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  • il y a 7 heures
Chaque week-end, Emilie Broussouloux vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Choc, c'est 6000 avions A320 d'Airbus qui doivent arrêter immédiatement de voler.
00:06L'information est tombée ce soir.
00:08La faute à un logiciel de commande qu'il faut remplacer de façon urgente.
00:11Alors vous allez vous demander qui ça concerne.
00:13Et bien la moitié des avions A320 dans le monde.
00:17C'est une information majeure et on va revenir dessus avec vous Antoine Ellard.
00:21Vous êtes notre correspondant à Washington.
00:24Alors on se demande pourquoi une telle décision a été prise.
00:26Et bien cette décision fait suite à un incident qui a eu lieu en plein vol entre le vol Mexique et les Etats-Unis.
00:33C'était il y a un mois Antoine, c'est bien ça ?
00:38Oui exactement, c'était le 30 octobre dernier.
00:42Un vol de la compagnie JetBlue entre Cancun au Mexique et Newark dans le New Jersey.
00:47On est environ 45 minutes après le décollage.
00:49A ce moment-là, l'avion, un A320, est au-dessus de la mer, au-dessus du golfe du Mexique.
00:54Lorsque, brusquement, il décroche, il perd de l'altitude.
00:57Une sorte de chute libre de 30 mètres qui va durer de très longues secondes.
01:02Une passagère raconte qu'elle a vu une hôtesse être projetée en l'air avec son chariot à boisson.
01:07Cette passagère, alors même qu'elle avait bouclé sa ceinture à décoller de son siège,
01:11elle s'est cognée la tête au coffre à bagages au-dessus d'elle.
01:13Alors heureusement, les pilotes ont pu reprendre le contrôle de l'appareil.
01:16Ils se sont alors déroutés vers l'aéroport le plus proche, celui de Tampa, en Floride.
01:21Là, ils ont plus débarqué les passagers et membres d'équipage qui étaient blessés.
01:2515 à 20 blessés au total.
01:27Et puis, l'avion a repris sa route vers sa destination finale.
01:31Et une fois arrivé à New York, à côté de New York donc,
01:34eh bien, cet avion a été cloué au sol pour une inspection poussée.
01:38En fait, comme à chaque fois qu'il y a un incident de ce type,
01:40la FAA, l'Agence fédérale de l'aviation, a ouvert une enquête.
01:43Et c'est au cours de cette enquête qu'on s'est rendu compte qu'il y avait un problème sur ce logiciel de commande.
01:48Un problème qui a donc provoqué cette chute brutale d'altitude en plein vol.
01:54Merci beaucoup Antoine Ellard en direct de Washington.
01:58On va aussi partir à l'aéroport d'Orly puisqu'on l'a appris ce soir.
02:03Il y a déjà des vols qui sont perturbés.
02:0535 vols annulés, c'est ce que Air France annonce.
02:09Théo Bassilana, bonsoir.
02:11Vous êtes sur place à l'aéroport d'Orly.
02:15Racontez-nous, est-ce qu'il y a déjà des voyageurs qui sont donc impactés ?
02:21Oui, nous sommes très précisément au Terminal 3 de l'aéroport d'Orly.
02:25Et dans la soirée, plusieurs vols ont été annulés,
02:27notamment à destination de Marseille, Ajaccio ou encore Nice.
02:31On voulait vous emmener au niveau de cet écran.
02:33On va le faire ensemble.
02:33Regardez au niveau des départs.
02:35Je vous parlais du vol à destination de Nice.
02:37Regardez sur cet écran.
02:39On vous montre en direct.
02:40Il est bel et bien annulé.
02:41Et lorsque l'on clique dessus, il s'agissait bel et bien d'un Airbus A320.
02:46Vous l'imaginez, on a rencontré des passagers furieux.
02:48Mais en réalité, les compagnies aériennes n'ont fait que respecter une consigne envoyée par Airbus à ses clients.
02:55Une consigne alarmante.
02:56Je cite.
02:57Nous demandons d'arrêter immédiatement tous les vols avec ces appareils.
