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  • il y a 9 heures
Chaque vendredi, samedi et dimanche, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Stéphanie de Muru pour débattre des actualités du jour.

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00:00Toujours en compagnie de Georges Fenech et Vincent Roy.
00:03Quand Emmanuel Macron parle, on a tendance à tendre l'oreille.
00:06En ce moment, on se dit « Tiens, on va avoir droit à un petit « mais à coup le pas » peut-être,
00:09des petites explications. »
00:11Eh bien, pensez-vous, Emmanuel Macron est fier de ce qu'il a fait.
00:14Alors, il a rencontré des lycéens à Vesoul, c'était le 2 février.
00:19« Je suis très fière de ce que j'ai fait », affirme Emmanuel Macron,
00:21quand un étudiant en BTS lui pose la question « Êtes-vous heureux ? ».
00:25Trois jours après, il est sur le Média Brut.
00:27Écoutez ce qu'il dit « Tendez l'oreille » quand on lui demande « Quel est votre plus grand regret ? »
00:33Il ne reste plus d'un an.
00:34Mais ce que je veux dire, c'est que c'est chouette, c'est la vie.
00:39Et donc, ce que veut dire cette expression, c'est qu'on a quand même traversé de drôles de périodes.
00:45Les gilets jaunes, le Covid, la pandémie, la guerre en Ukraine, les troubles géopolitiques,
00:51l'albre-en-lande, l'inflation, et j'en passe.
00:54Donc oui, on en a traversé.
00:56Mais enfin, à la fin, on a quand même bien tenu.
00:59Vous êtes déjà un petit peu dans le bilan, la rétrospective de tout ce qui s'est passé sur ces 9 ans ?
01:02Non. Alors, on est toujours dans le bilan.
01:04Et c'est aussi pour ça qu'il faut toujours reprendre les choses
01:07et que je considère que jusqu'au dernier quart d'heure, il faut travailler.
01:10Parce qu'il y a des choses, parfois, qu'on n'a pas réussies.
01:13Parce qu'on les avait ou pas bien comprises, ou pas bien expliquées aux autres,
01:17ou imparfaitement faites.
01:18Et c'est peut-être maintenant.
01:19Alors, c'est cocasse, Vincent Roy, parce qu'au début, on a l'impression que c'est un acteur.
01:23Il a une voix un petit peu particulière.
01:26On le reconnaît à la fin, mais enfin, c'est surtout ce qu'il dit.
01:28C'est incompréhensible. C'est chouette, c'est la vie.
01:30C'est chouette, c'est la vie, oui.
01:31Et il enchaîne sur...
01:33C'est compliqué. Vous imaginez quand des Français, j'imagine nos auditeurs,
01:36qui écoutent ce son d'Emmanuel Macron,
01:40qui ont peut-être du mal à joindre les deux bouts à la fin du mois.
01:43C'est chouette, c'est la vie.
01:44C'est chouette, c'est la vie.
01:45C'est chouette, c'est la vie.
01:47Écoutez, bon, encore une preuve, s'il en fallait,
01:51que notre président de la République est totalement hors sol.
01:55Il est alors porté par une très grande satisfaction de soi,
02:03mais qui est presque de l'ordre,
02:08et c'est là qu'à mon sens ça pose problème,
02:10qui est presque de l'ordre de l'inconscient.
02:13Là, vraiment, il est...
02:14On a bien tenu, dit-il, c'est toi, dans cette phrase.
02:16Il est tellement hors sol, tellement content de lui,
02:21qu'il n'arrive même pas à dresser un bilan objectif,
02:26de ces deux quinquennats,
02:28enfin d'un quinquennat 75% d'autres,
02:32ou 80% d'autres.
02:33C'est absolument lunaire.
02:35La manière qu'il a de s'exprimer est lunaire.
02:38Moi, je crois, écoutez, plus je l'écoute,
02:40je me dis, cet homme-là n'était absolument pas taillé
02:44pour être président de la République.
02:47Le costume était beaucoup trop grand pour lui,
02:50et il n'est pas, depuis le début,
02:52moi je pense que c'est quelqu'un qui n'est pas à sa place.
02:55Georges Penech.
02:55Oui, non, mais c'est chouette, c'est la vie.
02:58Oui, la dissolution aussi, c'est chouette.
03:00C'est l'explosion de la criminalité,
03:02notamment sanglante, c'est chouette, c'est la vie.
03:06Une immigration qui n'a jamais atteint des seuils
03:08aussi importants que l'année dernière,
03:10c'est chouette, c'est la vie.
03:123 500 milliards, je crois,
03:15pratiquement de dettes publiques,
03:18c'est chouette, c'est la vie, n'est-ce pas ?
