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  • il y a 4 heures
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:0013h-14h, Europe 1 Info.
00:03Avec vous, Péline Mathias, c'est à 13h20, nous accueillons vos chroniques.
00:06Xenia Federova nous rejoint dans un instant, mais d'abord, on vous retrouve avec Sébastien Lignier,
00:10chef du service politique chez Valeurs Actuelles.
00:12Bonjour Sébastien Lignier, avec qui j'avais déjà commencé là pendant la courte pause de ce débat sur les réseaux sociaux.
00:19Bon, alors, les députés ont voté pour l'interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans.
00:24Hier, ça doit encore passer au Sénat, le gouvernement aimerait que cette proposition de loi entre en vigueur dès la rentrée,
00:30donc pour la santé mentale de nos adolescents, avant qu'on en vienne au côté politique, qui nous intéresse aussi,
00:37parce que forcément, il y a des conséquences pour l'élection présidentielle de l'année prochaine.
00:42Mais juste avant, clarifiez-nous votre position à ce sujet, êtes-vous favorable ou non à cette proposition de loi ?
00:48Je suis très partagé pour tout vous dire sur cette question, parce que c'est un problème très français,
00:52où en fait, on est tous...
00:53Ah oui, apparemment, c'est mondial, hein, là.
00:54Non, mais sur la méthode, c'est-à-dire que sur le constat, on est quasiment tous d'accord pour dire qu'il y a en effet un problème
01:00avec l'utilisation chez les mineurs des réseaux sociaux, mais plus largement des...
01:03Peut-être chez les majeurs aussi, d'ailleurs.
01:04Oui, mais chez les mineurs des réseaux sociaux, et aussi derrière la question, c'est des écrans,
01:09de voir la capacité d'attention de nos jeunes, de cette génération TikTok,
01:12qui est incapable de se concentrer plus de 15 secondes à cause du fait qu'ils ont maintenant des téléphones à l'âge de 5 ans,
01:17ce qui, moi, lors de mes jeunes années, c'était absolument pas le cas.
01:19Ça, on est tous d'accord sur le constat. Maintenant, le problème, c'est la solution et la solution qui est proposée.
01:24C'est-à-dire que là, on va vers une solution où tout le monde devra prouver son identité,
01:30donc prouver sa majorité sur les plateformes en envoyant sa carte d'identité ou son passeport
01:34sur une plateforme tierce validée par l'État.
01:37Moi, c'est là où ça me pose un problème.
01:38Mais quelle autre solution ?
01:40Mais justement, c'est tout le problème, c'est tout le dilemme de cela.
01:43C'est comment on protège nos jeunes des réseaux sociaux et des écrans sans transformer Internet en un lieu de surveillance
01:51où l'État peut récupérer toutes nos données, où la fin de l'anonymat sur Internet et les réseaux sociaux est actée.
01:56Mais c'est déjà un peu le cas, là. Vous les donnez aux majors américaines, certaines en tout cas.
02:02J'entends, mais il y a quand même une différence avec le fait que tout le monde,
02:06tout utilisateur, avant de devoir se connecter sur les réseaux, devra envoyer sa carte d'identité.
02:11Ça pose une question majeure sur le principe même, qui est Internet, de l'anonymat de principe.
02:16Parce qu'évidemment, l'anonymat n'existe pas.
02:18Oui, mais avant, aujourd'hui en France, l'anonymat sur Internet existe à moitié.
02:23Parce qu'en fait, il existe jusqu'à que quelqu'un porte plainte compte de vous.
02:26On n'a rien à prouver, en fait, pour l'instant.
02:28On peut prouver si on vous reproche quelque chose et que quelqu'un porte plainte compte de vous
02:31pour des propos que vous tenez sur des plateformes.
02:33Mais si on veut s'inscrire, on n'a pas à prouver que nous sommes un tel ou une telle.
02:36Et pendant très longtemps, il y avait des plateformes qui avaient un âge minimum avant de se connecter,
02:41notamment Facebook, pour ne pas la nommer, mais il n'y avait pas besoin de mettre sa carte d'identité.
02:46Mais pour tous, il y a un âge minimum, de toute façon, il y a 13 ans.
02:48Et il y a un autre problème, c'est qu'aujourd'hui, beaucoup de spécialistes tech vous expliquent
02:53que les jeunes sont très intelligents aujourd'hui avec les réseaux
02:55et qu'ils seront capables de trouver des manières de détourner le blocage mis en état par l'État.
03:01Et qu'en réalité, ils trouveront des moyens avec ce qu'on appelle des VPN,
03:04donc de se connecter sur leur réseau par un autre pays que la France et l'utiliser normalement.
03:09C'est une question extrêmement large.
03:12Mais à chaque fois qu'on a interdit, ça a toujours été le cas.
03:14Il y a toujours eu des moyens, j'allais dire, de travers.
03:16Donc de toute façon, est-ce que ce n'est pas un signal fort quand même vis-à-vis des jeunes, vis-à-vis des dangers ?
03:21Est-ce que ça n'envoie pas juste au moins un symbole, un signal, en disant attention là sur ça, il y a un problème ?
03:28J'ose espérer, parce que je sais, pour en avoir discuté un peu avec des gens autour de moi,
03:32que tout le monde n'est pas d'accord sur ce constat-là.
03:34Mais en effet, si on ne met pas le hola maintenant sur l'utilisation des réseaux sociaux,
03:39sur l'utilisation des écrans, on va vers des générations
03:42avec des troubles de l'attention et du comportement extrêmement graves.
