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  • il y a 9 mois
Avec Arnaud Benedetti, fondateur du Comité de soutien à Boualem Sansal, rédacteur en chef de la Revue politique et parlementaire

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##LE_FAIT_DU_JOUR-2026-01-14##

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News
Transcription
00:00La France dans tous ses états, le fait du jour.
00:03Tandis que l'Elysée réfléchit à la création d'un haut commissariat à la diversité et aux diasporas,
00:07on en parlait hier, visant à fédérer toutes les diasporas de France,
00:11surtout les diasporas africaines, pour contrer la vision trumpienne de l'Europe
00:14et la guerre des civilisations qui se prépare.
00:16De son côté, le président algérien Théboun appelle tous ces ressortissants
00:19en situation illégale ou précaire éparpillés dans les pays étrangers
00:22à revenir en Algérie, tous, sauf les délinquants et les criminels.
00:26On en parle avec le rédacteur en chef de la revue politique et parlementaire Arnaud Benedetti.
00:31Bonjour.
00:32Bonjour.
00:33Bonjour Arnaud Benedetti.
00:34Merci d'être sur Sud Radio aujourd'hui avec nous.
00:37Je voulais vous poser la question.
00:38Est-ce que la fermeté dont la France a pu faire preuve, parfois, pas toujours,
00:42a porté ses fruits ?
00:43Et le président de la République algérienne, M. Théboun, suggère à ses ressortissants
00:49qu'on va faire un décret disant qu'ils peuvent revenir en Algérie dans certaines conditions.
00:53Il parle des délinquants qui n'ont pas commis des choses trop graves, les autres non.
00:56Est-ce que, pour autant, c'est un signe que vous considérez comme un signe d'apaisement,
01:01un signe d'ouverture, je ne veux pas dire un signe de soumission ?
01:04Il faut l'interpréter comme ça ou c'est tout simplement une forme de provocation ?
01:08C'est un piège.
01:09C'est un piège.
01:10Parce que, d'abord, il faut rappeler que le Parlement algérien a voté, il y a de cela 15 jours,
01:17une loi qui criminalise la colonisation française.
01:22Donc, on voit bien que l'état d'esprit de l'État algérien n'est pas manifestement à l'apaisement,
01:28puisqu'il fait déjà de l'enjeu mémoriel.
01:30Merci Macron, Arnaud.
01:33Un enjeu de conflictualité avec l'État français, avec la France.
01:38Évidemment, le président de la République, lorsqu'il était candidat,
01:41avait malheureusement ouvert une boîte de Pandore
01:43dans laquelle se sont largement engouffrés les autorités algériennes.
01:47Après, il faut vraiment lire cette disposition qu'a proposée le président Tebboune
01:56à l'aune, finalement, de la stratégie qui est la sienne.
01:59Parce que ces gens qui ont traversé la Méditerranée et qui n'ont pas de papier
02:02sont venus en France pour trouver une vie meilleure.
02:06Et leur intention n'est certainement pas de revenir en Algérie.
02:10Le ministre de l'Intérieur, Bruno Rotaillot, lorsqu'il était ministre de l'Intérieur,
02:13avait souligné qu'un certain nombre de consulats algériens
02:17fournissait des passeports algériens à des personnes
02:22qui étaient en situation irrégulière en France.
02:24Vous savez que les accords de 68 permettent à qui dispose
02:28de paquets algériens, visa et évidemment passeport algérien,
02:33de pouvoir, par exemple, ouvrir une entreprise.
02:37En France, évidemment, en France.
02:41Donc, ce qui est vraisemblable, et il suffit de lire, par exemple,
02:44ce que dit Xavier Driancourt, il a publié dans l'entrevue
02:46et dans la Nouvelle Revue Politique un papier très intéressant hier sur le sujet,
02:50c'est que vraisemblablement, les consulats vont pouvoir délivrer
02:54à ces gens qui n'ont pas de papier, qui n'ont pas de passeport algérien,
02:57en l'occurrence des passeports algériens,
02:59que ces passeports algériens leur permettront éventuellement d'ouvrir la voie
03:03à une éventuelle régularisation en France,
03:05voire en tout cas, en la matière, par exemple, en effet,
03:08d'ouvrir une entreprise pour s'installer définitivement en France.
03:12Donc, il n'y a aucune raison pour eux, en l'occurrence, de revenir en Algérie.
03:18D'autant plus qu'il y a une clause, je rappelle, importante
03:21qu'a indiquée le président algérien,
03:24c'est qu'il y a une clause de non récidive,
03:28c'est-à-dire qu'il ne faut pas qu'ils puissent, en effet,
03:30une fois qu'ils sont revenus en Algérie, repartir en France.