03:19Une réforme de retraite abandonnée,
03:21ben oui, c'est chouette, c'est la vie.
03:22Et puis on pourrait continuer à égrener comme ça
03:24notre disparition de la scène internationale,
03:28on peut dire, c'est chouette, c'est la vie.
03:30Mais il y a eu l'histoire des lunettes,
03:32alors là, ce forchure et tout ça,
03:34ça l'a beaucoup amusé.
03:35Oui, il en parle d'ailleurs.
03:36Donc il est déconnecté.
03:37Là, il y a un grave...
03:38Et puis dans une gestuelle très décontractée,
03:41on le voit à la clama.
03:42Oui, mais même on l'entend à la voix, je dirais.
03:44On l'entend à la voix, on se dit,
03:45mais qu'est-ce qui se passe, quoi ?
03:47Qu'est-ce qui se passe ?
03:47Il est toujours pleinement conscient de l'état...
03:51Et pourquoi je parle d'inconscient ?
03:52... dans lequel se trouve notre pays
03:54et le regard que portent sur nous les autres pays.
03:58Il suffit de se balader un petit peu,
03:59ça m'est arrivé encore récemment,
04:01et de voir en disant,
04:02mais qu'est-ce qui se passe en France, quoi ?
04:04C'est chouette, c'est la vie.
04:05Et justement, c'est chouette, c'est la vie.
04:07Écoutez, la maman de Théo,
04:09qui en appelle à Emmanuel Macron.
04:11Alors Théo, c'est un jeune étudiant de 20 ans
04:13qui a reçu une pluie de coups
04:16dans le hall de son immeuble
04:17du 7e arrondissement de Lyon,
04:19suivi d'un raquette.
04:21C'est un étudiant qui est rentré du travail,
04:23donc il travaillait pour se payer ses études.
04:26Alors, fort heureusement,
04:27il est toujours de ce monde,
04:28mais enfin très traumatisé.
04:30Il déménage parce qu'il a peur des représailles,
04:33puisque figurez-vous que ses agresseurs,
04:35âgés entre 14 et 17 ans,
04:37ont été certes interpellés,
04:39mais relâchés, placés sous contrôle judiciaire.
04:42Écoutez la maman qui était ce matin
04:44chez Eliott de Val, Florence.
04:47Elle n'en a pas négligé.
04:47On m'a posé mon enfant sur le ventre
04:49et je me suis promis de le protéger jusqu'à sa mort.
04:51Et je ne pensais pas.
04:53Vous voyez, on a eu un enterrement familial hier
04:54et on a eu cette cérémonie difficile.
04:57Et là, en fait, mon fils, pendant tout l'enterrement de son cousin,
05:00m'a dit, maman, ça devrait être moi, là.
05:02Et je suis là.
05:03Voilà la réponse de mon fils de 19 ans.
05:05Et après, il est allé sur la radio
05:07et il a eu le courage de dire, il ne faut pas de haine.
05:10Il ne faut pas de haine.
05:11Donc, ce n'est pas un fait divers.
05:13Je suis brisée.
05:13On est brisés.
05:14Monsieur Macron, c'est une honte.
05:16C'est une honte, votre réponse.
05:18J'attends un appel et des excuses.
05:20Alors, je précise que cette bande a été suspectée
05:24déjà d'avoir commis au moins 13 vols avec violence
05:26entre le 18 octobre et le 31 janvier.
05:29Vous voyez, sur ces questions, Stéphanie,
05:31vous voyez bien, de semaine en semaine,
05:36Georges pourra le confirmer,
05:37de semaine en semaine, on voit une violence endémique
05:40perpétrée par des individus de plus en plus jeunes.
05:46N'importe quelle, je dis bien,
05:48n'importe quelle politique ayant un peu de bon sens
05:51dirait immédiatement, depuis qu'on voit cette explosion,
05:56c'est une pandémie de violence
06:01chez des êtres de plus en plus jeunes.
06:02On dirait, réformons la justice des mineurs.
06:05On dirait stop.
06:06On dirait stop.
06:07Je rappelle que Gabriel Attal a fait une tentative
06:09et que le Conseil constitutionnel est passé par là.
06:12Bien entendu, mais on voit bien que le garçon,
06:17ou la fille d'ailleurs,
06:18le garçon, enfin l'individu de 15 ans aujourd'hui,
06:22n'est pas le même qu'en 1950.
06:24On voit bien que les problèmes ne sont pas les mêmes.
06:26Or, tout l'enjeu du droit,
06:29c'est de s'adapter,
06:30puisque là, on n'est plus sur des faits divers.
