- il y a 4 jours
Retrouvez les émissions en intégralité sur https://www.france.tv/france-2/telematin/toutes-les-videos/
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Amélie de Montchalin, ministre de l'Action et des Comptes publics.
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Amélie de Montchalin, ministre de l'Action et des Comptes publics.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Bonjour Amélie de Montchalin, vous resterez comme la ministre du budget qui a vu son texte rejeté à l'unanimité sauf une voix.
00:11C'est pas grave, c'est un peu grave, c'est très grave, que peut-on dire ?
00:14Déjà c'est pas mon texte, c'est le texte du Parlement.
00:17Vous savez qu'on a, avec Sébastien Lecornu, on s'est lancé dans une aventure démocratique inédite.
00:22C'est la première fois depuis 1958 que les députés n'ont pas de majorité absolue,
00:27mais c'est aussi la première fois qu'un gouvernement renonce à utiliser de 49.3 dans cette telle situation.
00:33Donc c'est le texte du Parlement.
00:34Et ce qui s'est passé, c'est que vous avez un certain nombre de mesures qui sont des mesures de progrès qui ont été votées dans ce long débat de 125 heures
00:42et qui sont des progrès sur le logement, sur l'agriculture, et ça c'est positif.
00:46Et puis vous avez aussi quelques mesures qui ont été mises là par les extrêmes, par les insoumis et l'ERN,
00:52qui ont voté ensemble des impôts qui ont été considérés par le reste de l'hémicycle comme n'étant pas bonnes pour le pays.
00:59Donc ce qui s'est passé...
01:00Par la partie droite de l'hémicycle, pas tout le reste de l'hémicycle.
01:03Oui, enfin aussi par le centre, vous avez un certain nombre de députés qui ont considéré que taxer à 30 milliards nos entreprises,
01:10c'était pas une bonne idée vu la situation que nous connaissions.
01:12Mais ce qui s'est passé pendant ce vote, il faut que ça reste la première étape effectivement difficile de la construction d'un compromis qui est nécessaire pour le pays.
01:22Moi, ce que je vois dans ce vote aussi et dans cette situation politique, c'est que ce qu'on demande avec le Premier ministre très humblement au parti,
01:29c'est qu'on fasse pas la présidentielle de 27 pendant le budget de 26.
01:32C'est qu'on respecte au fond les Français et qu'on dise qu'en 2026, la France a besoin d'un budget et que l'élection présidentielle viendra ensuite.
01:40Mais vous voyez qu'on n'inverse pas, comme on dirait, qu'on ne mette pas la charrue avant les bœufs.
01:44On a besoin que la présidentielle reste la présidentielle, que les débats, que les propositions se fassent dans ce cadre-là.
01:50Mais que le budget de 2026, pour les Français, vous voyez, dans un peu plus d'un mois, on a besoin de donner à notre pays un cap.
01:56Et que ce cap, on doit pouvoir se mettre d'accord, nous, partis de gouvernement,
01:59que les extrêmes ne nous emmènent pas là où ils veulent nous emmener, c'est-à-dire dans un monde où il faut refaire des élections, il faut dissoudre.
02:05Si on fait tout ça, il n'y aura pas de budget.
02:07Et au fond, c'est les intérêts des partis avant les intérêts des Français.
02:11Alors, le texte va aller au Sénat, où Bruno Retailleau est revenu siéger cette semaine.
02:16Et il a sorti la sulfateuse contre votre budget.
02:19Alors, je ne sais pas s'il fait partie des extrêmes.
02:21Ce budget, c'est le hold-up du siècle.
02:22Le gouvernement hypothèque notre avenir.
02:25Est-ce que les Républicains, ou en tout cas leur patron, sont passés dans une opposition farouche ?
02:31Non, je ne crois pas que les Républicains soient passés dans une opposition farouche.
02:34Il y a un président de parti qui n'est plus au gouvernement et qui, comme parfois les présidents de parti, a tendance à simplifier les choses.
02:41Et je pense les simplifier un peu au-delà de ce qu'est la réalité.
02:44Je ne pense pas que Bruno Retailleau pense, au fond, lui, vraiment, que ne pas avoir de budget est une solution pour la France.
