- il y a 10 minutes
Chaque week-end, Emilie Broussouloux vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Il est 22h37, vous regardez BFM Grand Soir, bonsoir, bienvenue à vous si vous nous rejoignez.
00:06L'actualité, c'est aussi cette agression dont a été victime Jordan Bardella, le président du Rassemblement National,
00:12que vous allez voir sur ces images, était en dédicace aujourd'hui à Moissac, dans le Tarn-et-Garonne.
00:20Lorsqu'il a été agressé, il a reçu un œuf sur la tête, il était environ 15h30 à ce moment-là.
00:27Alors les images de cette agression n'existent pas, mais elle a eu lieu seulement quelques minutes après ce moment que vous voyez sur les images.
00:35C'est déjà la deuxième fois qu'il subit une violence physique cette semaine.
00:39On va revenir dessus avec vous, Gilbert Collard. Bonsoir, maître. Merci d'être avec nous.
00:45On le rappelle, vous êtes président de l'association Alternative France, ancien député européen Rassemblement National.
00:51Je vous donne la parole dans un tout petit instant, maître. Je voudrais juste faire le point sur ce qui s'est passé aujourd'hui.
00:57Vincent Van Tigham, bonsoir. Vous êtes grand reporter police-justice BFM TV. Que s'est-il passé précisément ?
01:03Alors les faits sont survenus en fait, vous l'avez dit, en pleine séance de dédicace de Jordan Bardella à Moissac, dans le Tarn-et-Garonne, vers 15h30, 15h45.
01:11C'est en fait un homme âgé de 74 ans qui était dans la file pour avoir une dédicace, sauf que lui n'a pas sorti un livre.
01:18Il a sorti un œuf qu'il est venu écraser sur la tête de Jordan Bardella. Il a été immédiatement interpellé.
01:24Ce qu'il faut bien préciser, c'est que le président du Rassemblement National n'a pas été blessé lors de cet incident.
01:29Il a déposé plainte, évidemment. L'homme de 74 ans, lui, a été placé en garde à vue, appréhendé par les gendarmes qui étaient sur place.
01:36Il est en garde à vue à l'heure actuelle à la brigade de gendarmerie de Moissac pour violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique.
01:43Ce qu'il faut bien préciser, c'est que cet événement, il intervient dans un contexte particulier,
01:46puisque Jordan Bardella a déjà été victime d'une scène à peu près similaire cette semaine, alors qu'il était à Vesoul,
01:52où là, il avait été la cible d'un jet de farine. Voilà pourquoi aussi il a déposé plainte.
01:58Ce qu'il faut aussi préciser, c'est qu'il y avait un rassemblement à Moissac, organisé notamment par la CGT.
02:04Oui, c'était juste devant le lieu de la dédicace.
02:07Juste devant une cinquantaine de personnes, effectivement, qui voulaient protester contre la venue de Jordan Bardella.
02:11On ignore à ce stade, parce que c'est quelque chose qu'on voit beaucoup dans les réactions des personnalités politiques,
02:17notamment du Rassemblement National.
02:18On ignore à ce stade si l'homme, qui est l'auteur de ce jet d'œuf, faisait partie de ce rassemblement,
02:23ou était politisé ou affilié à un quelconque mouvement politique de gauche ou d'extrême-gauche.
02:27Oui, autour de ce plateau, nous sommes aussi avec Christian Proutot. Bonsoir.
02:31Bonsoir.
02:32Ancien préfet, colonel de gendarmerie, fondateur du GIGN.
02:36Olivier Babot, bonsoir.
02:37Bonsoir.
02:37Essayiste, président de l'Institut Sapiens et co-auteur de Ne faites plus d'études,
02:42à prendre autrement à l'ère de l'IA aux éditions Buche et Chaste.
02:45Bruno Jeudy, bonsoir.
02:46Bonsoir, Émilie.
02:47Éditorialiste politique BFMTV, directeur délégué de la Tribune dimanche.
02:51Et puis Thierry Arnaud et Aurore Malval sont restés avec nous.
02:54Gilbert Collard, on le rappelle, vous publiez votre tout nouvel ouvrage,
02:57Indéfendable mémoire, tome 2,
02:59Traquer la vérité dans les personnages du crime aux éditions Mareuil.
03:03On aura l'occasion évidemment d'en reparler,
03:05mais on aimerait beaucoup avoir votre réaction suite à cette nouvelle agression sur Jordan Bardella.
03:10Qu'est-ce que vous vous êtes dit quand vous avez appris cette nouvelle agression ?
03:12Vous vous êtes dit, c'est malheureux, il va falloir s'y habituer ?
03:15Écoutez, toute forme d'agression, quelle qu'elle soit,
03:23même si elle revêt un caractère minable comme un œuf ou un entartement,
03:28est très inquiétante parce qu'elle ouvre la porte à ce qu'on appelle le syndrome de Ravaillac,
03:37en criminologie, elle ouvre la porte à l'intrusion d'autres actes de violence.
03:43Voilà.
03:44Il y a une espèce d'attraction qui est provoquée par le geste de violence,
03:52que là c'est un œuf, bon on ne va pas en faire un drame,
03:54mais ça peut très bien provoquer des incitations à d'autres formes de violence.
04:02Ça a été étudié, c'est connu, et c'est la raison pour laquelle on devrait être intraitable.
04:07Moi j'ai connu à plusieurs reprises la violence dans ma carrière.
04:12J'ai reçu un cocktail Molotov, j'ai reçu un jet d'acide,
04:17un type qui se planquait pour venir m'égorger a été condamné à deux ans de prison.
04:22Non mais alors, pardon Gilbert Collard, mais c'est très grave ce que vous nous dites,
04:25il n'y a pas un moment où vous vous êtes dit, ok, j'arrête tout,
04:28parce qu'on le rappelle, vous avez été député européen, député à l'Assemblée nationale,
04:32vous avez été conseiller municipal, il n'y a pas un moment où vous vous êtes dit, j'arrête ?
04:37Non, parce que je me faisais confiance à ma bonne étoile, voilà,
04:42je me disais que je m'en sortirais, voilà, mais la menace, on ne s'en rend pas compte,
04:48elle est réelle, elle existe, alors moi j'ai eu droit aussi à l'entartement,
04:53le coup de peau que j'ai eu, c'est qu'au moment où l'entarteur m'a visé,
04:57j'ai tourné la tête, et c'est un avocat général qui m'a accompagné,
05:01ce qui m'a fait grand plaisir, car c'est la tarte.
05:03Bon, mais on vit toutes sortes de situations qui sont franchement pénibles,
05:12alors il y a la violence humiliante, il y a la violence humiliante,
05:16bon celle-là elle passe, et puis il y a la violence réelle,
05:19mais ce que je veux dire, c'est qu'il n'y a pas de petite violence,
05:23voilà, la violence verbale, la main qu'on refuse de serrer,
05:28l'interdiction d'aller dans un endroit, l'ostracisme,
05:33tout ça, ça prépare le terrain à des violences qui peuvent un jour être plus graves,
05:38et ça je crois qu'il faut le dire, il faut le dire pour qui que ce soit,
05:42quelle que soit la personnalité politique, peu importe.
05:44Oui, je laisse votre micro ouvert, Gilbert Collard, je voudrais faire réagir Christian Proutot,
05:49on le rappelle, vous avez fondé le GIGN, mais aussi le GSPR,
05:53le groupe de sécurité de la présidence de la République,
05:55vous étiez d'ailleurs en charge de la protection du président Mitterrand,
06:00est-ce qu'on peut anticiper ce type d'agression ?