03:03Un des passagers, je vous l'ai dit, un petit peu furieux.
03:06On en a rencontré un, Karim.
03:08Vous allez le voir.
03:08Il va passer une nuit très longue ici au sein de l'aéroport d'Orly.
03:11Écoutez-le.
03:12On devait aller à l'aéroport d'Istanbul tout à l'heure à 22h.
03:17Et il y a l'avion qui a été annulé de Air France à cause d'un A320 ou A360.
03:24Je ne sais plus quel avion.
03:25Ils ont dit, en tout cas, leur Airbus ont été annulés.
03:28Ils ont eu certains problèmes, tout ça.
03:30Ce qui fait qu'on a dû prendre un Bolt de là-bas jusqu'à l'aéroport d'Orly afin de pouvoir prendre un bus,
03:35enfin un avion demain à 7h30.
03:36Et donc là, on va rester à l'aéroport jusqu'à 7h30 à cause de leur erreur.
03:41Mais voilà, pas d'autre choix.
03:43On n'a que ça à faire.
03:44On a dû prendre un deuxième billet du coup.
03:46Il faut savoir que sur la plupart des appareils, le changement de logiciel ne prendra que quelques heures.
03:51Mais on l'a appris sur environ 1000 appareils.
03:53Cela prendra des semaines avec, vous l'imagine, des conséquences directes.
03:57Au mieux, des retards de vol, voire même des annulations.
04:00Merci beaucoup pour toutes ces explications, Théo.
04:03Bacilana, qui m'a rejoint sur ce plateau.
04:08Alors, je regarde juste, pardon.
04:10On est toujours avec Aurore Malval, Thierry Arnaud et puis Jean Serra nous a rejoint.
04:15Bonsoir, merci d'être avec nous.
04:17Consultant aéronautique BFM TV, on le rappelle, vous avez été commandant de bord.
04:22Est-ce que ça vous dirait de vous lever avec moi ?
04:23Pour qu'on puisse expliquer exactement pourquoi est-ce que ces avions sont cloués au sol.
04:27C'est vrai que ça peut paraître complètement fou, on l'a dit.
04:32Il y a 6000 avions actuellement qui ont interdiction de voler.
04:37Et alors, on aimerait bien comprendre pourquoi précisément.
04:40Parce que ce problème, il vient de ces calculateurs.
04:43C'est bien ça ?
04:44Tout à fait.
04:45C'est-à-dire que là, on est avec des avions qui ont ce qu'on appelle des commandes électriques.
04:51Avant, nous avions des commandes par câble.
04:54Un câble, c'est simple.
04:56Je tire sur le manche le câble, va faire bouger directement la gouverne
05:01et va aller dans le sens de ce que j'ai demandé.
05:04Tandis que là, nous avons des connexions électriques.
05:09Le manche, je vais le bouger.
05:11Et cela va envoyer une commande électrique à un boîtier central.
05:18Celui-là, le FCC, qui lui va analyser tout cela.
05:23Entre autres, qui va servir de filtre.
05:25Si, par exemple, je demande quelque chose qui est absolument irréalisable,
05:31lui, il va dire non, non, ça, ce n'est pas valable.
05:34Et ensuite, ce calculateur, il va, lui, envoyer des commandes à trois calculateurs différents.
05:43Trois calculateurs différents.
05:44Pourquoi ? Parce qu'un avion, ça bouge dans les trois axes.
05:47Un, dans ce sens-là.
05:48Deux, dans ce sens-là.
05:51Donc, il y a trois axes qui permettent de contrôler l'avion.
05:55Plus la verticale, bien sûr.
05:56Ces trois petits calculateurs, il y en a un qui s'appelle l'ELAC,
06:03qui envoie des pulsions par informatique au moteur des gouvernes.
06:09Et c'est lui qui contrôle, entre autres, cette partie-là de l'avion qui fait piquer l'avion
06:15et également les ailerons qui sont en bout d'aile qui font tourner l'avion.
06:19Alors, c'est un logiciel très important.
06:21Très important.
