Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 20 heures
Chaque week-end, Emilie Broussouloux vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Générique
00:00...
00:10Bonsoir, soyez les bienvenus dans BFM Grand Soir.
00:14C'est une annonce choc.
00:15Environ 6 000 avions A320 d'Airbus doivent arrêter immédiatement de voler.
00:21La faute à un logiciel de commande qu'il faut remplacer de façon urgente.
00:24Ça concerne environ la moitié des A320 dans le monde.
00:28C'est une information majeure.
00:30Vous allez pouvoir nous l'expliquer dans un instant.
00:32Jean Serra, bonsoir.
00:33Vous avez été commandant de bord.
00:35Vous êtes la bonne personne ici pour nous informer.
00:38Mais d'abord, on va juste faire un petit détour par Washington
00:40pour comprendre pourquoi cette décision.
00:43Avec vous, Antoine Lard.
00:44Bonsoir, Antoine.
00:45Merci d'être avec nous.
00:47Vous êtes notre correspondant aux Etats-Unis.
00:49Cette décision, elle n'est pas anodine.
00:51Elle fait suite à un incident qui a eu lieu en plein vol
00:54entre le Mexique et les Etats-Unis.
00:56Racontez-nous.
00:58Absolument.
01:01Un incident qui a eu lieu le 30 octobre
01:03sur un vol de la compagnie JetBlue
01:05entre Cancun au Mexique et Newark dans le New Jersey.
01:09On est environ 45 minutes après le décollage.
01:12L'avion, un A320, est alors au-dessus de la mer,
01:14au-dessus du golfe du Mexique.
01:16Lorsque, brusquement, il décroche, il perd de l'altitude.
01:19Une sorte de chute libre qui, selon les témoins,
01:21va durer de très longues secondes.
01:23Une passagère raconte qu'elle a vu une hôtesse être projetée en l'air
01:26très violemment avec son chariot à boisson.
01:28Cette passagère, elle-même, bien qu'elle ait accroché sa ceinture de sécurité,
01:32a décollé de son siège et s'est cogné la tête contre les coffres à bagages au-dessus d'elle.
01:36Alors, heureusement, les pilotes ont pu reprendre le contrôle de l'appareil.
01:40Ils se sont alors déroutés vers l'aéroport le plus proche, celui de Tampa, en Floride.
01:44Là, ils ont pu débarquer et évacuer les passagers et personnels de bord blessés.
01:49Ils ont été pris en charge dans les hôpitaux de la ville.
01:5215 à 20 blessés au total.
01:53On ne connaît pas la nature exacte de leurs blessures.
01:56On sait simplement qu'aucun d'entre eux n'a été grièvement blessé.
01:59L'avion, ensuite, a poursuivi sa route jusqu'à Newark, dans le New Jersey.
02:03Et une fois arrivé à sa destination, il a été cloué au sol, le temps d'être inspecté.
02:06En fait, comme à chaque fois qu'il y a un accident, la FAA, c'est-à-dire l'Agence fédérale de l'aviation, a ouvert une enquête.
02:12Et c'est au cours de cette enquête et de cette inspection de l'appareil qu'on s'est aperçu qu'il y avait un problème sur ce logiciel de commande.
02:19Merci beaucoup, Antoine Ellard, depuis Washington.
02:22Retournons en France et on va partir à l'aéroport d'Orly.
02:26Bonsoir, Théo Bassilana.
02:27C'est là que vous vous trouvez.
02:29Vous êtes avec des usagers qui sont déjà impactés par cette décision.
02:33Racontez-nous, est-ce qu'il y a déjà des perturbations sur place ?
02:36Exactement, on est exactement, très exactement au terminal 3 de l'aéroport d'Orly.
02:42Et oui, ici, il y a d'ores et déjà plusieurs annulations de vols.
02:46Regardez peut-être sur cet écran.
02:48Là, il n'y a que deux vols qui sont affichés comme annulés à destination de Marseille et de Nice.
02:52Mais tout au long de l'après-midi, il y a eu d'autres vols qui ont également été annulés.
02:58Vous l'imaginez, ici, plusieurs passagers sont furieux.
03:01Mais en réalité, les compagnies aériennes ne font que respecter une consigne assez alarmante envoyée par Airbus à ses clients.
03:08Je cite, nous demandons d'arrêter immédiatement les vols avec ces appareils.
03:13Conséquence directe, vol annulé, passagers furieux.
03:16On en a rencontré un il y a quelques minutes.
03:18Il s'appelle Karim.
03:19Lui, il ne devait pas partir d'ici, de l'aéroport d'Orly.
03:22Il devait partir de Roissy-Charles-de-Gaulle.
03:24Vol annulé à destination d'Istanbul.
03:27Ils lui ont demandé de venir jusqu'ici à Orly pour un vol qui se fera, écoutez bien, demain matin.
03:32Je vous propose de l'écouter.
03:34En fait, on devait aller à l'aéroport d'Istanbul tout à l'heure à 22h.
03:39Et il y a l'avion qui a été annulé de Air France à cause d'un A320 ou A360.
03:45Je ne sais plus quel avion.
03:46En tout cas, leur Airbus ont été annulé.
03:50Ils ont eu certains problèmes, tout ça.
03:52Ce qui fait qu'on a dû prendre un Bolt de là-bas jusqu'à l'aéroport d'Orly afin de pouvoir prendre un bus,
03:56enfin un avion demain à 7h30.
03:59Et donc là, on va rester à l'aéroport jusqu'à 7h30 du coup à cause de leur erreur.
