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Regardez "On refait le monde" avec Jules Nyssen, président du syndicat des énergies renouvelables, Cédric Philibert, chercheur à l'Ifri et ancien analyste à l'Agence internationale de l'énergie, auteur de "Climat, les énergies de l'espoir", Xavier Moreno, président fondateur du Cérémé (Cercle d'Étude Réalités Écologiques et Mix Énergétique), et Pierre-Emmanuel Picard, porte-parole de l'association Vent des Maires.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 22 janvier 2026.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 22 janvier 2026.
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00:00Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL, avec Anne-Sophie Lapix.
00:07Ils ont des éoliennes partout en Europe, et ils perdent de l'argent.
00:16Il y a une chose que j'ai remarqué, c'est que plus il y a d'éoliennes dans un pays, plus ce pays perd de l'argent.
00:21La Chine produit la plupart des éoliennes, et pourtant je n'ai pas réussi à trouver de champs d'éoliennes en Chine.
00:28Ils fabriquent, ils vendent les éoliennes pour une fortune, ils les vendent à des abrutis, qui les achètent, mais ne s'en servent pas eux-mêmes.
00:36Voilà, merci Donald Trump pour les abrutis.
00:38Donald Trump qui s'est exprimé hier à Davos, on va rétablir tout à l'heure quelques vérités.
00:43On ne s'y attendait pas, mais Donald Trump a donc décidé d'attaquer les Européens, et les Français également, sur le domaine de l'énergie et donc des éoliennes.
00:49Car le sujet est polémique, clivant aux Etats-Unis comme dans les tout petits villages français.
00:54Même ceux qui considèrent qu'il faut sortir des énergies fossiles ont parfois en horreur les éoliennes.
01:00Elles constituent pourtant la deuxième source d'électricité propre dans le monde.
01:03Alors que fait-on ?
01:04Eh bien on en débat déjà dans Refait le Monde avec nos invités.
01:07Jules Nissen, président du syndicat des énergies renouvelables.
01:10Bonsoir.
01:10Bonsoir à vous.
01:11Cédric Filibert, chercheur associé au centre énergie et climat de l'IFRI.
01:15Vous êtes l'auteur de l'ouvrage Climat, les énergies de l'espoir, aux éditions Les Petits Matins, paru en octobre dernier.
01:20Bonsoir.
01:21Bonsoir.
01:21Xavier Moreno, président du cercle d'études réalités écologiques et mixtes énergétiques.
01:27Bonsoir.
01:27Pardon ?
01:28Je ne regardais pas la bonne personne, j'explique aux auditeurs.
01:31Et Pierre-Emmanuel Picard, porte-parole de l'association Vendée Merde.
01:35Bonsoir.
01:36On refait le monde sur RTL.
01:39Vive le vent, vive le vent, vive le vent d'hiver.
01:44Et voilà, on commence en musique.
01:49Vive le vent, c'est de circonstance avec les éoliennes dont on va vous parler ce soir.
01:53Alors d'abord, je propose de voir ce que ça représente, l'éolien, car c'est quand même important.
02:00C'est la deuxième source d'énergie renouvelable dans le monde, c'est ça, Unisen ?
02:05Oui, c'est ça.
02:06C'est aussi une énergie renouvelable qui contribue à faire qu'en Europe, la production d'électricité avec des sources renouvelables a dépassé la production d'électricité liée aux énergies fossiles.
02:16Oui, on l'a appris aujourd'hui, c'est ça ?
02:18Absolument, c'était une bonne nouvelle.
02:20Éolien, plus solaire, ça fait 30% et les énergies fossiles, c'est un peu moins.
02:26C'est un petit peu moins.
02:27Et tout ça, tout le renouvelable, c'est 48% de la production d'électricité en Europe.
02:31Et alors, le pays qui produit le plus d'éolien au monde, c'est la Chine, dont parlait tout à l'heure Donald Trump.
02:40La Chine qui en vend beaucoup, mais qui en utilise aussi beaucoup.
02:44Oui, mais les Chinois ont fait un choix.
02:46D'abord, les Chinois n'ont pas beaucoup de pétrole, ils ont du charbon, mais ils ont des gros problèmes de pollution.
02:50Et donc, ils ont décidé de faire de la transition énergétique un élément de fond de leur stratégie de développement.
02:55Et donc, ils utilisent tous les moyens.
02:57Ils font des centrales nucléaires, ils font encore des centrales karmiques, mais ils font aussi énormément d'éoliens et de solaires.
03:02Et alors, je ne sais pas si les satellites de M. Trump observent correctement la Chine,
03:06mais je ne sais pas comment il a fait pour ne pas voir qu'il y avait des champs éoliens et solaires considérables en Chine.
03:10Il y a produit près de 40% de l'électricité éolienne mondiale, la Chine.
03:15C'est donc vraiment le géant de l'éolien.
03:18Est-ce que c'est à la Chine qu'on achète nos éoliennes ?
03:21Aucune éolienne chinoise en France.
03:23C'est bien le préciser aussi.
03:25Donc, c'était aussi une petite erreur de Donald Trump.
03:27Les éoliennes qu'on installe en Europe sont européennes.
03:29Donc, c'est 100% made.
03:32Il y a une compétition sur les marchés tiers, mais il n'y a pratiquement pas d'éoliennes chinoises en Europe.
03:38Très peu d'éoliennes chinoises en Europe et très peu d'éoliennes européennes en Chine.
03:41Est-ce que ça coûte cher, les éoliennes ?
03:44Cédric Filibert.
03:45Alors, non.
03:47Oui et non.
03:48C'est-à-dire, c'est un capital investi, mais ensuite, vous avez une énergie qui est gratuite.
03:53Donc, c'est seulement le capital initial qui compte.
03:57Et finalement, ça produit une des énergies les moins chères aujourd'hui avec le solaire.
04:01Ça produit des énergies qui sont devenues en l'espace de 15 ans les sources d'électricité les moins chères
04:09et qui arrivent maintenant à entrer en compétition, y compris avec les combustibles fossiles dans un certain nombre de cas.
04:19Et voilà. Donc, c'est devenu, dans beaucoup de pays, parmi les énergies les moins chères.
04:24On disait tout à l'heure qu'on est passé à 30% en cumulant l'éolien et le solaire en Europe.
04:31Du coup, je crois que l'éolien, c'est 17% en gros en Europe.
04:35Mais en France, c'est moins.
04:37On est quand même à 9%, c'est ça ?
04:39En France, on est dans un cas particulier parce qu'on a un parc nucléaire existant
04:44qui est là depuis les années 80, pour aller vite,
04:47et qui prend beaucoup de place, qui produit 67% de notre électricité.