06:23Le deuxième, qui s'appelle le SEC, lui, c'est un calculateur qui agit sur ce qui se trouve au-dessus de l'aile
06:30et qui fait perdre de la portance à l'aile volontairement.
06:33Et le troisième, c'est celui qui s'occupe de cette partie-là de l'avion
06:37pour faire basculer l'arrière dans un sens ou dans l'autre.
06:40Là, ce que l'on vient d'apprendre, c'est que la problématique que l'on a eue
06:44sur un des logiciels qui gère cet avion, c'est justement sur celui qui, le Hélac,
06:54celui qui, justement, s'occupe de la profondeur et des ailerons.
06:59Mais qui s'occupe de la profondeur, ce qui explique l'incident qui s'est passé le 30 octobre,
07:04c'est qu'ils étaient tranquillement en croisière.
07:06Et d'un seul coup, qu'est-ce qui se passe ? L'avion a piqué.
07:08Ils ont débranché le pilote automatique, ils ont récupéré.
07:13Et là, l'avion répondait à peu près normalement aux commandes.
07:17Ils ont décidé de se dérouter.
07:19Ils se sont posés sur un terrain et puis ils ont regardé.
07:23Finalement, ils ont redécollé, ils sont allés à Newark.
07:26Mais derrière, tout le monde est venu analyser ce qui s'était passé.
07:30La FAA, c'est-à-dire l'autorité américaine.
07:34Airbus, bien évidemment.
07:35Et on en arrive à, un mois plus tard, à « il y a un problème sur ce logiciel Elac qui contrôle l'aileron ».
07:45Et là, Airbus a dit « hé, tous les avions équipés ».
07:48Parce qu'en fait, il y a deux logiciels différents, deux fabriques de logiciels différents.
07:54C'est un modèle qui a subi ce problème-là.
07:57Donc c'est pour ça que tous les 320 ne seront pas arrêtés.
08:01Il n'y en a que ceux qui sont équipés de ce matériel-là qui seront arrêtés.
08:05Airbus a dit « on arrête tout, on va les changer ».
08:08C'est un nouveau logiciel, ça, qui a été installé ?
08:10Ça fait longtemps qu'il est utilisé ?
08:12Il a toujours été utilisé.
08:13Jusqu'à présent, il n'y a jamais eu de problème.
08:15Et là, d'un seul coup, ils viennent de réaliser que l'impact des rayonnements extrêmement importants,
08:22du rayonnement solaire sur ce logiciel,
08:26à un moment donné, a impliqué que ce logiciel a envoyé de fausses informations au gouverne arrière
08:35et a fait piquer l'avion.
08:36Donc il faut changer ce logiciel, en mettre un qui sera beaucoup plus résistant au rayonnement.
08:42C'est ce que propose Airbus.
08:44Et c'est pour ça que le logiciel, si on l'a, il sera très facile à remplacer.
08:48Ça prendra très peu de temps.
08:49Par contre, si on parle d'une flotte de 1 000, 1 500 avions,
08:53effectivement, ça risque de bloquer pas mal de compagnies au sol.
08:56On va pouvoir développer toutes ces informations,
08:57mais pour bien comprendre ce qui se passe,
08:59ce que vous nous dites, c'est qu'à cause d'un logiciel qui fait partie de ces calculateurs,
09:05ça veut dire que pendant un mois, il y a des avions, des A320,
09:09qui volaient dans les airs et qui risquaient de piquer sans aucune raison.
09:13Oui, en fait, c'est le premier incident que l'on vient d'avoir.
09:16Cet avion, il vole depuis plus de 30 ans.
09:18On n'a jamais eu de problème de logiciel.
09:21Là, d'un seul coup, on en a un.
09:22Et c'est là qu'avec les analyses entre la FAA, la DGAC,
09:27la DGAC, c'est la Direction Générale de l'Aviation Civile Française,
09:31et bien sûr Airbus, ils ont analysé, mais qu'est-ce qui s'est passé ?
09:34Et là, ils se sont dit, oula, il y a une faiblesse sur un logiciel.
