- il y a 6 jours
Chaque jour, Marc Fauvelle vous accompagne de 19h à 20h dans 60 minutes Fauvelle sur BFMTV.
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00:00:01Bienvenue à tous dans cette édition spéciale consacrée à cette nuit d'horreur.
00:00:05Ensuite, édition spéciale qui se poursuit.
00:00:08Une quarantaine de morts, 115 blessés après un dramatique incendie
00:00:13dans un bar de la station de Cran-Montana, en Suisse.
00:00:17Une des pires tragédies que la Suisse ait connue,
00:00:20affirme le président de la Confédération.
00:00:22Au moins deux Français blessés, de nombreux étrangers parmi les victimes.
00:00:26Dans un instant, nous serons bien sûr sur place ensuite.
00:00:31Mais pour commencer, ces paroles extrêmement fortes du président de la Confédération Helvétique,
00:00:36Stélia, il y a quelques minutes, elle témoigne de ce traumatisme.
00:00:39Écoutez-le.
00:00:40L'incendie qui s'est produit la nuit dernière dans un bar de Cran-Montana
00:00:44constitue l'une des pires tragédies que notre pays ait connue.
00:00:49Les faits qui se sont produits cette nuit dans cet établissement public
00:00:52constituent un drame d'une ampleur inédite effroyable.
00:00:56De nombreuses vies, jeunes pour la plupart, ont été perdus.
00:01:00Une centaine de personnes ont été blessées, souvent grièvement.
00:01:04Et derrière ces chiffres, il y a des visages, des prénoms des familles,
00:01:08des destins brutalement interrompus, brutalement interrompus,
00:01:11ou à jamais bouleversés.
00:01:13On se rend tout de suite sur place à Cran-Montana où on retrouvait Lise Phillips.
00:01:18Les hommages ont commencé avec notamment une messe ce soir pour rendre hommage aux nombreuses victimes.
00:01:25Une quarantaine de morts ont donc indiqué les autorités.
00:01:28J'imagine que l'émotion est immense sur place.
00:01:29Oui, beaucoup d'émotions parce qu'à l'origine, cette messe prévue ce soir
00:01:36devait être une messe pour célébrer la nouvelle année.
00:01:38Ça devait être un moment joyeux.
00:01:40Mais évidemment, avec ce qui s'est passé hier soir, ce drame qui a endeuillé la commune de Cran-Montana,
00:01:45c'est une messe funéraire finalement qui se tient en ce moment dans cette église de la commune.
00:01:50On ne peut pas vous montrer l'intérieur de l'église, pour ne pas perturber la cérémonie qui est en cours,
00:01:55mais on peut vous montrer sur ces images de Morgane Dumont l'entrée de l'édifice
00:01:59où on voit depuis tout à l'heure des gens entrer et sortir à intervalles réguliers.
00:02:03Ce soir, les visages sont graves.
00:02:05On voit des gens pleurer, des gens se recueillir, s'asseoir parfois sur les marches de l'église
00:02:09après avoir assisté à un moment de cérémonie parce qu'on sent que l'émotion est très importante.
00:02:13On a discuté il y a quelques minutes avec une dame habitante de Cran-Montana
00:02:18qui a été témoin du drame hier soir.
00:02:20Elle a entendu les ambulances passer, elle a suivi tout ce qui s'est passé
00:02:24et elle nous a expliqué que ce soir, il était très important pour elle
00:02:27de venir avec deux de ses amis pour se recueillir, pour rendre hommage à ces victimes,
00:02:31à ces trop nombreuses victimes.
00:02:33Tout le monde part d'une tragédie ici et on est entré il y a quelques minutes
00:02:36à l'intérieur de l'église pour se rendre compte de l'atmosphère
00:02:39et ce qui nous a frappés, c'est le silence quasi absolu.
00:02:43Silence uniquement entrecoupé par les paroles du prêtre, par les chants religieux aussi.
00:02:48Tout le monde est en train de se recueillir, de prier.
00:02:50L'église est pleine à craquer, elle est remplie.
00:02:54Toutes les places assises sont occupées, beaucoup de gens sont debout aussi.
00:02:57On voit encore une fois des visages très graves.
00:03:00Beaucoup de monde qui s'est rendu ce soir dans cette église de Cran-Montana
00:03:04pour rendre hommage à ces victimes.
00:03:06Une quarantaine de personnes sont décédées, 115 personnes ont été blessées,
00:03:11la plupart étaient très jeunes et en plus le bilan n'est pour l'instant que provisoire
00:03:15et pourraient s'alourdir dans les prochaines heures.
00:03:17Moment de recueillement, donc très important ici à Cran-Montana,
00:03:20moins de 24 heures après ce drame.
00:03:23Élise Phillips avec Morgane Dumont.
00:03:25Merci beaucoup pour ces précisions.
00:03:27On prend tout de suite la direction de Sion.
00:03:29On retrouve Antoine Forestier.
00:03:31Antoine Forestier, Sion, où une partie effectivement des victimes ont été accueillies.
00:03:36Vous avez pu échanger notamment avec des responsables hospitaliers.
00:03:40Et ça y est, un transfert d'un certain nombre de victimes a débuté.
00:03:44Vous nous le confirmez.
00:03:47Oui, c'est une information qui nous a été transmise par le directeur de l'hôpital ici de Sion,
00:03:52qui est l'hôpital le plus proche de cette station,
00:03:54qui a donc accueilli le maximum de blessés dans la nuit.
00:03:57Jusqu'à 80 personnes ont été prises en charge.
00:04:00Il en reste 30 prises en charge dans cet hôpital.
00:04:02Une cinquantaine ont dû être transférées dans des hôpitaux de Suisse dans un premier temps,
00:04:07notamment à Zurich, à Genève ou encore à Lausanne,
00:04:09parce que ces CHU sont eux équipés de services de grands brûlés.
00:04:13Mais ce n'est pas tout.
00:04:14Ce directeur de l'hôpital nous explique que puisque la France, l'Italie et l'Allemagne
00:04:18ont proposé leur aide, leur service,
00:04:20il a été décidé que des transferts vont être également organisés vers l'Italie.
00:04:24Trois patients vont être transférés vers l'Italie
00:04:26et deux patients vers la France.
00:04:28Des transferts par hélicoptère qui seraient en cours, nous a-t-il dit.
00:04:31Il y a également des patients qui vont être transférés en Allemagne.
00:04:35Ça n'a pas été confirmé avec certitude,
00:04:37mais il est probable que cette répartition des patients vers les pays frontaliers
00:04:42se fasse par nationalité,
00:04:43c'est-à-dire que les trois patients vers l'Italie seraient italiens
00:04:46et que les deux patients transférés en France seraient lyonnais.
00:04:48Mais ça serait français, pardon.
00:04:50C'est une information qui reste à confirmer.
00:04:52C'était une possibilité, nous disait le directeur de cet hôpital,
00:04:55qui rappelait également que hier soir, son hôpital a accueilli énormément de patients
00:05:03et qu'il y a eu toute cette solidarité qui s'est organisée au sein de l'hôpital,
00:05:06notamment des personnes ce matin qui sont venues alors qu'elles ne devaient pas travailler
00:05:09pour prêter main-forte aux équipes sur place.
00:05:11On l'a vu tout à l'heure, on était sur place devant cet hôpital.
00:05:14Certaines personnes qui ont agi hier, qui ont transféré les patients,
00:05:19sont venues pour tenter de prendre des nouvelles de certains d'entre eux.
00:05:22Il y avait donc plus d'une cinquantaine de patients qui ont dû être transférés de cet hôpital,
00:05:26qui ont quitté l'hôpital de Sion pour rejoindre d'autres hôpitaux en Suisse
00:05:29et dans les pays frontaliers.
00:05:30Merci pour ces informations, Antoine Forestier.
00:05:33Depuis Sion, avec Julie Roser, des transports de blessés vers la France, Thierry.
00:05:38Et le président de la République, Emmanuel Macron, confirme cela à l'instant.
00:05:42Oui, la France accueille des blessés dans ces hôpitaux et ce sien,
00:05:44disponible pour toute aide.
00:05:46Voilà ce que poste le président sur ses réseaux sociaux il y a cinq minutes maintenant.
00:05:51Merci aux équipes soignants mobilisées, ajoute-t-il.
00:05:54Il confirme cette information que nous avons déjà donnée sur BFMT,
00:05:57selon laquelle il s'est entretenu avec le président de la Confédération Helvétique,
00:06:02Guy Parmelin, pour lui exprimer notre solidarité.
00:06:04Le bilan est terrible, dit le président.
00:06:06Nos pensées accompagnent les familles.
00:06:09Nos équipes diplomatiques et consulaires suivent la situation
00:06:12et apportent l'assistance nécessaire à nos compatriotes touchés par ce drame.
00:06:18Donc, confirmation par le président des informations que Antoine Forestier nous donnait à l'instant.
00:06:23À vos côtés, Thierry, pour nous accompagner tout au long de cette heure
00:06:25pour analyser ce drame qui touche la Suisse,
00:06:29notamment Gilles Rex.
00:06:30Bonsoir, ancien major à la police technique et scientifique de la police judiciaire de Paris,
00:06:34auteur de « Parmi les morts » aux éditions Mareuil.
00:06:37On va voir qu'évidemment, les investigations sont rendues très compliquées par l'incendie,
00:06:41aussi bien pour l'enquête que pour l'identification des victimes.
00:06:45Lieutenant-colonel Franck Maillard, bonjour.
00:06:47Animateur, commission prévention à la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France.
00:06:52On va voir comment c'est compliqué, effectivement,
00:06:54dans un lieu qui accueille du public comme cela.
00:06:56la question de l'évacuation qui est centrale.
00:06:59Et on voit que c'est un des points importants de cette enquête.
00:07:02Boris Carlamov, journaliste police-justice BFMTV.
00:07:05Bonsoir.
00:07:05Et Ludovic Pingano, consultant gestion de crise BFMTV, fondateur du cabinet Astrique.
00:07:11Tout de suite, je vous propose qu'on revienne sur les faits précis.
00:07:14On va revoir ce qui s'est précisément précis, minute par minute, hier soir.
00:07:20Avec nous, Igor Saïry, comment cela s'est déroulé ?
00:07:23Dites-nous précisément, vous avez des images, notamment extrêmement intéressantes.
00:07:27Il est environ 1h30 cette nuit.
00:07:30La fête bat son plein juste après le passage en 2026.
00:07:34Et les faits se passent dans l'un des bar-clubs les plus connus de la station suisse de Cran-Montane,
00:07:39station de ski très huppée, située dans le canton du Valais.
00:07:43C'est dans le sud-ouest du pays.
00:07:44L'établissement s'appelle Le Constellation.
00:07:46Vous le voyez à l'écran, propriété d'un couple de Français originaires de Corse
00:07:50qui possèdent par ailleurs deux autres établissements dans la zone.
00:07:53Ce bar est constitué de deux étages et d'une discothèque qui est, elle, située au sous-sol.
00:07:59Et à ce moment-là, d'après de nombreux témoignages que nous avons pu recueillir sur place,
00:08:03il y a plusieurs centaines de personnes aux étages et dans la discothèque qui s'amuse,
00:08:08une clientèle très jeune avec la présence de nombreux mineurs.
00:08:12Qu'est-ce qu'il s'est passé très concrètement quand on voit effectivement les premières vidéos
00:08:18avec notamment ces bouteilles d'alcool, de champagne et peut-être ces étincelles ?
00:08:23Il faut y revenir parce que, d'après plusieurs sources, en fait,
00:08:27il s'agirait de clients qui commandent des bouteilles d'alcool et de champagne.
00:08:31Ces clients ont droit à un show.
00:08:33Des serveuses, comme on le voit ici, portent ces bouteilles à la main avec un feu de bengale,
00:08:40de sorte de bougie scintillante utilisée pour un anniversaire ou pour un nouvel an.
00:08:45Et selon les premiers témoignages, le feu démarre dans cette discothèque
00:08:49à cause du feu de bengale d'une bouteille d'alcool.
00:08:52C'est ce que dit un Français témoin sur place.
00:08:55Il raconte la scène à BFM TV. Écoutez.
00:08:59J'étais au sous-sol.
00:09:01On s'amusait bien avec nos collègues.
00:09:03Mais malheureusement, certains de nos collègues ne seront plus parmi nous
00:09:07à cause du feu, à cause de tout ça.
00:09:10Mais c'est vrai que c'était un chaos.
00:09:12C'était l'instant de survie.
00:09:13Les gens étaient bloqués.
00:09:13J'ai dû mettre une table en travers pour pouvoir me cacher d'aller à la table
00:09:16pour éviter de me faire attraper par le brasier.
00:09:19Mais bon, je m'en suis sorti et c'est le principal.
00:09:22On comprend donc qu'une serveuse portée visiblement sur les épaules d'un autre serveur,
00:09:28elle tient cette bouteille d'alcool qui projette des étincelles.
00:09:32Et c'est ce qui aurait pu embraser le plafond.
00:09:35Précisons tout de même une chose, Guillaume.
00:09:37C'est que ni la procureure générale du canton de Vallée,
00:09:40ni les propriétaires du bar ne confirment ou n'infirment cette piste à ce stade.
00:09:44Et à ce moment, l'incendie se propage extrêmement vite.
00:09:47Les témoins parlent d'un embrasement en moins de deux minutes.
00:09:50Les flammes gagnent le rez-de-chaussée, puis l'ensemble du bâtiment quasiment plein.
00:09:55Les clients tentent de sortir, comme on le voit sur ces images terribles amateurs filmées au moment des faits.
00:10:02Mais la porte principale est visiblement très étroite,
00:10:05de même que l'escalier du souterrain qui mène au rez-de-chaussée.
00:10:08Tous ne savent pas s'il existe une sortie de secours.
00:10:11On voit certains casse des vitres pour échapper aux flammes.
00:10:14Et d'après toujours certaines images amateurs et des témoignages, aucun extincteur n'a été utilisé.