04:03Mais voilà, pas d'autre choix.
04:05On n'a que ça à faire.
04:06On a dû prendre un deuxième billet du coup.
04:09Il était aussi extrêmement furieux puisque aucune solution lui a été proposée,
04:13notamment pour un remboursement de ses billets.
04:15Il a dû en acheter un autre avec sa mère.
04:17Et l'autre information qu'on peut vous donner, c'est que oui, la grande majorité des appareils,
04:22le changement de logiciel ne prendra que quelques heures.
04:24Mais pour environ 1000 appareils, cela prendra des semaines avec, vous l'imaginez,
04:29des conséquences ici pour les passagers, mais aussi pour les compagnies aériennes.
04:33Merci beaucoup Théo Bassilana.
04:34Et évidemment, on vous retrouvera depuis l'aéroport d'Orly dès que vous aurez du nouveau.
04:39Regardez, c'est le ministre des Transports qui s'est d'ores et déjà exprimé il y a quelques instants.
04:45Regardez, Philippe Tabarro qui écrit ce message.
04:48Pour des raisons de sécurité, une partie des avions de la famille A320 d'Airbus doit recevoir une mise à jour.
04:54Dans l'attente de cette mise à jour, environ 6000 avions vont être mobilisés de manière préventive
04:59dans les prochaines heures ou les prochains jours.
05:02Je vous présente ceux qui sont sur ce plateau.
05:04Pour en parler, Jean Serra, vous êtes l'homme de la situation.
05:07Bonsoir.
05:08Consultant, surtout ne dites rien, vous pourriez me remercier pour ce compliment.
05:12Consultant aéronautique BFM TV.
05:17On est aussi avec Anne de Guignet.
05:18Combien ça va coûter à la France ?
05:20Bonsoir.
05:21Grand reporter au Figaro Économie.
05:24Thierry Arnaud, qui est toujours utile en toutes circonstances,
05:27éditorialiste politique internationale du FM TV.
05:29Bonsoir, Émilie.
05:30Bonsoir, Thierry.
05:31Et puis, Victor Hérault, qui a très peur en avion, journaliste politique à Valeurs Actuelles.
05:35Aurore Malval, qui prend très régulièrement l'avion.
05:37Grand reporter au service politique de Marianne.
05:39Merci d'être avec nous.
05:41Jean Serra, on va aller devant le grand écran pour mieux comprendre ce qui se passe,
05:46si vous le voulez bien, parce que c'est vrai que ça peut sembler...
05:48Que les gens comprennent la différence entre les anciens et les nouveaux avions.
05:52Voilà.
05:53Alors, regardons d'abord à quoi ressemble cet avion, le A320.
05:59Alors, docteur, a priori, il y a un problème à ce niveau-là, au niveau des commandes de pilotage.
06:06Ah non, c'est pas ça du tout.
06:07Non, non, des calculateurs.
06:08Ici, ce qui est en orange.
06:10Ce qu'il faut pour que tout le monde comprenne bien, les avions avant la série Airbus, des avions avec des commandes électriques,
06:19ils avaient des commandes par câble.
06:21C'est simple.
06:22J'étais dans le poste de pilotage, je tirais sur le manche, le câble faisait bouger la gouverne,
06:29et l'avion montait ou descendait.
06:32Maintenant, nous sommes à ce que l'on appelle des commandes électriques.
06:36C'est-à-dire que lorsque je bouge le manche, ça envoie un message électrique,
06:42selon si je vais à droite, à gauche, à droite, là, ça envoie à un calculateur central qui s'appelle le FCC.
06:50Ça, c'est un ordinateur, d'accord ?
06:55Et ensuite, ce FCC, qui est le central, va envoyer des messages correspondant à ce que j'ai fait sur le manche
07:03à trois autres calculateurs.
07:06Un qui va agir sur ça, pour descendre ou monter.
07:11Un qui va agir sur ça, pour tourner à droite, tourner à gauche.
07:15Un autre qui va agir sur les parties qui sont au-dessus de l'aile,
07:18pour qu'une aile perde de la portance et que l'avion commence à pencher et tout ce qui s'ensuit.
07:23Là, nous avons un problème avec le premier calculateur, le FCC, d'accord ?
07:34C'est là-dedans qu'il y a un logiciel, pas l'ensemble du FCC.
07:39Il y aurait un logiciel qui, avec les rayonnements du soleil qui sont particulièrement actifs à haute altitude,
07:51donnerait de fausses informations.
07:53C'est-à-dire qu'à un moment donné, par exemple, il pourrait dire à la gouverne arrière,
07:58faites piquer l'avion.
08:00Là, ce qui s'est passé dans l'incident qu'il y a eu le 30 octobre avec JetBlue,
08:05c'est qu'ils étaient en croisière tranquille et d'un seul coup, l'avion a piqué.
08:11Et dans ce cas-là, le pilote a pu redresser très rapidement ?
08:14Le pilote, qu'est-ce qu'il a fait ?
08:15Il a tout de suite débranché le pilote automatique et il l'a repris à la main
08:19et il a réussi à récupérer l'avion.
08:22Et là, il s'est dit qu'il y a quelque chose qui ne va pas,
08:24donc il s'est dérouté sur l'aéroport de Tampa.
08:27Et ils ont mis du temps à comprendre que ça venait de là ?
08:30Eux, ils n'ont pas compris.
08:31Eux, ils étaient là, ils étaient pour réagir.
08:33Je mets à gauche, il va bien à gauche.