09:38Donc là, maintenant, il faut qu'on réagisse.
09:39On ne peut pas laisser voler des avions
09:42en sachant qu'il y a un problème sur un logiciel particulier.
09:47Donc, on bloque les avions jusqu'à ce qu'on ait changé les logiciels.
09:51Vous, vous avez déjà vu ça ?
09:52Vous en avez beaucoup piloté, des Airbus.
09:55Non, ceux-là, je ne les ai pas pilotés.
09:56Alors, pas ceux-là, mais les A300, c'est ça ?
09:58Oui, oui, à 300.
09:59Mais alors, vous avez déjà vu ça ?
10:02Moi, je n'ai jamais eu ça. Non, non.
10:03Mais moi, j'avais, à l'époque, moi, j'ai eu des commandes par câble, classiques.
10:08Je n'ai pas eu de commandes électriques.
10:09Mais j'en ai parlé avec un très bon ami qui est un mécanicien spécialisé là-dessus,
10:16qui m'a expliqué que là, ils découvraient quelque chose et qu'ils ont été très réactifs.
10:22Effectivement, ça va créer des problèmes pour ceux qui allaient prendre l'avion.
10:25Mais on ne peut pas laisser passer quelque chose comme ça.
10:28Parce que l'avion, il a piqué d'un seul coup.
10:31Il y a eu des blessés et tout ce qui s'en suit, ceux qui n'étaient pas attachés.
10:34Ils se sont percutés contre les racks à bagages, retombés sur le siège, se sont faits mal.
10:42Donc, on ne peut pas laisser faire ça.
10:44Voilà.
10:44Merci beaucoup, Jean-Serra.
10:46On va aller rejoindre le plateau et faire réagir nos différents intervenants.
10:51Thierry Arnaud, peut-être juste une réaction sur ce qui se passe.
10:54Ce n'est pas anodin, on le disait.
10:56Il y a 6 000 A320 qui sont cloués au sol.
11:00Ça représente un peu plus de la moitié des avions au monde.
11:05Oui, la moitié de la flotte environ.
11:06C'est l'avion le plus vendu au monde.
11:08C'est l'avion de référence pour les vols courts ou moyens courriers, très répandu dans le monde.
11:12Le plus gros client, le plus gros utilisateur d'Airbus A320 aujourd'hui, c'est American Airlines, la compagnie américaine.
11:20Il y a une compagnie chinoise qui en possède plusieurs centaines aussi.
11:23C'est un appareil qui est beaucoup utilisé également par les compagnies low-to-cost, ce qu'est le cas de JetBlue aux États-Unis.
11:30Il y en a d'autres en Europe aussi, bien sûr.
11:32Donc, tout ça va perturber, mais devrait perturber l'essentiel de cette flotte immobilisée pour une période assez courte,
11:39puisqu'il s'agira d'une simple mise à jour de logiciels.
11:43Ce que l'on nous dit, c'est qu'en revanche, un millier des appareils concernés environ sera immobilisé pour une durée plus longue,
11:48puisque là, il faudra opérer une réparation physique, peut-être changer ce fameux boîtier qui contient son calculateur.
11:55Et dans ce cas-là, c'est évidemment plus compliqué,
11:57parce que si c'est un modèle ancien, il n'est pas certain qu'on dispose du stock disponible tout de suite.
12:05Donc, ça peut poser des problèmes.
12:07Mais en tout état de cause, c'est le principe de précaution maximum qui a joué en l'occurrence,
12:13avec cette décision d'Airbus d'arrêter immédiatement tous les vols.
12:17Donc, on a bien compris que, malgré tout, cette menace était prise au sérieux
12:21et que, potentiellement, on redoutait quand même un incident plus grave que celui qui s'est déroulé dans le ciel américain à toute fin du mois d'octobre.
12:30Je voudrais faire réagir à un ancien commandant de bord chez Air France.
12:34Bonsoir Jean-Christophe Laminette, merci d'être avec nous.
12:37Vous avez aussi publié cet ouvrage, Captain Speaking, chez Jean-Claude Lattès, merci d'être là.