04:52Il est très bas carbone.
04:54Donc, ça, c'est très bien.
04:55Mais la question est de savoir ce qu'on va avoir pour le futur
04:58et si on peut rester durablement marginalisé dans le concert des nations
05:05parce que toute l'Europe et tout le monde s'orientent beaucoup vers l'air nouglable.
05:09Oui, moi, je pense que c'est important de souligner ce point
05:12parce que la France a une situation très particulière en Europe.
05:14tous nos voisins, Italiens, Allemands, les grands pays industriels
05:18cherchent à décarboner leur production d'électricité
05:20en éliminant les productions électriques avec du fossile.
05:24Et nous, on a déjà fait ce travail puisque je crois qu'en 2024 ou 25,
05:28la production d'électricité française était décarbonée à 95%.
05:32Mais donc, ça nous met au pied du mur d'autres choses.
05:35C'est-à-dire que, je pense que c'est ce dont on va aussi débattre juste après,
05:38on a beaucoup d'électricité propre, abondante et pas chère,
05:41moitié moins chère qu'en Italie, les deux tiers du prix en Allemagne.
05:43Et la question, c'est qu'est-ce qu'on va faire avec ça ?
05:46Et on a beaucoup d'atouts puisque, au fond,
05:48on pourrait être un petit peu le réservoir électrique de l'Union Européenne,
05:51si j'ose dire.
05:52Donc, j'aimerais bien qu'on puisse débattre de ça.
05:54On va débattre de ça.
05:55Alors, il y a près de 10 000 éoliennes en France.
06:00Est-ce que c'est trop, Pierre-Emmanuel Picard ?
06:03Alors, c'est trop, ça dépend du point de vue que l'on l'adopte.
06:07Ce qui est clair, c'est que dans les petites communes rurales où Vendémère est le plus implanté,
06:13on va dire les communes qui ont entre 500 habitants en moyenne,
06:16donc ça va de quelques dizaines d'habitants jusqu'à 4 000 habitants,
06:20en gros, on a vu que la plupart des communes rurales n'aiment pas les éoliennes.
06:25Il y a eu un grand plan du gouvernement pour faire une loi qu'on appelle AER
06:31qui a demandé, entre autres, aux maires de réserver des zones d'accélération pour les éoliennes.
06:39Et ils ont retenu que 1% des zones pour l'éolien.
06:44Et le reste, beaucoup pour le solaire en toiture, par exemple, ou la biomasse, etc.
06:49Mais pour les éoliennes, ils n'ont retenu que 1%.
06:52Donc ça, ce n'est pas un sondage, c'est 10 ou 13 000 maires communes qui se sont prononcées, effectivement.
06:59Donc pour ces maires-là, il y en a trop.
07:01Pour beaucoup de population, il y en a trop.
07:05C'est un peu dans les mêmes régions qu'elles se trouvent, les éoliennes.
07:09Alors, oui, elles sont tout de même assez disséminées en France.
07:12Il y en a beaucoup dans les Hauts-de-France, bien entendu.
07:16Il y en a beaucoup en Bretagne.
07:18Mais il y en a beaucoup en Nouvelle-Aquitaine.
07:20Et il y en a de plus en plus en Touraineberry.
07:24Aujourd'hui, il n'y a pas beaucoup de départements qui sont épargnés, si je puis dire.
07:29Et puis, il y a les éoliennes en mer.
07:32Pour l'instant, les éoliennes en mer, il n'y a pas encore beaucoup de parcs.
07:36Il y en a 7 ? Non, il y en a 3 qui sont déjà en fonction ?
07:38Oui, c'est ça ?
07:39Oui, il y a Saint-Brieuc, il y a Saint-Nazaire, et puis il y a d'autres projets.
07:43Il y a Oléron, etc.
07:46C'est un gros débat, le sujet des éoliennes en mer.
07:49C'était un énorme espoir, parce qu'on pensait que ce qu'on appelle le facteur de charge,
07:58c'est-à-dire la capacité des éoliennes à fournir beaucoup d'électricité, était importante.
08:02Et on s'aperçoit que les facteurs de charge sont beaucoup plus faibles que ceux que l'on estimait.
08:08Les facteurs de charge, c'est-à-dire ?
08:09C'est-à-dire, en gros, le temps de production de l'éolien dans la journée, pour faire simple.
08:15Donc ça marche.
08:18Voilà, on pensait que ça marchait 40 ou 50% du temps, et ça marche plutôt 30% du temps.
08:24Et on s'aperçoit qu'il y a des coûts de connexion à ces projets d'éoliennes en mer qui sont très très très chers.
08:32C'est quelques milliards, enfin c'est plus d'un milliard pour simplement connecter.
08:36On n'a rien fait, mais juste pour le connecter, un parc éolien en mer, c'est au moins un milliard, voire deux milliards.
08:42Donc c'est beaucoup.
08:43Xavier Moreno, les éoliens offshore en mer, ce n'est pas l'avenir ?
08:47Écoutez, je trouve que les problèmes sont très mal posés de la manière dont ils sont abordés,
08:51y compris à l'instant dans une partie de ce qui vient d'être dit.
08:55Les éoliennes dans le monde sont extraordinairement utiles et profitables pour réduire les émissions de carbone.
09:03Pourquoi ?
09:04Parce que la majorité des pays tire son électricité en majorité du charbon ou du gaz.
09:11Chaque fois que vous faites tourner une éolienne avec le vent, vous réduisez la chaudière à gaz et vous réduisez l'émission de CO2.
09:17Donc il y a une vérité dans le monde entier.
09:19Et puis il y a un pays, comme on l'a dit, qui fait exception, c'est la France,
09:23qui n'a pas besoin d'éoliennes, ou en tout cas plus besoin d'éoliennes au niveau où on est atteint,
09:27puisqu'on a deux situations très spécifiques.
09:31Premièrement, notre électricité, comme l'a dit Junyssen, est déjà décarbonée à 95%.
09:36Donc si on produit plus d'électricité, on remplace une électricité décarbonée par une autre.
09:42Donc premièrement, on a déjà fait ce qu'il fallait sur le plan climatique.
09:46Et deuxièmement, en ce moment, on gaspille de l'énergie, de l'argent, pardon, de l'argent du contribuable
09:51pour augmenter la production d'énergie intermittente, c'est-à-dire d'énergie qui a des caractéristiques techniques
09:57qui, quand on n'a pas à côté des centrales à gaz ou des centrales à charbon, posent des problèmes.
10:01Je vous expliquerai pourquoi le couplage d'une énergie intermittente avec un réacteur nucléaire
10:07est très mauvais pour le réacteur nucléaire et pour le portefeuille des Français.