06:33La répétition de ces actes montre
06:36qu'on est sur des faits de société.
06:38Et le droit doit s'adapter.
06:39On devrait t'assurer.
06:40Bien sûr, bien sûr.
06:41Il y a aussi, mon cher Georges Fenech, pardonnez-moi,
06:44j'en profite, puisque vous êtes magistrat.
06:46Il y a aussi cette...
06:48Parce que moi, ce n'est pas la première histoire que j'entends.
06:49Elles ne sont pas toutes publiées,
06:51toutes connues dans le Sud-Ouest.
06:53J'avais écrit pour le GDD un article, justement,
06:56où il y avait eu sensiblement la même histoire.
06:58Ça a failli vraiment tourner à l'affaire Crépole.
07:01Vous vous souvenez, ce rugbyman.
07:03Et les jeunes, pareil, sont restés en liberté,
07:07avec la peur aux ventes de représailles.
07:10Qu'est-ce qu'on fait contre ça, Georges Fenech ?
07:11Qui peut comprendre cette décision ?
07:13Moi-même, mon ancien magistrat, vous l'avez rappelé,
07:16j'étais d'ailleurs spécialisé un temps
07:18dans la délinquance des mineurs.
07:19J'étais juge d'instruction spécialisée pour les mineurs.
07:22Il est évident que cette affaire présente
07:24une gravité particulière.
07:25Elle est de nature criminelle.
07:27Ils l'ont lâché, ce n'est pas un tabassage.
07:29Les images sont extrêmement violentes.
07:30C'est un lâchage.
07:32Ils pouvaient le tuer.
07:33Ils sautaient à pieds joints sur sa tête.
07:35Ce sont des gestes de nature criminelle.
07:37Comment comprendre que ces jeunes
07:39aient été simplement relâchés
07:41avec un contrôle judiciaire ?
07:43C'est d'abord un sentiment d'impunité
07:45et un message qui est envoyé
07:46à toute cette jeunesse délinquante.
07:48Vous pouvez y aller, régler vos comptes,
07:50tabasser, tuer, faites ce que vous voulez.
07:52De toute façon, vous ne risquez rien.
07:54C'est un peu ça le message qui est aujourd'hui renvoyé.
07:55Donc, quand je dis les politiques,
07:58les politiques doivent dire stop.
07:59Stop à une justice qui est défaillante.
08:02Les politiques et le Conseil constitutionnel, mon cher Jorge.
08:04Et le Conseil constitutionnel
08:06qui retoque effectivement
08:07au nom de quoi, de principes généraux
08:09qu'il a lui-même défini, vous vous rendez compte ?
08:11Donc, on est privé finalement
08:14d'une justice qui doit rappeler
08:18ce qu'est la loi et sanctionner.
08:20On ne veut plus sanctionner.
08:21Et donc, il faut revoir tout notre système
08:24de recrutement.
08:24On n'a jamais voulu sanctionner
08:25puisque c'était placé l'éducatif.
08:27Voilà.
08:28Alors, Maurice Berger, on en parle souvent,
08:30le pédopsychiatre,
08:31qui explique qu'il faudrait
08:32des petites peines de prison immédiates.
08:34Des courtes peines, bien sûr.
08:36Est-ce que ça serait vous
08:37qui, justement, avez cette expérience ?
08:39Alors, c'est dans la loi,
08:40c'est dans le projet de loi dite sûre,
08:42la loi sûre, de Gérald Darmanin
08:44qui a entendu un peu les magistrats,
08:46certains magistrats qui ont conscience
08:49de tout cela.
08:50Je pense à Béatrice Berger, par exemple.
08:52Et ils ont repris pas mal des idées
08:53de son syndicat, à savoir rétablir
08:55les courtes peines, effectivement,
08:57revoir aussi la question de l'excuse
08:59atténuante de minorités,
09:01revenir sur la césure du procès pénal,
09:02enfin, toutes les erreurs
09:03qui ont été commises en 2021.
09:05Et sanctionner peut-être
09:06les parents de mineurs violents,
09:07parce que c'était la question du jour
09:09sur Europe 1.
09:10Et vous êtes, chers auditeurs,
09:1198% à avoir répondu que oui,
09:15il faut sanctionner
09:16les parents de mineurs violents.
09:17Alors, je risque de vous surprendre,
09:19peut-être que c'est vrai
09:20que cette question posée comme ça,
09:22on a tendance à dire oui,
09:23mais souvent, ce sont des familles
09:25monoparentales, avec des femmes
09:27qui travaillent.
09:28Oui, mais il y a des tas de femmes
09:29qui travaillent et des tas de familles
09:31monoparentales et les enfants
09:33sont très bien élevés parce que...