08:36Je mets à droite, il va bien à droite.
08:37J'arrive à le piloter.
08:38Bon, on va se poser sur le premier aéroport venu, c'est-à-dire celui de Tampa.
08:43Ils se sont posés là-bas.
08:44Ensuite, ils ont même redécollé.
08:47Ils sont allés jusqu'à Newark.
08:48Mais ensuite, il a fallu tout de suite immobiliser l'avion.
08:52Et qu'est-ce qui s'est passé ?
08:53Comment ça se fait que d'un seul coup, l'avion a décidé de piquer ?
08:56Et là, il y a eu des analyses de fait entre l'AFA, c'est-à-dire l'Autorité suprême américaine de l'aviation,
09:06de l'autre côté, la DGAC, l'Autorité suprême de l'aviation en France, Airbus.
09:11Ils ont analysé, Airbus a analysé et a dit qu'il y a un problème sur un petit logiciel
09:19qui se trouve à l'intérieur de cet ordinateur FCC.
09:23Pardon, Jean Serra, mais c'est quand même très inquiétant.
09:25On parle d'un petit logiciel.
09:27Néanmoins, quand vous nous expliquez à quoi servent ces calculateurs, c'est quand même très important.
09:33C'est ce qui permet à l'avion de voler en clair.
09:35Exactement. C'est pour ça que là, ils ont repéré cette chose-là à temps et ils ont dit
09:41il faut qu'on arrête tous les avions et qu'on change immédiatement ce logiciel
09:47pour mettre un autre à la place qui, lui, va résister à ces rayonnements,
09:52ne sera pas troublé par ces rayonnements.
09:55Parce qu'en fait, c'est quoi un logiciel ?
09:57C'est quelque chose qui envoie des données informatiques
10:00et en fonction de ce qu'il y a à côté qui peut le perturber,
10:04il peut envoyer de fausses informations.
10:06C'est exactement ce qui s'est passé là.
10:08Donc malheureusement, Airbus, la Direction Générale de l'Aviation Civile
10:14et également la FAA américaine ont dit
10:17on cloue tous les avions qui sont équipés avec ce logiciel,
10:23c'est-à-dire tous les Airbus 320.
10:26Dans ces Airbus 320, il y en a à peu près la moitié,
10:29d'après ce que j'ai compris, qui sont équipés par ce logiciel-là.
10:32D'autres ont d'autres logiciels qui ont mieux résisté.
10:36Mais en attendant, il va falloir changer ces logiciels.
10:40C'est ce qui a été imposé par Airbus en disant
10:42on doit vous changer ces logiciels.
10:44Si c'est que cette petite partie, ça se fera très rapidement.
10:48Si c'est le FCC complet, c'est-à-dire l'ordinateur complet
10:51qui envoie aux trois autres les commandes,
10:54là, ça prendra du temps et ça aura un impact financier qui sera...
10:58Ah oui, donc ça peut prendre plusieurs jours, plusieurs semaines de changer de logiciel.
11:02Mais alors vous, si on comprend bien, vous ne pilotiez pas avec ce logiciel ?
11:06Non.
11:06Quand vous le pilotiez ?
11:07Est-ce que vous ne dites pas justement que c'était mieux à l'ancienne ?
11:12Non mais pardon...
11:13Je vais être honnête.
11:14Oui, dites-moi.
11:15Ah ben c'est très rassurant.
11:17Vous dites qu'en fait, finalement, c'était mieux avant de pouvoir manœuvrer directement avec le manche.
11:23Ces logiciels ont amené des choses positives.
11:28Par exemple, ce FCC dont on parle, on va prendre un cas exceptionnel.
11:34Un pilote est dans le poste, il a le manche qui est devant lui,
11:37il a une crise cardiaque et il tombe sur le manche.
11:40Le manche est poussé vers l'avant.
11:41L'avion va piquer.
11:44Le logiciel, lui, s'il voit une commande comme ça, qui sort de l'ordinaire,
11:50il va annuler cette commande et il va contrôler.
11:53Ça a un effet positif.
11:55Mais comme toutes les solutions, que ce soit de l'aéronautique ou ailleurs,
12:00lorsque vous créez une solution, en même temps vous créez un problème.
12:05Rappelez-vous, les deux tours jumelles,
12:09les gars qui ont percuté les deux tours jumelles,
12:10les Américains ont imposé au monde entier que l'on fasse un blindage complet
12:16de la porte du poste de pilotage.
12:19Qu'est-ce qu'on a eu quelques années après ?
12:21Un Allemand, Hans Lubitz, qui a décidé de se tuer.
12:25Le commande-bord était au toilette derrière, il s'est enfermé et il a piqué.
12:29On entend le commande-bord essayer de défoncer la porte, ils n'y sont jamais arrivés.
12:33On a résolu un problème, on en a créé un autre.
12:35Oui, donc pour vous, ça ne résout pas tout.
12:38On va retourner en plateau pour faire réagir les autres.
12:40Merci beaucoup pour ces explications.
12:42Évidemment, on a plein d'autres questions.
12:44En tout cas, c'est un peu inquiétant quand même quand vous nous dites que c'était un petit peu mieux avant.
12:51Alors, Thierry Arnaud, c'est vrai qu'on est un peu tombé de notre chaise
12:53quand on a vu cette information.
12:54parce que ça concerne presque la moitié des avions A320 dans le monde.
12:58La moitié des A320, c'est l'avion le plus vendu du monde.