10:10Et donc aujourd'hui, la situation de la France devrait être de consacrer toutes ces aides publiques
10:16à remplacer l'énergie fossile dans l'industrie, dans les transports, mais plus à produire de l'énergie intermittente.
10:24Est-ce que vous savez...
10:25Vous dites que ça ne sert à rien, en fait, cette énergie éolienne ?
10:28Non, j'ai dit combien vous avez aujourd'hui de production d'énergie éolienne en France.
10:32Au moment où il y a du vent, si vous ajoutez les panneaux solaires et les éoliennes à pleine puissance,
10:38la plupart des Français disent que c'est l'équivalent d'un ou deux réacteurs.
10:42Pas du tout.
10:43C'est l'équivalent de 45 réacteurs nucléaires en puissance que le réseau doit absorber tout d'un coup.
10:48Donc il y a une disproportion aujourd'hui entre ce que le réseau peut absorber et la production.
10:54Nyssen, je vous laisse répondre, mais juste après la pause,
10:57parce que c'est le moment où je rappelle les titres d'Alban Le Prince.
11:00Jusqu'à 20h, Anne-Sophie Lapix refait le monde sur RTL.
11:04Vous pouvez le faire.
11:08RTL.
11:09Il est 19h30.
11:12Anne-Sophie Lapix.
11:13On refait le monde sur RTL.
11:15Le rappel des titres avec Alban Le Prince.
11:17Peut-être un nouveau scandale sanitaire après des rappels massifs de lait infantile.
11:22Deux enquêtes ont été ouvertes suite à la mort suspecte de nourrisson
11:25qui avait consommé du lait Guigos commercialisé par Nestlé.
11:29La première à Bordeaux, la seconde à Angers.
11:31A Nice, au lendemain de l'assassinat d'une jeune femme tuée par balle dans sa voiture à côté de son bébé.
11:37La piste intrafamiliale est privilégiée.
11:40Ce soir, le beau-père de son petit ami, un homme de 45 ans, est activement recherché.
11:45Emmanuel Macron veut que la France et l'Europe soient respectées.
11:48Déclaration du président ce soir à son arrivée à Bruxelles,
11:52où il doit participer à un sommet des dirigeants européens.
11:55Il s'est aussi félicité du retour à une situation beaucoup plus acceptable
11:59avec les Etats-Unis qui ont levé leur menace de nouveaux droits de douane à partir du 1er février.
12:04Et puis prudence, trois départements sont en vigilance orange au cru ce soir.
12:08Le Finistère, le Morbihan et l'Île-et-Vilaine.
12:11Merci Alman, on vous retrouve à 20h.
12:13A tout à l'heure.
12:13On se fait plaisir avec la playlist du vent ce soir parce qu'on parle des éoliennes qui ont envahi certains paysages.
12:35On peut presque trouver ça joli.
12:36Mais pour ceux qui habitent tout près, les éoliennes sont souvent synonymes de nuisances visuelles ou sonores.
12:41On va passer en revue toutes les raisons du désamour, les bonnes et les mauvaises, avec nos invités.
12:46Jules Nyssen, président du syndicat des énergies renouvelables.
12:49Cédric Filibert, chercheur associé au centre énergie et climat de l'IFRI.
12:53Et puis de l'autre côté, Xavier Moreno, président du cercle d'études réalités écologiques et mix énergétique.
12:58Et Pierre-Emmanuel Picard, porte-parole de l'association Vendémer.
13:02Alors, vous nous disiez Xavier Moreno il y a quelques instants qu'il y avait en quelque sorte une surcapacité de l'éolien,
13:08qu'il n'y avait pas d'intérêt à investir davantage dans l'éolien.
13:11On va quand même, avant d'entendre la réponse face à vous de Jules Nyssen,
13:14entendre Alain qui est un auditeur de Saint-Nazaire, qui est traiteur à Saint-Nazaire.
13:19Bonsoir.
13:21Bonsoir.
13:21Saint-Nazaire, l'accueil à un parc d'éoliennes en mer.
13:26Vous avez vu naître ce parc, qu'en pensez-vous ?
13:29Alors, ce que j'en pense, c'est que moi, j'habite dans une région que j'adore.
13:33La Môle, Saint-Nazaire, le Poulidien, Périac, le Croisic, des côtes magnifiques,
13:38qui étaient très belles à une époque.
13:39Et quand vous allez vous promener sur la côte sauvage du Croisic,
13:42vous avez ces choses-là qui ne ressemblent plus à grand-chose du reste et qui gâchent le paysage.
13:48Alors, pour moi, déjà, ça gâche le paysage parce que ça détruit nos paysages.
13:52Après, oui, pardon ?
13:56Mais le parc, il alimente quand même la ville, il fournit même 20% d'électricité du département de la Loire-Atlantique.
14:03Il a quand même des avantages.
14:06Oui, peut-être.
14:07Mais moi, je parle de l'esthétique, des choses que font...
14:13Vous savez, nous, on n'est pas habitués à ça.
14:15Moi, j'ai 66 ans.
14:16Je suis habitué à des jolis paysages et les côtes sauvages.
14:20Ça ne ressemble plus à rien.
14:21Ça empêche les oiseaux.
14:26Ça a des percussions sur les oiseaux, sur la pêche.
14:31Ça a des percussions sur les animaux.
14:33Quand on est riverain, c'est des troubles du sommeil, des maux de tête, des choses comme ça.
14:40Alors, on a mis ça.
14:41C'est merveilleux.
14:42Certainement que c'est très bien.
14:43Moi, j'en dis ce qu'on ne vient pas.
14:44Mais ce qui me gêne, moi, c'est qu'on ne sait pas les percussions après.
14:51Moi, je vois, par exemple, je sais que les marins-pêcheurs s'en plaignent.
14:56Merci beaucoup, Alain.
14:58Je vous voyais réagir, Cédric Filibert.
15:00C'est faux tout ça ?
15:01L'aspect esthétique, c'est propre à chacun.
15:04Moi, j'y vois autre chose.
15:06Quand je vois une éolienne qui est visible, effectivement,
15:09je vois le fait que la génération d'aujourd'hui
15:11prend en charge le changement climatique.
15:13Et c'est un message adressé aux jeunes générations.
15:16Voilà ce que j'y vois dans une éolienne.
15:17Donc, moi, je la trouve belle.
15:19Mais je comprends qu'on puisse la trouver moche.
15:21En revanche, je réfute ce qui est dit sur les pêcheurs et sur la pêche.
15:26Les zones, les parcs éoliens en mer sont des zones où on ne peut pratiquer qu'une pêche sélective.
