'ils exercent leur métier de professeur.
02:08C'est la première des remarques que j'ai à faire.
02:11La seconde, au regard des propos exprimés par Maître Villemin,
02:14c'est juste une abjection compte tenu des éléments qui sont rendus publics.
02:19Le monde, le monde médiatique, nous savons tous que la fille de M. Chenina
02:23était absente le jour où il s'est passé ce qu'il s'est passé,
02:28c'est-à-dire M. Samuel Paty a demandé à certains élèves de sortir s'ils étaient plus ou moins sensibles.
02:34Ça s'est passé comme ça.
02:35Et de dire et de faire de la jurisprudence posthume,
02:39Samuel Paty, en expliquant qu'il y a eu, comment dire,
02:44de la discrimination envers les élèves musulmans,
02:48pardon Pascal, c'est juste abominable.
02:52La discrimination envers les élèves musulmans, ça n'existe pas en République française.
02:57Ça n'existe pas.
02:58On va l'écouter de nouveau, Francis Villemin,
03:00mais comme nous avons deux avocats avec nous autour de la table,
03:03Maître Sarah Salman et Maître Gilbert Collard,
03:06j'interrogerai Sarah Salman tout d'abord dans une seconde.
03:10Écoutons de nouveau Francis Villemin, c'était hier.
03:12Je démontrerai même qu'il faisait la même chose dans le précédent établissement
03:17où il était affecté, en 2016.
03:19C'est dans le dossier, personne ne l'a jamais dit.
03:22Alors lui disait que c'était pour protéger les élèves par rapport à cette caricature.
03:27Mais on ne protège personne dans l'école de la République
03:29en discriminant, en demandant à des élèves de se désigner en fonction de leur religion.
03:36Ça signe la discrimination.
03:38C'est un article du code pénal qui réprime ceci.
03:40C'est lequel d'ailleurs ?
03:41Alors on est évidemment très choqués parce que Samuel Paty est mort
03:44pour le courage, pour l'honneur, pour la France.
03:48Et d'une certaine manière, je crois que l'un de vous disait cela.
03:51Il le tue une deuxième fois.
03:52Il le tue une deuxième fois.
03:54Alors Sarah Salman est là, elle est avocate.
03:57Ça pose évidemment ce que doit être une défense.
04:00Est-ce qu'un avocat peut tout dire ?
04:02Est-ce qu'il a le droit de tout dire ?
04:03D'ailleurs, est-ce que ces propos peuvent tomber sous le coup de la loi ?
04:05Ce que j'entends Gilbert Collard, c'est au fond ce qui est arrivé à Samuel Paty.
04:12Il a une part de responsabilité dans ce qui est arrivé.
04:15C'est ce que j'entends.
04:16C'est un avocat est un minable.
04:18Moi, j'aurais aimé me trouver dans le prétoire pour pouvoir lui répondre.
04:24Mais il faut observer trois choses.
04:27La première, c'est que ses propos, il les tient en dehors de l'audience.
04:31C'est donc un propos public, qui n'est pas judiciaire.
04:37Qui ne s'inscrit pas dans le cadre de la défense.
04:41Parce que la défense, elle s'exerce dans le prétoire.
04:44Mais le serment de l'avocat vaut hors du prétoire également.
04:46Bien évidemment.
04:49Le serment, il vaut tout le temps, partout.
04:51Il est imprescriptible en plus.
04:52Mais je fais remarquer ça, parce que ça montre quand même qu'il cherche à nuire.
04:59Et non pas à défendre.
05:00La nuance est de taille.
05:02Tenir un tel propos devant des magistrats dans une salle d'audience,
05:06en les enveloppant de toute la rhétorique de l'argument, c'est une chose.
05:10Je dis bien, en ayant la politesse des mots.
05:12Voilà.
05:13Ce que ce vulgaire personnage n'a pas.
05:15La politesse des mots.
05:17Mais il s'exprime en public, pas dans une audience.
05:20Donc il n'est pas dans la défense.
05:22Il est dans la rhétorique de la propagande.
05:25Une tribune politique.
05:26Il fait une tribune politique.
05:27Et qui plus est, il ment.
05:29Mais pourquoi fait-il ça ?
05:31Parce que c'est le vergesse du pauvre.
05:33J'ai dit ce matin, c'est un petit vergesse.
05:35Oui, c'est le vergesse du pauvre.
05:37Il est content d'avoir trois caméras.
05:38Il a trois caméras, il faut une érection verbale.
05:42Faites attention que vos propos ne tombent pas sous le coup de la diffamation.
05:48Ou de l'injure publique plutôt.
05:49Ou de l'injure publique.
05:50Non, il n'y a pas de l'injure publique.
05:52Je suis désolé.
05:54Je défie à un magistrat de trouver dans l'expression érection verbale
05:58une diffamation ou une insulte.
06:00Oui, parce qu'on ne pourra pas.
06:02Vous le voyez, là.
06:03Vous avez vu la mimique, la gestion.
06:07Il est content de lui.
06:09Il est satisfait de ce qu'il dit.
06:11Il a un orgasme verbal.
06:12Moi, je suis très sensible par ce qu'a dit Sarah Salmane sur le deux poids, deux mesures.
06:16Je rappelle que Gérard Depardieu, en première instance, a pris une peine plus sévère
06:21parce que son avocat, maître Assous, qui il a déjà changé d'avocat, avait été jugé...
06:27Ils ont reconnu la victimisation secondaire.
06:29Voilà, dans sa défense, trop dure avec les victimes.
06:31Et Depardieu a pris une peine plus lourde en raison de la défense de son avocat.
06:36Donc là, ça va m'intéresser.
06:37Est-ce que le client qui a quand même participé à une cabale contre Samuel Paty
06:41qui a mené juste à la décapitation de celui-ci,
06:44va prendre une peine plus sévère en raison de la position de défense de son avocat ?
06:47Parce que c'est déjà donc arrivé.
06:48Et pour Gérard Depardieu, il y avait eu des tribunes de confrères pour dénoncer ça.
06:50Là, je n'ai pas vu...
06:52Alors, ça fait 24 heures. On va voir.
06:53Je vais vous dire que ça avait été très réactif pour Gérard Depardieu.
06:55Il ne faut jamais désespérer de rien.
06:57Mais qui vous dit que ce courageux des micros
07:00va tenir le même ton de propos devant le tribunal ?
07:07Moi, je vous parie que lorsqu'il sera devant les juges,
07:10il aura une tonalité bien différente.
07:13Et on va attendre les chroniques judiciaires,
07:16mais il changera de ton, à mon avis.
07:17Richard Millet, qui ne s'est pas exprimé.
07:19Il me semble qu'on oublie un peu la teneur politique de cette affaire.
07:22C'est-à-dire qu'il s'agit d'une décapitation islamique,
07:25c'est-à-dire un acte de terrorisme commis par un Tchétchène.
07:29Je rappelle que c'est un Tchétchène qui a poignardé Dominique Bernard.
07:33Et je rappelle que c'est deux Tchétchènes qui ont commis l'attentat de Boston aux Etats-Unis.
07:37Voilà. C'est très important.
07:39...
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