00:10:20Plusieurs personnes tentent d'éteindre les flammes avec leurs vêtements, en vain, malheureusement, sans succès.
00:10:26On connaît la suite et le bilan dramatique.
00:10:27Alors avec nous, justement, l'un des témoins de ce drame.
00:10:30Alex, merci de prendre un petit peu de temps pour nous dire ce que vous avez pu voir.
00:10:35Vous avez 21 ans, vous étiez venu du canton de Vaud hier soir pour faire la fête avec vos amis.
00:10:41Racontez-nous à quoi vous avez assisté, ce que vous avez vu.
00:10:45En premier lieu, on voulait peut-être passer un moment justement dans ce bar,
00:10:50avant d'hésiter et d'aller voir pour un autre bar, car celui-là était plein.
00:10:56Suite à cela, on revient sur nos pas pour voir si c'était toujours bondé comme avant.
00:11:02Et c'est là qu'on voit un mouvement de foule un peu venir vers nous.
00:11:05Il n'y avait plus de feu à ce moment-là, mais on voyait des gens sortir, énormément de cris.
00:11:11C'était vraiment comme dans une série, en fait, c'était assez choquant.
00:11:15Il y a eu une odeur vraiment nauséabonde, un mélange entre le plastique, la chair.
00:11:20Enfin, c'était vraiment une odeur spéciale que je n'avais jamais sentie auparavant.
00:11:24Et une atmosphère hyper pesante.
00:11:25J'ai vu énormément de gens sortir.
00:11:28Enfin, énormément, ça va, mais quand même passablement.
00:11:29Inimpassablement, de gens brûlés à des hauts degrés, avec les habits troués et des grandes séquelles.
00:11:38C'était assez compliqué de rester de marbre face à cette situation.
00:11:45Et quand on voit effectivement ce que vous avez pu voir, ces personnes qui essayaient de fuir le plus rapidement possible,
00:11:51vous avez pu constater, j'imagine aussi, que les secours sont assez rapidement arrivés.
00:11:55Tout à fait. Alors, on a eu assez rapidement l'arrivée des policiers qui étaient là en même temps que nous,
00:12:02alors qu'on est arrivés à peu près une minute après ce qui s'est passé.
00:12:07Et ensuite, les pompiers, j'ai eu l'impression que c'était assez bien géré, malgré la rapidité de cette catastrophe.
00:12:15Que vous ont dit les personnes que vous avez vues sortir ?
00:12:18Certaines, peut-être, espérons-le, plus légèrement blessées.
00:12:21Est-ce qu'elles ont pu vous décrire ce qui s'était passé à l'intérieur ?
00:12:24Aucune des victimes, à ce moment, aucune victime n'était capable, j'ai l'impression, de prendre la parole.
00:12:32Elles étaient toutes en un état de choc très profond, très puissant.
00:12:37C'était vraiment pas...
00:12:39Pour eux, j'ai vraiment vu en eux quelque chose qui...
00:12:43C'était horrible à vivre, très certainement pour eux.
00:12:45Et puis, personne n'a pu se prononcer ou quoi que ce soit.
00:12:48C'était vraiment les gens autour qui disaient, qui expliquaient ce qui s'est passé.
00:12:52Mais aucune des victimes n'a pu se prononcer.
00:12:55En tout cas, je n'ai pas entendu ça.
00:12:58Il y avait, j'imagine, un sentiment de panique.
00:13:00Il y avait des cris.
00:13:01Comment ça se passait quand vous êtes arrivé sur place ?
00:13:03Alors, sur place, on entendait...
00:13:05En dessous des escaliers du bar, en fait, on ne voyait pas très bien.
00:13:10Mais il y avait des tas d'habits qui étaient carbonisés, mais aussi des personnes à terre.
00:13:15Et puis là, on entendait au secours, sauvez-moi, des cris d'agonie.
00:13:21Et ça projetait vraiment la douleur sur les personnes qui étaient témoins comme moi.
00:13:26On sent que vous êtes évidemment encore extrêmement touché par ce que vous avez vu il y a moins de 24 heures encore.
00:13:32Oui, je pense que ça va laisser une grande marque en moi.
00:13:38Et je suis quand même content de ne pas avoir été impliqué là-dedans.
00:13:42C'est une grande chance pour moi de ne pas avoir été une de ces victimes.
00:13:46Je ne suis pas passé loin à mes proches non plus.
00:13:49Et je suis de tout cœur avec les proches des victimes.
00:13:54Parce que ce que vous nous dites, c'est qu'à peu de choses près, c'est dans ce bar que vous, vous auriez souhaité aller hier soir,
00:13:59s'il y avait encore eu de la place.
00:14:01Exactement, oui.
00:14:03Merci beaucoup pour ce témoignage.
00:14:06Merci à vous, Alex, témoin de ce drame qui a donc frappé ce bar de Grand-Montana hier.
00:14:13Ce qui est marquant, évidemment, lieutenant-colonel, c'est qu'on entend la question de l'évacuation.
00:14:19Qu'est-ce qui est le plus compliqué dans ce genre de situation quand il y a un incendie, une explosion ?
00:14:25On entend parler d'un sous-sol avec un escalier qui serait particulièrement étroit.
00:14:29Quel est le plus grand danger dans ces cas-là ?
00:14:32Ce qu'on constate ces dernières années, la conjonction de plusieurs facteurs qui arrivent à ces drames.
00:14:38Souvent des spectacles pyrotechniques ou des feux de Bengale, comme c'est le cas pour cette bouteille que l'on voyait tout à l'heure,
00:14:44allié à des matériaux très inflammables, que ce soit au plafond, que ce soit sur les murs.
00:14:49Souvent, c'est des dispositifs pour insonoriser un peu l'établissement.
00:14:53Je vous rappelle qu'on a des logements au-dessus, donc il faut faire le moins de bruit possible.
00:14:56Et puis, parfois, ce sont également des issues de secours, soit non judicieusement réparties,
00:15:05ou alors des issues de secours qui sont bloquées, parce qu'on veut éviter que des personnes rentrent dans l'établissement.
00:15:10Donc cette conjonction de ces facteurs alliés à une alarme peut-être non fonctionnelle,
00:15:16font que les gens vont mettre beaucoup de temps à démarrer leur évacuation,
00:15:20et quand ils vont commencer à évacuer, en fait, ils vont être rattrapés par les fumées.
00:15:25C'est ça qui est dramatique dans les sous-sols, c'est que la fumée va monter quasiment en même temps qu'eux,
00:15:30par cette cage d'escalier, et elle va les suivre jusqu'à l'extérieur,
00:15:33ce qui fait que les premiers vont pouvoir sortir avec une fumée pas encore suffisamment dense pour les intoxiquer,
00:15:39mais très rapidement, s'ils n'évacuent pas rapidement, ceux qui sont derrière, en fait,
00:15:43vont se retrouver dans un nuage de fumée toxique, irritante, suffocante.
00:15:48Donc ils vont perdre leurs repères, ils ne vont plus savoir où ils sont,
00:15:52ils ne sauront même plus qu'ils sont dans une cage d'escalier,
00:15:55ils vont tomber, les autres vont leur marcher dessus,
00:15:57et c'est souvent de cette manière que se déroulent ces drames.
00:16:01Encore dernièrement en Inde, 25 personnes sont mortes.
00:16:03Et c'est ce qu'on voit sur ces images, ce que vous décrivez,
00:16:08effectivement, des personnes qui se marchent dessus pour essayer d'évacuer.
00:16:12Ce que vous dites, c'est que le risque premier, c'est presque l'asphyxie,
00:16:17avant même, finalement, les flammes, c'est ça ?
00:16:19Évidemment, là, on le voit bien sur la vidéo,
00:16:22où on voit les gens enjambés à une espèce de parapet.
00:16:25En fait, la fumée, à un moment donné, il faut qu'elle puisse s'échapper de l'établissement,
00:16:28donc elle va suivre le cheminement des gens qui évacuent,
00:16:31et à un moment donné, ces fumées qui sont très chaudes, s'embrasent.
00:16:35Et donc, c'est pour ça qu'on a ces flammes très visibles,
00:16:37et qui sortent comme un chalumeau, quasiment.
00:16:40Et donc là, on a des personnes qui vont être intoxiquées,
00:16:43et souvent, la plupart du temps, les gens meurent intoxiqués par les fumées,
00:16:48et ensuite, par les effets des flammes, on va les retrouver carbonisés,
00:16:53mais dans 95% des cas, ils meurent par les fumées.
00:16:57Marie Roux, vous êtes à quelques mètres, justement, de ce bar
00:17:00qui a été frappé par ce dramatique incendie hier.
00:17:03Est-ce qu'il y a encore des personnes sur place, justement, pour les investigations ?
00:17:07Est-ce qu'il y a des personnes encore qui viennent peut-être rendre hommage ?
00:17:09À quoi vous assistez ce soir ?
00:17:13Oui, écoutez, on a croisé plusieurs personnes qui sont venues déposer des fleurs.
00:17:18Alors, il y a deux barrages.
00:17:19Le premier, là où on est, avec Bastien Dufour,
00:17:21et un autre, de l'autre côté de la rue, où se trouve ce bar.
00:17:25Ici, l'ambiance, elle est assez pesante.
00:17:28Certains jeunes, souvent, viennent déposer des fleurs,
00:17:31essayer de se recueillir, et puis il y a ceux qui passent.
00:17:34Mais la plupart des gens affichent une mine assez triste.
00:17:36On est avec Françoise, qui a été très touchée par le drame.
00:17:38Ça fait 30 ans que vous venez dans cette station.
00:17:41On sent qu'aujourd'hui, c'est un jour particulier pour vous.
00:17:44C'est très triste.
00:17:45Heureusement, ça n'est jamais arrivé à Montana ou ailleurs.
00:17:48De toute façon, c'est quelque chose d'épouvantable de perdre un enfant.
00:17:51Et c'est que des jeunes.
00:17:52Il y a des parents qui ne savent peut-être même pas
00:17:54que leur enfant est décédé ou hospitalisé.
00:17:57C'est horrible, c'est lourd.
00:17:59Et surtout, ici, Françoise,
00:18:01personne ne se souhaite le nouvel an aujourd'hui.
00:18:04Tout le monde attend des nouvelles, suit les nouvelles.
00:18:06Je n'ai pas envie de se souhaiter le nouvel an.
00:18:08On a juste presque honte de se souhaiter la bonne année il y a quelques ans.
00:18:11Parce que c'est tellement épouvantable ce qui s'est passé.
00:18:15C'est tellement terrible.
00:18:16Vous me disiez, hier soir, vous étiez juste en face de ce bar.
00:18:19Vous avez bu un verre.
00:18:21Vous êtes rentrée.
00:18:22Impossible d'imaginer un tel drame.
00:18:24Absolument impossible.
00:18:25C'est juste, on était au 1900, si je peux me permettre de le citer.
00:18:29On est rentrée.
00:18:30Vous ne pouvez pas imaginer que quelques heures après,
00:18:32il y a tout qu'à partir en cacahuètes.
00:18:34Vous me disiez, vous habitez à 10 minutes du centre-ville.
00:18:37Vous avez entendu cette explosion.
00:18:39On a l'impression que c'était un feu d'artifice.
00:18:42Rien d'autre.
00:18:43Comme c'est typique pour une soirée du nouvel an.
00:18:45Un feu d'artifice tardif, parce que c'était une heure et demie du matin.
00:18:48On vous sent très touchée, en tout cas, Françoise.
00:18:52Je pense toujours aux parents.
00:18:54Moi-même, je suis maman.
00:18:55On vous sent très émue, Françoise.
00:19:00Évidemment, vous sentez cette émotion.
00:19:02Elle est présente ici, dans les rues de Cran-Montana.
00:19:05Tout le monde a une pensée pour toutes les victimes,
00:19:08les personnes blessées.
00:19:09On sent que cette émotion, elle va rester longtemps,
00:19:12ici, dans le centre-ville.
00:19:13– Marie Roux avec Bastien Dufour.
00:19:17Boris, il y a eu une conférence de presse des autorités helvétiques
00:19:20en fin de journée.
00:19:21Concrètement, qu'est-ce qu'on sait ?
00:19:22Où en est l'enquête ?
00:19:23– Alors, la priorité aujourd'hui, c'est bien évidemment
00:19:25l'identification des corps qui va prendre sans doute plusieurs jours.
00:19:29Une quarantaine de personnes décédées,
00:19:31mais ce n'est qu'un bilan provisoire.
00:19:33115 blessés, la plupart grièvement.
00:19:36La procureure générale qui refuse de confirmer
00:19:39ou d'infirmer les bougies intoncelantes.
00:19:42Vous le savez, depuis la mi-journée sur BFM TV,
00:19:45il y a plusieurs témoignages que vous pouvez entendre
00:19:47sur notre antenne qui font état de feux de bengale
00:19:50positionnés sur une bouteille de champagne
00:19:53et qui auraient pu donc enflammer le plafond
00:19:56puisque la serveuse se serait trouvée sur le dos
00:19:58de l'un de ses collègues en portant donc ses bouteilles de champagne
00:20:00avec ses feux de bengale.
00:20:03Des témoignages qui ont été corroborés par plusieurs personnes,
00:20:07mais la procureure refuse à ce stade de confirmer
00:20:09ou d'infirmer cette piste.
00:20:10L'enquête, dit-elle, est là pour déterminer
00:20:12si toutes les normes de sécurité ont été respectées
00:20:15ou, si ce n'est pas le cas, le cas échéant,
00:20:19engager donc la responsabilité des propriétaires des lieux.
00:20:22C'est un travail minutieux qui commence de longue haleine,
00:20:25tant on imagine les dégâts,
00:20:27ce n'est plus qu'un amas de détritus,
00:20:29ce bar à l'intérieur même, on a pu le voir sur les images,
00:20:31donc il va falloir du temps pour que les techniciens,
00:20:33la police scientifique, puissent trouver l'origine de ce sinistre
00:20:38avec des analyses en laboratoire qui vont être menées,
00:20:41toujours pour trouver qu'est-ce qui a mis le feu,
00:20:44quel est le départ de ce feu, s'il est volontaire ou non.
