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  • il y a 1 jour
Pascal Daloz, directeur général de Dassault Systèmes, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce mardi 20 janvier. Ils sont revenus sur les enjeux de la navigation numérique pour les éditeurs de logiciels français face à la stratégie de Donald Trump, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:008h45, on prend tout de suite la direction du Forum économique de Davos.
00:03L'Orclosier, on vous retrouve sur place.
00:05La France monte en puissance ce mardi.
00:08Vous êtes en compagnie de Pascal Dalloz, directeur général de Dassault Systèmes.
00:14Absolument, Pascal Dalloz, bonjour.
00:15Merci d'être avec nous depuis Davos.
00:18La journée commence très fort ce matin.
00:19On a Donald Trump qui publie ce texto d'Emmanuel Macron,
00:22cette menace sur le champagne.
00:25Comment on navigue quand on est un éditeur de logiciels,
00:27mais vous êtes bien plus que ça comme vous, français,
00:30avec le tampon français, comment on navigue au milieu de cette géopolitique ?
00:34Bonjour Laure, effectivement, cette édition Davos 2026,
00:37elle démarre fort, avec cette redéfinition du monde en profondeur.
00:42Mais au fond, c'était déjà en œuvre.
00:46Fragmentation de l'économie, retour des grands rapports de force,
00:51la fin de la mondialisation telle qu'on l'a connue.
00:54Et au fond, c'est là où on est pertinent à Dassault Systèmes,
00:57parce que pour naviguer cette incertitude et cette complexité,
01:00on a besoin d'un jumeau numérique, d'un jumeau virtuel.
01:03On ne peut plus faire une stratégie basée sur un seul scénario,
01:06il faut être capable d'envisager tous les scénarios,
01:08et c'est ce que permet de faire la technologie avec la modélisation,
01:11la simulation et l'intelligence artificielle.
01:13Mais à quel point aujourd'hui, cette menace permanente des droits de douane,
01:15on le voit ce matin avec le champagne,
01:18ça vous gêne dans votre stratégie ?
01:20Comment vous l'intégrez ?
01:21Encore une fois, les services numériques ne font pas partie des droits de douane.
01:27Pour une raison évidente, c'est que la balance, elle est en faveur des États-Unis.
01:32Maintenant, encore une fois, c'est une façon pour nous de réifier une partie de la technologie
01:38et du sens de la technologie que l'on a.
01:40Quand vous êtes un industriel et que vous devez en permanence refonder vos stratégies d'approvisionnement,
01:46vos stratégies de localisation de production, votre dépendance technologique,
01:51vous avez besoin d'avoir à un moment donné des outillages
01:53qui vous permettent d'imaginer tous ces scénarios et de trouver des optimums.
01:58Je veux dire, au fond, ça nous aide dans un certain nombre de secteurs en grande difficulté aujourd'hui.
02:03Vous dites que les services numériques ne font pas partie des droits de douane.
02:05Évidemment, on le sait à quel point les GAFA sont importants, nous, pour notre fonctionnement en Europe.
02:10Est-ce que ça pourrait devenir une variable d'ajustement ?
02:12Ici, quand on parle aux acteurs de Davos, on dit que le seuil moins de pression, c'est ça.
02:16C'est le financier et les GAFA.
02:17Si on commence à discuter là-dessus, qu'est-ce que ça a comme impact sur vous ?
02:21Ça, on a, forcément.
02:23Mais encore une fois, la souveraineté, ce n'est pas l'autarcie.
02:26La souveraineté, c'est préserver ses choix.
02:30L'Europe, il y a un certain nombre d'avantages sur lesquels elle peut capitaliser.
02:34On ne peut pas capitaliser sur les volumes et sur la vitesse,
02:36mais en revanche, on peut capitaliser sur la confiance, la qualité et la maîtrise des technologies critiques.
02:41Et il y a des acteurs aujourd'hui dont on fait partie qui maîtrisent un certain nombre de technologies critiques.
02:46Quand vous discutez aujourd'hui avec vos clients, que vous leur parlerez de souveraineté,
02:50justement de mettre leurs intérêts critiques en Europe plutôt qu'aux Etats-Unis,
02:55on a eu cette conversation 20 fois avec Octave Clabat d'OVH Cloud qui dit
02:57« Moi, je prêchais dans le désert auparavant. »
02:59Est-ce qu'aujourd'hui, vous avez entendu, vous voyez des entreprises qui réfléchissent autrement ?
