00:007h42 ce matin, on parle de l'industrie du tourisme, sévèrement touchée dans les zones incendiées.
00:06Et il y en a eu beaucoup, même si la saison ne devrait au global pas être catastrophique.
00:11Bonjour Franck Chomès, merci d'avoir répondu à l'appel de BFM Business avec nous en direct ce matin,
00:16président national de l'UMI Restauration.
00:18Peut-être d'abord avec vous pour commencer, Franck Chomès,
00:21quelles sont les remontées de terrain que vous avez sur la situation, notamment du côté de la Gironde ?
00:28D'abord, un soulagement d'avoir pu rouvrir nos établissements.
00:31Ça c'est une réalité, il y en a un peu de mieux depuis quelques jours.
00:40Mais bon, ça va être une saison assez chaotique jusqu'à la fin.
00:46Il est trop tôt encore pour dresser le bilan.
00:49On sait qu'une campagne de communication européenne a été lancée par la région Nouvelle-Aquitaine
00:55pour attirer les touristes et tenter de sauver la fin de la saison.
00:59Pour vous, c'est mort, cette saison 2026, ce sera un mauvais cru ?
01:05Non, ce ne sera pas mort, mais dans notre profession, vous savez, on ne peut pas rattraper ce qui a
01:10été perdu.
01:11Je rappelle qu'on a été fermé pendant dix jours,
01:14que les axes routiers ont été fermés, que ce soit la 63 ou le côté ferroviaire.
01:22Donc bien évidemment qu'il y a eu une baisse catastrophique au niveau du chiffre d'affaires.
01:26Et donc, la saison n'est pas terminée.
01:29On va surtout essayer de la sauver.
01:31Et je rappelle qu'au niveau de la communication à l'international,
01:34l'UMI a été le premier organisme à sortir une campagne en cinq langues immédiatement
01:41pour éviter de nous abandonner.
01:43Ça s'appelle « Ne nous abandonnez pas ».
01:45Est-ce qu'aujourd'hui, début août, vous êtes capable de chiffrer les conséquences économiques pour le secteur
01:51ou d'avoir donné une idée de ce que ces dégâts vont représenter économiquement ?
01:57Alors, d'abord, il faut savoir que du 14 juillet au 31 août, c'est la période la plus forte.
02:05C'est là où on fait à peu près 80% de notre chiffre d'affaires de la saison.
02:10Donc, évidemment, en fermant le 23, il nous est difficile, et en refermant dix jours après,
02:18de pouvoir rattraper cela.
02:21Aujourd'hui, on a demandé au gouvernement de nous accompagner
02:26pour, bien évidemment, éviter le moindre casse possible.
02:29Mais j'ai bien peur qu'il y en ait quelques-unes quand même à la fin de la saison.
02:33Mais justement, Franck Chomès, président national de l'UMI Restauration,
02:36est-ce que vous considérez que l'État est présent et au rendez-vous à vos côtés ?
02:42Oui, oui, oui. Je pense qu'après de nombreuses réunions ministérielles,
02:48que ce soit au local et au national, ils ont été là.
02:52Ils ont d'abord déclenché l'activité partielle pour les salariés,
02:57où il n'y avait pas du zéro à charge pour l'employeur.
02:59On a réussi à avoir le zéro à charge, donc on les a remerciés.
03:02Donc ça, c'est un premier point.
03:04Et nous sommes toujours en discussion pour mettre en place,
03:07dirons-nous, un pré-incendie pour éviter, dirons-nous,
03:11que les entreprises ne puissent pas faire face aux frais fixes,
03:16parce qu'il y a les salariés, mais il y a aussi dans une entreprise des frais fixes,
03:20que ce soit l'eau, l'électricité, le loyer et tant d'autres choses.
03:26Ceux qui ont des emprunts en cours, il faudra qu'ils assument aussi cela.
03:29Donc, bien évidemment, c'est nous accompagner pour éviter qu'il y ait des dégâts collatéraux.
03:35On parlait de la Gironde, il y a eu moins de dégâts dans les autres départements
03:39pour les restaurateurs, les départements qui ont été également touchés par les incendies ?
