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  • il y a 4 heures
Christine Kelly revient, de 11h30 à 13h, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00D'abord Didier Lemaire, est-ce que vous pourriez nous rappeler un peu le contexte de ce que vous aviez vécu, vous en tant qu'enseignant ?
00:06D'abord j'ai été professeur à Trappes, j'ai été nommé à Trappes en 2000, si bien que j'ai vu toute l'évolution de la ville.
00:16Le départ dans le lycée, il y avait une mixité sociale. Dans les années 2010, cette mixité s'est tarie.
00:24Ensuite au moment des attentats en 2015, mes élèves ont eu des problèmes à se positionner.
00:30Je me suis donc beaucoup investi.
00:31Se positionner c'est-à-dire ?
00:32Se positionner par rapport à ces attentats.
00:36Était-il par exemple l'attentat de Charlie Hebdo ?
00:39J'avais des élèves qui justifiaient en partie cet attentat en disant, vous savez cette phrase qu'on a beaucoup entendue, ils l'ont bien cherchée.
00:49C'est ça.
00:49Voilà, sans l'approuver bien entendu, mais il y avait un problème de positionnement de mes élèves.
00:56Et puis à partir des années 2020, je dirais que là il y a eu un basculement.
01:02C'est-à-dire que les lois de la charia, comme je l'ai déjà dit, se sont appliquées dans ma classe, à savoir les garçons d'un côté, dans certaines classes, les filles de l'autre.
01:12La taquia aussi, c'est-à-dire on est en cours mais on fait semblant et on ne s'investit pas dans le cours de philosophie pour des raisons en fait idéologiques.
01:23Donc j'ai vu cette emprise islamiste de plus en plus forte sur la ville.
01:27Et après l'assassinat de Samuel Paty, j'ai moi-même appelé mes collègues lors d'une lettre que j'ai publiée dans l'Obs.
01:36Et c'est ce qui m'a valu d'être moi-même accusé de raciste et d'islamophobe.
01:41Inversion accusatoire, une fois encore.
01:43Et ce qui m'a valu de devoir enseigner d'abord sous escorte policière, avant d'être retiré de l'établissement et de vivre pendant quelques mois sous protection policière.
01:53Si on ne se couche pas, on est accusé.
01:56Oui, et il faut savoir que moi j'ai pris la lumière, mais dans l'académie de Versailles, ce sont des dizaines d'enseignants qui sont aujourd'hui encore menacés,
02:06qui sont déplacés par l'institution à leurs frais.
02:10C'est-à-dire que leur carrière finalement est mise sous le boisseau puisqu'ils n'ont plus le choix.
02:17Les déplacés pourquoi ?
02:19Parce que des élèves par exemple les ont menacés de mort.
02:22Donc les élèves, eux, restent dans les établissements, dans un collège, notamment à Argenteuil par exemple.
02:30Les élèves restent dans l'établissement.
02:31Le professeur, lui, est déplacé.
02:33On met la poussière sous le tapis.
02:34La chose n'existe pas, il ne faut pas faire de vagues.
02:39C'est assez frais.
02:41Je connais une de mes collègues qui est intervenue pour demander à Mme Borne, qui était à l'époque ministre,
02:47de l'aider dans une situation financière difficile.
02:55Et Mme Borne n'a pas daigné répondre à cette enseignante.
02:58Aujourd'hui, il y a encore des enseignants qui sont dans cette situation.
03:02Je ne sais pas si le ministre, lui, agira, le nouveau ministre de l'Éducation nationale, M. Geffroy.
03:10Et d'où vous prenez le chiffre de plusieurs dizaines d'enseignants ?
03:13Nous, on en a un qui nous ont appelé la dernière fois et tout.
03:16Vous êtes en contact avec plusieurs enseignants ?
03:18Oui, j'ai fondé une association qui s'appelle Défense des Serviteurs de la République.
03:22Et j'ai des informations parce que les enseignants font appel à cette association pour leur défense.
03:29Y compris, d'ailleurs, je dois le dire, à l'université dont la situation est peut-être encore plus catastrophique qu'à l'école.
03:34On va marquer une pause et on prendra Yvon qui nous appelle de la Sarte et puis Géraldine Amon,
03:39on sent qu'elle a envie de parler.
03:40C'est triste, surtout, parce que l'enseignement, c'est un métier de vocation, en fait.
03:44Les gens ne font pas enseignement pour avoir 16 semaines de vacances, mais parce qu'ils aiment ça.
03:47Et voilà, il y a des enseignants qui doivent enseigner sous escorte policière.
03:51On en est là.
03:51On en est là.
03:52Et beaucoup ne disent rien, ne disent plus rien.
03:55Beaucoup partent sur la pointe des pieds, changent de boulot.
03:58Et cela, c'est la zone non identifiée de beaucoup de professeurs.
04:02Moi, j'en connais un certain nombre, en tout cas.
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