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  • il y a 6 minutes
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Europe 1, Pascal Trouet-vous ?
00:02Sabrina Medjabersara, Salman, Richard Millet, Gauthier Lebrecht, Olivier Guenek et Gilbert Collard.
00:07Jusqu'où les avocats peuvent-ils aller pour défendre leurs clients ?
00:09Le procès en appel de l'assassinat de Samuel Paty s'est ouvert hier.
00:12Et le discours de maître Francis Villemin, avocat de l'un des complices présumés de l'assassin de Samuel Paty, a choqué.
00:19Samuel Paty procédait à la discrimination des élèves musulmans, a-t-il dit.
00:24Il a commis une erreur pédagogique fondamentale.
00:27Le professeur d'histoire-géographie a été décapité, je le rappelle, par un terroriste islamiste.
00:31C'était le 16 octobre 2020.
00:33Il a été tué parce qu'il était enseignant, parce qu'il défendait la liberté d'expression, parce qu'il a montré ses décaricatures.
00:40Quatre complices présumés de l'assassin ont été condamnés en première instance à des peines de 13 à 16 ans.
00:44Maître Villemin est l'avocat du prédicateur islamiste Abdel-Rakim Sefrioui.
00:49Il avait défendu Maurice Papon.
00:51Exactement, je ne sais pas si je le dis bien, Sefrioui.
00:53Il est accusé d'avoir participé à la campagne de haine qui a conduit à l'assassinat du professeur.
00:59Je vous propose d'écouter Francis Villemin hier.
01:02La décapitation de Samuel Paty, il est tellement horrible qu'elle écrase tout le dossier, qu'il y a un tabou.
01:08Nous n'avons pas le droit de le dire, qu'il procédait à la discrimination des élèves musulmans.
01:12Mais moi je vais le dire, haut et fort, après avoir montré un certain nombre de caricatures devant tous les élèves,
01:18il avait le droit, toutes ciblées sur Mahomet et l'islam d'ailleurs.
01:21Mais il avait le droit, il en présentait une quatrième, parfaitement obscène, aux limites de la pornographie.
01:27Et avant de montrer cette caricature, que faisait Samuel Paty ?
01:31Il disait à la classe, les élèves musulmans, levaient le doigt.
01:34Pour ensuite les inviter, leur demander de bien vouloir sortir de la salle.
01:38Il procédait à la discrimination des élèves musulmans.
01:42C'est une présentation qui est faite, qui n'est pas convenable.
01:45Il interrogeait précisément ceux qui pouvaient être gênés par ces caricatures.
01:50Et c'était au contraire une marque de délicatesse, me semble-t-il, de prévenance.
01:55Et je ne dirais pas de discrimination, telle que c'est rapporté par Maître Villemin.
01:59Alors d'une part, ça me semble assez étrange dans la période dans laquelle nous vivons,
02:03les professeurs doivent être précautionneux, précisément parce qu'ils exercent leur métier de professeur.
02:08C'est la première des remarques que j'ai à faire.
02:11La seconde, au regard des propos exprimés par Maître Villemin,
02:14c'est juste une abjection compte tenu des éléments qui sont rendus publics.
02:19Le monde, le monde médiatique, nous savons tous que la fille de M. Chenina
02:23était absente le jour où il s'est passé ce qu'il s'est passé,
02:28c'est-à-dire M. Samuel Paty a demandé à certains élèves de sortir s'ils étaient plus ou moins sensibles.
02:34Ça s'est passé comme ça.
02:35Et de dire et de faire de la jurisprudence posthume,
02:39Samuel Paty, en expliquant qu'il y a eu, comment dire,
02:44de la discrimination envers les élèves musulmans,
02:48pardon Pascal, c'est juste abominable.
02:52La discrimination envers les élèves musulmans, ça n'existe pas en République française.
02:57Ça n'existe pas.
02:58On va l'écouter de nouveau, Francis Villemin,
03:00mais comme nous avons deux avocats avec nous autour de la table,
03:03Maître Sarah Salman et Maître Gilbert Collard,
03:06j'interrogerai Sarah Salman tout d'abord dans une seconde.
03:10Écoutons de nouveau Francis Villemin, c'était hier.
03:12Je démontrerai même qu'il faisait la même chose dans le précédent établissement
03:17où il était affecté, en 2016.
03:19C'est dans le dossier, personne ne l'a jamais dit.
03:22Alors lui disait que c'était pour protéger les élèves par rapport à cette caricature.
03:27Mais on ne protège personne dans l'école de la République
03:29en discriminant, en demandant à des élèves de se désigner en fonction de leur religion.
03:36Ça signe la discrimination.
03:38C'est un article du code pénal qui réprime ceci.
03:40C'est lequel d'ailleurs ?
03:41Alors on est évidemment très choqués parce que Samuel Paty est mort
03:44pour le courage, pour l'honneur, pour la France.
03:48Et d'une certaine manière, je crois que l'un de vous disait cela.
03:51Il le tue une deuxième fois.
03:52Il le tue une deuxième fois.