15:32Et de fait, ce sont des zones où, en fait, la faune se reproduit plus qu'ailleurs.
15:37Et ce sont des zones qui protègent, en réalité, les océans de la surpêche,
15:41qui est la principale menace aujourd'hui sur la pêche, c'est la surpêche.
15:44Donc, ça joue, ça fait une protection plus qu'autre chose.
15:48Vous entendez cette réponse, Alain ?
15:50Oui, je l'ai entendu, oui.
15:52Et alors ?
15:53Alors, je ne suis pas convaincu.
15:57Non, non, bien sûr que non, puis je ne suis pas le seul.
15:59Je veux dire, le jour où j'ai vu un reportage très intéressant sur les éoliennes au niveau des riverains,
16:05c'était des gens qui se plaignaient de maux de tête.
16:08Les animaux qui étaient au pied de ça, c'est pareil, il y a des soucis.
16:12Alors après, on va encore apprendre dans quelques années,
16:14ben oui, mais en fin de compte, on est perturbé par ça, on a trouvé des machins.
16:18Là, on nous dit ça, c'est bien.
16:19Mais moi, je ne suis pas convaincu du tout par ce qui est dit.
16:23Et d'abord, ça doit coûter un fric fou.
16:27Une aile éolienne, ça dure 20 à 25 ans et on la détruit et on en met une autre.
16:31Comment ça se passe ?
16:32Merci Alain.
16:34Bon, je crois qu'on ne va pas vous convaincre.
16:35Julie Seine, vous voulez...
16:36Non, mais ce n'est pas une question de convaincre.
16:38Il faut, je pense, comme l'a fait Xavier Moreno tout à l'heure,
16:41repositionner clairement le débat.
16:43Et merci d'avoir bien rappelé qu'effectivement,
16:45que chaque fois qu'une éolienne tourne, on enlève du fossile.
16:48Et si aujourd'hui, il n'y a plus que 5% de fossiles dans la production électrique française,
16:51c'est justement parce qu'à côté du nucléaire historique,
16:55le développement des énergies renouvelables, des éoliennes et des panneaux solaires notamment,
16:59a permis d'arriver à ce résultat.
17:01Bien.
17:01Mais alors, est-ce qu'il y en a trop ?
17:03Mais est-ce qu'il y en a trop ?
17:04Attendez, attendez, attendez.
17:05Mais après, vous aviez...
17:06Attendez, avant l'éolien.
17:07Non, non, c'est pas vrai.
17:08C'est pas vrai.
17:09Mais je pense qu'on peut débattre de ça assez tranquillement
17:12parce que vous avez commencé votre émission en nous faisant écouter les propos de Donald Trump.
17:17On est sortis du monde des bisounours, si je veux dire.
17:21On est rentrés dans un monde de prédateurs
17:22où les gens essaient de mener des combats et des rapports de force
17:25pour conquérir des ressources.
17:27Donc, on a besoin de travailler sur la question de la souveraineté,
17:30sur la question de l'autonomie.
17:31Et comme le rappelle régulièrement Jean-Marc Jancovici,
17:34il n'y a pas de souveraineté sans qu'il y ait une souveraineté énergétique.
17:37Donc moi, je rejoins entièrement ce que vient de dire Xavier Moreno
17:40sur le fait qu'il faut dépenser notre énergie et nos moyens
17:43à remplacer les énergies fossiles.
17:44Par quoi ?
17:45Principalement par de l'électricité.
17:47Donc il y a un truc que je ne comprends pas dans votre raisonnement,
17:50même si j'adhère à tout ce qui précède,
17:51c'est comment on fait pour remplacer les fossiles par de l'électricité
17:54sans en produire plus ?
17:56Donc en réalité, je pense qu'on fait vous-même vous présenter cette discussion
18:00en disant d'un côté de la table des pros nucléaires,
18:03de l'autre des pros énergaires,
18:05alors qu'en réalité, on joue tous ensemble la même partie,
18:07celle qui consiste à essayer de substituer le plus vite possible
18:10de l'électricité propre qu'on produit sur notre territoire
18:14de façon souveraine à des énergies fossiles
18:16qui nous maintiennent en indépendance qui sont mortifères vis-à-vis de l'extérieur.
18:19C'est ça la réalité.
18:20L'électricité, aujourd'hui, ayant en tête
18:22que c'est 25% des consommations énergétiques totales.
18:26Le reste, c'est quasiment totalement des fossiles importés.
18:29C'est ça l'enjeu.
18:30Après, évidemment qu'il y a des conséquences.
18:32Ça veut dire réintroduire des infrastructures sur le territoire.
18:35Évidemment, ça se voit.
18:36Mais si on n'explique pas ça aux gens,
18:37ce n'est pas étonnant qu'ils trouvent que ça peut poser un problème.
18:39Vous dites que des deux côtés de la table, et j'en conviens,
18:43l'objectif est sans doute de sortir des énergies fossiles,
18:48mais vous ne pouvez pas faire comme s'il n'y avait pas une large mobilisation
18:51et opposition contre les éoliennes.
18:54Mais non, mais ça, c'est un a priori.
18:57Vous avez présenté tout à l'heure les choses en disant
18:58que le désamour est comme si c'était un fait acquis.
19:01Donc, après, on écoute un auditeur qui a son opinion
19:03et c'est son droit le plus strict.
19:05Et puis, peut-être qu'on en entendra un autre tout à l'heure
19:07qui aura aussi un avis négatif.
19:08Je précise qu'on a vraiment eu toutes les difficultés du monde
19:11à trouver des auditeurs qui étaient favorables.
19:13Oui, mais si vous nous avez appelé,
19:15je pense qu'on aurait pu vous en trouver.
19:16Je vous invite pour en parler.
19:19Parce que M. Picard, qui sait que je vais parler de ça,
19:21a pris le soin tout à l'heure de mettre une espèce d'alerte.
19:25Mais il y a un certain nombre d'études d'opinion
19:26qui valent des choses assez sérieuses, je pense,
19:28qui ont été faites par des instituts qui ont pignon sur eux
19:30et qui ne démontrent pas ça.
19:32La réalité, c'est que ces projets de production d'énergie,
19:35ils sont sur le territoire, souvent dans la ruralité.
19:38Donc, ça se voit, ça vient changer les habitudes.
19:40C'est compliqué, il faut les accompagner.
19:42Mais sur le fond des choses, la question qu'il faut se poser,
19:45c'est comment on fait pour sortir de la situation de dépendance
19:49aux énergies fossiles dans laquelle on est.
19:50Donc, nous, on n'est pas...
19:51Enfin, je dis nous.
19:52Moi, je présente un syndicat d'énergie renouvelable.
