00:00Mais d'ailleurs, pour en parler, et avant de donner la parole à Alexandre Malafa et à Gilles Boutin,
00:04pour parler d'Emmanuel Macron, encore une fois, dans cette annihilation de la France,
00:10de ce qu'elle représente, de ce qu'elle a de plus beau dans son histoire,
00:16j'allais dire, et dans sa carrière, puisque c'est aussi une carrière artistique,
00:19il y a l'histoire de l'art, il y a les peintres, il y a les compositeurs.
00:22Il y a cette idée d'Emmanuel Macron aujourd'hui qui rêve d'Europe,
00:26qui rêve d'un poste en Europe, qui rêve d'être le président peut-être de l'Europe,
00:30lui, il souscrit totalement également au plan de Mario Draghi,
00:32qui consisterait à faire d'une Europe une sorte de tétris fédéral,
00:36dans laquelle on est des numéros les uns après les autres,
00:39que ce soit la Slovénie, la Pologne, l'Allemagne, la Grèce, peu importe, c'est des numéros,
00:42et puis il y a un pouvoir central qui est en Europe, et c'est lui qui décide en fait.
00:46Oui, sauf que cette construction-là s'écroule,
00:49c'est-à-dire que ce que nous avons vendu comme étant la mondialisation heureuse,
00:53on voit bien que c'est devenu une mondialisation qui a éradiqué les cultures, les civilisations, les frontières,
00:58et aujourd'hui vous avez un réveil partout dans le monde, pas simplement en France,
01:01un réveil des peuples, des frontières, qui réclament précisément la préservation de leur identité.
01:05Ils sont identitaires eux aussi, on ne va même pas les interdire et les tirer à vue,
01:09parce qu'ils sont identitaires.
01:10Et donc il y a eu une incompréhension de ce qu'était effectivement le ressenti des peuples ordinaires,
01:16dans le fond, mais simplement il y a un entêtement idéologique de la part de ce pouvoir en place,
01:21et je parle là de Macron et de la Macronie et du centrisme,
01:24et de tous ceux qui s'y raccrochent, et également d'ailleurs une partie des Républicains,
01:27qui ne voient pas la détresse existentielle de ces Français qui souffrent, encore une fois,
01:31et c'est à eux que je m'adresse, et comme je vois que le discours politique ne porte pas
01:36leur détresse,
01:37je les invite aujourd'hui eux-mêmes à se manifester,
01:40à manifester peut-être même dans la rue, pacifiquement j'entends,
01:42et en tout cas à reprendre, à prendre le pouvoir qui leur a été enlevé.
01:45– S'ils manifestent, comme c'est 8 Français sur 10, le pays est bloqué,
01:49– Et peut-être qu'on en arrivera là ?
01:52– J'aimerais qu'on en arrive là, parce que c'est quand même ce que j'ai écrit,
01:55c'est le manifeste de la dernière chance, si je puis dire,
01:57c'est-à-dire que si rien n'est fait, si rien ne bouge lors de la prochaine élection,
02:01déjà, à la précédente élection j'avais dû dire sans doute qu'il était minuit moins 5,
02:06là il est minuit moins 1, si vraiment il n'est pas minuit, on a encore une minute.
02:10– Vous appelez à une révolte, mais cette révolte n'a-t-elle pas déjà eu lieu à l'occasion
02:15des Gilets jaunes ?
02:16Que peut-on proposer de nouveau après cela ?
02:19– C'est-à-dire que je fais le constat que nous vivons une période, une atmosphère révolutionnaire,
02:24d'abord avec en effet une idéologie qui a été portée notamment par les Américains,
02:28qui est cette révolution du bon sens, que j'avais moi-même identifiée en 2013,
02:33en parlant de révolution des œillères,
02:35c'est-à-dire ces œillères idéologiques qui tombent sous le poids des réalités,
02:37il y a une deuxième révolution qui adjoint, c'est cette révolution numérique,
02:42qui porte aujourd'hui à travers l'internet une fédération des paroles dissidentes,
02:48et tout ceci pousse effectivement une société éruptive,
02:52et cette société éruptive elle est pour l'instant un peu disséminée,
02:55c'est-à-dire que vous avez effectivement eu la révolte des Gilets jaunes,
02:58mais qui s'est effondrée parce qu'elle n'avait pas de doctrine,
03:01si je puis dire, ni de leader, ni d'idée.
