- il y a 6 heures
Avec Stephan Bureau, journaliste québécois
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NewsTranscription
00:00Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le fait du jour.
00:07Donald Trump n'a oublié personne hier lors de son discours à Davos.
00:10L'Europe en a largement pris pour son grade et la France en particulier que Donald Trump estime ne plus reconnaître.
00:16Pour le président américain, l'Europe ne fait que des mauvais choix et prend la mauvaise direction.
00:20Il a également confirmé sa volonté de conquérir le Groenland.
00:23On fait le point avec Stéphane Bureau, journaliste québécois et fondateur du podcast Contact. Bonjour.
00:27Bonjour Stéphane Bureau, merci d'être à l'antenne de Sud Radio aujourd'hui.
00:33Bon, les choses vont vite, l'actualité est bousculée.
00:38Vous, en tant que journaliste canadien québécois, déjà je voudrais votre avis sur ce qui se passe.
00:44Vous êtes inquiet, vous êtes interpellé ou vous êtes un peu habitué au facétie du président des Etats-Unis ?
00:50Un peu de tout ça. On est surtout aux premières loges.
00:52On est les voisins immédiats et premiers des Etats-Unis.
00:55Donc, les Mexicains, les Canadiens goûtent beaucoup à la méthode Trump.
00:59Alors, évidemment, il faut être inquiet, sinon lucide, parce que le président ne fait pas toujours ce qu'il dit qu'il fera, mais il le fait à l'occasion.
01:07Les Vénézuéliens, ou à tout le moins, M. Maduro se l'a appris à ses dépens.
01:11Et puis, il faut aussi relativiser tout ça, parce qu'on connaît la méthode maintenant de mieux en mieux, d'ailleurs.
01:17Alors, il négocie en larguant une grenade et une fois qu'il a pris la mesure des dégâts, il poursuit la conversation.
01:25C'est un peu ce qu'il a fait ce week-end avec ses menaces tous azimuts de droits douaniers imposés.
01:31Qui a la France ? Qui a huit pays européens ?
01:33Qui avait eu l'idée saugrenue d'envoyer des soldats au Groenland ?
01:37Et on voit aujourd'hui, sinon hier, que c'était une menace, mais qui pour autant ne sera pas au rendez-vous, puisqu'il dit, nous laisse comprendre, qu'il a obtenu ce qu'il cherchait.
01:51Mais c'est d'ailleurs la méthode Trump. Il est toujours difficile, même en amont, de savoir exactement ce qu'il veut.
01:56Donc, il est facile pour lui aussi, derrière, de dire « Ben, j'ai gagné ».
02:00Stéphane Bureau, est-ce qu'il n'est pas tout simplement en train d'appliquer le principe de la force de dissuasion nucléaire à la force de dissuasion verbale ?
02:06Voilà, je vous pulvérise, je vous écrase, je vous ruine.
02:09Il sait qu'il va s'avoir un impact, puisqu'on sait qu'il est capable d'eux, sans aller jusqu'au bout.
02:14Et finalement, beaucoup d'observateurs ont fait remarquer ici, mais pourquoi est-ce qu'on n'a pas tout de suite trouvé une solution du côté de l'OTAN ?
02:21On dit aux États-Unis « Le Groenland reste le Groenland », mais on met les bases de l'OTAN de façon à ce que vous soyez protégée.
02:26Finalement, il a gain de cause. Vous êtes d'accord ? C'est pas si absurde comme méthode. On peut la critiquer, mais c'est pas si absurde.
02:31Mais j'ai pas parlé d'absurde, je vous dis simplement que c'est une méthode qui est à géométrie variable.
02:36Des fois, il va au bout de la menace, d'autres fois moins. Je vous rappellerai, mais vous l'avez sans doute déjà souligné,
02:41qu'à plusieurs reprises, on le traitait de débile, sinon de demeurer en 2017,
02:46quand il suggérait aux Européens d'augmenter leurs dépenses de défense en disant, vous pardonnerez ici le détour,
02:53« Daddy », parce que c'est comme ça que M. Rutte l'appelle dans ses SMS,
02:58« Le papa américain n'a pas vocation à payer toutes les dépenses, y compris pour les alliés européens ».