19:54Je ne viens pas passer mon temps à combattre le nucléaire
19:57parce que je pense que j'ai plus d'énergie utile à consommer
20:00à combattre les énergies fossiles
20:02au sens où elles nous en prennent dans les dépenses.
20:04On n'est pas là pour dire, voilà, pour porter des rumeurs à l'antenne
20:09et dire, voilà, les gens détestent les éoliennes.
20:11Il y a eu un discours de Trump à Davos
20:14et aux Etats-Unis, il a arrêté 5 projets énormes de parcs
20:19et quand il s'exprime à Davos,
20:22il sait qu'il va aller chercher justement ce clivage qui existe aujourd'hui.
20:26Oui, il va le chercher.
20:27Il existe, bien sûr, il existe dans le débat politique.
20:31Oui, il est très présent.
20:32Sur le terrain, c'est clivant aussi.
20:33Mais clivant, ça ne veut pas dire qu'il y ait une majorité absolue contre
20:36et puis une minorité pour.
20:38Je voudrais juste...
20:40Attendez, on va donner...
20:41Non, mais attendez, parce que vous me dites, vous propagez...
20:43Non, il y a un sondage le plus récent qui a été fait
20:45auprès de 10 000 personnes,
20:48ça fait à peu près 1 000 par région française,
20:49qui démontre et qui vient en confirmer beaucoup d'autres
20:52qu'à 75%, les gens apprécient les ENR
20:54et surtout, ce qui est intéressant, c'est que ce sondage montre aussi
20:56que plus les gens habitent près d'une installation,
20:59plus le taux d'adhésion augmente.
21:01Voilà, ça, ce sont aussi des réalités.
21:03Et puis, les éoliennes, les panneaux solaires, ce ne serait pas...
21:05Le sondage, il démontre le contraire.
21:07Oui, pas tout à fait quand même.
21:08Je pense qu'on pourrait en...
21:09Juste deux points.
21:11Entre les sondages, moi, je préfère le vote
21:13qui a constitué le vote des maires
21:14lors de cette fameuse loi.
21:16Et les maires, pour 10 000 maires sur 30 000,
21:18environ 34 000,
21:19on dit qu'on ne réserve que 1 % des zones d'accélération
21:23pour les éoliennes.
21:25Ça fait 6 000 zones d'accélération.
21:26Ça vous suffit, 1 %, c'est ce qu'il faut.
21:28Ce que je voulais rappeler aux auditeurs,
21:30qui pour moi est le discours le plus important
21:33qui ait jamais été prononcé par un politique
21:36ces quelques dernières semaines concernant l'énergie,
21:39ce n'est pas le discours de Trump sur les éoliennes.
21:42C'est le discours de Merz,
21:44c'est-à-dire le chancelier allemand
21:46qui a fait un discours fameux
21:48en disant que l'Allemagne s'était complètement plantée stratégiquement
21:53en abandonnant le nucléaire,
21:55qu'il n'était plus question de continuer
21:57à subventionner au niveau de l'État fédéral
22:00les énergies, c'est-à-dire en fait
22:02les énergies renouvelables.
22:04Et il a décidé de relancer
22:07la production de dizaines,
22:10je crois que c'est une cinquantaine,
22:11j'ai oublié le chiffre exact,
22:12mais de plusieurs dizaines de centrales à gaz.
22:14Et ça, c'est le modèle allemand.
22:16Et ça, vous trouvez que c'est bien ?
22:17Vous dites que c'est le truc.
22:19C'est la preuve de l'échec.
22:21Ça veut dire que le modèle allemand,
22:22l'Energie-Vende,
22:23dont tous les pro-éoliens font la promotion en permanence,
22:30ce modèle ne marche pas.
22:32Mais c'est parce qu'il n'est peut-être pas suffisant,
22:34en fait, tout simplement.
22:35Il n'est pas fini.
22:36Le chancelier allemand vient de dire
22:38qu'on n'aurait jamais dû abandonner le nucléaire.
22:41Et on va devoir construire
22:46une quarantaine ou une cinquantaine
22:49de centrales à gaz.
22:50Mais c'est épouvantable !
22:50Mais le nucléaire qu'il a abandonné,
22:52est-ce qu'il n'est pas complémentaire des éoliennes ?
22:54Est-ce qu'il ne nous faut pas les deux ?
22:55Alors, vous voulez répondre, Xavier Morellon ?
22:57Oui, alors je fais une mise au point,
22:58c'est-à-dire que Jules Nyssen est dans son rôle
23:00de défendre une industrie,
23:02qui est l'industrie des éoliennes.
23:03Votre serviteur, moi je ne fais que de la philanthropie,
23:06c'est-à-dire que j'ai créé une association
23:08qui n'est mariée à aucune énergie,
23:10et comme je vous l'ai dit,
23:11qui n'a aucune religion contre ou pour les éoliennes.
23:14Notre seule religion,
23:15et j'ai envie de parler à Alain,
23:16en lui disant que non seulement
23:17vous avez les nuisances de la vision de la plage,
23:20mais en plus vous payez pour deux réseaux,
23:22dont un qui est inutile.
23:23C'est quel est le bon prix de l'électricité pour les Français ?
23:26On produit trop d'électricité en France
23:29à cause des éoliennes,
23:31c'est ça que vous voulez dire ?
23:31Parce qu'on a eu quand même la peur
23:33de ne plus avoir d'électricité il n'y a pas si longtemps que ça.
23:35Il n'y a pas longtemps,
23:36dans la centrale de Chinon,
23:37un réacteur nucléaire,
23:38ça doit fonctionner toute la journée,
23:39c'est une énorme machine,
23:40il ne faut pas l'arrêter et la fermer.
23:42Chinon a reçu instruction
23:43d'arrêter ses réacteurs nucléaires
23:45pour laisser passer l'électricité
23:47qu'on est obligé d'accepter,
23:49qui vient des panneaux solaires
23:50ou un jour de grand vin de l'éolien.
23:51Donc l'idée qu'il y a une complémentarité technique
23:54entre les énergies éoliennes
23:56telles qu'elles sont aujourd'hui,
23:57c'est-à-dire avec une électricité
23:58qu'on ne peut pas stocker,
23:59et un nucléaire,
24:00est une fausse idée technique.
24:01Pourquoi est-ce que l'Allemagne
24:02a de l'éolien,
24:04effet de l'éolien ?
24:04Parce qu'ils ont du charbon.
24:06Et ça, c'est un complément technique qui va.
24:08Mais le réacteur nucléaire...
24:08Et avec le nucléaire, ça n'a pas de sens.
