00:00Votre choix c'est de nous reparler du Mercosur. On a bien compris que les agriculteurs étaient toujours dans la rue ce soir,
00:04notamment à cause de ce traité du Mercosur. Et vous nous dites que ça changerait ce traité-là, peut-être quelque chose pour nous, à la caisse.
00:13Peut-être pour nous et en tout cas a priori pour les industriels. Je vous explique. Au fond, qu'est-ce qui intéresse les consommateurs ?
00:18Et je pense qu'on l'a bien compris ici. C'est une question. Est-ce que le Mercosur fera chuter les prix ceux qu'on paye ?
00:25Parce que c'est quand même ça qui les intéresse. Alors bien sûr, les Français soutiennent dans leur immense majorité.
00:30Les agriculteurs, ça se voit à chaque fois qu'il y a des mouvements. Mais quand il faut passer à la caisse, ça se complique un petit peu.
00:36Regardez les produits du Mercosur. Ils sont déjà vendus en France, évidemment. Simplement, on ne les trouve pas forcément partout.
00:42Si je prends l'exemple de la viande de bœuf, elle coûte deux fois moins cher à produire au Brésil qu'en France.
00:47Donc, elle se vend déjà moins cher, logique, malgré des droits de douane de 40% actuellement, parce qu'on n'est pas encore traité, évidemment.
00:54Selon l'Institut de l'élevage, les alloyeux, donc les produits nobles de la viande de bœuf du Mercosur, arrivent déjà à des coûts inférieurs entre 18 et 32% par rapport au coût européen.
01:05Si le Mercosur est effectivement signé et ratifié, ces taxes à l'entrée dans l'Union européenne, on le répète, vont donc baisser sur la viande de bœuf pour atteindre 7,5%
01:16pour un total de 99 000 tonnes de viande bovine importées maximum chaque année.
01:21On parle bien de 99 000 tonnes de vande pour toute l'Union européenne.
01:24Absolument, ce qui représente, selon les chiffres de la Commission européenne, 1,6% de la production européenne.
01:30Donc, en termes de volume, c'est faible.
01:33Mais cela veut dire que vous trouverez, dans tous les cas, davantage de faux filets, de steaks et de blancs de poulet, argentins ou brésiliens en premier prix.
01:40Et en toute logique, on se dit qu'il devrait coûter moins cher qu'aujourd'hui.
01:44Mais ce n'est pas sûr, car même si les distributeurs finissent par acheter moins cher, on ne sait pas dans quelle mesure ils vont répercuter ça sur le consommateur.
01:54Et si je prends l'exemple de la volaille sud-américaine, elle est en fait principalement, en tout cas aujourd'hui, vendue aux industriels de l'alimentation transformée, ultra-transformée,
02:02qui préfèrent probablement augmenter leur marge plutôt que de répercuter sur les prix au consommateur.
02:08Voilà pourquoi il faut la transparence de l'origine.
02:10Et moi, je lance le défi au distributeur.
02:13Si demain, l'un de leurs fournisseurs de plats préparés, de raviolis, de lasagne, parce que le sujet, il n'est pas sur le faux filet, il est sur les plats préparés.
02:21Si demain, l'un de leurs fournisseurs, je ne cite personne pour ne stigmatiser personne, met de la viande brésilienne dedans,
02:27eh bien, je les mets au défi de faire des grandes affiches avec marqué « ce produit contient la viande brésilienne ».
02:32Et la question, elle est toute bête, est-ce que d'après vous, ça va modifier, pour une part, je ne dis pas totalement,
02:38est-ce que ça va modifier, pour une part, les achats de certains consommateurs ?
02:41Oui ou non.
02:42Chaque fois qu'on modifie un acte d'achat dans la bonne direction, on fait du bien à la Ferme France.
02:47Et ce panneau indicateur, c'est l'origine.
02:50Ce produit contient tous les produits donnés.
02:51C'est ça, parce qu'il y a l'arbitrage, certes, du prix, mais il y a l'arbitrage de la transparence de comment est traité, par exemple, le bref brésilienne.
02:57Et chacun fait ce qu'il veut et ce qu'il peut.
02:58Sauf qu'il y a quand même un sujet sur la viande à loyer.
03:01Mais si ça ne change pas grand-chose, pourquoi les agriculteurs s'inquiètent ?
03:04Alors, toute l'agriculture française, c'est vrai, est inquiète d'une déstabilisation, en fait, du marché,
03:08qui est, il faut quand même le dire, difficile à anticiper à l'heure où l'on se parle.