06:02Alors, ce type d'agression est difficile, parce qu'elle vient de personnes qui,
06:07pour une raison X, parce qu'ils n'aiment pas le personnage,
06:10parce que plutôt que de mettre un bulletin de vote,
06:12ils vont faire un geste dont ils pensent qu'il va avoir un certain écho,
06:16et en l'occurrence, on le voit bien, il y a un certain écho.
06:19Moi, je rappelle juste une anecdote en passant,
06:22là, il s'agissait du président de la République,
06:24et un de mes hommes a réussi à intercepter une tomate.
06:28Et j'avais eu cette phrase du président,
06:31qui m'avait dit, ah, il est très efficace, il s'appelait Christian,
06:36et j'ai senti, alors qu'on avait du mal à lui faire mettre des gilets pare-balles,
06:40que l'atteinte à l'image avait pour lui presque plus d'importance
06:43que l'atteinte auquel on pense quand on parle de sécurité,
06:50c'est-à-dire une blessure se fait tirer dessus.
06:52Et je crois effectivement que cette notion d'atteinte à l'image,
06:56et je rejoins tout à fait M. Collard, on se connaît,
06:59sur ce point de vue, c'est que...
07:02Vous êtes plutôt d'accord avec lui, notamment quand il dit,
07:04bon, finalement, on ne va pas en faire un drame, c'est un an offre,
07:06mais au fond, il y a quelque chose d'assez choquant à recevoir.
07:09Oui, il y a quelque chose de choquant, on aime ou on n'aime pas Bardella,
07:12ce n'est pas le problème, mais cette manière d'agir, à mon avis,
07:17amène au niveau de la réaction sociale,
07:21quelque chose qui n'est pas très sain.
07:22Alors bien sûr, ce n'est pas ce qu'on a pu voir aux Etats-Unis,
07:27ou même les tentatives qu'il y a pu y avoir à une certaine époque en France,
07:32mais quand même, c'est quelque chose qui, au niveau d'un pays démocratique,
07:36n'est pas sain.
07:37Mais cela dit, les attaques sur les réseaux sociaux,
07:40si vous voulez mon point de vue, c'est du même tonneau,
07:42c'est-à-dire les gens, c'est cette espèce de fascination,
07:45pour une personnalité importante,
07:50et de se faire remarquer au moment où ils commettent l'acte.
07:53Rappelez-vous, M. Hollande s'est fait enfariner également,
07:58le président de la République, on pourrait en reparler,
08:01mais ça c'est un autre débat,
08:02au niveau de ce qu'on appelle le premier cercle,
08:06avait reçu une tentative de gifle.
08:07Et puis on se souvient aussi d'Emmanuel Macron,
08:09qui avait reçu une gifle.
08:11Bruno Jeudy, c'est...
08:12Il a reçu une gifle lors d'un déplacement...
08:15Un déplacement...
08:15Il avait reçu un oeuf aussi,
08:18il avait dit que c'était du folklore,
08:19c'était au Salon de l'agriculture en 2017.
08:21Mais donc, Bruno Jeudy,
08:22vous qui avez quand même une petite expérience aussi de la politique,
08:25est-ce que vous dites, c'est habituel en fait,
08:27on le voit de plus en plus, ce type d'agression ?
08:29D'abord, c'est absolument déplorable,
08:31aucun projectile contre tout homme ou femme politique
08:36n'est justifiable, acceptable et tolérable.
08:40Ça doit être sanctionné.
08:42Parce que c'est vrai que c'est...
08:44Je ne sais pas si je dirais que c'est fréquent,
08:47mais toutes les campagnes,
08:49il arrive ce genre d'incident.
08:53Il y a des moments, c'est plus important que d'autres.
08:55Pas seulement dans les campagnes,
08:56mais les salons de l'agriculture, par exemple,
08:57on sait que c'est devenu extrêmement compliqué
08:59pour les hommes et les femmes politiques.
09:01Les déambulations pour un président de la République,
09:09un Premier ministre,
09:11c'est souvent des moments extrêmement risqués.
09:14Et moi, j'ai longtemps suivi des présidents et des Premiers ministres.
09:17On voit bien que ces dernières années,
09:19les sécurités rapprochées étaient extrêmement renforcées
09:23parce qu'il y a eu des actes qui ont été parfois évités,
09:27mais parfois pas.
09:28C'était le cas pour Emmanuel Macron ces dernières années.
09:30Il y a eu aussi François Hollande.
09:33Jacques Chirac, président de la République,
09:34avait été la cible aussi de Caillou
09:36pendant la campagne présidentielle de 2002.
09:38Nicolas Sarkozy aussi.
09:39La liste est extrêmement longue.
09:40La liste est extrêmement longue.
09:41Elle est extrêmement longue.
09:42Donc oui, il y a toujours des gens
09:46qui pensent que leur acte va faire parler d'eux ou pas.
09:50Enfin, c'est injustifiable.
09:52Gilbert Collard.
09:53C'est dramatique parce que ça arrive tout le temps.
09:55Je vous entends confirmer Gilbert Collard.
09:56– Oui, moi, ce qui m'a toujours préoccupé,
10:02c'est ce que cache cette violence symbolique.
10:09Le type qui jette un œuf sur Bardella
10:12ou qui enfarine l'ancien président de la République,
10:17François Hollande,
10:18ou qui juifle Macron, bien évidemment,
10:21il ne va pas le tuer.
10:23On est d'accord.
10:24Mais il y a une effraction symbolique
10:27qui peut avoir des conséquences très graves.
10:31Parce que ça ouvre le passage du symbolique au réel.
10:40Et ça peut véritablement signifier
10:43qu'on est dans les prémices d'une autre forme de violence.
10:48Il faut faire très attention aux actes symboliques.
10:51C'est pour ça que je suis très critique
10:53à l'égard de ceux qui font des manifestations
10:56contre un homme ou une femme politique
10:58de quelque bord que ce soit,
11:00du restaurant quelque part.
11:01Parce que c'est une atteinte à la liberté d'aller et de venir.
11:05Ou bien quand on refuse de serrer une main
11:06parce que ça fait partie de la politesse démocratique.
11:09Tout ça, ça fournit un enseignement symbolique
11:12de violence, de haine,
11:14d'insupportabilité de l'autre
11:16qui peut induire des comportements réellement violents.
11:19– Oui, on rappelle juste l'acte qui s'est produit.
11:23Il ne s'agit pas d'un œuf qui a été lancé,
11:26mais plutôt un œuf qui a été écrasé directement sur la tête.
11:29C'est bien ça ?
11:30– C'est exactement ça.
11:32Et ce qui est intéressant,
11:33et je reviens un petit peu sur ce que vous disiez tout à l'heure,
11:35c'est que ce genre d'événement, d'incident,
11:38je ne sais pas comment il faut le qualifier,
11:41est difficilement évitable,
11:43ou en tout cas contrôlé.
11:46Ce qu'il faut bien préciser,
11:47c'est qu'avec le précédent de Vesoul cette semaine,
11:49il y avait un dispositif de la gendarmerie
11:50qui avait été mis en place aujourd'hui,
11:52alors pour contenir notamment la manifestation
11:53qui était devant la séance de dédicaces,
11:56éviter que le groupe de manifestants
11:58ne vienne à la rencontre des lecteurs
12:00et de ceux qui voulaient se faire dédicacer leur ouvrage.
