00:00Votre choix, Yves Tréard, puisque vous avez la parole,
00:02on va revenir dans un instant sur les velléités américaines sur le Groenland.
00:07On a le Groenland, on a l'Iran et la France dans tout cela.
00:10Que peut la France dans ces dossiers-là ?
00:11Alors effectivement, le Groenland, on en a parlé,
00:14c'est parce que les Américains veulent mettre la main dessus,
00:16des richesses, ils ne veulent pas de la concurrence de la Chine et des Russes.
00:19Et l'Iran, parce que le peuple crie qu'il veut se libérer des mollas.
00:24Alors la France, évidemment, se retrouve en première ligne.
00:28Pourquoi ? Parce que, c'était déjà le cas contre l'Ukraine,
00:32on dit, mais qu'est-ce qu'elle peut faire alors qu'elle est sans budget ?
00:35Parce que ça nous renvoie à nos propres faiblesses actuelles,
00:38sans budget, divisé, sans majorité,
00:42avec un président de la République qui est plus faible que jamais.
00:46Alors que le monde, lui, montre les muscles avec le retour des empires,
00:51comme on dit, notamment M. Trump,
00:53qui veut diriger la planète comme il l'entend.
00:57Et, alors, comment sortir de cette eau tiède ?
01:00Comment faire pour qu'on réagisse,
01:03non pas tel qu'on le voudrait, mais tel qu'il le faudrait ?
01:07Et certains, dans la classe politique, s'en servent,
01:09comme Jordan Bardella, qui, lors de ses voeux lundi,
01:12eh bien, a eu ses réflexions.
01:14Qui écoute encore la France lorsqu'elle s'exprime ?
01:19Qui prend au sérieux sa voix lorsque son président multiplie les revirements
01:22sur l'ensemble des grands dossiers géopolitiques ?
01:26Comment s'étonner dès lors que notre pays peine à se faire respecter
01:29sur la scène internationale ?
01:32Quoi qu'il en soit, mesdames, messieurs,
01:34le monde qui se dresse autour de nous impose une vigilance accrue.
01:38– Alors, là, c'est Jordan Bardella qui parle,
01:40mais je vous assure qu'il y a d'autres voix dans d'autres partis politiques
01:43qui disent quasiment la même chose, y compris à gauche, d'ailleurs.
01:46– Mais alors, de quels moyens dispose la France pour se faire entendre ?
01:49– Alors, sur le Groenland, par exemple,
01:51alors la France, on vient de l'apprendre,
01:54il faut que ça soit confirmé,
01:55serait prête à envoyer des troupes dans un cadre européen
01:59au Groenland pour défendre ce pays ?
02:03– Attendez, alors je vous donne ce que nous dit ce soir.
02:06À l'instant, vraiment, à l'instant, l'AFP, des militaires français,
02:09des militaires français vont participer à une mission militaire européenne
02:12au Groenland avec d'autres nations.
02:15C'est ce qu'a appris l'AFP auprès de l'armée française,
02:17sans plus de précision.
02:18On sait que la Suède et l'Allemagne ont annoncé dans la journée
02:20qu'elles allaient déployer, eux aussi,
02:22quelques personnels militaires sur cette île.
02:24– Alors, c'est très intéressant,
02:25parce que comme vous le savez, peut-être pas,
02:28le Groenland est en Europe.
02:30– On n'est pas.
02:31– Ses citoyens sont européens,
02:34mais n'appartient pas à l'Union européenne.
02:36Mais c'est vrai que beaucoup de pays,
02:37et notamment les grands et les vieux pays européens,
02:40sont inquiets et l'ont fait savoir.
02:42Le président de la République lui-même a dit
02:44que ça aurait des conséquences en cascade inédites
02:47si les États américains mettaient la main dessus.
02:48Et puis, on a entendu Sébastien Le Cordu,
02:52c'est assez rare qu'il s'occupe de politique étrangère,
02:54qui s'exprime cet après-midi à l'Assemblée nationale.
02:57– Nous ne devons absolument pas sous-estimer
03:00la parole du président américain.
03:04Pour être très clair, au-delà des mots,
03:06cela positionne aussi, évidemment, la diplomatie française
03:09dans une pleine solidarité avec le Danemark
03:13et les autorités légitimes du Groenland,
03:16car je rappelle, y compris pour celles et ceux
03:18qui pourraient être peut-être fascinés par la force
03:20ou les preuves de force,
03:21que la défense de la souveraineté des autres pays
03:25conditionne la protection de notre propre souveraineté.
03:30– Alors, c'est un sujet central
03:32qui va probablement occuper toutes les élections à venir,
03:34effectivement, la souveraineté
03:36par rapport à l'attitude des Américains
03:37et évidemment le lien transatlantique.
