- il y a 9 mois
Regardez "On refait le monde" avec Cédric Paladin, président de la Coordination rurale de Nouvelle- Aquitaine, agriculteur polyculteur (élevage bovin viande, pruniers, céréales, raison de table bio), Éric Martineau, député Les Démocrates de la 3e circonscription de la Sarthe et producteur de pommes, Olivia Détroyat, journaliste économique au "Figaro" en charge des questions agricoles, Pauline Théveniaud, journaliste au service politique de RTL, et Pascal Canfin, eurodéputé Renew.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 08 janvier 2026.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 08 janvier 2026.
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00:00On est arrivés ici en 80 à 80h30 du matin, on est arrivés à toute pomme, perdre un triomphe,
00:04on faisait de la course à des gens d'armes, c'était marrant, on a bien rigolé,
00:07on n'est pas venus pour casser ni rien, on est juste venus pour s'exprimer, on verra par la suite.
00:12Cédric Paladin, vous avez vraiment bravé les forces de l'ordre ou honnêtement vous a laissé passer gentiment ?
00:17Non, on est passé un peu en force pour aller à l'objectif que l'on voulait atteindre,
00:25et pour la plupart d'entre nous, on y est arrivé.
00:28Le ministre de l'Intérieur a dit qu'il n'avait pas voulu perturber la manifestation.
00:33Eh bien s'il ne voulait pas la perturber, il n'avait qu'à nous laisser faire,
00:36on serait arrivés tous au même endroit et il n'y aurait pas eu de perturbations sur Paris.
00:42C'est un coup de force, c'est un coup d'éclat ?
00:46Oui, on peut vérifier ça comme ça, on l'espère.
00:50On l'espère, sur le nombre en tout cas d'agriculteurs qui sont venus.
00:552200 agriculteurs mobilisés, mais ça n'a pas seulement à Paris, sur toute la France,
00:59et dans 39 départements, soit 67 actions en France.
01:03C'est le décompte du ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, il y a quelques minutes.
01:08C'était une bonne idée d'aller bousculer Yael Broun-Pivet, la présidente de l'Assemblée ?
01:12Alors là, je n'ai pas suivi tout ça, parce que je m'occupais de quelques barrages
01:19où les gens étaient coincés un peu à droite à gauche.
01:23Je ne sais pas, si j'ai quelques échos comme quoi elle aurait provoqué aussi les agriculteurs.
01:28Comment ?
01:29Comment elle les a-t-elle provoquées ?
01:31Je ne sais pas, c'est les échos que j'ai eues.
01:34On vous a dit qu'elle les a provoquées, mais on ne vous a pas dit ce qu'elle avait fait ?
01:36Non, je ne sais pas si vous le savez, vous pouvez me le dire peut-être.
01:38Non, c'est pour ça que je vous pose la question, c'est vous qui avez des impôts ?
01:40Je ne sais pas plus que vous, là-dessus, c'est ce qu'on m'a dit, je leur fais confiance.
01:44Et puis voilà, on fait confiance à nos agriculteurs, c'est tout.
01:47En tout cas, elle les a reçus ensuite, elle a reçu la FNSEA et la coordination urale.
01:51Vous savez ce qu'elle a dit à vos collègues ?
01:53Pas du tout, pas du tout.
01:55Après, on peut revenir un peu sur le nombre d'agriculteurs, vous avez dit, sur toute la France qui a bougé, tout ça.
02:02J'espère que le gouvernement, là-dessus, va prendre conscience de l'ampleur du mouvement.
02:10Et ce n'est pas de l'amusement, quoi.
02:13Il y a une vraie détresse.
02:16Et là-dessus, plutôt que de la vexation, j'espère qu'ils vont retenir la souffrance des agriculteurs.
02:21C'est fini ou ça continue, cette mobilisation ?
02:25Parce que là, un de vos responsables a appelé, a restitué les tracteurs qui ont été saisis et a laissé partir tout le monde.
02:33C'est ce qu'il a dit.
02:35Alors là, j'ai été à la sortie de l'Assemblée nationale.
02:38Il a dit, on va certainement retourner sur les points où on était la veille,
02:44pour se restaurer, pour dormir, se laver, avoir les idées claires,
02:50attendre certainement les propositions de M. Lecornu.
02:57Moi, personnellement, je ne m'attends pas à grand-chose.
02:59Je pense qu'elles seront plutôt décevantes.
03:01Mais ce n'est pas par expérience.
03:04J'espère me tromper.
03:07Et puis après, on décidera de la suite des événements, suite aux annonces faites.
03:13On va essayer de comprendre ce que vous voulez, vous et les autres agriculteurs,
03:17ce que veulent les agriculteurs en colère aujourd'hui.
03:20On est d'abord dans la suite d'une crise qui a débuté en 2025,
03:23qui est celle de l'épidémie de dermatose nodulaire.
03:26Pauline, où en est-on ? Il y a eu de nouveaux foyers ?
03:31Récemment ?
03:33Il y en a eu de façon sporadique, effectivement, durant les vacances de Noël, notamment en Arrière.
03:42Oui, je suis désolée, je vous ai demandé où.
03:43Il y en a eu récemment, mais voilà.
03:45Concrètement, depuis Noël.
03:47Il y en a eu deux de plus dans l'Ariège.
03:51Ça porte au total 120 foyers détectés depuis le début de la maladie.
03:56Un peu plus de 3000 bêtes qui ont été abattues.
03:59Donc voilà, on voit que, pour le coup, les conditions hivernales qui ne sont pas favorables au développement des maladies animales,
04:09et puis les effets attendus de la vaccination qu'a lancé en urgence le gouvernement,
04:15pourraient affaiblir le développement de la maladie.