03:02– Qui a été éteinte avec des chèques, des primes, des primes.
03:04– Voilà, donc vous avez eu la révolte des paysans,
03:07vous avez la révolte des policiers qui demandent maintenant la protection des citoyens,
03:11c'est une inversion totale des choses,
03:13vous avez la révolte qui est très d'ailleurs significative des familles,
03:17des victimes des violences dites diversitaires,
03:20qui maintenant accusent la France elle-même,
03:23souvenez-vous Mme Comine disant
03:25« j'accuse la France d'avoir tué mon mari, cette femme d'un gendarme »,
03:28elle s'est excusée ensuite en disant qu'elle ne voulait pas dire la France.
03:30– Tu es là d'un refus de Pompéry.
03:31– Voilà, elle ne voulait pas dire la France, on l'avait bien compris,
03:34elle voulait dire les politiques.
03:35Donc je constate effectivement qu'il y a partout des foyers de colère en tout cas,
03:40des foyers de manifestation,
03:41mais il n'y a pas encore, si j'allais dire, si je pouvais dire,
03:44on est dans une période révolutionnaire qui manque de révolutionnaires.
03:47Et donc, parce qu'il y a encore une crainte de la part de toute cette population
03:51qui a quand même été éreintée par le pouvoir politique,
03:55en lui disant qu'elle n'avait pas le droit de s'exprimer,
03:58d'abord qu'elle n'avait pas le droit à la parole,
03:59qu'elle n'avait pas le droit à revendiquer sa propre identité, etc.
04:02Et donc, il y a une sorte d'abandon qui gagne également cette société-là.
04:09Et je fais, moi, le constat tout simple que cette France oubliée,
04:14cette France ordinaire est majoritaire à 70%.
04:17Les Français d'origine française ou ceux qui les ont rejoints
04:20forment 70% de la population.
04:21Donc, c'est encore une majorité qui ne doit pas se soumettre à la tyrannie
04:25des nouvelles minorités qui ont été importées par cette immigration folle.
04:32Et donc, c'est pour ça que j'appelle, dans le fond, à une sorte de révolte.
04:35Ça aurait pu s'appeler « Révoltez-vous », en effet, afin que les Français reprennent...
04:39Ah ben non, le dernier mot de votre conclusion, c'est « J'appelle à une révolution ».
04:42Oui, ça, ça l'appelle une révolution.
04:44Non, mais je décris, bien sûr, cette révolution devrait être portée
04:47par une énergie de révolte de cette société civile-là.
04:51Et donc, cette société est encore un peu apathique à mon goût.
04:54Et donc, c'est pour ça que je fais ce livre en dernier recours pour essayer de dire...
04:59Avant la révolution, on va essayer de garder notre calme ici dans ce studio.
05:03Et Alexandre Malafage va vous poser une question.
05:05« Révolution », ce n'était pas le titre du livre d'Emmanuel Macron.
05:09Non, mais l'inspiration de votre livre et sa dynamique, son inspiration, en tout cas, son message,
05:15ça me rappelle ce que voulait faire Stéphane Estelle avec « Indignez-vous »,
05:18le livre qu'il avait écrit, qui a été publié en 2010 déjà.
05:21Et déjà, il parlait, comme beaucoup d'autres depuis, comme Guilly, sur « La France des oubliés »,
05:26c'est « France périphérique ».
05:27Cette France des colères a quelque chose d'extrêmement profond.
05:29Elle est transpartisane.
05:31Elle représente sans doute, effectivement, ces 70% de Français qui se sentent ou méprisés,
05:35ou oubliés, ou perdus.
05:38Perdus parce qu'ils ne comprennent plus ce qui se passe,
05:39et méprisés très souvent, parce qu'on n'a pas vraiment, dans cette sphère politique aujourd'hui,
05:45l'attention portée à la vraie vie des gens.
05:48Et donc, on pilote le changement sans tenir compte des individus.
05:51Donc, on prend des décisions, on va dans un sens, on fait des ZF.
05:54On fait des trucs qui font qu'on perd les gens complètement.
05:57Comment on les récupère ?