09:35Non, mais ça, j'ai pas dit le contraire,
09:36bien sûr, mon cher Vincent,
09:37mais vous voyez ce que je veux dire,
09:38c'est difficile peut-être parfois
09:40pour une mère qui fait un ménage
09:43à 5h du matin, en pleine nuit,
09:45là, on est peut-être dans le cliché,
09:47mais je vous assure,
09:48j'en ai rencontré,
09:49vous savez, quand on est en matinale,
09:50dans les rédactions,
09:51et bien on discute,
09:52et c'est pas toujours facile
09:54pour ces femmes-là
09:55et les papas sont pas là.
09:57Non, mais plutôt,
09:58tout à l'heure,
09:58on parlait d'Emmanuel Macron,
10:00mêlons les deux sujets,
10:01plutôt que d'aller nous en faire
10:03des tonnes sur les océans,
10:05les océans, les océans,
10:06est-ce qu'on pourrait pas justement,
10:08justement, réunir...
10:09Il y a un sujet, effectivement.
10:10Réunir, mais voilà,
10:11réunir M. Maurice Berger,
10:14des magistrats comme Georges,
10:18des gens qui ont toute cette expérience-là,
10:19se mettre autour de la table
10:20en disant qu'on en fait sortir quelque chose,
10:22parce qu'il y a des choses à réformer.
10:23Vous rêvez, Vachem.
10:24Vous rêvez complètement.
10:25Non, mais sur les choses,
10:26et sans soi,
10:27il y a un réglé,
10:28mais il y a un grand sujet.
10:29Il n'y a pas du tout
10:29le discours qui a,
10:31aujourd'hui,
10:31pignon sur rue au pouvoir,
10:33c'est-à-dire,
10:33ne touchons pas l'ordonnance de 45,
10:36faisons tout le primat d'éducatif,
10:39ne mettons pas les jeunes en prison.
10:40Là, il me semble qu'il y a
10:41un sujet de plus en plus prégnant
10:43avec les mineurs.
10:44Regardez encore cette semaine,
10:46cette professeure à Sanari-sur-Mer,
10:48qui est toujours entre la vie et la mort.
10:50Il va falloir réagir.
10:52D'ailleurs, lui,
10:52il risque 20 ans de détention.
10:55Il risque 20 ans d'emprisonnement criminel,
10:58oui,
10:59puisqu'il a moins de 16 ans.
11:01Donc, la peine est diminuée.
11:03Le montant, le maximum de la peine...
11:04Mais il va quand même aller en prison.
11:06Mais il ne pourra pas,
11:07par exemple,
11:07il ne pourra pas rester plus d'un an
11:09détention provisoire,
11:10parce que la loi prévoit
11:11un délai maximum pour les moins de 16 ans.
11:14Est-ce qu'ils auront le temps
11:15d'instruire toute cette affaire
11:16dans le délai d'un an ?
11:18Je n'en suis même pas sûr.
11:19Moi, je n'excuse pas
11:20qu'il soit libéré dans un an, quoi.
11:22Vous voyez ce que je veux dire.
11:24Vous pensez qu'il pourrait y avoir un risque ?
11:27Sauf parce qu'il y ait vraiment
11:29des diligences particulières
11:30pour instruire cette affaire
11:32dans les délais de moins d'un an,
11:33pour le renvoyer détenu
11:35devant une cour d'assise des mineurs.
11:39Oui, c'est une cour d'assise...
11:40Non, c'est même pas une cour d'assise...
11:41C'est un tribunal pour enfants,
11:43puisqu'il a moins de 16 ans,
11:44statut en matière criminelle.
11:46Donc, en fait, ils ne risquent pas
11:48ce que risque un majeur, bien entendu.
11:51Messieurs, vous restez avec moi,
11:53Vincent Roy et Georges Fenech.
11:54Dans quelques instants,
11:55on parlera de cette France si généreuse.
11:57Vous allez voir qu'on peut très bien
11:59venir faire des soins psychiatriques,
12:01alors même que les hôpitaux publics
12:03sont saturés, surtout en matière psychiatrique,
12:06sans que ça pose de problème.
12:07même le Conseil d'État l'encourage.
12:09Oui, oui, la France Passoir est très généreuse.
12:10On en parle dans quelques instants sur Europe 1.
12:13Toujours en compagnie de Georges Fenech
12:14et Vincent Roy,
12:15avant, messieurs,
12:15de vous faire commenter
12:16cette décision du Conseil d'État
12:19qui ouvre la voie clairement
12:21à des soins gratuits en France
12:23pour des réfugiés déjà reconnus ailleurs en Europe.
