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  • il y a 2 mois
Avec Gabrielle Cluzel, directrice de Boulevard Voltaire, auteur de "Yes Kids" éd. Fayard

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##LE_FACE_A_FACE-2025-12-18##

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News
Transcription
00:00Le sapin de Noël Sud Radio
00:02Nous vous rappelons que vous pouvez gagner un cadeau, Péricot.
00:06Oui, c'est le sapin de Noël de Sud Radio et l'émission La France dans tous ses états vous propose un lecteur de livres audio de la marque Proz.
00:16Proz, c'est le premier lecteur de livres audio, simple, sans appli, sans écran, avec plus de 20 000 livres disponibles.
00:21C'est une véritable bibliothèque pour les enfants, bien sûr, pour qu'ils deviennent plus savants et plus intelligents.
00:25Il faut simplement envoyer sapin, un sapin par SMS, au 7201872018.
00:32Et on verra qui est l'heureuse à gagnant à la fin de l'émission.
00:36Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face-à-face.
00:43Est-ce que notre pays manque d'enfants ? Oui, on le sait.
00:47Est-ce que l'histoire de France et l'avenir de la France passe sur sa démographie,
00:51sur cette population qui est tellement amoureuse de son pays,
00:55qu'elle veut transmettre de génération en génération cet amour de la patrie ?
00:59Nous en discutons sereinement, mais avec inquiétude, avec Gabriel Cluzel,
01:04qui a fait de cette cause un enjeu militant et politique.
01:08Il faut faire des enfants.
01:10Alors, il y a des théoriciens du « no kids », alors on prend un terme anglais, « no kids »,
01:14« yes kids », voilà, faisons des enfants.
01:19On a toujours connu des ministres de la famille,
01:21et nous avons toujours su que dans les grands enjeux stratégiques,
01:24un pays qui ne fait plus d'enfants, eh bien, comment ça s'éteint ?
01:27Nous avons cette année atteint un seuil où il y aurait,
01:30c'est comme le commerce extérieur, pour la première fois,
01:32on importe plus d'aliments qu'on en exporte.
01:34Et là, cette année, on aurait plus de gens qui s'en vont au ciel
01:39que ceux qui arrivent par la cigogne ou dans un chou.
01:43Merci, merci Gabriel Cluzel d'être avec nous aujourd'hui.
01:47Vous êtes très engagé dans ce combat, même de façon idéologique,
01:50mais c'est une noble cause.
01:52Votre inquiétude est réelle ou non aujourd'hui ?
01:54Oui, j'ai une réelle inquiétude.
01:55Alors pour moi, il y a deux sujets dans ce sujet.
01:57Il y a un sujet profondément intime.
01:59Pour moi, c'est une catastrophe intime, j'ose le dire.
02:03C'est-à-dire qu'on a convaincu, et là, je parle des femmes,
02:05on a convaincu les femmes que cette expérience intime,
02:08finalement, elles ne devaient pas l'amener,
02:11qu'elles leur nuiraient, que leur maternité,
02:14leur potentialité maternelle était un fardeau
02:16qu'elles devaient déposer sur le bord de la route.
02:18D'ailleurs, vous savez, on apprend aux jeunes filles,
02:21dès l'adolescence, à traiter la fécondité
02:23comme une maladie chronique.
02:25On leur dit, méfiez-vous de votre fécondité,
02:27comme le diabète ou l'hypertension.
02:30Et ce n'est pas neutre.
02:31Et puis, il y a un drame collectif.
02:33Bah oui, il n'est de richesse que d'hommes.
02:34Vous savez, cette expression qui est un lieu commun.
02:36Mais les lieux communs, ils sont souvent devenus des lieux communs
02:40parce que tout le monde s'est dit, ah bah oui, c'est vrai.
02:42Et vous savez, j'aime souvent parler de ce conte
02:45qui s'appelle le Petit Pousset.
02:46Vous savez, la culture française,
02:48elle a son fond traditionnel de conte.
02:51Charles Perrault et le Petit Pousset,
02:53ce sont des parents qui ont sept enfants.
02:54Quand arrive le septième, ils se disent,
02:55on ne peut plus le nourrir, on va le lâcher dans la forêt.
02:58Eh bien, c'est le septième qui a l'intelligence de mettre des petits cailloux
03:02et mieux, après être revenu à la maison, d'enrichir toute la famille.
03:04Moi, je crois à l'intelligence collective.
03:06Plus on sera de cerveau, plus on trouvera des solutions.
03:09Voyez, je ne suis pas pour malfusienne.
03:11Gabriel Cusel, cette réalité fut le quotidien
03:16de beaucoup de familles françaises durant des siècles.
03:18Au-delà de tant d'enfants, pas de bouche à nourrir,
03:21des enfants abandonnés, des tragédies.
03:22N'oublions pas la mortalité infantile.
03:25On faisait beaucoup d'enfants parce qu'on en gardait peu de vivants.
03:27C'était l'inverse de ce qu'on vit aujourd'hui.
03:30La Chine a été confrontée à ce problème.
03:31Un seul enfant aujourd'hui, alors qu'ils sont à plus d'un milliard et demi.
03:35C'est le paradoxe.
03:36Si, refaites des enfants, sans ça, on va avoir plus de vieux que de jeunes.
03:39La famille française, aujourd'hui, c'est un symbole menacé.
03:45Si la démographie continue à baisser,
03:48on peut aboutir à quel genre de situation, de configuration ?
03:52Écoutez, je crois que nous n'en sommes qu'à l'apéritif.
03:54Il faut se rendre compte de ça.
03:56Alors moi, je le dis beaucoup, je ne comprends pas
03:58qu'au moment de la réforme des retraites,
03:59on n'ait pas parlé de ce sujet-là.
04:01Parce que, évidemment, pour le paiement des retraites,
04:03la retraite, on ne va pas se mentir,
04:05la retraite par répartition...
04:06C'est clair que ça passe d'abord par la démographie.
04:07Ah ben voilà, sans enfants, c'est Madoff.
04:10C'est la pyramide de Ponzi.
04:11Les cotisants, il faut les faire.
04:13Les cotisants, il faut les fabriquer.
04:14Donc les cotisations servies aujourd'hui
04:16sont celles des enfants d'aujourd'hui.
04:20Donc demain, ceux qui seront cotisants,
04:22s'il n'y a plus d'enfants demain, il n'y aura plus de cotisation.
04:23Donc personne n'ose le dire.
04:25Personne n'a osé dire...
04:27Alors, bien sûr, Emmanuel Macron,
04:28il a parlé de réformement démographique,
04:30mais en même temps, il a dit,
04:31en tout cas par la voix d'un de ses conseillers
04:34sur une chaîne concurrente,
04:35je peux peut-être la nommer France Inter.
04:37Oui, oui.
04:38Bah oui, mais...
04:39Station de l'occurrence.
04:39Il ne veut pas réduire les femmes à un ventre,
04:42comme si une mère était réduite à un ventre,
04:43comme si une mère se réduisait à son intérêt.
04:46Je trouve ça extrêmement grave.
04:48Parce qu'en réalité...
04:48Si Sam Abon avait dit ça,
04:49nous n'aurions pas le grand président de la République.
04:51Exactement, que deviendrions-nous ?
04:53Vous imaginez ?
04:54Et c'est vrai que je trouve ça très révélateur,
04:57parce qu'en réalité,
04:58la maternité, aujourd'hui,
05:00est considérée par le féminisme.
05:03D'ailleurs, je veux dire,
05:03parce qu'aujourd'hui,
05:04le féminisme était à l'hiter.
05:05J'allais dire par un courant féministe,
05:06mais il n'y a pas de courant féministe.
05:07Tout le féminisme dit
05:08que la maternité est un fardeau
05:10et considérée presque comme un vice,
05:12comme l'alcoolisme.
05:12Vous voyez, on plaint les mères
05:13parce que leur vie est difficile,
05:14mais il ne faut pas les encourager dans ce vice.
05:16Donc, on s'est interdit de réfléchir
05:18à la question de la maternité.
05:19Je vais aller un peu plus loin que vous,
05:20parce que vous avez tout à l'heure
05:21comparé à des pathologies.
05:23Oui, c'est ça.
05:23Est-ce qu'on n'est pas encore plus,
05:26j'allais dire, aberrant ?
05:28On a émancipé la femme,
05:29la cuisine, le ménage,
05:31c'est avilissant.
05:32Est-ce que faire des enfants,
05:33être maman,
05:34ce n'est pas la continuité
05:35d'un autre domestique humiliant
05:37que est le ménage, la cuisine ?
05:40Eh bien, ne faites pas d'enfants,
05:40émancipez-vous.
05:4168 continue à fonctionner à plein gaz.
05:43Vous avez raison,
05:43c'est exactement ce qui s'est passé.
05:46En fait, on peut chiffrer ça,
05:48enfin, vous datez ça, pardon,
05:49à mai 68,
05:51même si en fait,
05:51c'est né une progression
05:53dans les années 60.
05:55Mais c'est vrai que mai 68
05:56a prétendu libérer la femme
05:58de la maternité.
05:59On ne va pas se mentir,
05:59là aussi,
06:00elle a libéré surtout l'homme,
06:02en particulier,
06:04parce qu'on ne pouvait plus lui dire
06:05attention, je vais avoir un enfant.
06:08L'homme s'est servi de premier.
06:09D'ailleurs, on peut le voir
06:10même dans la mode.
06:11Je trouve ça très intéressant
06:11parce que vous savez,
06:12avant 68,
06:13c'était un peu Brigitte Bardot,
06:14les décolletés pigeonnants.
06:15Après 68,
06:16c'était Jen Berkine,
06:18les corps plus androgynes.
06:19Donc, on voit bien
06:19qu'on a valorisé la jeune fille
06:21sans enfant,
06:22mais on a réussi
06:23à faire croire à la mère
06:24que la maternité
06:26était une entrave
06:28qui l'empêcherait
06:29de courir plus loin
06:30et plus vite.