24:09Mais vous savez qu'il y a un rapport confidentiel
24:11qu'on a refusé de sortir pour l'instant,
24:12dans lequel EDF explique
24:14qu'il perd 30% de production
24:17parce qu'il est obligé d'arrêter ses réacteurs,
24:19et pourtant il a 100% des coûts
24:21pendant qu'il arrête ses réacteurs.
24:22Donc Alain et les autres
24:23vont payer leur activité plus cher
24:25parce qu'en ce moment,
24:26on n'a plus besoin de rajouter des éoliennes.
24:28On va reprendre ce débat,
24:29ce sera juste après la pause.
24:31On refait le monde sur RTL
24:33Avec Anne-Sophie Lapix
24:36Anne-Sophie Lapix
24:39On refait le monde jusqu'à 20h sur RTL
24:41Et que le vent soufflera
24:43Je repartira
24:45Et que les vents tourneront
24:47Nous nous en allerons
24:49Et vous avez reconnu, bien entendu,
24:52Renaud qui m'a un peu coupé la chique.
24:54Donc j'étais en train d'expliquer
24:55que nous débattons sur l'intérêt
24:57de ces éoliennes,
24:59de cette énergie renouvelable
25:01avec nos invités
25:02Jules Nyssen,
25:03président du syndicat des énergies renouvelables,
25:05Cédric Philibert,
25:06chercheur associé au Centre Énergie et Climat de l'IFRI,
25:09Pierre-Emmanuel Picard,
25:11porte-parole de l'association Vent des Mers,
25:13Xavier Moreno,
25:14président du cercle d'études
25:16Réalité écologique et mix énergétique
25:19qui nous disait,
25:20il y a un instant,
25:21qu'en réalité,
25:22on n'a pas besoin de ces éoliennes
25:24qui s'arrêtent en plus de temps en temps
25:26de fonctionner, évidemment,
25:27quand il n'y a pas de vent
25:28et qui, finalement,
25:30ne sont pas complémentaires
25:32mais arrivent en plus de l'électricité
25:33qui est produite par les centrales nucléaires.
25:36J'ai mal résumé ce que vous voulez dire ?
25:37On a besoin d'en rajouter plus.
25:37On en a assez aujourd'hui.
25:39Ah, on les garde quand même, celles qu'on a ?
25:40Ah bah oui.
25:40On n'en a pas trop.
25:42J'avais compris qu'on en avait presque trop de l'électricité.
25:44L'erreur, c'est d'en rajouter
25:45au lieu de déverser les aides de l'État
25:48pour réduire l'énergie fossile.
25:50Bon, moi, je remercie M. Moreno
25:53de faire de la philanthropie
25:54sur ses deniers personnels
25:55mais la philanthropie,
25:56ça ne fait pas l'intérêt général.
25:58L'intérêt général,
25:58c'est à l'Assemblée nationale
25:59que ça se passe,
26:00c'est par les actions du gouvernement
26:01ou des élus locaux.
26:03Et deuxième chose,
26:04moi, je refuse de dépenser de l'énergie,
26:06si j'ose dire,
26:07à opposer deux grandes familles technologiques
26:11dont on a besoin
26:12et qui, en plus, constituent une chance.
26:14Parce que, vous citiez l'exemple allemand,
26:17nous, on n'a pas ce problème.
26:18Parce qu'on a un parc nucléaire
26:19et puis, à côté de ça,
26:20on a des filières hydrauliques,
26:22on a des filières solaires,
26:23on a des filières éoliennes
26:24et que tout ça,
26:25ça fait une production électrique
26:26qui est très diversifiée
26:27avec beaucoup de potentiel de développement
26:28et qui, en cas d'incident technique,
26:31en cas de conflit,
26:33est peu susceptible de tomber en panne
26:35de façon globale et en même temps.
26:37Donc, il faut en faire plus des éoliennes ?
26:38Ce qu'il faut,
26:40c'est électrifier plus notre société.
26:42Mais sur les éoliennes,
26:42est-ce qu'on en fait plus ?
26:43Mais il en faudra plus
26:45parce qu'il faudra aussi plus de panneaux solaires
26:46et qu'il y a aussi l'idée
26:47qu'il faut plus de centrales nucléaires,
26:49en tout cas qu'il faut renouveler le parc existant.
26:51Donc, je ne vois pas comment on peut défendre,
26:53d'ailleurs, l'idée qu'il y a trop d'électricité
26:54tout en défendant fortement
26:56la relance d'un programme nucléaire.
26:58Donc, il y a besoin de tout ça.
26:59Il y a besoin de tout ça.
27:00Et c'est une chance pour la France de l'avoir.
27:02On est le seul pays européen qui a ça.
27:03Alors, effectivement, en phase,
27:05il y a une demande d'électricité
27:06qui a du mal à décoller.
27:08Parce que les moyens,
27:09les messages politiques,
27:10les incitations qui sont nécessaires...
27:12C'est-à-dire, par exemple,
27:12les voitures électriques,
27:13elles n'exposent pas.
27:14Pour les voitures électriques.
27:15Il y a quelques semaines, à Bruxelles,
27:16on prend une décision qui donne le sentiment.
27:18Parce qu'en réalité,
27:18ce n'est pas vrai qu'on va revenir
27:19sur l'interdiction de demande de voitures thermiques.
27:22Il y a des tas d'industriels
27:23qui attendent quelques signaux
27:24pour pouvoir basculer
27:25un certain nombre de productions
27:26sur de l'électricité.
27:27Et si demain, vous avez
27:28ArcelorMittal ou un cimentier
27:30ou un verrier qui passent sur l'électricité,
27:32c'est d'un coup des consommations énormes.
27:34Vous citiez tout à l'heure,
27:35les data centers.
27:36C'est aussi une source de consommation
27:37qui ne vient pas se substituer aux fossiles.
27:39Pour le numérique.
27:39Mais autant qu'on puisse les accueillir.
27:41Donc, on est un pays formidable.
27:42On a cette ressource stratégique
27:45que tous les pays du monde nous envient.
27:46Moi, j'ai récemment rencontré
27:47des parlementaires britanniques
27:48de tous bords politiques
27:49à l'ambassade du Royaume-Uni.
27:51Les gens, ils nous écoutent
27:52et puis ils nous disent
27:52mais nous, on aimerait bien
27:53avoir votre problème.
27:54On aimerait bien avoir
27:55votre prix de l'électricité.
27:56Madame Lapix, le prix de l'électricité
27:58en France, sur les marchés de gros,
27:59c'est la moitié du prix italien.
28:01C'est les deux tiers du prix allemand.
28:02Deux grandes nations industrielles.
28:04Si on ne sait pas quoi faire de ça
28:05avec la seule chose
28:06à laquelle on s'intéresse
28:07c'est de dire
28:07oh là là, on en a trop.