04:20On entend moins de contestations sur ce qui avait provoqué la colère il y a quelques semaines.
04:24C'était la question de l'abattage total des troupeaux qui étaient touchés.
04:28Donc ça, c'est en train de se calmer un peu.
04:29Aujourd'hui, on a une colère qui se cristallise sur beaucoup de points, mais notamment sur le Mercosur.
04:34Et c'est vrai qu'aujourd'hui, on était sur une forme de coup de force,
04:38puisqu'effectivement, il y avait des interdictions assez larges de manifester,
04:42notamment à cause des conditions météorologiques.
04:44Mais si l'accord du Mercosur venait à être signé d'ici lundi,
04:49on peut s'attendre effectivement à ce que le mouvement prenne de l'ampleur,
04:52avec les syndicats qui sont déjà sur le terrain,
04:54et probablement avec l'alliance majoritaire de la FNSEA et des jeunes agriculteurs,
05:01qui pourraient aussi amplifier, qui avaient été plutôt en retrait jusque-là,
05:04et qui pourraient amplifier leur appel au mouvement.
05:07On va y revenir, bien sûr, au Mercosur.
05:08Non, mais sur la dermatose nodulaire, vous dites qu'on n'entend plus vraiment cette exigence
05:14de cesser les abattages systématiques des troupeaux quand il y a des cas.
05:17Pourtant, moi, j'ai lu que c'était une des exigences encore de votre syndicat,
05:21de la coordination rurale.
05:23C'est-à-dire ?
05:23De cesser les abattages de tout le troupeau quand un cas de dermatose nodulaire est revenu.
05:28Oui, oui, oui.
05:29Vous êtes encore là-dessus ou pas ?
05:31Est-ce que vous vous admettez qu'il y a eu une grande vague de vaccination,
05:34et qu'on peut désormais peut-être...
05:37Non, mais dans tous les cas, on me demandait est-ce qu'il n'y ait pas des abattages
05:40totaux sur les troupeaux.
05:43Et voilà, et s'il y a la vaccination, on l'a vu, je crois, dans le Doubs,
05:47où les vaches étaient vaccinées depuis un certain nombre de temps.
05:51Et on avait passé les délais de vaccination, on a quand même battu les vaches.
05:57Et il me semble que, selon les propos de Mme Genevare, c'était pour ne pas faire de favorisisme
06:03sur un département d'où elle est originaire.
06:08Vous, vous êtes éleveur ?
06:09Oui.
06:09Donc vous êtes totalement concerné par...
06:12Concerné, on est concerné par l'agriculture en général.
06:15On est agriculteur avant tout.
06:17Sur le coup, les demandes, effectivement, n'ont pas évolué.
06:19Et chacun est assez constant dans ses demandes.
06:21L'AFNSEA était plutôt en faveur de suivre le processus,
06:25le protocole sanitaire qui avait été prévu par le gouvernement.
06:30Du côté des deux autres syndicats, il y avait vraiment une opposition à ce processus.
06:37Là où il y a une accalmie, c'est sur le front du développement de la maladie.
06:40Et c'est pour ça que le côté très émotif qu'il y avait eu autour des abattages totales,
06:44des troupeaux, est peut-être en train de se calmer.
06:47Il y a un autre argument qu'on entend, c'est la hausse des cours du blé.
06:56La hausse, la baisse des cours du blé, excusez-moi.
07:00Comment l'explique d'ailleurs cette baisse ?
07:02Quelqu'un peut me l'expliquer sur ce plateau ?
07:05Alors déjà, il y avait eu...
07:06Désolé, vous êtes vraiment la spécialiste.
07:08Je vais répondre à votre question autant que je peux.
07:11Effectivement, sur les cours du blé, il y avait eu une flambée très importante des cours du blé,
07:16des cours mondiaux du blé, notamment après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
07:21Et aujourd'hui, ces prix ont beaucoup baissé,
07:27notamment parce qu'il y a eu une production qui a été plutôt bonne sur les dernières années.
07:33Et que donc, mécaniquement, ça fait baisser les prix.
07:36Et aujourd'hui, c'est vrai qu'on est entre la deuxième année où les coûts de production des céréaliers français,
07:41qui habituellement sont considérés comme ceux qui gagnaient plutôt bien leur vie,
07:46eh bien, les cours ne permettent plus de couvrir les coûts de production.
07:52Et ça, voilà, ça attise aussi la difficulté.
07:56Si on regarde sur d'autres productions agricoles majeures que sont la viande et le lait,
08:02on est plutôt sur des cours qui sont plutôt élevés par rapport aux niveaux qui ont été historiquement constatés.
08:11Et puis, donc, autre préoccupation, c'est cet accord de libre-échange que vous commencez à évoquer avec le Mercosur.
08:18Ce soir, Pauline, Emmanuel Macron est ferme.
08:22Il annonce qu'il ne signera pas l'accord du Mercosur.
08:25Oui, absolument. Il dit très clairement que demain, la France votera contre.
08:29Et il rappelle au passage qu'il y a un rejet unanime au sein de la classe politique française contre cet accord
08:36et que c'est notamment ce qui motive sa décision.
08:40Et il rappelle aussi sa position qu'il dit depuis longtemps privée que cet accord, finalement, il le trouve caduque, désormais un peu dépassé.
08:51Seulement, le problème, c'est que ça ne va pas changer grand-chose demain à Bruxelles.
08:57D'ailleurs, lui-même, il anticipe finalement un échec et une défaite demain à Bruxelles
09:02puisqu'il prévient dès ce soir que l'étape de la signature ne sera pas la fin de l'histoire.