06:32Et on a éteint,
06:32et c'est surtout ça
06:33qui me paraît
06:34très très curieux
06:35et très très triste
06:36et très puissant,
06:38cet instinct maternel.
06:39Vous savez,
06:39on n'a jamais dit
06:40que l'homme était aussi autant
06:42que l'homme était près de l'animal.
06:43Il y a un instinct maternel,
06:45moi j'y crois à fond,
06:46cet instinct
06:47de potentialité maternelle.
06:49Gabriel,
06:49tous les fils et les filles
06:50le savent.
06:51On a réussi
06:52à l'éteindre
06:53chez beaucoup.
06:54Alors, je ne sais pas,
06:55je voulais juste citer
06:56une amie institutrice
06:57qui me dit souvent cela
06:58et je trouve ça très juste.
07:00Elle me dit,
07:00je ne comprends pas
07:01mes petites filles
07:03de 5 ans
07:03en maternelle,
07:04quand je leur demande
07:05qui veut être maman,
07:06elles lèvent toutes le doigt,
07:07à 25,
07:07il n'y a plus personne.
07:08Pourquoi je dis ça ?
07:09Parce que les féministes
07:10ont l'habitude de dire,
07:11enfin les féministes
07:11autoproclamées,
07:12moi aussi je suis féministe,
07:13je ne suis pas maso,
07:14je défends la cause
07:15des femmes,
07:16mais les féministes
07:17qui ont pignon sur rue
07:17disent que la maternité
07:19est un conditionnement.
07:20Moi je dis aujourd'hui
07:20que c'est la dénatalité,
07:22la dématernité,
07:23je ne sais pas
07:23comment appeler ça,
07:24qui est un conditionnement.
07:25On convainc les jeunes filles
07:27qu'il ne faut pas
07:28qu'elles soient mères
07:29et je vais vous dire,
07:30c'est une violence
07:30psychologique très forte.
07:32Ma compagne de studio
07:33Maud Coffet
07:33va vous poser une question.
07:34Cette façon de voir,
07:36cette façon très négative
07:37de voir à la fois
07:39la féminité d'une manière
07:40parce que c'est une continuité
07:41et la maternité,
07:43elle est très occidentale,
07:44non ?
07:45Elle est très occidentale,
07:47mais vous savez
07:47que l'Occident a le chic
07:50pour diffuser
07:51toutes ces merveilleuses idées,
07:53donc il y a un certain nombre
07:54de pays qui sont eux aussi touchés.
07:57Mais vous avez raison
07:57de dire que c'est très occidental.
07:58Il y a des vraies questions
07:59qui se posent en Occident
08:02sur la façon dont on regarde la mer.
08:03Vous savez,
08:04on parle de dénatalité,
08:05mais en fait,
08:05c'est le désamour,
08:06c'est la détestation
08:07de beaucoup de choses.
08:08On n'aime plus les mères.
08:10Je vous dis franchement,
08:10la figure maternelle,
08:11c'est la dernière
08:12qu'on peut moquer.
08:13D'ailleurs,
08:13je vais vous donner
08:13un exemple très simple.
08:14Vipère au point
08:15a été le livre
08:16qu'on a fait lire
08:16pendant des années
08:17au collège d'Hervé Bazin,
08:19mais c'était la lecture obligatoire.
08:20C'est quand même
08:20une figure de la mère
08:22très particulière.
08:23Je ne dis pas
08:23qu'il y a des mauvaises mères,
08:25mais Médée a tué ses enfants.
08:26Néanmoins,
08:26c'est l'exception,
08:27pas la règle.
08:28La plupart des mères,
08:29l'immense majorité
08:31aiment ses enfants.
08:31On vient de découvrir
08:32aujourd'hui,
08:32vous en avez entendu parler,
08:35c'était une fake news
08:36en fait,
08:36pour parler en bon français.
08:37C'est-à-dire que la mère
08:38d'Hervé Bazin
08:39n'était pas la vilaine
08:39folle coche qu'on a dit.
08:40C'était Hervé Bazin
08:41qui était un mythomane.
08:42Et pire,
08:43elle a été même
08:44une très bonne mère
08:44parce qu'elle savait tout cela,
08:46mais pour ne pas détruire
08:46la carrière de son fils,
08:47elle a refusé de le dire.
08:48Donc elle s'est sacrifiée.
08:49Vous voyez,
08:50la figure de la mère
08:51qui est toujours très abîmée.
08:52Vous pouvez regarder
08:52dans les films,
08:53on adore se moquer
08:54des mères de famille.
08:55C'est la dernière minorité
08:56qu'on peut opprimer.
08:56D'ailleurs,
08:57moi,
08:57on m'a refusé un appartement
08:58en me disant
08:58vous avez trop d'enfants.
08:59L'agence immobilière
09:00c'est le propriétaire a peur.
09:02Voilà,
09:02vous voyez,
09:02c'est quand même assez particulier.
09:04Et puis,
09:05l'Occident ne s'aime plus.
09:07Je crois que c'est aussi
09:07une détestation collective.
09:09Pour se dupliquer,
09:10il faut s'aimer.
09:11Vous voyez,
09:11il faut se dire
09:11j'ai envie de mettre
09:13un pied dans l'éternité.
09:15Parce qu'un enfant,
09:15c'est ça,
09:16c'est mettre un pied
09:16dans l'éternité.
09:16C'est vraiment un déclin
09:17sur tous les fronts en fait.
09:18Et voilà.
09:18Et en fait,
09:19l'Occident qui ne s'aime plus,
09:21alors je vais vous faire
09:21une comparaison évidemment
09:22terriblement excessive,
09:24mais il y a un petit quelque chose.
09:26Il y a un bouquin
09:26qui s'appelle
09:27Enfants de nazis
09:27dans lequel l'auteur,
09:29alors Tania,
09:29je ne sais plus son nom de famille
09:30malheureusement,
09:31qui m'échappe,
09:31expliquait que les enfants de nazis
09:33ne voulaient pas transmettre
09:34ce qu'ils avaient reçu.
09:36Voilà,
09:36enfin,
09:36leur matériel biologique.
09:38Je crois que l'Occident
09:39a été tellement culpabilisé,
09:41tellement,
09:42sur tous les plans,
09:43d'ailleurs on peut faire
09:43un poupée russe,
09:45colonialiste,
09:47même on peut dire
09:48l'espèce humaine
09:48est culpabilisée
09:49parce qu'elle respire,
09:50c'est pas bon pour l'écologie.
09:51Et bien,
09:52et ça les autres pays
09:52ne l'entendent pas
09:53de cette façon-là,
09:54et bien elle se dit
09:55pourquoi je me reproduirais ?
09:57Pourquoi je me reproduirais ?
09:58Je ne mérite pas
09:59d'être dupliquée.
10:00Je crois que cette détestation,
10:01il y a d'autres détestations,
10:02détestation de l'autorité,
10:03il est un fait
10:04que les relations parents-enfants
10:05c'est une relation d'autorité,
10:06détestation de l'adulte.
10:08Vous venez vraiment adulte
10:09quand vous avez des enfants.
10:10Avant,
10:10je vais vous dire,
10:11une femme de 45 ans,
10:12on peut s'imaginer
10:13que c'est une jeune fille de 18
10:14tant qu'elle n'a pas d'enfants.
10:15Vous voyez ?
10:16C'est après que ça change.
10:17Je confirme,
10:18je confirme.
10:18D'ailleurs,
10:18Maud est restée très jeune
10:19et très naïf
10:20avant qu'elle soit maman.
10:22Gabrielle Cluzel,
10:23bien sûr,
10:24je suppose que vous ne généralisez pas,
10:26évidemment,
10:26que grâce au ciel
10:27nous gardons de vraies mamans
10:28en majorité
10:29dans ce pays
10:29les femmes qui veulent avoir des enfants.
10:31Mais bien sûr,
10:31mais elles n'ont pas le droit à la parole.
10:33C'est vrai que ce phénomène
10:34se constate.
10:37Alors,
10:37il n'y a pas qu'une cause.
10:39Est-ce qu'il peut y avoir,
10:40je vais dire,
10:40une dénatalité,
10:42un dénatalisme sincère
10:43issu d'un vrai stress,
10:45d'une angoisse
10:45et ensuite,
10:46il peut y avoir
10:46une influence idéologique
10:48qui fait qu'on considère
10:49qu'effectivement,
10:49aujourd'hui,
10:50pour une femme,
10:51faire des enfants,
10:52c'est rentrer dans un moule,
10:53dans un code
10:54et dans un cadre de soumission
10:55et que l'émancipation
10:57de la femme
10:58passe par,
10:59justement,
11:00ce refus de materner.
11:01Alors,
11:02vous avez raison,
11:03c'est souvent multifactoriel.
11:04Moi,
11:05je ne veux pas
11:05qu'on s'arrête au simple,
11:06même si c'est important,
11:07au simple aspect économique.
11:09On va tout envisager.
11:10Voilà.
11:10On va tout passer en vue.
11:11On en parlera plus tard,
11:12mais je crois que
11:13l'aspect économique
11:14n'est pas suffisant
11:15parce qu'il y a eu
11:16d'autres périodes
11:17où les gens étaient
11:17beaucoup plus pauvres.
11:18Je ne parlais pas de ça.
11:18Je ne parlais pas de ça.
11:19Je parlais dans l'angoisse angèle.
11:19Ce qui est intéressant,
11:20c'est de dire,
11:20est-ce qu'une mère
11:22devient soumise ?
11:22Moi,
11:22j'ai la vision
11:23toute inverse de la mère.
11:25Une mère,
11:25c'est surpuissante.
11:26D'ailleurs,
11:26c'est assez drôle
11:27parce qu'au fur et à mesure
11:27que montaient ces théories
11:29sur la maternité alliée
11:30et Nantes,
11:30etc.,
11:30il y avait Freud
11:31qui expliquait
11:31que la mère
11:32était toute surpuissante.