12:03Mais cet homme, il est rentré dans le lieu
12:04où avait lieu la dédicace,
12:06il n'a pas été fouillé,
12:07personne n'a vu qu'il avait un œuf,
12:08et il a pu procéder ainsi.
12:10Alors on est effectivement sur la notion du symbole,
12:12sauf que pour la justice, on n'est pas sur un symbole,
12:14on est sur des violences,
12:15sur des faits de violence,
12:17sur personne des pauvres.
12:17Car il s'agit d'un fait de violences.
12:20Qui peuvent être punis d'une peine
12:23pouvant aller jusqu'à trois ans de prison.
12:24Et c'est intéressant d'ailleurs de noter
12:25que les violences sur les élus
12:27n'ont cessé d'augmenter ces dernières années.
12:29Alors elles ont un petit peu baissé l'année dernière,
12:31mais sinon elles ont beaucoup augmenté
12:32en 2021, 2022.
12:34En 2024, il y a 250 agressions physiques
12:37sur des élus.
12:38Alors moi j'avais 2500 même.
12:40Alors maintenant, 2500,
12:41c'est sur les élus locaux ?
12:422500, ce sont les atteintes aux élus.
12:45C'est-à-dire que ça comprend les agressions verbales,
12:48les menaces, etc.
12:49250, ce sont les agressions physiques.
12:51Et ça représente un doublement depuis 2020 à peu près.
12:55Donc ça montre qu'il y a quand même un vrai phénomène.
12:56Et d'ailleurs, on ne parle depuis le début de notre conversation
12:58que des élus les plus connus dans les postes les plus importants,
13:01un président de parti, un président de la République.
13:03Mais l'essentiel du problème se pose effectivement.
13:08Vous avez tout à fait raison, Vincent.
13:09Au niveau des élus locaux et des maires en particulier,
13:11on se souvient de l'agression chez Vincent Jambrun,
13:14le maire de l'Île-et-Rose,
13:15avec une voiture bélier qui va enfoncer sa maison
13:18alors que sa famille est présente.
13:19Et je vous le disais,
13:20ces 250 agressions physiques par an,
13:22ça fait 4 à 5 par semaine.
13:24Ça fait presque une par jour ou pas très loin.
13:27Et ça représente encore une fois un doublement depuis 2020,
13:31à tel point qu'on avait créé en 2023, je crois,
13:33un centre d'analyse et d'études des atteintes aux élus
13:36pour mesurer ce phénomène et durcir la loi.
13:40Mais incontestablement, il y a une progression
13:42assez spectaculaire au cours de ces dernières années.
13:44Vous vouliez réagir, Christian Proto ?
13:46Je voulais dire juste une chose qui me paraît quand même
13:49relativement évidente.
13:50J'en reviens au fait qu'en dehors de la personne de M. Bardella,
13:54ce qui est un élu,
13:55qui est un candidat potentiel,
13:59ou du moins présenté comme tel,
14:01il représente, à travers l'agression qu'il y a contre lui,
14:04que ça va plus loin que simplement de mettre un œuvre.
14:07C'est ça que je trouve dommage,
14:08que dans les dispositifs qui ont été mis en place,
14:11et c'est là où je voulais en venir,
14:13s'agissant déjà qu'il avait fait l'objet
14:15d'une première agression à la farine,
14:17on n'est pas mis en place quelque chose
14:19qui permettait ce qu'on appelle le dernier cercle,
14:21qui est en fait le premier puisqu'il est le plus proche,
14:24mais dans notre jargon tactique, c'est le dernier.
14:26Parce que...
14:27Quand on regarde les images qu'on a sous les yeux,
14:30là, Christian Proto,
14:31on voit sur la droite de Jordan Bardella,
14:33Thierry Légié,
14:34qui est depuis longtemps un des gardes du corps
14:36du Rassemblement National,
14:37du Front National,
14:38qui a assuré la sécurité de Jean-Marie Le Pen
14:40et de Marine Le Pen.
14:41Il y a un autre officier de sécurité,
14:43je ne sais pas s'il est policier
14:44ou s'il appartient au Rassemblement National,
14:48à la sécurité prévue du parti,
14:50qui a une oreillette dans l'oreille gauche.
14:53Donc on voit que très près de lui,
14:54de chaque côté,
14:54il y a quand même des gens qui sont là
14:56pour assurer sa sécurité,
14:57ce qui manifestement,
14:58l'a pas dû suffire.
14:59– Peut-être la personnalité aussi
15:02du CEPNF,
15:03je n'arrive pas à faire ça.
15:04– On revient à ce que je voulais dire,
15:06c'est qu'on revient à cette sécurité.
15:09Et je trouve dommage
15:10qu'effectivement,
15:11par rapport à un geste,
15:12qui est de un geste de contact,
15:14qui est presque le plus simple
15:16en matière de protection,
15:19il n'y a pas eu quelque chose.
15:20Je voudrais juste rappeler,
15:21c'est juste pour montrer
15:22que chaque geste peut avoir son importance.
15:25Salmane Rougis,
15:26c'était aussi au cours d'une dédicace
15:28qu'il a été attaqué
15:29et que malheureusement,
15:30il a failli lui laisser la vie.
15:32Donc, une séance de dédicace,
15:34quand on a un nom,
15:35on est vulnérable.
15:36Et les gens qui sont à côté,
15:38ils manquent de réaction.
15:39– Alors pourtant,
15:41il est protégé,
15:42Jordan Bardella,
15:43il bénéficie de ce qu'on appelle
15:44le SDLP,
15:44le service de la protection,
15:46au titre des représentants politiques.
15:49Il a forcément un officier policier
15:52à ses côtés.
15:52Il a ce qu'on appelle le DPS,
15:54le département de protection et sécurité
15:55du Rassemblement National.
15:57On a vu Thierry Léger,
15:58qui est bien connu,
15:59notamment depuis l'affaire du procès
16:01des assistants des eurodéputés du FN,
16:03puisqu'il a été condamné dans cette affaire,
16:05ce garde-du-corps,
16:06mais on le connaît,
16:06sa tête est connue,
16:07et il sert à la protection
16:09de Jordan Bardella,
16:10mais ça n'a pas suffi.
16:11– Et je crois que Gilbert Collard
16:12voulait nous donner des précisions
16:13sur la sécurité autour de Jordan Bardella.
16:17– Oui, j'ai vécu
16:19de très nombreuses situations incroyables.
16:22J'ai vu pendant un meeting
16:25de Marine Le Pen,
16:28une fémène monter sur l'estrade
16:31et arriver à côté de Marine,
16:36alors qu'il y avait tout un service de sécurité.
16:39Il y a des failles inimaginables
16:41dans les services de sécurité.
16:42C'est incroyable, quoi.
16:46J'ai jamais compris comment
16:48cette femme avait dû monter sur scène
16:51et qu'elle avait voulu donner un coup de couteau
16:53ou faire n'importe quoi de violent.
16:55Elle pouvait le faire, quoi.
16:56Parce qu'on se dit, c'est un œuf,
16:59mais ça aurait pu être un couteau.
17:01C'est ça qu'il faut voir, quoi.
17:03Donc, il y a vraiment,
17:05dans la protection,
17:07chaque fois, j'étais étonné,
17:08moi, je me disais, mais quand même,
17:09comment est-ce possible
17:11qu'il y ait des gens qui arrivent si près ?
17:15Mais c'est aussi, si vous voulez,
17:17le risque que l'homme politique doit courir
17:19pour être proche du peuple.
17:23Sinon, on s'enferme
17:24dans une espèce de protection,
17:26dans une armure humaine
17:27et on perd le contact.
