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Regardez Les auditeurs ont la parole avec Antoine Cavaillé-Roux du 07 août 2026.
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00:05Midi et demi, 13h30, RTL Midi, les auditeurs ont la parole, avec Guillaume Ouattara.
00:11Eh oui, on est vendredi, vous avez la parole jusqu'à 13h30, appelez-nous au 3210, deux sujets.
00:16D'abord cette histoire, j'ai envie de dire à peine croyable, mais on finit par y croire,
00:21une femme de 85 ans, restée 144 heures sur un brancard aux urgences, faute de lit,
00:27c'est ce que lui a dit l'hôpital, qu'il reconnaît, on a eu l'hôpital tout à l
00:30'heure
00:31par la voix de Simon Marseille, notre journaliste, qui disait, bah oui, on va essayer d'acheter
00:34des lits supplémentaires, c'est pas la faute des soignants évidemment, c'est les difficultés
00:38aussi de l'hôpital public, de cet argent, alors est-ce que vous avez déjà vécu des
00:42situations similaires, et puis si vous êtes soignant, comment vous vivez dans cette situation
00:46un peu de galère, venez nous le dire au 3210, et puis on essaiera de prendre un peu de légèreté
00:51aussi avec l'été, on n'était pas facile, canicule, incendie, les prix qui montent
00:56notamment à la pompe, venez nous dire quel impact ça a sur vos vacances, et comment
01:00vous arrivez à déconnecter.
01:02Avant ça, on se fait un rapide point sur l'actualité du jour, et d'abord, à 8 mois
01:05de l'élection présidentielle, la France qui hausse le ton face aux ingérences étrangères,
01:10le chef de la diplomatie Jean-Noël Barraud prévient, Paris ne tolérera aucune tentative
01:14d'ingérence dans le débat démocratique, ces derniers jours, plusieurs candidats déclarés
01:18ou pressentis ont été visés par des campagnes de désinformation attribuées à des
01:22réseaux pro-russes, on parle d'Edouard Philippe, de Raphaël Glucksmann ou encore de Gabriel
01:27Attal.
01:28Le pape Léon XIV rencontrera lors de son voyage en France, à la fin du mois de septembre,
01:32des victimes de violences sexuelles dans l'église, c'est l'annonce ce vendredi
01:36du Vatican qui n'a pas donné de détails supplémentaires dans l'immédiat.
01:40En France, le taux de chômage repart à la hausse, il atteint 8,3% au deuxième trimestre
01:45selon l'INSEE, son plus haut niveau depuis 5 ans, mais l'Institut rappelle qu'il reste
01:50nettement en dessous de son pic de 2015.
01:53On avait, il y a un instant, Thibaut Guilloui, le directeur général de France Travail, qui
01:57nous disait que ses équipes sont à l'œuvre et que l'objectif est de ramener tout le
02:00monde vers l'emploi.
02:02Et puis du côté de la santé, les autorités préconisent l'isolement des personnes ayant
02:06été en contact avec le cas d'antavirus détecté cette semaine.
02:10Un touriste franco-argentin en Espagne, mais passé par la France, autorité de santé,
02:16qui rappelle que le risque de transmission reste faible.
02:20Allez, coup d'œil sur vos conditions météo pour les prochains jours, Peggy Broch.
02:23Une chaleur qui va s'installer sur la France dans les heures qui viennent.
02:27Oui, et les températures commencent à grimper aujourd'hui, elles vont continuer demain,
02:31même si les nuits restent respirables.
02:32En tout cas, pour demain, sur la plupart des régions, on sera souvent sous les 20 degrés,
02:37sauf près de la Méditerranée, où on va les dépasser.
02:39Et dans l'après-midi, on sera entre 26 et 28 degrés près de la Manche.
02:43Aujourd'hui, on est entre 21 et 25.
02:4530 à 34 degrés sur le reste de la moitié nord, 34 à 38 dans le sud.
02:50Il fera demain 38 à Toulouse comme à Montauban, sous un beau soleil,
02:53légèrement voilé sur le nord-ouest, mais ça n'empêchera pas l'impression de beau temps.
02:57Et puis, des averses orageuses se mettront en place en journée sur les Pyrénées
03:01et gagneront les plaines du sud-ouest en soirée.
03:04Et pour dimanche, dégradation orageuse du sud-ouest au centre-est.
03:08On aura quelques orages, alors moins marqués et plus localisés sur les régions au nord.
03:14Et la chaleur va se propager vers le nord.
03:16On sera souvent entre 30 et 35 degrés.
03:19Et des températures qui vont légèrement baisser dans le sud-ouest avec les orages.
03:23Mais ça va repartir à la hausse à partir de lundi.