11:33Il disait,
11:33votre enfant va mal,
11:34c'est votre faute.
11:35Et c'est vrai
11:36que quand une mère
11:36indique le sud,
11:38c'est une boussole
11:39qui indique le sud,
11:40eh bien,
11:40les enfants vont mal.
11:41Quand la mère va mal,
11:42les enfants vont mal.
11:43Donc,
11:43une mère,
11:43au contraire,
11:44c'est une puissance,
11:52et ils ont besoin
11:55de prendre leur envol
11:55ou ça peut être aussi
11:57des grands-parents.
11:58Et donc,
11:58je crois que c'est très intéressant
11:59de le dire
12:00parce que les femmes
12:01ne le savent pas.
12:02C'est une expérience
12:03déjà sentimentale,
12:05affective,
12:06sensorielle,
12:07je ne sais pas comment l'expliquer,
12:08folle.
12:09Je vais plus loin.
12:10C'est presque une castration
12:11psychologique
12:12que l'on fait
12:12quand on dit aux filles
12:13ne soyez pas mère,
12:15surtout ne soyez pas mère
12:16parce que ça va être terrible.
12:18C'est quelqu'un
12:19en haut de la piste.
12:20Si on lui dit
12:20ça va être magnifique,
12:22tu vas voir des paysages splendides,
12:23elle y va,
12:24elle se lance.
12:25Si on lui dit
12:25ça va être afro,
12:26tu vas te casser une jambe,
12:27elle n'y va pas.
12:27Et c'est ce qu'on fait actuellement.
12:28Gabriel Cluzel,
12:29on poursuit cet échange
12:30exaltant et passionnant
12:32dans quelques instants.
12:33Nous sommes avec
12:33Gabriel Cluzel
12:34sur Sud Radio.
12:36On attend
12:36tout à l'heure
12:39la réaction
12:40de Maud Coffler
12:40qui va certainement
12:42nous donner son nom.
12:42Et de deux autres auditeurs.
12:43Et de deux autres auditeurs.
12:45Midi 14h,
12:47Sud Radio,
12:48la France dans tous ses états.
12:50Vous êtes avec Perico,
12:51Légas,
12:52en compagnie
12:53de Gabriel Cluzel
12:54qui défend la natalité.
12:56Et j'ai à mes côtés
12:56Maud Coffler aussi
12:57qui a des avis très précis
12:58sur la question.
12:59Nous avons l'appel
13:00d'un auditeur,
13:01Roland,
13:01qui nous appelle
13:02de Saint-Etienne.
13:02Bonjour Roland.
13:04Bonjour Charles Perico,
13:05bonjour à tous.
13:06Roland,
13:06vous êtes père de famille
13:08ou pas encore ?
13:09Non, non, non,
13:09pas célibataire.
13:11Célibataire.
13:11Qu'est-ce que vous avez
13:13envie de dire
13:13à Gabriel Cluzel ?
13:15J'ai envie de dire
13:15à Gabriel Cluzel
13:16que je comprends
13:17son combat
13:17pour la natalité.
13:18Il est fort respectable
13:19et je pense
13:20qu'un pays
13:21qui a une perte
13:23démographique
13:24est un pays
13:24pour moi
13:24qui est voué
13:25quelque peu
13:27à l'échec
13:27et voire même
13:28à la disparition.
13:29Mais moi
13:30qui ai 30 ans,
13:31je n'ai pas forcément
13:32cette envie
13:33de fonder une famille.
13:35Non pas que je n'aime
13:36pas les enfants,
13:36bien au contraire.
13:37mais quel avenir
13:39vais-je leur laisser
13:40quand je vois déjà
13:42notre situation économique,
13:44notre situation sociale,
13:48notre situation civilisationnelle ?
13:50Je ne pense pas
13:51que mes enfants
13:52vont pouvoir être élevés
13:53malgré toutes les valeurs
13:55que je pourrais leur donner,
13:56malgré l'éducation
13:57que je pourrais donner
13:58avec la future
14:00que je n'ai toujours pas trouvée
14:01d'ailleurs.
14:01Mais je ne vois toujours pas
14:03le bout du tunnel
14:05pour mes enfants
14:05et je n'ai pas envie
14:06que je n'ai pas envie
14:08qu'ils se sentent
14:09en perte de repère,
14:11en perte totale.
14:14Donc je ne suis pas
14:15le seul à me poser la question
14:16et peut-être que Gabriel Cusel
14:17peut peut-être
14:18me faire changer d'avis
14:20et j'espère d'ailleurs
14:20parce que c'est un constat
14:22qui est dramatique.
14:23Roland,
14:24vous faites partie
14:25de ces jeunes
14:26avec un mariage potentiel,
14:29de ces jeunes parents potentiels.
14:30Vous avez peur
14:31tout simplement de l'avenir,
14:32vous avez peur du monde
14:33qui nous attend
14:34et dans lequel
14:35vous essériez des enfants
14:36aux côtés desquels
14:36vous ne trouveriez plus.
14:38Moi qui suis père de famille,
14:39je me pose la question régulièrement.
14:41Mon Dieu,
14:41où les laisse-t-on ?
14:42Je comprends,
14:43je comprends
14:43qui s'est inquiétude.
14:44Est-ce que pour autant,
14:45Gabriel Cusel,
14:46il faut se résigner,
14:47baisser les bras ?
14:48Alors merci Roland,
14:49j'aime bien sa façon
14:50d'exprimer les choses,
14:51très sereine.
14:51Très sobrement,
14:52très sincère.
14:53Exactement,
14:54très sincère
14:54et il n'expose pas
14:56ses convictions
14:56comme un dogme
14:57et c'est toujours agréable.
14:58Il est jeune en plus.
15:00Oui, il est tout jeune,
15:00il a la vie devant lui
15:01alors j'ai envie de lui dire
15:02déjà que peut-être
15:03que quand il aura rencontré
15:04la femme de sa vie,
15:06il changera d'avis
15:06parce que c'est vrai
15:07que rappelons quand même
15:08qu'il faut être deux
15:09pour avoir un enfant
15:10et que c'est souvent l'autre.
15:11Jusqu'à nouvel ordre,
15:12Gabriel.
15:13Jusqu'à nouvel ordre,
15:13nous sommes d'accord.
15:14Oui, j'ai quelque chose
15:15d'extrêmement réactionnaire.
15:16Pardonnez-moi.
15:18Avec la tigeance artificielle,
15:19on peut avoir
15:19la naissance artificielle.
15:20On va faire plein de choses
15:21mais pour le moment,
15:22c'est ainsi que ça se passe
15:23et moi je repense
15:23à cette chanson
15:24de Joe Dassin.
15:25Vous savez,
15:26à toi,
15:27vous la connaissez cette chanson ?
15:27Bien sûr.
15:28Il dit à l'enfant
15:29qui sera à la fois
15:30toi et moi.
15:30Donc c'est vrai que l'amour,
15:32disons-le,
15:32c'est un peu là aussi
15:33un lieu commun
15:34mais c'est une vérité,
15:35vous pousse parfois
15:36à avoir des enfants
15:37et je pense notamment
15:37aux hommes
15:38chez lesquels
15:38le désir d'enfant
15:39est peut-être moins fort
15:41que chez la femme.
15:42Ça aussi,
15:46ce que je voudrais dire
15:47à Roland,
15:47c'est...
15:48Pardon,
15:49je vais faire mon pape.
15:51N'ayez pas peur.
15:52Je pense que...
15:53Vous pouvez faire la papesse
15:54ici,
15:55c'est pas interdit.
15:55Voilà,
15:55tout est possible.
15:56J'ai appris que les femmes
15:57pouvaient être cardinaux
15:58récemment
15:58mais c'est un sujet.
15:58J'interviens.
15:59On en reprend l'heure.
16:01Parce qu'on n'est pas obligés
16:02d'être prêtes
16:03pour être cardinales.
16:03Bref.
16:05Éminence.
16:05Je peux vous appeler Éminence ?
16:06Vous pouvez m'appeler Éminence,
16:07ça me fera plaisir.
16:09Non,
16:09ce que je voulais dire
16:10c'est que beaucoup
16:10d'époque,
16:11dans l'histoire de France
16:13on puisse dire
16:14mais c'est tragique.
16:15Enfin,
16:15je ne sais pas,
16:15je pense à la guerre de Cent Ans,
16:17les épidémies de peste.
16:18Même après la guerre,
16:19c'était quand même pas joyeux
16:20ce baby-boom
16:21qui s'est passé.
16:22En plus,
16:22dans un contexte économique compliqué,
16:24les jeunes allaient vivre
16:25chez leurs parents.
16:25Il y a des tas de reportages
16:26là-dessus.
16:27Ils vivaient dans un cas de pièce
16:28à deux familles.
16:30Mais néanmoins,
16:30ce qu'a permis le sursaut,
16:31c'est précisément
16:32que ces gens se sont projetés
16:33dans des enfants.
16:35Vous savez,
16:35les enfants,
16:36ils vous forcent
16:37à sortir de votre morosité.
16:39Ils vous forcent à garder
16:39un cœur d'enfant.
16:41Ils vous gardent jeune.
16:42C'est là que les gens se trompent.
16:44D'ailleurs,
16:44ils se disent,
16:45je vous disais tout à l'heure,
16:46tant qu'on n'a pas d'enfant,
16:47on peut se sentir pas adulte.
16:49Mais c'est un peu paradoxal
16:51ce que je dis
16:51parce que par ailleurs,
16:52ils vous gardent
16:53une certaine jeunesse.
16:54Moi,
16:54je n'aurais pas mes enfants.
16:55Je ne saurais absolument rien
16:56de ce qui se fait
16:57dans le monde des adolescents
16:59et dans les jeunes aujourd'hui.
17:00Rappelez combien
17:01vous en avez,
17:02Gabriel.