02:50Je ne pense pas qu'au fond, lui, vraiment, il ne voit pas que pour le ministère dont il était ministre il y a encore quelques semaines,
02:57avoir une loi spéciale qui ne permettrait pas d'augmenter les effectifs et le budget soit une bonne idée.
03:02Je ne pense pas que Bruno Retailleau pense, en vrai, que ce qui était le vote d'une étape soit la copie finale.
03:09Il le sait, puisque, vous voyez, les sénateurs de son propre parti...
03:12Mais donc, il dit tout ça parce que lui, justement, il fait partie de ceux qui jouent la présidentielle avant de parler du budget.
03:16Il n'est plus au gouvernement.
03:17Quand on est au gouvernement et quand on est sous l'autorité d'un Premier ministre qui dit
03:20l'urgence, et je pense que les Français nous entendent, c'est 2026.
03:24Bruno Retailleau, il est sorti du gouvernement.
03:26Il est sorti du gouvernement.
03:27Il n'a plus les mêmes contraintes, manifestement.
03:30Je pense qu'il pense, effectivement, comme certains, à 2027.
03:33Je dis juste, avec beaucoup de calme, si on joue la présidentielle de 2027,
03:37dans l'hémicycle où on débat du budget de 2026, vous savez quoi ?
03:40On n'aura pas le budget de 2026 et probablement que la présidentielle se passera très mal.
03:44Parce que d'ici là, ça veut dire que le pays aura été laissé en suspens,
03:47en service minimum, qu'on ne se sera pas occupé des choses urgentes
03:50qu'on doit régler maintenant.
03:52Et donc, moi, ma responsabilité, c'est de dire, voilà, minute papillon,
03:56on fait une pause, on met les choses dans le bon ordre,
03:59et on est capable, nous, parti de gouvernement, de montrer aux Français
04:01qu'on travaille pour eux.
04:03Pas pour déjà anticiper une élection qui viendra.
04:06Elle est prévue en 2027, elle aura lieu, chacun pourra débattre.
04:08Mais là, maintenant, vous voyez, le 24 novembre 2025, notre objectif, notre priorité,
04:15notre devoir, ce qui est nécessaire pour le pays, c'est d'ailleurs ce que dit le rapporteur général,
04:19du budget au Sénat qui est lui aussi un membre du Parti des Républicains.
04:22Absolument.
04:23C'est que nous donnions un budget au pays et que nous nous occupions des Français maintenant.
04:27Toujours Bruno Retailleau, il souhaite ne remplacer, parmi les fonctionnaires,
04:31aucun départ à la retraite.
04:34Est-ce que vous y êtes prête ?
04:35Là aussi, vous voyez, c'est simplificateur.
04:37Moi, je suis ministre de la fonction publique.
04:38Avec David Amiel, on travaille à ce que les services publics marchent mieux.
04:41Marchent mieux pour les Français et marchent mieux aussi pour les agents publics.
04:45Si vous ne remplacez aucun départ à la retraite, je vous le dis très simplement,
04:49le ministère dont Bruno Retailleau était ministre ne verra aucun effectif,
04:53aucun effectif de police.
04:54En plus, il en verra même en moins.
04:56Donc, tous les moyens qu'on a prévus de mettre pour nos armées,
04:59pour la justice et l'administration pénitentiaire,
05:02pour la gendarmerie, pour la sécurité civile,
05:04pour la police de proximité, pour la lutte contre le narcotrafic.
05:07Ça ne sera pas possible.
05:08Si vous ne remplacez pas les départs à la retraite,
05:10non, ce n'est pas possible parce que vous avez aujourd'hui une démographie
05:13qui fait qu'il y a beaucoup de départs.
05:15Il y a évidemment des ministères où on continue de faire des efforts de productivité,
05:19donc on ne remplace pas toutes les personnes qui partent.
05:22Mais s'il y a un ministère, aujourd'hui, on doit le faire,
05:25c'est évidemment le ministère de l'Intérieur pour la sécurité des Français.
05:27Donc, vous voyez, c'est une proposition, comme on dit, qui ne tourne pas,
05:30qui ne marche pas.
05:31Vous ne le souhaitez pas, mais le plus probable désormais
05:34est qu'il n'y ait pas de budget le 31 décembre.