28:08Il faut qu'on freine.
28:09Moi, je trouve qu'on marche à l'envers.
28:11C'est quand même un problème
28:11de ne pas pouvoir stocker
28:12l'énergie qu'on fabrique
28:13avec les italiennes.
28:14Mais on peut la stocker.
28:15On peut la stocker.
28:15Mais on la stocke depuis très longtemps
28:16puisque en même temps
28:17qu'a été développé
28:18le parc de centrales nucléaires
28:19s'est déjà posé la question
28:21de savoir comment on fait
28:21correspondre une production
28:22avec une demande qui fluctue
28:24le matin, le soir, l'hiver, l'été.
28:26On a inventé du stockage hydraulique.
28:27On a inventé des systèmes
28:28qui permettent de piloter
28:29la consommation.
28:30Les heures creuses,
28:31les heures pleines,
28:32les ballons d'eau chaude.
28:33On est le pays des ballons d'eau chaude.
28:34Et c'est suffisant ça
28:35pour stocker toute l'énergie ?
28:36Mais aujourd'hui,
28:36il y a des systèmes.
28:38En fait, il y a un problème.
28:39Il y a des systèmes de batterie
28:40qui existent de plus en plus.
28:42La voiture électrique,
28:43on ne va pas l'utiliser
28:44seulement pour se déplacer.
28:45Elle a une batterie.
28:46Ça va constituer
28:47un immense réservoir de batterie.
28:48On va la recharger
28:49au moment où il y aura
28:50un surplus d'électricité
28:51et on évitera de recharger
28:52aux heures de pointe
28:53où on peut faire fonctionner
28:55en pointe
28:56des centrales à gaz
28:57quelque part.
28:58Donc, on n'absorbera
28:59que de l'électricité renouvelable.
29:01Donc, ça va être un moyen
29:01extrêmement puissant
29:02et extrêmement utile
29:03de lisser la consommation
29:05et de la faire coïncider
29:06avec la production renouvelable.
29:08Pierre-Emmanuel Picard.
29:09C'est qu'on est en surproduction
29:10massive d'électricité.
29:12Ça, c'est clair.
29:14Et on n'a pas besoin
29:15de produire aujourd'hui
29:16plus d'électricité.
29:17Mais c'est ça la différence entre vous ?
29:18C'est qu'en fait,
29:19vous ne considérez pas
29:20qu'on va avoir besoin
29:20de plus d'électricité.
29:21C'est exactement ça.
29:24C'est la différence entre nous.
29:27Il y a ceux qui croient
29:28à la décarbonation
29:29et ceux qui sont d'accord
29:30de rester dans un monde
29:31où les fossiles sont dominants
29:32avec toutes leurs défenses.
29:32Ça n'a rien à voir.
29:33C'est exactement ce que vous venez de dire.
29:35Non, je n'ai pas du tout ça.
29:36Je suis de vous mettre d'accord.
29:36Attendez, Cédric Filibert finit
29:38ce qu'il a voulu dire.
29:39Je veux dire une chose.
29:40Moi, je suis dans...
29:41Oh, pardon,
29:42ce n'est pas Cédric Filibert,
29:43excusez-moi,
29:43c'est Pierre-Emmanuel Pigard.
29:44Moi, je suis, désolé,
29:45je suis du département de la Sarthe.
29:49C'est un département
29:49qui est très agricole.
29:51En agriculture,
29:52quand on a de la surproduction,
29:54c'est la pire des choses.
29:55On jette, c'est ça ?
29:56On jette ou on casse les prix
29:57ou on ferme des exploitations.
29:59Et là, on la jette
29:59aujourd'hui, l'électricité ?
30:00C'est exactement ce qui se passe.
30:02Qu'est-ce qu'on a fait ?
30:03En 2025,
30:05on a fait plus d'heures
30:06à prix négatif
30:08durant le premier semestre 2025.
30:10Il faut expliquer
30:11ce que c'est
30:12les prix négatifs
30:13des prix négatifs.
30:14C'est qu'on essaye
30:14de fourguer,
30:15si vous permettez l'expression,
30:17de l'électricité
30:18aux voisins.
30:18Parce qu'on ne sait pas
30:19la garder.
30:21Un prix négatif,
30:22c'est comme si on vous donnait
30:22un euro pour acheter
30:23une baguette de pain.
30:24En réalité,
30:24je ne vois pas en quoi
30:25ça pose pour les consommateurs
30:28un problème.
30:29En quoi c'est nous
30:30qui payons ?
30:31La situation
30:32électrique française
30:35fait qu'on a
30:36beaucoup d'électricité,
30:37sans doute
30:37de la surproduction,
30:39mais ce n'est pas nouveau
30:39parce que ça fait très longtemps
30:40que c'est comme ça.
30:41Et dans le marché européen
30:42de l'énergie,
30:43ça fait que le prix français
30:44de l'électricité
30:44est extrêmement bas.
30:46Alors évidemment,
30:46quand c'est bas,
30:47comme il faut soutenir
30:48les investissements
30:50dans la production,
30:51que ce s'agisse
30:51de nucléaire,
30:52quand c'est bas,
30:52ça ne rapporte pas
30:53beaucoup d'argent
30:53pour investir,
30:54c'est ça ?
30:54Seulement en 2022,
30:55ça en a rapporté beaucoup.
30:56Ce qu'il faut comprendre,
30:57c'est que plus il y a
30:59d'énergie intermittente,
31:00plus la production
31:01est cyclique
31:01en fonction de la météo,
31:03plus les prix
31:04du marché spot
31:05baissent.
31:06Or,
31:06les producteurs éoliens,
31:08on leur a garanti
31:08leur rentabilité
31:09puisque quel que soit
31:10le marché spot,
31:11ils ont un prix fixe.
31:12C'est-à-dire que c'est
31:13le consommateur
31:14qui paye une surtaxe
31:16quand le prix chute.
31:18Donc en ce moment,
31:19par exemple,
31:20vous avez un vote
31:21du budget
31:21et la subvention
31:23qu'on donne
31:23aux producteurs éoliens
31:24est passée
31:25de 4 milliards
31:26il y a quelques années
31:26à 12 milliards
31:27aujourd'hui
31:28parce que l'écart,
31:29alors peut-être
31:29qu'à 1 milliard près,
31:30je me trompe,
31:30mais en tout cas,
31:31la tendance,
31:32en tout cas,
31:32elle augmente.
31:33Elle est de combien
31:33alors la subvention ?
31:34Le prix,
31:34l'électricité augmente.
31:35Mais vous voyez
31:36qu'on est dans une matière
31:37compliquée,
31:37on a des points de vue
31:39différents.