03:03Oui, ça a bougé.
03:04Et j'ai envie de dire, on a la même expérience.
03:06On a lancé les clouds souverains il y a maintenant plus de 15 ans.
03:10Avec ce concept, on a essayé plusieurs fois de le faire avec des groupements.
03:13On a fini par le faire nous-mêmes, d'AssoSystems.
03:15On a une filiale qui s'appelle 3DS Outscale.
03:18Mais il y a une prise de conscience.
03:19Il y a une prise de conscience qui est augmentée et qui est amplifiée par la géopolitique sur des sujets particuliers.
03:25Maintenant, la souveraineté, ce n'est pas « ou », c'est « est ».
03:29On a besoin, encore une fois, j'insiste, ce n'est pas l'autarcie.
03:31On ne peut pas vivre complètement refermé.
03:33Le monde a besoin de communiquer.
03:35Mais il y a des éléments sensibles.
03:36La propriété intellectuelle, par exemple, est un élément sensible.
03:39Puisque si à l'ère de l'IA, c'est l'apprentissage permanent,
03:43si vous ne maîtrisez pas cette propriété intellectuelle,
03:45si vous ne maîtrisez pas la souveraineté de cette propriété intellectuelle,
03:48vous vous exposez.
03:49C'est-à-dire que votre message, c'est de dire qu'on n'a pas besoin de tout mettre en Europe.
03:53Il y a des données critiques.
03:54Il y en a d'autres qui peuvent être mises chez AWS ou autres.
03:58Mais il faut réfléchir à ce qui est critique et ce qui ne l'est pas.
04:00Exactement.
04:01C'est ça, une stratégie industrielle.
04:03Et plus que jamais, il faut les rendre robustes dans ce contexte d'une extrême complexité.
04:07Emmanuel Macron, son objectif aujourd'hui, c'est de venir parler aux entreprises,
04:11des entreprises.
04:12Il voulait faire un Choose France Innovation
04:13avec des annonces sur l'intelligence artificielle.
04:16Juste avant cette interview, je vous ai dit,
04:18ça va être compliqué pour lui d'être audible là-dessus.
04:20Vous m'avez dit, oui, mais c'est important.
04:21Il faut absolument en parler.
04:23Car c'est aussi la définition de l'avenir.
04:26Oui, l'infrastructure numérique, elle devient essentielle pour l'industrie.
04:31Comme l'énergie l'a été en son temps, comme les réseaux de communication ou les voies de transport.
04:37Et on a besoin en Europe de se doter d'une grande infrastructure numérique.
04:41Le deuxième élément à prendre en compte, c'est que les entreprises,
04:45elles ont besoin d'une intelligence artificielle un peu différente de celle qu'on connaît aujourd'hui.
04:48Quand vous êtes dans le monde de l'industrie,
04:51quand vous faites voler un avion, quand vous mettez un médicament sur le marché,
04:55vous jouez avec la vie des personnes.
04:56Donc il faut une intelligence artificielle qui n'ait pas d'hallucination,
05:00qui soit enracinée dans la science,
05:02qui soit explicable et certifiable.
05:04Et au fond, il y a encore beaucoup de choses à inventer.
05:06Mais pour ça, il faut avoir cette infrastructure numérique.
05:09Vous dites, chez GPT-Grog, ça ne va pas suffire.
05:10Ça suffit pour un certain nombre de choses.
05:13Elles sont basées sur la maîtrise du langage.
05:15Or, vous m'avez vu discuter hier avec Yann Lecun.
05:18Oui, on vous a vu.
05:19C'est une des convictions qu'on partage,
05:22c'est que l'apprentissage par le langage, ce n'est pas suffisant.
05:24On apprend aussi en observant le monde.
05:26On a besoin de représenter la physique du monde.
05:28Et c'est là où la science rentre en jeu.
05:30Et c'est là où il y a encore énormément de choses à inventer.
05:32Et la France, on dispose d'un certain nombre.
05:34Et l'Europe, en général, on dispose d'un certain nombre d'atouts.
05:37La société est un bon exemple de ça.
05:39C'est à ça que ça sert ici, Davos.
05:40On se va faire des bilatérales entre deux cafés.
05:42Vous avez convaincu Yann Lecun de mettre sa start-up à Paris ou pas ?
05:45Je laisserai répondre.
