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00:007h-9h, Europe 1 Matin.
00:02Il est 7h12 sur Europe 1, Dimitri Pavlenko, vous recevez ce matin le député UDR de l'Hérault, Charles Aloncle.
00:09Bonjour Charles Aloncle.
00:10Bonjour, merci de votre invitation.
00:11Bienvenue sur Europe 1.
00:13Donc l'UDR, je rappelle, c'est l'Union des Droites pour la République, le parti d'Éric Ciotti dont vous êtes membre.
00:16Vous êtes aussi le rapporteur de cette commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public.
00:24Commission qui entame ses travaux aujourd'hui.
00:26Vous êtes très attendu, Charles Aloncle, parce que c'est un sujet d'abord qui est très grand public.
00:30Tout le monde finance le service public de l'audiovisuel.
00:33Qu'est-ce qui vous intéresse, vous, à travers les travaux de cette commission, Charles Aloncle ?
00:37Moi, je vois les abords de cette commission d'enquête un peu comme n'importe quel Français,
00:42comme une sorte d'enfant de la télé qui a été biberonné au contenu, au programme de l'audiovisuel public,
00:47qu'il soit télévisé ou d'ailleurs radio diffusé.
00:50Je pense d'ailleurs que mon éveil politique est issu aussi d'un certain nombre de programmes que j'ai pu regarder,
00:56d'envoyés spéciales à compléments d'enquête, à des débats politiques animés à l'époque par Arlette Chabot.
01:02Donc au fond, sans aucune forme d'a priori politique, moi j'aborde ces trois mois d'audition de commission d'enquête
01:08autour de cette question, quelle est la raison d'être, la mission fondamentale de l'audiovisuel public,
01:13notamment par rapport aux chaînes privées commerciales.
01:17Alors pour ça, je pense que la représentation nationale ne doit souffrir d'aucun tabou.
01:22On parle de 4 milliards d'euros d'argent public dépensé,
01:25ce qui est l'équivalent de la moitié du budget du ministère de la Culture.
01:28C'est un forfait imposé pour chaque foyer français de 100 euros par an,
01:32qu'il dispose d'une télévision, d'une radio ou qu'il n'en dispose pas.
01:35Et donc je pense qu'il est temps de faire le bilan.
01:38C'est la première fois d'ailleurs que l'Assemblée nationale se saisit de ce sujet.
01:41Alors vous dites justement, Charles Aloncle, que l'audiovisuel public est trop sanctuarisé
01:45et qu'il doit désormais rendre des comptes.
01:48Alors ça m'inspire de questions.
01:49D'abord, pourquoi personne ne lui avait demandé de compte auparavant ?
01:51Et puis, à quoi vous pensez, Charles Aloncle,
01:54quand vous parlez de comptes à rendre pour l'audiovisuel public ?
01:57Sur la première question, pourquoi ça a été un sujet aussi tabou ?
02:00J'aurais difficilement de réponses.
02:01Peut-être aussi parce que sur les dernières décennies,
02:04la gestion effectuée par un certain nombre de dirigeants,
02:06notamment de France Télévisions, souffrait de moins de contestations
02:09en termes de respect des obligations légales,
02:11qui sont quasiment des principes à valeur constitutionnelle,
02:14comme l'indépendance, l'honnêteté, le pluralisme,
02:17en termes de gestion financière aussi de ces entreprises.
02:20Aujourd'hui, ce n'est plus le cas.
02:21On constate, et des millions de Français sont là pour le voir,
02:25qu'il y a un certain nombre d'entorses au principe de pluralisme,
02:28au principe d'indépendance, au principe de neutralité.
02:30À quoi vous pensez par exemple ?
02:32Je pense à l'affaire Patrick Cohen et Thomas Legrand,
02:35qui est loin d'être un cas isolé,
02:36parce qu'il y a eu d'autres affaires, d'autres entorses à ces principes
02:39sur les dernières semaines, malheureusement.