17:02Sept enfants.
17:03Et c'est vrai que
17:05vraiment,
17:06si je pouvais convaincre Roland
17:08de cette idée
17:09qu'avoir des enfants,
17:10c'est le bonheur,
17:11eh bien,
17:12j'aurais gagné cette émission.
17:14Je crois qu'il ne faut pas
17:15trop réfléchir.
17:16Vous savez,
17:16dans la vie,
17:16il ne faut pas trop réfléchir.
17:17Parce que si on réfléchit trop,
17:20on ne se lance pas
17:21et vous verrez,
17:22l'avenir sera beau.
17:23Je vous entends.
17:24Ça dépend des parties
17:26du monde où on se trouve.
17:27Cela dit,
17:28vous avez aujourd'hui
17:28des parties de la planète
17:29qui vivent un véritable cauchemar
17:31où la natalité se porte bien.
17:33Et on se dit d'ailleurs
17:33que c'est plutôt là
17:34où il faudrait la freiner.
17:35Et nous,
17:36monde développé,
17:37avoir plus d'enfants,
17:38c'est terriblement égoïste
17:39ce que je dis.
17:40Parce qu'on se dit
17:41cette surpopulation
17:43est aggravée
17:44par une démographie galopante
17:46auxquelles on ne peut pas
17:47fournir les moyens de survie.
17:48Et nous qui sommes confis
17:49dans notre résence,
17:50du coup,
17:51est-ce qu'on va s'embêter
17:52à avoir des enfants ?
17:53Il y a ce côté-là
17:53qui est tout à fait paradoxal.
17:54Oui,
17:55alors c'est vrai,
17:56vous avez raison.
17:57Même si nous avons lieu
17:58de nous inquiéter,
17:58nous vivons quand même
17:59dans un confort tout à fait clair
18:02par rapport à d'autres parties
18:03du monde.
18:04Mais je crois,
18:04au contraire,
18:05que même ces pays
18:06très pauvres économiquement
18:07qui ont beaucoup d'enfants,
18:08ce sera leur force.
18:10Parce que la démographie,
18:11c'est le destin
18:12et ça s'est vu
18:12de tout temps.
18:14Alors,
18:14c'est compliqué
18:15de conjuguer
18:15les deux discours.
18:16Un discours intime,
18:17là Roland,
18:17il parle de son cas personnel.
18:19Moi,
18:19évidemment,
18:19je ne veux forcer personne
18:20à avoir des enfants.
18:21Je ne suis pas là
18:21pour enrôler les gens
18:23pour avoir des enfants.
18:24Et encore une fois,
18:24il y a la dimension collective.
18:25Mais collectivement,
18:27c'est une richesse
18:28extrêmement forte.
18:29Quelquefois,
18:30je vais vous dire,
18:30par exemple,
18:30je me suis beaucoup intéressée
18:31aux chrétiens d'Orient.
18:33j'ai toujours été très surpris
18:34qu'ils aient très peu d'enfants.
18:35Voilà,
18:36ils ont très peu d'enfants
18:36parce qu'ils considèrent
18:38que pour élever des enfants,
18:39il ne faut peut-être
18:40pas en avoir beaucoup.
18:41Et je me dis,
18:41mais ça signe aussi
18:44leur disparition
18:45de certains coins du monde.
18:47Nous,
18:47si nous croyons
18:49en ce que nous sommes,
18:50si nous croyons aussi,
18:50parce que là aussi,
18:51vous allez me dire
18:52que je suis un peu politique,
18:53mais c'est vrai que
18:54c'est ce que je pense.
18:56Les vecteurs de civilisation,
18:58c'est les enfants.
18:59Si vous aurez pu faire
19:00toute la cancel culture du monde,
19:01abattre les statues,
19:02brûler les boules,
19:03bouquins,
19:03interdire aux profs
19:04de dire ceci ou cela,
19:05là,
19:06ce que vous transmettez,
19:07les mœurs,
19:07ce que vous transmettez
19:08dans l'intimité de votre cuisine
19:09à vos enfants,
19:10c'est une civilisation sur pattes.
19:12Donc moi,
19:12je vois beaucoup de gens,
19:13vous savez,
19:14on ne va pas se mentir,
19:14la France est un peu à droite
19:15en ce moment,
19:16beaucoup de gens à droite
19:17qui disent,
19:17il faut sauver la France,
19:18la France,
19:18quelle était,
19:19ce que...
19:20Écoutez,
19:21ayez des enfants
19:22et transmettez-leur
19:23cette France.
19:24Voilà,
19:24tout simplement.
19:25Gabrielle Cluzel,
19:25quand vous avez la sensation,
19:27c'est peut-être un ressenti,
19:28comme dirait,
19:29que votre civilisation
19:30est en train de s'éteindre,
19:32que les valeurs
19:33auxquelles vous croyez,
19:34que les remparts
19:35auxquels vous êtes attachés,
19:36que la continuité
19:38qui a justifié votre vie
19:39est en train de disparaître
19:41ou s'amenuiser.
19:42Est-ce que vous avez envie
19:43de livrer
19:43à cet avenir incertain,
19:45peut-être angoissant pour certains,
19:47ce que vous avez de plus cher
19:48qui sont vos enfants ?
19:49Est-ce que ce n'est pas
19:49un suicide civilisationnel ?
19:51J'arrête là.
19:51Non,
19:52le suicide civilisationnel,
19:53oui,
19:53je pense que c'est
19:54de ne pas avoir d'enfants
19:55parce qu'encore une fois,
19:56c'est impossible.
19:56Répondez bien à ma question,
19:57je l'ai posé.
19:58Je réponds à votre question.
19:59Et je suis sûr que Roland
20:00partage cet avis.
20:02On n'a pas envie
20:02de continuer dans ce monde-là.
20:04Je n'ai pas envie de transmettre.
20:05Moi, ça y est, c'est fait.
20:06Mais que des gens vous disent
20:07je n'ai pas envie de livrer
20:08ma progéniture,
20:10la chère de ma chère.
20:11Mais vous trouvez qu'il est si terrible
20:12ce monde-là ?
20:13Non mais pardon,
20:13regardez,
20:14ouvrez les yeux,
20:14comparez avec d'autres moments
20:16de l'histoire de France.
20:17Ce qu'il risque de devenir.
20:19Mais vous ne savez pas.
20:21Dieu merci,
20:22rien n'est écrit,
20:23personne n'est Madame Irma.
20:24Et peut-être que le monde changera
20:26parce que celui
20:27que vous aurez mis au monde
20:28permettra qu'il change.
20:30Vous savez,
20:30c'est une désespérance
20:31que je sens au cœur de chacun.
20:33Au lieu de parier sur l'avenir,
20:35on parie sur le non-avenir.
20:38C'est absolument terrible.
20:39Je crois surtout
20:39qu'il y a un état d'esprit
20:41aujourd'hui occidental
20:43qui est,
20:44vous avez parlé de suicide,
20:44mais qui est suicidaire.
20:47Ne soyons pas collectivement
20:49prêts à nous jeter dans le ravin.
20:50Nous ne savons pas
20:51de quoi demain est fait.
20:52Encore une fois,
20:53il y a eu des périodes
20:53dans l'histoire de France
20:54bien plus tragiques
20:56que celles-ci.
20:59Nous sommes quand même
20:59des enfants gâtés
21:00par rapport à d'autres
21:01coins du monde.
21:03Donc,
21:04refuser à des enfants
21:05de naître
21:06parce que nous présupposons
21:09que cet avenir
21:09ne pourrait pas être rose,
21:11je pense que c'est profondément
21:13en fait égoïste
21:14et peut-être
21:15une tentative démiurgique.
21:16Vous voyez,
21:16on se dit,
21:18voilà,
21:18je vais être comme Dieu,
21:19Dieu crée,
21:20nous allons faire le contraire.
21:22Nous allons déprocréer,
21:23décider que l'avenir
21:25se rassemble,
21:26donc nous ne procréerons pas.
21:27Moi,
21:28je parie sur l'inverse.
21:29Voilà.
21:30Alors,
21:31vous pariez sur l'inverse.
21:32Faut-il encore se donner
21:33les moyens d'espérer ?
21:35Vous savez qu'il y a
21:36des annonces environnementales,
21:40climatiques,
21:42démographiques
21:43qui incitent plutôt
21:44à la prudence.
21:46On sait qu'au-delà
21:47d'un certain nombre
21:47de surpopulations,
21:48il pourrait y avoir
21:49des cataclysmes,
21:50des effets sur notre planète
21:52qui fait qu'on est prudent.
21:54On va en discuter.
21:56Je vous laisse réfléchir
21:57à cette interpellation,
21:58Gabriel Cluzel,
22:00et on se retrouve
22:01dans quelques instants.
22:03Voilà.
22:03Et puis n'oubliez pas
22:05que les fêtes de Noël
22:07approchent
22:08et qu'il y a un cadeau
22:09à gagner,
22:09surtout sur le sapin de Noël.
22:11Donc envoyez votre message.
22:13A tout de suite.
22:15Midi 14h,
22:16Sud Radio,
22:18la France dans tous ses états.
22:20Nous sommes sur Sud Radio
22:21avec Perico Légas
22:22qui reçoit Gabriel Cluzel
22:23à mes côtés,
22:24Maud Cofflet.
22:25Gabriel Cluzel,
22:26nous ne divergeons pas,
22:28mais nous discutons
22:28à, j'allais dire,
22:29à cœur ouvert
22:30sur ce problème
22:32de démographie,
22:32de natalité,
22:33de dénanalité.
22:34Est-ce qu'il faut faire
22:34des enfants ?
22:35Il y en a de plus en plus
22:36qui ne veulent plus en avoir.