12:43Comment est-ce que vous, vous avez réagi en entendant cette information, les 6000 avions qui sont cloués au sol ?
12:50Bonsoir, j'ai été assez surpris, oui, oui.
12:53Merci de me recevoir.
12:54Écoutez, alors, 6000 avions sont concernés, ils ne vont pas tous être bloqués au sol.
12:59Il va falloir identifier ceux qui ont le fameux logiciel et puis ceux qui ne l'ont pas.
13:03Ce que j'ai vu, c'est que, comme en Air France, c'est concerné sur 40 appareils, a priori.
13:08Donc, moi, Jean a très bien expliqué le fonctionnement de ces calculateurs.
13:14Moi, j'ai été qualifié sur la famille…
13:16Donc, ce n'est pas que la 320, c'est la 318, 319.
13:20320, 321, ça fait beaucoup d'avions différents dans de nombreuses compagnies.
13:25Alors, évidemment, ces calculateurs, oui, on imagine qu'ils ne vont pas nous faire des surprises
13:30comme c'est arrivé à JetBlue.
13:32C'est quelque chose de très embêtant.
13:35Et ce qu'on peut ajouter, c'est que le danger, c'est aussi qu'on peut dépasser les limites de structure de l'avion
13:40si jamais les commandes de vol se mettent à faire n'importe quoi toutes seules.
13:44Donc, il faut saluer vraiment la décision très courageuse qui est prise par Airbus et les autorités,
13:50de dire immédiatement que ça coûte cher de faire ce qu'on fait, mais c'est pour la sécurité de tout le monde.
13:55Ce qui est un plus quand même par rapport à ce qu'on dit parfois.
13:59Est-ce que vous pouvez nous parler de ces radiations solaires ?
14:04C'est vrai que Jean Serra nous l'expliquait.
14:07C'est lié à ce logiciel qui a été impacté par les radiations solaires.
14:12Comment est-ce que ça peut faire dysfonctionner ce logiciel ?
14:16Oui, je suppose que ce sont des perturbations électriques.
14:20Là, on en parlait tout à l'heure avec vos collègues qui m'ont appelé.
14:23On sait que les radiations solaires, ça peut impacter sur Terre, par exemple, des centrales électriques au sol.
14:30Alors, j'avoue que nous, en tant que pilote, on n'a jamais été spécialement informé de ça.
14:34On fait, pour ce qui est des radiations solaires, on est, comment dirais-je, régulièrement à la visite médicale des pilotes.
14:41On en parle parce qu'on est exposé, mais on ne pensait pas que les calculateurs pouvaient être impactés.
14:47Là, en l'occurrence, on ne va sûrement avoir d'autres informations qui vont venir,
14:51mais visiblement, c'est une perturbation électrique qui est venue impacter ces calculateurs.
14:57Mais je vous avouerai qu'on n'est pas spécialisés, nous, pilotes, là-dedans.
15:02Aurore Malval, vous aviez une question ?
15:04Oui, justement, la gestion par Airbus de cet incident, en faisant prévaloir le principe de sécurité,
15:13est-ce que vous voyez ça aussi comme une façon pour Airbus d'adopter un peu une attitude contraire à ce que Boeing,
15:20justement, avait fait, puisqu'elle l'accompagne, justement, l'avionneur américain avait été accusé d'avoir menti délibérément
15:26et caché, justement, des dysfonctionnements sur un problème encore beaucoup plus grave, d'ailleurs, sur son logiciel de vol ?
15:35Disons que peut-être qu'ils ont appris un peu davantage de transparence.
15:39Il y en a toujours eu beaucoup.
15:40Attention, l'aviation, ça ne rigole pas, on ne fait pas n'importe quoi.
15:43C'est vrai qu'il y a eu une affaire Boeing qui a détrui la chronique, évidemment.
15:50Malheureusement, je veux dire, puisqu'il y a eu pas mal de victimes, au final.
15:54Là, oui, peut-être que Airbus a appris, c'est l'autorité européenne par ailleurs.