12:27On en parle dans quelques instants,
12:29mais je voulais quand même vous poser cette question.
12:31Est-ce que Jack Lang va démissionner ?
12:33Non.
12:33Non, non, non.
12:34Il n'a pas l'intention de démissionner.
12:35Je vois la tête de Georges Fenech
12:37un petit peu dubitatif.
12:38Bon, il a dit qu'il n'avait pas l'intention,
12:39mais écoutez, pardonnez-moi,
12:41avant de vous faire réagir,
12:42Jean-Noël Barraud,
12:43qui va le recevoir au Quai d'Orsay dimanche
12:45pour lui demander des comptes,
12:47parce que, pour nos auditeurs,
12:48je rappelle que Jack Lang,
12:50l'ancien ministre de la Culture,
12:51a été mentionné à 673 reprises
12:55dans les dossiers Epstein.
12:56Alors, il faut être clair,
12:59aucun acte répréhensible formel
13:01ne lui est imputé pour le moment,
13:03mais tout de même, ça fait des ordres.
13:05Écoutez, Jean-Noël Barraud.
13:07S'agissant de l'Institut du Monde Arabe,
13:09je veux d'abord évoquer les Epstein files
13:14plus généralement en indiquant
13:16que les premiers éléments qui ressortent
13:18de ces dossiers sont inédits
13:21et d'une extrême gravité.
13:23Ma priorité, c'est évidemment
13:25de garantir le bon fonctionnement,
13:27la continuité et l'intégrité
13:29de l'Institut du Monde Arabe.
13:31C'est pourquoi j'ai convoqué son président
13:34afin qu'il rende des comptes
13:35sur les éléments qui le concernent.
13:38Il sera reçu dimanche,
13:39dès son retour à Paris,
13:41et je me réserve,
13:42s'agissant de la poursuite de son mandat,
13:45toutes les options.
13:46Oui, manifestement,
13:47il devait être reçu aujourd'hui,
13:48mais il était à Marrakech.
13:50On ne peut pas être au jour et au moulin,
13:52on ne peut pas être au bistrot et au boulot.
13:54C'est la formule consacrée.
13:56Écoutez, toute cette affaire,
13:57il faut voir ce qu'il y a
13:58dans le dossier Epstein.
14:00Moi, j'ai écouté M. Lang
14:02qui se défend a priori fort mal.
14:04Enfin, il n'était pas au courant
14:06que M. Epstein n'était pas
14:10un individu très recommandable.
14:12Sa fille non plus, a priori,
14:14fait des affaires avec lui.
14:15Elle est bizarrement...
14:15Société offshore,
14:16on ne paye pas d'impôts en France.
14:17Elle est bizarrement couchée
14:18sur le testament de M. Epstein.
14:20Croyable.
14:21Elle le découvre...
14:22Enfin, attendons d'en savoir davantage.
14:27Mais la chose qu'on peut dire
14:29comme ça d'emblée,
14:30c'est qu'à minima,
14:32ça ne fait pas très bien dans le tableau.
14:34C'est le moins qu'on puisse dire, Georges Fenec.
14:35Alors, je ne sais pas s'il va démissionner
14:37ou s'il va être remercié
14:40par le Quai d'Orsay.
14:41Il faut quand même savoir
14:42que M. Jack Lang
14:43a une très très grande notoriété
14:45dans le monde arabe
14:46et qu'il aura sans doute
14:47des soutiens importants,
14:48d'ailleurs, du financeur de l'Institut.
14:50Oui.
14:51Je vous laisse finir,
14:52mais je vous répondrai quand même.
14:53Mais sur ce point,
14:54je veux bien que vous me répondiez.
14:55Non, mais je ne sais pas
14:56si vous avez lu cet article
14:58assez intéressant dans le Figaro
14:59qui détaillait pas mal de choses
15:01et qui expliquait justement
15:02ce soutien,
15:02et notamment marocain,
15:04puisqu'il est très proche
15:04de la monarchie marocaine.
15:08Mais alors, il y a cet organe de presse
15:09qui s'appelle The Desk,
15:10qui est assez proche,
15:11qui est un peu le « off »
15:12entre guillemets,
15:13comme on dit, du pouvoir,
15:15qui commençait à évoquer
15:16certains dossiers aussi
15:17à Marrakech.
15:18Bon, en gros,
15:18le journaliste se posait vraiment
15:20la question de savoir
15:21si le pouvoir, la monarchie,
15:22était en train de lâcher Jack Lang.