03:04C'est un peu ce que disait Donald Trump en 2017.
03:06Aujourd'hui, il est admis de tous, particulièrement dans le contexte de la guerre en Ukraine,
03:12que l'augmentation des dépenses ou des dépenses militaires est au menu.
03:17Mais quand il a commencé à en parler, on disait, ben non, de quoi se mêle-t-il ?
03:21Ben, il se mêlait déjà un peu de ses affaires, parce que les Américains, depuis longtemps,
03:25sont surpris de la générosité avec laquelle les citoyens en Europe et ailleurs ont accès à des programmes sociaux
03:31que les Américains n'ont pas, alors qu'ils paient en partie pour la défense.
03:34Alors, sur l'opération Groenland, il y a aussi une logique adjacente.
03:39Il dit, ben, comment se fait-il qu'aujourd'hui, vous soyez soucieux de ce bout de glace,
03:46c'est comme ça qu'il a décrit hier, et de la sécurité que ça représente pour l'Amérique en particulier,
03:52alors que je vous en parle depuis un certain temps.
03:54Et je ferme ma parenthèse en disant à tous ceux qui doutent de sa cohérente
03:58qu'un des premiers gestes annoncés par Donald Trump en janvier dernier, sinon début février,
04:03c'était la commande de 12 brise-glace, parce que la marine américaine n'a pas ses outils essentiels
04:08pour faire valoir sa souveraineté dans le Grand Nord.
04:11Il faut compter sur les Canadiens, on en a deux ou trois, soit,
04:15mais ce n'est pas suffisant, et pour autant, ils ne sont pas américains.
04:18Donc, quand il a annoncé cette intention, c'est qu'il savait pertinemment là où il allait,
04:22dans cette volonté, disons, hégémonique sur l'espace continental jusqu'au Groenland.
04:28Stéphane Bureau, le président américain, utilise la formule de bout de glace pour le Groenland.
04:34Souvenez-vous, vous qui êtes Québécois, Voltaire parlait de ces quelques arpents de neige
04:38pour lesquels la France allait.
04:40Arpents de neige.
04:40Et quand on vous a abandonné sur les plaines d'Abraham, on reviendra sur cette histoire tragique.
04:46Est-ce que finalement, tout ne pense pas...
04:48Vous connaissez vos classiques, monsieur.
04:49Oui, m'ont dit français.
04:53Je ne sais pas ce que je vous dis, j'allais être ici, c'est très mal placé pour les maudire.
04:56J'ai bien compris.
04:57Est-ce que tout ne pense pas à croire que finalement, monsieur Root n'a fait qu'appliquer la stratégie,
05:01c'est-à-dire que tout ça a été prévu d'avance et comme par hasard, monsieur Root sort de son chapeau une solution
05:06pour laquelle monsieur Trump s'exclame en disant que ce type est génial, c'est exactement ce que je voulais.
05:11On a l'impression que tout ça a été un peu prémédité.
05:13Vous en convenez ?
05:15Oui.
05:17Sinon qu'avec Trump, il est très difficile de savoir précisément là où il va.
05:21Il parlait d'un concept de deal.
05:23Alors un deal, c'est une chose.
05:24Un concept de deal, c'est l'étape qui précède.
05:27Il y a donc apparemment quelque chose.
05:30Est-ce qu'il s'était entendu sur ce concept avec Root?
05:32Ils ont de bonnes relations.
05:33Ils sont en bonne intelligence, il faut le dire.
05:35Il est facile de rire du secrétaire général de l'OTAN pour ces messages qui ont été publiés
05:40parce qu'il y a eu des captures d'écran où il l'appelait Daddy, comme je vous le disais tout à l'heure.
05:43Alors on peut tous sourire.
05:44Mais peut-être que cette servilité et le prix est payé pour être en bonne intelligence avec Donald Trump.
05:51Et de là à savoir si c'était prémédité, organisé,
05:54la seule réponse qui compte sera celle du Danemark.