03:25Et on va atteindre un plateau entre mercredi et vendredi,
03:28où on dépassera souvent les 30 degrés, même au nord.
03:31On sera entre 35 et 38 degrés dans beaucoup de régions entre mercredi et vendredi.
03:36Merci beaucoup, Péguy.
03:43Et avec vous, surtout, au 30 de 10.
03:47Et on commence par cette histoire qu'on vous a racontée dans le journal.
03:51144 heures de calvaire sur un brancard aux urgences.
03:54C'est ce qu'a vécu une retraitée de 85 ans à l'hôpital d'Orléans.
03:58144 heures, c'est 6 jours et 5 nuits parqués dans un couloir faute de lit.
04:03Histoire à peine croyable, donc qu'on débriefe avec vous ce midi.
04:08Bonjour Olivier.
04:10Olivier de Calais, est-ce que vous nous entendez ?
04:12Oui, bonjour, oui, bonjour.
04:13Excusez-moi.
04:14Bonjour, bonjour.
04:14Merci beaucoup d'être avec nous.
04:16Olivier, ces galères aux urgences, vous les avez déjà vécues ?
04:20Je l'ai vécu une fois quand je me suis cassé le poignet en faisant du vélo électrique,
04:25enfin du vélo électrique, bien sûr.
04:27Et je me suis cassé le poignet et bien sûr, attention, les compliqués sont venus.
04:34Bonne prise en charge.
04:35Oui, bonne prise en charge.
04:36Non, je n'ai rien de dire.
04:38Je ne veux pas tirer sur l'ambulance, excusez-moi ce mauvais mot.
04:42Mais bon, effectivement, quand je suis arrivé aux urgences, j'ai attendu 24 heures avant
04:47d'être symptomisé, comme on dit, voir ce que j'ai et puis j'ai attendu 48 heures
04:53avant d'être opéré.
04:55C'est-à-dire que vous êtes arrivé, on va faire la timeline, on va regarder un peu
04:59les oeufs, vous êtes arrivé à quelle heure aux urgences ?
05:02Oh, il devait être midi, 13 heures je pense.
05:04D'accord, donc là vous êtes accueilli par les services d'accueil qui prennent toutes
05:08vos informations, votre carte vitale et le médecin, donc vous arrivez à midi, 13
05:12heures, il vous reçoit quand le médecin ?
05:14Oh mon Dieu, vers 20 heures à peu près.
05:16D'accord, vers 20 heures, là il regarde et après qu'est-ce qui s'est passé ?
05:21Après je fais les contrôles nécessaires, ça là-dessus, je n'ai rien à dire, etc.
05:27Donc je fais les radios, tout ça et là on me dit 2-3 heures après, votre poignet
05:31est cassé, tout simplement.
05:33Donc là on est au cœur de la nuit ?
05:35Oui, tout à fait, donc je dis qu'est-ce que je fais ?
05:37Et ils me disent, bah vous repartez chez vous et vous revenez dans 3 jours, on va
05:40vous opérer, voilà tout simplement.
05:42D'accord, donc vous avez dû partir avec une petite attelle et donc l'opération est
05:46intervenue beaucoup plus tard ?
05:48Oui, 3 jours après, donc voilà.
05:50Mais après je n'en veux pas parce que je pense que les services d'urgence font face
05:54à une crise profonde par la saturation des structures, le manque de lits, etc.
06:00Je n'en veux pas au personnel, un soignant loin de moi.
06:03Loin de moi, bien sûr, j'ai été opéré par un médecin qui était en chirurgie, enfin
06:07qui était formidable, mais qu'est-ce que c'était donc ?
06:13Oui, cette attente et de ne pas savoir.
06:15On est aussi avec, restez avec nous Olivier, avec Kader Dali par téléphone.
06:19Bonjour Kader Dali.
06:21Bonjour, bonjour tout le monde.
06:22Bon, donc vous aussi vous avez vécu ces mésaventures des urgences, vous l'avez vu de l'intérieur
06:27pour votre maman, je crois.
06:28Oui, j'ai ma mère qui est décédée en avril, mais limite, c'est la grande tristesse
06:35de notre patrimoine qui était la santé en France, qui font comme neige au soleil, malgré
06:43ce qu'on a pu vivre avec la crise sanitaire du Covid, ça ne nous a pas servi de leçon,
06:49le corps médical est en dépression, comme nos pompiers qui sont en dépression.
06:54On se rend compte du problème quand on est au pied du mur, quand on a le feu, on se
06:59rend compte qu'on n'a que quelques Canadaires, quand on a la crise sanitaire, on se rend
07:03compte que les infirmiers sont maltraités, sont sous-payés.