13:01Je pense tous ici autour de cette table, on a déjà volé plein de fois à bord de A320
13:06parce que c'est l'avion de référence pour les moyens, les cours courriers.
13:11Il y en a donc 6 000, il y en a des centaines aux Etats-Unis.
13:15Air France en exploite entre 150 et 200.
13:17C'est un avion qui est très largement exploité aussi par les compagnies low cost.
13:21Mais j'avais une question complémentaire après l'explication, si je puis me permettre, Jean.
13:25Parce que vous dites qu'il y a des faillances, l'avion plonge
13:28et les pilotes reprennent le contrôle manuellement.
13:31Est-ce que du coup, cette panne de logiciel n'impactait pas les commandes manuelles ?
13:37C'est-à-dire qu'à partir du moment où on débranchait le pilote automatique,
13:41on était en sûreté ou est-ce que le logiciel aurait pu aussi planter éventuellement le pilotage manuel ?
13:49Et on part en pilotage manuel, ça veut dire que j'ai enlevé le pilote automatique.
13:54Mais je reste toujours connecté au logiciel.
13:59Par contre, je lui donne une autre information.
14:02Et là, ils ont heureusement pour eux réussi à récupérer l'avion.
14:06Et ensuite, en descendant, en allant vers l'aéroport,
14:09ils ont pu retrouver des commandes tout à fait logiques.
14:12Ils ont eu un cas exceptionnel.
14:13D'un seul coup, l'avion s'est mis à piquer.
14:16Ils ont déclenché tout le système.
14:18Ils l'ont repris à la main.
14:20Et heureusement pour eux, à partir de là, tout est revenu à peu près dans l'ordre.
14:25Mais la défaillance logicielle aurait pu planter le pilotage manuel,
14:28si je puis-je aussi.
14:29Le logiciel aurait continué à défailler,
14:32à avoir des fautes majeures sur la manière de piloter l'avion.
14:39À la limite, ils auraient très bien pu ne plus contrôler l'avion du tout.
14:43Contrairement à ce qu'on a entendu tout à l'heure,
14:45l'avion n'a pas décroché.
14:46C'est l'avion, d'un seul coup,
14:48c'est comme si j'avais mis à fond à piquer l'avion.
14:50Il s'est mis à piquer.
14:52J'ai une deuxième heure qu'il n'y avait aucune commande.
14:54– J'ai une autre question, si vous me permettez.
14:58L'incident a lieu le 30 octobre.
15:00Il est très grave.
15:01Il y a des blessés.
15:02Il y a des gens qui ont séjourné à l'hôpital.
15:05Plusieurs passagers.
15:06Antoine Lard de Washington nous donnait un exemple tout à l'heure.
15:10Est-ce que c'est normal qu'on mette,
15:12on est le 28 novembre,
15:13qu'on mette un mois pour identifier un problème aussi grave,
15:17alors qu'il y a des milliers d'appareils de ce type,
15:19avec ce logiciel, ils vont continuer à voler ?
15:22– Je suis d'accord avec vous.
15:25C'est vrai que c'est très long.
15:27Mais le temps que l'information arrive,
15:30qu'elle passe par la F1,
15:33avec tout le système administratif que l'on connaît,
15:36de là, on prévient Airbus,
15:38de là, Airbus, oui, mais attendez,
15:41on voudrait aller voir sur place qu'ils fassent leur enquête
15:43et tout ce qui s'ensuit, le temps s'écoule.
15:48– Oui, mais c'est quand même risqué de continuer à voler.
15:50– Il n'y a pas de réactivité ?
15:52– Vous considérez qu'Airbus a réagi suffisamment rapidement ?
15:55– Est-ce que vous pensez que le salon international de Dubaï,
15:59justement, qui vient de se terminer vendredi,
16:01ça a pu retarder cette annonce ?
16:03Ça n'aurait pas été du meilleur effet ?
16:05– De Dubaï ?
16:06– Le salon aéronautique.
16:08– Ah oui, d'accord, oui.
16:10Je ne pense pas que ça ait eu un impact là-dessus,
16:13parce que vraiment, l'enquête a dû partir
16:16depuis le moment où l'avion s'est arrêté à Newark.
16:19Ils ont dit, bon, on cloue l'avion au sol,
16:21qu'est-ce qui s'est passé ?
16:22Comment ça se fait ?
16:23Attendez, on ne comprend pas là.
16:25Ils ont commencé à regarder tout ça,
16:26ils ont commencé à prévenir la FAA,
16:28à prévenir Airbus, on a eu ça, ça et ça.
16:30Le temps que Airbus envoie des techniciens sur place,
16:34on regarde, et puis à un moment donné,
16:37je comprends que ça doit être assez délicat
16:38de trouver la faille qu'il y a là-dedans.
16:41Et puis finalement, ils l'ont trouvé,
16:43et là quand même, ils sont arrivés à,
16:45j'imagine que pour une entreprise comme Airbus,
16:48de dire à 6 000 propriétaires d'avions,
16:53enfin à 6 000 avions, vous les clouez au sol,
16:56ça ne doit pas être facile.
16:58Mais la sécurité, c'est l'acte primordial
17:02de l'aéronautique, du transport.
17:04On va poser la question à Michel Polacco
17:06qui nous a rejoint.
17:08Bonsoir.
17:09Vous êtes journaliste et aviateur,
17:11spécialiste des questions de défense.
17:13Vous avez appris cette information, tout comme nous.
17:16Qu'est-ce que vous dites sur ces radiations solaires
17:19qui seraient à l'origine du problème ?
17:20Comment est-ce que ça peut être possible ?