09:07Donc, ça veut dire qu'il anticipe qu'il y aura signature.
09:11Et ça, c'est un gros problème pour lui parce que ce soir, il veut adresser un message aux agriculteurs,
09:15dire j'ai fait tout mon possible.
09:17Mais si ça ne fonctionne pas, la colère sera toujours là au fond.
09:19Éric Martineau, vous confirmez qu'il est unanime ce rejet de l'accord ?
09:22Alors oui, maintenant, il y a même eu plusieurs résolutions au sein de l'Assemblée nationale
09:27qui ont été adoptées en ce sens pour s'opposer à la signature de l'accord du Mercosur.
09:31Donc, je suis plutôt satisfait de la position française
09:36parce que si le président de la République n'allait pas dans le sens de la représentation nationale,
09:40ce serait assez inquiétant.
09:42Après, je ne vais pas dire qu'il est libre de faire ce qu'il veut.
09:45Mais je pense que c'est un signal de respect envers nos agriculteurs.
09:50Par contre, je note quand même qu'il y a quelque temps, l'Italie, certains agriculteurs me disaient
09:56« Oui, mais regardez, Mme Mélanie, elle au moins, elle s'oppose au Mercosur. »
10:00Aujourd'hui, je n'ai pas le sentiment qu'elle va s'y opposer.
10:03Parce que si on avait toujours cette minorité de blocage,
10:05on pourrait dire non et on emmène des gens avec nous.
10:09Donc, on ne peut pas faire porter tout le tort sur uniquement la France
10:12qui, elle, va dire non au Mercosur.
10:14Il faut une minorité de blocage.
10:16Et si on la perd parce que l'Italie nous lâche, il faut le dire aussi.
10:19Alors, on va voir ce que peut faire la France si elle ne peut pas s'opposer à cet accord.
10:23Qu'est-ce qu'elle propose aux agriculteurs ?
10:25On en parle après l'appel d'Itie d'Albanne Leprince.
10:30Au quotidien, prenez les transports en commun.
10:34RTL.
10:35Il est 19h30.
10:37Anne-Sophie Lapix.
10:39On refait le monde sur RTL.
10:40Le rappel des titres avec Albanne Leprince.
10:42Le vent se renforce à l'approche de la tempête Goretti
10:45qui va toucher un grand quart nord-ouest de la France.
10:47La Manche est en vigilance rouge.
10:4925 autres départements en orange.
10:51Les écoles, collèges, lycées resteront fermées demain dans la Manche et en Seine-Maritime.
10:55L'université de Lille annonce quant à elle reporter les examens prévus demain en présentiel
11:00en raison notamment de l'interruption du trafic des trains toute la journée
11:04dans la région haute française en Normandie.
11:06Dans les autres régions, la Bretagne, la Nouvelle-Aquitaine, les pays de la Loire,
11:09on attend là aussi de très grosses perturbations avec beaucoup d'annulations et des retards.
11:14Il est rentré en France cet après-midi.
11:16Le chercheur français Laurent Vinatier a été libéré aujourd'hui par la Russie
11:20après avoir passé un an et demi en prison pour espionnage.
11:23Une libération dans le cadre d'un échange avec un basketteur russe.
11:27Et puis du foot avec le trophée des champions.
11:29Et on vous rejoint, Philippe Sanfourche, le trophée des champions OM-PSG.
11:34Parait qu'il mène 1-0 mais Marseille fait tout pour attraper le PSG.
11:38Oui, l'OM qui pousse, qui tente et multiplie les corners pour essayer de revenir dans cette partie
11:43puisque c'est bien le PSG qui mène depuis la 13ème minute l'ouverture du score.
11:47Signé Ousmane Dembélé, le ballon d'or d'un très beau lobe sur Roulis, le gardien de l'OM.
11:54Donc Paris qui mène 1-0.
11:55Il reste un petit peu moins d'un quart d'heure dans cette première période.
11:58Merci beaucoup, Philippe Sanfourche.
12:00On vous retrouve à 20h pour un nouveau point sur ce match de trophée des champions Paris-OM.
12:05Merci Alban, on vous retrouvera également à 20h.
12:07Tout à l'heure.
12:09Anne-Sophie Lapix, on refait le monde jusqu'à 20h sur RTL.
12:13Comment calmer la colère des agriculteurs ?
12:16Le sujet est pris très au sérieux par le gouvernement qui craint un embrasement de nos campagnes.
12:21Alors depuis quelques jours, il multiplie les gestes.
12:23Il négocie à Bruxelles pour tenter de désamorcer la crise.
12:26Et ce soir donc, Emmanuel Macron se met du côté des agriculteurs
12:30en affirmant qu'il s'opposera à l'accord du Mercosur,
12:34même si ça n'aura pas forcément beaucoup d'effet.
12:36On en débat avec nos invités.
12:38Cédric Paladin, agriculteur et président de la coordination rurale de Nouvelle-Aquitaine.
12:41Olivier Détroyat, journaliste spécialiste des questions économiques et agricoles au Figaro.
12:46Éric Martineau, député Les Démocrates de la Sarthe.
12:49Et Pauline Théveniot, journaliste politique de RTL.
12:52Et puis, nous allons rejoindre l'eurodéputé Rignot, Pascal Canfin.
12:58Bonsoir.
13:00Bonsoir.
13:00Alors, il va être signé ce traité, c'est quasiment fait ?
13:04Oui, c'est quasiment fait au niveau des États membres de l'Union Européenne,
13:10à savoir que la France n'a pas la possibilité seule de bloquer, de mettre son veto au Mercosur.
13:17Il faut un certain nombre d'autres pays.