00:20:46Bref, un long travail d'enquête,
00:20:48mais avec une priorité absolue aujourd'hui,
00:20:50c'est l'identification des victimes
00:20:52pour pouvoir remettre le corps des victimes, hélas, à leur famille.
00:20:55Justement parce qu'il y a aussi évidemment une grande inquiétude
00:20:58d'un certain nombre de familles qui n'ont pas de nouvelles
00:21:00de certains, de leurs fils, de leurs filles.
00:21:03Gilles Rex, comment on mène des investigations ?
00:21:06Première chose déjà,
00:21:07quand un bâtiment a été détruit par un incendie,
00:21:09est-ce qu'on peut identifier les corps ?
00:21:11Oui, bien sûr, on peut identifier les corps.
00:21:13Déjà, que se passe-t-il derrière les tentes blanches
00:21:16qu'on voit sur les images devant cet établissement ?
00:21:19Eh bien, les enquêteurs, il va y avoir deux enquêtes,
00:21:22finalement, séparées dans cette affaire-là.
00:21:24Il va y avoir l'enquête générale, l'enquête criminelle,
00:21:27pour déterminer les causes du drame et de l'incendie,
00:21:30avec les laboratoires d'incendie, d'explosifs.
00:21:34Et on peut trouver des preuves, quand même, malgré l'incendie ?
00:21:36Ils vont chercher le départ du feu en faisant des prélèvements,
00:21:39des tampons noirs sur différentes parties
00:21:41pour voir d'où l'incendie est parti.
00:21:44Dans ces tentes-là, il va y avoir un centre de tri des scellés,
00:21:48puisqu'évidemment, dans l'intérieur de l'établissement,
00:21:50tout est noir, c'est un chaos total.
00:21:53Et les enquêteurs vont procéder à tout un tas de choses
00:21:56d'une enquête classique d'identité judiciaire,
00:21:58de police scientifique, en faisant des photos, des vidéos,
00:22:01et des scellés, en retrouvant des traces, des indices
00:22:04qu'ils vont collationner, qu'ils vont conditionner.
00:22:07Et dans ces tentes-là, il y a un centre de tri des scellés
00:22:10pour mettre s'il y a des traces papillaires,
00:22:13des ADN à analyser, etc.
00:22:15Et à côté, il y a aussi, vraisemblablement,
00:22:18puisque c'est comme ça que nous pratiquions,
00:22:21une zone mortuaire qui va accueillir les victimes,
00:22:25les corps des victimes, puisqu'on ne peut pas faire
00:22:27à l'intérieur grand-chose.
00:22:29En fait, on va les sortir dans un premier temps
00:22:30vers ces tentes-là, de manière aussi à les photographier,
00:22:33à faire un examen visuel de ces corps-là,
00:22:37les numéroter aussi, comme un code-barre,
00:22:40c'est un numéro sinus, de manière à savoir
00:22:42où elles vont être évacuées.
00:22:43Et après, une fois que ces premières analyses
00:22:46seront faites au visuel, comme ça,
00:22:47en voyant s'ils ont des bijoux, des valeurs sur eux,
00:22:52ces corps seront évacués ou dans un hôpital
00:22:54ou dans un institut médico-légal
00:22:56qui seront les plus à même à prendre en charge
00:22:59les autopsies qui seront dirigées par des médecins légistes.
00:23:01Thierry, est-ce qu'on sait, est-ce qu'on a des indications
00:23:04pour savoir s'il y a des Français
00:23:06parmi les personnes décédées ou parmi les personnes disparues ?
00:23:09Alors, la seule communication officielle
00:23:11dont on dispose jusqu'à présent,
00:23:12on remonte à la fin de matinée.
00:23:14Guillaume, c'est un communiqué du Quai d'Orsay
00:23:15qui nous dit que deux Français figurent parmi les blessés.
00:23:19Ajoute qu'ils ont été immédiatement pris en charge
00:23:21par les services de secours.
00:23:23Et on précise ensuite que les équipes consulaires du ministère
00:23:26sont en contact permanent avec les autorités suisses
00:23:28dans le cas où d'autres ressortissants seraient concernés.
00:23:32Voilà ce que l'on dit publiquement.
00:23:34Ce qui semble assez clair,
00:23:36c'est qu'on s'attend malheureusement à voir d'autres Français
00:23:39au-delà des deux blessés qui ont été reconnus
00:23:43comme étant des ressortissants français.
00:23:46Peut-être parmi les blessés,
00:23:47peut-être parmi les personnes décédées.
00:23:50Le bilan pour la France,
00:23:52tout le monde s'attend à ce qu'il soit malheureusement plus lourd.
00:23:54Ludovic Panganos, c'est une station de ski Suisse
00:23:57qui accueille beaucoup de touristes étrangers.
00:24:02Est-ce qu'on est préparé à gérer une telle situation de crise ?
00:24:06En tout cas, en France, on l'est,
00:24:08puisque qu'on soit étranger ou pas,
00:24:09de toute façon, l'organisation des secours
00:24:10va se dérouler exactement de la même façon.
00:24:12Les secours seront organisés sous l'autorité du préfet du département
00:24:15en sa qualité de directeur des opérations.
00:24:18Et ce préfet a un outil à sa disposition
00:24:20qu'on appelle le plan Orsec.
00:24:22Et là, en l'occurrence, on va déclencher le plan Orsec
00:24:24nos vies, nos vies pour nombreuses victimes.
00:24:26Donc c'est tout un dispositif qui va se mettre en place
00:24:28sous l'autorité du préfet
00:24:30avec un officier de sapeur-pompier
00:24:32qui commandera les opérations de secours.
00:24:34Alors on voit que c'est pareil, il y a un plan spécial.
00:24:36C'est un plan spécial.
00:24:38Je me suis renseigné cet après-midi,
00:24:40effectivement, c'est un dispositif équivalent
00:24:42qui existe en Suisse.
00:24:43Il faut coordonner d'abord les opérations de sauvetage
00:24:46tant qu'on peut encore aller chercher
00:24:47de potentielles victimes pour les extraire de l'incendie
00:24:50ces premières missions de sauvetage.
00:24:51En parallèle à cela, des missions d'extinction de l'incendie
00:24:54et bien sûr, la prise en charge ensuite
00:24:56de l'ensemble des victimes
00:24:58dans des postes médicaux avancés
00:25:00de façon à ce qu'on puisse,
00:25:02de la façon la plus efficace possible,
00:25:04assurer les premières actions
00:25:06sur ces victimes
00:25:07et en parallèle, organiser leur transfert
00:25:09vers les premières structures hospitalières.
00:25:11J'ai dit les premières
00:25:12parce qu'un événement de cette ampleur
00:25:15fait que les structures locales
00:25:18ne sont pas adaptées pour accueillir
00:25:19autant de victimes avec des pathologies aussi spécifiques que ça,
00:25:22notamment des grands brûlés.
00:25:23Et donc, c'est toute une organisation
00:25:24qui doit être mise en place
00:25:25sur le plan international en l'occurrence
00:25:27et ça a été dit tout à l'heure
00:25:28avec l'appui de la France
00:25:31et de l'Italie notamment
00:25:32pour pouvoir aider la Suisse
00:25:33à prendre en charge
00:25:34dans les meilleures conditions.
00:25:35Oui, tout ce que je le rappelle,
00:25:37le président de la République
00:25:37effectivement a communiqué sur X
00:25:39il y a quelques instants
00:25:40et confirmé que la France, je cite,
00:25:42accueille des blessés dans ses hôpitaux
00:25:44et se tient disponible pour toute aide.
00:25:47On repart tout de suite en Suisse
00:25:48à retrouver Élise Phillips.
00:25:50Élise, je crois que vous êtes
00:25:51avec quelqu'un qui est rescapé
00:25:53de ce dramatique incendie
00:25:54qui a touché cet établissement
00:25:56de Cran-Montana hier soir.
00:25:57Oui, tout à fait,
00:26:01parce qu'on est devant l'église
00:26:02de Cran-Montana
00:26:02où vient de se terminer la messe
00:26:05en hommage aux victimes,
00:26:07aux trop nombreuses victimes
00:26:08de ce drame hier soir
00:26:10et on est avec Laetitia,
00:26:12Laetitia qui a 17 ans.
00:26:13Merci beaucoup de nous accorder ce temps
00:26:15parce qu'on imagine à quel point
00:26:16c'est difficile de parler
00:26:17moins de 24 heures après le drame.
00:26:20Vous étiez sur place hier soir.
00:26:21Est-ce que vous pouvez nous raconter
00:26:22ce qui s'est passé,
00:26:24ce que vous avez vécu ?
00:26:25Alors moi, du coup,
00:26:26je suis descendue vraiment,
00:26:28je pense, une minute
00:26:29avant que ça prenne feu.
00:26:31Donc je suis descendue au bar
00:26:34qui était au sous-sol
00:26:35et j'ai rejoint un ami à moi
00:26:38et après, j'entendais au feu, au feu
00:26:42et je voyais les gens
00:26:43qui commençaient à courir.
00:26:44Alors j'ai rejoint mon ami
00:26:46et on s'est juste mis à courir.
00:26:50Et il y a eu le feu
00:26:52qui s'est propagé très, très vite.
00:26:55Il y a eu la fumée aussi
00:26:58qui était vraiment horrible.
00:27:01Enfin, ça piquait les yeux,
00:27:02on n'arrivait plus à respirer.
00:27:04Et après, il y a eu une explosion
00:27:07parce que je crois que c'était
00:27:09par rapport à des fuites de gaz
00:27:10ou des choses comme ça.
00:27:12Et je l'ai senti sur mes jambes
00:27:16parce qu'à ce moment-là,
00:27:19j'étais tombée.
00:27:19En fait, il y avait seulement
00:27:21une seule porte pour pouvoir sortir.
00:27:23Une porte simple
00:27:24pour une centaine de personnes.
00:27:26Donc c'était pas...
00:27:28Tout le monde se bousculait
00:27:29comme pas possible.
00:27:31Et moi, je me suis retrouvée
00:27:32sous 3-4 personnes
00:27:35qui étaient un peu en train de brûler.
00:27:39Il y avait des gens morts autour de nous.
00:27:42Comment est-ce que vous avez fait
00:27:42pour sortir ?
00:27:44On imagine la cohue à ce moment-là.
00:27:46Moi, j'ai juste...
00:27:48J'ai levé les mains
00:27:49et je criais.
00:27:51Et il y a un garçon
00:27:52que je connais pas du tout
00:27:53et que je remercie de tout cœur.
00:27:57Mais du coup, il m'a juste prié.
00:27:59Il m'a juste...
00:28:00Il m'a tiré.
00:28:01Et du coup, j'ai réussi à sortir
00:28:05grâce à lui.
00:28:06Et après, il est allé
00:28:07aider d'autres gens, etc.
00:28:08Et j'ai réussi à sortir grâce à lui.
00:28:10Mais le choc était vraiment...
00:28:13En fait, c'était vraiment horrible.
00:28:16Tout le monde était vraiment sous choc.
00:28:18Personne ne comprenait rien.
00:28:19Même les brûlés,
00:28:20ils avaient l'air de ne pas comprendre
00:28:22ce qui était en train de leur arriver.
00:28:27Est-ce que vous avez vu le moment
00:28:29où ça s'est embrasé ?
00:28:30On parle de bougies
00:28:31qui se sont embrasées.
00:28:32Est-ce que ça, vous l'avez vu ?
00:28:33Ou est-ce que pour l'instant,
00:28:34c'est encore un peu flou
00:28:35sur l'origine de cet incident ?
00:28:38Alors moi, je ne l'ai pas vu.
00:28:40Mais j'ai des amis qui l'ont vu
00:28:41et qui disent que c'était un peu
00:28:43sur les sortes de feu d'artifice,
00:28:44sur les bouteilles dans les grands seaux
00:28:47pour les tables qui ont touché le plafond.
00:28:49Et du coup, ça s'est embrasé.
00:28:51Et je pense que c'est un autre terme
00:28:55pour dire bougie.
00:28:56Donc je pense que ça doit être ça.
00:28:58Il y a eu beaucoup de versions différentes.
00:29:01Et on est sûr de rien.
00:29:03En tout cas, moi, je n'ai rien vu.
00:29:04Donc j'ai juste vu le feu qui se propageait,
00:29:07mais je n'ai pas vu dès qu'il a commencé.
00:29:11Vous étiez avec une dizaine d'amis hier soir.
00:29:13Est-ce que certains de vos amis
00:29:15sont portés disparus ?
00:29:18Ou est-ce que vous avez des nouvelles
00:29:18de tout le monde ?
00:29:20On était donc avec dix amis,
00:29:22mais on n'est que deux à être rentrés.
00:29:25Les restes, ils sont restés dehors.
00:29:27Et dans les amis que j'avais à l'intérieur,
00:29:30il y en a environ six
00:29:31qui sont portés disparus.
00:29:34Il y a des connaissances que je connais.
00:29:38C'est des connaissances d'amis
00:29:40ou des choses comme ça.
00:29:41Donc ils sont décédés, malheureusement.
00:29:45Et du coup, pour moi, mes amis
00:29:47et les gens que je côtoie
00:29:49et que je connais,
00:29:50j'espère juste qu'on n'a pas encore de nouvelles
00:29:53parce qu'on ne sait pas.
00:29:54Parce qu'ils ont peut-être été envoyés
00:29:56dans des hôpitaux très loin.
00:29:58Et c'est tout ce que j'espère
00:30:00parce que sinon,
00:30:03ce serait trop dur.
00:30:04Vous nous disiez tout à l'heure,
00:30:05vous avez vu des images
00:30:06que vous n'auriez jamais dû voir,
00:30:08surtout à votre si jeune âge.