07:06Moi j'habite à Nancy, on n'est pas loin des belles frontières de l'Allemagne et
07:11du Luxembourg, donc maintenant le problème c'est qu'on a une fuite, tout ce personnel
07:17hospitalier se sauve parce qu'ils ne sont plus considérés à l'étranger qu'en France,
07:21ce qui est paradoxal. Le paradis de la santé c'était la France à l'époque. Mon père
07:26qui venait d'Algérie à l'époque me disait toujours, la France c'est le travail et
07:30c'est aussi grâce à la santé qu'on est là.
07:33Et vous quand votre maman a été hospitalisée comme elle était, j'imagine, en urgence
07:38absolue ?
07:39Elle était en neurologie, ouais, elle était en neurologie.
07:41Mais ça a été rapide quand même.
07:43Oui, ça a été rapide, bon elle a été transférée de Metz, mais moi je tire mon
07:47chapeau au personnel hospitalier, j'ai dormi sur place, ils nous ont autorisés, vu que
07:53c'était la fin de vie, à dormir sur place. Vraiment, s'il y a une légion d'honneur
07:58à donner, c'est à ces gens-là, quoi.
08:00Qu'on applaudissait pendant la crise sanitaire.
08:02Oui, mais comme on applaudit les pompiers, puis après on les caillasse, c'est toujours
08:05pareil en France.
08:07On les caillasse, vous parlez des manifestations des pompiers qui avaient été réprimées.
08:12Oui, oui, ou dans les quartiers, alors qu'on devrait les féliciter.
08:15Oui, aussi.
08:15Mais c'est toujours pareil, on a adulé un roi, on l'a guillotiné après, je pense qu'on
08:21est un peu schizophrène en France.
08:23Et on a la mémoire très courte, parce que normalement, avec la crise sanitaire qu'on
08:28a subie, on ne devrait pas subir ce qu'on subit maintenant dans les urgences.
08:32On a une dame qui est morte à l'hôpital de Nancy, elle est arrivée aux urgences, elle
08:37a attendu 9 heures, elle est partie aux toilettes, elle est morte dans les toilettes en mois de
08:41juin.
08:41Je lui ai dit, mais qu'est-ce que c'est que ce truc-là, quoi.
08:43Une dame de 72 ans, 73 ans, c'est quelqu'un qui est partie aux toilettes, qui n'arrivait
08:48pas à ouvrir la porte, qui l'a trouvée dans les toilettes morte, parce qu'elle
08:51avait des douleurs au ventre, bon, il y a une autopsie, je ne sais pas où en est
08:54l'enquête, mais je trouve qu'à un moment donné, à force de, je ne sais pas, d'être
09:00dans un fatalisme et de ne pas trouver les solutions alors qu'on les a.
09:05Et ce serait quoi les solutions, alors ?
09:07Le numerus clausus, déjà, il va falloir qu'on arrête de se mettre des balles dans
09:11le pied.
09:11Alors qu'on explique bien le numerus clausus, c'est le nombre de places en médecine
09:15qu'on octroie chaque année.
09:17Il y a une réforme, il y a 7 ans de mémoire, justement, on l'a un peu débridée.
09:21Pas suffisante, pas suffisante, mais du tout.
09:23On a 20% de médecins étrangers, hors communauté européenne, les premiers médecins étrangers,
09:29c'est les Algériens après les Tunisiens, et en Europe, c'est les Roumains, ils sont
09:3345%.
09:34On a des médecins qui arrivent hors de l'Europe, alors il y a énormément de personnes qui
09:38voudraient faire mes clignes.
09:39Donc pour vous, c'est un système qu'il faut réformer.
09:41Alors hier, on le disait, il y a une hausse, un peu plus de 20% d'internes supplémentaires,
09:46c'est un petit début, disent les syndicats, et c'est justement lié à toute la difficulté
09:51des réformes de médecine, c'est que les études sont tellement longues que quand on
09:53prend une décision aujourd'hui, on n'en voit les bénéfices que 10 ans après.
09:59Oui, oui, tout à fait, moi je pense que oui, la répercussion, elle sera dans quelques
10:03années, mais déjà, prenons les bonnes décisions.
10:08Gouverner, c'est gérer, c'est anticiper, et on a l'impression qu'on est dans un bateau
10:11qui vogue à vue, on a les mêmes problèmes, moi j'ai regardé l'affaire Liana, problème
10:17de justice, l'affaire des pompiers, problème de Canadair, comment on n'arrive pas à anticiper
10:22dans ce pays-là ?
10:22C'est une question de gestion plus globale ?
