00:00Entre autres, à savoir, ce genre de détails nous avaient interpellés,
00:07mais là, aujourd'hui, c'est sur développement stratégique.
00:10Les data centers, aujourd'hui, vous l'avez dit,
00:12il peut y avoir un impact environnemental,
00:15mais comme tout site industriel nécessite une étude d'impact avant l'implantation,
00:20le prisme déformant de l'ADEME sur le sujet des data centers,
00:24c'est d'estimer qu'étant donné qu'ils utilisent de l'énergie,
00:27ils sont mauvais pour la croissance de notre pays.
00:30Alors, est-ce qu'il y aurait un seuil, un seuil structurel du nombre de data centers
00:36qui, une fois qu'il est franchi, peut poser différents types de problèmes ?
00:41Le data center, c'est un outil, aujourd'hui, vital.
00:44Pour autant, il y a des effets secondaires, et on viendra tout à l'heure,
00:47on poursuivra sur les clouds qui sont au cœur de l'enjeu.
00:53Ça appartient à des sociétés françaises,
00:57mais qui sont souvent rachetées par des sociétés étrangères.
00:59En fait, le problème, c'est la mainmise des GAFAM sur ces data centers et sur les clouds.
01:03Est-ce qu'il y a un moyen de mieux gérer la présence des data centers,
01:07d'une façon plus durable, on va dire plus respectueuse de l'environnement,
01:10et ensuite, est-ce qu'il y a un moyen d'envisager que les clouds soient sous souveraineté française,
01:15à défaut d'être européenne, en tout cas sous souveraineté française ?
01:17Tout ça n'est pas évident aujourd'hui.
01:19Qu'est-ce que vous en pensez, Benjamin Foucault ?
01:20Oui, alors effectivement, il y a deux questions sur le principe de la souveraineté.
01:26Croyez-moi, en tout cas sur le hardware et sur la construction des data centers en France,
01:31il n'y a pas que des investisseurs internationaux.
01:33Vous avez également beaucoup d'industriels et d'investisseurs français
01:37qui ont compris que c'était la voie du développement.
01:40Un data center va être notamment capable de calculer comment on peut optimiser
01:44ses coûts d'énergie dans le reste de la société.
01:46Vous voyez un petit peu ce que je veux dire.
01:48Donc le data center, effectivement, aujourd'hui, il y a beaucoup de partenaires européens
01:53et mondiaux qui sont sur le coup, mais en France, nous avons des capacités
01:57à la fois technologiques, d'ingénierie, de conception, de maîtrise
02:04et de production des data centers indépendamment de toute influence américaine.
02:10Ça, il faut être extrêmement clair là-dessus.
02:12Après, derrière, si vous voulez que des data centers soient particulièrement souverains,
02:15je vais paraphraser ce que disait Emmanuel Macron aux armées il y a quelques jours
02:20en disant que si vous vouliez que l'Europe achète plus de matériel français,
02:25il faut également que les opérateurs français soient en capacité d'augmenter
02:29leur capacité de production pour être intéressants.
02:31Eh bien, c'est exactement la même chose.
02:33Aujourd'hui, les data centers ne sont pas un problème environnemental à terme
02:38ni à court terme.
02:40Les systèmes de refroidissement, en fonction de la taille des data centers,
02:43sont extrêmement normés. Vous avez des refroidissements par air ou des refroidissements
02:47par eau. Les refroidissements par eau sont généralement privilégiés dans des zones
02:51où à la fois le data center doit être à l'abri de toute attaque sismique
02:55ou d'évolution technique, pardon, d'agression technique à proximité des points d'eau
03:02et à proximité, évidemment, de nos sources d'énergie.
03:05Nous avons des centrales nucléaires. Nous avons la capacité, en respectant l'environnement,
03:08d'avoir des data centers français. Et plus nous aurons de data centers en France,
03:13Périco, je réponds à votre question, plus des opérateurs français seront en capacité
03:18de pouvoir porter résistance à l'Empire américain sur ce sujet-là.
03:22Donc, vous vous inscrivez totalement en faux par rapport aux prescriptions de l'ADEME.
03:25Là, c'est clair.
03:27Déjà, on va dire bien, le rapport de l'ADEME n'est pas le rapport de l'ADEME.
03:31L'ADEME s'appuie sur le rapport d'un think tank issu de personnes qui tournent autour de Terra Nova
03:37et d'autres think tanks assez bien pensants quand on veut parler d'écologie.
03:43Mais quand on regarde bien, finalement, ce que fait l'ADEME,
03:45aujourd'hui, l'ADEME propose implicitement, c'est de ne pas faire une écologie de transformation,
03:51mais vraiment une écologie de restriction.
03:53Benjamin Cochy, vous êtes en train de me dire qu'il n'y a pas d'autorité aujourd'hui dans l'État
03:57qui permette de vérifier que l'ADEME ne se trompe pas ?
04:00De qui dépend ? De quel ministère dépend ces enjeux ?
04:03Le ministère de la Transition écologique.
04:07D'accord. Donc, vous, vous êtes en train de nous dire,
04:09l'idéologie est en train de prendre le dessus sur l'intérêt de la nation.
04:13Mais complètement sur un sujet qui, au-delà du côté tendance,
04:18c'est sympa d'avoir des data centers, c'est mieux que des usines à charbon,
04:22effectivement, au-delà de l'image industrielle,
04:25il faut quand même être au clair que c'est une source de développement économique
04:31pour l'ensemble de nos PME françaises.