15:59On travaille peut-être différemment des Américains, en tout cas.
16:03Franchement, de toute façon, ce n'est pas la première fois, quand même,
16:06que nous, en tant qu'utilisateurs d'avions, on reçoit des consignes qui nous obligent
16:11à arrêter d'utiliser tel avion ou tel système à bord.
16:16C'est quand même des choses qui se produisent.
16:18Mais là, il faut saluer, c'est assez courageux, parce qu'il y a quand même beaucoup d'avions.
16:22La flotte est énorme dans le monde.
16:25Pardon, mais pourquoi est-ce que vous dites que c'est courageux ?
16:28Enfin, j'en sais pas, vous êtes d'accord avec ça ?
16:29C'est courageux.
16:30Enfin, je veux dire, ils sont censés assurer la sécurité des passagers.
16:34Donc, ça semble normal, s'il y a une anomalie, de stopper tous les vols.
16:40Vous semblez dire qu'il y a beaucoup de compagnies aériennes,
16:43enfin, en tout cas d'avions, qui volent dans les airs et qui ne respectent pas ces procédures.
16:48Non, non, non, non, je me suis mal exprimé.
16:50Non, non, c'est juste que c'est...
16:52C'est-à-dire qu'ils auraient pu prendre un peu plus de temps, dire oui, il y a un problème.
16:56Est-ce que...
16:57Enfin, voilà, c'est-à-dire que là, la décision a été très vite prise, et c'est très bien.
17:03Quelquefois, on pense qu'on va pouvoir régler le problème sur certains systèmes,
17:08et que là, maintenant, c'est informé, on peut changer d'avion.
17:12Là, il y a trop d'avions concernés, et voilà.
17:14Non, non, bien sûr, mais non.
17:16D'accord.
17:17Merci beaucoup, monsieur Laminette, d'avoir été avec nous.
17:20Jean Serra, vous vouliez réagir, vous aussi apportez une précision ?
17:23Oui, je suis d'accord avec ce que vient de dire Jean-Christophe, c'est que le côté positif,
17:32que ce soit la DGAC, la FA et, bien sûr, Airbus, ils ont réagi.
17:38Rappelez-vous que les drames que nous avons subis avec le 737 Max,
17:44rappelons-nous ce qui s'est passé, puisque c'est en procès en plus en ce moment,
17:47avec l'accident du Rio-Paris, où chaque fois, les reproches qui ont été faits,
17:53c'est que les constructeurs n'avaient pas suffisamment été réactifs à quelque chose
17:59qui était potentiellement dangereux.
18:02Là, ils ont vu qu'il y avait une faille, ils n'ont pas hésité.
18:06Ils ont dit maintenant, oui, ça va avoir un impact financier pour nous,
18:10oui, ça va avoir un impact financier pour les compagnies aériennes,
18:12mais la sécurité, c'est la priorité des priorités.
18:17Et c'est remarquable de la part d'Airbus d'avoir eu le courage de prendre cette décision.
18:24Donc pour vous, finalement, plus de peur que de mal.
18:29Est-ce qu'il y avait la possibilité, c'est vrai que c'est la question qu'on se posait avec Thierry Arnaud notamment,
18:35est-ce que ça aurait pu être plus grave au moment où l'avion a fait se piquer
18:39entre le Mexique et les États-Unis, cet incident qui a entraîné l'arrêt des vols de ces avions ?
18:48Est-ce que ça aurait pu être plus grave ?
18:50Les pilotes, est-ce qu'ils auraient pu complètement perdre le contrôle de l'avion
18:54au moment où l'avion s'est mis à piquer ?
18:56Mais tout à fait. C'est pour ça que ce logiciel doit être changé.
19:00Parce que si ce logiciel, à un moment donné, impacté par le rayonnement solaire,
19:05donne d'un seul coup de lui-même une commande à l'avion, d'un seul coup, hop, il le met à piquer.
19:11Tellement fort qu'il y a eu des blessés.
19:13Tous ceux qui n'étaient pas attachés, ils sont partis au plafond, ils sont retombés au sol.