17:29C'est ça aussi qu'il faut voir.
17:31Quand vous dites que c'est un risque
17:33qu'on doit être prêt à prendre,
17:35ça veut dire qu'en tant qu'homme politique,
17:38on est au courant,
17:39donc finalement, il faut s'en accommoder.
17:42Oui, il faut l'accepter.
17:43Enfin, je veux dire que ce n'est pas une raison
17:44pour l'accepter, bien évidemment.
17:48Mais on sait très bien,
17:49quand on traverse une foule,
17:52qu'on est à la merci
17:54d'un importe-pli, quoi.
17:56Parce que, quelle que soit la qualité
17:58du service d'ordre,
18:00si un type surgit comme ça,
18:03d'une foule,
18:05comment faire ?
18:07Parce que c'est un acte tellement soudain
18:10et puis ça se passe souvent
18:11dans une ambiance de l'US,
18:13dans une ambiance quasiment frisquive, quoi.
18:15Les gens applaudissent,
18:16les gens sont contents.
18:19On est loin de se douter
18:20qu'il y a là quelqu'un
18:22qui rôde quelque part
18:24et qui va faire un mauvais coup.
18:25C'est ça qui est souvent
18:27le plus surprenant, quoi.
18:29Je voudrais qu'on se penche,
18:30justement,
18:30sur la réaction de Thomas Ménager,
18:32qui est un député
18:33du Rassemblement National
18:34et qui écrivait ceci
18:35cet après-midi.
18:36Si l'individu de Moissac
18:38avait été armé,
18:39les conséquences de cette attaque
18:40auraient pu être extrêmement graves.
18:43Cette deuxième agression
18:44en moins d'une semaine
18:45de Jordan Bardella
18:45appelle une condamnation unanime
18:47de la violence
18:48par l'ensemble
18:48de la classe politique.
18:50Moi, je voulais revenir
18:50sur la première partie
18:52de son message
18:53avec vous, Christian Proutot.
18:55C'est vrai, ça aurait pu être
18:56un couteau ?
18:57Oui, c'est pour ça
18:59que je citais l'exemple
18:59de Salmane Rougesie
19:00à travers cette séance
19:02de dédicaces.
19:03On sait toute la difficulté
19:04qu'il y a avec les séances
19:05de dédicaces
19:06pour assurer la sécurité.
19:09Simplement, je dis que
19:10je ne juge pas le personnel,
19:13mais bon,
19:13il n'y a pas eu de réaction.
19:14Donc, il faut...
19:15Non, mais il faut le dire clairement.
19:16Vous trouvez que c'est
19:16avec les nuits blanches ?
19:17Il y a 24 ans,
19:2023 ans,
19:22Bertrand Dallonneuil
19:23a reçu un coup de couteau
19:24en marge
19:25de la fête des...
19:27Des nuits blanches.
19:28Des nuits blanches
19:29à Paris.
19:30Il avait reçu
19:31un coup de couteau
19:31dans la rue.
19:33Donc là,
19:34il y avait une traille
19:34de sécurité.
19:35Chez les hommes politiques,
19:36c'était une énorme
19:38faille de sécurité.
19:40Plus,
19:40le maire de Paris,
19:41à l'époque,
19:41avait une sécurité
19:42extrêmement légère.
19:44Mais donc,
19:46alors,
19:46est-ce qu'on peut dire,
19:47quand vous reparlez
19:48justement de ces actes-là,
19:50est-ce qu'on peut dire
19:51qu'il y a une montée
19:51des violences
19:52ou est-ce que vous dites,
19:54moi, j'ai le sentiment
19:54qu'il y a toujours eu
19:55ce type d'actes violents ?
19:56Alors, ces actes-là,
19:58en tous les cas,
19:58moi,
19:59sur les 30 dernières années,
20:00je les ai toujours connus
20:01et il y en a toujours eu,
20:03hélas,
20:04assez régulièrement.
20:051997,
20:06Jacques Delors
20:07se fait entarter.
20:08Enfin, ça remonte.
20:08Bien sûr.
20:09Donc, on peut dire
20:10que depuis une trentaine d'années,
20:11c'est hélas,
20:11le lot des campagnes
20:15et du risque
20:16pour les hommes
20:17et les femmes politiques
20:18du pays,
20:19même si la plupart des...
20:22Alors,
20:22je ne parle même pas
20:23des ministres,
20:24mais les partis,
20:26les responsables des partis,
20:27ils ont quand même
20:27mis en place
20:28de la sécurité
20:29à peu près
20:29pour tous leurs dirigeants.
20:32Mais moi,
20:32j'ai discuté
20:32avec certains
20:33qui sont très exposés,
20:34très en avant,
20:36qui parfois me disent
20:37« Oui, on a peur,
20:38mais ils refusent
20:39d'avoir une sécurité
20:40par exemple importante
20:41parce qu'ils pensent
20:42que ça va gêner
20:43leur contact
20:44avec les Français
20:48et les Françaises
20:49qu'ils rencontrent.
20:50Donc, il y a aussi
20:50cette part de risque.
20:51Vous savez,
20:53je peux me permettre
20:54un mot ?
20:55J'ai eu la chance
20:56de connaître
20:57Joudère,
20:59le nom ne vous dira rien
21:00peut-être,
21:00le commissaire Joudère.
21:01C'était l'un des gardes
21:03du corps
21:03du général de Gaulle,
21:05l'un des quatre,
21:07il l'accompagnait partout
21:08et je l'ai connu
21:10parce que j'ai été amené
21:11à le défendre
21:12vu qu'il avait cassé
21:13la gueule
21:13à un policier municipal
21:16dans un moment
21:17d'énervement.
21:18Bon, tout arrive
21:18et il me racontait
21:20souvent comment
21:21la sécurité du général
21:23était organisée.
21:24Bon, à l'époque,
21:25il n'était pas aussi
21:25nombreux qu'aujourd'hui
21:26mais il me disait,
21:28je retiens son terme,
21:30on était du sparadrap.
21:32Voilà.
21:33On était du sparadrap.
21:35C'est-à-dire que
21:36à aucun moment
21:37il ne décollait
21:39du général.
21:40À aucun moment.
21:41Voilà.
21:42Or, à l'heure actuelle,
21:43quand même,
21:43moi je l'ai vu
21:44dans des réunions,
21:45le service d'ordre
21:47décolle.
21:48Il est parfois
21:49à un mètre,
21:51parfois à quelques centimètres,
21:53mais il ne colle pas.
21:55Dans l'affaire de Bardella,
21:58quand on regarde
21:58les images,
21:59on voit bien
22:00que le service d'ordre
22:01n'est pas dans la règle
22:02du sparadrap
22:03qui était la règle
22:04des gardes du corps
22:05de De Gaulle.
22:06Oui,
22:06mais alors,
22:07au rang Malval,
22:08vous vouliez juste réagir.
22:10Oui,
22:10en fait,
22:10j'ai l'impression,
22:11en tout cas,
22:12quand on observe les images,
22:13parce que c'est une époque
22:14que je n'ai pas connue,
22:15mais il y a 40 ans,
22:1650 ans,
22:17l'immersion des politiques,
22:19justement,
22:20prenant,
22:20alors certains,
22:21des fois,
22:21des bains de foule,
22:22mais de façon très codifiée,
22:23il n'y avait pas
22:23cette ambiance presque intimiste
22:25d'une dédicace,
22:27comme on peut le voir
22:27sur ces images-là.