15:24C'est pour vous dire
15:24que c'est quand même
15:25plus complexe que ça,
15:26mais moi, ce qui m'intéresse,
15:29et je dirais aussi
15:30comme ancien magistrat,
15:31je me demande
15:32pourquoi il n'y a pas
15:34une enquête d'ouverte
15:35en France ?
15:36Pourquoi il n'y a pas
15:37des jeux d'instructions
15:38qui sont saisis en France
15:39alors qu'il y aurait
15:40des dizaines et des dizaines
15:41de noms de personnalités
15:42françaises
15:43qui sont dans ces
15:45Epstein Files
15:46qui sont cités ?
15:47D'ailleurs, c'est très reproché
15:48quand on...
15:49J'aime pas toujours
15:49les réseaux sociaux,
15:50mais c'est très remarqué
15:51qu'effectivement,
15:52en France...
15:53On bavarde,
15:54on commente,
15:55on essaye de comprendre,
15:56mais c'est la justice
15:57de nous dire
15:58s'il y a quelque chose
15:59ou pas.
16:00Donc, rien n'interdit.
16:01Au contraire,
16:01je pense que le parquet
16:02de Paris serait bien avisé
16:04d'ouvrir une information
16:05contre X,
16:06pour l'instant,
16:07à partir de tous les éléments
16:08qui sont dans le domaine
16:10public.
16:11Et c'est au juge,
16:12par des commissions
16:13régatoires,
16:14par des enquêtes,
16:15des personnes qui sont
16:16nommées,
16:16qui ne sont pas forcément
16:17coupables de quelque chose,
16:19mais qui pourraient l'être.
16:20Le parquet national financier,
16:22ouvre une information,
16:27une enquête préliminaire
16:28contre Caroline Lang
16:29pour blanchiment
16:30de fraudes fiscales
16:31aggravées.
16:32Bon, ça c'est déjà
16:33une chose.
16:34C'est un premier élément.
16:35Ça c'est déjà
16:35un premier élément.
16:36Mais il faut aller plus loin.
16:38Bien sûr, j'entends.
16:38Mais non, je profite
16:40encore une fois
16:41de vos lumières.
16:42Est-ce que le parquet
16:43est fondé ?
16:44Est-ce qu'il a la possibilité
16:46de lancer une enquête
16:47justement sur les dossiers
16:49américains, Epstein ?
16:51Mais écoutez, bien sûr,
16:53je vous rappelle que par exemple
16:55le parquet de Paris
16:56sur notre domaine
16:56a ouvert aussi
16:58une enquête parallèle
16:59suite à l'incendie
17:00de Crans-Montana.
17:01À partir du moment
17:02où vous avez
17:02des ressortissants français
17:03qui sont ou supposés
17:06ou présumés
17:07quelque chose
17:08comme auteur
17:08ou victime...
17:08Là, on évoque d'ailleurs
17:09une Miss France
17:10qui était potentiellement
17:14une des victimes.
17:14Mais on évoque beaucoup de noms
17:15y compris des diplômes
17:16d'après ce que j'ai entendu.
17:18Encore une fois,
17:19on se fie à ce qu'on entend.
17:20Il y aurait des diplomates
17:22français encore en exercice.
17:24Donc c'est une affaire
17:25d'une extrême gravité.
17:27Et qu'est-ce qu'on attend
17:28pour que le parquet
17:29qui peut se saisir d'office,
17:30on le sait,
17:31le parquet n'a pas besoin
17:32d'une plainte.
17:33Il peut, au nom
17:33du ministère public,
17:34se saisir d'office
17:35de faits présumés
17:37et déclencher
17:38une enquête.
17:39Et pourquoi ne l'a-t-il pas fait ?
17:40Je pose la question
17:41à ce micro.
17:42Vous avez une idée
17:43de la réponse ?
17:44Je n'ai aucune idée.
17:45Je trouve que ça tarde.
17:46On sent en tous les cas
17:47sur le volet français
17:51des Epstein-Faïs,
17:54on sent une gêne.
17:57Voilà.
17:58C'est ce que tu veux dire, Georges.
18:00Je veux dire qu'il y a certainement
18:02des choses très désagréables
18:05à découvrir.
18:05Absolument.
18:06Mais il va falloir crever l'abcès.
18:07Oui.
18:08C'est d'affaires encore récentes
18:10puisque la mort d'Epstein
18:11remonte à 2019, je crois,
18:13c'est ça ?
18:14J'avoue que je ne me souviens
18:16plus de la date.
18:17Enfin, il y a moins de 10 ans.
18:18Oui, ça c'est sûr.
18:19Donc, on est toujours
18:20dans les délais de l'action publique,
18:22il n'y a pas de prescription.
