00:00À votre choix Elsa Vidal, après 15 jours de protestation intérieure et de menaces d'intervention des Etats-Unis,
00:06le régime iranien est-il ce soir proche de tomber ?
00:10Alors on aimerait le croire, on peut même l'espérer, mais on est plutôt entré dans une phase finale
00:14dont personne ne peut dire combien de temps elle va durer.
00:17Néanmoins, ce qu'on peut dire, c'est que cette vague de protestations,
00:21eh bien elle se multiplie, elle s'étend dans le pays depuis son début le 28 décembre dernier.
00:26Elle commence en touchant les commerçants du bazar de Téhéran et puis elle se répand dans le pays.
00:32Vous voyez la carte à l'heure actuelle, donc il y a plus d'une dizaine de villes de taille moyenne à la campagne également.
00:37Et ça, c'est véritablement une nouveauté, ça fait la jonction entre des couches sociales et des groupes
00:42qui jusque-là étaient plutôt séparés.
00:45Et le mouvement fait aussi la jonction avec les précédents protestataires,
00:50ceux que vous n'avez sans doute pas oubliés, c'est-à-dire les leaders du mouvement Femmes Vie Liberté
00:56qui avaient essaimé en 2022 et 2023 après la mort de Massa Amini pour avoir mal porté son voile.
01:03Et d'ailleurs, en faisant fond sur ce mouvement, ils reprennent pour icône des images de femmes qui s'en prennent au Mola.
01:10Alors j'en veux pour preuve cette vidéo qui tourne sur les réseaux sociaux,
01:13qui n'a pas été tournée en Iran, elle est tournée dans les environs de Toronto.
01:17On voit une jeune femme fumant et allumant sa cigarette avec le portrait mis à feu de Khamenei.
01:23Et il y a donc des déclinaisons extrêmement iconiques, virales, sous des formes d'images tirées de cette vidéo,
01:30des images marquées « liberté » en anglais, n'est-ce pas ?
01:33Donc on y reviendra un petit peu plus tard.
01:35Il y a donc ce mouvement qui fait tâche d'huile et un bilan qui s'alourdit malgré le blocus,
01:40on en parlait tout à l'heure de l'Internet, le fait que depuis le 8 janvier, l'Internet s'est effondré.
01:47On voit littéralement sur ce graphique que le 8 janvier, le service est coupé.
01:52Et bien malgré cette coupure, des ONG comme l'ONG Iran Human Rights Watch produit des bilans.
01:58Un premier bilan, 648 morts, qui va certainement s'alourdir.
02:02Pourquoi ? En raison des images que vous allez voir, parce que ça ne concerne qu'une seule morgue,
02:07elle est dans le sud de Téhéran et les parents s'y pressent pour retrouver des membres de leur famille
02:13portées disparues depuis qu'ils ont participé à des manifestations.
02:18Et ces morgues-là, on peut supposer qu'il y en a de nombreuses dans le pays
02:21et qu'elles sont dans le même état. Le bilan humain devrait donc s'alourdir.
02:25Elsa, au même moment, Donald Trump menace d'intervenir en cas de répression sanglante.
02:30Absolument. Le président US a répété ces propos qui sonnent comme des menaces
02:35ou comme une libération en fonction de vos attentes.
02:38Il l'a fait dans son avion présidentiel Air Force One. On l'écoute.
02:43L'Iran veut négocier, oui. Nous pourrions les rencontrer.
02:46Une rencontre est en courte préparation.
02:48Mais nous pourrions devoir agir à cause de ce qui se passe avant la rencontre.
02:52Agir militairement.
02:54Ce à quoi le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araqchi,
02:58a répondu que l'Iran était prêt à négocier, mais qu'il était aussi prêt à faire la guerre
03:03si c'était le choix des Etats-Unis.
03:05Côté européen, condamnation unanime des répressions, en commençant par la France.
03:10Aujourd'hui, Emmanuel Macron, dans un tweet, a condamné la violence d'État
03:13qui frappe aveuglément les Iraniennes et les Iraniens.
03:17Le président a bien compris qu'il y avait un lien particulier avec le statut des femmes.