03:40Alors, avant qu'il y ait cette force,
03:41cette tasque force militaire européenne,
03:44dont on ne sait pas du tout ce qu'elle y ferait,
03:46et comment elle pourrait s'opposer d'ailleurs
03:48si jamais Trump envoyait des soldats,
03:51on va déjà ouvrir un consulat
03:53avec huit personnes, si je crois,
03:56si mes souvenirs sont bons.
03:58– Au Groenland.
03:58– Au Groenland.
03:59– Et alors ?
04:00– Un nook, effectivement, Villeja Vida.
04:02– Ça rappelle un souvenir à certains,
04:06ce que De Gaulle avait fait avec Saint-Pierre-et-Miquelon
04:09en 1941.
04:10En 1941, Saint-Pierre-et-Miquelon,
04:12qui était un territoire français,
04:14mais qui était sous autorité de Vichy,
04:16eh bien, les Américains voyaient ça
04:18d'un très mauvais oeil en se disant
04:19mais peut-être qu'ils en profitent
04:21parce que ce n'est pas loin de chez nous
04:22pour nous surveiller ou pour nous écouter.
04:25Et à ce moment-là, il s'était dit
04:26on va prendre en possession de Saint-Pierre-et-Miquelon.
04:28Et De Gaulle avait dit avec l'amiral Muselier,
04:31qui est le grand-père de Renaud Muselier,
04:33le patron de PACA,
04:34il avait dit non, non, pas question,
04:35et on va organiser un référendum
04:37auprès des gens de Saint-Pierre-et-Miquelon.
04:39Et ce référendum, c'est
04:40est-ce que vous voulez être sous Vichy
04:43ou est-ce que vous voulez être avec la France libre ?
04:45Et ils avaient répondu à 98%
04:47avec la France libre.
04:48Et donc, les États-Unis n'avaient pas osé intervenir.
04:52Ça, c'est pour le Groenland.
04:53Et sur l'Iran, où Trump menace toujours d'intervenir,
04:55page spéciale à 21 ans.
04:56Là, c'est beaucoup plus...
04:58C'est très compliqué parce que là,
05:00il y a des morts,
05:01il y a une situation qui est extrêmement difficile.
05:04Mais la France peut avoir des arguments aussi.
05:06D'abord, la France, il faut le savoir,
05:08est la patronne actuellement,
05:09la présidente du G7,
05:11qui réunit les plus grands États du monde.
05:13Deuxièmement, la France a été à l'avant-garde
05:16du temps de Laurent Fabius,
05:18eh bien, des négociations contre le nucléaire
05:21iranien, beaucoup plus que les Américains.
05:23Mais on a un problème,
05:24c'est qu'on a aussi deux otages sur place,
05:27Jacques Paris et Cécile Collère.
05:29Mais on peut...
05:29Qui ne sont plus en prison,
05:30qui sont à l'ambassade de France.
05:31Qui sont à l'ambassade de France.
05:32Mais on peut faire des choses.
05:34D'abord, on peut geler les avoir des molas.
05:37Comme on le fait d'ailleurs avec les Russes.
05:39On peut inscrire les gardiens de la Révolution,
05:42qui sont vraiment ceux qui tiennent le régime
05:45à côté des molas.
05:46Eh bien, les gardiens de la Révolution,
05:47on peut considérer que c'est une organisation terroriste.
05:50On peut aussi fermer nos représentations diplomatiques,
05:53pour ce qui concerne l'Europe, à terre.
05:55La France doit se remettre en question,
05:59de toute manière, sur la scène internationale,
06:01pour être au rang de l'hiver de l'histoire,
06:03si elle ne veut pas complètement être mise sur un serpentin.
06:06Pourquoi ?
06:06Parce que le monde est en train de changer complètement.
06:09Et il faut quand même savoir deux choses.
06:11Un, on est un pays doté.
06:14On est le seul pays doté de l'Union Européenne.
06:17Doté de l'arme nucléaire.
06:18L'arme nucléaire.
06:19Et deux, on a un siège au Conseil de Sécurité des Nations Unies.
06:22Ce qui n'est pas indifférent.
06:25Troisième chose,
06:26eh bien, on comprend mieux, aujourd'hui,
06:28pourquoi il faut relever notre effort de défense,
06:31qui devrait être de 6 à 7 milliards pour 2026,
06:35qui devrait être de quelques 30 milliards,
06:38peut-être, d'ici à 2030,
06:40ce qui porterait notre budget à 90 milliards d'euros par an.
06:44Encore faut-il avoir un budget.
06:45Encore faut-il avoir un budget.
06:46Donc, il est urgent, urgent,
06:49eh bien, qu'on règle nos affaires domestiques
06:51pour être à la hauteur de notre réputation internationale.
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