Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 9 mois
Ce jeudi 8 janvier, Emmanuel Weyd, directeur des Investissements chez Eiffel Investment Group, s’est penché sur les trois années consécutives de forte hausse des marchés, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:06Globalement d'ailleurs les marchés restent bien orientés depuis ce début d'année, les actions tutoient leurs plus hauts historiques.
00:10Cette dynamique doit-elle inciter à prendre encore plus de risques en 2026 ?
00:14Emmanuel Veidt nous rejoint, directeur des investissements d'Effel Investment Group. Bonjour Emmanuel, bienvenue.
00:19Bonjour Guillaume, bonne année.
00:20Bonne année, meilleure vue également. On a connu là, on sort là, de trois années de suite,
00:24trois années consécutives de performances très positives sur les actifs risqués, ce qui est rare.
00:29Trois années de suite de hausse nette.
00:32Que nous dit cette séquence, encore une fois, historiquement rare, sur l'état des marchés et le monde dans lequel on avance ?
00:38Ça nous dit que les étoiles sont quand même assez alignées sur les fondamentaux,
00:42avec des politiques monétaires qui étaient accommodantes ces trois dernières années,
00:47en tout cas qui étaient baissières, avec des fondamentaux d'entreprise qui étaient bons,
00:52avec une fiscalité, enfin un vent fiscal dans le dos qui restait important en Europe et aux Etats-Unis,
01:03et puis des prix de l'énergie qui ont baissé.
01:06Donc tout ça, c'est une conjonction de facteurs très favorables,
01:10et qui ont fait que dans un premier temps, les actifs risqués,
01:13que ce soit en crédit, l'investment grade, puis le high yield,
01:15et bien entendu les marchés boursiers, ont beaucoup monté.
01:19Et n'ont pas un petit peu monté, ont beaucoup monté.
01:22Et donc, est-ce qu'on peut faire une quatrième année de suite à plus 15%,
01:26plus 6% sur le high yield, etc.
01:28Donc c'est vraiment l'enjeu pour tous les investisseurs.
01:31Et c'est de savoir l'enjeu, si cette année il y aura encore de nouveaux moteurs,
01:34des moteurs suffisants de compenser au contraire les risques,
01:37comment est-ce que vous voyez le rapport moteur-opportunité-risque pour 2026 ?
01:40C'est très intéressant parce qu'en fait, juste avant Gilles mentionnait sa crainte sur le Japon,
01:46aujourd'hui la politique monétaire mondiale, elle est plus toute dans le même sens.
01:50C'est-à-dire qu'on a les Etats-Unis qui sont encore baissés,
01:52on a la BCE qui va être, on va dire, flat à 2%, c'est en tout cas ce qu'attend le marché,
01:57et puis on a le marché japonais qui va monter.
01:59Enfin, les taux japonais qui vont monter, c'est les trois plus grands marchés obligataires mondiaux.
02:04Donc ça, ça peut donner lieu à des rotations, à des incertitudes des investisseurs.
02:08Ensuite, sur les fondamentaux, on reste, nous, optimistes,
02:13et avec des taux de défauts qui sont bas, avec des bilans qui sont globalement sains,
02:20avec une rentabilité qui est au plus haut historique,
02:23des prix de l'énergie qui sont bas et qui continuent de baisser,
02:25ça c'est favorable pour un grand nombre d'entreprises.
02:28Donc même des secteurs un peu cycliques qui ont souffert l'an dernier,
02:31par exemple en crédit, tels que l'automobile ou la chimie,
02:34on peut s'attendre potentiellement à une stabilisation, voire à un rebond de certains noms
02:38qui bénéficieront de ça.
02:40Le bémol, ce sont les valorisations.
02:43C'est-à-dire qu'aujourd'hui, si je fais simple,
02:46sur le marché obligataire ou sur les marchés de cash,
02:51vous avez 2%, ça c'est ce que vous rapporte le cash,
02:54vous avez 3,5%, c'est ce que vous rapporte la France,
02:57mais c'est aussi ce que vous rapportent les obligations investment grade,
03:02c'est-à-dire du L'Oréal, du Total, du Saint-Gobain, des stars de la cote,
03:06mais il n'y a pas de prime par rapport à l'État.
03:09Et puis vous avez le high yield qui vous rapporte du 6%,
03:12là on pense qu'il y a encore un peu de valeur,
03:14et puis la dette privée qui est un nouveau secteur qui se démocratise
03:18et qui est disponible pour les investisseurs individuels,
03:22qui rapporte plutôt du 7-8% mais qui est moins liquide.
03:25Voilà, donc ça, et alors le high yield, vous pouvez me dire quel nom ?