10:24Oui, je pense réellement qu'on a un problème d'anticipation en France, on a des crises
10:29qui se répètent chaque année, et chaque année, pareil pour les problèmes de canicule,
10:34alors la France, à l'époque, on disait qu'on prend soin de nos enfants, on prend soin
10:38de nos seniors, force est de constater que nos écoles ne sont pas climatisées, et que
10:43nos EHPAD ne sont pas tout climatisées.
10:44Les hôpitaux, c'est pareil, ma mère, au mois de juin, au mois d'avril, elle commençait
10:48à faire chaud, et c'est un hôpital qui est hyper vitré, il n'y avait pas de clim.
10:52Donc le manque de moyens, merci Kader Dali, restez avec nous, on va marquer une courte
10:56pause dans les auditeurs en la parole, et puis on revient avec vous au 3210 pour parler
11:00de ce manque de moyens, je vous rappelle cette affaire, une femme de 85 ans à Orléans,
11:04ancienne élue de la ville en plus, pas n'importe qui, entre guillemets, elle a connu, elle
11:08a géré, elle a été aux manettes de la ville, et bien elle est restée 6 jours et 5
11:12nuits sur un brancard aux urgences, faute de lit.
11:15A tout de suite !
11:29Et oui, vous avez la parole au 3210, évidemment.
11:33Merci d'être avec nous jusqu'à 13h30 donc, et on parle de cette affaire, de ce témoignage
11:38que vous avez entendu tout à l'heure dans notre édition, une femme de 85 ans à Orléans,
11:43qui est restée 6 jours et 5 nuits sur un brancard aux urgences, faute de lit, elle avait
11:47une hémorragie, elle a décrit un enfer, et elle a fini par signer elle-même le fait
11:52qu'elle voulait bien partir sans être soignée plus, parce qu'elle n'en pouvait plus,
11:56elle était à bout.
11:57Bonjour Philippe !
11:58Bonjour Guillaume !
11:59Merci d'être avec nous, vous êtes retraité depuis 2 ans, vous avez travaillé au service
12:04des urgences, comme conducteur au SMUR.
12:08Au 5 nuits, pendant 39 ans et 8 mois, donc moi j'ai vu la dégringolante de l'hôpital
12:12à l'arrivée de Nicolas Sarkozy, sous la tutelle de Xavier Bertrand, alors là la fermeture
12:16des lits, et puis la création des GHT, et puis les multiples postes dans des établissements
12:21de santé.
12:23Donc pour vous c'est les choix politiques qui ont été faits, mais qu'est-ce que vous viviez
12:26concrètement ? Avant de parler évidemment de ces décisions politiques, ça ressemblait
12:31à quoi les dernières années quand vous étiez au SMUR ?
12:33Les dernières années, on voyait les gens dormir sous des brancards ou sous des chaises,
12:36donc le médecin et l'infirmière appelaient le directeur de garde, ben faites au mieux,
12:40on ne peut pas faire mieux.
12:41On a fait 3,5 millions d'euros de travaux, on n'a pas agrandi, on a toujours 5 chambres
12:46pour en moyenne 20 patients la nuit, et puis la serre sur le gâteau, les ARS sont fermés
12:53à partir de 20h, ils n'ont mis qu'une seule ambulance de garde, donc quand vous avez
12:56un patient à transférer à plus de 100 kilomètres, l'ambulance est partie.
12:59Donc vous n'avez pas de possibilité de retour dans les EHPAD ou à domicile pour les gens,
13:03donc vous vous retrouvez devant le fait accompli.
13:06Et puis en plus, ce sont des gens qui dorment sur des brancards sous des chaises, et on leur
13:09facture une nuit d'hospitalisation à 1500 euros.
13:12Et vous avez la passion de la direction, et quand vous les appelez pour dire qu'il
13:15faut une solution, lui arrêtez de nous déranger.
13:18Ils sont payés ces directeurs-là, on a multiplié les postes de directeur, moi en 85 j'avais
13:22un directeur dans l'établissement.
13:23Quand je suis parti en retraite il y a 2 ans, on avait 13 directeurs, alors de partout,
13:27de partout ça sort.
13:29Et ça donnait quoi vous sur vos conditions de travail et sur vos collègues ? C'était
13:32quoi l'état d'esprit quand vous êtes parti à la retraite ?
13:35La conscience professionnelle reste, mais un dégoût de la hiérarchie, parce que vous
13:39n'avez aucune considération.
13:41Moi j'ai travaillé 39 ans et 8 mois, le jour de ma retraite le directeur me fait un
13:46cadeau de départ, un bocal de pâté, 5 madeleines et un litre de jus de pomme.
13:50Je pense qu'il aurait mieux fait de garder ça.