03:21Tandis que Moscou, l'allié du régime de Téhéran, qui la soutient, qui soutient là aussi dans la guerre,
03:26dénonce des tentatives d'ingérence extérieure par la voix de son secrétaire de la Sécurité nationale.
03:33Et alors là, on parle de plus en plus d'un homme, Reza Palavi, le fils du chat d'Iran,
03:38comme possible dirigeant d'un Iran sans Mola.
03:41Absolument. Son nom circule de plus en plus.
03:44Reza Palavi, c'est le fils, vous le voyez à l'écran,
03:47c'est le fils du dernier dirigeant de la dynastie Palavi qui a régné 54 ans sur l'Iran.
03:54Il a quitté le pays en 79 quand le régime est tombé.
03:57Il avait alors 19 ans, pardon 20 ans, et il se préparait à être pilote de chasse aux États-Unis.
04:02Il y vit, il y a grandi, il y a mené sa vie d'homme.
04:05Il appelle les forces de l'ordre iraniennes, notamment hier, à faire corps, à prendre le parti des manifestants.
04:12Il les a appelés donc en disant que les employés des institutions publiques
04:15ainsi que les membres des forces armées de sécurité avaient un choix à faire,
04:19se tenir aux côtés du peuple iranien ou au contraire prendre le parti des meurtriers.
04:23Il appelle aussi Donald Trump à intervenir.
04:26Et il se dit prêt, oui, si les Iraniens le choisissent, à rentrer diriger l'Iran.
04:33Ce qui, en guise de conclusion temporaire, serait assez ironique.
04:3650 ans après le départ d'une dynastie,
04:40revoir l'Iran tomber sous une autre dynastie serait-ce véritablement une libération ?
04:45– Ça serait incroyable, effectivement, 45 ans après, plus de 45 ans après.
04:49Et ce qui est intéressant aussi de constater, c'est le silence de la France actuellement.
04:54Pourquoi ? Parce que nous avons deux otages qui sont retenus à Téhéran
04:59et qui peuvent expliquer effectivement la timidité.
05:01– Qui sont toujours dans l'ambassade française à Téhéran.
05:04Et d'ailleurs, pardon de vous couper, il y a cette information qui tombe ce soir,
05:06le personnel diplomatique non essentiel français a quitté l'Iran.
05:10– A quitté l'Iran.
05:12– A quitté l'Iran.
05:12Vous qui connaissez bien ça, Elsa Vidal,
05:15quand on demande au personnel diplomatique non essentiel de quitter un pays,
05:20qu'est-ce que ça veut dire ?
05:21– Ça veut dire que la crise va s'approfondir
05:22et qu'on peut attendre une intervention armée extérieure
05:25ou au contraire une intervention de police intérieure très brutale
05:28qui pourrait ne pas respecter les emprises diplomatiques.
05:31– L'hypothèse, pas la vie, elle est crédible ou pas ?
05:34– Elle l'est, mais elle l'est de manière temporaire.
05:38C'est-à-dire qu'elle l'est parce qu'elle prospère sur l'ignorance
05:41des jeunes générations quant aux problèmes de ce régime
05:44qui était aussi très répressif et qui captait les richesses du pays à son profit.
05:49Elle l'est parce qu'elle prospère sur tout simplement le vol
05:53et la brutalité organisées par le régime des Mollahs,
05:56mais elle est poussée par l'extérieur aux États-Unis
05:58parce que la diaspora iranienne des États-Unis
06:01est d'abord favorable à la monarchie
06:03et c'est d'abord le choix des États-Unis
06:05que de voir Reza Palavi revenir aux États-Unis.
06:07– Il n'y a pas d'autre alternative en plus.
06:09Pour le moment, il n'y a pas d'autre opposant connu.
06:11– Ah ben si, il y a quand même une prix Nobel de la paix qui est en prison.
06:13– Oui, mais qui n'a pas probablement le même soutien politique à l'intérieur du pays.
06:18– On ne le sait pas, on n'a pas testé cette candidature.
06:20– Je vous remercie.
06:24– Oui, je suis désolé.
06:25– Merci.
06:25– Merci.
06:27– Merci.
06:27– Merci.
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