22:38Est-ce que le paradoxe
22:39n'est pas aussi
22:39que dans une,
22:40j'allais dire,
22:41les mouvements plutôt conservateurs
22:43qui nous annoncent l'apocalypse,
22:45qui nous parlent
22:45de grands remplacements,
22:46d'insécurité permanente,
22:48de violences,
22:49et puis du côté
22:50des environnementalistes,
22:52la planète va devenir
22:53un cauchemar,
22:54un enfer.
22:55Au-delà de 10 milliards,
22:56ça va être absolument apocalyptique
22:57parce qu'on ne pourra
22:58pas habiter tous ensemble.
22:59C'est vrai qu'on a
23:00des éléments concrets
23:01pour se dire
23:01« Mais moi,
23:01je ne prends pas le risque
23:02de faire des enfants. »
23:03Vous dites
23:03« Il faut surmonter ces craintes
23:05parce que le pire
23:06n'est pas toujours sûr.
23:07Pour autant,
23:08mettez-vous à la place
23:09aujourd'hui
23:09d'un jeune couple
23:10de 25-30 ans,
23:12précarité de l'emploi,
23:13ils ne sont peut-être
23:14pas propriétaires,
23:16ils ne savent pas
23:16dans quelle situation
23:18cette société
23:19dont on l'entend
23:20tous les matins
23:20en se réveillant,
23:21en écoutant les médias
23:22que tout va mal.
23:23est-ce qu'on est porté
23:25à faire des enfants
23:25dans un monde
23:26aussi violent,
23:27aussi incertain
23:28et aussi trouble ? »
23:30Alors, si vous voulez,
23:31on peut faire
23:32un petit peu le tour
23:33de tous les arguments,
23:35une typologie des arguments
23:36utilisée,
23:37mais vous avez
23:37infiniment raison.
23:37ça y est.
23:39Alors, si j'avais en faire,
23:40c'est vrai,
23:40je me poserais peut-être
23:40ta question.
23:41Ah oui, c'est vrai ?
23:41Je ne sais pas.
23:42Écoutez,
23:42moi je ne suis pas d'accord
23:44avec cela,
23:44je pense justement
23:45que ceux qui parlent,
23:47vous avez cité ce mot-là
23:48de grand remplacement,
23:49s'ils ne veulent pas
23:51être grand remplacés,
23:52il faut qu'ils restent
23:53à leur place.
23:53Soyons cohérents.
23:54L'équation est très claire.
23:55Voilà, pour être remplacé,
23:56il faut être remplaçable.
23:57Vous savez,
23:57c'est utilisable
23:58dans cette formule
23:59pour beaucoup d'adjectifs.
24:02Alors, le premier argument
24:03qu'on entend,
24:03c'est économique.
24:04Alors, il faut voir
24:05le batage médiatique
24:07qu'il y a autour de ça.
24:08Au printemps dernier,
24:09on nous expliquait
24:09qu'un enfant jusqu'à 25 ans
24:11coûtait le prix
24:12d'un pavillon de banlieue,
24:13250 000 euros.
24:14Vous voyez,
24:15moi j'ai 7 enfants,
24:16j'ai perdu 7 maisons,
24:17c'est quand même bête,
24:17mais qu'est-ce que j'aurais fait
24:18de mes 7 maisons ?
24:19Je l'aurais arpenté seule
24:20sans mes enfants.
24:21Si l'humanité a fait
24:22ce calcul à chaque fois,
24:24on serait 15 sur la planète.
24:25Exactement,
24:26et encore.
24:26Voilà,
24:27donc ça,
24:27ce calcul économique
24:29est selon moi absurde
24:30et pourtant,
24:31il est récurrent.
24:32Il y a un argument physique.
24:35On dit aux femmes,
24:35vous allez détruire votre corps.
24:37Récemment,
24:38j'ai entendu un reportage
24:39surréaliste,
24:40je ne citerai pas le média,
24:42mais des jeunes femmes disaient
24:43depuis que j'ai un enfant,
24:44ma vie est foutue.
24:45Alors déjà,
24:45je ne sais pas
24:45où elles les ont trouvées.
24:46Bon,
24:47mais passons.
24:48Et puis,
24:49ils disent ensuite,
24:50ça va vous rendre,
24:52non mais je ne plaisante pas,
24:53vous allez perdre les cheveux.
24:55Alors,
24:55c'est vrai,
24:55il y a des phénomènes transitoires
24:56qui peuvent arriver,
24:57je ne sais pas,
24:58il paraît que ça peut être le cas.
25:00Prenne un peu de poids,
25:00éventuellement.
25:01Voilà,
25:01et vous allez être incontinente.
25:03Alors,
25:03incontinente,
25:04je ne peux pas le prouver,
25:04mais vous remarquerez
25:05que je ne suis pas chauve.
25:06Vous voyez,
25:06tous ces arguments
25:07absolument sauts.
25:08Alors,
25:08je donne,
25:09on peut se dire tout,
25:10personne ne nous écoute là,
25:11je peux être en revocatrice.
25:12On parle entre nous.
25:12Voilà,
25:13complètement entre nous.
25:14Gabriel,
25:15le thème de cette radio,
25:16c'est parlons vrai.
25:17Voilà,
25:17je parlerai,
25:18comme je le dirai
25:19à quelqu'un à table.
25:22Prenons deux personnages publics
25:24très connus
25:24qui ont la même nationalité.
25:26Ursula von der Leyen,
25:27sept enfants,
25:28Angela Merkel,
25:29pas d'enfants.
25:30Est-ce que vraiment,
25:31vous pensez que l'une
25:32est plus belle que l'autre
25:33parce qu'elle n'a pas eu d'enfants ?
25:35Vous voyez,
25:36malheureusement,
25:36c'est le vieillissement
25:38qui fait,
25:39on ne restera pas
25:40une jeune fille de 15 ans
25:40toute sa vie,
25:41il faut se le mettre
25:42dans la tête,
25:42même en ayant des enfants.
25:43Donc,
25:43on voit bien que
25:44tous ces arguments
25:45sont assez absurdes.
25:47Elles ont fait du mal à l'Europe,
25:48paradoxalement,
25:48toutes les deux
25:49de la même façon.
25:50Oui,
25:50c'est pour ça que
25:51je n'ai pas
25:52de préférence particulière
25:54pour l'une
25:55ni pour l'autre,
25:55mais tout simplement,
25:56c'était un constat
25:58qu'on m'autorisera
25:59puisque cet argument physique
26:00est souvent utilisé.
26:05L'autre argument,
26:07donc ça c'est économique,
26:08physique,
26:08intellectuel,
26:10c'est-à-dire qu'on vous dit
26:11en gros,
26:11quand vous êtes une femme,
26:12vous devez choisir
26:13entre votre cerveau
26:14et votre utérus.
26:15Ça,
26:15ça date de Simone de Beauvoir,
26:16de Virdina Wolf,
26:17elles ont décrété
26:18qu'une femme,
26:20si elle voulait être intelligente,
26:21avoir des activités intellectuelles,
26:22il ne fallait pas
26:23qu'elle ait d'enfants.
26:23Moi, je me souviens
26:24de même Benoît de Groult,
26:25elle s'excusait,
26:26elle disait,
26:26je suis désolée,
26:26j'ai des enfants
26:27alors que je sais
26:27qu'il faut tuer
26:28la fée du logis
26:29qui en soit,
26:29c'était quand même...
26:30Il n'y avait que Marguerite Duras
26:31qui avait perdu
26:32un enfant mort-né
26:32qui en comprenait le prix
26:34et qui disait
26:35mais ne pas avoir d'enfant...
26:36Ça veut dire qu'à Brielle Cuisel
26:37que vous renvoyez le livre
26:38Le Deuxième Sexe
26:39totalement en totalité
26:39ou vous en prenez un petit peu ?
26:41Non mais comme
26:42tous les auteurs intelligents,
26:44il y a une partie du livre
26:45qui n'est pas inintéressante.
26:46Ce que je veux dire,
26:47et comme tous les gens intelligents,
26:48Simone de Beauvoir
26:49a un peu théorisé
26:50sa vie personnelle.
26:51Vous avez remarqué ça
26:51chez les gens intelligents
26:52qui font d'une théorie générale
26:54leur cas personnel.
26:54C'est le principe en géant.
26:55Voilà.
26:56Et vous savez,
26:56il y a une jeune étudiante
26:57qui la connaissait bien
26:58qui a écrit un livre
27:00qui s'appelle
27:00Le mémoire d'une jeune fille dérangée
27:02et qui disait
27:03Simone de Beauvoir,
27:04j'ai relu trois fois la phrase,
27:05avait une haine viscérale
27:07des enfants.
27:08Voilà.
27:08Bon, on pourrait...
27:09Je ne veux pas faire
27:09de la psychologie de comptoir
27:10mais on sait dans son livre
27:11Une mort si douce
27:12qu'elle avait un problème
27:13relationnel avec sa mère,
27:14enfin bon,
27:15qu'elle méprisait.
27:16Elle aussi.
27:20était un stylet
27:21qu'il fallait choisir
27:21entre les deux.
27:22Ce qui était quand même gonflé
27:22parce que je vais vous citer
27:23deux auteurs
27:24qui sont restés pérennes
27:26dans la littérature française
27:27qu'on connaît encore aujourd'hui.
27:30Et qui ont été auteurs,
27:31écrivains, célèbres,
27:32non pas malgré leurs enfants
27:34mais grâce à leurs enfants.
27:36C'est Madame de Sévigné,
27:37qui n'aurait pas eu de filles,
27:37elle n'aurait jamais écrite.
27:38Et la comtesse de Ségur.
27:40Voilà.
27:40Donc ces deux-là,
27:41c'est des mères
27:42qui avaient un cerveau
27:43de toute évidence.
27:44Bon, il n'y a pas qu'elles,
27:45évidemment,
27:45mais je cite celui-ci
27:46parce qu'en matière de littérature
27:48et Simone de Beauvoir
27:49était écrivain aussi,
27:51eh bien,
27:51c'est intéressant.