13:19Et malheureusement, au moment où nous parlons,
13:22comme l'Italie de Giorgia Meloni a basculé,
13:25elle était contre il y a quelques semaines, elle est devenue pour maintenant,
13:28la France a perdu cette minorité de blocage.
13:31Et donc, il est extrêmement probable, sauf coup de théâtre dans la nuit,
13:35il est extrêmement probable que demain matin, à 9h30, lors du vote,
13:40la France soit mise en minorité avec la Belgique, la Pologne, la Hongrie et quelques autres.
13:45Pourquoi l'Italie a changé d'avis ?
13:47Alors, c'est une bonne question.
13:49Il faut poser la question à Giorgia Meloni et à ses alliés, bien évidemment.
13:53Mais disons que les ultimes concessions qui ont été faites en faveur des agriculteurs
14:00ont soit convaincu, soit servi de prétexte au changement de pied italien,
14:07puisque une partie du Nicole italien est aussi favorable au Mercosur
14:11et s'exprime plus que dans la partie française,
14:16qui est aussi en partie favorable au Mercosur.
14:18Nos invités pourront en débattre, mais qui aujourd'hui ne prend pas la parole dans le débat public.
14:23Donc, l'Italie a changé de pied, malheureusement, et en quelque sorte, nous a lâchés.
14:28Néanmoins, ce n'est pas la fin de l'histoire, et c'est ce que je voulais dire,
14:31puisque pour qu'un accord commercial entre en vigueur de manière définitive,
14:35il faut non seulement qu'une majorité d'États membres en Europe le soutiennent,
14:39mais que le Parlement européen le ratifie.
14:41Or, le Parlement européen est aujourd'hui vraiment partagé pour simplifier 50-50.
14:47Ça va se jouer à 10-15 voix sur plus de 700 eurodéputés.
14:52Donc, bien malin celui qui dit que le Mercosur sera de manière certaine ratifié.
14:57Je pense que nous pouvons encore gagner cette bataille.
14:59C'est le seul recours que vous avez aujourd'hui ?
15:02Alors, il y a deux recours au Parlement européen.
15:05Le premier, c'est celui que je porte avec d'autres eurodéputés depuis plusieurs mois.
15:10C'est saisir la Cour de justice de l'Union européenne.
15:14C'est ce que nous allons faire probablement dans les dix jours qui viennent,
15:19puisque nous avons une session officielle du Parlement européen à partir du 19 janvier.
15:23Donc, la semaine du 19 janvier, il est extrêmement probable que nous ayons un vote
15:26pour savoir si nous votons, une majorité vote, pour saisir la Cour de justice de l'Union européenne
15:33qui aura pour éviter de geler le processus de ratification du Mercosur au Parlement
15:41le temps que la Cour donne son avis sur la compatibilité ou pas du Mercosur avec les traités européens.
15:47Il y a un élément qui justifie, à mes yeux et aux yeux de tous ceux qui portent cette saisine,
15:53c'est que dans l'accord Mercosur, il y a un élément qui est tout à fait nouveau, inédit,
16:00que nous n'avons jamais signé jusqu'à présent, qui s'appelle le mécanisme de rééquilibrage,
16:05qui donne en quelque sorte un droit de compensation financière au Brésil, par exemple,
16:09si demain, nous prenons des règles du jeu européennes qui interdisent l'importation de produits avec des pesticides interdits en Europe,
16:22eh bien, si nous voulons faire cela, ce qui est juste du bon sens,
16:26et ce qui est demandé par toute la profession agricole, parfaitement à juste titre,
16:31eh bien, nous donnons, avec l'accord Mercosur, nous donnons un droit à compensation financière au Brésil,
16:36parce que le Brésil pourra dire qu'il est lésé dans ses exportations.
16:39Et donc, c'est un nouvel élément qui rend le traité encore pire, en fait.
16:44Exactement. Un traité commercial, c'est la première fois dans toute l'histoire de l'Union Européenne
16:48que nous avons ce type de mécanisme, c'est un milieu totalement inacceptable,
16:52et on pense que c'est incompatible avec les traités européens.
16:55Emmanuel Macron va donc s'opposer à cet accord, il l'a annoncé,
17:00mais n'aurait-il pas dû tenir cette ligne d'opposition du début jusqu'à la fin ?
17:04La France a fait partie des pays les plus hostiles aux Mercosur depuis le début.
17:12Et nous savions, en revanche, qu'il était tout à fait possible que nous soyons lâchés,
17:16et que nous n'ayons pas, in fine, la possibilité d'avoir cette fameuse minorité de blocage
17:21qui aurait bloqué l'ensemble du processus.
17:22Et donc, le choix a été fait, et je pense que les agriculteurs l'ont aussi compris,
17:28d'essayer de limiter les dégâts en négociant une clause de sauvegarde qui a ses limites.
17:33Et c'est d'ailleurs pour ça que, puisqu'elle est limitée, elle ne nous suffit pas,
17:36et donc nous ne changeons pas d'avis.
17:38Mais néanmoins, je pense que tout le monde s'accordera à dire
17:40qu'il vaut mieux qu'il y ait cette clause de sauvegarde que pas de clause de sauvegarde.
17:44Donc, la France a une ligne de crête.
17:48Chaque tactique de négociation a ses avantages et ses inconvénients.
17:51Le choix a été fait par la France de dire
17:53« J'essaye de faire en sorte d'obtenir le meilleur accord possible pour nos agriculteurs
17:57ou le moins mauvais accord possible. »
18:01Et puis, in fine, le jour du vote, c'est-à-dire demain, je fais mes comptes,
18:05bon, le compte n'y est pas, donc je vote contre.