04:33Vous convenez que ces enjeux-là sont au cœur de la polémique
04:37entre Paris et Washington sur la souveraineté de l'Europe
04:40et que lorsque l'on s'attaque au data center d'aucun indépendamment aux GAFAM,
04:44le président Trump considère que c'est une offense faite aux intérêts américains.
04:47Et c'est là-dessus où il s'avère menaçant, voire violent.
04:51Alors, vous savez, moi, par rapport à Trump, j'ai une vision extrêmement pragmatique des choses.
04:59On reproche à Trump de vouloir défendre les intérêts de son pays.
05:04Je ne peux pas reprocher à un dirigeant de vouloir défendre les intérêts de son pays.
05:08D'être patriote. Autrement dit, on ne peut pas reprocher d'être patriote.
05:11J'essaie plutôt à me dire, c'est un peu cette image anglo-saxonne.
05:15Vous avez un riche qui passe dans la rue, en France, on crie après-dessus, on dit que c'est un voleur.
05:19Aux Etats-Unis, on dit, waouh, comment il fait pour réussir ?
05:21Eh bien, vous voyez, j'ai envie de dire, voilà, Trump essaye d'être extrêmement fort
05:26et derrière son industrie, moi, j'invite aussi les Français et les Européens à faire de même.
05:31Ce n'est pas la peine de pleurer, de se dire, oh là là, il est méchant, il est méchant.
05:35Non, soyons réactifs.
05:36Admettons, quel patriotisme peut-on opposer, un patriotisme cohérent et constructif,
05:41à M. Trump pour préserver notre énergie, notre patrimoine numérique ?
05:46Eh bien, nous avons la force nucléaire et un tissu de compétence avec la création des EPR
05:54qui fait qu'aujourd'hui, demain, nous pouvons, en France, apporter des solutions
05:59non seulement dans la création de data centers, mais également dans la création d'énergie
06:05à proximité.
06:07Nous avons ce savoir-faire que les Américains n'ont pas.
06:09Donc, vous nous confirmez que les autres orientations politiques
06:11prises par M. François Hollande et par Emmanuel Macron
06:16dans la dénucléarisation de l'industrie française
06:19et aujourd'hui s'avère un fléau pas irréversible,
06:22enfin, qu'il convient de réparer au plus vite.
06:25Absolument, ça a été une erreur stratégique.
06:27Encore une fois, la prise de position de François Hollande et d'Emmanuel Macron
06:33ont été des prises de position politiques, car idéologiques,
06:37pour satisfaire les écolos français.
06:39Ça, on ne se le cache pas.
06:40Pour avoir notre ami Nicolas Hulot dans son gouvernement,
06:43il a fallu sacrifier une centrale ou deux.
06:45C'est une réalité.
06:46À l'échelle de notre humanité, je crois qu'on se souviendra
06:48de ces épiphénomènes comme étant des idiots.
06:52Voilà, tout simplement.
06:53Aujourd'hui, clairement, c'est une faute politique que de passer à côté du nucléaire.
06:57C'est une faute politique de passer à côté des nouvelles technologies
07:00au prétexte que nos alliés américains sont plus forts.
07:04Non, montrons-nous de quel bois on se chauffe.
07:07S'il n'y avait pas eu le général de Gaulle avec les centrales nucléaires,
07:09avec le Concorde, avec les TGV, avec Alstom,
07:12avec tout ce qui a fait la force industrielle de la France,
07:14on n'en serait pas là.
07:15Donc, cette tribune, c'est à la fois,
07:17attention, attention, l'ADEME,
07:19vous avez tendance à faire l'idéologie,
07:21mais surtout, vous êtes en train de saper le moral
07:24et, comment dirais-je, l'opinion publique face à un enjeu majeur
07:28qui est celui de notre souveraineté.
07:28En matière de souveraineté sur les clouds, justement, Benjamin Cauchy,
07:33c'est un enjeu qui est purement français
07:35ou il serait important qu'il y ait une cohésion européenne
07:38pour mieux résister, justement, au lobbyisme américain ?
07:41Est-ce qu'on peut avoir un cloud français ou des clouds
07:44qui dépendent d'une Union européenne rassemblée, cohérente et courageuse ?
07:48Alors, il y a déjà des solutions qui existent,
07:50mais effectivement, comme je vous le disais, pour l'armement,
07:52le parallèle était un petit peu scabreux,
07:55mais qu'importe, c'est vraiment le même principe,
07:57c'est en étant plus fort à plusieurs nations européennes,
08:02je ne parle pas d'Union européenne, de Commission européenne,
08:04mais au même titre que Airbus a été constitué
08:07par plusieurs nations européennes,
08:09je pense que créer un cloud numérique européen,
08:12il y a déjà des prémices, il y a déjà des solutions technologiques,
08:14y compris françaises, qui existent,
08:16mais encore une fois, c'est l'effet de masse,
08:18et il faudra aussi que la commande publique
08:21daigne aussi passer commande auprès d'opérateurs français
08:25plutôt que d'aller donner ces données de l'autre côté de l'Atlantique.
08:28Ça, c'est une évidence.
08:29Merci Benjamin Cochy, je reçois tout à l'heure Nicolas Conquer,
08:32je parlerai de ce sujet avec lui,
08:33je suis très curieux d'avoir son avis,
08:35je lui avancerai les arguments que vous nous avez présentés à cette antenne.
08:38Merci Benjamin Cochy, à très bientôt.
08:40Merci Benjamin Cochy, à très bientôt.
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