27:53Donc on leur dit
27:54intellectuellement
27:54vous n'arriverez pas
27:55à vous épanouir
27:56si vous avez des enfants.
27:57Donc cette antinomie
27:58alors que je crois
27:59qu'on est fausse
28:01parce que je crois
28:01au contraire
28:02qu'on gagne
28:02en intelligence supplémentaire.
28:04Pour moi,
28:04la mère est une femme augmentée,
28:06une intelligence humaine
28:07parce qu'on manie
28:08la patte humaine.
28:09Les enfants,
28:09ce n'est pas une science exacte.
28:11Et donc,
28:11ça apporte beaucoup.
28:13Et dernier point,
28:14c'est écologique.
28:15C'est-à-dire qu'on leur dit
28:16vous allez détruire la planète.
28:17Alors ça,
28:17je trouve ça très pervers
28:18parce qu'on passe son temps
28:20à dire aux femmes
28:22ne vous laissez pas avoir
28:24par la société
28:25qui veut vous dire
28:26d'avoir des enfants
28:27pour la société.
28:28Soyez un peu égoïste,
28:29pensez à vous,
28:29n'ayez pas d'enfants.
28:30Et maintenant,
28:31on leur dit
28:31soyez altruistes,
28:33pensez à la planète,
28:34sacrifiez votre désir d'enfants.
28:36Et il ne faut pas croire
28:36que cette dénatalité
28:38liée à l'écologie
28:39est un délire
28:40de beaux beaux parisiens.
28:41Moi, j'ai rencontré
28:41des tâches dans la campagne
28:42qui me disaient
28:42qui en souffraient beaucoup d'ailleurs,
28:46je me dis c'est quoi cette planète ?
28:48Avant, on appelait la Terre
28:49l'environnement.
28:50Mais ce n'est pas neutre
28:51parce que l'environnement
28:52comme c'est fait pour environner,
28:53comme le chef
28:54c'est fait pour cheffer.
28:55Donc il y avait l'homme au centre.
28:56Maintenant, c'est Gaïa
28:57qui est comme toutes les déesses antiques.
28:59On a besoin de lui offrir
28:59des sacrifices d'enfants.
29:01Là, on leur offre
29:01des potentialités maternelles.
29:03Et moi, ça me choque profondément.
29:05Et je vois bien
29:05que c'est tordu comme argument
29:07parce que regardez
29:08un Yves Cochet.
29:10Vous le connaissez, Yves Cochet ?
29:11Bien sûr.
29:11Voilà, il a annoncé un ponte
29:13d'Europe Écologie Les Verts
29:14qui a écrit beaucoup de bouquins
29:15avec Sandrine Rousseau.
29:16Sandrine Rousseau, d'ailleurs,
29:17qui est des natalistes croyantes
29:18mais pas pratiquantes
29:19puisqu'elle a même des enfants.
29:20Il s'est retiré en Bretagne
29:21et il vit à l'état naturel.
29:22Ah, je ne savais pas.
29:23Vous m'apprenez beaucoup de choses.
29:24Mais je me souviens d'une tribune,
29:25je crois, dans l'Obs
29:26où il expliquait
29:26que les Occidentaux
29:27ne devaient pas avoir d'enfants
29:27mais accueillir les enfants des autres
29:29qui en avaient beaucoup.
29:30Je ne vois pas en quoi
29:31ils respirent autant,
29:32les enfants des autres.
29:33Pourquoi ils polluaient moins
29:34les enfants des migrants
29:36ou je ne sais quoi ?
29:37Donc, si vous voulez,
29:37on voit bien que derrière,
29:39il y a cette idée
29:40que les Occidentaux
29:41ne doivent plus avoir d'enfants
29:43et d'ailleurs,
29:43c'est chez les Occidentaux,
29:44ça rejoint le propos
29:46de Moët Koffler
29:46que ces thèses écologistes sévissent.
29:50Dernier point,
29:51il y a souvent des femmes politiques
29:52qui sont des natalistes
29:53et qui expliquent elles-mêmes
29:54dans les journaux People
29:55que leurs enfants
29:56les ont beaucoup aidés,
29:57les ont sauvés.
29:58Et je me permets de le dire
29:59parce que c'est public
30:00quand c'est dit dans un journal
30:01et c'est le cas de Sandrine Rousseau.
30:02Elle dit, moi,
30:02c'est mes enfants
30:03qui m'ont portée,
30:04qui m'ont soutenue
30:05quand j'étais dans la difficulté.
30:06Donc, moi,
30:07je trouve ça parfait.
30:08J'ai trouvé ces propos
30:08très touchants.
30:09Elle a expliqué ça
30:09dans un média
30:10qui s'appelle,
30:10je crois,
30:10Reporters
30:11et aussi dans un autre média
30:14People, celui-ci.
30:16Mais alors,
30:16pourquoi elle prive
30:17les autres femmes
30:18de cette joie
30:18en les enjoignant
30:19à ne pas avoir d'enfants ?
30:21Moët Koffler,
30:22vous êtes incité
30:22à fonder une famille maintenant ?
30:24Non, alors moi,
30:24j'ai échangé d'avis
30:25à peu près 15 fois
30:26depuis le début de l'émission.
30:26Je pense,
30:27donc au départ...
30:28C'est très bon signe.
30:28C'est comme ça
30:29que ça progresse.
30:30Il n'y a que les cons
30:31qui ne changent pas d'avis.
30:32À l'origine,
30:33je ne veux pas d'enfants.
30:34Je grandis comme ça.
30:36Sur quel principe ?
30:37Parce que la peur,
30:39je pense,
30:39de l'avenir,
30:40mais qui est d'abord
30:41une peur personnelle
30:42et donc que je ne voudrais pas
30:43transmettre à mes enfants
30:45et puis la peur aussi
30:46de voir ce monde
30:47effectivement
30:47complètement bouleversé.
30:48En même temps,
30:49je ne suis pas environnementaliste
30:50donc je n'ai pas cette crainte
30:51de polluer la planète
30:52plus que nous, etc.
30:54J'ai plutôt une fibre
30:56assez identitaire.
30:57Donc attachée
30:58à la démocratie occidentale,
31:00à la démographie, pardon,
31:01occidentale française.
31:02Pour que cette identité
31:03perdure, ma chère Maud,
31:04ça serait bien
31:05de créer des successeurs.
31:05Merci de parler à ma place.
31:07La logique voudrait
31:07que j'ai des enfants.
31:08Pose la question.
31:09Donc il y a cette espèce
31:10d'ambiguïté
31:11et je n'arrive pas
31:12à me positionner en fait.
31:13Donc je pense que la vérité
31:14c'est que comme Roland
31:15tout à l'heure,
31:16en rencontrant sans doute
31:17la bonne personne,
31:18j'imagine que ça a un impact
31:19et que ça tranquille
31:22un peu d'une certaine manière.
31:23Je vous vois grimacer.
31:24Si, si vous rencontrez un papa,
31:26parce que imaginez
31:27que vous rencontriez
31:27un papa formidable
31:28et que vous ayez envie
31:29d'aller plus loin
31:30avec le papa en question.
31:31Je pense que ça passe
31:31beaucoup par là
31:32et qu'il y a une forme aussi
31:33de, comment dire ça,
31:35c'est un peu égoïste aussi
31:36de ne pas en vouloir,
31:37j'imagine les enfants.
31:38Enfin voyez,
31:38je suis complètement pommé,
31:39donc je ne sais pas
31:39comment réfléchir à ces questions.
31:40Est-ce que le cas
31:41de la patiente Cofler
31:43est un cas qui vous intéresse ?
31:44Écoutez, je pense,
31:45mais ne le prenez pas mal,
31:47mais que Maud
31:47est un peu victime
31:48du bourrage de crâne,
31:51je le dis,
31:52qui est fait actuellement
31:53et qui, encore une fois,
31:55dénigre la maternité.
31:57Aujourd'hui,
31:57vous vantez les joies
31:58de la maternité,
31:58ce qui aurait été
31:59une évidence autrefois,
32:00autant dire que l'eau mouillée,
32:01bon,
32:02eh bien aujourd'hui
32:03est réputée crypto-pétainiste,
32:05vous voyez ?
32:05Oui, c'est vrai.
32:06Donc on n'a plus le droit
32:07de le dire.
32:08Moi, je vous le dis,
32:08il y a une immense majorité
32:10des femmes qui sont heureuses.
32:12Moi, je n'en ai pas rencontré
32:13une seule qui regrettait
32:14d'avoir un enfant.
32:15Une grossesse,
32:15ça peut inquiéter,
32:16ça peut angoisser,
32:17on peut se dire
32:18tiens, ça ne tombe pas
32:19au bon moment.
32:20Mais je n'en ai pas vu
32:21une seule,
32:22je n'en ai pas rencontré
32:22une seule qui me dise
32:24dix ans après,
32:25vingt ans après,
32:25trente ans après,
32:26je regrette.
32:27Le malheur,
32:28c'est de perdre un enfant,
32:28pas d'en avoir un.
32:29Et je crois qu'il faut
32:30quand même le répéter.
32:31Je vais vous citer un exemple
32:31qui m'a aussi beaucoup frappée,
32:33c'est que j'ai rencontré,
32:34je le dis,
32:34je le raconte dans mon livre
32:35parce que je crois
32:36que c'est un des exemples
32:37qui m'a le plus touchée
32:37et du reste,
32:38des femmes m'ont écrit depuis.
32:39C'est que je faisais
32:40un reportage sur,
32:42c'est un peu compliqué
32:42de vous expliquer,
32:43mais sur les familles
32:44dans l'armée
32:45qui n'étaient pas prévenues
32:46avant que l'armée
32:47réforme ça
32:48et qui étaient prévenues
32:48par les réseaux sociaux
32:49que leur enfant était mort.
32:50Vous vous souvenez
32:51les sœurs d'armes ?
32:51Depuis,
32:52il y a eu une bulle de silence.