17:23Alors je crois que d'abord, il faut dédramatiser
17:25ce qui s'est passé, car en fait,
17:28il y a eu pendant 3 secondes un piqué de l'avion
17:30qui a été rattrapé directement par le pilote automatique.
17:33Cela dit, il y a eu quelques blessés.
17:35La chose a été analysée très rapidement.
17:37Les informations sont parvenues très rapidement
17:40à l'Agence européenne de sécurité aérienne,
17:43au National Transported Safety Board,
17:46qui est l'agence, le BEA américain,
17:48le BEA français et Airbus.
17:51Et ils ont mis un petit bout de temps à comprendre
17:52parce qu'en fait, depuis 1988
17:55et qu'il y a 12 500 Airbus 320 en vol,
17:58ça ne s'était jamais produit
18:00parce que toutes les commandes de vol
18:02de ces avions à commande de vol électrique
18:05sont extrêmement protégées.
18:06On appelle ça durcies
18:08et elles sont protégées contre l'induction électromagnétique
18:11et évidemment contre les phénomènes
18:13de rayonnement solaire.
18:15Il se trouve que nous traversons en ce moment
18:16une période de rayonnement solaire
18:19qui est particulièrement intense
18:21et que ce vol, ce vol du 30 octobre,
18:25est le seul vol sur tous les vols
18:27qui ont été effectués par des Airbus
18:29depuis 1988 qui a été impacté.
18:32Il a donc fallu comprendre ça
18:34dès que ça a été compris,
18:36c'est-à-dire dès qu'on a compris
18:37que le rayonnement solaire avait été
18:39beaucoup plus intense que prévu,
18:41que des neutrons et des particules
18:43avaient réussi à pénétrer
18:44à l'intérieur de la petite boîte
18:46qui s'appelle un élac
18:47et que ça avait corrompu quelques données,
18:50c'est ça qui a provoqué
18:51cette mise en piquet brutale,
18:54très brutale de l'avion,
18:55mais qui a été très courte
18:57et qui n'aurait pas pu avoir
18:58de graves conséquences.
19:00Néanmoins, Airbus a estimé
19:01que ça aurait pu avoir des conséquences
19:02sur la structure de l'avion
19:04et donc c'est pour ça qu'ils ont décidé
19:06d'arrêter tous les avions
19:08qui sont concernés
19:09et de remplacer le logiciel
19:11de manière à ce qu'il soit durci
19:13envers des rayonnements cosmiques
19:15plus élevés encore
19:17que les rayonnements standards
19:19qui sont pris en compte.
19:21Ces rayonnements cosmiques,
19:23on a l'habitude malheureusement
19:24dans l'espace par exemple,
19:26de les subir régulièrement.
19:29On demande à des astronautes,
19:31des cosmonautes
19:32de se mettre à l'abri
19:34parce que dans certaines périodes,
19:36il y a des rayonnements solaires
19:39qui sont extrêmement violents
19:41et qui peuvent avoir
19:41de l'influence sur leur santé.
19:44Il se trouve que dans les avions,
19:45ça n'arrive jamais.
19:46La preuve, c'est que ça ne s'est jamais produit.
19:48C'était la première fois
19:50et donc il a fallu le comprendre.
19:52Maintenant, c'est une mesure de sécurité
19:53qui a été prise à titre préventif,
19:56une mesure de sécurité
19:57qui est très, très importante
20:00par rapport à la gravité et au risque.
20:02Des avions ont volé depuis un mois
20:04et il ne s'est rien passé
20:05et des avions volent depuis 35 ans
20:08et il ne se passe rien.
20:09Mais c'est la sécurité qui passe
20:11et qui prime d'abord.
20:13Donc on a décidé
20:14qu'on allait changer ce logiciel.
20:16Il va être téléchargé
20:17sur à peu près 4 000 et 6 000 avions
20:19dans les 24 heures qui viennent.
20:21Il sera ensuite installé
20:23pour les avions
20:24pour lesquels on ne peut pas
20:25le télécharger.
20:27Il va être installé
20:29directement dans les avions
20:30par les personnels au sol
20:31des compagnies aériennes.
20:33Et puis pour quelques-uns
20:34des avions
20:35sur lesquels il faut changer la boîte,
20:37il va falloir attendre
20:38que Thalès produise
20:39cette petite boîte
20:40qui s'appelle un Elac version 103
20:43qui est un ancien modèle
20:44de manière à le remplacer
20:45sur quelques avions.
20:47Mais il ne faut pas dramatiser
20:48cette affaire.
20:49Au contraire,
20:49elle a été véritablement prise en amont
20:51et pas en aval.
20:53Et ce qui s'est produit,
20:54c'était quelque chose
20:55de totalement exceptionnel
20:57et qui ne se serait
20:58peut-être pas
20:59à nouveau produit.
21:01On ne le sait pas.
21:01Mais Michel Polaco,
21:03pourquoi est-ce que vous dites
21:03que ce n'est pas grave finalement
21:05le piqué dont on a parlé ?
21:06On parlait de ce piqué brutal
21:08qui a eu lieu sur cet avion
21:09de la compagnie JetBlue
21:10il y a un mois.
21:12Pourquoi est-ce que vous dites
21:12que de toute façon
21:13ça n'aurait pas eu
21:14de graves conséquences ?
21:15L'avion n'aurait pas pu s'écraser ?
21:17Vous savez,
21:18quand un avion traverse
21:19des turbulences violentes,
21:21il a aussi des efforts
21:23sur sa structure
21:24et on n'a jamais vu
21:25un avion se casser en vol.