03:54Alors Sarah Salman est là, elle est avocate.
03:57Ça pose évidemment ce que doit être une défense.
04:00Est-ce qu'un avocat peut tout dire ?
04:02Est-ce qu'il a le droit de tout dire ?
04:03D'ailleurs, est-ce que ces propos peuvent tomber sous le coup de la loi ?
04:05Ce que j'entends Gilbert Collard, c'est au fond ce qui est arrivé à Samuel Paty.
04:12Il a une part de responsabilité dans ce qui est arrivé.
04:15C'est ce que j'entends.
04:16C'est un avocat est un minable.
04:18Moi, j'aurais aimé me trouver dans le prétoire pour pouvoir lui répondre.
04:24Mais il faut observer trois choses.
04:27La première, c'est que ses propos, il les tient en dehors de l'audience.
04:31C'est donc un propos public, qui n'est pas judiciaire.
04:37Qui ne s'inscrit pas dans le cadre de la défense.
04:41Parce que la défense, elle s'exerce dans le prétoire.
04:44Mais le serment de l'avocat vaut hors du prétoire également.
04:46Bien évidemment.
04:49Le serment, il vaut tout le temps, partout.
04:51Il est imprescriptible en plus.
04:52Mais je fais remarquer ça, parce que ça montre quand même qu'il cherche à nuire.
04:59Et non pas à défendre.
05:00La nuance est de taille.
05:02Tenir un tel propos devant des magistrats dans une salle d'audience,
05:06en les enveloppant de toute la rhétorique de l'argument, c'est une chose.
05:10Je dis bien, en ayant la politesse des mots.
05:12Voilà.
05:13Ce que ce vulgaire personnage n'a pas.
05:15La politesse des mots.
05:17Mais il s'exprime en public, pas dans une audience.
05:20Donc il n'est pas dans la défense.
05:22Il est dans la rhétorique de la propagande.
05:25Une tribune politique.
05:26Il fait une tribune politique.
05:27Et qui plus est, il ment.
05:29Mais pourquoi fait-il ça ?
05:31Parce que c'est le vergesse du pauvre.
05:33J'ai dit ce matin, c'est un petit vergesse.
05:35Oui, c'est le vergesse du pauvre.
05:37Il est content d'avoir trois caméras.
05:38Il a trois caméras, il faut une érection verbale.
05:42Faites attention que vos propos ne tombent pas sous le coup de la diffamation.
05:48Ou de l'injure publique plutôt.
05:49Ou de l'injure publique.
05:50Non, il n'y a pas de l'injure publique.
05:52Je suis désolé.
05:54Je défie à un magistrat de trouver dans l'expression érection verbale
05:58une diffamation ou une insulte.
06:00Oui, parce qu'on ne pourra pas.
06:02Vous le voyez, là.
06:03Vous avez vu la mimique, la gestion.
06:07Il est content de lui.
06:09Il est satisfait de ce qu'il dit.
06:11Il a un orgasme verbal.
06:12Moi, je suis très sensible par ce qu'a dit Sarah Salmane sur le deux poids, deux mesures.
06:16Je rappelle que Gérard Depardieu, en première instance, a pris une peine plus sévère
06:21parce que son avocat, maître Assous, qui il a déjà changé d'avocat, avait été jugé...
06:27Ils ont reconnu la victimisation secondaire.
06:29Voilà, dans sa défense, trop dure avec les victimes.
06:31Et Depardieu a pris une peine plus lourde en raison de la défense de son avocat.
06:36Donc là, ça va m'intéresser.
06:37Est-ce que le client qui a quand même participé à une cabale contre Samuel Paty
06:41qui a mené juste à la décapitation de celui-ci,
06:44va prendre une peine plus sévère en raison de la position de défense de son avocat ?
06:47Parce que c'est déjà donc arrivé.
06:48Et pour Gérard Depardieu, il y avait eu des tribunes de confrères pour dénoncer ça.
06:50Là, je n'ai pas vu...
06:52Alors, ça fait 24 heures. On va voir.
06:53Je vais vous dire que ça avait été très réactif pour Gérard Depardieu.
06:55Il ne faut jamais désespérer de rien.
06:57Mais qui vous dit que ce courageux des micros
07:00va tenir le même ton de propos devant le tribunal ?
07:07Moi, je vous parie que lorsqu'il sera devant les juges,
07:10il aura une tonalité bien différente.
07:13Et on va attendre les chroniques judiciaires,
07:16mais il changera de ton, à mon avis.
07:17Richard Millet, qui ne s'est pas exprimé.
07:19Il me semble qu'on oublie un peu la teneur politique de cette affaire.
07:22C'est-à-dire qu'il s'agit d'une décapitation islamique,
07:25c'est-à-dire un acte de terrorisme commis par un Tchétchène.
07:29Je rappelle que c'est un Tchétchène qui a poignardé Dominique Bernard.
07:33Et je rappelle que c'est deux Tchétchènes qui ont commis l'attentat de Boston aux Etats-Unis.
07:37Voilà. C'est très important.
07:39...
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