05:58Parce que M. Routem ne peut pas négocier en lieu et place du Groenland et du Danemark.
06:02Mais déjà, le territoire du Groenland était pour l'essentiel à la portée des Américains.
06:08Ils ont des ententes qui les lient au Danemark depuis 1951
06:11qui leur permettent de déployer librement des militaires comme ils le veulent
06:15en prévenant simplement Copenhague.
06:18Alors là, est-ce qu'il y aura des fractions de territoire qui seront carrément consenties
06:22où on dira ces souverainetés américaines, un peu comme une ambassade
06:26et un territoire qui est consenti ?
06:31Est-ce que c'est la même logique qui s'appliquerait aux éventuelles bases américaines ?
06:34Est-ce que ça serait suffisant pour que Donald Trump dise banco, j'ai gagné ?
06:37Stéphane Murot, vous avez dit quoi ? Servilité pour M. Rout ?
06:42Apparemment.
06:44Oui, alors la docilité de Mme Ursula von der Leyen n'est pas mal non plus
06:48par rapport aux Etats-Unis, au Président et au Président Trump.
06:52Parlons un peu de l'image de la France.
06:54Vous êtes Québécois, vous êtes sensible à notre sort, je sais bien, le vieux continent.
07:00Est-ce que vous estimez que l'image de la France a été amoindrie, affaiblie,
07:05soit par la façon dont le Président nous traite,
07:09soit par les prises de position ou les déclarations,
07:11quelquefois à la maladroite ou ambiguës, du Président Macron ?
07:14Comment on voit ça depuis Québec et Montréal ?
07:18Écoutez, je peux vous parler de ce qu'on dit, pense, au Québec et à Montréal,
07:23et aussi en France, puisque je travaille ici.
07:26Moi, je pense que la parole de Trump a permis de serrer les coudes,
07:29s'il y a quelque chose.
07:30Il y a eu une réaction gauloise, astérix, à l'idée que nous étions
07:34collectivement menacées par ce vilain qui tâche,
07:38qui s'appelle Donald Trump, et c'est d'ailleurs la caricature
07:40à laquelle on le réduit souvent.
07:43Pour ce qui est des déclarations du Président Macron,
07:46alors là, oui, je pense qu'il s'est d'abord exposé un peu au ridicule
07:50quand il s'est présenté à Davos avec son look top gun,
07:54qui a fait rire un peu partout, y compris à Davos.
07:57Alors, je comprends qu'il y avait une conjoncture si vite.
07:58Et sur les déclarations, c'est surtout les incohérences
08:02ou contradictions répétées.
08:04Sur le Mercosur, par exemple, en voyage à l'étranger cet été,
08:07c'était une bonne idée.
08:08Et puis, à quelques jours de la deadline,
08:10le Président Macron qui dit, pour nous, ça sera non,
08:13un non qui n'est pas retentissant,
08:15puisqu'il ne pouvait ne pas savoir que c'était déjà plié,
08:19c'est-à-dire que son non ne changerait rien
08:20à ce que le traité serait appliqué.
08:22Donc, c'est peut-être davantage,
08:25sont-ce des incohérences ou des contradictions ?
08:28C'est peut-être le fait de gouverner
08:30quand on n'a plus beaucoup de pouvoir.
08:31Bon, c'est un voisin quand même malgré tout stimulant
08:34ou un peu dérangeant pour les Canadiens
08:37et pour les Québécois en particulier ?
08:40Très dérangeant.
08:41C'est perçu comme quelqu'un qui est toujours en ingérence
08:44dans les affaires du Canada.
08:46Il faut voir que dans la petite histoire récente,
08:48le premier ministre qui a été porté au nu,
08:51M. Carnet avant-hier pour son discours à Davos,
08:53justement où il prenait acte de ce que les choses avaient changé
08:56dans les rapports entre les États,
08:58qu'on n'était plus dans un monde de transition mais de rupture.