22:29Par rapport à la question
22:30de l'augmentation des violences,
22:32je ne sais pas
22:32s'il y a ce continuum
22:33de l'œuf au couteau
22:35ou à d'autres agressions
22:37plus graves,
22:38parce qu'on voit
22:39qu'effectivement,
22:39depuis 30 ans,
22:40ces agressions,
22:41je dirais,
22:41ces incidents humiliants
22:42se sont multipliés aussi
22:45par la relation conflictuelle
22:48qui existe de plus en plus
22:49entre les hommes politiques
22:50et les citoyens,
22:52mais en tout cas,
22:53on voit qu'il y a
22:53des agressions
22:54de plus en plus graves
22:55qui ont lieu,
22:55on en parlait tout à l'heure
22:56avec des élus locaux,
22:57certains qui se font
22:58agresser très violemment
23:01pour une histoire
23:02qui est un bornage de terrain,
23:04un permis de construire
23:04pas accordé,
23:05on voit des affaires
23:06absolument hallucinantes
23:08et aussi,
23:09je rappelle,
23:09Prisca Thévenot
23:10pendant la campagne
23:11des législatives en 2024
23:13qui se fait agresser
23:13avec son équipe de campagne
23:14et quand même
23:15deux de ses membres
23:16qui partent à l'hôpital
23:17parce qu'ils étaient
23:17en train de coller des affiches
23:18et qu'ils se font
23:19donc prendre à partie,
23:20donc c'est vrai
23:20que cette violence
23:23élu, elle augmente.
23:24Après, je suis aussi surprise
23:26de, je dirais,
23:27la polarisation extrêmement forte.
23:31Tout à l'heure,
23:31je regardais les tweets
23:33qui défilaient sur l'écran
23:34de la façon
23:36dont le Rassemblement national
23:37attribue cette agression
23:39à l'extrême gauche
23:39de façon très assertive
23:41sans qu'on ait aucun élément
23:43jusqu'à présent
23:44qui n'établisse
23:46un quelconque lien.
23:47D'ailleurs,
23:47je rappelle qu'à Moissac,
23:49justement,
23:50il y a trois ans,
23:52Éric Zemmour
23:52a été victime
23:53d'un septuagénaire,
23:54un homme de 71 ans,
23:55donc il pourrait effectivement
23:56s'agir de la même personne
23:57puisqu'aujourd'hui,
23:58il a trois ans de plus,
23:58c'était il y a trois ans,
23:59qui lui a effectivement
24:01écrasé un œuf sur la tête
24:02à peu près de la même façon
24:04visiblement
24:04qui lui dénonçait
24:05les propos
24:06qu'Éric Zemmour
24:06aurait tenus
24:07sur l'autisme
24:08parce que son fils
24:09était autiste.
24:09C'est un agriculteur
24:10de 71 ans
24:11et effectivement,
24:12lorsqu'il s'est présenté
24:13devant le tribunal,
24:13ce monsieur a été jugé
24:14dans la foulée.
24:16Il a eu une peine
24:16assez clémente
24:17puisqu'il a...
24:18Le ministère public
24:19avait requis 150 euros
24:20d'amende
24:20et un stage de citoyenneté.
24:21Finalement,
24:22il a été condamné
24:22à 500 euros d'amende
24:23de mémoire.
24:24Donc c'est vrai
24:24que...
24:24Avec sursis.
24:25Avec sursis.
24:26Et c'est vrai que cette...
24:28Enfin, ça n'avait pas été
24:28considéré comme une agression
24:30d'une extrême violence
24:31qui était le préalable
24:34à l'agression au couteau
24:36comme on peut l'attendre
24:36et il n'y avait pas,
24:38je pense,
24:38de lien qui avait été établi
24:39d'ailleurs entre cette personne
24:41et une action politique
24:42violente
24:43de la part de l'extrême gauche.
24:44C'est extrêmement intéressant
24:45ce qui vient d'être dit
24:46juste sur la réponse pénale
24:47parce que c'est vrai
24:48qu'on a parlé de la loi
24:49de l'aggravation en 2022.
24:50La loi a aggravé les peines
24:53pour les violences sur les élus.
24:54On peut aller jusqu'à
24:5510 ans de prison maintenant.
24:56Là, il risque quoi, ce monsieur ?
24:57Là, pour l'instant,
24:58il est placé en garde à vue
24:59pour violences sur personnes
25:00dépositaires de l'autorité publique.
25:02C'est puni d'une peine
25:03pouvant aller jusqu'à
25:033 ans d'emprisonnement.
25:04Mais le procureur de Montauban
25:06avec qui j'ai pu discuter,
25:08moi, cet après-midi,
25:08me disait
25:09on verra aussi
25:09quelles sont ses déclarations,
25:11quelles sont ses motivations,
25:12comment il justifie son geste,
25:13comment on va orienter
25:14la procédure pénale ensuite.
25:16Parce qu'effectivement,
25:17on a toutes les réactions
25:18des soutiens de Jordan Bardella
25:20ou des soutiens
25:20du Rassemblement national
25:21qui attribuent ce geste
25:22à l'extrême gauche.
25:23Mais pour l'instant,
25:23on n'a aucune espèce d'élément
25:26qui nous permettrait de dire
25:27que cet homme de 74 ans
25:28est affilié à un mouvement politique.
25:30Et c'est vrai qu'il faut faire
25:31la part des choses
25:32entre ces agressions
25:33à coups de farine,
25:34de G2 ou que sais-je,
25:36et les agressions
25:36sans doute plus violentes.
25:38On parlait tout à l'heure
25:39d'Emmanuel Macron
25:40visé par un G2 en 2016.
25:42À l'époque,
25:43c'était quelqu'un
25:43qui avait des problèmes psychiatriques,
25:44qui n'a pas été condamné.
25:46Et puis,
25:46ça touche aussi
25:47tous les bords politiques.
25:48Jean-Luc Mélenchon,
25:49lui-même, en 2021,
25:50a reçu de la farine.
25:52Là, l'homme de 27 ans
25:53qui était un souverainiste
25:54qui l'a agressé ce jour-là,
25:56lui a été reconnu coupable
25:58mais dispensé de peine.
25:59Donc, on fait aussi
26:00le distinguo, finalement,
26:01entre des gestes peut-être symboliques
26:03et ceux qui s'en sont pris
26:05à Vincent Jambrun
26:06à coups de voiture bélier
26:07ou à des maires.
26:07On a beaucoup parlé du maire
26:09qui a été agressé avec son fils
26:11pour un conflit de voisinage
26:12où, là,
26:13les peines peuvent être
26:13extrêmement sévères.
26:14Je voulais vous montrer
26:15la réaction de Jordan Bardella
26:17puisqu'il a posté un message
26:19sur les réseaux sociaux
26:20où il rassure son entourage.
26:24Il dit
26:24« Je vais bien.
26:25Merci à tous
26:25pour vos messages de soutien.
26:27Merci aux centaines de lecteurs
26:28pour leur accueil chaleureux
26:29dans le Tarn-et-Garonne.
26:31Plus nous progressons,
26:32plus nous nous rapprochons du pouvoir
26:33et plus la violence
26:34de l'extrême gauche,
26:35on le rappelle alors où l'on se parle.
26:37Rien ne prouve qu'il s'agit
26:37de la violence de l'extrême gauche
26:39mais il parle aussi
26:40de l'intolérance
26:41et de la bêtise pure
26:42qui se déchaîne.
26:43Il souffle sur la France
26:44un vent de liberté,
26:45de fierté nationale,
26:46de patriotisme
26:47qu'ils ne pourront pas arrêter.