03:33Donc, si vous voulez, on est là plutôt dans un jeu
03:36qui consiste vraisemblablement du côté du pouvoir algérien,
03:38mais il a l'habitude de cela, d'instrumentaliser, justement,
03:42ces personnes en situation irrégulière
03:44pour, finalement, les ériger en levier de tension
03:49vis-à-vis des autorités françaises.
03:51Je crois que c'est comme ça qu'il faut lire l'initiative du président Théboune.
03:55Donc, Arnaud Benedetti, ça ne peut être en aucun cas une idée politique algérienne
03:59de faire revenir des gens qui pourraient manquer au pays
04:01parce que ce n'est pas forcément des talents,
04:03ce n'est pas forcément des universitaires,
04:05ce ne sont pas des gens qui manquent à la société algérienne,
04:07si je comprends bien ces gens qui sont en situation de dénac.
04:09La réalité, c'est que, si vous voulez,
04:11l'immigration algérienne est une nécessité vers la France
04:17ou ailleurs, vers la France principalement,
04:19est une nécessité pour le pouvoir algérien
04:21parce que c'est un sas de décompression, en l'occurrence.
04:24Les gens partent pour trouver une vie meilleure.
04:27Donc, c'est quelque part une bombe à fragmentation sociale
04:30dont on limite les effets
04:32parce que, tout simplement, les gens partent
04:34et on ne les a plus sur place.
04:36Donc, il faut bien comprendre que,
04:38pour les autorités algériennes,
04:39politiquement, socialement,
04:40dans la situation qui était très complexe aujourd'hui en Algérie,
04:43je rappelle qu'il y a un mouvement social en Algérie
04:45qui a commencé sur les transporteurs,
04:47on en parle peu aujourd'hui en France,
04:49mais qui a commencé sur les transporteurs privés
04:50il y a quelques jours,
04:52ils n'ont objectivement, politiquement,
04:54aucun intérêt à faire revenir ces gens en Algérie,
04:58mais, par contre, ils ont intérêt,
04:59et c'est ce qu'ils font d'ailleurs depuis le Irak,
05:02depuis la fin du Irak 2019-2020
05:04et la réélection de Théboune,
05:07ils ont intérêt, par contre,
05:09à instrumentaliser une partie des Algériens en France
05:12au service de leur cause,
05:14c'est ce qu'ils ont fait encore tout récemment.
05:16Enfin, ce que vous signalez là, Arnaud,
05:19c'est qu'il y aura un effet secondaire,
05:22il peut y avoir un accident collatéral
05:24qui savait plus de régularisation de ressortissants algériens
05:27dont la France ne veut pas,
05:29par cette mesure,
05:30l'ambassade et les consulats d'Algérie
05:33vont délivrer plus de passeports.
05:34Donc, on va avoir de plus en plus.
05:36C'est ce qu'ils posaient déjà,
05:37c'est ce que Bruno Rotaïo...
05:37Avec l'accord de 68, oui.
05:39Oui, voilà, Bruno Rotaïo avait levé le lièvre,
05:42il avait identifié trois consulats,
05:44je crois que c'était le consulat de Toulouse,
05:46le consulat de Strasbourg,
05:47le consulat de Besançon, entre autres,
05:49qui avaient procédé, en effet,
05:50à la délivrance de passeports algériens
05:53à des Algériens qui étaient en situation irrégulière en France.
05:57Donc, en effet, c'est plutôt dans cette perspective
06:00qu'il faut lire l'initiative du président Tebboune.
06:03Alors, avec...
06:04Après, ça ne veut pas dire qu'il y aura
06:05régularisation automatique, évidemment,
06:07des autorités françaises,
06:08qui, quand même, je le pense aujourd'hui,
06:10compte tenu de la situation extrêmement tendue avec l'Algérie,
06:13ne sont certainement pas inclines
06:15à se lancer dans une politique de régularisation.
06:18Mais, en tout cas, ce qui permet manifestement
06:20à ces Algériens,
06:22d'avoir des papiers et de pouvoir bénéficier
06:25d'un certain nombre de possibilités
06:28que leur offre les accords de 68,
06:30dont une partie de la classe politique
06:33souhaite l'abrogation et la dénonciation.
06:34Je rappelle que le Parlement, d'ailleurs,
06:36a voté à une proposition de résolution
06:39au mois de novembre dernier,
06:40demandant la fin de ces accords.
06:42– Arnaud Menedetti, est-ce que le gouvernement
06:44peut, j'allais dire, saisir la balle au bon,
06:46répliquer de façon pertinente
06:47et faciliter le retour de ces ressortissants algériens
06:50en délicatesse avec la France vers l'Algérie ?