03:12On fait des projections, hein.
03:13La filière du maïs est inquiète, la filière de la volaille, même la filière du sucre.
03:16Mais c'est surtout la filière bovine qui risque d'être touchée.
03:19Notamment, on en parlait, les produits nobles de la viande, rhum, steak, bavette et autres morceaux.
03:25Les importations de morceaux nobles en provenance des pays du Mercosur
03:28représentent, selon la filière Interbev, environ 25% de la production européenne aujourd'hui.
03:36Et pourrait atteindre, au pire des scénarios, nous dit l'interprofession, 50%.
03:41On verra si c'est vrai ou pas.
03:42En tout cas, les éleveurs français y craignent quoi ?
03:44D'être contraints de s'aligner sur des prix imbattables.
03:48Et je pense que ça va vous parler.
03:49Et à ça, soyons très clairs, ils ne survivront pas.
03:52Il suffit de comparer le cahier des charges, et on l'a fait maintes fois, je l'ai fait maintes fois ici,
03:56d'un agriculteur français avec celui d'un éleveur français avec celui d'un éleveur brésilien ou argentin.
04:01Je n'ai rien contre eux, hein, vous le savez.
04:03Les normes, les règles, les contrôles, et vous allez comprendre que c'est imbattable.
04:09Oui, mais c'est là qu'interviennent ce qu'on appelle les clauses de sauvegarde.
04:11Oui, oui, oui.
04:12Alors, elles permettent à la Commission européenne d'intervenir, c'est vrai, en cas de déstabilisation du marché,
04:16en limitant les quotas, le 99 000 par an, par exemple, ou en réaugmentant les droits de douane.
04:23Sauf que, pas automatique, hein, la clause de sauvegarde.
04:25Pour cela, il faut que la Commission soit saisie, alors, pour le coup, soit par un État membre, soit par une personne morale ou une association
04:32qui interviendrait au nom de l'industrie européenne, et évidemment, ce n'est pas automatique.
04:36Une fois saisie, la Commission, elle doit déclencher une enquête, et il faut réunir des éléments de preuve, c'est écrit comme ça dans le texte,
04:42suffisant pour activer la clause de sauvegarde.
04:44Des éléments de preuve suffisants, il faudra savoir ce que ça veut dire.
04:47Donc, sur le papier, c'est une protection.
04:49Dans les faits, comme souvent, c'est un peu plus compliqué.
04:51Donc, si je résume, avec le Mercosur, vous pourrez peut-être manger du bœuf moins cher, mais à quel prix ?
04:56Ha ! Pour nos agriculteurs, à vous de le décider, car en bout de chaîne, et on l'a bien dit, et on va le redire, je pense,
05:02c'est vous, consommateurs, qui avez du pouvoir.
05:04Et accessoirement, c'est nous, les consommateurs, que l'on peut activer plus facilement.
05:08Activer les clauses à Bruxelles, ça va prendre des mois, des mois.
05:10Pointez ! Et moi, j'assume.
05:12Il ne s'agit pas de dire, ce n'est pas bien.
05:14Voilà ce que c'est, ça vient de là.
05:15Et ensuite, chacun fait ce qu'il veut et ce qu'il peut.
05:17Mais si on ne le sait pas, on ne peut pas modifier nos achats.
05:19Donc, on a ce pouvoir-là, consommateur, on doit l'exercer, mais on doit avoir les informations pour l'exercer.
05:25Mais juste, la grande distribution a dit, nous, on ne prendra pas de produits venus du Mercosur.
05:29Non, non, mais ça, ils font de la com'.
05:30Si demain, leur fournisseur de raviolis met de la viande brésilienne dedans,
05:34il n'est pas obligé de le dire à Carrefour, à Leclerc, à Auchan.
05:37C'est bien pour ça qu'il faut que les fabricants, les industriels, s'engagent parce qu'il y aura en face un poids politique.
05:44Annie Gennevar, Serge Papin qui leur dit, mettez Origine Info, et à ce moment-là, on aura l'information.
05:48Sinon, on viendra le dire à BFM, à RTL, à M6, comme ça, tout le monde est content ici.
05:53Et puis, non, mais voilà, c'est exactement ça.
05:55On viendra vous dénoncer.
05:56Mais on a besoin de ministres qui auront un poids politique.
05:59Et pour le coup, la volonté politique coûte pot de zob.
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