26:49Olivier Babot,
26:50pour vous,
26:51ça sert à quoi
26:51d'écraser un oeuf
26:52sur la tête de quelqu'un ?
26:54Je crois que c'est toujours
26:55très difficile.
26:56C'est comme les actes terroristes,
26:57c'est à la fois
26:58parfois des phénomènes
26:59de contamination sociale
27:01et puis toujours
27:02un peu comme un suicide,
27:04malheureusement d'ailleurs,
27:05un parcours individuel
27:07qui mène à un acte
27:08qui peut heureusement
27:09ne pas être très grave
27:10comme on l'a vu
27:11et parfois être
27:11beaucoup plus grave.
27:12Mais ce qui me paraît
27:13inquiétant,
27:14même s'il y a la question
27:15du continuum,
27:16est-ce qu'on est vraiment
27:17de l'insulte ?
27:18Est-ce que l'insulte
27:19mène à ce genre d'action ?
27:20Ce genre d'action
27:21mène au couteau ?
27:22On n'espère évidemment pas,
27:23mais on ne peut pas
27:24ne pas se dire
27:24qu'à partir du moment
27:25où il y a un acte physique,
27:26une présence physique,
27:27on est quand même
27:28dans autre chose
27:29que la parole.
27:30Et là, quand même,
27:31ça contribue à un problème.
27:32Si on veut regarder
27:32plus généralement,
27:33là, c'est utilisé politiquement,
27:35quelque part,
27:36c'est de bonne guerre.
27:37Il faudra qu'on nous prouve
27:38qu'il y a plus d'action
27:39contre les personnes
27:40du Front National
27:41que de façon générale
27:42l'ensemble des élus.
27:43Ça, ce n'est pas
27:43tout à fait certain.
27:44Mais ce qui me paraît
27:45vraiment problématique,
27:46c'est qu'on a déjà
27:47un problème d'attractivité
27:48très fort de la fonction publique
27:49aujourd'hui,
27:50la fonction élective.
27:51C'est ingrat,
27:53c'est hyper judiciarisé,
27:57l'hyper transparence,
27:58les problèmes de conflits
27:59d'intérêts
27:59qui deviennent impossibles.
28:00Et on a de plus en plus
28:01de mal à avoir
28:03des vocations,
28:03il faut le dire,
28:04de gens à tous les niveaux,
28:06dans tous les partis
28:07qui vont essayer
28:07de faire de la politique.
28:08Ce genre de choses
28:09n'est quand même pas terrible.
28:10Si en plus,
28:11vous avez l'impression,
28:12parce que c'est toujours
28:12quand vous faites de la politique
28:14avec votre épouse
28:15ou votre époux
28:15ou votre conjoint,
28:16c'est comme une négociation.
28:17Quand en plus,
28:19vous dites non seulement
28:19personne ne va être content de moi,
28:21on va en permanence dire
28:22que je fais mal,
28:23je vais avoir des insultes,
28:25mais en plus,
28:26je risque physiquement
28:27quelque chose,
28:28là quand même,
28:28ça en rajoute beaucoup.
28:29Donc il faudrait évidemment
28:31essayer de minimiser
28:32absolument ce genre de choses
28:33sur qui que ce soit,
28:34dès que vous êtes un élu,
28:35un maire,
28:36un élu national
28:37ou évidemment local.
28:39Oui,
28:39vous confirmez Christian Proutot ?
28:41Oui,
28:41bien sûr,
28:42mais bon,
28:42je pense qu'il faut
28:43essayer quand même
28:45d'avoir une mesure
28:46à travers l'événement.
28:47Le problème,
28:48c'est que Bardella
28:49a un certain nom
28:50et que ce nom
28:51attire les gens
28:52qui sont pour lui
28:53et les gens
28:53qui ne sont pas pour lui.
28:54L'expression du mécontentement,
28:56elle se fait comme ça,
28:57parce qu'elle voilait la face,
28:59elle s'est toujours faite
29:00d'une manière,
29:01on n'aime pas les gens
29:02donc on le montre.
29:04C'est stupide,
29:05mais ce qui ne va pas bien
29:06par rapport au fait
29:07que vous m'ayez fait venir
29:08et l'expertise
29:09que je peux en faire,
29:10c'est que normalement
29:11il est protégé,
29:11qu'il y avait eu une alerte
29:13et qu'on se retrouve
29:14dans un endroit quand même
29:15où ce n'est pas tout à fait
29:17une traversée de foule,
29:18etc.
29:18Il faudrait qu'on voit
29:18les images justement
29:19en même temps que vous en parlez.
29:21On va revoir
29:21parce que vous nous parliez
29:22de différents cercles
29:24et vous vous disiez clairement
29:25qu'il y a eu
29:25une faille de sécurité.
29:28On ne regarde pas au bon moment
29:29la personne qui arrive benoîtement
29:30et puis bon,
29:31qui pose l'œuf.
29:32Il n'y a pas eu le geste
29:33qu'il fallait
29:34qui aurait pu anticiper
29:36tout ceci.
29:36Donc là,
29:36quand vous voyez ces images,
29:37on ne peut pas fouiller les gens ?
29:39Oui,
29:39quand vous voyez ces images,
29:41on ne peut pas fouiller.
29:42On ne peut pas dans un salon du livre,
29:43c'est ça le problème.
29:44Dans un salon du livre,
29:46les gens rentrent,
29:47c'est plutôt...
29:48C'est pour ça que je parlais
29:48d'un salon de livre.
29:50Oui.
29:50Ce n'est pas...
29:51Oui,
29:52c'est pas un meeting.
29:53On pouvait avoir
29:53à l'endroit où il était,
29:56avoir quelque chose
29:57qui déjà permettait d'anticiper
29:58puisqu'il semblerait
30:00qu'il y avait un peu la queue.
30:01Anticiper,
30:02on sent tout de suite les gens.
30:04On voit le type
30:04qui peut préparer quelque chose.
30:06Mais je ne vais pas...
30:07Mais donc pour vous,
30:08il y a une faille ?
30:09Il y a une erreur
30:09dans son service social?
30:12Bien sûr,
30:12puisqu'il a pris un œuf
30:13sur la tête.
30:14Sinon,
30:14il n'y aurait pas de faille.
30:15Je vous assure que
30:16quand je vous citais
30:17l'exemple avec Mitterrand
30:18du réflexe
30:19de rattraper la tomate,
30:21c'était une chance
30:22qu'il la rattrape,
30:24ce garçon du GSPR.
30:26Mais il se trouve
30:27que là,
30:29aller jusqu'à Bardella,
30:31c'est quand même
30:31assez rapide.
30:33Puis apparemment,
30:34il n'y avait pas
30:35tant de monde que ça.
30:37Après,
30:38ils feront leur deuil
30:39de l'événement.
30:40C'est à eux
30:41de voir le problème.
30:42C'est au premier cercle
30:43à voir pourquoi
30:45ils n'ont pas fait le...
30:45Ça ne s'est pas bien passé.
30:47Alors,
30:48je n'y étais pas.
30:49Mais vu ce que je vois,
30:51vu ce que je connais
30:51de ce type d'événement,
30:53ils ont été dépassés,
30:54point.
30:54Ce que ça nous dit aussi,
30:56c'est que la campagne
30:57pour les municipales
30:59et les présidentielles
31:00va être extrêmement longue
31:01et compliquée.
31:02Parce que là,
31:03on a quand même
31:03deux faits récents
31:04et Vesoul il y a quelques jours
31:06et aujourd'hui à Moissac
31:07pour Jordan Bardella.