00:30:10Comment vous allez ce soir,
00:30:11moins de 24 heures après le drame ?
00:30:13Je n'ai pas dormi de la nuit.
00:30:16J'ai dû dormir 2-3 heures.
00:30:19Mes copines, elles n'ont pas dormi.
00:30:21Et en fait, à chaque fois
00:30:22que je ferme les yeux,
00:30:22je revois tout en boucle.
00:30:25Parce que quand j'étais en train
00:30:27de me faire écraser par des gens,
00:30:28il y avait une fille
00:30:29qui avait complètement ses habits,
00:30:30elle avait brûlé.
00:30:32Ses cheveux avaient brûlé,
00:30:33son visage avait brûlé.
00:30:34Elle était en-dessus de moi
00:30:35et elle me regardait
00:30:35avec des yeux tellement tristes
00:30:38et tellement elle avait peur.
00:30:41Et je ne la connaissais pas du tout,
00:30:42mais elle était tellement proche de moi.
00:30:45Et même les gens autour,
00:30:47il y avait des gens
00:30:47qui étaient en train
00:30:48de se faire réanimer autour de nous.
00:30:50On voyait des gens
00:30:50juste étalés par terre.
00:30:52On ne savait pas
00:30:52s'ils étaient morts.
00:30:53Les gens étaient pleins de sang,
00:30:55sans habit.
00:30:57Les gens devenaient fous.
00:30:59C'était horrible
00:31:00comme image à voir.
00:31:02Là, ce soir,
00:31:03il y a beaucoup de monde
00:31:04à cette messe.
00:31:04Est-ce que ça vous fait
00:31:05chockeur de voir
00:31:07qu'il y a du soutien ?
00:31:09Est-ce que vous êtes soutenue aussi ?
00:31:10Est-ce que vous êtes entourée
00:31:12par votre famille,
00:31:12par vos proches ?
00:31:13Oui, oui.
00:31:14Moi, directement,
00:31:15j'ai appelé mes parents.
00:31:16Ils sont venus me chercher.
00:31:17Ils ont fait tout et n'importe quoi
00:31:19pour venir me chercher.
00:31:22Après, c'est sûr
00:31:26que ça reste quand même
00:31:28des situations
00:31:28qu'on ne voudrait pas vivre.
00:31:31Je suis quand même
00:31:31très reconnaissante
00:31:32d'avoir survécu
00:31:34et que mes parents
00:31:35soient là aussi pour moi
00:31:36et mes amis aussi.
00:31:38Chaque parent est venu
00:31:40pour mes copines, etc.
00:31:45Merci beaucoup, Laetitia,
00:31:46d'avoir pris le temps
00:31:47de nous raconter
00:31:49ce que vous avez vécu hier soir.
00:31:50Laetitia, qui est donc
00:31:51une miraculée,
00:31:53même si, évidemment,
00:31:54malheureusement,
00:31:54ce n'a pas été le cas
00:31:55de tout le monde.
00:31:56Il y a encore
00:31:56beaucoup de personnes
00:31:57portées disparues.
00:31:59Le bilan pourrait s'alourdir
00:32:00dans les prochaines heures.
00:32:02Et en attendant,
00:32:02ce qui prévaut ici
00:32:04à Croix-Montana,
00:32:05c'est le recueillement
00:32:06avec un premier épisode,
00:32:08si on peut dire,
00:32:10ce soir,
00:32:10avec une messe
00:32:11dans cette église
00:32:11qui a recueilli
00:32:12beaucoup de monde
00:32:12tout à l'heure
00:32:13pendant un peu plus d'une heure.
00:32:14On a vu beaucoup de gens
00:32:15se recueillir,
00:32:16prier à l'intérieur
00:32:17de l'église,
00:32:18écouter les paroles du prêtre,
00:32:19écouter les chants religieux.
00:32:21Cette messe,
00:32:21elle s'est terminée
00:32:22il y a 20-25 minutes maintenant.
00:32:24Mais on voit encore
00:32:25devant l'église
00:32:26des gens qui s'attardent
00:32:27parce que,
00:32:28évidemment,
00:32:28moins de 24 heures
00:32:29après le drame,
00:32:30l'atmosphère est encore
00:32:30très lourde
00:32:31ici à Croix-Montana.
00:32:33Merci Élise Phillips
00:32:34avec Morgane Dumont.
00:32:37On a tous écouté
00:32:38avec émotion
00:32:39ce témoignage
00:32:40de cette jeune fille
00:32:41qui était présente
00:32:42à l'intérieur
00:32:42effectivement
00:32:44de cet établissement.
00:32:45Témoignage extrêmement
00:32:46poignant.
00:32:48Quand on entend
00:32:49ce qu'elle dit
00:32:49le lieutenant-colonel
00:32:50Ludovic Pagano,
00:32:52qu'est-ce qui vous marque
00:32:53le plus ?
00:32:53Une nouvelle fois,
00:32:54cette question
00:32:55de l'évacuation
00:32:56des lieux
00:32:56qui est extrêmement difficile ?
00:32:58Oui,
00:32:58c'est cette situation
00:33:01de panique extrême
00:33:03vécue à l'intérieur même
00:33:05de l'établissement,
00:33:06cette propagation
00:33:07extrêmement rapide
00:33:08du feu
00:33:09et des fumées
00:33:10et cette incapacité
00:33:12pour un certain nombre
00:33:13des occupants
00:33:14à pouvoir
00:33:15s'extraire
00:33:15de cet enfer.
00:33:16Donc ça marque
00:33:18et comme elle le dit
00:33:19de façon très froide,
00:33:23elle garde ces images
00:33:25de victimes
00:33:25qu'elle voit au sol,
00:33:26qu'elle comprend
00:33:27comme déjà décédées,
00:33:28des victimes brûlées,
00:33:29des victimes inconscientes,
00:33:30des gens qu'elle ne connaît pas,
00:33:32des gens qui sont
00:33:32peut-être encore en vie
00:33:34mais on comprend
00:33:35à quel point
00:33:36cette panique
00:33:38dans l'établissement
00:33:39a rendu les choses
00:33:40particulièrement difficiles.
00:33:41Comment est-ce qu'on peut
00:33:42se remettre de cela ?
00:33:44On a entendu son témoignage
00:33:45où elle dit
00:33:45j'ai vu en face de moi
00:33:46j'ai le visage
00:33:47de cette jeune femme
00:33:48que je ne connaissais pas
00:33:49mais j'ai vu le visage brûlé,
00:33:51les cheveux brûlés,
00:33:53ça va être extrêmement long
00:33:55j'imagine
00:33:55pour cette jeune fille ?
00:33:57En fait,
00:33:57c'est un syndrome
00:33:59post-traumatique
00:34:00qui va rester
00:34:01ancré
00:34:02dans sa tête
00:34:03de très nombreuses années.
00:34:05Là,
00:34:05elle n'a quasiment pas
00:34:06dormi cette nuit,
00:34:07il va falloir
00:34:08qu'elle échange
00:34:08avec un psychologue
00:34:10rapidement.
00:34:11C'est souvent
00:34:12les signes
00:34:12parmi nos sapeurs-pompiers
00:34:14lorsqu'on a
00:34:15suite à des drames
00:34:16des sapeurs-pompiers
00:34:17qui dorment mal
00:34:18la première nuit
00:34:18en fait,
00:34:19ce sont vraiment
00:34:20les signaux d'alerte
00:34:21où on sait
00:34:22que ça va laisser
00:34:23des traces
00:34:23donc il faut
00:34:24que les langues
00:34:25se délient,
00:34:26que les gens
00:34:26puissent parler,
00:34:27qu'ils puissent évoquer
00:34:28les difficultés
00:34:30qu'ils ont rencontrées.
00:34:31Moi,
00:34:31je voudrais juste
00:34:32revenir par rapport
00:34:33à ce témoignage
00:34:34poignant
00:34:35de cette jeune fille
00:34:36qui a été finalement
00:34:36sauvée par un jeune
00:34:37qui l'a emmenée
00:34:39avec elle
00:34:39dans la...
00:34:40On pense...
00:34:41J'ai levé le bras,
00:34:42dit-elle.
00:34:42Elle a levé le bras,
00:34:43il était là,
00:34:43il l'a emmenée,
00:34:44il est providentiel
00:34:45et c'est aussi
00:34:46l'occasion de rappeler
00:34:47la sensibilisation
00:34:48à la formation
00:34:49des personnels
00:34:50à l'intérieur
00:34:51des établissements
00:34:51mais du public,
00:34:52du citoyen
00:34:53qui doit aussi
00:34:53être capable
00:34:54de gérer
00:34:54aussi son évacuation
00:34:55qui doit savoir
00:34:56que dans un ERP,
00:34:57dans un établissement
00:34:58recevant du public,
00:34:59il y a des blocs de secours
00:35:00et c'est grâce
00:35:00à ces blocs de secours
00:35:01que l'on rejoint
00:35:02la sortie.
00:35:03Quand on voit
00:35:03un incendie,
00:35:04on appuie
00:35:04sur le bouton rouge,
00:35:05il faut resensibiliser
00:35:07tous les acteurs
00:35:09sur le terrain,
00:35:10les jeunes,
00:35:12les exploitants
00:35:12qui sont aussi responsables
00:35:14et là,
00:35:14elle a eu cette vie sauve
00:35:15grâce à ce jeune
00:35:16qui l'a emmenée
00:35:17avec elle,
00:35:18sinon elle n'aurait
00:35:18certainement pas eu
00:35:19la force
00:35:19de rejoindre la sortie
00:35:21de secours.
00:35:21Et c'est ce qu'elle dit,
00:35:22elle évoque un certain nombre
00:35:22de personnes avec elle
00:35:23et qui sont toujours
00:35:24portées disparues.
00:35:25On repart tout de suite
00:35:26en Suisse,
00:35:27retrouver notre correspondante
00:35:29Catherine Fiancan-Boconga.
00:35:31Bonsoir,
00:35:31vous avez des informations
00:35:32notamment sur le
00:35:33transfert d'un certain nombre
00:35:35de victimes
00:35:36de cet incendie.
00:35:38Effectivement,
00:35:39j'ai eu l'occasion
00:35:39de discuter
00:35:40avec des personnes
00:35:42du CHUV,
00:35:42le CHUV étant
00:35:43l'hôpital situé
00:35:45à Lausanne
00:35:45en canton de Vaud
00:35:46et qui a reçu
00:35:47des grands brûlés
00:35:49au cours
00:35:50de la matinée
00:35:51et en fait,
00:35:53ils ont reçu
00:35:5422 personnes.
00:35:55Parmi ces 22 personnes,
00:35:56vous avez 13 adultes
00:35:59et 9 mineurs.
00:36:01D'après les renseignements
00:36:03que j'ai pu recueillir,
00:36:04la plupart de ces personnes
00:36:06sont brûlées
00:36:07à plus de 60 %.
00:36:08Et je suppose
00:36:10que les médecins
00:36:11qui sont sur le plateau
00:36:12vous diront
00:36:13que c'est très grave
00:36:14et qu'il est très difficile
00:36:16de s'en sortir
00:36:16quand on est brûlé
00:36:17à 60 %,
00:36:18bien qu'on reste
00:36:19très optimiste
00:36:20pour des gens
00:36:20qui ont moins de 30 ans
00:36:22qui peuvent avoir
00:36:23une possibilité de guérison.
00:36:25Maintenant,
00:36:26pour revenir sur
00:36:27les témoignages
00:36:28qui m'ont précédé
00:36:30et celui,
00:36:31par exemple,
00:36:31de la jeune fille,
00:36:33j'ai aussi eu l'occasion
00:36:34de parler
00:36:35à des personnes
00:36:36qui disaient
00:36:36exactement la même chose,
00:36:38c'est que les gens
00:36:39étaient tombés
00:36:39dans cet escalier
00:36:40en espérant monter,
00:36:42ils ont été écrasés
00:36:43et en fait,
00:36:44ils ne savaient plus
00:36:45très bien
00:36:45où ils étaient
00:36:46parce qu'ils étaient
00:36:47complètement perdus
00:36:48par la fumée
00:36:49âcre et opaque
00:36:50qui leur faisaient perdre
00:36:51à demi-conscience,
00:36:53ils levaient les bras
00:36:53et des gens
00:36:54les tiraient
00:36:55par les bras
00:36:56et les sortaient
00:36:57de ce lieu.
00:36:59Et maintenant,
00:36:59concernant
00:37:00les nationalités
00:37:02des personnes
00:37:03qui sont
00:37:04gravement brûlées,
00:37:06effectivement,
00:37:07la directrice
00:37:09du CHUV
00:37:10a mentionné
00:37:11que des évacuations
00:37:13allaient avoir lieu,
00:37:15ont eu lieu
00:37:16vers des pays
00:37:17dont sont
00:37:19originaires
00:37:19ces personnes
00:37:20et où se trouvent
00:37:21les familles.
00:37:22Donc,
00:37:22ça pourrait correspondre
00:37:23aux personnes
00:37:24qui ont été évacuées
00:37:25sur la France,
00:37:25sur l'Allemagne
00:37:26et sur l'Italie.
00:37:28Oui,
00:37:28d'ailleurs,
00:37:29merci Catherine,
00:37:29d'après les informations
00:37:30effectivement
00:37:31de nos consorts
00:37:32de BFM Lyon,
00:37:33il y a deux blessés
00:37:34qui sont arrivés
00:37:35à Lyon,
00:37:35à l'hôpital
00:37:36Édouard Herrerio,
00:37:37personnes mineures,
00:37:38parmi lesquelles
00:37:39il y aurait donc
00:37:39un Français
00:37:40et un Suisse.