18:07Mais si on avait dit il y a un an, de toute façon,
18:10quelles que soient les dispositions,
18:13quels que soient les mécanismes en vigueur,
18:14nous votons contre,
18:16il est extrêmement probable que nous n'aurions même pas eu
18:19même pas eu les améliorations récentes en la matière.
18:24Merci beaucoup, Pascal Canfin.
18:26Et excusez-nous, chers auditeurs, pour la qualité de la liaison.
18:31On voulait quand même entendre Pascal Canfin sur notre antenne.
18:35Éric Martineau, est-ce qu'il n'aurait pas fallu le jeter, en fait, totalement, cet accord ?
18:40Il a 25 ans et on voit qu'on a tendance à essayer de rajouter des clauses,
18:45mais que ça ne le rend pas vraiment différent.
18:48Et c'est pour ça que ça a mis du temps pour arriver à ce qu'on est en train de vivre aujourd'hui.
18:52Parce que si ça avait été aussi limpide et clair,
18:55je suis convaincu que ça aurait été signé peut-être bien avant.
18:58Là, quand même, ce qu'il faut remarquer, c'est bien une position française
19:01qui a été, pour moi, elle a été constante.
19:04Alors, je mets un bémol quand même.
19:06C'est vrai que sur la déclaration du président de la République, lorsqu'il était au Brésil,
19:10je le dis, parce que je n'ai pas la réfutation d'avoir une langue de bois.
19:14Voix de gentils avec les Brésiliens ?
19:16Oui, je crois que c'est ça.
19:17Mais oui, parce qu'on parle d'agriculture, là, ce soir.
19:19Mais parce que dans ce traité, il n'y a pas que de l'agriculture.
19:22Il ne faut pas l'oublier.
19:23Et il y a même, au sein de l'agriculture, des gens qui sont favorables.
19:27Des gens qui sont favorables, qui viennent vers nous, les députés,
19:29pour dire, mais attendez, nous, on veut le Mercosur.
19:33Par contre, ils ne le disent pas trop fort,
19:36parce que ce n'est pas le moment d'en parler et de mettre de l'huile sur le feu.
19:39Mais nous, par contre, à l'Assemblée,
19:43on a toujours voté contre ce Mercosur.
19:48Parce que même s'il y a des clauses, les clauses de sauvegarde,
19:52ou même ce qu'aurait été le top, c'était les mesures miroirs,
19:55c'est-à-dire d'avoir les mêmes conditions de production,
19:58que ce soit chez eux ou en Europe,
20:00ça, on sait très bien qu'on n'arrivera pas à les mettre en place.
20:02Cédric Paladin, vous restez foncièrement opposé,
20:05vous, à la coordination rurale, à cet accord ?
20:08Oui, oui, là-dessus, on est opposé.
20:12C'est un sujet sans naître,
20:14parce que le mal est beaucoup plus profond que ça.
20:16On se perd dans du détail.
20:18Nous, on a des problèmes intra-européens
20:21qui dépassent le Mercosur.
20:22On n'a ni les mêmes normes sociales,
20:25ni les mêmes normes environnementales,
20:27ni les mêmes normes fiscales
20:29au sein de l'Union Européenne.
20:31Et ça nous fait une concurrence déloyale terrible.
20:33Et ça fait qu'on se retrouve avec des produits sur les marchés,
20:37où l'État, d'ailleurs,
20:39et l'État français est le grand pompier incendiaire,
20:42où d'un côté, ils nous empêchent de produire
20:43chez nous,
20:45et où on importe massivement.
20:47Mais ça ne s'appelle pas les importations.
20:49Dans l'Union Européenne,
20:54ce n'est pas considéré comme des importations.
20:55Oui, là, vous parlez carrément de l'Union Européenne.
20:57Oui, vous avez vision.
20:59Et quand M. Le Corneu parle,
21:02on ne va pas rentrer,
21:04on va arrêter d'importer en France
21:05des produits qu'on ne peut pas produire
21:08sur le territoire,
21:09il n'inclut pas l'Union Européenne.
21:10Il ne parle que des produits hors Union Européenne.
21:13Parce que si on prend l'exemple de la Nozette,
21:14où on peut traiter la citanipride en Italie,
21:19en France, on ne peut pas.
21:20On va faire une pause,
21:22et on va se retrouver pour débattre encore
21:23de cette crise agricole latente,
21:26et de ce que peut faire le gouvernement
21:27pour calmer la colère.
21:29Comment en est-on arrivé là ?
21:43Pourquoi la France ne parvient pas
21:44à stopper un accord dont elle ne veut pas ?
21:46Doit-on s'attendre à une crise profonde
21:48de notre agriculture,
21:49et même une crise politique ?
21:51On en débat avec nos invités,
21:52Cédric Paladin,
21:54agriculteur et président de la coordination rurale
21:56de Nouvelle-Aquitaine,
21:57Olivia Détroyat, journaliste spécialiste
21:59des questions économiques et agricoles au Figaro,
22:02Éric Martineau, député Les Démocrates de la Sarthe,
22:04et Pauline Théveniot, journaliste politique de RTL.
22:08On refait le monde sur RTL.
22:11A priori, on ne doit jamais ne rien exclure.
22:15Je demande au gouvernement
22:16d'avoir le courage de faire un 49-3
22:19pour un budget qui serve l'économie française.
22:21Écoutez, la situation est catastrophique aujourd'hui.
22:24On est la lanterne rouge de l'Europe.
22:27Il s'agit de Bruno Retailleau,
22:29vous l'aurez reconnu.
22:30Pauline, le gouvernement pourrait chuter sur le Mercosur
22:33par l'intermédiaire donc d'une motion de censure
22:36de Bruno Retailleau, enfin de LR ?