21:26Depuis l'ère des jets,
21:28depuis 1958,
21:29on n'a jamais vu
21:30un avion se casser en vol.
21:31Mais enfin,
21:32on ne sait jamais
21:33et à titre préventif,
21:35Airbus a estimé
21:35qu'à partir du moment
21:36où on ne comprenait pas
21:38ce phénomène
21:38et qu'on ne l'avait surtout
21:39pas prévu ni anticipé,
21:41il était mieux d'arrêter
21:42tous les avions concernés
21:44et de remplacer ces logiciels
21:46le plus rapidement possible.
21:47Enfin, n'oubliez pas
21:48que malheureusement
21:49des blessés dans les avions
21:51chaque fois qu'il y a
21:52des turbulences
21:52et qu'il y a des gens
21:53qui sont peu mal attachés
21:55ou pas attachés,
21:56ce qui est souvent le cas
21:56des personnels de bord,
21:58ça fait aussi des blessés.
22:00Mais c'est ce que disait
22:00Thierry Arnaud
22:01et c'est là-dessus
22:02qu'il voulait insister.
22:03C'est vrai qu'il y a eu
22:04un mois de délai
22:05entre le moment
22:06où il y a eu
22:07cet incident en vol
22:09et le moment
22:09où ce soir,
22:11Airbus annonce
22:12que tous les avions
22:14doivent rester au sol,
22:15les A320.
22:16Oui, un mois,
22:18mais si vous voulez,
22:19je dirais que c'est un mois
22:20qui a été utilisé intelligemment.
22:23On aurait très bien pu
22:24laisser cette affaire.
22:24Vous savez, moi,
22:25je suis les incidents
22:26qui se produisent
22:27dans le ciel
22:28tous les jours.
22:29On aurait très bien pu
22:30laisser cette affaire courir
22:31et attendre de voir
22:32si ça se reproduisait
22:33une fois, deux fois,
22:34trois fois,
22:35comme ça s'est produit
22:36pour d'autres affaires.
22:37Vous ne rassurez personne
22:39sur ce plateau,
22:40Michel Polacco.
22:41Pardon ?
22:42Vous ne rassurez personne
22:43sur ce plateau.
22:45Je suis désolé
22:45de ne pas vous rassurer.
22:46Je vous dis simplement
22:47que des incidents,
22:48il y en a régulièrement,
22:50que ce sont des incidents
22:51qui sont totalement inconnus
22:52des passagers,
22:53que les pilotes
22:54font des comptes rendus,
22:55que ces comptes rendus
22:56sont rassemblés,
22:57analysés,
22:58et que la plupart du temps,
22:59ça débouche sur rien du tout
23:00ou sur très peu de choses.
23:02Il se trouve que là,
23:03Airbus a estimé
23:04que c'était quelque chose
23:05qui aurait pu avoir
23:06des conséquences
23:07sur la structure de l'avion.
23:09Donc, ils ont décidé
23:10d'arrêter tous les avions
23:11et de remplacer les logiciels.
23:13Il a fallu un mois
23:14pour comprendre le processus
23:15et pour imaginer la solution.
23:17Mais il y a des cas
23:18où il faut plus qu'un mois.
23:20Souvenez-vous des affaires
23:21des sondes de pitot
23:22sur l'Airbus de Rio-Paris.
23:25Il a fallu beaucoup plus longtemps
23:27que ça,
23:27puisqu'il y a eu des incidents
23:28pendant cinq ans
23:29avant que,
23:30suite à une catastrophe,
23:32on décide de prendre des mesures
23:33concernant notamment
23:35la formation des équipages.
23:36Aurore Malval.
23:39Je vous sens particulièrement inquiète
23:40par cette affaire, quand même.
23:42Non, non, je pense que
23:45comme beaucoup de personnes,
23:46l'avion a quelque chose
23:47de mystérieux
23:48et qu'on ne se sent jamais
23:50totalement en sécurité,
23:52d'autant plus, je dirais,
23:53plus on apprend des choses
23:54d'ailleurs sur les techniques de vol.
23:56Mais non, justement,
23:57en vous entendant,
23:58M. Polacco,
23:58je me suis posé une question.
23:59Vous dites que
24:00le rayonnement solaire
24:01a été particulièrement intense,
24:03encore dans une période
24:04justement où ce rayonnement solaire
24:05est particulièrement intense,
24:07au point qu'il a pu atteindre
24:08ce petit boîtier.
24:10Est-ce que vous pensez
24:10justement que ça va changer
24:11des choses ?
24:12Est-ce que ça peut atteindre
24:12justement d'autres éléments ?
24:14Est-ce que les avionneurs,
24:16d'ailleurs que ce soit
24:17Airbus ou Boeing,
24:18vont passer en revue
24:20d'autres pièces
24:21ou d'autres éléments
24:22de construction de l'avion
24:23qui vont peut-être aussi
24:26être atteints
24:27par ces périodes
24:29de rayonnement solaire
24:30très intenses ?
24:31Alors, écoutez,
24:32les avions à commande
24:33de vol électrique
24:34de type Airbus,
24:35Boeing 777,
24:37787,
24:38etc.,
24:39ont été conçus
24:41en prenant en compte
24:42les phénomènes
24:42d'induction électromagnétique,
24:44c'est-à-dire les radars,
24:46les ondes radio,
24:47etc.,
24:47et évidemment
24:48les rayonnements solaires.
24:49On a défini des standards.