00:37:42L'édition spéciale
00:37:43se poursuit
00:37:43sur BFM TV,
00:37:44édition spéciale
00:37:45consacrée
00:37:46à cette nuit d'horreur
00:37:47à Cran-Montana
00:37:48en Suisse,
00:37:49incendie
00:37:49dans un établissement,
00:37:51dans un bar
00:37:51qui a provoqué
00:37:52la mort d'une quarantaine
00:37:54de personnes,
00:37:55115 blessés,
00:37:56c'est ce qu'ont expliqué
00:37:57en fin de journée
00:37:58les autorités.
00:37:59Bien sûr,
00:38:00les investigations
00:38:00ne font que commencer
00:38:02et justement,
00:38:03Igor,
00:38:04avec vous,
00:38:04on va revenir précisément
00:38:06sur le déroulé
00:38:07de ce drame.
00:38:08Oui,
00:38:08bien sûr,
00:38:08il était 1h30
00:38:09cette nuit,
00:38:10ce matin,
00:38:11juste après le passage
00:38:13en 2026,
00:38:14forcément,
00:38:15la fête
00:38:16bat son plein
00:38:17dans l'un des bar-clubs
00:38:18les plus connus
00:38:19de cette station suisse
00:38:20de Cran-Montana,
00:38:21station de ski
00:38:22très huppée,
00:38:23située dans le canton
00:38:24du Valais,
00:38:25c'est dans le sud-ouest
00:38:25du pays.
00:38:26L'établissement s'appelle
00:38:27donc le Constellation,
00:38:28propriété d'un couple
00:38:29de Français,
00:38:30originaire de Corse,
00:38:31et qui possède par ailleurs
00:38:32deux autres établissements
00:38:33dans la même zone.
00:38:34Ce bar est constitué
00:38:35de deux étages
00:38:35et d'une discothèque
00:38:37située au sous-sol
00:38:38et à ce moment-là,
00:38:39d'après les nombreux témoignages
00:38:41que BFM TV a récoltés
00:38:43ces dernières heures,
00:38:44il y avait plusieurs centaines
00:38:45de personnes
00:38:46aux étages
00:38:47et dans la discothèque
00:38:49située au sous-sol,
00:38:51des gens qui s'amusent,
00:38:52forcément,
00:38:52une clientèle très jeune
00:38:53avec la présence
00:38:55de nombreux mineurs.
00:38:56Alors justement,
00:38:57qu'est-ce qui s'est passé
00:38:58très concrètement ?
00:38:59Il faut revenir
00:38:59sur cette tradition
00:39:01si j'ose dire,
00:39:02ces clients
00:39:03qui commandent
00:39:03des bouteilles d'alcool
00:39:04et de champagne
00:39:05et qui ont généralement
00:39:06droit à un show.
00:39:08Et ce show
00:39:08est constitué
00:39:09de serveurs
00:39:10et de serveuses
00:39:11comme celles
00:39:11que l'on voit
00:39:12à l'image
00:39:13dans le bar
00:39:14La Constellation,
00:39:14dans la partie discothèque,
00:39:16qui portent des bouteilles
00:39:18avec des feux
00:39:19de Bengale.
00:39:20Il s'agit de sorte
00:39:20de bougies satillantes
00:39:21utilisées pour un anniversaire
00:39:23ou pour un nouvel an.
00:39:25Et d'après les témoignages
00:39:27que nous avons obtenus
00:39:28cet après-midi,
00:39:29il y a un scénario
00:39:30qui semble
00:39:31le plus entendu.
00:39:34Le feu démarre
00:39:35dans la discothèque
00:39:36à cause du feu
00:39:37de Bengale
00:39:37de l'une de ses bouteilles
00:39:39d'alcool.
00:39:39Et c'est ce que nous raconte
00:39:40justement un jeune
00:39:42qui a été témoin
00:39:43de cette scène.
00:39:44Il raconte
00:39:44la scène
00:39:44à BFM TV.
00:39:45Écoutez.
00:39:46J'étais au sous-sol,
00:39:48on s'amusait bien
00:39:49avec nos collègues
00:39:49mais malheureusement
00:39:51certains de nos collègues
00:39:53ne sont plus parmi nous
00:39:54à cause du feu,
00:39:56à cause de tout ça.
00:39:58Mais c'est vrai
00:39:58que c'était un chaos,
00:39:59c'était l'instant de survie
00:40:00où les gens étaient bloqués.
00:40:01J'ai dû mettre une table
00:40:02en travers
00:40:02pour pouvoir me cacher
00:40:03d'aller à la table
00:40:04pour éviter de me faire
00:40:04attraper par le brasier
00:40:06mais bon,
00:40:07je m'en suis sorti
00:40:08et c'est le principal.
00:40:09En comprenant
00:40:10qu'une serveuse
00:40:11était portée visiblement
00:40:12sur les épaules
00:40:13d'un autre serveur,
00:40:14elle tient à cette fameuse
00:40:15bouteille d'alcool
00:40:16qui projette des étincelles
00:40:17et c'est ce qui aurait pu
00:40:18embraser le plafond
00:40:20situé à une hauteur
00:40:21extrêmement basse.
00:40:22Sauf qu'il est important
00:40:23de préciser
00:40:24que ni la procureure générale
00:40:25du canton du Valais
00:40:27ni les propriétaires du bar
00:40:28ne confirment
00:40:29ou n'infirment
00:40:29cette version
00:40:30à ce stade.
00:40:31Alors à ce moment-là
00:40:32on se rend compte
00:40:33que l'incendie se propage
00:40:34extrêmement vite, Igor.
00:40:35Les témoins parlent
00:40:36d'un embrasement
00:40:36en moins de deux minutes
00:40:37les flammes gagnent
00:40:38le rez-de-chaussée
00:40:39puis l'ensemble du bâtiment
00:40:40alors quasiment plein
00:40:41à ce moment-là
00:40:42on le disait
00:40:43les clients tentent
00:40:44de sortir
00:40:45mais la porte principale
00:40:47semble extrêmement étroite
00:40:48de même que l'escalier
00:40:49dont on parle
00:40:50du souterrain
00:40:52pour mener au rez-de-chaussée
00:40:53tous ne savent pas
00:40:54s'il existe
00:40:54une porte de sortie
00:40:56une sortie de secours
00:40:57certains cassent des vitres
00:40:59comme on le voit
00:40:59sur cette vidéo
00:41:00pour échapper aux flammes
00:41:02et d'après toujours
00:41:03selon des témoignages
00:41:04eh bien aucun extincteur
00:41:06n'a été utilisé
00:41:07plusieurs personnes
00:41:08tentent d'éteindre
00:41:09les flammes
00:41:10avec leurs vêtements
00:41:11en vain
00:41:12sans succès
00:41:13on connaît le bilan
00:41:14dramatique
00:41:15quelques heures après
00:41:16des blessés
00:41:17des victimes
00:41:17qui ont été évacuées
00:41:18vers un certain nombre
00:41:19d'hôpitaux
00:41:20et notamment celui
00:41:21de Lausanne
00:41:21avec nous justement
00:41:22en direct ce soir
00:41:23Claire Charmé
00:41:24bonsoir
00:41:25merci de nous accorder
00:41:27un petit peu
00:41:27de votre temps
00:41:28on le disait
00:41:29vous êtes la directrice
00:41:30du centre hospitalier
00:41:31universitaire
00:41:32vaudois
00:41:32qui se trouve
00:41:33à Lausanne
00:41:34alors pour vous
00:41:34quelle est la situation
00:41:35combien de personnes
00:41:37est-ce que
00:41:37vous avez accueillies
00:41:38dans votre établissement
00:41:39alors au CHUV
00:41:42nous avons accueilli
00:41:4222 patients
00:41:43vous avez cité
00:41:45les chiffres
00:41:46tout à l'heure
00:41:47dans un certain
00:41:47nombre de mineurs
00:41:4822 patients
00:41:50un certain nombre
00:41:53de mineurs
00:41:53dans quel état
00:41:55si j'ose dire
00:41:55de gravité
00:41:56se trouve-t-il
00:41:57à l'heure
00:41:58où on se parle
00:41:58les patients
00:42:00qui ont été orientés
00:42:01au CHUV
00:42:02l'ont été en raison
00:42:03de la spécialisation
00:42:04dans la prise en charge
00:42:06des grands brûlés
00:42:06on est donc sur des patients
00:42:08qui sont dans un état critique
00:42:09des patients
00:42:11dans un état critique
00:42:12des patients suisses
00:42:13évidemment
00:42:14des patients étrangers
00:42:15est-ce que vous avez
00:42:15des patients français
00:42:16parmi les victimes
00:42:17qui ont été envoyées
00:42:18dans votre établissement
00:42:19oui
00:42:21on a effectivement
00:42:22des patients étrangers
00:42:23la coordination
00:42:24avec
00:42:25les
00:42:26les
00:42:27pays
00:42:29des ressortissants
00:42:30étrangers
00:42:31d'organiser
00:42:31par la police
00:42:33du Valais
00:42:33et puis nous
00:42:35on organise
00:42:36au niveau médical
00:42:37avec la Confédération Suisse
00:42:38des transferts
00:42:40qui pourront avoir lieu
00:42:41dans les jours à venir
00:42:42pour les patients
00:42:43qui pourraient revenir
00:42:44dans les unités
00:42:45de grands brûlés
00:42:46de leur pays d'origine
00:42:47dans un événement
00:42:49comme ça
00:42:50qui est inédit
00:42:50quel est le défi
00:42:51pour des établissements
00:42:53hospitaliers
00:42:53comme le vôtre ?
00:42:56Ce sont des patients
00:42:57dont la prise en charge
00:42:58est extrêmement lourde
00:42:59qui nécessitent
00:43:00énormément de moyens
00:43:02pour lesquels
00:43:03habituellement
00:43:04on prend
00:43:05quatre patients
00:43:07aujourd'hui
00:43:09on en a
00:43:0922
00:43:09donc on a mobilisé
00:43:11toutes les équipes
00:43:11du CHUV
00:43:12spécialisées
00:43:13en soins critiques
00:43:14soins intensifs
00:43:16qui s'appelle
00:43:17la réanimation
00:43:18en France
00:43:19donc soins intensifs
00:43:21et soins continus
00:43:22mais aussi
00:43:22nos équipes
00:43:23de grands brûlés
00:43:23des équipes
00:43:24de bloc opératoire
00:43:25les chirurgiens
00:43:26plasticiens
00:43:27on a rappelé
00:43:30évidemment
00:43:31comme on le fait
00:43:32en cas d'un plan blanc
00:43:33en France
00:43:34dans le plan
00:43:35un cas ici
00:43:36tous les collaborateurs
00:43:38qui pouvaient être utiles
00:43:39à ces prises en charge
00:43:40C'est totalement inédit
00:43:42ou vous aviez déjà eu
00:43:43affaire à un événement
00:43:44dramatique
00:43:45de cette ampleur ?
00:43:48Un nombre de blessés
00:43:50aussi important
00:43:51de façon aussi grave
00:43:52non c'est la première fois
00:43:53Merci beaucoup
00:43:55d'avoir été notre invité
00:43:56ce soir
00:43:57sur BFM TV
00:43:58en plateau
00:43:59Périne Regiett-Hubert
00:44:00nous a rejoint
00:44:01commandante de police
00:44:03en pôle scientifique
00:44:04à la direction
00:44:05de la PJ de Paris
00:44:06bonsoir
00:44:07Merci d'être avec nous
00:44:09lieutenant-colonel
00:44:09Frédéric Harraud
00:44:10également porte-parole
00:44:11de la sécurité civile
00:44:12Merci d'être avec nous
00:44:13Ludovic Pingano
00:44:14et Boris Karlarnoff
00:44:15sont restés avec moi
00:44:17On disait que
00:44:17les investigations
00:44:18se poursuivent
00:44:19qu'est-ce qui est
00:44:20le plus compliqué
00:44:22Périne Regiett-Hubert
00:44:23dans un incendie
00:44:24est-ce qu'on réussit
00:44:25à retrouver à la fois
00:44:27des preuves
00:44:27et est-ce qu'on réussit
00:44:28à identifier les victimes ?
00:44:30Alors effectivement
00:44:30il y a vraiment
00:44:32une décorrélation
00:44:33entre l'enquête
00:44:34qui a lieu sur place
00:44:36donc l'enquête
00:44:36policière classique
00:44:38avec les prélèvements
00:44:39de traces, indices
00:44:40et l'identification des victimes
00:44:43L'identification des victimes
00:44:45décédées
00:44:46obéit à quelque chose
00:44:50un protocole assez strict
00:44:51qui est un protocole
00:44:52Interpol
00:44:53auquel de nombreux pays
00:44:54adhèrent
00:44:55et c'est une méthode
00:44:57d'identification scientifique
00:44:59c'est-à-dire qu'on ne parle pas
00:45:00de reconnaissance visuelle
00:45:03des victimes
00:45:04mais seul un élément primaire
00:45:06scientifique
00:45:07va permettre
00:45:07d'identifier les victimes
00:45:08C'est quoi un élément primaire ?
00:45:09Soit une empreinte digitale
00:45:11soit une empreinte génétique
00:45:12l'ADN
00:45:13soit une empreinte dentaire
00:45:14Il se peut malheureusement
00:45:16je disais dans certains cas
00:45:18d'un syndic
00:45:18qu'on ne puisse jamais identifier
00:45:20certaines personnes disparues ?