13:52Et puis comme j'entendais votre auditeur Kader, en Lorraine on n'a pas su réagir,
13:57vous n'êtes pas loin du Luxembourg, pas loin de l'Allemagne, les jeunes étudiants
14:00qui sortent des écoles infirmières se savent au Luxembourg.
14:02Quand vous démarrez à 1800 euros en France avec un salaire d'un infirmier que vous
14:06avez au Luxembourg, vous avez 3500 euros.
14:07Vous touchez combien vous comme conducteur au SAMU ?
14:10Moi en fin de carrière je vais toucher 2300 euros avec deux week-ends et six nuits.
14:14Ah oui, c'est pas grand chose.
14:15Donc là aujourd'hui, je suis en retraite, donc je n'ai plus de prime de nuit ni de
14:20week-end, je suis parti avec 1510 euros de retraite pour 44 années de travail et
14:25cotisé.
14:26Donc c'est pas attractif.
14:27Et là on connaît les problèmes.
14:28Et le pire, c'est que nous avons eu un ministre qui s'appelle François Braun, qui est médecin
14:33urgentiste, qui a été patron du SAMU, il a été ministre de la Santé, il n'a même
14:36pas été foutu de remettre un coup d'impulsion dans le service de santé.
14:40Mais est-ce que c'est réformable, vous qui avez vécu ces services d'urgence de l'intérieur,
14:44qu'est-ce qu'il faudrait faire justement ? Commencer peut-être par une revalorisation
14:47des salaires, mais ça changera la question des moyens ?
14:51Oui, oui, oui, il faut que ça soit plus attractif.
14:53Et puis prendre les considérations de travail en cause.
14:57Aujourd'hui, l'hôpital ne peut plus fonctionner.
15:01Tous les ans, vous avez des services d'urgence qui ferment et vous dépassez 80-100 kilomètres.
15:07Et la dame qui a dormi sur un brancard, ce n'est pas une exception.
15:10Vous allez en Haute-Marne, vous avez les patients qui ont été hospitalisés dans un garage
15:13du centre hospitalier.
15:15Mais tous les jours, il y a des problèmes comme ça.
15:16Le problème, c'est qu'on a des élus. Je ne parle pas des élus locaux.
15:19Je parle des élus au niveau de Paris, de l'Assemblée nationale, des sénateurs.
15:23Tout le monde sait, mais c'est la politique de l'autruche.
15:26On ne fait rien, pas de bruit, pas de vagues.
15:28Et on dit à chaque fois, vous savez, la communication politique consiste à dire
15:31on met plus de moyens, on égrène les milliards.
15:33Vous pensez que ça ne marche pas, ça ?
15:35Non, non, c'est faux, c'est faux, c'est du blabla.
15:37Parce que moi, j'ai assisté à une manifestation avec le corps médical du centre hospitalier
15:43pour la fermeture d'une maternité et d'une pédiatrie.
15:45On avait plus de 650 accouchements, ça a fermé.
15:49On n'a même pas eu la visite ni de la mairesse de la ville, ni le député.
15:55Vous voyez, ils ne se sont pas du tout intéressés.
15:57Et aujourd'hui, maintenant, ils disent, il faut rendre l'hôpital plus attractif.
16:00Vous avez coupé la branche auquel le personnel était assis dessus.
16:03Ça ne peut pas fonctionner comme ça.
16:05Et puis, ce n'est que le début, malheureusement.
16:08Malheureusement.
16:08On a affaire à des gens qui sont hors connexion.
16:11Vous avez des députés.
16:12Ce sont des députés de l'Assemblée nationale.
16:16En gros, le dimanche matin, on va mettre une médaille, on va à un monument mort.
16:20Ils ne sont pas...
16:21Pour vous, c'est la déconnexion dont on parle souvent, nos élites, nos classes dirigentes.
16:25On l'entend, Philippe.
16:26Dans les gendarmeries, dans la police, dans les pompiers.
16:28Il n'y a plus rien.
16:29Les hôpitaux en France, c'est pire que l'armée mexicaine.
16:33Vous verriez le monde de directeurs.
16:35Directeurs d'affaires médicales, directeurs de communication, directeurs des affaires sociales,
16:41directeurs des rapprochements en clinique privée.
16:43Vous n'avez que des posés directeurs.
16:44Et puis, vous avez les cadres de santé qui arrivent, qui passent en moyenne 5 heures de réunion par jour.
16:49Des réunionnites, ça ne sert à rien, tout ça.
16:51On vous s'en notez parce que vous avez vécu ça pendant 39 ans.
16:54Je suis dégoûté.
16:55Oui, on l'entend.
16:56Dégoûté.
16:57Vraiment, j'ai perdu une partie de ma vie à travailler.