09:00En fait, il ne faisait que constater l'évidence depuis quelques mois,
09:03mais Marc Carnet, qui est un libéral
09:05et qui a succédé à Justin Trudeau,
09:07n'avait pas vocation à devenir premier ministre
09:10parce que ceux qui étaient largement en avance
09:12étaient les conservateurs,
09:14une formation qui n'est pas semblable au Rassemblement national,
09:17mais qui pourrait avoir quelques atomes crochus.
09:19Il était acquis pour tout le monde par les sondages depuis des mois
09:23que les conservateurs allaient l'emporter
09:25jusqu'à ce que Trump s'invite dans l'équation.
09:27C'est-à-dire que parce que, justement,
09:30on présumait qu'il y avait peut-être une bonne intelligence
09:32entre ces conservateurs et Donald Trump,
09:35les Canadiens ont choisi de reporter au pouvoir
09:37le gouvernement libéral,
09:39soit avec un nouveau chef,
09:41mais pour autant le même gouvernement qui était détesté,
09:44qui était considéré comme calamiteux dans tous les sondages
09:47et qui n'était qu'un gouvernement minoritaire.
09:50Or, j'observe ce que fait en ce moment
09:52le Rassemblement national en France,
09:54avec d'abord Marine Le Pen,
09:56qui est très vite montée au créneau,
09:57c'était après l'intervention au Venezuela,
10:01pour dire que c'est un viol de souveraineté inadmissible,
10:04ce que font les Américains et Donald Trump.
10:06Et puis, avant-hier, je pense, Jordan Bardella,
10:08qui disait qu'on doit déchirer l'entente commerciale
10:11de vassalisation qui nous lie aux États-Unis
10:13et la preuve, de toute façon, est répétée de son mépris
10:16par ce qu'il vient encore de faire en nous menaçant de droit douanier.
10:19Stéphane Bureau, je voudrais, juste avant de vous libérer,
10:21faire un tout petit peu de politique fiction.
10:23Est-ce que cette tension entre le Canada et les États-Unis
10:25ne peut pas inciter les Québécois à rêver ?
10:28Vous parlez de souveraineté, la souveraineté association.
10:30Est-ce que le rêve échoué de René Lévesque en 1976
10:34et de Jacques Parizeau en 1995
10:36sur ce référendum de souveraineté du Québec,
10:38est-ce que les Québécois ne sont pas tentés de se dire
10:41quitte à tomber sous le joug des États-Unis,
10:43autant prendre notre souveraineté et voler notre propre aile
10:47quitte à se rapprocher un peu de la France ?
10:49Réponse non sur cette possibilité
10:52que ça puisse être sous le joug des États-Unis.
10:54Mais oui, il y a peut-être une fenêtre qui s'ouvre,
10:57une fenêtre de tir pour le Parti québécois
10:59qui pourrait être reporté au pouvoir
11:00et qui promet un référendum pour être reporté au pouvoir
11:02dans les prochains mois.
11:03Parce que d'ici 28, tant et aussi longtemps
11:06que Trump sera président, pour la première fois peut-être,
11:08serons-nous en face d'un interlocuteur
11:10qui ne mise pas sur un Canada fort réuni.
11:13Donc, il pourrait opportunistement
11:15espérer une victoire des forces souverainistes,
11:19sachant que ça fragiliserait le Canada.
11:22Ce n'était pas du tout la posture de Bill Clinton
11:24en 1995 lors du précédent référendum.
11:27Mais pour le Parti québécois, du coup,
11:28pour les mêmes raisons qui font que les libéraux
11:30ont été réélus, c'est une mauvaise nouvelle.
11:32Alors, je me permets de crier
11:33« Vive le Québec libre » avant de vous libérer.
11:36Et je vous remercie, Stéphane Bureau.
11:38Je me sens maintenant libéré,
11:39mais je vous propose, si ça vous dit,
11:41qu'on ait une conversation sur ce sujet passionnant.
11:44Je vous réinviterai évidemment, Stéphane Bureau,
11:46peut-être une heure d'Iran,
11:47pour que vous nous racontiez justement
11:49les états d'âme de la belle province
11:51auxquelles nous restons sentimentalement
11:53et historiquement très attachés.
11:54Merci Stéphane Bureau, à très bientôt.
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