03:45Oui, alors on est en étroite collaboration, bien évidemment,
03:47avec les Landes, Arthur Laborde, qui, j'ai envie de dire,
03:53par bonheur, n'a pas de ressorti sans toucher pour l'instant,
03:57de ce qu'on a recensé.
03:59Dans le Var, Jean-Pierre Guériméli identique à ce constat.
04:04Donc non, je crois que pour l'instant, la zone la plus impactée, c'est la Gironde.
04:11Est-ce que le retour à la normale est déjà effectif ?
04:15Parce que la fin des évacuations a été actée,
04:19les établissements ont, je crois, tous rouvert.
04:23Est-ce que les clients sont de retour ?
04:26Ou est-ce que les événements ont aussi dissuadé des clients,
04:30des consommateurs de se rendre sur ces lieux ?
04:33Alors, les clients sont de retour, mais pas assez suffisamment,
04:38puisqu'il y a eu une cascade d'annulations dans les hôtels, dans les campings.
04:42Je rappelle que sur la presqu'île du café, on a des campings qui ont volé,
04:47il y en a trois, donc c'est quand même assez important, identique au Porsche.
04:54Donc non, ça va revenir timidement.
04:57Il y a des gens qui ont peur de voir, dirons-nous, un cadre dévasté pour leurs vacances,
05:03alors que ce n'est pas le cas du tout.
05:04C'est pour ça qu'on a voulu immédiatement à l'UMI faire une campagne de communication,
05:09parce qu'il y avait, dirons-nous, de mauvaises informations.
05:14La Gironde est un des plus gros départements avec les Landes en France.
05:18Il est assez diversifié, donc il n'y a pas que les zones sinistrées.
05:22Il y a aussi le Médoc, il y a le Sauternay, le Libourné, le Bordelais.
05:25Je rappelle que Bordeaux est classé à l'UNESCO, donc il y a une vie à l'été à Bordeaux.
05:34Et avec ces incendies, ça a fait en cascade un manque de fréquentation considérable.
05:42Je rappelle qu'à Bordeaux, on est entre 50 et moins 80%.
05:46Dans le Sauternay, c'est moins 30%.
05:48Dans le Libourné, moins 30%.
05:50Bassin d'Arcachon de l'autre côté, c'est-à-dire côté d'Arcachon, la test, ils sont à moins
05:5440%.
05:55Donc bien évidemment, il y aura forcément des impacts financiers.
06:01Alors même que Bordeaux, en tant que tel, n'a pas été touché par les incendies,
06:06donc des conséquences tout de même pour la fréquentation touristique dans la ville.
06:11Pour terminer, peut-être, Franck Chomès, ces épisodes, on le sait, sont appelés à se renouveler, à se répéter.
06:18Quelles sont les solutions ?
06:20Comment est-ce que vous envisagez la suite pour les étés prochains ?
06:24Alors déjà, je crois que le gouvernement va être obligé d'écouter les professionnels.
06:30Parce que je rappelle qu'en 2022, lors des grands feux qu'il y a eu du côté de la
06:34Teste,
06:35de l'autre côté du bassin, il y avait eu des préconisations des forestiers, des sapeurs-pompiers,
06:40où il fallait mettre des pare-feux assez importants, à moins de 100 mètres,
06:45il y a eu tout un tas de réunions qui n'ont pas été, dirons-nous, jusqu'au bout,
06:49et aucune décision n'a été prise, et voilà le résultat.
06:52Donc on a été obligé de faire 163 kilomètres de pare-feux, ce qui est assez considérable.
06:57Donc je pense qu'il faut, dirons-nous, faire confiance aux forestiers,
07:02qui ont l'habitude, aux pompiers, aux sapeurs-pompiers,
07:05et puis de se servir, dirons-nous, de cette dramatique situation
07:10pour éviter que cela se reproduise avec peut-être des décisions assez importantes.
07:17Merci Franck Chemesse d'avoir été avec nous ce matin, président national de l'UMI Restauration.
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