02:42On a par exemple sur le plateau de France 5,
02:44il y a quelques jours, fait une comparaison odieuse
02:46entre Jordan Bardella et Jordan Hitler et Adolf Hitler.
02:49On a aussi, il y a quelques mois,
02:52transmis des chiffres du Hamas sur France Inter,
02:55sans indiquer la source qu'il provenait du Hamas.
02:58On a parlé d'otages palestiniens sur les chaînes de France Info.
03:02On a entendu des dirigeants de l'audiovisuel public,
03:06comme par exemple madame Adèle Vendret,
03:07directrice de France Inter,
03:09nous expliquer que France Inter devait être une radio
03:10résolument progressiste,
03:12qui est une rupture fondamentale
03:14avec cet objectif de neutralité et de pluralisme.
03:17Et en plus de ça,
03:19à ces différentes entorses avec ces principes de neutralité,
03:21on ajoute une gestion financière catastrophique
03:24qui fait peser un risque de faillite pour certains groupes.
03:27J'ai lu avec attention le rapport de la Cour des Comptes,
03:30commis il y a quelques semaines sur France Télévisions.
03:33Vous voudrez auditionner d'ailleurs des membres de la Cour des Comptes.
03:35Exactement, je les auditionnerai.
03:37On auditionnera toutes les personnes légitimes
03:39pour s'exprimer sur ce périmètre de l'audiovisuel public,
03:42mais on apprend qu'il y a un déficit de plus de 80 millions d'euros
03:45qui a été cumulé sur les dernières années.
03:48On apprend que la trésorerie aujourd'hui est nulle.
03:50On apprend que les capitaux propres sont inférieurs
03:52à la moitié du capital social de l'entreprise,
03:54ce qui fait peser un risque légal sur l'état de dissolution de l'entreprise.
03:58Donc même sur la gestion financière,
04:00au-delà d'un certain nombre de gabegies
04:01qui, je pense, ont écœuré nombre de Français,
04:03sur le salaire moyen de France Télévisions,
04:06qui est à 72 000 euros,
04:07soit dans les 9% des Français les mieux rémunérés.
04:11On apprend qu'il y a une trentaine de directeurs
04:13mieux payés que le président de la République
04:15à plus de 200 000 euros.
04:16On apprend qu'il y a une cinquantaine de cadres
04:18qui bénéficient de véhicules avec chauffeur
04:20pour des montants parfois à 40 000 ou 50 000 euros par an.
04:24Il y a un écœurement généralisé chez les Français
04:26qu'il faudra résoudre.
04:27La gauche vous soupçonne, Charles Lalong,
04:29de vouloir faire de la politique spectacle à charge
04:31contre l'audiovisuel public à travers cette commission,
04:34une sorte de procès de France Télévisions et Radio France.
04:38Qu'est-ce que vous répondez à ces accusations ?
04:40Je réponds que le rôle de la représentation nationale
04:43est de faire notamment toute la transparence
04:45sur la bonne utilisation et la destination des fonds publics,
04:49sur l'utilisation de l'argent du contribuable,
04:51que c'est inédit, c'est la première fois
04:53que l'Assemblée nationale commet une commission d'enquête
04:55sur ce sujet, et que parler de 4 milliards
04:58à un moment où, à l'Assemblée,
04:59on a les plus grandes difficultés à trouver des économies,
05:02à trouver des milliards de réductions de la dépense publique,
05:04et qu'à la fin, on demande toujours plus d'efforts aux Français,
05:07à ceux qui travaillent, aux jeunes, aux employés, aux actifs,
05:09et même aux retraités, aux entreprises,
05:11je pense qu'il est temps de n'avoir aucun tabou.
05:13Du salaire de Mme Ernot aux sociétés de production,
05:18tenues par des gens qui, en plus,
05:19affichent de façon assumée un agenda politique.
05:22Je pense à M. Niel, je pense à M. Pigasse,
05:25je pense à M. Capeton,
05:26qui font des campagnes publiques
05:28pour le pouvoir ou pour des partis politiques.
05:32Mais qui ont des sociétés de production,
05:33qui ont de très beaux contrats avec le service public.