05:37Non, ce n'est pas le plus probable.
05:38Non, je vous arrête.
05:39C'est probable.
05:40Je vous arrête.
05:41C'est possible.
05:41Regardez ce qui s'est passé il y a 15 jours sur le budget de la sécurité sociale.
05:44Il y a eu un vote positif.
05:46Il n'y a pas de majorité absolue.
05:48Nous n'avons pas, nous, gouvernement de majorité.
05:49Pourtant, il y a eu un vote qui a voté pour ce budget.
05:52La sécurité sociale, M. Bernstein, c'est la moitié.
05:54Le plus probable est qu'il y ait un budget le 31 décembre ?
05:57Le plus probable, c'est que les Français, et je crois qu'on l'entend tous,
06:03veulent que nous mettions d'accord, veulent que nous nous mettions d'accord.
06:08C'est que les députés se mettent d'accord.
06:10Et moi, je ne me résous pas à considérer que nous serions déjà dans une situation d'échec.
06:15Qui veut l'échec ?
06:16Marine Le Pen qui veut la dissolution.
06:18Jean-Luc Mélenchon qui veut que le président parte de l'Élysée.
06:20Mais tout le monde a voté contre.
06:21Même votre parti Renaissance s'est abstenu.
06:25Oui, il s'est abstenu en disant quoi ?
06:26En disant, à partir du moment...
06:27Il n'y a pas que les extrêmes qui ont acté cet échec.
06:30Oui, mais c'est la première étape.
06:32Et si, vous voyez, quand on est à la mi-temps d'un match,
06:34on considère qu'on a déjà perdu,
06:35il y a beaucoup de matchs que l'équipe de France a pourtant gagné et qu'elle n'aurait jamais gagné.
06:38Donc moi, je veux qu'on reste dans une logique de...
06:40On travaille pour les Français et on leur donne un budget.
06:43Et sur la Sécurité sociale, qui est la moitié de la dépense publique,
06:46la moitié des services publics, on a trouvé...
06:49Le Parlement s'est mis d'accord.
06:50Voilà, et donc je ne considère pas que l'autre moitié est infaisable.
06:53Au contraire.
06:53Jeudi, le président de la République pourrait détailler les modalités d'un nouveau service militaire
06:57basé sur le volontariat payé entre 900 et 1000 euros.
07:01Vous avez cet argent pour payer les éventuels volontaires ?
07:06Je laisserai le président de la République, chef des armées, préciser les choses.
07:10Mais quand le président de la République, vous voyez, annonce une nouvelle ambition pour la défense,
07:14une loi de programmation militaire qui renforce son capacité de défense,
07:18c'est aussi pour faire face à de nouvelles menaces.
07:21Et le président de la République expliquera comment, pourquoi,
07:25et surtout dans le moment que nous vivons,
07:26vous voyez ce qui se passe à Genève entre les Américains, les Européens, les Ukrainiens,
07:29nous avons besoin de protéger notre pays,
07:32et nous avons besoin de le faire en ayant des outils adaptés à notre époque.
07:35Donc ça ne sera pas le service militaire qu'ont connu, en l'occurrence, mon père ou mon grand-père,
07:39ça c'est clair, mais le président de la République fera ses annonces, et budgétairement.
07:43Mais pourquoi il nous faut un budget ?
07:45Parce que dans un budget, il y a aussi ce qui nous protège.
07:47Il y a aussi le budget des armées, il y a aussi le budget, on a dit,
07:50de notre administration pénitentiaire, il y a aussi le budget de la ministre à l'intérieur.
07:53Donc oui, moi, ministre des Comptes Publics, ministre du Budget,
07:57mon devoir, c'est de dire la vérité aux Français, on peut avoir un budget,
08:01et de leur dire la vérité, ce budget, il est aussi bon pour assurer l'essentiel,
08:05notamment de notre défense.
08:06Amélie de Montchamin, la ministre du Budget,
08:08qui veut un budget, était l'invité des 4V sur France 2.
08:11Bonne journée à tous, désolée pour le débord.
08:13Merci beaucoup à tous les deux, merci Annick Motan,
08:15qui a traduit cette interview en langue des signes.
08:16Merci.
Écris le tout premier commentaire