03:29C'est du Picard, c'est du Iliade, ce sont des noms comme Opela,
03:34ça ne vous dit rien mais c'est le nom de la structure qui détient Doliprane,
03:37vous savez qui a été vendu par Sanofi l'année dernière,
03:40donc ce sont quand même des noms de grande qualité
03:43et qui ont des antécédents, des tracricordes très anciens.
03:46Mais donc, clairement, ça oblige 2, 3,5, 6, 7,
03:54entre 2 et 3,5 vous n'avez plus beaucoup de valeur,
03:57sauf pour le taux sans risque de l'OAT,
03:59et ça c'est à décider,
04:00si vous ne pensez pas que l'État français va faire faillite,
04:04nous on ne le pense pas, mais bon, ça peut mettre du temps.
04:07Et en tout cas, sur les obligations d'entreprise,
04:10et les obligations financières émises par les banques,
04:12on est plutôt, en fonction des noms et des segments,
04:16autour de 5-6%, et là il y a encore de la valeur, nous semble-t-il.
04:20Et si on n'est plus sur les actions,
04:21là il faudrait regarder un petit peu quel secteur,
04:23en fonction de tout cet environnement ?
04:25Justement, on a des secteurs qui ont beaucoup souffert,
04:29ces dernières années notamment,
04:31parce qu'ils n'ont pas bénéficié de la reprise,
04:36ou en tout cas, ils prahissaient une attente de récession
04:40pour l'année dernière,
04:41on voit que cette récession en Europe ne s'est pas produite,
04:44et qu'en plus, les attentes de croissance économique
04:47sont beaucoup plus élevées,
04:49donc on a des noms dans la défense,
04:52l'aéronautique qui en ont beaucoup bénéficié,
04:54mais certains noms, probablement,
04:56ou certains secteurs, comme j'y reviens,
04:58la chimie, ou certains secteurs de chimie spécialité,
05:01ou l'automobile,
05:03pourraient trouver un flore, un plancher,
05:08et redémarrer.
05:09Une stratégie un petit peu value, quoi, finalement.
05:11Exactement, exactement.
05:14Il faut voir que,
05:15je fais une parenthèse sur le marché actions,
05:17le rendement du marché stock 600 européen,
05:21aujourd'hui, c'est 2,5%.
05:22Donc on est à des niveaux qui sont quand même assez bas,
05:26et ce rendement ne vous fournit pas de protection
05:29si vous anticipez des chocs exogènes.
05:32On a parlé du Venezuela il y a 10 minutes,
05:34vous avez parlé du Venezuela il y a quelques minutes,
05:36on voit bien qu'on est dans un monde incertain.
05:382023, ce que ça nous dit aussi,
05:402023, on ne s'en souvient peut-être pas,
05:43vous avez dit, on a eu des super performances,
05:452023, c'est la faillite de crédit suisse.
05:47Oui, et les banques régionales américaines.
05:49Et les banques régionales SVB.
05:51OK ?
05:522024, 2025,
05:5415 jours après Liberation Day,
05:55vous m'aviez fait l'amitié de m'inviter,
05:58on se demandait
05:59comment allait être l'économie mondiale en 2025,
06:02si on allait basculer en récession,
06:03si les taux allaient monter,
06:07enfin les taux d'entreprise allaient monter.
06:10Donc on voit bien que
06:11il est très difficile de prévoir un scénario macro.
06:15En revanche, ce qu'on peut faire,
06:17c'est regarder les valorisations,
06:18et regarder les sociétés secteur par secteur,
06:22et nom par nom,
06:22et c'est ce qu'on fait.
06:23Et bien sûr, les thématiques souveraineté,
06:25infrastructures, ça reste de mise pour 2026,
06:27on l'imagine ?
06:27Bien sûr, parce que là,
06:29on a notamment en crédit,
06:31sur les marchés obligataires,
06:32il va y avoir beaucoup de besoins de financement,
06:35et ces besoins de financement
06:36ne peuvent pas tous être comblés par les banques.
06:40Donc on a besoin de nouveaux investisseurs,
06:42donc ce sont les grands investisseurs institutionnels,
06:44comme les banques,
06:45comme les compagnies d'assurance,
06:47les caisses de retraite,
06:47qui se mettent sur ces marchés,
06:49notamment de la dette privée,
06:52mais ce sont également maintenant,
06:54et des infrastructures privées,
06:56mais ce sont également maintenant,
06:57les investisseurs individuels,
06:59puisqu'on a des véhicules qui permettent de le faire.
07:01Oui, c'est une des nouveautés des derniers trimestres,
07:03effectivement, voilà,
07:05une classe d'actifs de plus,
07:06accessible pour les particuliers.
07:08Merci Emmanuel Vette d'être passé nous voir.

Recommandations