06:53– Vous savez déjà qu'on a un gros problème
06:55avec l'Algérie, c'est les OQTF.
06:57– Déjà, j'allais dire…
06:58– Puisque l'Algérie refuse de délivrer
07:01des laissés-passés consulaires
07:02pour tout un ensemble d'OQTF.
07:05Et que nous n'avons pas les moyens, aujourd'hui,
07:07sauf à trouver une tierce partie
07:08qui pourrait les accueillir.
07:10Mais ce n'est pas la politique de la France en la matière.
07:11Nous n'avons pas les moyens de renvoyer
07:14ces OQTF en Algérie.
07:19Donc on imagine bien que des gens
07:22qui sont en situation irrégulière
07:23mais qui ne sont pas l'objet d'une OQTF,
07:25il est encore plus difficile, vraisemblablement,
07:28de les renvoyer en Algérie.
07:29– Sauf que, Arnaud Menedetti,
07:32les dispositions auxquelles font
07:34Olivier Abdelmagid Tebboune
07:35permet justement à certains OQTF
07:37qu'ils vont rentrer dans le cadre
07:39de la définition de Tebboune.
07:40– Alors ça, en effet, c'est la façon
07:42dont on a accueilli cela en France.
07:44C'est-à-dire en disant,
07:45la lecture, qui a été plus ou moins
07:47la lecture officielle
07:48de cette initiative de Tebboune,
07:50ça a été de dire,
07:50vous voyez, ils essayent un peu
07:52de décrisper la situation
07:54vis-à-vis de la France.
07:55La réalité, c'est que, vous savez,
07:57les Algériens, d'abord,
07:58connaissent très bien la vie politique française,
08:00connaissent très bien nos fragilités,
08:01connaissent très bien nos faiblesses,
08:02et du point de vue politique et cynique,
08:06ont un talent certain pour très souvent
08:08dire et faire le contraire de ce qu'ils disent.
08:12Et je crois qu'ils nous ont déjà montré
08:14que, si vous voulez,
08:15cette duplicité permanente,
08:17duplicité d'État au service de leur stratégie,
08:20atteignait très souvent son but,
08:22malheureusement, en France,
08:23parce que nous n'avions pas les moyens
08:24ou la capacité ou la volonté
08:26de lire leurs véritables intentions
08:28derrière leurs annonces.
08:30Arnaud Benedetti,
08:30Maud Coffler a signalé en introduction
08:33que le président de la République
08:34vient de lancer ce haut commissariat
08:36à la diversité, à la diaspora.
08:39C'est quelque chose qui vous inquiète,
08:41qui vous amuse,
08:42qui vous consterne ?
08:44Je ne comprends que trop cette initiative
08:48ou je ne la comprends pas du tout.
08:49Je ne comprends que trop
08:50parce qu'en l'occurrence,
08:51en effet, c'est une initiative
08:53qui correspond finalement
08:55au logiciel intellectuel d'Emmanuel Macron,
08:58qui n'est pas un logiciel
08:59qui est, j'allais dire,
09:01indexé sur la vision républicaine
09:02universaliste qui est la nôtre.
09:04Est-ce qu'il lève le voile ?
09:05Est-ce que je peux me permettre
09:06de dire qu'il lève le voile ?
09:07Il faut se rappeler,
09:09vous le savez très bien,
09:10vous êtes un excellent observateur
09:11également de la vie politique.
09:13Souvenez-vous des déclarations
09:14qu'il faisait en 2017
09:15lors de sa campagne présidentielle
09:17à Marseille.
09:18Tout à fait.
09:18Il exaltait finalement les communautés
09:20dans un propos enflammé.
09:23Il a une vision très anglo-saxonne.
09:25qu'il a, disons,
09:26mise de côté ensuite,
09:28au fur et à mesure
09:29de l'évolution de son mandat,
09:30parce qu'il a été rattrapé par le réel.
09:32Et tout se passe comme si,
09:33en fin de mandat,
09:34il était rattrapé à nouveau
09:36par, j'allais dire,
09:37ce prurite qui est plutôt anglo-saxon
09:39dans sa vision
09:40de ce qu'on appelle,
09:41de manière très galvaudée,
09:42le vivre ensemble.
09:43Mais je ne le comprends pas,
09:44parce que, si vous voulez,
09:45je ne le comprends pas,
09:46parce qu'en effet,
09:47en l'occurrence,
09:48au moment où nous avons besoin
09:49de réaffirmer
09:50un certain nombre
09:51de principes fondamentaux
09:52qui sont les principes
09:53d'une nation républicaine
09:54où on est citoyen
09:57parce que nous sommes d'abord,
09:59je veux dire,
10:00faisant partie de ce contrat social
10:02en dehors de nos origines,
10:04en effet,
10:04là,
10:05on ne peut pas le comprendre
10:06quand on est attaché
10:07à cette vision
10:07de la République universaliste.
