00:00L'Iran, c'est quand même un pays qui est très riche en pétrole et en gaz.
00:03Pourquoi cet argent, il ne profite pas plus aux Iraniens ?
00:05Ça, c'est le système de la République islamique.
00:07Parce qu'il est très riche, pas seulement en ressources, en capital humain aussi.
00:10Parce que c'est une population très éduquée.
00:13Et donc, c'est le paradoxe.
00:14C'est un pays riche dans tous les sens du terme
00:16et qui est absolument contraint pour des raisons idéologiques, effectivement.
00:20Il y a des sanctions internationales aussi.
00:21Il y a des sanctions, oui, mais les sanctions sont un amplificateur.
00:25Souvent, on attribue aux sanctions la cause de la situation.
00:27Elle l'amplifie.
00:28C'est incontestable, notamment avec la pression maximale américaine.
00:31Mais le mal est profond.
00:33En réalité, il y a une malgouvernance,
00:35un caractère dysfonctionnel du système économique,
00:39un système de prévarication,
00:41un monopole des gardiens de la Révolution,
00:43une corruption endémique.
00:44Donc, de toute façon, les sanctions s'ajoutent à un problème de fond,
00:47en réalité, qui n'a jamais été géré correctement.
00:51On le voit avec la question de l'eau, de l'énergie.
00:54Il n'y a plus d'eau.
00:55Il y a des détournements.
00:57Il y a une mafia de l'eau.
00:57Il y a une question des coupures énergétiques,
01:00parce qu'elles sont détournées à d'autres fins.
01:03Une partie de l'argent disponible part, évidemment, à l'étranger.
01:05D'ailleurs, dans les slogans, il n'y a ni Gaza, ni Liban.
01:08Je mourrai pour l'Iran.
01:10C'est bien que la population est consciente
01:12que l'argent est dilapidé ailleurs.
01:14– Alors, justement, parce que ça, je trouve que c'est intéressant, Thierry Coyle,
01:18l'argent que le régime dépense pour sa survie, en quelque sorte,
01:22que ce soit en interne, avec toutes les forces de sécurité nombreuses,
01:25on va les détailler dans un instant avec Steve Jourdain,
01:28et en externe avec ce qu'on appelle les proxys,
01:31c'est-à-dire les alliés de l'Iran dans la région.
01:34Donc, moins d'argent pour les Iraniens.
01:36Est-ce que c'est aussi clair que ça ?
01:37– C'est un peu complexe.
01:38C'est-à-dire, si on regarde l'indice de développement humain,
01:40qui prend en compte notamment l'éducation,
01:41ça me paraît contradictoire de dire que les Iraniens sont bien éduqués
01:44et de ne pas reconnaître qu'il y a eu des efforts faits en matière d'éducation.
01:49Si vous prenez les femmes de 15 à 49 ans, en 1976,
01:531% avaient de diplômes universitaires.
01:54En 2016, c'est 29%.
01:56Et ça pose des problèmes au régime,
01:59puisque une société qui se modernise, qui devient plus éduquée,
02:02demande des nouvelles valeurs, des droits de l'individu.
02:05Les femmes veulent se habiller comme elles veulent.
02:07La démocratie, l'État de droit.
02:08Moi, j'ai fait une enquête en 2014.
02:10C'est une demande générale de la population iranienne.
02:13Alors, c'est le secteur privé, mais je sais que tous les Iraniens,
02:15ils demandent des institutions publiques efficaces
02:17et qu'ils ne soient pas clientélistes.
02:19On va en parler.
02:20Alors, effectivement, quand l'accord nucléaire est signé,
02:23mais c'est les chiffres, tout le monde peut vérifier.
02:25L'accord sur le nucléaire est signé en 2015.
02:27Les sanctions sont levées en 2016-2017.
02:29L'inflation baisse.
02:30Elle basse en dessous de 10%.
02:32Et Donald Trump, moi, je pense qu'il est une des causes
02:34de ce qui se passe actuellement en Iran,
02:35parce qu'il rétablit les sanctions.
02:37Et donc, on peut vérifier.
02:38L'inflation était entre 30 et 40%.
02:40C'est vrai qu'on est juste en dessous du seuil
02:42de ce qu'on appelle l'hyperinflation chez les économistes,
02:44c'est 50%.
02:44Donc, depuis 2018.
02:47Et on peut même dire depuis 2011,
02:48puisque avant, il y avait des sanctions appliquées par Obama.
02:51Donc, l'économie iranienne, elle est sous sanction,
02:53quasiment, par deux ans, 2016.
02:55Quasiment depuis 15 ans, quoi.
02:56Depuis 15 ans, oui.
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