19:17Et eux, ils ont déclenché le pilote automatique.
19:20Mais en déclenchant le pilote automatique, on est toujours avec des commandes électriques
19:24qui passent toujours par ces logiciels-là.
19:28Et si à ce moment-là, le logiciel avait continué à ne pas donner les bonnes informations,
19:33à la limite, ils auraient très bien pu perdre contrôle de l'avion.
19:37Là, par exemple, il a perdu.
19:40Le fameux logiciel dont je parle, il s'appelle Elac.
19:46Ce logiciel, il contrôle la profondeur derrière.
19:49La profondeur, c'est ce qui permet de faire monter ou descendre un avion.
19:53Mais il contrôle aussi les ailerons, c'est-à-dire les parties qui sont en bout d'aile,
19:58qui font tourner l'avion à droite, tourner à gauche.
20:01Imaginez un instant que ce logiciel, il donne des fausses informations,
20:06à la fois sur la profondeur en le faisant piquer ou en le faisant monter,
20:11et en même temps, un ordre aux ailerons pour faire basculer l'avion à gauche ou à droite.
20:16À la fin, l'avion aurait très bien pu être irrécupérable.
20:20Pour vous, ce n'est pas du tout anodin.
20:22Je voudrais faire réagir Olivier Moustakakis.
20:25Moustakakis, bonsoir.
20:27Vous êtes le cofondateur de desturland.com.
20:30Justement, on le disait, il y a quand même des usagers qui sont concernés par ces annulations de vol.
20:38Qu'est-ce qui est prévu dans ces cas-là ?
20:39Quel type de remboursement est prévu pour ces usagers ?
20:43Dans ce type de situation, c'est très clair.
20:46Les passagers ont droit au remboursement intégral de leur billet si le vol est annulé,
20:50ou au réacheminement sans frais, bien évidemment.
20:54Et si le vol est reporté au lendemain, il y a en plus la prise en charge de l'hôtel,
20:58du repas et des transferts.
20:59Donc ça, c'est la compagnie qui va prendre en charge tous ces éléments-là.
21:03En revanche, il y a une question qui se pose sur l'indemnisation forfaitaire,
21:06qui est prévue par le règlement européen,
21:09qui est aussi, suivant la situation, entre 250 et 600 euros,
21:13qui là, ne se passe pas automatiquement,
21:14parce que l'arrêt des avions relève d'un impératif de sécurité.
21:19Donc c'est considéré comme une circonstance exceptionnelle.
21:22Donc en résumé, remboursement, oui, réacheminement, oui,
21:25hôtel, transfert, etc., si vous voulez reporter au lendemain,
21:28il n'y a pas de souci, la compagnie va prendre en charge tout ça.
21:31En revanche, il n'y aura pas d'indemnité forfaitaire.
21:33– Et alors, ce genre d'annulation,
21:38est-ce que c'est prévu dans les clauses d'annulation ?
21:42– Alors ça, c'est la compagnie qui va régler directement.
21:44Il n'y a pas de difficulté, c'est comme ça que ça se passe.
21:47Là, il n'y a pas à faire intervenir son assurance ou autre.
21:50C'est vraiment la compagnie d'annulation
21:52qui va prendre en charge tous ces frais-là.
21:54– Thierry Arnaud, est-ce qu'on sait ce que ça peut représenter
21:59en termes de pertes pour les compagnies
22:02quand on annule 6 000 avions ces prochains jours ?
22:05– C'est difficile parce que ça dépend des compagnies,
22:09ça dépend du statut de votre billet,
22:13ça dépend de la capacité de la compagnie aussi
22:16à vous proposer une solution alternative,
22:18du délai qu'il y a, est-ce que c'est une annulation définitive,
22:21ou est-ce qu'on peut vous proposer un échange
22:23pour les heures qui suivent ?
22:25Donc, c'est très difficile de donner une évaluation
22:26très précise de ces coûts.
22:28Il y en aura un pour les compagnies, inévitablement.
22:32mais qui n'est pas un coût majeur
22:34pour celles dont l'avion pourra être remis en service
22:37en l'espace de quelques heures.