00:45:22Si vous ne pouvez pas
00:45:23identifier une personne
00:45:24c'est que
00:45:25c'est une méthode comparative
00:45:27Là nous sommes dans un site
00:45:30qui est un milieu ouvert
00:45:31Par exemple
00:45:32contrairement à un crash aérien
00:45:35où il y a une liste de victimes
00:45:37de passagers
00:45:37d'embarquement
00:45:38Là on ne connaît pas
00:45:39l'identité des gens
00:45:40qui ce soir-là
00:45:41ont décidé d'aller prendre un verre
00:45:43Donc il faut déjà avoir une idée
00:45:45de l'identité
00:45:47des personnes qui étaient sur place
00:45:48Potentiellement présentes
00:45:49Potentiellement présentes
00:45:50C'est pour ça qu'il y a toujours
00:45:51un numéro vert
00:45:51qui s'est affiché
00:45:53Tout à fait
00:45:53On l'avait il y a quelques instants
00:45:54Il l'a fait afficher à nous
00:45:55Tout à fait
00:45:55Dès ce matin
00:45:55Et des familles
00:45:57Qui téléphonent
00:45:58En disant
00:45:59On a peut-être un proche
00:46:01Qui fait partie des victimes
00:46:02Alors victimes
00:46:03Blessées légers
00:46:04En urgence absolue
00:46:06Ou personnes décédées
00:46:07Et le but après
00:46:08C'est d'un côté
00:46:09D'examiner les corps
00:46:11Donc à l'hôpital
00:46:12Ou à l'institut médico-légal
00:46:14Selon les ressources
00:46:15Et les infrastructures du pays
00:46:16Et de prendre
00:46:18Des éléments
00:46:18D'identification
00:46:20Des signes anatomiques
00:46:21Des signes physiques
00:46:22Et de l'autre côté
00:46:23Il y a tous les entretiens
00:46:25Donc avec les proches
00:46:26Les familles
00:46:27Qui vont également donner
00:46:28Des descriptions physiques
00:46:30Particulaires
00:46:31Les particularités physiques
00:46:32Et anatomiques
00:46:33Et ensuite
00:46:34Il y a tout un travail
00:46:36De conciliation
00:46:37Des données
00:46:37Dites antémortem
00:46:39C'est-à-dire
00:46:39Ce qu'on récupère
00:46:40Auprès de la famille
00:46:41Et des données post-mortem
00:46:42Ce qu'on récupère
00:46:43Sur les corps
00:46:43Et ensuite
00:46:44Il faut comparer
00:46:45Et par exemple
00:46:46Si on ne peut pas
00:46:48Relever de l'ADN
00:46:49Sur un corps
00:46:49Parce qu'il est trop abîmé
00:46:50Qu'il n'y a plus de sang
00:46:51Que la moelle osseuse
00:46:53Ne peut pas fournir d'éléments
00:46:54On a encore
00:46:55L'empreinte dentaire
00:46:56Puisque les dents
00:46:57Résistent très fortement
00:46:58Même au feu
00:46:59Et si la victime
00:47:01A un suivi dentaire
00:47:03Donc un dentiste
00:47:04On peut comparer
00:47:06L'odontogramme
00:47:07Avec le dernier scanner
00:47:09Réalisé par la victime
00:47:10Chez un dentiste
00:47:11Donc ce sont
00:47:12Des méthodes comparatives
00:47:13Ça peut être un travail
00:47:14C'est un travail
00:47:15En tout cas
00:47:16De long terme
00:47:17Sinon
00:47:17En tout cas
00:47:18De moyen terme
00:47:18C'est quelque chose
00:47:19Qui ne prend pas
00:47:20Que quelques heures
00:47:21Si effectivement
00:47:22Il faut remonter
00:47:22Un certain nombre
00:47:23Deux dossiers
00:47:23Vous le disiez
00:47:24Personnels
00:47:24Pour retrouver
00:47:25Des empreintes génétiques
00:47:27Notamment à travers
00:47:28Les dents
00:47:28Quand on voit
00:47:29Lieutenant-Colonel
00:47:30Le travail qui est fait
00:47:31On voit qu'il y a
00:47:32Une possible collaboration
00:47:33Des autorités françaises
00:47:34Notamment
00:47:35Le président de la République
00:47:36A confirmé
00:47:36Qu'il y avait des victimes
00:47:38Qui avaient été accueillies
00:47:38En quoi on peut venir
00:47:39En aide aux autorités helvétiques
00:47:41Si elles demandent notre aide ?
00:47:43Eh bien d'abord
00:47:44Votre question est pertinente
00:47:45Si elles demandent notre aide
00:47:46C'est-à-dire qu'il y a
00:47:47Une démarche d'abord
00:47:48Du pays
00:47:48Pour solliciter ou pas
00:47:50L'aide des pays
00:47:50Des pays voisins
00:47:51Et des pays partenaires
00:47:53Donc là en l'occurrence
00:47:53C'est le cas
00:47:54Parce qu'il faut bien comprendre
00:47:56Que la prise en charge
00:47:57De personnes gravement brûlées
00:47:59Est une prise en charge
00:48:00Extrêmement lourde
00:48:01Et que les lits
00:48:03Sont relativement limitées
00:48:04Et ça c'est quelque chose
00:48:06Si je veux dire
00:48:06Qu'on sait faire en France
00:48:07C'est quelque chose
00:48:08Qu'on sait faire
00:48:08Dans tous les pays d'Europe
00:48:10Et la France
00:48:11A évidemment
00:48:11Un dispositif
00:48:13Taillé
00:48:14Pour pouvoir répondre
00:48:15A nos risques du quotidien
00:48:17Et aux personnes
00:48:18Qui peuvent être
00:48:19Potentiellement brûlées
00:48:20Dans leur vie professionnelle
00:48:23Ou personnelle
00:48:24Au quotidien
00:48:24Mais dès lors
00:48:25Qu'on a un événement majeur
00:48:26Comme celui-ci
00:48:27Avec des centaines
00:48:28De brûlées graves
00:48:29Qui nécessitent
00:48:30Une prise en charge
00:48:31Très très rapide
00:48:32Et bien aucun pays
00:48:34N'est taillé
00:48:35Pour pouvoir faire face
00:48:36A un tel afflux
00:48:38De victimes
00:48:39Et donc le cheminement
00:48:41Va se faire
00:48:41Pour organiser
00:48:42Une répartition
00:48:43Une ventilation
00:48:44De ces victimes
00:48:45Sur des pays
00:48:46Qui ont des structures
00:48:47Analogues
00:48:47Et qui sont à même
00:48:48De les prendre en charge
00:48:49Et ça nécessite
00:48:50Une certaine coordination
00:48:51Et une grosse logistique
00:48:52Pour les acheminer
00:48:53Marie Rouen
00:48:54On vous retrouve
00:48:54À Accra-en-Montana
00:48:55Vous êtes avec
00:48:56Deux personnes
00:48:57Qui ont accepté
00:48:58De témoigner
00:48:58À votre micro
00:48:59Et qui avaient des proches
00:49:00Présentes dans cet établissement
00:49:02Oui notamment
00:49:05On est avec Zoé
00:49:06Qui avait un de ses amis
00:49:07Qui s'appelait Esteban
00:49:08Qui a été victime
00:49:10Est-ce que vous pouvez
00:49:10Nous raconter
00:49:10Ce qui s'est passé
00:49:11En fait
00:49:12Il ne devait pas du tout
00:49:13Venir au nouvel an
00:49:14Et pour finir
00:49:15La dernière minute
00:49:15Il s'est motivé à venir
00:49:16Et il y a eu l'explosion
00:49:19Et on pense
00:49:19Qu'il était au sous-sol
00:49:20Au moment des faits
00:49:21Vous avez eu de ses nouvelles
00:49:22Comment il y va actuellement
00:49:24Qu'est-ce que vous savez
00:49:25Alors lui-même
00:49:26Il n'a pas pu nous donner de nouvelles
00:49:27Parce qu'ils l'ont mis
00:49:29En commun artificiel
00:49:29A cause des nombreuses brûlures
00:49:31Mais sa maman
00:49:32Elle tient au courant
00:49:32Ses amis proches
00:49:33Et en ce moment
00:49:35Il est transporté
00:49:35Vers un hôpital en Allemagne
00:49:37Vous êtes inquiète
00:49:38Vous deviez vous
00:49:39Aller à cette soirée
00:49:40C'est quoi votre sentiment
00:49:41Actuellement ?
00:49:43Bah en fait
00:49:43Je me sens mal
00:49:44Parce que je me dis
00:49:45Qu'il est jeune
00:49:45Et que peut-être
00:49:46Que ça brisera quelque chose
00:49:48Qu'il ne retrouvera pas
00:49:49Mais on sait qu'il est déjà
00:49:51Hors de danger
00:49:51Et qu'il ne va pas mourir
00:49:53Donc on se concentre sur ça
00:49:55En ce moment
00:49:55Vous gardez espoir
00:49:57On est également avec votre amie
00:49:58Océane
00:49:59Océane vous
00:49:59Vous n'étiez pas
00:50:00Mais vous connaissez très bien
00:50:01Les lieux
00:50:02Parce que c'est un endroit
00:50:03Que vous fréquentiez souvent
00:50:03Est-ce que vous pouvez nous expliquer
00:50:05Comment c'est à l'intérieur ?
00:50:06Oui
00:50:06Alors en fait
00:50:07C'est sur deux étages
00:50:08En bas c'est un bar
00:50:10Il y a des fléchettes
00:50:11Billards
00:50:11Puis en haut
00:50:12On remonte
00:50:12Il y a aussi un autre bar
00:50:13Et il y a la terrasse
00:50:15C'est vrai qu'en bas
00:50:15C'est serré
00:50:16C'est pas très grand
00:50:17Il n'y a qu'une porte de sortie
00:50:19C'est des escaliers
00:50:19Donc ce qui est vrai
00:50:20Que s'il y a eu
00:50:21Cet événement là
00:50:22Et qu'on ne se retrouve
00:50:23Qu'avec des simples escaliers
00:50:24Pour sortir
00:50:25Je pense que
00:50:26Je m'imagine là-bas dedans
00:50:27Ça ne doit pas être
00:50:27Très facile de sortir
00:50:28Vous m'expliquez
00:50:29Que c'est très étroit aussi
00:50:30A l'intérieur
00:50:31Notamment au niveau
00:50:31Des escaliers
00:50:32Oui
00:50:33Alors j'ai vu des images
00:50:35Sur les réseaux sociaux
00:50:36De gens qui couraient
00:50:37A travers les flammes
00:50:39Vu que c'est la seule sortie
00:50:40C'est vrai que
00:50:41Je ne m'imagine pas
00:50:42Mais ça doit être
00:50:43Très inquiétant
00:50:43On vous sent très touché
00:50:45Vous êtes venu justement ici
00:50:47Vous avez fait la route
00:50:48Pour vous recueillir
00:50:49Devant les lieux
00:50:50Pour essayer de transmettre
00:50:53Un peu du courage
00:50:54Des pensées
00:50:55C'est ça
00:50:56On est venu amener des bougies
00:50:57Pour penser aux défunts
00:51:00Et aussi à notre ami surtout
00:51:01On a vu des gens
00:51:03Qui ont déposé aussi des fleurs
00:51:04C'est vrai que c'est compliqué d'accès
00:51:06Là ils ont un peu tout fermé
00:51:07On va essayer de déposer
00:51:08Quand même à un endroit
00:51:09Pour les proches
00:51:11C'est surtout ça
00:51:12Merci beaucoup Zoé
00:51:13Océane
00:51:14D'avoir été avec nous
00:51:15Vous l'aurez compris
00:51:16Ils sont nombreux encore
00:51:17Ce soir
00:51:18A venir se recueillir
00:51:19Non loin
00:51:20Et bien du lieu du drame
00:51:21Avec Bastien Dufour
00:51:24Vous nous expliquez
00:51:25Qu'effectivement
00:51:25Il va falloir remonter
00:51:26Un certain nombre
00:51:26De fichiers génétiques
00:51:27Peut-être pour identifier
00:51:29Les victimes
00:51:29Il y a beaucoup
00:51:30De victimes d'origine étrangère
00:51:32Les fichiers
00:51:34Si j'ose dire
00:51:34Génétiques
00:51:35Ils sont croisés
00:51:36Au niveau international
00:51:37Il y a des accords
00:51:37Comment ça se passe ?