32:53Ils ont compris
32:54qu'arrivés avec le colonel
32:56avec ses gants blancs
32:56et beurre frais,
32:57avant,
32:58les parents avaient déjà
32:59été prévenus
32:59par les réseaux sociaux,
33:00ce qui était tragique.
33:01Donc,
33:01j'allais interroger une dame
33:02très modeste
33:02dans un logement social
33:03qui avait perdu son enfant
33:05et qu'il avait su
33:06par les réseaux sociaux.
33:07Et puis,
33:07je voyais,
33:08il y avait les photos,
33:08vous savez,
33:09des photos de classe
33:11avec l'enfant bien peigné,
33:12vous voyez,
33:12sur fond bleu,
33:13là.
33:13Tout à fait.
33:13Et il avait les mêmes
33:15beaux yeux magnifiques
33:16que sa mère
33:16et je me suis dit,
33:18mais mon Dieu,
33:20cette idée m'a traversée
33:20l'espace,
33:21je me dis,
33:21elle doit tellement souffrir
33:22si c'est son seul enfant,
33:23elle est seule,
33:24ce qu'il n'aurait mieux pas
33:24valu qu'elle n'en ait pas
33:25pour souffrir autant
33:26avec un enfant de 20 ans.
33:27Eh bien,
33:28je ne sais pas
33:28s'il y a eu une télépathie,
33:29elle m'a répondu
33:30sans que je lui pose la question,
33:31elle m'a dit,
33:32je suis quand même heureuse
33:34de ses 20 ans
33:34passés avec lui.
33:36Je vais vous dire,
33:36elle voulait absolument
33:36me donner une photo,
33:37je lui voulais une photo
33:38mais moi je croyais
33:38qu'elle allait me l'envoyer par mail,
33:39elle m'a donné une grande photo,
33:40c'est toujours dans un placard,
33:41quand j'ouvre le placard,
33:42je le vois.
33:43Témoignage très très intéressant.
33:44Et il y a d'autres femmes
33:45qui m'ont écrit pour me dire ça.
33:46On continue cette conversation
33:47juste après.
33:47Vous êtes sur Sud Radio
33:48avec Péricault Légas
33:49qui reçoit Gabriel Cluzel
33:50et nous parlons natalité,
33:52la bonne raison
33:53de faire des enfants en France.
33:56Midi 14h,
33:57Sud Radio,
33:58la France dans tous ses états.
34:01Vous êtes avec Péricault Légas
34:02sur Sud Radio
34:03qui reçoit Gabriel Cluzel.
34:05On a un débat assez conciliant
34:08mais quand même
34:09avec des inquiétudes
34:10et des interrogations
34:10sur le fait
34:11qu'il faille avoir des enfants.
34:12Vous disiez à l'instant,
34:13Gabriel Cluzel,
34:13vous témoignez cette maman
34:14qui était hésitante.
34:17Finalement,
34:17elle est convaincue
34:18qu'il faut avoir des enfants.
34:19Elle en a
34:19et elle vous dit,
34:20j'ai passé,
34:20c'est un instant formidable de ma vie.
34:23Oui,
34:23en l'occurrence,
34:25c'est après la perte d'un enfant.
34:26Elle pourrait se dire,
34:27tiens,
34:27si je ne l'avais pas eu,
34:28je n'aurais pas souffert
34:29parce que je crois
34:29que dans la peur d'avoir des enfants,
34:31il y a la peur de se créer
34:32un talon d'Achille.
34:33Nous sommes un monde
34:34qui veut tout maîtriser.
34:36C'est vrai qu'une fois
34:37que vous avez un enfant,
34:38vous avez peur pour lui.
34:39C'est terrible,
34:39vous avez plus peur pour lui
34:40que pour vous.
34:41Quand j'entends une ambulance
34:43dans la rue,
34:43je me dis,
34:44c'est forcément mon enfant à vélo
34:45qui a été renversé.
34:47Vous créez une inquiétude
34:48et je pense jusqu'à la fin
34:50de vos jours.
34:51Donc,
34:51c'est vrai qu'il faut accepter
34:52ce risque.
34:53On parlait de détestation,
34:55c'est aussi la détestation
34:56du risque.
34:57Mais vous voyez,
34:58c'est Dostoyevski,
34:58je crois,
34:59qui disait
34:59souffrir,
35:02c'est toujours vivre.
35:03Bah oui,
35:04c'est vivre des émotions
35:05intenses.
35:06Non,
35:06mais c'est foutre
35:08de refuser de vivre
35:09par peur
35:11de potentiellement souffrir.
35:13Avoir des enfants,
35:14c'est vivre intensément.
35:15Et encore une fois,
35:16je le dis à toutes les jeunes femmes
35:17qui nous écoutent,
35:18c'est une expérience
35:19que ne connaîtront pas les hommes.
35:20On a beau parler d'hommes enceints,
35:22c'est un,
35:22qu'on ne raconte pas des blagues.
35:23Vous prenez la gestation,
35:24bien sûr.
35:24Ah oui,
35:25mais c'est merveilleux.
35:26C'est absolument merveilleux.
35:28Enfin,
35:28c'est aussi une source d'inquiétude,
35:30c'est aussi une source de fatigue,
35:31mais c'est une expérience
35:33absolument formidable.
35:34Les femmes peuvent aller
35:35sur le terrain des hommes pour tout.
35:36Je pense à Caroline Hague,
35:37vous voyez,
35:37qui a été pilote de chasse,
35:40qui a été pressentie
35:41pour aller dans la Lune,
35:45habituellement ou traditionnellement
35:48plutôt pour les hommes.
35:50Mais elle a vécu deux grossesses
35:53avant de mourir.
35:53Et je me dis,
35:54ce terrain-là,
35:55il y a qu'elle seule
35:55qui l'a occupée ?
35:57Voilà,
35:57qu'elle seule.
35:58Alors,
35:58cette spécificité,
35:59on est en train de,
36:00finalement,
36:01de l'arracher aux femmes.
36:02On a commencé par leur dire
36:03que c'était sans intérêt.
36:05Et d'ailleurs,
36:05maintenant,
36:06on commence à parler d'hommes enceints.
36:07Mais c'est terrible
36:08de leur enlever cette prérogative.
36:10Et par ailleurs,
36:10je voulais parler de ce livre
36:11parce qu'il faut quand même
36:12que j'explique
36:12pourquoi ce livre s'appelle
36:13Yes Kids.
36:13C'est une réponse au livre No Kids.
36:15Mais oui,
36:16bien sûr,
36:16c'est pour ça que vous n'avez pas
36:17un titre anglais.
36:18Voilà,
36:18d'ailleurs,
36:18le livre,
36:19le contenu n'est pas en anglais.
36:20J'aurais été agréable
36:20de l'écrire en anglais,
36:21je rassure les auditeurs.
36:22Mais le livre No Kids
36:23est un tissu de fake news.
36:25Notamment parce qu'il vous fait croire
36:27que votre enfant va rester
36:28à deux ans toute sa vie.
36:30Mais heureusement,
36:31ou pas d'ailleurs,
36:32c'est triste
36:32parce que parfois,
36:33quand ils sont des grands d'adées,
36:34on regrette les enfants de deux ans.
36:35Mais c'est vrai que c'est très prenant
36:36un enfant de deux ans.
36:38Et elle vous explique,
36:39notamment,
36:39je cite son exemple,
36:40parce qu'il me paraît frappant,
36:41elle vous dit,
36:42dans un chapitre qui s'appelle
36:44le dîner de cons,
36:45c'est le dîner de cons permanent.
36:46C'est-à-dire qu'elle vous dit,
36:47c'est sûr,
36:47vous dînez avec un enfant de deux ans,
36:49vous ne parlez pas d'Aristote et Platon,
36:51tant est que vous parliez
36:52d'Aristote et Platon
36:53quand vous dînez avec des adultes.
36:54Mais vous êtes entre
36:55le petit suisse
36:55et la banane écrasée.
36:57Mais quand l'enfant grandit,
36:58quand il devient adolescent,
36:59et vous qui avez quatre enfants,
36:59vous le savez ?
37:00Oui.
37:01C'est-à-dire que,
37:01c'est quoi l'éducation ?
37:03Au début,
37:03il est comme une éponge,
37:04il prend tout,
37:04puis après il commence à déconstruire
37:05pour se le réapproprier.
37:07Donc il passe tout au filtre
37:08de son intelligence
37:09et de sa cohérence.
37:10Pour Marc-Hurie Gabriel Cuisette,
37:11que ces gens qui vous disent
37:12nos kids sont souvent ceux qui,
37:15dans une culture pédagogique scolaire,
37:17disent,
37:18c'est à l'adulte
37:19à apprendre de l'enfant,
37:20c'est l'enfant qui est roi,
37:21c'est extraordinaire.
37:22Donc il vous dit,
37:23c'est un crétin
37:23avec lequel on s'ennuie profondément,
37:25par contre au niveau scolaire,
37:27il faut évidemment
37:27que l'enfant soit roi.
37:28C'est quand même ça,
37:30c'est contradictoire.
37:30Oui, vous avez raison.
37:32Très juste,
37:33je n'y avais pas pensé,
37:33je leur sortirai cela.
37:34Ce n'est pas toujours le cas,
37:35mais c'est souvent le cas.
37:36C'est drôle.
37:37Et donc si vous voulez,
37:38quand il grandit,
37:39c'est plus le dîner de con
37:40ou le con c'est vous,
37:41parce qu'il passe son temps
37:42à vous dire,
37:42mais tu as dit ça,
37:43mais tu fais ça.
37:44Il vous plonge
37:47dans vos incohérences.
37:49Ils le font très bien.
37:51Ah, ils sont parfaits.
37:51Je peux vous faire
37:52des témoignages là-dessus.
37:53Surtout ma fille
37:54qui fait ma rééducation
37:56et heureusement,
37:57sur ça,
37:57je serai totalement perdu.