17:00Et en fait, ça n'a servi à rien parce que j'ai vu la dégringolote des hôpitaux.
17:04Et j'ai 62 ans et je ne souhaite pas tomber malade parce que je me posais des questions dans
17:09quelles conditions.
17:10Voilà, dans quelles conditions.
17:10Vous restez avec nous parce que vous avez 62 ans.
17:13On a quelqu'un plus jeune que vous, plutôt début de carrière.
17:16C'est Kevin qui est avec nous.
17:16Bonjour Kevin.
17:17Oui, bonjour.
17:1831 ans.
17:19Vous avez été soignant pendant 10 ans aux urgences.
17:22Et vous avez préféré arrêter, raconter.
17:24Oui, c'est ça.
17:25Pendant 10 ans, j'ai exercé dans un petit service hospitalier dans la métropole du Havre.
17:31Et en fait, j'ai travaillé pendant 10 ans de nuit.
17:35Et en fait, j'ai fini par être dégoûté des conditions de travail.
17:37Qu'est-ce qui vous a dégoûté ?
17:39Franchement, j'avais honte d'exercer ma profession à la fin parce que je me dis que quand on n
17:44'est pas capable de s'occuper de nos anciens qui se sont battus pour avoir ce qu'on a à
17:48l'heure actuelle et qu'on n'est même pas capable de s'occuper d'eux, les laisser traîner sur
17:51des brancards pendant des heures sans pouvoir ne serait-ce que discuter 5 minutes avec eux, leur donner un plateau
17:56repas, moi je trouve ça honteux.
17:58Parce que vous, c'est ce que vous viviez concrètement ? Qu'est-ce qui se passait dans l'hôpital
18:01où vous étiez ?
18:01Oui, concrètement, c'était ça parce que manque de lit d'aval, manque de bras.
18:06Et du coup, on laisse les patients comme ça errer dans les couloirs sur des brancards sans pouvoir les prendre
18:11en charge, sans pouvoir les hospitaliser.
18:13Et en fait, ce genre de choses, moi à la fin, je ne pouvais plus parce que c'est un
18:18métier passion que j'avais.
18:20Et en fait, j'ai été dégoûté de mon métier.
18:24C'est le même mot, Patrice, le dégoût.
18:26Oui, clairement, j'ai été dégoûté alors que c'est un métier que je faisais vraiment avec passion.
18:32Et en fait, j'ai fini par être dégoûté.
18:34Et moi, ce que j'ai envie de poser comme question au gouvernement, que si c'était leur papa, leur
18:39maman, leurs grands-parents,
18:40qu'on laisserait traîner sur des brancards pendant des heures et des heures, comment ils réagiraient aujourd'hui ?
18:45Comment ils réagiraient ?
18:46Et est-ce que vous essayez à l'époque, quand vous étiez aux urgences, de dire...
18:49Bah voilà, on parlait des chefs, Philippe nous parlait du nombre de chefs, des directeurs.
18:54Vous essayiez à l'époque de leur dire, attendez, c'est pas possible ce qui se passe, ou bien un
18:58métier puissant ?
18:59Je me suis battu pendant des années.
19:02Mais en fait, on parle à des murs.
19:04Concrètement, déjà, si on commençait par remettre des directeurs qui sont passés par les soins,
19:10qui savent vraiment du sujet duquel on parle,
19:13déjà, je pense que ça changerait beaucoup de choses.
19:15Parce que maintenant, les directeurs de centres hospitaliers,
19:18c'est des directeurs qui sortent des écoles de management ou ce genre de choses.
19:22Mais ces gens-là, ils n'ont jamais été confrontés aux soins proprement parlés.
19:26Et ils ne savent pas de quoi ils parlent, en fait.
19:28Eux, ce qu'ils voient, c'est juste de la rentabilité.
19:30Moi, on me l'a sorti.
19:31Bah non, il faut être plus rentable.
19:33Il faut faire des hospitalisations.
19:34Mais des hospitalisations, dans quelles conditions ?
19:37Dans quelles conditions ?
19:38Comme disait le monsieur juste avant moi,
19:40de faire facturer un patient une nuit d'hospitalisation
19:43et de le faire dormir sur une chaise ou dans un brancard
19:45à 80 et 90 ans,
19:47c'est scandaleux.
19:48C'est scandaleux.
19:49Je suis désolé, mais...
19:51Jusqu'où ça va aller, en fait ?
19:52Et comme me disait le Kader juste avant,
19:55de toute façon, en France, on se réveille une fois qu'on a le bec dans l'eau.
19:57Le Covid, c'était ça.
19:59On s'est moqué à tort et à cri de Mme Bachelot
20:02quand elle avait fait un stock de masques,
20:04qu'on s'est foutu d'elle,
20:05de dire « ça ne sert à rien ».