22:38C'était sa menace hier.
22:40Ce qu'il a dit, c'est que si la France,
22:42Emmanuel Macron, défendait le pour
22:44demain à Bruxelles,
22:46il le censurait.
22:47C'était quand même un peu du théâtre,
22:48parce qu'il savait bien que
22:50ce n'est pas la position qu'allait défendre Emmanuel Macron demain.
22:52Et Emmanuel Macron anticipe ça ce soir
22:55en disant, vous voyez, on va prendre la position contre.
22:58Donc, un peu, vous voyez tout ce qu'on fait.
23:02Une fois qu'on a dit ça,
23:03il y a quand même une réelle crainte
23:05au sein du gouvernement
23:06et chez des ministres
23:08d'être censuré sur le sujet de l'agriculture.
23:11Avec ce raisonnement qui est
23:13qu'un gouvernement contesté,
23:16c'est bien plus tentant d'appuyer sur le bouton
23:17pour les oppositions et de le faire chuter.
23:20et cette contestation, dans la mesure où
23:23là, on voit bien que le gouvernement,
23:26même s'il rame et même s'il s'active,
23:28il n'arrive pas à apaiser la colère,
23:30qu'on est un peu dans un dialogue de sourds,
23:32avec en plus la perspective du Salon de l'agriculture
23:35qui est dans six semaines, le 21 février.
23:38Donc, ça va être long.
23:38C'est en vache.
23:40Puisqu'elles vont, finalement,
23:41elles ne vont pas pouvoir venir à Paris
23:42parce qu'il faut éviter la circulation du virus.
23:45Tout un symbole.
23:47Eh bien, la crainte, c'est que la contestation,
23:49elle s'enlise, elle s'enquiste
23:51et elle dure, finalement, jusqu'à l'ouverture du Salon
23:54et que, pendant toute cette période,
23:57le gouvernement soit extrêmement fragilisé
24:00puisque, comme on vient de le dire,
24:02contesté est donc beaucoup plus facilement censurable.
24:05Vous écoutez, Cédric Paladin, tout à l'heure.
24:07J'avais l'impression, quand même,
24:08que vous attendiez d'entendre les arguments
24:11de Sébastien Lecornu.
24:13Les propositions.
24:14Parce qu'il y a une main tendue, quand même, là.
24:16Oui, ce ne sera pas la première fois
24:17qui est une main tendue, hein.
24:18Vous voyez bien que, là, le gouvernement s'active.
24:21Il y a eu, quand même, plusieurs choses
24:22qui ont été faites.
24:23Que ce soit, par exemple, sur les engrais,
24:26la taxation carbone sur les engrais.
24:27Donc, là, le gouvernement a bataillé
24:30pour que ce ne soit pas le cas
24:32et donc, les prix ne montent pas.
24:34Oui, ça veut dire qu'on est comme avant
24:35et il faudrait qu'on ait des baisses de prix,
24:37en plus de ça.
24:38Donc, il faudrait inverser la vapeur de tout ça.
24:41Voilà.
24:41Mais il y a eu d'autres choses.
24:43Il y a eu aussi cette interdiction
24:45d'importer des produits
24:46qui contiennent cinq pesticides.
24:49Et parmi eux, il y a les mangues,
24:51il y a les avocats.
24:51On voit d'où ça vient.
24:52Ça vient surtout d'Amérique du Sud.
24:54Ces gestes-là, malgré tout,
24:56vous les prenez en compte ?
24:57Vous estimez que le gouvernement
24:59se bat pour vous ?
25:01Non, parce qu'il ne se bat pas
25:02pour les produits
25:03qu'on produit sur le territoire.
25:05Voilà.
25:05Et qui nous font la vraie concurrence.
25:08S'il y a du manque aux aibes,
25:09quand même, ça me concerne.
25:10Moi, par exemple, sur les pommes,
25:11je suis producteur de pommes.
25:12Parce qu'il y a aussi des pommes,
25:13il y a des agrumes.
25:14Je vais vous donner deux exemples.
25:15C'est un vrai sujet.
25:16Là, on parlait sur les agrumes.
25:20Sur des produits qu'on...
25:21Il y a les pommes, il y a les agrumes.
25:22Voilà.
25:23Non, mais on parlait des agrumes.
25:24Après, sur les...
25:25C'est des évidences.
25:27C'est des évidences bénévitables.
25:29Si vous regardez,
25:31politiquement,
25:33les agriculteurs sont quand même
25:35assez choyés depuis trois ans.
25:37C'est vrai que...
25:38Enfin, je parle sur votre contrôle,
25:39on a peu de secteurs économiques
25:41qui ont eu autant de main tendue
25:44dans une période où,
25:46d'un point de vue budgétaire,
25:47l'heure est plutôt quand même
25:47aux économies,
25:49ou en tout cas aux recherches d'économies.
25:51On a eu la loi d'orientation agricole,
25:53on a eu la loi du plomb,
25:54on a eu des mesures qui ont été prises
25:55sur la retraite agricole,
25:57vous l'avez dit,
25:58sur les importations.
26:00Ce qui veut dire que...
26:02Il y a un sujet très profond
26:04dans l'agriculture aujourd'hui,
26:06parce qu'on n'arrive pas à éteindre
26:08cette contestation
26:09qui est liée à plein de facteurs
26:11avec aussi des divisions syndicales
26:12qui étaient peut-être moins fortes
26:14auparavant
26:15et qui fait qu'il y a des demandes
26:17ou des attentes aussi contradictoires
26:18selon les...
26:20Contradictoires quoi, par exemple ?