18:23Il faut qu'à côté
18:25de la justice américaine,
18:26il faut que la justice française,
18:28compte tenu du lieu
18:29où se commettaient
18:30ces infractions,
18:3122 avenue Foch,
18:33puisque c'était
18:33l'appartement d'Epstein,
18:34et c'est là
18:35où se sont passés les faits.
18:36En France,
18:37qu'est-ce qu'on attend
18:37pour aller voir
18:38ce qui se passait
18:39dans cet appartement ?
18:40Oui.
18:41Messieurs,
18:41on va se poser
18:42la question
18:43de cette France généreuse,
18:45décidément.
18:45Une décision du Conseil d'État
18:47qui ne passe pas inaperçue
18:48dans un contexte,
18:49quand même,
18:49on le rappelle,
18:50où les chiffres
18:50de l'immigration
18:51battent tous les records.
18:53la haute juridiction
18:55étant réfugiée
18:57déjà reconnue
18:58ailleurs en Europe,
18:59la possibilité
19:00d'accéder
19:00à des soins gratuits.
19:02Ça s'est passé
19:02par un arrêté
19:03du 2 février.
19:05Rapidement,
19:05c'est un réfugié
19:07congolais
19:07reconnu comme tel
19:08par la Grèce
19:09qui a pu demander
19:10un titre de séjour
19:11pour des raisons médicales.
19:13Il souffrait manifestement
19:14d'un stress post-traumatique
19:15associé à un état dépressif
19:17sévère
19:17avec des risques suicidaires.
19:19Il faut toujours
19:20ne pas oublier
19:21dans nos débats
19:22et garder une forme
19:23d'humanité.
19:24Sauf que malheureusement,
19:26on est dans un pays
19:27où les hôpitaux explosent.
19:30Stéphanie,
19:30je ne dis pas
19:31dans les détails.
19:33Vous vous trompez
19:34parce qu'on est dans un pays
19:35et là,
19:35le Conseil d'État a raison.
19:36On est dans un pays
19:37où vraiment,
19:38la psychiatrie,
19:40c'est formidable.
19:40Ça va très bien.
19:42Je veux dire,
19:42on est là.
19:43C'est de l'ironie.
19:44C'était ironique.
19:45Vous êtes en train
19:46de manier l'ironie.
19:47On est dans un pays
19:47où vraiment,
19:48il n'y a pas de problème
19:49avec la psychiatrie.
19:50On le voit tous les jours.
19:51Donc, on peut accueillir
19:52vraiment des réfugiés
19:55de partout
19:56pour venir se faire soigner
19:58en psychiatrie
19:59en France.
20:00Non, mais si on pouvait,
20:02ça serait un acte d'humanité.
20:04Mais malheureusement...
20:05Attendez,
20:06je ne pense pas
20:07qu'accueillir,
20:08je vais reprendre
20:08cette vieille expression,
20:09je ne pense pas,
20:11je ne crois pas,
20:11et là-dessus,
20:12je suis assez sûr de moi,
20:13qu'accueillir
20:14toute la misère du monde
20:16soit un acte d'humanité.
20:17Car,
20:18lorsqu'on navigue
20:21un petit peu,
20:21lorsqu'on se balade
20:22un petit peu
20:23dans Paris
20:23et qu'on voit
20:24qu'on accueille des gens
20:25pour les laisser
20:26dans des tentes,
20:27sous des ponts,
20:28sous les ponts
20:28des métros,
20:30sur les berges,
20:31etc.
20:31Si vous appelez ça
20:32un acte d'humanité,
20:34moi, j'appelle ça
20:35un acte irresponsable.
20:36Et permettez-moi
20:36une petite réflexion,
20:38encore une fois,
20:38ce sont des juges
20:39qui n'ont pas
20:39la légitimité
20:40du suffrage universel
20:41qui décident
20:42d'ouvrir une nouvelle filière.
20:43Absolument.
20:44Sans consultation
20:44de l'Assemblée nationale,
20:46sans consultation
20:47du gouvernement,
20:47sans personne,
20:48ce sont des juges...
20:49Ce sont des juges idéologues,
20:52Georges Pénex ?
20:52Ah bah là,
20:52ça je vous laisse
20:53la paternité.
20:55Non,
20:55c'était une question.
20:56Mais bien sûr,
20:57c'est évident.
20:57On sait très bien
20:58comment fonctionne
21:00aujourd'hui
21:00le Conseil d'État,
21:02qui est à la tête
21:02des sections du contentieux,
21:04qui est à la tête
21:04des sections immigration.
21:06On sait très bien
21:06qu'il y a une idéologie
21:07sous-jacente,
21:08qui veut ouvrir
21:08toutes nos frontières.