00:51:40Chaque pays
00:51:40A son système propre
00:51:41En France
00:51:41Nous avons le fichier
00:51:42Des empreintes génétiques
00:51:43Le fichier
00:51:44Des empreintes digitales
00:51:45Nous avons
00:51:45Quand vous faites une demande
00:51:47Par exemple
00:51:47De carte d'identité
00:51:49Ou d'un passeport
00:51:50On relève
00:51:51Vos empreintes digitales
00:51:53Ce n'est pas le cas
00:51:53Dans tous les pays
00:51:54Donc la difficulté
00:51:55Et en général
00:51:56C'est pour ça que
00:51:57Le MAE est mis
00:51:58Évidemment
00:51:59Et interpelle
00:51:59Sont mis dans la boucle
00:52:01Car chaque pays
00:52:03A un mode
00:52:03De fonctionnement
00:52:04Différent
00:52:05Donc il va falloir
00:52:06Aller récupérer
00:52:08De l'ADN
00:52:09Soit sur les proches
00:52:10A l'étranger
00:52:11Soit consulter
00:52:13Un fichier
00:52:14Génétique étranger
00:52:16Et c'est vrai
00:52:16Que la difficulté
00:52:17Réside dans le fait
00:52:19Que tout le monde
00:52:20Ne possède pas
00:52:23Les mêmes fichiers
00:52:23Mais en général
00:52:25Pour ce genre
00:52:25De catastrophe
00:52:26Il y a vraiment
00:52:27Une grande collaboration
00:52:28Tous les pays
00:52:29Proposent leur aide
00:52:31Pour identifier
00:52:32Au plus vite
00:52:32Les victimes
00:52:33Ce que vous disiez
00:52:34Le lieutenant-colonel
00:52:34Une collaboration aussi
00:52:36Au niveau des protections
00:52:37Civiles dans leur ensemble
00:52:38C'est ce que vous nous disiez
00:52:39Bien sûr
00:52:39Je disais que la logistique
00:52:41Est quand même lourde
00:52:41Pour transporter
00:52:42Tous ces grands brûlés
00:52:43Dans les conditions appropriées
00:52:45Et donc on a un mécanisme
00:52:46De protection civile
00:52:47De l'Union Européenne
00:52:48Qui a même d'offrir
00:52:49Cette logistique-là
00:52:50Et de corps
00:52:50Même si la Suisse
00:52:51N'en fait pas partie
00:52:51Si j'ose dire
00:52:52Il y a des partenariats
00:52:53Par exemple
00:52:53Exactement
00:52:53Ce mécanisme-là
00:52:54Ce sont les 27 états membres
00:52:56De l'Union Européenne
00:52:57Avec 10 états participants
00:52:58Et qui travaillent
00:52:59De très près
00:53:00Avec les pays voisins
00:53:01Que sont les Balkans
00:53:03Et que sont notamment
00:53:04Les pays comme la Suisse
00:53:06Et donc la Suisse
00:53:08Participe de temps en temps
00:53:09A des exercices
00:53:10Et travaille un petit peu
00:53:10Aux côtés de ce mécanisme-là
00:53:11Et donc
00:53:12Et à même de pouvoir
00:53:14L'utiliser à son profit
00:53:15Incendie dramatique
00:53:17Qui a donc touché
00:53:17Ce barracran
00:53:18Montana la nuit dernière
00:53:19Une quarantaine de morts
00:53:20115 blessés
00:53:21Boris
00:53:22On va revoir
00:53:23Ces images
00:53:24Effectivement
00:53:24Qui nous sont parvenues
00:53:25Avec comme
00:53:26On le voit
00:53:27Ce qui a été le plus dramatique
00:53:28Effectivement
00:53:29C'est ces centaines de personnes
00:53:30Qui ont tenté de sortir
00:53:31Et qui pour certaines
00:53:33N'en sont jamais sorties
00:53:34Absolument
00:53:35Avec des témoignages
00:53:36Qui nous parviennent
00:53:36Depuis ce matin
00:53:37Grâce aux envoyés spéciaux
00:53:39Il y a certains témoignages
00:53:40Qui nous expliquent
00:53:41Eh bien qu'ils n'ont
00:53:41Tout simplement
00:53:42Pas trouvé
00:53:42La sortie de secours
00:53:44Est-ce qu'il existait
00:53:45Bel et bien
00:53:45Une sortie de secours
00:53:46Dans cet établissement
00:53:47Ça c'est l'enquête
00:53:48Qui va devoir le déterminer
00:53:50L'enquête justement
00:53:51Il y a deux volets
00:53:51Il y a tout d'abord
00:53:52Les recherches
00:53:53Des causes
00:53:54Et des circonstances
00:53:55De cet incendie
00:53:56Vous le savez
00:53:57Divers témoignages
00:53:58Nous font part
00:53:58Eh bien
00:53:59De feux de Bengale
00:54:00Qui auraient pu
00:54:00Effleurer le plafond
00:54:02Et provoquer
00:54:02Cet incendie
00:54:04Une hypothèse
00:54:04Que ne confirme pas
00:54:06Mais n'infirme pas
00:54:07Par ailleurs
00:54:08La procureure générale
00:54:09C'était tout à l'heure
00:54:09A l'occasion
00:54:10D'une conférence
00:54:11De presse
00:54:12Et puis
00:54:12Il y a un deuxième volet
00:54:14Cette fois-ci
00:54:14Pour déterminer
00:54:15Si toutes les normes
00:54:16De sécurité
00:54:17Ont été respectées
00:54:19Ou si ce n'est pas le cas
00:54:21Le cas échéant
00:54:21Engagé donc
00:54:22La responsabilité
00:54:23Du propriétaire
00:54:24Des lieux
00:54:25Quoi qu'il en soit
00:54:25C'est un travail
00:54:26Minitieux
00:54:26Qui débute à peine
00:54:27On a entendu parler
00:54:28D'une explosion
00:54:29Qu'est-ce qu'il en est ?
00:54:30Alors l'explosion
00:54:30Elle est survenue
00:54:31Après le départ du feu
00:54:33Ce n'est pas l'explosion
00:54:34Qui est à l'origine
00:54:34De l'incendie
00:54:35Comme certains témoignages
00:54:36Le pensaient ce matin
00:54:38Il l'avait évoqué
00:54:39Sur notre antenne
00:54:39Une explosion
00:54:40Qui fait suite
00:54:41A cet incendie
00:54:42Souvenez-vous
00:54:43Le drame de Rouen
00:54:44En 2016
00:54:45Avec ce bar
00:54:46Où il y avait
00:54:47Un incendie
00:54:48Qui avait causé
00:54:49La mort de 14 personnes
00:54:50Là encore
00:54:51Les clients avaient
00:54:51Entendu une explosion
00:54:52Alors est-ce que
00:54:53C'est une explosion
00:54:54Qui est liée
00:54:55Aux bouteilles de gaz
00:54:56Qui auraient pu
00:54:56Éventuellement être
00:54:57Entreposées
00:54:58Est-ce que c'est
00:54:59Les fumées
00:55:01Qui ont provoqué
00:55:02Cette explosion
00:55:03Mais ce n'est pas
00:55:03L'explosion en tant que telle
00:55:04Qui a provoqué
00:55:04Cet incendie
00:55:06On nous parle
00:55:06De feu de Bengale
00:55:07On nous parle
00:55:08D'une serveuse
00:55:08Sur le dos de son collègue
00:55:09Qui aurait pu agiter
00:55:10La flamme trop proche
00:55:11Du plafond
00:55:12Est-ce des planches
00:55:15De polystyrène
00:55:15Au plafond
00:55:16Provoqué
00:55:17Et facilité
00:55:18L'embrasement
00:55:18Quoi qu'il en soit
00:55:19Aujourd'hui
00:55:19La piste privilégiée
00:55:20Dit la procureure générale
00:55:21Est bel et bien
00:55:22Celle d'un embrasement
00:55:23Généralisé
00:55:24Qui a donc provoqué
00:55:25La déflagration
00:55:26Ludovic Pingano
00:55:27Des éléments
00:55:28Pyrotechniques
00:55:29Je ne sais pas
00:55:30Mais des flammes
00:55:32Des étincelles
00:55:33Dans une boîte de nuit
00:55:34Dans un bar
00:55:34Ça peut arriver
00:55:35Quand on dit effectivement
00:55:36Que le plafond en polystyrène
00:55:37A pu prendre feu
00:55:38C'est peut-être
00:55:39Une question naïve
00:55:39Mais il n'y a pas des règles
00:55:41Des matières interdites
00:55:42Dans ce genre d'établissement
00:55:43Comment ça se passe ?
00:55:44En tout cas en France
00:55:44Il y a des règles
00:55:45Qui s'appliquent
00:55:46En fonction du type
00:55:47D'établissement
00:55:48Et de l'effectif
00:55:48Qu'il est supposé accueillir
00:55:50Ces règles
00:55:51Sont
00:55:52Concentrées
00:55:53Dans un document
00:55:54Qui s'appelle
00:55:54Le règlement de sécurité
00:55:56Contre le risque
00:55:57D'incendie
00:55:58Et de panique
00:55:59Qu'est-ce que ça veut dire ?
00:56:00Ça veut dire que
00:56:00Le législateur travaille
00:56:02D'abord
00:56:02Sur le fait
00:56:04Qu'en cas de départ de feu
00:56:05Ce feu puisse se propager
00:56:07Le moins vite possible
00:56:09Voir ne pas prendre du tout
00:56:11Et contre les risques de panique
00:56:13Ça veut dire que
00:56:13Il faut que l'ensemble
00:56:15Des occupants du site
00:56:16Public et personnel
00:56:18Puissent évacuer
00:56:19Avant que le feu
00:56:20Ne se propage à l'intérieur
00:56:21Ça c'est la législation en France
00:56:22Alors ensuite
00:56:23On le voit souvent
00:56:24Malheureusement
00:56:25Malgré mon grand âge
00:56:27Il m'arrive encore
00:56:27De sortir dans des endroits festifs
00:56:29Et on le voit
00:56:30Surtout en ces périodes de fêtes
00:56:31On veut rajouter des décors
00:56:32On veut rajouter
00:56:33De la décoration à droite et à gauche
00:56:35Et ça c'est pas forcément en règle
00:56:36Et ça c'est pas forcément en règle
00:56:37Et puis souvent
00:56:38Quand on ne sait pas
00:56:39On ne se soucie pas
00:56:40De savoir si le décor
00:56:41Qu'on va mettre en place
00:56:42S'enflamme particulièrement
00:56:43S'il va générer
00:56:44Des gouttes enflammées
00:56:46Quand il va brûler
00:56:46S'il va générer
00:56:47Des fumées toxiques
00:56:48Je rappelle que
00:56:49Dans ces fumées toxiques
00:56:50Souvent on a du cyanure
00:56:51Et ce sont les fumées qui tuent
00:56:52Et donc là
00:56:53On voit bien
00:56:54Ce processus
00:56:55Une inflammation extrêmement rapide
00:56:57Du sous-sol
00:56:58Ces fumées qui montent
00:56:58Très rapidement
00:56:59Qui sont très chaudes
00:57:00Et qui d'une part
00:57:01Empêchent les gens
00:57:01D'évacuer correctement
00:57:02Et qui vont faciliter
00:57:03La propagation du feu
00:57:05Et l'explosion dont parlait Boris
00:57:06C'est très vraisemblablement
00:57:08Et ça l'enquête le dira
00:57:09La recherche des causes
00:57:10Et des circonstances de l'incendie
00:57:11Le dira certainement
00:57:13J'espère
00:57:13On a vraisemblablement
00:57:15Affaire à ce qu'on appelle
00:57:15Une explosion de fumée
00:57:17A savoir qu'on a
00:57:18Une concentration de fumée
00:57:19Qui est très forte
00:57:20Très importante
00:57:21Dans un espace
00:57:22Très clos
00:57:23Et d'un seul coup
00:57:24Il va falloir que ces fumées
00:57:25Évacuent d'un seul coup
00:57:26La zone
00:57:27Et c'est ce qu'on appelle
00:57:28Cette fameuse
00:57:29Cette fameuse explosion de fumée
00:57:30C'est ce qu'on a effectivement
00:57:31Pu prouver
00:57:32Lors de l'incendie
00:57:33Du combat libéré à Rouen
00:57:34En 2016
00:57:35Je vous redonne la parole
00:57:36Dans une seconde
00:57:37Je vous propose d'abord
00:57:38D'écouter ce témoignage
00:57:39D'une rescapée
00:57:40Elle s'appelle Laetitia
00:57:41C'est un témoignage
00:57:42Qui a été recueilli
00:57:43Par Élise Philippe
00:57:44Je le disais
00:57:45Une quarantaine de morts
00:57:46115 blessées
00:57:47Dans cet incendie dramatique
00:57:49Qui a donc touché
00:57:49Ce bar de Cran-Montana
00:57:50En Suisse
00:57:51Elle s'en est sortie
00:57:53Mais évidemment
00:57:53Elle est encore traumatisée
00:57:54Je vous propose
00:57:55D'écouter ce témoignage
00:57:56Je n'ai pas dormi de la nuit
00:57:58J'ai dû dormir 2-3 heures
00:58:02Mes copines
00:58:03Elles n'ont pas dormi
00:58:04Et en fait
00:58:05A chaque fois que je ferme les yeux
00:58:06Je revois tout en boucle
00:58:08Parce que
00:58:09Quand j'étais en train
00:58:11De me faire écraser
00:58:11Par des gens
00:58:12Il y avait une fille
00:58:13Qui avait complètement
00:58:14Ses habits
00:58:14Elle avait brûlé
00:58:15Ses cheveux avaient brûlé
00:58:17Son visage avait brûlé
00:58:18Elle était en-dessus de moi
00:58:19Et elle me regardait
00:58:19Avec des yeux
00:58:20Tellement triste
00:58:22Et tellement
00:58:23Elle avait peur
00:58:24Et je ne la connaissais pas du tout
00:58:26Mais elle était tellement
00:58:27Proche de moi
00:58:28Et même les gens autour
00:58:30Il y avait des gens
00:58:31Qui étaient en train
00:58:32De se faire réanimer
00:58:33Autour de nous
00:58:33On voyait des gens
00:58:34Juste étalés par terre
00:58:35On ne savait pas
00:58:36S'ils étaient morts
00:58:37Les gens étaient pleins de sang
00:58:38Sans habits
00:58:41Les gens devenaient fous
00:58:42C'était horrible
00:58:44Comme image
00:58:45En fait à voir
00:58:46Moins de 24 heures
00:58:47Après ce drame
00:58:48Bien sûr
00:58:49C'est le temps de l'investigation
00:58:50C'est le temps des hommages
00:58:51Aussi une messe
00:58:51A eu lieu il y a
00:58:52Quelques minutes
00:58:53Et puis vous voyez
00:58:54Sur ces images
00:58:54En direct de Cran-Montana
00:58:56Un certain nombre de personnes
00:58:57Qui viennent déposer
00:58:58Des fleurs
00:58:59Des bougies
00:59:00Devant l'établissement
00:59:01Où s'est produit
00:59:03Ce drame
00:59:04Des images
00:59:04Qui nous parviennent
00:59:05En direct
00:59:06De Cran-Montana
00:59:07On le disait
00:59:07Il y a des règles particulières
00:59:08En France
00:59:09Parce qu'il y a eu
00:59:09Ce type d'incendie également
00:59:11Il y en a eu partout dans le monde
00:59:13Et on en a eu
00:59:13En quelques-uns en France
00:59:14On se rappelle du
00:59:15Coupa Libré
00:59:15Qu'on évoquait en 2016
00:59:17Avec le même type de scénario
00:59:19Finalement une flamme
00:59:20Qui vient toucher de la mousse
00:59:21Et donc cette mousse de matière chimique
00:59:24Qui va générer une fumée
00:59:25Très très dense
00:59:26Et qui va avoir des conséquences
00:59:27Des conséquences toxiques
00:59:29Et puis générer
00:59:29Des risques d'explosion
00:59:31D'embrasement généralisé
00:59:32Et clair
00:59:32Comme on a potentiellement
00:59:33Pu avoir ici
00:59:34Et puis on se rappelle
00:59:35De Saint-Laurent-du-Pont
00:59:36En 1970
00:59:37Un événement
00:59:38Qui a grandement marqué
00:59:39Les sapeurs-pompiers
00:59:41Puisque c'est quelque chose
00:59:41Qui a beaucoup modelé
00:59:43Finalement
00:59:43Notre réglementation incendie
00:59:45D'aujourd'hui
00:59:45Et qui a abordé
00:59:47Toutes ces problématiques
00:59:48D'évacuation
00:59:49Comment évacuer rapidement
00:59:51Des centaines de personnes
00:59:52Dans un lieu
00:59:54Qui est fait
00:59:54Pour les contenir
00:59:55Et donc avec
00:59:56Pour Saint-Laurent-du-Pont
00:59:58Des tourniquets
00:59:59Qui se sont très rapidement bouchés
01:00:01Et qui ont empêché
01:00:01Les gens d'évacuer
01:00:02Et donc
01:00:03On a tiré
01:00:04Des enseignements de ça
01:00:05Pour adapter
01:00:05Notre réglementation
01:00:07Et faire en sorte
01:00:08Que les portes
01:00:09Puissent s'ouvrir
01:00:09Vers l'extérieur
01:00:10Qu'on puisse assez rapidement
01:00:11Créer
01:00:11Ce qu'on appelle
01:00:12Des unités de passage
01:00:13Des sorties suffisamment grandes
01:00:15Pour que les gens
01:00:15Puissent sortir en nombre
01:00:17Et rapidement
01:00:17Malgré tout
01:00:18On voit qu'aujourd'hui
01:00:19Avec l'évolution
01:00:20Des matériaux
01:00:21De ces matériaux chimiques
01:00:22Qui génèrent
01:00:22Énormément de fumée
01:00:24Avec tellement de risques
01:00:25Induits
01:00:26Et malgré
01:00:27Une réglementation
01:00:29Qui fait qu'on a
01:00:29Des inspections périodiques
01:00:31Qui sont menées
01:00:32Par les autorités
01:00:33Et bien on peut avoir
01:00:34Des décors ponctuels
01:00:35Pour certains événements
01:00:36Comme un premier de l'an
01:00:37Comme un anniversaire
01:00:38Qui vont être rajoutés
01:00:39Qui ne seront pas vus
01:00:40Au moment des visites
01:00:42De contrôle
01:00:42Et qui pourront prendre feu
01:00:44Lorsqu'ils seront exposés
01:00:45À des flammes
01:00:46Périne Roger Tubert
01:00:46Vous êtes commandante de police
01:00:47Employant scientifique
01:00:48À la PJ de Paris
01:00:49Est-ce que l'incendie
01:00:51C'est la pire des situations
01:00:52Après en matière d'identification
01:00:54Est-ce que c'est la plus compliquée
01:00:55Pour des enquêteurs ?