05:58Comment on répond à leurs attentes, à ces Français ?
06:00Parce que la fracture est quand même très profonde,
06:02quand vous regardez le baromètre annuel du Célipof,
06:05qui montre à quel point il y a un désamour entre les Français,
06:08et la politique, les mots sont violents, c'est dégoût, etc.
06:10Comment on récupère les Français, à un moment donné,
06:12parce que révolution, moi j'entends révolution intellectuelle, morale, etc.
06:17Comment on évite le chaos ?
06:18Bien sûr.
06:19C'est la grande question.
06:21Moi, je constate la rupture, la rupture avec un système.
06:26C'est-à-dire que quand vous regardez les sondages,
06:27vous avez 10% des Français qui font confiance maintenant aux partis politiques,
06:3020% qui font confiance aux députés eux-mêmes,
06:33il y avait 11% qui faisaient confiance au président de la République il n'y a pas si longtemps.
06:37Et donc, vous voyez bien qu'il y a un rejet du système.
06:39Donc, on est effectivement dans cette période révolutionnaire,
06:41également dans le ressenti des gens qui ne se reconnaissent plus,
06:43et qui ont en effet le dégoût vis-à-vis de la politique qui a été accentuée
06:46avec cette affaire Epstein, qui a montré effectivement
06:48cette élite mondialiste complètement déconnectée,
06:51qui s'autoprotège et qui dédicte des normes généralisées
06:54qu'elle ne respecte pas.
06:56Et donc, on est effectivement dans cet état, encore une fois, de sidération.
07:00Et comment on en sort ?
07:01On en sort en s'adressant précisément à ces Français à qui on ne parle plus.
07:04C'est pour ça que je constate que les hommes politiques, pour l'instant,
07:08et encore très récemment, à travers l'interview, par exemple,
07:11de M. Rotaillot, que j'admire pour son intelligence,
07:14mais quand je l'entends dire je-je-je, moi-moi-moi,
07:16je trouve que c'est une erreur politique d'estimer qu'il y a encore des hommes providentiels.
07:21Il n'y a plus d'hommes providentiels, parce qu'il n'y a plus de grands hommes.
07:23Et je pense que la solution, aujourd'hui, c'est de considérer
07:26que l'homme providentiel, c'est le peuple providentiel.
07:28C'est à lui, aujourd'hui, d'intégrer l'institution politique, si je puis dire,
07:33d'abord avec une sorte de grand front populaire, grand front populiste,
07:37et qui serait...
07:38Et non pas les élites politiques, comme vous citez, par exemple, Gilles Le Gendre,
07:42qui était l'une des caricatures, vous dites, de ce monde.
07:44Un but, sa supériorité, lorsqu'il a déclaré en décembre 2018,
07:47en écho au ravissement des soutiens présidentiels,
07:49notre erreur est probablement d'avoir été trop intelligent, trop subtil.
07:53C'est vrai que c'est quand même une tarte à la crème.
07:55Mais ils sont tous comme ça, ils se caricaturent,
08:00ils ne se rendent même plus compte de leur ridicule.
08:03C'est pour ça que, encore une fois, j'en appelle d'abord à considérer.
08:07Là, ça manque de subtilité parce que ça a été public.
08:09C'est-à-dire qu'il y en a beaucoup, comme vous le dites très justement,
08:11Yvan, qui le disent en catimini, ou qui le disent dans des dillets,
08:15un peu comme des petits marquis du temps de ce film de Patrice Lecomte ridicule.
08:21Mais là, en l'occurrence, c'est une déclaration publique.
08:24Peut-être que ça a coûté d'ailleurs la carrière politique à Gilles Lejeune.
08:27Merci beaucoup, en tout cas, Yvan Riaufol.
08:28Il faut absolument lire La Révolution des Oubliés.
08:31C'est édité chez Fayard.
08:33Tandis que tous les matins, à 8h moins le quart et à 9h moins le quart,
08:36dans Europe 1 Matin, Olivier Delagarde analyse, commente, informe,
08:39nous fait réfléchir sur les unes de la presse, la revue de presse d'Olivier Delagarde.
08:43Tous les matins, 8h moins le quart, 9h moins le quart, c'est sur Europe 1.
08:47A tout de suite.
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