05:46Mais de toute façon, il aura un centre de gravité à Paris.
05:49Très fort.
05:50Sur les questions d'intelligence artificielle,
05:52si on a ce centre de données,
05:53encore une fois, on attend une grosse annonce d'Emmanuel Macron cet après-midi.
05:57Qu'est-ce que ça change concrètement ?
05:58Est-ce qu'on se met au niveau, par exemple,
06:00des Émirats arabes unis qui ont déjà ce type de structure ?
06:03C'est important pour nous ?
06:04Ça l'est.
06:05Encore une fois, il y a une histoire de niveau et de vitesse.
06:08Mais il y a surtout une économie à construire autour de ces grands centres de données.
06:14Et c'est là où je pense que l'infrastructure n'est pas suffisante.
06:17Il faut construire l'écosystème qui va avec.
06:19Je pense qu'Emmanuel Macron et le gouvernement, d'une manière générale,
06:22depuis des années, promeut la French Tech.
06:25Il y aura un certain nombre de représentants à Davos.
06:28Et on appelle de nouveau à ce que cet écosystème
06:30développe les usages à valeur ajoutée au-dessus de ces grandes infrastructures.
06:34Une vingtaine d'entreprises qui accompagnent le chef de l'État aujourd'hui.
06:38On a eu beaucoup aussi, déjà depuis hier,
06:39on sera avec Inclusive Brain, ça sera tout à l'heure à 8h35,
06:42des critiques sur la réglementation européenne,
06:45en disant qu'on ne peut plus, à l'ère de Donald Trump,
06:47s'empêcher d'avoir certaines technologies,
06:49de se développer, d'avoir peur avant d'agir.
06:51Des critiques assez fortes même vis-à-vis de Thierry Breton.
06:53Comment vous regardez aujourd'hui la régulation européenne ?
06:56La réglementation, elle n'est pas facile,
07:00parce qu'en même temps, un des enjeux, c'est la confiance dans la technologie.
07:04Et l'intelligence artificielle fait peur, d'une certaine manière.
07:08Donc il faut rétablir cette confiance.
07:10Et en même temps, légiférer trop tôt, avant que l'innovation ait lieu,
07:14c'est au fond la stériliser.
07:16Donc il y a probablement des chemins qui permettent de définir des cadres de confiance,
07:19tout en laissant un degré de liberté pour que l'innovation émerge,
07:22et à faire une réglementation a posteriori.
07:24Je dirais, de ce point de vue-là, la Chine est en avance.
07:28La Chine, elle a des provinces dans lesquelles elle favorise l'innovation,
07:32et après elle fait une réglementation nationale.
07:34Il nous reste 1 minute 30, un mot sur le budget.
07:37Hier, on a eu un vote du 49-3, enfin, pas un vote d'ailleurs, 49-3 tout court,
07:41avec cette annonce de surtaxe à nouveau sur les entreprises.
07:45Il n'y aura pas la baisse de la CVE.
07:46Comment vous regardez le budget ? Pas du tout.
07:48Vous dites finalement que c'est le prix à payer.
07:50Quelle émotion ça vous fait ?
07:52Non, on le regarde de très près, parce que c'est la compétitivité des entreprises qui est en jeu.
07:57Il faut se dire qu'aujourd'hui, si vous regardez les rentabilités des entreprises,
08:02il y a une nette différence entre les entreprises européennes et les entreprises américaines.
08:06Entre autres, pas uniquement de l'effet dollar, mais également du poids de la fiscalité.
08:10Donc cette compétitivité, elle est nécessaire pour favoriser le réinvestissement.
08:15On est dans un, je l'ai dit, l'Europe, elle doit maîtriser ses technologies critiques.
08:20Pour ça, il faut qu'elle investisse.
08:21Et pour ça, il faut qu'elle ait les moyens d'investir.
08:24Merci beaucoup, Pascal Dalloz, d'avoir été avec nous ce matin.
08:26Je vous laisse rejoindre le forum.
08:28On sera dans quelques instants avec Sylvain Duranton de BCG qui va nous rejoindre.
08:31On va parler d'intelligence artificielle et notamment de cette blague
08:33qui se dit dans les couloirs.
08:35au PNA et qui pourraient faire faillite.
08:37C'est possible ou pas ?
08:38Vous en pensez quoi, Pascal ?
08:40Ce n'est pas possible, mais c'est à surveiller de près.
08:43Ah oui, d'accord.
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