05:36Et ce sera un grand sujet de la commission d'enquête.
05:38Comment on peut constater une hyper-concentration des contrats de production,
05:42qui, sur des centaines de millions d'euros
05:44consacrés par le contribuable chaque année,
05:47enrichissent quelques-uns,
05:49qui, en plus de ça, affichent un agenda politique ?
05:52Je vous donne un exemple.
05:53Par exemple, c'est le cas de Mathieu Pigasse,
05:55qui est à la tête de la première société de production
05:58à bénéficier des fonds publics par France Télévisions,
06:01MediaOne.
06:02Il était invité, il y a quelques semaines,
06:04sur le plateau de Mme Roux,
06:06dans une émission spéciale sur France Télévisions,
06:08où il a été présenté comme un simple chef d'entreprise,
06:11sans contradiction,
06:12et pendant 20 minutes,
06:13il nous a expliqué que le RN était un parti
06:15qui pourchassait les homosexuels,
06:17un parti qui pourchassait les étrangers.
06:19À aucun moment, Mme Roux n'a jugé bon de dire
06:21que ce monsieur était à la tête de la société
06:23qui produisait l'émission dans laquelle il était invité,
06:26et que, il y a quelques semaines,
06:28ce monsieur faisait la une de libération
06:30pour expliquer que, par tous les moyens dont il disposait,
06:33il lutterait contre l'extrême droite.
06:35C'est ce genre de pratiques,
06:37de conflits d'intérêts,
06:38de collusion,
06:39entre les dirigeants du service public
06:40et certaines personnes,
06:42notamment à la tête de sociétés de production
06:43qui ont un agenda politique,
06:45je pense qu'on fera toute la lumière,
06:46et je pense qu'il est sain
06:47de lutter contre ce type de collusion partisane.
06:50J'ai une dernière question pour vous,
06:51Charles Alloncle,
06:52à propos de ce sondage de Doxa
06:53qui paraît ce jour
06:54et qui place Jordan Bardella,
06:55je crois que c'est la première fois quand même,
06:56en tête au second tour
06:58de l'élection présidentielle,
06:59donc virtuellement président de la République,
07:01quel que soit l'adversaire
07:02qu'il aurait face à lui,
07:04je rappelle que votre parti, l'UDR,
07:05est allié du rassemblement national à l'Assemblée.
07:08Que vous inspirent ces chiffres ?
07:10Ça m'inspire que je pense
07:12qu'il y a une attente énorme
07:14de la part des Français
07:15de tourner la page
07:16d'une quinzaine d'années
07:17de socialisme,
07:18de macronisme,
07:19d'impuissance française.
07:21Je regrette à cet égard
07:22que le président de la République
07:24ait autant de pudeur
07:25à redonner la parole au peuple,
07:27aux Français,
07:28alors qu'il en dispose.
07:30Je constate aussi,
07:31depuis que je suis élu,
07:32et j'ai peu d'heures de vol politique
07:33à mon actif,
07:34qu'on débat que de sujets
07:35parfaitement insignifiants,
07:36de la taille des bouteilles d'eau,
07:38aux pannes d'ascenseurs,
07:39à la grossophobie,
07:40au chemsex,
07:41et qu'on passe à côté,
07:42depuis cette nouvelle législature,
07:43de tous les grands périls français.
07:45Je ne pense pas
07:46qu'on sera à même
07:48d'attendre 2027
07:49pour donner rendez-vous
07:50aux Français.
07:50et j'espère qu'on pourra
07:52le faire avant.
07:54Et c'est tout le sens,
07:54d'ailleurs,
07:55de la Ve République
07:55de donner la parole au peuple.
07:57Merci Charles Lalon,
07:58que le député UDR de Lérault
08:00est donc rapporteur
08:01de cette commission d'enquête
08:02sur l'audiovisuel public,
08:03invité d'Europe 1 ce matin.
08:04Bonne journée à vous.
08:05Merci d'être venu nous voir.
08:06Il est 7h19 sur...
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