22:38Et ça représente, on le disait,
22:39la majorité des avions qui sont mobilisés,
22:41puisque sur les 6 000 avions dont on parle,
22:43il y en a 5 000 qui pourront être,
22:45dont le logiciel pourra être mis à jour
22:47dans une version considérée comme sûre
22:49en l'espace de quelques heures.
22:51Donc, ce sont des annulations.
22:53Là, il y a 35 vols Air France qui sont annulés.
22:56Je ne sais pas combien d'Air France,
22:57de vols Air France il y a par jour, Jean,
22:59plusieurs centaines, j'imagine.
23:00Oui, je n'ai pas le chiffre exact.
23:03Et donc, 35 sur plusieurs centaines,
23:05ce n'est pas un impact économique majeur.
23:07Ça représente 5% du total de ces vols quotidiens.
23:11On voit là qu'Air France, du coup,
23:12dispose d'une flotte assez large
23:14et a dû remettre en service peut-être des avions
23:16qu'ils utilisaient moins,
23:18parce qu'effectivement, sur le moyen courrier,
23:20ils volent beaucoup aussi avec ce type d'appareil.
23:23Donc, contrairement, on en parlait tout à l'heure,
23:25aux compagnies low cost,
23:26qui, elles, souvent ont des flottes plus réduites d'appareils,
23:30qu'elles changent beaucoup aussi pour avoir des appareils neufs
23:32qui n'ont pas de problème de sécurité
23:34parce que c'est pour elles des gros enjeux
23:36et surtout sont le plus régulier possible
23:38parce que, justement, chez les compagnies low cost,
23:41eh bien, il n'y a pas de pause prolongée
23:43des avions dans les aéroports.
23:45C'est ce qu'on appelle le système de la rotation.
23:46Un avion fait un vol, on fait le plein
23:48et il repart dans l'autre sens.
23:50Donc, elles seront sûrement plus impactées
23:52que les compagnies traditionnelles.
23:53– Oui. Jean Serrat, est-ce qu'on sait combien ça coûte
23:56de remplacer ce logiciel ?
23:59– Non, je n'ai absolument aucune idée.
24:02D'après moi, bon, bien sûr, il y a la main-d'œuvre
24:04et tout ce qui s'ensuit,
24:05mais d'après moi, le logiciel en lui-même,
24:08bon, c'est rien du tout
24:11par rapport à l'impact
24:13de ne pas pouvoir transporter les passagers,
24:15de devoir les rembourser,
24:17de devoir les héberger.
24:18Là, on parlait justement,
24:20si j'ai un avion qui est impacté,
24:22il faut savoir qu'en cours moyen courrier,
24:25c'est un avion qui va faire
24:267, 8 tronçons par jour.
24:30Paris-Nice, Nice-Paris,
24:32Paris-Madrid, Madrid-Paris,
24:34il va faire 8 tronçons.
24:35C'est-à-dire que vous allez annuler
24:378 groupes de personnes
24:40qui ont pris des billets d'avion.
24:41Ça devient...
24:42Et vous devez les héberger
24:44si ça se trouve parce que le vol annulé,
24:48il est à 9h le soir
24:49et qu'ils n'ont pas d'hébergement,
24:51c'est à vous, en tant que compagnie aérienne,
24:53à les héberger.
24:54Donc le logiciel, lui,
24:56c'est rien du tout au niveau financier.
24:59Allez, si vous nous rejoignez,
25:00l'information principale de la soirée,
25:03c'est environ 6 000 avions A320 d'Airbus
25:07qui doivent immédiatement arrêter de voler.
25:09La faute à un logiciel de commande
25:10qu'il faut remplacer de façon urgente.
25:13Ça concerne environ la moitié des A320 dans le monde.
25:17Pour le moment, 35 vols sont annulés.
25:21C'est en cours de mise à jour.
25:23C'est Air France qui l'annonce.
25:24On continue d'en parler dans un tout petit instant.
25:26Restez bien avec nous sur BFM TV.
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