01:00:57Oui parce que l'incendie
01:00:59En fait fait des ravages énormes
01:01:01D'un point de vue physique
01:01:02Donc les corps vont être
01:01:03Très abîmés
01:01:04Plus le corps est abîmé
01:01:05Moins on a d'informations
01:01:07Physiques, anatomiques
01:01:08Les empreintes digitales
01:01:11Peuvent être compliquées
01:01:13À relever sur des corps
01:01:14Qui sont très abîmés
01:01:15Donc il restera l'ADN
01:01:17Ou le dentaire
01:01:18Oui c'est compliqué
01:01:19C'est compliqué
01:01:20Parce que quand vous recevez
01:01:21Des parents
01:01:21Qui vont vous décrire
01:01:23Leurs proches
01:01:25Ils vont rentrer
01:01:26Dans des détails
01:01:28Enfin sur la couleur des cheveux
01:01:30Sur un grain de beauté
01:01:31Un petit tatouage
01:01:32Mais si le corps
01:01:34Malheureusement
01:01:34Est en état
01:01:35En état de carbonisation
01:01:38Ce sont des éléments
01:01:39Qu'on doit prendre en compte
01:01:40On écoute les familles
01:01:41Mais ce sont des éléments
01:01:42Qui ne vont pas vraiment
01:01:44Être utiles
01:01:44Pour l'identification
01:01:46De la victime
01:01:46Et le deuxième point
01:01:48C'est que pour la présentation
01:01:49Du corps aux familles
01:01:51C'est un droit
01:01:51De voir le corps
01:01:53Quel que soit l'état du corps
01:01:54C'est beaucoup plus compliqué
01:01:56Pour la famille
01:01:57Lorsque le corps
01:01:59N'est pas présentable
01:02:00C'est compliqué
01:02:01De vouloir présenter
01:02:03Un proche
01:02:03Mais lorsqu'on sait
01:02:05Que l'état du corps
01:02:06Est vraiment pas présentable
01:02:09Pour la famille
01:02:10Voilà
01:02:10Donc effectivement
01:02:11L'incendie
01:02:12Et
01:02:13Ou alors par exemple
01:02:14J'ai un souvenir
01:02:15D'un crash aérien
01:02:16Le vol Rio Paris
01:02:17Bien sûr
01:02:17Où les corps ont été
01:02:18Retrouvés
01:02:18Tout à fait
01:02:19Très longtemps après
01:02:20Dans l'eau
01:02:21Effectivement
01:02:22Là aussi
01:02:23Ce sont des corps
01:02:24Qui sont vraiment
01:02:25Très abîmés
01:02:26Et qui rendent difficile
01:02:28L'identification des victimes
01:02:30Et on peut ne
01:02:30Jamais
01:02:32Si j'ose dire
01:02:32Avoir de corps
01:02:33A présenter
01:02:33Malheureusement
01:02:34Aux familles des victimes
01:02:35Il est possible
01:02:36Qu'on leur dise
01:02:36Eh bien
01:02:37Votre proche
01:02:38Reste disparu
01:02:39Mais malheureusement
01:02:39Nous n'avons aucune preuve
01:02:41Même s'il est extrêmement probable
01:02:42Par exemple
01:02:43Qu'il ait été hier soir
01:02:44Dans cet établissement
01:02:45Nous n'avons aucune preuve génétique
01:02:47Que nous ayons
01:02:48Un morceau
01:02:49Si j'ose dire
01:02:49De son corps
01:02:50Malheureusement
01:02:51Cet élément
01:02:51Ça peut arriver
01:02:52Alors
01:02:53Ça peut arriver
01:02:54D'avoir que des fragments
01:02:58En fait
01:02:58Anatomiques
01:02:59Mais effectivement
01:03:01Si vous dites
01:03:01A une famille
01:03:02On n'a pas pu
01:03:04Identifier
01:03:05Votre proche
01:03:06La famille
01:03:07Aura toujours
01:03:08Cet espoir
01:03:09Que finalement
01:03:10Leurs proches
01:03:11N'étaient pas
01:03:11Sur les lieux
01:03:13J'ai souvenir aussi
01:03:15D'un autre crash aérien
01:03:16Donc la German Wings
01:03:18Où il y avait
01:03:19150 victimes
01:03:21Environ
01:03:21Et tous les corps
01:03:22Était très fragmentés
01:03:23Et sur ce crash aérien
01:03:26Nous avions pu
01:03:27Rendre
01:03:28L'identité
01:03:30Sur chaque corps
01:03:31Quand bien même
01:03:31Les corps étaient
01:03:32Fragmentés
01:03:33Chaque famille
01:03:34A su
01:03:35Que
01:03:36Scientifiquement
01:03:37Leurs proches
01:03:38Avaient été identifiés
01:03:39Et il y a eu
01:03:39Un fragment
01:03:41D'un corps
01:03:41Sur lequel
01:03:42Et devant lequel
01:03:42J'imagine
01:03:43Se recueillir aussi
01:03:43Parce que ça fait partie
01:03:44Évidemment
01:03:45Du deuil
01:03:45De ces familles
01:03:46Qui ont perdu
01:03:46Des proches
01:03:47On prend tout de suite
01:03:48À nouveau
01:03:48La direction de
01:03:48Cran-Montana
01:03:49Élise Phillips
01:03:50C'est évidemment
01:03:51Un traumatisme
01:03:51Évidemment
01:03:52Pour les familles
01:03:53Des proches
01:03:54Des disparus
01:03:55Mais aussi
01:03:55Pour certaines personnes
01:03:57Qui viennent
01:03:57Dans cet endroit de Suisse
01:03:59Depuis des dizaines
01:04:00D'années parfois
01:04:00Oui tout à fait
01:04:04Il y a eu
01:04:05Une messe
01:04:05Tout à l'heure
01:04:06Qui a duré
01:04:06Un peu plus d'une heure
01:04:07Une messe
01:04:08Qui était prévue
01:04:08A l'origine
01:04:09Pour célébrer
01:04:10La nouvelle année
01:04:10Qui finalement
01:04:11S'est transformée
01:04:12Malgré
01:04:12Au vu des circonstances
01:04:15En une messe funéraire
01:04:16On a vu
01:04:17Beaucoup de gens
01:04:18Lors de cette messe
01:04:19Des proches de victimes
01:04:21Des victimes
01:04:21Des gens qui étaient là
01:04:22Hier soir
01:04:22Et puis aussi
01:04:23Des personnes
01:04:25Qui viennent
01:04:25À Cran-Montana
01:04:26Depuis des années
01:04:27Qui connaissent très bien
01:04:28La commune
01:04:28Et qui aujourd'hui
01:04:29Ressentent comme tout le monde
01:04:31Une grande tristesse
01:04:31C'est le cas de Claude
01:04:32Claude qui connaît bien
01:04:34Cran-Montana
01:04:34Parce que vous venez ici
01:04:35Depuis 20 ans
01:04:36Qu'est-ce que vous ressentez
01:04:37Depuis hier
01:04:38Depuis ce drame
01:04:40Vous qui connaissez bien
01:04:41Cet endroit
01:04:41C'est une grande tristesse
01:04:42C'est une sidération totale
01:04:44Je suis levé ce matin
01:04:45Les bras
01:04:46Je ne croyais pas
01:04:47Au départ
01:04:47Je croyais que c'était
01:04:48Une fake news
01:04:49Puis en suivant
01:04:51Les chaînes
01:04:52D'information
01:04:53J'ai constaté
01:04:53Que c'était vraiment
01:04:54La réalité
01:04:54Donc c'est
01:04:55C'est quelque chose
01:04:56De dramatique
01:04:56On n'a jamais connu ça
01:04:57Ici
01:04:58À Cran-Montana
01:04:59Et même en Suisse
01:05:00On a connu
01:05:01Des catastrophes naturelles
01:05:02Mais de telle ampleur
01:05:04Autant de morts
01:05:05Et d'autant de blessés
01:05:06Je n'ai jamais vu ça
01:05:07Quelle est l'atmosphère
01:05:09Dans la commune
01:05:09Depuis hier
01:05:10On a vu beaucoup
01:05:10De visages graves
01:05:12Ce soir
01:05:12Les gens sont
01:05:13C'est très grave
01:05:14Parce que tout le monde
01:05:15Est concerné
01:05:16De près ou de loin
01:05:17C'est une petite ville
01:05:19Tout le monde se connait
01:05:20Donc les gens sont touchés
01:05:22Et puis tout le monde
01:05:23Compatit avec les familles
01:05:24Qui sont touchées
01:05:25Qui sont dans l'attente
01:05:26De nouvelles
01:05:26Imaginez-vous attendre
01:05:28Vous ne savez pas
01:05:29Si votre enfant
01:05:29Est à l'hôpital
01:05:30Ou s'il est décédé
01:05:32C'est quelque chose
01:05:32D'insupportable
01:05:33Pour tout le monde
01:05:34Ici
01:05:35Et tout le monde
01:05:35Est solidaire
01:05:36De toutes les familles
01:05:37On a parlé
01:05:38Avec l'organiste
01:05:39Qui a joué
01:05:40Pendant la messe
01:05:40Tout à l'heure
01:05:41Lui me parlait
01:05:42De deuil national
01:05:43Est-ce que vous
01:05:43Rejoignez cette opinion ?
01:05:45Oui
01:05:45Je partage tout à fait
01:05:46Cet avis
01:05:47On n'a jamais connu
01:05:49Des catastrophes
01:05:51De telle ampleur
01:05:52En Suisse
01:05:52A ma connaissance
01:05:54Je ne me souviens plus
01:05:55De ça
01:05:56Et franchement
01:05:56C'est un deuil national
01:05:57D'ailleurs
01:05:58Le gouvernement
01:05:59Le président de la Confédération
01:06:00Est venu aujourd'hui
01:06:01Pour se rendre compte
01:06:03De l'événement
01:06:06Et soutenir la population
01:06:07Et les familles
01:06:07Donc vraiment
01:06:08C'est incroyable
01:06:10On n'a jamais connu ça
01:06:11Merci beaucoup
01:06:12Claude
01:06:12Claude qui
01:06:13Bien comme énormément
01:06:14D'habitants de la commune
01:06:16Ou de personnes
01:06:16De passage
01:06:17Ressent cette émotion
01:06:18Très forte
01:06:19Depuis hier
01:06:20On a vu tout à l'heure
01:06:21A la sortie de la messe
01:06:22Beaucoup de visages graves
01:06:23Des gens qui étaient
01:06:24En pleurs
01:06:25Qui se prenaient dans les bras
01:06:26Des habitants
01:06:27Qui venaient se soutenir
01:06:28Après ce drame
01:06:29Qu'a connu cette commune
01:06:30Avec un bilan
01:06:31Extrêmement lourd
01:06:32On l'a évoqué
01:06:32Toute la journée
01:06:33Au moins une quarantaine
01:06:35De personnes
01:06:35Qui sont décédées
01:06:36Et 115 blessées
01:06:38Avec un bilan
01:06:39Qui est seulement provisoire
01:06:42Et qui pourrait malheureusement
01:06:42Encore s'alourdir
01:06:44Dans les prochains jours
01:06:45Sous-titrage Société Radio-Canada
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