21:10Et donc,
21:10c'est un vrai sujet
21:11parce que le peuple
21:12ne dit rien.
21:12Il ne peut rien dire.
21:13Il ne peut rien dire,
21:14oui, oui.
21:14Et on confisque
21:15la parole du peuple.
21:16On confisque
21:16la souveraineté du peuple.
21:18Et on n'a pas besoin
21:18de l'Europe
21:19pour avoir une politique
21:21qui nous impose
21:22une politique migratoire
21:23absolument délirante.
21:25On s'en charge
21:26très bien nous-mêmes.
21:27Et le pire,
21:27c'est que le préfet de Gironde
21:28avait refusé
21:29de lui délivrer un visa
21:30et lui avait délivré
21:31une OQTF.
21:32Mais grâce au Conseil d'État...
21:34Oui, mais le préfet
21:34qui exerce ses fonctions
21:35en application
21:36et sous la tutelle
21:37du ministre de l'Intérieur,
21:38il se retrouve dépossédé
21:39de ses pouvoirs
21:40par des juges
21:41qui décident autrement.
21:42Et qui n'ont pas été élus
21:43comme le rappelé Jean.
21:44Messieurs,
21:44il reste deux petites minutes.
21:45Je voulais quand même
21:45vous faire réagir.
21:47C'est vrai que c'est
21:48court de minutes.
21:49Les élections municipales
21:50approchent à grands pas.
21:52Et bien ça y est,
21:52Laurent Nunez a classé
21:54comme parti d'extrême-gauche
21:55dans une circulaire
21:56publiée cette semaine
21:57LFI.
21:59Donc pour l'instant,
22:00ce n'était pas le cas.
22:02Jean-Luc Mélenchon
22:03n'est pas content,
22:04manifestement.
22:05Une petite réaction ?
22:06Jean-Schwenech ?
22:06C'est toujours la question
22:07du nuançage
22:08par le ministère de l'Intérieur
22:11des candidats
22:12et des partis politiques.
22:13Ça ne les empêchera pas
22:14d'ailleurs
22:15de se présenter
22:15comme LFI,
22:17mais ça sera comptabilisé
22:19par le ministère de l'Intérieur
22:20le soir des élections
22:20comme des voix
22:21d'extrême-gauche.
22:23Et les électeurs
22:23vont le savoir.
22:24Ils ont fait un recours,
22:26ils ont fait un recours,
22:26on verra ce que dira
22:27le Conseil d'État,
22:29mais toujours est-il
22:30que le ministre de l'Intérieur
22:31avait quand même,
22:32je pense,
22:32quelques éléments
22:33assez objectifs
22:35et tangibles
22:35pour qualifier LFI
22:37avec toutes les prises
22:38de position
22:38que l'on connaît aujourd'hui.
22:40La police qui tue,
22:41l'immigration...
22:41Il refut de la discussion
22:43parlementaire,
22:44des appels systématiques
22:45à la censure.
22:46On refuse d'aller voir
22:47le gouvernement
22:47pour des réunions de travail.
22:49Bon, ils rejoignent
22:50le nouveau parti anticapitaliste.
22:53Alors, ils ne sont pas contents,
22:54ça c'est cocasse,
22:55parce que la porte-parole
22:56du parti d'extrême-gauche,
22:57pour le coup,
22:58Lutouvrière,
22:58dit à Nathalie Artaud
23:00« Oui, son orientation politique
23:02était incompatible
23:03avec celle de la France insoumise
23:04et que cela recouvre deux options
23:07politiques incompatibles,
23:08celle de LFI,
23:09gérer le capitalisme
23:10et le nôtre,
23:10le renverser.
23:11Donc, elle est vexée. »
23:13Oui.
23:13Alors, faut-il rappeler,
23:15pour être complet,
23:15qu'il s'agit juste
23:16d'un classement administratif,
23:19d'une certaine façon,
23:20et que ce classement,
23:21d'ailleurs,
23:21il peut être contestable
23:23parce qu'il est vraiment
23:23franco-français.
23:24Il n'y a que nous,
23:25il n'y a que chez nous
23:26que le ministre
23:27de l'Intérieur
23:29peut étiqueter ainsi.
23:31Et comme je suis contre,
23:33pour être tout à fait franc,
23:34le fait qu'on ait étiqueté
23:35à l'extrême droite
23:36le Rassemblement National,
23:37je suis contre le fait
23:38qu'on étiquette
23:39à l'extrême gauche
23:40ça se défend.
23:41Vous êtes cohérent.
23:41Ça se défend.
23:41C'est bien.
23:42Merci Vincent Roi.
23:43Merci Georges Penech.
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