03:46Sans compter la manipulation de ce que...
03:48Eh oui, mais j'en ai l'avenir à ça.
03:49Attention de ne pas jeter l'opprobre sur tous les réseaux sociaux.
03:51Parce qu'on sait aussi que les réseaux sociaux ont permis,
03:55dans leur bataille pour la liberté d'expression, dans la liberté d'information,
03:58ont permis de faire avancer des batailles, notamment en France,
04:02que les grands médias n'arrivaient pas à faire avancer sur l'immigration, sur l'insécurité.
04:07Heureusement, parfois, que les réseaux sociaux ont été là pour faire avancer des combats.
04:12Donc il ne faut pas tout jeter en même temps.
04:14On pourrait y passer des heures, et c'est passionnant d'ailleurs,
04:16parce qu'il y a plusieurs biais, qu'ils soient psychologiques, sociologiques même.
04:21Mais j'aimerais aborder le biais politique aussi avec vous.
04:24Écoutez Gabriel Attal, chef des files des députés EPR, donc Renaissance,
04:28qui a estimé qu'il était l'un des premiers à proposer cette interdiction.
04:32Il était sur BFM TV ce matin.
04:33J'assume de défendre cette mesure depuis trois ans.
04:36Du côté de l'Elysée, ils estiment quand même que vous êtes assez mesquins sur cette histoire.
04:39Ils trouvent que finalement, c'est quand même un des combats d'Emmanuel Macron,
04:43et que vous êtes en train de tenter d'en faire votre combat à vous.
04:46C'est un combat collectif, vous savez, vous pouvez reprendre toutes mes déclarations.
04:49Septembre 2023, je crois que j'étais un des premiers à dire qu'il fallait interdire les réseaux au moins de 15 ans.
04:53Je défends une idée, une proposition qui est aussi défendue par le président de la République.
04:57Donc c'est votre combat ensemble.
04:59Il y a de nombreux Français, de nombreux responsables politiques qui défendent ce combat.
05:02D'ailleurs, regardez hier à l'Assemblée nationale,
05:04je crois quasiment tout le monde a voté ce texte, à l'exception évidemment des Insoumis,
05:07qui votent contre tout.
05:08Mais on voit bien que c'est un combat qui est collectif.
05:10Alors vous appelez ça peut-être Sébastien Ligné une chamaillerie politique, on va dire.
05:14Mais à qui doit-on la paternité de cette loi ?
05:18Alors plutôt à Gabriel Attal, en effet.
05:20Alors on ne sonde pas l'esprit profond et torturé d'Emmanuel Macron,
05:25mais le premier qui en a parlé publiquement de manière aussi forte,
05:28c'est en effet Gabriel Attal.
05:30Là où je trouve ça un petit peu ridicule, c'est oui, c'est ses chamailleries
05:32pour essayer de revendiquer la paternité d'une idée.
05:35Mais cela a-t-il un impact notamment sur l'élection présidentielle de l'année prochaine ?
05:42Pourquoi on en parle et pourquoi on pose cette question ?
05:46Parce qu'il y a aussi, on le voit, une volonté d'émancipation de Gabriel Attal
05:49qui s'inscrit là directement dans l'élection présidentielle de 2027
05:55et qu'on peut se dire soit ça fait partie de l'héritage d'Emmanuel Macron,
05:58soit au contraire ça fait partie d'une volonté de coupure
06:03entre l'ancien Premier ministre et le Président de la République.
06:07Comment on analyse ?
06:08C'est surtout une volonté de Gabriel Attal, mais de beaucoup de macronistes,
06:12d'essayer de se redorer la pilule à l'approche de 2027 avec des sujets sociétaux.
06:17Ça c'est une grande spécialité macroniste,
06:19c'est-à-dire quand vous êtes en difficulté sur le plan national,
06:21quand les sondages ne sont pas bons, quand l'économie n'avance plus,
06:24que l'immigration, et on a eu les chiffres de 2025, continue d'augmenter,
06:27on essaye de se donner une bonne image en faisant voter des textes sociétaux
06:32qui en général sont les textes qui restent le plus dans un bilan.
06:35C'est-à-dire que vous parlez du bilan de François Hollande aujourd'hui,
06:39personne ne parle de l'immigration, de l'économie.
06:42On retient son moment au moment des attentats et le mariage pour tous.
06:47Et je pense qu'il y a un peu cette volonté chez Gabriel Attal de se dire
06:49qu'est-ce qu'on retiendra du bilan d'Emmanuel Macron ?
06:51C'est peut-être le sociétal, c'est peut-être l'IVG,
06:53c'est peut-être l'euthanasie si ça va au bout,
06:55et se dire finalement peut-être que je tiens quelque chose
06:57et que je dois incarner une politique sociétale.
06:59C'est d'ailleurs Gabriel Attal qui avait proposé d'inscrire dans la Constitution
07:04le fait qu'on ne pouvait pas revenir sur un progrès social,
07:07qui est une idée complètement farfelue, je vous l'accorde.
07:09Mais ça dit un petit peu sa logique politique,
07:11c'est-à-dire au lieu de faire des grands débats
07:14et des grands programmes sur l'économie, sur l'insécurité, sur l'Europe,
07:17on va tenter d'incarner une politique sur les sujets sociétaux
07:20qui sont censés rassembler les Français.
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