31:39Nous, nous avons fait
31:39un chiffrage global
31:40dans lequel,
31:42d'ici 2050,
31:43on multiplie par deux
31:44pratiquement la production
31:45d'électricité
31:45grâce au nouveau nucléaire
31:46et aux énergies pilotables.
31:48Eh bien,
31:48on s'aperçoit que
31:49plus on diminue
31:50la proportion
31:51d'énergie intermittente,
31:52plus on réduit
31:53le coût global
31:54du système.
31:55Il y a des éléments
31:55très techniques,
31:56par exemple,
31:57le raccordement
31:58est important,
32:00la surface couverte
32:01est importante.
32:02Vous évoquiez juste
32:04le nucléaire,
32:05le nucléaire,
32:05il faut du temps
32:06pour construire
32:06des centrales nucléaires.
32:07Est-ce que
32:08dans cet espace,
32:10avant la construction,
32:11il n'est pas urgent
32:12de développer l'éolien
32:13pour apporter
32:14justement le surplus
32:15d'électricité ?
32:16Est-ce que vous pensez
32:16qu'on peut sécuriser
32:18l'approvisionnement
32:18des Français
32:19avec une énergie
32:20intermittente ?
32:21Si on la conserve,
32:22si on arrive
32:23à la mettre
32:23dans des batteries...
32:24On verra peut-être
32:25en Normandie
32:25des portes-containers
32:27de CGR à CGM
32:28remplis de containers
32:29qui feront le volume
32:30de batteries nécessaires.
32:31Mais aujourd'hui,
32:31on en est très loin.
32:32Et nous,
32:32ce qu'on dit,
32:33tant mieux si vous arrivez
32:34à la stocker,
32:35mais ne prenez pas
32:35l'argent du contribuable
32:37tant que vous ne savez pas
32:38stocker l'électricité.
32:39C'est caricatural.
32:42Parce que d'abord,
32:42l'éolien et le solaire
32:43se complètent remarquablement
32:44sur l'année.
32:46Vous avez l'éolien
32:47qui est puissant en hiver,
32:48qui est souvent présent
32:49la nuit.
32:49Et vous avez le solaire
32:50qui, évidemment,
32:51n'est plus que le jour.
32:52Et il est présent en été.
32:53Et donc,
32:54tous les bons modèles,
32:56c'est partout pareil
32:57en France.
32:57C'est le modèle DDF
32:58pour les 16 pays
33:01autour de la France,
33:01d'ailleurs.
33:02C'est 44% d'éolien,
33:0324% de solaire,
33:0516% de nucléaire.
33:06C'est le modèle
33:06zéro émission nette
33:08DDF
33:09pour les 16 pays,
33:10y compris la France.
33:11Alors, la France
33:12fait plus de nucléaire
33:13que ce pourcentage-là.
33:14Mais c'est 16%
33:15pour l'ensemble des pays.
33:16C'est 44% d'éolien
33:17et 24% de solaire.
33:19L'éolien et le solaire
33:20se complètent.
33:21Donc, on n'a pas
33:22beaucoup besoin de stockage.
33:22On a besoin de stockage
33:23pour passer la pointe du soir,
33:25éventuellement la pointe du matin.
33:26Ça en fait très bien ça
33:27avec les batteries
33:27dont le coût s'est effondré.
33:28Elles coûtent
33:2910 fois moins cher
33:30qu'il y a 10 ans.
33:32Et on en aura en plus
33:33dans nos voitures
33:33qui va servir à ça.
33:35On aura besoin
33:35d'un peu de fixe.
33:38Voilà.
33:38Et donc,
33:39l'idée qu'il faut
33:40des énormes stockages
33:42est une idée caricaturale
33:43qui ne correspond pas
33:44à la réalité.
33:45Deux choses très rapidement.
33:49Le parc éolien.
33:50Le parc nucléaire français
33:51a été construit massivement
33:52dans un temps assez court
33:53dans les années 80.
33:54C'est ce qu'on appelle
33:55le mur nucléaire.
33:56Il y a un rapport
33:57de la Cour des comptes
33:57qui démontre
33:58qu'en allongeant
33:59la durée de vie des réacteurs
34:00et en construisant
34:00les fameux 6 plus 8, 14
34:02nouveaux réacteurs,
34:04malgré ça,
34:05en 2052,
34:06le parc nucléaire
34:07sera à la moitié de capacité
34:08de ce qu'il est aujourd'hui.
34:09Et puis tout ça,
34:10ça va prendre du temps à faire.
34:11Donc, il faut bien
34:11trouver quelque chose
34:12au moins pour maintenir
34:13notre avantage.
34:14Deuxièmement,
34:15la Chine,
34:15qui fait peur à tout le monde,
34:17assoit son développement
34:17industriel
34:18et économique globalement
34:20sur l'ensemble
34:21des moyens décarbonés
34:22dont l'éolien et le solaire
34:23sont pour l'instant
34:23la majeure partie.
34:24Si l'énergie n'est pas chère
34:25en France,
34:26c'est grâce au nucléaire
34:27principalement.
34:28Et j'ai l'impression
34:29que personne ne rejette
34:29vraiment le nucléaire
34:31sur le plateau.
34:32Merci beaucoup, messieurs,
34:34d'être venus débattre
34:36dans RTL Soir.
34:38Demain, Thomas Soto
34:39recevra Stéphane Audouin-Rouzeau
34:41qui est historien
34:42et auteur de
34:42Notre déni de guerre.
34:44Quant à Marc-Olivier Fogel,
34:45il accueillera
34:46Yael Hayat
34:47et Nicolas Meyer
34:47qui sont les avocats
34:48de Jessica Moretti,
34:50propriétaire du bar
34:51à la Constellation
34:51qui a pris feu
34:52le soir du Nouvel An
34:53faisant 40 morts
34:55à Cran-Montana
34:56en Suisse.
34:57Il est l'heure
34:57de retrouver André Dusselier.
34:58Bonsoir André.
35:00Quelle histoire
35:00allez-vous nous raconter
35:01ce soir ?
35:01Bonsoir Anne-Sophie.
35:03Alors dans un instant,
35:03je vais vous raconter
35:04comment le Danemark
35:05a remporté l'Euro 1992.
35:08Cette équipe
35:09rempétue au dernier moment
35:10qui a signé
35:11l'un des exploits
35:12les plus improbables
35:13du football européen.
35:14A tout de suite
35:15sur RTL.
35:16Et voilà,
35:16on reparle du Danemark
35:17mais d'une autre façon
35:18avec vous André Dusselier.
35:19A tout de suite.
35:21RTL
35:21Votre radio
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