31:08Pour lui,
31:09comme pour les autres
31:10responsables politiques.
31:11Mais on est encore très loin
31:11de l'échéance présidentielle.
31:13Et c'est vrai
31:14qu'on sent quand même
31:15une espèce de crispation
31:16autour de ça
31:16et ça ne présage pas
31:18évidemment des jours
31:20meilleurs dans l'espace.
31:21Mais c'est d'ailleurs
31:21ce que vous nous disiez,
31:23Maître Collard.
31:23Vous disiez que cet incident
31:25en fait peut en entraîner
31:26d'autres.
31:27Ça peut inciter
31:27d'autres personnes
31:28à passer à l'acte.
31:30Oui, bien sûr.
31:31Vous savez,
31:31tous les spécialistes
31:33le savent,
31:34entre l'acte symbolique
31:36et l'acte réel,
31:39il y a très peu
31:41de distance,
31:42très très peu.
31:43Du reste,
31:44dans l'histoire des drames,
31:46tout commence
31:47de loin
31:47par l'action symbolique.
31:50Alors,
31:51ça préfigure
31:52un arrière-pays
31:55de violence.
31:57Il faut s'y attendre.
31:58Et je le disais
31:59tout à l'heure,
32:00il y a tout un déploiement
32:02de la violence
32:03comportementale
32:05qu'on a intégrée,
32:07qu'on a acceptée,
32:08qui prépare
32:09à cette violence.
32:10C'est-à-dire
32:11refuser de serrer la main
32:12par exemple
32:13à un député,
32:16demander
32:17qu'on empêche
32:18des gens
32:18de pénétrer
32:21dans un théâtre
32:22ou de faire
32:25une rencontre littéraire,
32:28empêcher un conférencier
32:29de venir venir.
32:30Tout cet ostracisme violent
32:31qui est de l'ordre symbolique,
32:34il prépare autre chose.
32:36Il faut le voir.
32:38Et c'est ça
32:38qui est angoissant
32:39parce qu'on a l'impression
32:42maintenant
32:42que c'est comme
32:45des cercles
32:46d'entraînement,
32:49de préfiguration
32:51imitative.
32:52Ça, c'est angoissant.
32:54Et moi,
32:55je rejoins tout à fait
32:56Prouto
32:56dans ce qu'il dit.
32:59Il y a forcément
33:00des failles.
33:01Et quand la sécurité
33:03est vraiment collée
33:05à la personne,
33:07ce qui n'était pas le cas
33:08pour Bordela,
33:08regardez les distances.
33:09il y a une sacrée distance
33:11entre lui
33:12et les gardes du corps,
33:13sauf erreur de ma part.
33:15Il y a la place
33:16pour le...
33:17On est d'accord là-dessus.
33:21Qu'est-ce que vous en dites,
33:22Christian Prouto ?
33:23Là, quand vous voyez
33:24ces images...
33:25Quand je vois ces images,
33:26voilà,
33:26un,
33:27si c'est les deux personnes
33:28auxquelles je pense
33:28que je vois très bien,
33:29elles ne sont pas si loin
33:30que ça.
33:30Donc après,
33:31c'est un problème
33:31direct.
33:32Ils ne vont pas non plus
33:32être assis collés à lui.
33:33On est à un mètre là.
33:36À un mètre,
33:37vous voyez,
33:37la personne qui s'approche
33:39et qui va chercher son livre,
33:41après,
33:41il faut chercher l'œuf.
33:42Il n'arrive pas
33:42avec l'œuf dans la main.
33:43Donc,
33:44il y a une gestuelle
33:45qui va jusqu'au bout
33:47parce que,
33:47je le dis,
33:48c'est le dernier cercle.
33:49C'est le premier
33:50parce que c'est le premier
33:52qui est autour
33:52mais dans l'acte
33:54qui va amener
33:55à avoir le contact,
33:56c'est le dernier.
33:57Donc,
33:57si ce cercle,
33:59puisqu'il ne peut pas
33:59y en avoir d'autres en amont,
34:00on l'a dit,
34:01on ne va pas filtrer
34:02tous les gens qui viennent
34:02à un salon du livre.
34:04Ce dernier cercle
34:05ne fait pas
34:07ce pour quoi il est là.
34:08Bon,
34:08mais il y a un problème.
34:09Je voulais juste dire une chose.
34:11Vous êtes trop jeunes
34:13pour connaître cet événement.
34:14Mais il y a eu une époque...
34:15Vous n'en savez peut-être rien.
34:16Je cache peut-être mon jeu.
34:17Non,
34:18non,
34:18pas du tout.
34:19Je suis sûr que vous ne le connaissez pas.
34:20Mais il y avait un Belge
34:21qui se faisait appelant Tartar
34:23et qui a eu pendant des années
34:25qui a agi par...
34:26Tout le monde se marrait.
34:27Bernard-Henri Lévy
34:28était sa cible
34:29principale.
34:30Et longtemps,
34:31il a essuyé
34:32les mauvaises blagues
34:35de cet entarteur belge.
34:37Oui,
34:37et moi,
34:37sincèrement,
34:39je ne trouvais pas ça drôle.
34:40Et à l'époque,
34:41tout le monde rigolait.
34:42Oui,
34:43absolument.
34:44Non seulement tout le monde rigolait.
34:46Il a fait des émissions
34:46de télévision,
34:47etc.
34:49Il a été bien valide.
34:50pour qu'on puisse
34:52ne pas aimer
34:53BHL,
34:55je veux dire.
34:56Mais je ne voyais pas
34:57le fait
34:59de présenter ça
35:00comme une espèce
35:01d'acte de provocation
35:03qui, en fait,
35:05a amené par la suite
35:07d'autres actes.
35:08Bruno,
35:08je dis,
35:09qu'est-ce que ça a
35:09comme conséquence
35:10sur les hommes politiques,
35:12les personnalités politiques
35:13quand elles se font attaquer
35:14de façon humiliante ?
35:15Est-ce que ça a vraiment
35:16une incidence
35:17sur ces personnes ?
35:19Je dis,
35:19certains
35:20prennent conscience
35:22que ça peut être
35:24très dangereux
35:24et c'est une question
35:26de choix.
35:27Alors,
35:27évidemment,
35:28d'abord,
35:28lorsqu'ils ne sont pas ministres,
35:32ils se dotent
35:32d'une sécurité
35:33qui est plus ou moins importante
35:35selon les partis,
35:36selon le degré de risque.
35:37Mais vous savez,
35:38le risque,
35:38il est pour tous ceux
35:39qui s'exposent
35:40et pas seulement les journalistes,
35:42pas seulement les hommes politiques,
35:43les journalistes,
35:43parfois,
35:44certains.
35:44Je pense à Thierry
35:45parce que Thierry,
35:46dans le film
35:46sur les 20 ans de BFM,
35:47il a reçu une bouteille.
35:49Il a reçu une bouteille
35:49pendant un meeting
35:50de Nicolas Sarkozy.
35:52Et l'image a été remontrée.
35:53On a tous eu
35:54quelques petits désagréments
35:57comme ça.
35:57Enfin,
35:57là,
35:57la bouteille,
35:58elle arrivait violemment
35:58sur le visage de Thierry.
36:00Donc,
36:00oui,
36:00les hommes politiques,
36:01du coup,
36:02après,
36:02c'est aussi chacun.
36:04Certains acceptent volontiers
36:06toutes les règles de sécurité,
36:08s'y plient beaucoup.