37:58Oui, mais ça vous permet
37:59d'aiguiser votre argumentaire.
38:00On peut dire ça comme ça.
38:01C'est pas idiot
38:02ce qu'elle dit.
38:03Ça remet en cause.
38:04Ah bah oui,
38:04c'est un procureur
38:05qui boutent sur le front
38:06et appareils dentaires
38:07et ils sont très forts.
38:08Vous connaissez
38:08Aldo Naoui, bien sûr.
38:09Ce n'est pas forcément
38:10votre référence à Aldo Naoui.
38:11Qui donc ?
38:11Oui, oui, oui.
38:13C'est très intéressant.
38:14Elle s'inquiétait
38:15de l'influence du père
38:17qui aurait été domineux
38:18à celui de la mère.
38:19Et il disait avec sa voix,
38:20ne vous inquiétez pas.
38:21La mère est là
38:22pour tout rattraper.
38:23Autrement dit,
38:23cette hérédité maternelle
38:25est quand même dominante
38:26chez un être humain
38:27plus que la paternelle.
38:28Moi, j'aime beaucoup
38:29cette phrase de Romain Garry
38:31que vous connaissez sans doute.
38:32Il y a deux phrases
38:32que j'aime sur la mère
38:33si vous me permettez de les...
38:34C'est Romain Garry qui dit
38:35la vie vous fait une promesse
38:38à l'aube par votre mère
38:39qu'elle ne tiendra jamais.
38:41C'est vrai que c'est beau.
38:42Cet amour inconditionnel de la mère,
38:44c'est vrai,
38:45c'est une promesse
38:45que personne d'autre
38:46ne peut tenir.
38:47Et puis, je crois que c'est Freud.
38:48Pourtant, ça fait deux fois
38:49que je parle de Freud.
38:50Pourtant, ce n'est pas forcément
38:51ma tassinité.
38:51Vous changez.
38:52Mais voilà.
38:53Il a un rôle à jouer quand même
38:55dans cette scolastique.
38:57Exactement.
38:57Dans cette scolastique,
38:58comme c'est joli, ils m'ont dit.
38:59Et il a dit
39:00les fils qui sont aimés
39:03par leur mère
39:04seront des conquistadors.
39:05Vous voyez le rôle de la mère,
39:07le poids de la mère.
39:08Là, c'est Noël.
39:09Le grand prêtre de Noël,
39:10c'est la mère.
39:10Je tiens le cas.
39:10Oui, on s'en serait passé
39:12quelquefois dans l'histoire.
39:14Soit les fils des aimés
39:15qui sont devenus
39:15des dictateurs épouvantables.
39:17Soit trop aimés.
39:19Ils sont devenus égocentriques.
39:20C'est vrai aussi.
39:20Égocentriques.
39:20Et mégalomanes.
39:21Vous ne pensez pas qu'au départ,
39:23pour remettre un petit peu
39:24la charrue après les bœufs,
39:27la notion de famille
39:29est également très importante.
39:30Là, vous parlez de la femme
39:31pour la créatrice de vie
39:33et transmetteuse
39:34de cette énergie
39:35et de la civilisation.
39:37Dévaloriser la famille
39:38peut aussi participer
39:40à une démotivation
39:42de procréation.
39:44Mais là aussi,
39:45le mot famille
39:45est complètement démonétisé.
39:47C'est un marqueur réactionnaire
39:49terrible.
39:50Évidemment,
39:51Vichy l'avait mis
39:51dans le travail famille patrie.
39:53Donc le travail,
39:54c'est dégueulasse.
39:54La famille et la patrie.
39:56On n'a pas arrêté de travailler
39:57parce qu'il y avait travail
39:58dans le travail famille patrie.
40:00Et c'est vrai que
40:01François Hollande
40:02avait créé un ministère
40:03des familles.
40:04Mais en fait,
40:05c'est un ministère
40:05des familles privatifs
40:07parce que la famille
40:07a été largement détricotée.
40:08Il est le premier
40:09à s'y attaquer François Hollande.
40:10Fiscalement,
40:11c'est lui qui a porté
40:12le premier préjudice.
40:13Exactement.
40:13Il essaie de trouver
40:14des parades aujourd'hui
40:15mais les courbes
40:15parlent contre lui.
40:17Je devrais plutôt
40:17c'est que
40:18cette modulation
40:20des allocations familiales
40:21on trouve toujours
40:22un joli mot.
40:22En fait,
40:22ce conditionnement ressource
40:24des allocations familiales
40:25a entamé
40:26la courbe décroissante
40:29de la natalité
40:30même si encore une fois
40:31l'argument économique
40:31ne fait pas tout
40:32parce que je crois
40:33que quand on a un fort
40:34désirant d'enfants,
40:35il est là.
40:35Alors vous avez raison
40:36de parler de la famille
40:36et puis c'est vrai que
40:37dans ce monde
40:38où tout bouge,
40:38tout fluctue,
40:39vous vivez avec quelqu'un
40:40vous n'avez pas d'enfant,
40:41vous vous séparez,
40:42il n'y a plus rien.
40:43Quand vous avez un enfant,
40:44c'est quand même
40:45la statue du commandaire
40:46de témoin de vos amours passés.
40:48Vous voyez,
40:48il est gravé dans le mar.
40:49Donc c'est vrai
40:50qu'à partir du moment
40:51où les familles sont fragiles,
40:52fragilisées,
40:53voire n'existent plus,
40:54l'enfant,
40:55c'est un peu l'empêcheur
40:56de tourner en rond.
40:57Vous avez des enfants terribles
40:58qui pourrissent
40:58la vie des parents
40:59mais c'est la loi du genre
41:00et vous avez des parents
41:01épouvantables
41:02qui auront martyrié.
41:03Bien sûr,
41:04ce n'est pas un argument
41:05suffisant
41:06pour renoncer.
41:08Et on approche de Noël,
41:10on a envie de dire aux familles,
41:12il manque quelqu'un
41:13dans la crèche,
41:14dans votre crèche
41:14de votre vie.
41:15Alors l'année de bœuf,
41:16on en parle beaucoup
41:17en ce moment,
41:18surtout le bœuf
41:19qui est un des problèmes,
41:20l'année aussi,
41:21on a les écologistes,
41:23mais ce symbole
41:24de la crèche merveilleuse
41:25qui est un symbole de fête.
41:26Est-ce qu'il faut faire,
41:28est-ce qu'on peut avoir espoir
41:29de faire le Messie ?
41:30Est-ce qu'on dit
41:31est-ce qu'il y en avait
41:32un Messie qui venait nous sauver ?
41:34Il faut faire des enfants
41:34pour qu'il y ait un Messie.
41:35Chaque enfant est un petit Messie,
41:37j'ai envie de dire.
41:38Et puis, encore une fois,
41:39c'est ce que je vous disais,
41:40peut-être que ça boucle
41:40avec le début de l'émission,
41:41c'est-à-dire que plus
41:42c'est statistique,
41:43plus on multiplie les enfants,
41:45plus la chance
41:46d'avoir un Beethoven,
41:48vous connaissez l'histoire,
41:49il avait mille heures
41:50et mille raisons.
41:51Alors c'est vrai qu'on peut aussi avoir
41:51Staline et Hitter,
41:52attention,
41:52ils ont eu des mamans les deux.
41:54Mais vous voyez bien
41:55quelle puissance de l'intelligence.
41:56Moi je crois que
41:57on a eu un camp progressiste,
42:00pour parler vite fait,
42:01qui était contre Dieu,
42:04en tout cas qui se disait profondément
42:05Imanis,
42:06je crois qu'il ne croit plus en l'homme.
42:08Moi en tout cas,
42:08ce que je voulais dire
42:09dans cette veille de Noël,
42:10c'est qu'avoir des enfants à Noël,
42:12mais c'est une bénédiction.
42:14Justement, vous gardez
42:15votre cœur d'enfant.
42:17Je pense aussi à tous ceux
42:18qui n'ont pas d'enfant,
42:19c'est pour ça que mon sujet
42:19est toujours un peu délicat,
42:20parce que je sais qu'il y en a
42:21qui n'ont pas d'enfant
42:22et qui ne l'ont pas souhaité,
42:23c'est les aléas de la vie,
42:25c'est la vie qui est ainsi,
42:26donc je ne veux pas remuer
42:27le couteau dans la plaie,
42:28mais un Noël avec des enfants,
42:30c'est un petit Jésus
42:33en culotte de velours.
42:34Gabriel Cluzel,
42:35merci pour ce message
42:36qui va, j'allais dire,
42:37fleurir cette nativité
42:39que l'on croit ou que l'on ne croit pas.
42:41La naissance des enfants,
42:42c'est toujours quelque chose
42:43de sublime.
42:44J'espère que tous ceux
42:45qui nous écoutent
42:46et qui avaient décidé
42:47de ne pas avoir d'enfant
42:48pourront peut-être
42:50autour de ces fêtes.
42:52Oui, ces fêtes de fin d'année.
42:54On a besoin d'amour.
42:55Exactement.
42:56On a besoin de convivialité,
42:57de partage,
42:58de fraternité.
42:59Il n'y a pas d'amour
43:00et de partage
43:01sans fraternité,
43:01sans autrui.
43:03Et plus nous serons nombreux
43:04sur cette planète
43:05à nous aimer,
43:06mieux nous nous porterons.
43:07Donc que votre message
43:07soit reçu,
43:08on ne condamne pas
43:09ceux qui sont résignés
43:10à ne pas en avoir,
43:12mais en tout cas
43:12que ceux qui veulent faire
43:13des enfants...
43:14N'hésitent pas.
43:14Voilà, n'hésitent pas.
43:16Ça fera du bien à eux,
43:17à la famille,
43:18à la patrie,
43:19à la terre.
43:20Vive les enfants,
43:21vive la vie,
43:22vive la famille.
43:23Merci Gabriel Cluzel.
43:24Merci Gabriel Cluzel.
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