00:00Le week-end sera peut-être décisif ou pas d'ailleurs.
00:03Au lendemain de l'esquisse d'un nouveau budget présenté par Sébastien Lecornu,
00:07beaucoup de questions.
00:09Est-ce que ça va faire reculer ceux qui étaient sur le point de vouloir censurer le gouvernement ?
00:14A commencer par les socialistes à qui, il faut bien le dire, le Premier ministre fait la cour,
00:18quid des recettes supplémentaires ?
00:20Et puis, est-ce que ça va être de nature surtout à réduire le déficit à 5% du PIB ?
00:25Rien n'est moins sûr.
00:26Écoutez, Marine Le Pen, avant de vous faire réagir, je vous sens au taquet, Antoine André.
00:32Quelles sont les déclarations qu'il a fait hier ?
00:34L'aggravation encore du déficit.
00:35C'est-à-dire que par rapport au projet de PLF qui était déjà un drame,
00:40il aggrave encore les dépenses.
00:42Et pas une économie.
00:44Pas une économie sur l'immigration, pas une économie sur l'Union Européenne,
00:48pas une économie sur le train de vie de l'État.
00:52Rien sur la fraude.
00:52Le texte sur la fraude a disparu.
00:54Donc, je suis navré, mais enfin, par respect pour nos consciences et nos électeurs,
01:02eh bien, nous nous opposons à un budget qui nous apparaît affreusement néfaste pour le pays.
01:07C'est simple.
01:08Antoine André, je vous vois au chèque de la tête.
01:10Mais attendez, elle n'a pas tort sur les déficits ?
01:12Non, si, pardon, elle est dans son rôle.
01:15Mais Sébastien Lecornu a bien mentionné hier que le déficit sera ramené à 5%.
01:20Oui.
01:21Faut-il le croire ?
01:22Oui.
01:22Et comment il va faire ?
01:23C'est le seul engagement qu'il a pris.
01:24Il n'y a que des dépenses.
01:26Non, mais le problème, c'est qu'il ne tient pas cet engagement.
01:28Pour le coup, il perd toute crédibilité.
01:31Il a martelé qu'il y aurait un déficit de 5%.
01:32Il a lâché aux socialistes beaucoup de choses,
01:35beaucoup trop de dépenses.
01:37Et donc, la question qui se pose maintenant,
01:38et ça, il est en train de travailler ce week-end,
01:40c'est quelle version du budget il va présenter.
01:43Et notamment, il lui faut trouver 7 milliards d'euros de recettes
01:48pour pouvoir compenser ses dépenses.
01:50Il y a la surtaxe de l'impôt sur les sociétés.
01:53Il paraît qu'ils sont en train de compter, là, Roland, les scuridisés.
01:56Le gouvernement l'avait proposé à 6 milliards d'euros.
01:58Gilles Barnier l'avait fait à 8.
01:59Donc, il y aura probablement la surtaxe sur les sociétés,
02:03des taxes sur les holdings familiales
02:04qui ont été aussi gommées, mais qui peuvent revenir.
02:07Ça, on n'en doute pas.
02:08L'idée, c'est qu'il trouve 7 milliards dans le week-end
02:11pour compenser tout ce qu'il a lâché aux socialistes.
02:13Mais il tiendra à sa barre des 5%.
02:16Ensuite, la question est de savoir
02:17quelle est la façon de faire passer ce budget.
02:19Un dernier mot, quand Marine Le Pen dit
02:21qu'il n'y a pas d'économie sur le plan de vie de l'État, c'est faux.
02:23Tous les ministères vont voir leur budget baisser en valeur.
02:26Ça n'est jamais arrivé depuis Valéry Giscard d'Estaing.
02:27Et ça, c'est un effort que les ministères vont avoir du mal à mettre en œuvre.
02:30Non, mais c'est d'accord.
02:31Mais ce n'est pas ça d'accord.
02:33Non, mais quand je vous entends dire,
02:34il va les chercher encore dans les entreprises.
02:36Quid des opérateurs de l'État ?
02:37Je ne vous dis pas que c'est parfait,
02:38mais dire qu'il n'y a pas de baisse des dépenses du train de vie de l'État,
02:41c'est faux.
02:42C'est factuellement faux.
02:43Antonin, j'entends votre propos.
02:47Le fait est qu'on peut quand même s'étonner
02:49d'un budget qui est déjà en l'État
02:52à une coloration très socialiste.
02:55Ça, je vous l'accorde.
02:56Et qui, pour finalement satisfaire à cette exigence
03:00d'être en deçà des 5% des déficits,
03:04va alourdir encore la fiscalité
03:09avec, vous l'évoquiez,
03:11cette surtaxe des entreprises
03:13qui finalement achèvera
03:15de donner non pas une coloration socialiste à ce gouvernement,
03:19mais une couleur presque éléfiste.
03:21Donc, très honnêtement,
03:23j'exagère un peu.
03:25Michel Barnier avait fait une surtaxe à 8 milliards d'euros.
03:27Ce n'est pas forcément la meilleure chose qu'il ait fait,
03:30et d'ailleurs, ça lui avait été reproché par la droite.
03:32Oui, mais je ne vous dis pas que je suis favorable.
03:34Vous êtes responsable des pages économiques du JDD.
03:36Vous avez vu, c'est chez vos confrères du Parisien,
03:39cette tribune des patrons,
03:40demi-patrons, mais alors de toutes les tailles.
03:42Il y a une petite entreprise, grande entreprise,
03:44mais c'est un désastre.
03:45Mais je ne vous dis pas que j'y suis favorable.
03:47Vous leur parlez à ces entreprises quand même ?
03:49Je pense que Sébastien Lecornu a beaucoup trop lâché aux socialistes,
03:52qu'ils avaient pris leur gain sur le PNFSS
03:53et qu'il aurait dû être plus rigoureux sur le budget.
03:55Donc moi, je ne vous dis pas que j'y suis favorable.
03:57Je vous dis, en l'état, ce qui va se passer.
03:59C'est-à-dire que, oui, il y aura une surtaxe d'impôt sur les sociétés,
04:01et oui, c'est une façon de dilapider
04:03l'héritage de la politique de l'offre mise en place par Emmanuel Macron,
04:06qui achève de conclure
04:09que ce double quinquennat
04:11n'aura servi quasiment à rien.
04:13Donc c'est un drame.
04:14Je ne vous dis pas que c'est positif pour l'économie française.
04:16Vous me posez la question de savoir s'il y aura un budget
04:18et si les 5% sont tenus, je vous réponds oui.
04:20Je ne vous dis pas que la manière est bénéfique pour l'économie française.
04:23Je n'y souscris pas du tout.
04:25Je pense qu'il faut effectivement alléger les charges sur les sociétés
04:27parce que les sociétés créent de l'emploi,
04:29les emplois créent des salaires, de la richesse, de la consommation.
04:33Et donc l'économie fonctionne ainsi.
04:34Vouloir qu'elle fonctionne autrement, c'est une vue de l'esprit.