24:51Il se trouve que
24:52le standard sur les rayonnements solaires
24:54est un standard
24:55qui est donc appliqué
24:55dans tous les pays du monde
24:57par tous les constructeurs
24:58d'avions dans le monde.
24:59et il se trouve qu'une fois,
25:01cette fois-ci,
25:02le 30 octobre,
25:03eh bien,
25:04des rayonnements solaires
25:05ont dépassé largement
25:06le standard
25:07qui avait été envisagé.
25:09Ça veut simplement dire
25:10que nous allons faire évoluer
25:11ce standard
25:12puisque maintenant,
25:13on a appris
25:14que des rayonnements solaires
25:15pouvaient corrompre
25:16des données
25:17dans un calculateur
25:18alors que ce calculateur
25:20est très protégé.
25:21Voilà.
25:22Mais encore une fois,
25:23il faut rester mesuré.
25:25Cet avion ne s'est pas cassé.
25:27Il n'y a pas eu
25:29de perte de contrôle
25:30de cet avion.
25:31Il y a eu trois secondes
25:32pendant lesquelles
25:33l'avion s'est mis en piquet.
25:35Merci beaucoup,
25:36Michel Polacco,
25:37d'avoir été avec nous.
25:39Vous vouliez réagir,
25:39Anne de Guignet.
25:40Ça va coûter cher,
25:41ça,
25:41parce qu'il risque
25:44d'y avoir beaucoup d'annulations.
25:45On disait,
25:456 000 avions
25:46qui sont cloués au sol,
25:47c'est pas rien.
25:48Non, c'est pas rien.
25:49À court terme,
25:49il va y avoir
25:49un jeu d'assurance,
25:50évidemment.
25:51Et puis surtout,
25:52à moyen terme,
25:53c'est quand même
25:54très dur pour Airbus
25:55qui allait bien.
25:57Il y avait beaucoup
25:57de commandes chez Airbus,
25:598 000 avions à livrer.
26:00Et vous savez,
26:01il y a cette longue lutte
26:02entre Airbus et Boeing.
26:04Et ce qui est compliqué
26:05en ce moment pour Airbus,
26:06c'est que Boeing,
26:07après,
26:07on a suivi
26:08toutes les difficultés
26:09de Boeing,
26:10les crashs.
26:11Donald Trump
26:12est complètement derrière Boeing.
26:14Donald Trump
26:14est en train de négocier,
26:16n'arrête pas de négocier
26:16ses tarifs douaniers
26:17dans toute la planète.
26:19Et lui,
26:19c'est un homme de commerce.
26:20Donc il négocie
26:21les tarifs avec les États
26:22et il dit,
26:23et au passage,
26:24je vous fais un petit rabais
26:24si vous me prenez 20 Boeing.
26:26Donc il aide énormément
26:27Boeing en ce moment
26:28à accélérer ses commandes.
26:30Et c'était déjà
26:30une difficulté pour Airbus.
26:32Donc là,
26:32c'est compliqué le jour même
26:34de comprendre
26:34vraiment commercialement
26:35quels seront les effets
26:36pour Airbus.
26:37Mais évidemment,
26:38pour la fin de l'année
26:40et pour l'année prochaine,
26:40ce sera plus difficile.
26:41Et derrière,
26:42l'État français
26:43est actionnaire d'Airbus.
26:45Vous savez,
26:46Airbus,
26:46c'est vraiment
26:46une des rares
26:47belles réussites
26:48industrielles européennes.
26:49Vous avez l'État français,
26:51l'État allemand,
26:51l'État espagnol
26:52qui sont actionnaires.
26:53Donc c'était vraiment
26:54un creusot
26:55de tous nos savoir-faire.
26:57Et dans ce moment,
26:58c'est pareil,
26:59symboliquement,
26:59où l'Europe patauge un peu
27:01entre les États-Unis
27:02et la Chine,
27:03voire une de nos pépites
27:05qui, évidemment,
27:06on a bien compris,
27:07c'était la sécurité avant tout.
27:08Mais évidemment,
27:08c'est très mauvais
27:10en termes d'image.
27:11Difficile à chiffrer
27:12encore aujourd'hui,
27:12honnêtement.
27:13Aujourd'hui,
27:13Airbus a des bons résultats.
27:14Les derniers résultats,
27:15c'était plus de 1 milliard d'euros,
27:17résultats trimestriels.
27:18C'est une boîte solide
27:20qui a des bons résultats.
27:21Ce ne sera pas de ce niveau-là.
27:22Ça va faire du mal à Airbus.
27:24Vous êtes d'accord avec ça ?
27:25C'est vrai que,
27:25j'en sais rien,
27:26on le rappelle,
27:26c'est l'avion
27:27le plus vendu au monde,
27:29le A320.
27:31Tout à fait.
27:31Vous savez,
27:32tous ces éléments
27:32ont toujours un impact
27:34sur celui qui fabrique.
27:36Si on prend le 737 MAX,
27:39ça a eu un impact
27:39absolument colossal
27:41sur la possibilité
27:43de Boeing
27:44de vendre ses avions.
27:46Et il est clair
27:46que ce problème
27:49que nous venons de découvrir
27:50sur un avion
27:52qui est leader
27:53d'une marque,
27:55c'est-à-dire l'Airbus 320,
27:57qui est vraiment
27:57le leader
27:58de la marque Airbus,
28:01d'être obligé
28:02de bloquer
28:03tous les avions au sol,
28:05c'est lourd financièrement.