26:22Si vous regardez sur la dermatose,
26:24on parlait tout à l'heure,
26:25sur la façon dont on prend en compte
26:27et qu'on gère ces épisodiers,
26:29donc les maladies animales,
26:32il y avait pour le coup
26:34une opposition de principe
26:35entre la Confédération paysanne
26:37et la coordination rurale
26:39sur la question de l'abattage totale.
26:40D'une part,
26:40sachant que politiquement,
26:41elles sont très opposées,
26:42donc c'était un peu le paradoxe.
26:43C'était un attelage un petit peu étonnant,
26:45je pense que vous ne me contradierez pas
26:47sur ce point-là,
26:48mais la FNSEA
26:51qui était sur une position
26:52plus légaliste,
26:53on va dire en tout cas,
26:54qui suivait
26:56ce qui avait été préconisé
26:59par le gouvernement.
27:01Donc en fait,
27:01malgré tout ce qu'on peut faire
27:04pour le monde agricole,
27:05il faut aussi dire
27:08que tout ne passe pas
27:09par le politique.
27:12Il y a aussi des attentes contradictoires
27:14des consommateurs
27:15qui veulent manger français,
27:17qui demandent beaucoup,
27:18beaucoup aux agriculteurs
27:19qui veulent par ailleurs
27:20ne plus les voir,
27:22au moins les voir à côté de chez eux
27:24et qui en même temps
27:25accordent une place
27:26dans leur budget à l'alimentation
27:28qui est de plus en plus réduite.
27:31Et ça,
27:31cette contradiction
27:32sur je n'accepte pas
27:35ou je ne peux pas payer
27:36ce que j'exige
27:37du monde agricole,
27:39elle est vraiment très forte
27:41et tant qu'elle ne sera pas résolue.
27:42Et tant qu'elle ne sera pas résolue,
27:43je pense qu'il y aura
27:44les frustrations
27:46qu'on voit émerger
27:47aujourd'hui dans les campagnes.
27:48C'est difficile à entendre ça,
27:49Cédric Paladin,
27:50de se dire
27:50les Français,
27:51ils n'ont pas les moyens
27:52de payer le prix,
27:53le vrai prix.
27:54Pas les moyens
27:54ou pas l'envie.
27:56Ça, on peut l'entendre
27:57après l'envie.
27:59Voilà, certes.
27:59C'est des choix aussi.
28:02C'est des choix pas pour...
28:02C'est de l'éducation ?
28:03C'est pas pour tout le monde.
28:04C'est pas des choix
28:05pour tout le monde
28:06parce que de SMIC,
28:07je ne sais pas,
28:07voilà,
28:08tout le monde ne vit pas
28:10ou il y a beaucoup
28:11de jeunes à précarité aussi.
28:12Voilà.
28:13Et sur les désaccords
28:14au niveau de la gestion
28:16de la dermatose notamment
28:17mais de la tuberculose aussi,
28:19tout ça,
28:20on se rend bien compte
28:21quand on voit nos préfets
28:23tout ça,
28:23on leur dit régulièrement
28:24que l'État veut faire baisser
28:26le cheptel français.
28:29Voilà.
28:29Ça, c'est acté
28:30sur des abattages
28:33de totaux-tropaux.
28:34Les préfets nous disent
28:35non, c'est pas vrai.
28:35Les abattages,
28:36c'est pas fait
28:37pour faire disparaître
28:38le troupe français.
28:38C'est à cause
28:39des abattages totaux.
28:40C'est pour la dermatose.
28:41Non, parce qu'on pourrait
28:42faire du sélectif.
28:43On va décider d'abattre
28:43des troupeaux
28:44sans qu'il y ait
28:45une raison précise.
28:46Si, si,
28:46c'est ce qu'ils font.
28:47Vous avez des exemples ?
28:49Eh bien,
28:49on peut faire le choix
28:50d'abattage sélectif,
28:51par exemple,
28:51où on abat les animaux.
28:52C'est des raisons sanitaires.
28:54Oui, oui.
28:54Les raisons sanitaires,
28:55c'est pas la décision
28:56d'abattre des troupeaux.
28:57Enfin, c'est...
28:57Il y a une raison sanitaire précise.
28:59Il y a une raison,
29:00par exemple,
29:01où moi j'ai posé la question
29:02plusieurs fois
29:03à nos préfets,
29:03nos préfets de région,
29:04où on veut réduire
29:06le nombre d'animaux
29:07chez nous.
29:08Et j'aurais posé la question
29:09qui met en place
29:10la prédation
29:10et qui la protège ?
29:11Si vous ne voulez pas
29:12réduire le nombre d'animaux.
29:14J'attends toujours la réponse.
29:16Comment ça ?
29:16Expliquez-nous
29:17ce que vous voulez dire par là.
29:18Qui met en place
29:19la prédation en France ?
29:20Quand on dit la prédation,
29:21on parlait des loups
29:22et des ours,
29:23j'ai bien compris.
29:24Et qui la protège ?
29:26Ah, vous voulez dire
29:26que si on met des ours
29:27et des loups en France,
29:29enfin, si on les laisse
29:30revenir,
29:31puisqu'en fait,
29:32c'est dans le but
29:34de déliminer trop.
29:35C'est un peu...
29:36C'est sûr ?
29:37Pour quelle autre raison ?
29:38C'est pas qu'on potisse,
29:40c'est qu'on veut
29:40qu'il y ait des trucs.
29:41Non ?
29:42Mais ils n'y étaient pas.
29:43Ils n'y étaient pas,
29:44ils sont revenus.
29:44Ils sont revenus, non.
29:45Ils ne sont pas revenus,
29:46on les a lâchés.
29:47Les loups ?
29:48Oui.