36:09D'autres les refusent un peu
36:11parce qu'ils veulent quand même
36:11aller au contact.
36:12Ils veulent aller au contact.
36:15Et bon,
36:15voilà,
36:16c'est un peu,
36:16chacun voit un peu
36:18comment ils s'organisent.
36:20Mais il y a des périodes aussi
36:21qui sont plus visibles.
36:22Les campagnes sont incontestablement...
36:23Là,
36:23on n'est pas dans une période de campagne.
36:25On est vraiment dans une période tendue
36:26parce que les municipales,
36:27elles sont à peine lancées.
36:28Oui,
36:29mais il y a un climat de tension
36:30quand même autour des hommes
36:33et des femmes politiques
36:34depuis un moment.
36:35Là,
36:35on est hors campagne,
36:36même si la campagne,
36:38on est,
36:38on pourrait dire,
36:38dans une pré-campagne
36:40pour les municipales
36:41et les municipales
36:42présidentielles
36:43qui vont être très longues.
36:44Cette campagne présidentielle
36:45promet d'être très longue
36:45si on respecte les échéances.
36:48Donc,
36:49c'est vrai qu'il y aura
36:49beaucoup de tensions.
36:51Oui.
36:51Olivier Babot ?
36:52C'est évident qu'il y a quand même
36:55une électricité qui est plus grande.
36:56On a du mal à ne pas faire de lien
36:57avec la tension politique,
37:00avec l'imbroglio budgétaire,
37:03avec des tensions
37:04sur des équilibres politiques
37:06qui font qu'il n'y a plus
37:08de capacité à peser réellement.
37:10Peut-être que des gens,
37:11un peu désespérés,
37:13évidemment,
37:13sans aucun lien
37:14avec les partis eux-mêmes,
37:15mais ils trouvent matière
37:17à une sorte de distérisation
37:20de leur position
37:21qui peut mener
37:22à des gestes,
37:26une sorte de passage à l'acte
37:28qui suit l'ambiance.
37:29Alors,
37:30est-ce que les paroles
37:30sont plus dures ?
37:31Quand on regarde
37:31ce que les gens s'est échangé
37:33dans les années 20 ou 30,
37:34on est très surpris
37:35de l'incroyable violence
37:37qu'il pouvait y avoir
37:38encore à l'époque,
37:39y compris dans les journaux.
37:39Je ne parle pas de l'occupation,
37:40mais même bien avant.
37:42C'est-à-dire que la violence
37:43a toujours été un peu là.
37:44D'ailleurs,
37:44dans l'histoire,
37:45malheureusement,
37:46des assassinats politiques,
37:47il y en a eu,
37:48évidemment,
37:49des myriades.
37:49Mais on peut quand même
37:50imaginer qu'il y a quelque chose
37:52de cet ordre-là.
37:53Les réseaux sociaux aussi,
37:54ils stérisent,
37:55ils favorisent des gens
37:57qui vont se monter
37:58le bourrichon tout seuls,
37:59en ligne,
38:00et puis de temps en temps,
38:02malheureusement,
38:03donner un passage à l'acte.
38:04Heureusement,
38:05ici,
38:05c'était évidemment pas tragique.
38:06Oui,
38:07Aurore Malval,
38:07vous voyez réagir.
38:09Non,
38:10mais effectivement,
38:11je pense qu'on l'a tous dit,
38:13les maires ont cette expression,
38:15parfois,
38:16ils disent qu'ils sont des élus
38:17à portée de baffe.
38:18Et effectivement,
38:19je pense que ça dépasse
38:21même cette simple fonction.
38:23Évidemment,
38:23les élus locaux
38:24sont les plus à même,
38:25enfin,
38:26de par leur immersion
38:28dans le quotidien des citoyens,
38:30avec cette proximité,
38:31évidemment,
38:31c'est beaucoup plus facile
38:32de s'en prendre à eux.
38:33mais les hommes politiques,
38:35enfin,
38:35les hommes et femmes politiques,
38:37je dirais,
38:37qui ont des fonctions
38:38plus élevées
38:40sont aussi les victimes,
38:42mais aussi parce que,
38:43je dirais qu'il y a cette,
38:44enfin,
38:45la communication horizontale
38:47qu'il y a parfois
38:47sur les réseaux sociaux
38:48peut amener,
38:49effectivement,
38:50cette violence
38:50à laquelle on assiste
38:51déborde parfois.
38:52Mais comme vous le disiez,
38:53c'est pas quelque chose de nouveau.
38:54Les réseaux sociaux
38:55n'ont pas inventé
38:56la violence verbale
38:57ni la façon,
38:59d'ailleurs,
38:59dont des citoyens
39:00peuvent s'en prendre
39:01à des élus.
39:02Mais c'est vrai
39:02qu'il y a peut-être
39:03quelque chose
39:04où la frontière
39:05est moins importante
39:07et donc,
39:07on va être plus facilement,
39:09enfin,
39:10on va insulter quelqu'un
39:11sur les réseaux
39:11et puis finalement,
39:12on va trouver ça
39:12pas très grave,
39:14moins engageant
39:14de s'en prendre à lui
39:15dans la vraie vie.
39:17Christian Proutot,
39:18on le disait tout à l'heure,
39:19vous étiez en charge
39:19de la protection
39:20du président Mitterrand.
39:22Est-ce qu'il y a des...
39:23Pardon ?
39:24Pendant 13 ans.
39:25Pendant 13 ans.
39:25Donc,
39:26est-ce qu'il y a des choses
39:27qui ont évolué,
39:28des mesures de sécurité
39:29qui ont évolué
39:29avec le temps ?
39:31Avec une menace
39:31qui a grandi
39:32ou une autre façon
39:33de sécuriser aussi
39:34les présidents ?
39:35Au niveau des présidents,
39:37on a été,
39:38après Giscard d'Essing
39:39qui n'en voulait pas du tout
39:40donc il n'y en avait
39:40pratiquement pas,
39:42on a créé complètement
39:43un système
39:44qui s'appelle le GSPR
39:45qui au départ
39:46était que gendarme
39:47est devenu
39:48police et gendarmerie mixte
39:51qui a disparu
39:52sous Sarkozy
39:53qui est venu lui
39:55avec sa propre équipe
39:56et qui a repris
39:58sous Hollande.
39:59Et le savoir-faire
40:00qui a été mis en place
40:01pendant ces 13 années,
40:03c'est un continuum
40:04qui fait que les chefs d'État
40:05maintenant,
40:06en dehors d'incidents
40:07qui souvent sont dus
40:08à la personne protégée
40:10elle-même,
40:11qui sort du cadre
40:13volontairement,
40:14qui surprend
40:15ce qui ne devrait pas arriver
40:16sans personnel,
40:18fait que des fois
40:19ils peuvent se retrouver
40:20à portée de baffe
40:23comme vous disiez tout à l'heure,
40:24mais d'une manière générale,
40:26la sécurité
40:27est quelque chose
40:28qui est vraiment
40:30une réalité
40:30dont tout le monde
40:31a pris conscience
40:32parce que dans un pays démocratique,
40:34l'atteinte à ceux
40:35qui dirigent
40:36n'est pas bon signe.
40:37Voilà ce que l'on pouvait dire
40:38sur cette nouvelle agression
40:39sur Jordan Bardella.
40:41Merci beaucoup
40:41d'avoir été avec nous
40:42pour en parler.
40:43Merci Maître Collard
40:44d'avoir été également
40:45avec nous
40:45dans cette émission.
40:47Merci Maître Collard
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