20:06Et puis qu'au finalement, quand on s'est retrouvé dans la vague du Covid,
20:10on avait le bec dans l'eau.
20:11Parce qu'on n'avait plus rien.
20:13Plus rien, plus rien.
20:15Et malheureusement, ça dégoûte les gens.
20:17Et vous, aujourd'hui, vous faites quoi ?
20:19Maintenant, je travaille dans l'espoir au public.
20:21Ah oui, vous avez complètement...
20:22Vous n'êtes pas parti ailleurs, etc.
20:24Reconversion totale.
20:25Ah oui, complètement.
20:26Et en fait, parce que je me suis posé la question
20:29d'essayer d'aller voir dans un autre service.
20:31Et je me suis dit, de toute façon,
20:32l'herbe n'est pas plus verte ailleurs.
20:34Et en termes de conditions, de travail, de salaire,
20:36est-ce que c'est mieux aujourd'hui dans les travaux publics ?
20:39Alors, effectivement, c'est un tout à fait autre métier.
20:44Mais en termes de salaire, je m'y retrouve.
20:48Je rentre à la maison, je suis détendu,
20:50même si j'ai une grosse journée.
20:52Parce que le problème, c'est qu'en travaillant à l'hôpital,
20:54c'est qu'on ramène ça à la maison.
20:55Ça nous prend tellement la tête
20:56que malheureusement, on ramène ça à la maison.
20:58Et ce n'est pas le but.
20:59Mais aujourd'hui, je vous le dis en toute sincérité,
21:02je ne regrette absolument pas d'avoir quitté le niveau hospitalier.
21:06Merci Kévin.
21:06Restez avec nous, courte pause.
21:08Et puis on va continuer parce que vous êtes très, très nombreux.
21:10On va continuer sur ce sujet.
21:11Il y a beaucoup de témoignages intéressants aussi.
21:13Vous pouvez continuer à faire le 30 de 10.
21:15On est ensemble jusqu'à 13h30.
21:16Le manque de moyens dans les hôpitaux,
21:18ça vous fait beaucoup, beaucoup réagir.
21:19On va tout de suite.
21:24Merci d'écouter RTL.
21:32RTL, votre radio.
21:35Guillaume Ouattara.
21:36RTL midi, les auditeurs ont la parole.
21:4013h25, le temps passe.
21:42Mais en même temps, on ne le voit pas passer avec vos standards.
21:44C'est toujours très intéressant ce que vous nous racontez.
21:46Vous le savez, les auditeurs ont la parole.
21:47C'est votre émission.
21:48Et on a besoin, au-delà des informations qu'on donne,
21:51parce qu'on a des reporters sur le terrain.
21:52Mais les situations que vous vivez,
21:54c'est toujours des situations qui nous apprennent beaucoup de choses.
21:57Bonjour Patrice.
21:58Oui, bonjour.
21:59Vous nous appelez d'où ?
22:01De Blois.
22:02De Blois.
22:03Merci d'être avec nous ce midi.
22:04Vous l'avez vécu aussi par votre maman, c'est ça,
22:06cette situation assez catastrophique des hôpitaux ?
22:09Oui, effectivement.
22:11Moi, c'est pareil.
22:12C'est comme les précédents auditeurs.
22:14Ce n'est pas dans le monde médical que l'on veut.
22:17C'est plus à l'organisation.
22:19Et je pense que le problème vient de l'organisation des hautes sphères,
22:24de ceux qui sont hors connexion.
22:27Tous les politiques, tels que ce soit, de tous les milieux.
22:31Parce qu'ils vous promettent monts et merveilles,
22:33et résultats des courses sur le terrain,
22:36quand ils font les visites,
22:38évidemment, vous arrivez, l'hôpital est propre, et ceci, et cela.
22:41Mais sauf que, ce qui serait intéressant,
22:44comme disait un de vos auditeurs,
22:47c'était qu'ils restent pendant plusieurs mois dans un hôpital,
22:54jour et nuit, et qu'ils comprennent le fonctionnement.
22:57De voir de l'intérieur ce qui se passe.
22:59De l'intérieur.
22:59Parce que c'était facile, au jour d'aujourd'hui, de se promener.
23:03Non, c'est vraiment travailler.
23:05Patrice, il y a Béatrice qui vient nous appeler au 3210.
23:08On va vous reprendre, mais Béatrice, bonjour.
23:11Bonjour.
23:12Vous, vous êtes en train de vivre cette situation
23:14et ces problèmes des hôpitaux en ce moment même.
23:16Qu'est-ce qui vous arrive ?
23:18En ce moment ?