10:09– Arnaud,
10:10pour faire un peu d'ironie,
10:11est-ce que vous pensez
10:12que Jean-Luc Mélenchon
10:12va dire Emmanuel Macron ?
10:13– Dis donc,
10:14la créalisation,
10:14c'est moi,
10:15c'est mon idée.
10:16Tu ne vas pas commencer
10:16à mettre tes pieds
10:17sur mes pas de bande
10:17parce qu'on se demande
10:18à un moment donné
10:18quelle est la nuance.
10:20– Mais vous avez raison,
10:21vous avez parfaitement raison
10:22parce que moi,
10:23j'ai toujours considéré
10:23qu'il y avait un point commun
10:24entre Emmanuel Macron
10:26et Jean-Luc Mélenchon,
10:28c'est qu'ils sont l'un et l'autre
10:30des adeptes, finalement,
10:32alors sur des segments différents,
10:33quoique pas toujours,
10:35d'une mondialisation
10:36qui est non régulée.
10:37– Eh oui.
10:37– Du côté, en effet,
10:39économique,
10:40du côté d'Emmanuel Macron,
10:41mais aussi du côté du contrôle
10:43de la politique migratoire
10:44et évidemment,
10:46pas du côté économique,
10:47du côté de Jean-Luc Mélenchon,
10:48mais du point de vue
10:49de la politique migratoire.
10:51Donc, il participe,
10:53si vous voulez,
10:54à cette forge néo-progressiste
10:55qui tourne le dos,
10:57d'ailleurs,
10:57à la vision progressiste
10:58classique, traditionnelle,
11:00républicaine dont on a parlé
11:01et qui s'engouffre
11:02dans une vision
11:04qui est une vision
11:04très dérégulatrice
11:06et où, finalement,
11:07la notion de transmission,
11:08la notion de principes fondamentaux
11:10est mise de côté
11:11au service
11:12des impacts
11:13de cette mondialisation.
11:16– Écoutez, Arnaud Benignetti,
11:17je pense qu'on se rapproche
11:18de plus en plus
11:18de l'inquiétude
11:19du général de Gaulle.
11:20C'est plus Colombais
11:21les deux mosquées,
11:22c'est Colombais les trois mosquées
11:23et d'autres signes.
11:25C'est pas la République,
11:26on est d'accord.
11:27La République,
11:27une indivisible
11:28avec le projet
11:29de destin commun,
11:30c'est pas ça.
11:30C'est pas ça, la France.
11:32– La République,
11:33c'est un contrat.
11:34C'est un contrat.
11:34On a mis des siècles
11:35et des siècles
11:36pour construire
11:37une nation initiée.
11:38c'est l'État
11:38qui en France
11:39a construit,
11:40l'État a construit
11:41la nation, pardon.
11:42Vous savez,
11:43la fameuse phrase
11:44de Mirabeau
11:44à la veille de la Révolution
11:45ou au moment de la Révolution,
11:47au début de la Révolution,
11:47il dit
11:48« La France est un agrégat
11:49de peuples désunis. »
11:50Et c'est ce qui était
11:52la réalité d'une certaine manière.
11:54Il y avait des langues différentes,
11:55des patois différents,
11:57des cultures différentes.
11:57– Des traditions et des cultures.
12:00– Et la Révolution,
12:01finalement,
12:02a parachevé l'œuvre
12:03d'une certaine manière
12:03d'ailleurs des monarques
12:04qui avaient commencé
12:05par construire l'État.
12:06Parce que l'État,
12:06en France,
12:07c'est la monarchie.
12:08Il ne faut jamais l'oublier.
12:09Mais ils avaient réussi,
12:10finalement,
12:10à travers la notion
12:12de nation et de citoyenneté,
12:14progressivement,
12:15avec le processus républicain,
12:16à construire une nation
12:17une et indivisible.
12:19Aujourd'hui,
12:19nous sommes malheureusement
12:20avec les propos
12:21d'un certain nombre
12:22de responsables politiques,
12:23dont le Président de la République,
12:25dans un détricotage
12:26de cet héritage.
12:28– Bon,
12:28et on va essayer
12:28de la préserver quand même
12:29et on aura besoin
12:30de vos lumières,
12:31mon cher Arnaud,
12:33pour suivre ce dossier.
12:34À très bientôt.
12:35Bonne journée.
12:36– Allez, on va.

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