00:00Alexandre Malafaille, vous souhaitiez réagir, ce que vient de dire le docteur Olivier Maillet, c'est édifiant effectivement, c'est sur le terrain, on se rend compte que ce désir de mourir s'éloigne quand on est accompagné, c'est le moment fort de ces paroles.
00:16Ce qui est redoutable dans ce qu'il dit, et c'est un point sur lequel on doit tous s'interroger, c'est qu'en effet, la situation quand elle est désespérée et dramatique, à un moment donné, peut-être qu'on peut avoir vraiment envie que ça s'arrête, et qu'on puisse créer le cadre qu'il faut, ou éviter que le conjoint qui donne la mort se retrouve aux assises, ça peut être utile malgré tout, donc il ne faut quand même pas l'écarter complètement, mais quand même, le choix par défaut, je ne peux pas être pris en charge correctement, donc je choisis la mort, ça c'est un point qui m'a vraiment interpellé dans ce qu'il a dit.
00:41Il y a un deuxième point auquel on ne pense pas toujours, c'est en effet la pression que ça met sur les soignants, qui sont concernés directement. Et là, j'ai un point d'observation comparatif qui est intéressant, et j'avais été attiré par cette information avec mon vétérinaire, on parlait un jour avec mon vétérinaire qui s'occupe de notre chat, et de ce problème du rapport à la mort.
01:00Et chez les vétérinaires, c'est une très grosse pression, parce que l'euthanasie, la pratique d'euthanasie des animaux domestiques, est très fréquente, malheureusement, pour toutes sortes de raisons liées à un moment donné au fait qu'un chat, un chien, un cheval, une vache, ça a des difficultés, et donc il faut passer par la phase euthanasie.
01:14Et bien ça a quel corollaire ? Ça a le corollaire qu'en fait, vous avez, et ça c'est tracé, vous avez un taux de suicide plus important, de deux fois plus important chez les vétérinaires que chez les personnels de santé humaine.
01:25Voilà, donc ils sont confrontés à la mort, et ça met une pression très forte, et donc, en tout cas c'est l'analyse qu'il en faisait, et en tout cas c'est les chiffres qui sont sortis.
01:32Donc voilà, le taux de suicide est deux fois plus élevé, parce que vous êtes confrontés à la mort, et forcément c'est une pression considérable à portée au quotidien, même s'il s'agit d'animaux, c'est un acte redoutable d'injecter à la mort.
01:40On parle toujours de celui qui souhaite mourir, mais ceux qui restent, vous imaginez, et ceux qui restent, et ceux qui la donnent. En effet, Jean-Michel Salator.
01:48Moi, ce que je trouve en fait très choquant là-dedans, c'est que finalement on a le sentiment, quand on écoute tous ceux qui savent, notamment Jean-Léonetti, qui est à la fois médecin, et qui a fait voter deux lois sur le sujet.
02:03Jean-Léonetti vous explique que cette loi, ça sera sans doute la loi la plus permissive du monde.
02:10C'est-à-dire que c'est avec cette loi qu'on pourra le plus facilement demander une mort assistée.
02:14Il y a des précédents comme la loi québécoise, qui était très permissive également, et les chiffres montrent qu'au bout de dix ans d'application de cette loi,
02:268% des décès sont aujourd'hui des suicides assistés. 8%, c'est absolument considérable.
02:32Et moi, dans la loi, il y a une chose que je trouve particulièrement choquante, c'est le délit d'entrave.
02:37Le délit d'entrave, c'est quelque chose qui frappe pénalement tous ceux qui tenteraient de dissuader quelqu'un, de recourir au suivi.
02:47Vous vous rendez compte ? Vous avez quelqu'un qui veut se suicider, vous essayez de parler avec lui, etc.
02:54Bon, c'est toujours compliqué. Dans un studio de radio, on ne peut pas dessiner des choses comme ça.
02:59Mais je trouve que cette idée de délit d'entrave est une idée absolument monstrueuse.
03:05Et moi, d'une façon plus générale, je trouve que cette loi, on a vraiment l'impression d'un passage en force.
03:12On a vraiment l'impression qu'il y a une volonté idéologique de profiter de la confusion politique et institutionnelle pour imposer ce basculement anthropologique.
03:20C'est le sens aussi de la tribune magnifiquement écrite, bon, ce n'est pas étonnant, par Michel Houellebecq, accompagné d'Emmanuel Hirsch et Laurent Fremont dans le JDD ce matin.
03:30Il explique ce qui frappe enfin dans ce moment historique, c'est le silence, le silence éthique.
03:35Il précise une société qui commence à organiser la mort de ses membres les plus vulnérables, cesse peu à peu de croire à la valeur intrinsèque de la vie humaine.
03:44C'est ce qui restera parmi le bilan d'Emmanuel Macron, il restera ça d'avoir fait la loi qui donne le droit à la mort.
03:49Il aura ça aussi sur la conscience, si je puis dire.