29:49Les loups,
29:49ils sont revenus
29:50naturellement.
29:52Non, non,
29:52ils s'en ont lâché.
29:53Il y en a qui arrivent.
29:54Il y en a notamment
29:55dans le ministère.
29:55C'est, voilà,
29:57l'État qui organise...
29:58On va prendre un autre sujet,
30:00la tuberculose,
30:00où on fait des abatages
30:02totaux de troupeaux
30:03et on n'est pas capable
30:05dans la faune sauvage
30:06de se donner les moyens
30:07d'éliminer les blaireaux
30:09qui sont porteurs
30:10de la maladie.
30:12Voilà.
30:12Mais par contre,
30:13on se donne les moyens
30:13d'abattre 100% des troupeaux
30:14infectés.
30:16Alors...
30:17Alors qu'on a des blaireautières
30:19recensées,
30:20on sait tout,
30:21on sait comment ça se passe.
30:22Je ne suis pas sûre
30:23qu'il y a une volonté délibérée
30:24de l'État
30:25de faire disparaître
30:27l'agriculture.
30:28Ceci dit,
30:28il y a eu des choix politiques
30:30qui ont été faits en 2017
30:31au moment des états généraux
30:32de l'alimentation,
30:32de dire,
30:34peut-être de délaisser
30:34certains pans de production,
30:36notamment sur la production standard,
30:38pour se concentrer sur le bio,
30:40sur les signes de qualité,
30:41sur moins mais mieux.
30:43Oui, il a décroissé ça.
30:44Et ça,
30:45ça s'est révélé
30:46sur la puissance exportatrice
30:48et la puissance agricole française
30:50assez néfaste
30:52puisque ça a laissé la porte
30:54ouverte à des productions
30:56qu'on n'était plus capable
30:58de faire de façon compétitive
31:00en France.
31:01Et ça,
31:01c'est vrai que le choix
31:02de la montée en gamme
31:03à tout prix
31:03s'est révélé
31:05assez néfaste
31:07pour l'agriculture française,
31:08notamment à un moment
31:09où on a eu
31:09une inflation alimentaire
31:11très très forte
31:12en 2022
31:12et en 2023,
31:13juste après
31:14les états généraux
31:15de l'alimentation.
31:15Pauline Thévenu,
31:16on est à un mois
31:17du salon de l'agriculture,
31:19même si Emmanuel Macron
31:20a annoncé
31:21qu'il allait s'opposer
31:22à ce traité
31:23et essayer
31:24de faire appliquer
31:25ce qui a été décidé
31:26ensuite
31:27par le Parlement européen
31:29pour essayer
31:30de limiter
31:30les effets néfastes
31:32de cette nouvelle concurrence.
31:33Est-ce qu'il faut s'attendre
31:34à un Emmanuel Macron
31:35très chahuté
31:35dans les allées
31:36du salon de l'agriculture
31:38qu'il aime arpenter ?
31:39Alors,
31:40c'est dans six semaines,
31:41donc il est un peu tôt
31:42pour faire des pronostics,
31:44mais si le salon
31:46avait lieu
31:47d'ouvrir ses portes
31:48demain,
31:49très vraisemblablement
31:50qu'on voit
31:52ce qui est frappant
31:53je trouve
31:53cette semaine.
31:55Rappelez-vous,
31:55on s'est quitté
31:56à la fin de l'année 2025
31:58que tout le monde
31:58ne parlait que du budget
31:59et Sébastien Lecornu
32:01devait faire sa rentrée
32:02sur ça.
32:02Depuis vendredi dernier,
32:04il ne fait quasiment
32:05que s'occuper
32:06de la crise agricole.
32:07Il écrit des lettres,
32:08il reçoit les syndicats,
32:09il multiplie les réunions
32:10à chaque fois
32:11avec le son de cloche
32:12de dire
32:12on veut répondre
32:13aux sentiments d'injustice,
32:14la colère,
32:15il est légitime
32:16qu'elle s'exprime.
32:16Il y a deux ans.
32:17Absolument
32:18et c'est vrai,
32:19vous avez raison,
32:19ça fait deux ans
32:20que ça dure finalement
32:21et ce qui est manifeste
32:23c'est cette espèce
32:24d'incapacité
32:25du gouvernement
32:26à apaiser
32:28cette colère
32:29et à une forme
32:32de dialogue de sourds
32:33finalement
32:33avec,
32:35alors on attend
32:36des annonces,
32:36le Premier ministre
32:37a promis des annonces
32:38d'ici à vendredi
32:39d'ici à demain.
32:40Merci beaucoup
32:42d'être venu
32:43sur ce plateau
32:43débattre.
32:45Demain,
32:46Thomas Soto
32:46recevra Thierry Cotillard,
32:48patron d'intermarché
32:48et président
32:49du groupement
32:49Les Mousquetaires.
32:51Quant à Marc-Olivier Fogel,
32:52il accueillera
32:52Rachel Lenand,
32:53victime présumée
32:54d'agression sexuelle
32:55par l'abbé Pierre.
32:56Il est l'heure maintenant
32:57de retrouver
32:58André Dusselier.
32:59Bonsoir André,
33:00quelle histoire
33:00elle va nous raconter
33:01ce soir ?
33:02Bonsoir Anne-Sophie.
33:03Alors ce soir,
33:04je vais vous raconter
33:04d'incroyable histoire
33:05de la 5,
33:06de son lancement
33:07fracassant
33:08par Berlusconi
33:09à son effondrement
33:11en direct
33:11devant des millions
33:12de téléspectateurs.
33:14A tout de suite
33:14sur RTL.
33:15Merci André,
33:16à tout de suite.