28:08On est d'accord,
28:10on n'est pas sur la même échelle
28:12que ce qui s'est passé
28:13chez Boeing,
28:13où d'abord,
28:14il y a eu des crashes,
28:15ensuite,
28:15on a découvert
28:16que Boeing avait triché
28:17sur la certification
28:18de l'avion,
28:19sur les équipements
28:21qu'il y avait
28:21à l'intérieur de l'avion.
28:22Les conséquences industrielles
28:23ont été absolument dramatiques,
28:25mais les causes
28:26étaient beaucoup plus graves.
28:27Là, il y a...
28:27C'est exactement
28:28ce que je veux dire,
28:30c'est que Airbus,
28:31là,
28:32pour ceux qui nous écoutent,
28:34le côté très positif,
28:36c'est qu'un incident,
28:39un seul,
28:40et là,
28:41ils ont réagi.
28:42Mais c'est gage de prudence.
28:43Quitte à se dire,
28:45oui, on va perdre des sous,
28:46mais non,
28:47on ne peut pas se permettre
28:47de jouer avec ça.
28:49Ce n'est pas ce qui s'est passé
28:50avec le 737 MAX,
28:52on est bien d'accord.
28:53Là,
28:53ils ont une réaction
28:54qui est,
28:55non, non,
28:55mais il faut qu'on garantisse
28:57la sécurité absolue.
28:59C'est le premier critère économique
29:02d'un fabricant d'avions.
29:04Ils ont très bien réagi.
29:05Garantir la sécurité,
29:06est-ce que ce n'est pas
29:07arrêter les vols
29:08à partir du moment
29:09où il y a cet incident
29:10dans les airs ?
29:12Il faut arrêter les vols.
29:15Lorsqu'on a un incident
29:17comme celui-là,
29:18que l'on a du mal à analyser,
29:20ça a pris du temps.
29:22Là,
29:22ils ont trouvé une cause
29:24de cet incident
29:26quand même important.
29:28Ils ont dit,
29:29hé,
29:29on ne va pas plus loin.
29:30on va tous changer,
29:33quelle que soit
29:34la compagnie aérienne,
29:35sur tous les A320 du monde,
29:37on va changer ce logiciel
29:38et ensuite,
29:39on repart.
29:40J'ai une petite question,
29:42pardonnez-moi,
29:42peut-être un peu triviale,
29:43mais c'est embêtant
29:44pour ceux dont le vol
29:45a été annulé,
29:46mais c'est un mal pour un bien,
29:46on imagine.
29:47Je me mets à la place
29:48du type qui actuellement,
29:49il y en a peut-être,
29:50sont ou est dans un A320.
29:52Est-ce qu'il y a des A320
29:53qui sont actuellement en vol
29:54et quelle est la procédure
29:54dans ces cas-là ?
29:55Est-ce qu'il doit se poser
29:56le plus tôt possible ?
29:57Est-ce qu'il finit son trajet
29:58normalement et il ne redécolle pas
29:58ensuite ?
29:59Alors, d'après les informations
30:00que j'ai,
30:01les A320 ont été bloqués
30:04en milieu de journée
30:05dans le monde entier.
30:07D'accord.
30:07Aucun de l'A320 ne vole actuellement ?
30:08Normalement,
30:09il n'y a pas d'A320
30:10qui vole en ce moment.
30:12Est-ce qu'on sait
30:12quelles sont les compagnies
30:13qui sont les plus impactées ?
30:16L'une des compagnies
30:17que l'on connaît bien
30:18s'appelle Air France.
30:20Je pense que pour les low-cost,
30:23ça va être encore plus impactant
30:24parce qu'ils en ont moins
30:25et qu'on sait qu'ils font
30:26justement des rotations
30:27en permanence,
30:28c'est-à-dire qu'un avion
30:29qui se pose,
30:30qui fait par exemple
30:31Milan-Paris,
30:33fait ensuite Paris-Milan
30:34et Milan-Paris
30:35toute la journée.
30:35Donc, ils n'ont pas d'avion
30:36de rechange.
30:37Donc, c'est vrai que
30:38sur le plan de vol,
30:39ce sera vraisemblablement
30:40les compagnies low-cost
30:41qui ont aussi,
30:42pour certaines,
30:42les françaises,
30:43même anglaises et espagnoles
30:45et qui volent avec beaucoup
30:46d'A320.
30:46Vous avez raison de dire cela
30:47parce que la capacité
30:49d'une compagnie de la taille
30:51par exemple d'Air France,
30:52c'est que,
30:53ah, j'ai un avion
30:55qui est bloqué,
30:56bon,
30:56j'en ai deux là
30:57qui ne servent à rien
30:58en ce moment,
30:59je vais pouvoir le remplacer.
31:00Je crois qu'il y a
31:0135 vols annulés.
31:02Je vais pouvoir le remplacer.
31:04Donc, l'impact sera
31:06nettement moins important
31:07que par exemple
31:08sur une compagnie
31:09qui a 5 avions
31:12et tous des A320.
31:14Je crois qu'il y a
31:14essentiellement des A320
31:16et des A321
31:17pour ces vols.
31:17Et on reviendra
31:19un peu plus tard
31:20sur cette information.
31:21Je vous laisse rejoindre
31:21les coulisses,
31:22Jean Serra,
31:23mais on vous retrouvera
31:23tout à l'heure
31:24avec grand plaisir
31:24pour continuer
31:25d'analyser cette situation.
31:27Merci.
31:28Merci.
31:29Merci.
31:30Merci.
31:31Merci.
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations