00:00On reste avec vous Elsa, on va parler de Donald Trump une nouvelle fois.
00:03Une nouvelle fois.
00:04Une nouvelle fois, il est revenu à la charge sur le Groenland dont il réclame clairement le contrôle.
00:09Oui, il est revenu à la charge et donc avec une certaine constance puisque c'est une idée qu'il développe depuis 2017.
00:15Et peut-être vous en rappelez-vous, en 2019 il avait proposé de racheter le pays tout simplement.
00:21Et puis en décembre 2024 il avait insisté sur le fait que celui-ci était nécessaire à la sécurité des Etats-Unis.
00:28Et bien dimanche dernier, il a nommé un envoyé spécial qui vient pas se substituer et se rajouter au dispositif avec un ambassadeur.
00:37Mais c'est une première fois dans l'histoire des relations entre le Groenland, le Danemark et les Etats-Unis qu'il y a un envoyé spécial.
00:44C'est le gouverneur de Louisiane qui n'a aucune expérience en matière d'Arctique ni aucune expérience en matière de diplomatie.
00:54Il s'agit de Jeff Landry que vous voyez à l'écran avec Donald Trump qui s'est proposé de lui-même pour le poste.
01:01Et dans la nuit d'hier, Donald Trump a fait entendre ses arguments au micro. On va l'écouter.
01:07Nous avons besoin du Groenland pour notre sécurité nationale, pas pour ses minéraux.
01:12Nous avons déjà tellement de sites riches en minéraux, en pétrole et tout le reste.
01:15Nous avons plus de pétrole que n'importe quel pays du monde.
01:18Nous en avons besoin pour notre sécurité nationale.
01:21Et si nous regardons les côtes du Groenland, il y a des bateaux russes et chinois partout.
01:25Nous en avons besoin pour notre sécurité nationale. Nous devons l'avoir.
01:30Elsa, j'imagine que les réactions étaient vives.
01:31Elles ont été absolument unanimes et incendiaires.
01:36Elles le sont depuis le début et sans exception.
01:37Parce qu'en réalité, ce que propose Donald Trump ferait voler, si cela devait se réaliser, en éclats,
01:42toutes les règles de la communauté internationale et du droit international.
01:46Et donc si on commence par le Danemark et le Groenland,
01:49la première ministre danoise, Mette Frederiksen,
01:52et le premier ministre groenlandais, Jens-Frédéric Nielsen,
01:56ont publié un communiqué conjoint pour bien montrer qu'ils étaient unis dans cette affaire.
02:00Et dans ce communiqué, il rappelait qu'on ne peut pas annexer un autre pays,
02:04pas même en avocant la sécurité internationale des États-Unis.
02:08Et puis le soutien de l'UE a été absolument unanime.
02:11Il a été d'ailleurs rappelé par le président Emmanuel Macron,
02:14lui-même dans un message posté sur X aujourd'hui,
02:17dans lequel le président rappelait que le Groenland appartient à son peuple
02:22et que le Danemark en est le garant.
02:24Une position qui est d'ailleurs dans la droite continuité du voyage au Groenland
02:29réalisé par le président juillet dernier,
02:31le premier voyage de ce type pour un président français,
02:35dans lequel il voulait rappeler qu'il était là pour renforcer la souveraineté européenne face aux États-Unis.
02:41Et que disent les premiers concernés, au fond, les habitants du Groenland ?
02:44Pour les Groenlandais, la position est assez simple.
02:47Le quotidien semestiaque a réalisé en janvier dernier un sondage
02:50concernant une future appartenance complètement hypothétique aux États-Unis.
02:55Il en ressort que 85% des Groenlandais sont contre cette perspective.
03:016% sont pour et 9% ne se prononcent pas.
03:05En revanche, si on se tourne du côté américain,
03:07si on essaye de comprendre le point de vue de Donald Trump,
03:10puisque c'est quand même lui qui, pour le moment, est à la manœuvre avec une certaine insistance,
03:13on a trois arguments.
03:15Le premier argument, c'est qu'il voit au Groenland croiser des bateaux russes et chinois
03:22qui sont susceptibles d'utiliser ce qui deviendra peut-être une grande route de navigation au nord
03:27qui permettrait de faire gagner énormément de temps dans le commerce international.
03:31Or, il est obsédé, Donald Trump, par sa rivalité commerciale avec la Chine.
03:35Il est aussi obsédé par le fait que les États-Unis, selon lui,
03:38paieraient pour la défense de ses alliés.
03:40Or, les États-Unis, depuis 1951, ont une base au Groenland,
03:44la base de pitoufik, qui a été renommée pour utiliser des mots groenlandais
03:50en hommage et par respect pour les autochtones de l'île.
03:55Eh bien, cette base de pitoufik, elle coûte beaucoup trop d'argent,
03:58selon Donald Trump, aux États-Unis.
04:00Il est donc en droit de se dire qu'il paie pour la défense du Groenland,
04:04qu'il voit pour autant son rival économique y faire mouiller des bateaux.
04:10Et donc, en conséquence, il se dit que peut-être ce serait plus sûr pour lui d'acquérir le Groenland.
04:15Et il a aussi une carte qui peut l'aider pour cela,
04:17parce que si on se réfère à la géographie, tout simplement,
04:21eh bien, on se rend compte que le Groenland est à peu près,
04:23à équidistance, entre les États-Unis et le Danemark.
04:27Il est même un tout petit peu plus près de Washington.
04:31Si on compare la capitale Nook et Washington,
04:34à la distance entre Nook et Copenhague,
04:37300 kilomètres sont en faveur des États-Unis.
04:40Ça peut paraître être une boutade,
04:42mais ça constitue véritablement, dans la doctrine américaine
04:45à laquelle se réfère Donald Trump, un bon argumentaire.
04:48Alors, une petite lueur d'espoir.
04:50Il se trouve que l'année dernière, après le coup de force contre le Danemark,
04:54les Danois avaient décidé d'investir beaucoup plus d'argent
04:57dans la base de Pitoufik.
05:00Et peut-être que c'est ce qu'attend aujourd'hui Donald Trump.
05:03En tout cas, il faudra espérer.
05:05Frédéric, gros enjeux commerciaux et économiques derrière ce sujet.
05:08Gros enjeux économiques, évidemment.
05:09Le Groenland, c'est peut-être la deuxième réserve au monde de terres rares.
05:13Les terres rares, c'est fondamental.
05:15Ce sont ces aimants, vous savez, qu'on trouve dans les éoliennes,
05:17dans les voitures électriques.
05:18Or, aujourd'hui, les terres rares, qui inondent le monde de ces terres rares ?
05:21C'est la Chine.
05:22Et c'est évidemment une grande pression que met la Chine sur ses partenaires économiques.
05:27Et puis, il y a aussi, comme l'a très bien dit Elsa,
05:29le pôle Nord.
05:30Le Nord, c'est des futures routes commerciales de demain.
05:33En septembre, il y a pour la première fois dans l'histoire
05:35un porte-conteneurs répartis de Chine
05:37pour rejoindre le Royaume-Uni en 20 jours
05:40au lieu de 40 en passant par le canal de Suez.
05:43Et bien, Trump veut maîtriser ces routes-là d'avenir
05:45dont on sait qu'avec, malheureusement, le réchauffement climatique,
05:47elles vont être de plus en plus empruntées.
05:48– Hugo, on voit que c'est un sujet aussi qui tient à cœur au président de la République.
05:52– Oui, tout à fait.
05:53On sait qu'Emmanuel Macron et Donald Trump se parlent très souvent,
05:56notamment sur le sujet de l'Ukraine.
05:57Mais on voit aussi qu'ils n'hésitent pas à afficher leur désaccord.
06:00En tout cas, là, Emmanuel Macron a fait savoir très vite
06:02dans un message sur les réseaux sociaux
06:04qu'il soutenait la souveraineté du Groenland
06:06qui est liée au Danemark.
06:09Le chef de l'État montre donc
06:10qu'il n'hésite pas à soutenir le Groenland
06:13où il s'était effectivement rendu le 15 juin dernier.
06:16Il était aux côtés de la première ministre danoise.
06:17– Merci.
06:18– Merci.
06:19– Merci.
06:20– Merci.
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