23:18Voilà, moi j'ai retrouvé mon fils la semaine dernière dans un état lamentable.
23:23Il ne pouvait plus marcher, il avait mal à un oeil, enfin bon, bref.
23:26Je l'ai emmené tout de suite, j'ai appelé les pompiers.
23:29Ils me l'ont emmené aux urgences.
23:30Je tiens à signaler que tout ce qui est médical, infirmière, médecin, pompier,
23:36sont extraordinaires.
23:37Bien sûr.
23:38On les remercie pour leur travail.
23:41Exactement.
23:42Donc, ils me l'ont emmené à l'hôpital de Montreux.
23:44Il est resté 11 heures sur une chaise,
23:46qu'il ne pouvait même pas marcher, se tenir comme il faut.
23:49Il n'avait pas d'alcool, je vous rassure, on ne sait pas ce qu'il a d'ailleurs.
23:52Peu importe.
23:5211 heures, ils l'ont sorti avec une boîte de Doliprane.
23:56Je l'ai emmené chez lui, du coup.
23:583-4 jours après, ses soeurs m'ont appelé.
24:00Ils m'ont dit, maman, écoute, ça ne va toujours pas, c'est pire de pire en pire.
24:04J'ai heureusement une amie, que je ne pourrais citer naturellement,
24:08qui travaille dans un hôpital, qui a réussi, écoutez-moi, pistonné.
24:13Non, mais c'est honteux.
24:14Un piston pour qu'il soit hospitalisé ?
24:16Exactement, monsieur.
24:17Elle a pistonné mon fils pour qu'il soit hospitalisé.
24:21Il a quand même, malgré ça, attendu 24 heures pour avoir une chambre.
24:24Mais bon, voilà, quand même, quand même.
24:26Mais donc, il a pu être pris en charge.
24:28Et il avait quoi, vous avez su ?
24:30Eh bien, je ne sais pas.
24:31Et là, ils l'ont, pour vous dire qu'il est bien malade,
24:33parce que là, aujourd'hui, cet après-midi, ils le transportent à Paris.
24:35D'accord.
24:36Ils le transportent à Paris.
24:38Donc, vous voyez, ce n'était pas une petite blessure, ni un petit bobo.
24:42Et en fait, le manque de moyens, ce que vous nous dites,
24:44c'est que ce manque de moyens-là, il peut engendrer des erreurs.
24:48C'est-à-dire que là, s'il n'avait pas été traité correctement,
24:51son état se serait peut-être dégradé.
24:52Mais ce n'est même pas des erreurs, monsieur.
24:54Il y a tellement de monde dans les hôpitaux.
24:56Oui, les médecins, les infirmières, ils ne peuvent plus fournir.
25:02Ils prennent comme ils peuvent, les pauvres.
25:04Ils n'ont pas vu, peut-être, que c'était une grande urgence,
25:06parce qu'elles ne sont pas médecins.
25:08Et puis, il est jeune, j'imagine, votre fils, il a quel âge ?
25:10Il a 40 ans.
25:11D'accord.
25:12Il a 40 ans.
25:13Mais maintenant, vous vous rendez compte, un piston pour qu'il soit soigné.
25:17Et il aurait peut-être...
25:17Moi, d'après ce que j'ai compris, son état était vraiment très grave.
25:22Donc là, il est sur Paris.
25:25Et moi, ce que je veux dire aussi, parce que là, j'en peux plus.
25:28C'est ce que je dis, j'en peux plus de la France.
25:30Quand vous voyez ça,
25:33on trouve de l'argent pour faire la guerre, pour tuer des gens,
25:36mais on ne trouve pas de l'argent pour soigner.
25:38Je trouve ça scandaleux.
25:40J'ai envie de vomir, franchement.
25:42C'est dommage de dire ça à la radio.
25:43Mais quand j'ai vu mon fils dans l'état être obligé d'avoir un piston
25:46pour qu'il puisse rentrer à l'hôpital,
25:48vous vous rendez compte que tout le monde, malheureusement,
25:50ne peut pas avoir un piston.
25:51Et dans tous les cas, on ne pourrait pas faire dormir tout le monde.
25:54Il n'y a plus de lit, il n'y a plus d'infirmière.
25:56Les médecins, ils sont archi...
26:00Rien ne va.
26:01On entend votre colère, Béatrice, ce midi.
26:04Merci d'avoir été avec nous.
26:05On vous souhaite beaucoup de courage à votre fils aussi.
26:07C'est dramatique, cette situation dans les hôpitaux.
26:11Comme vous l'avez dit et comme vous avez été nombreux à le dire,
26:13évidemment, on pense aussi aux soignants
26:16qui ont un travail extrêmement difficile, extrêmement pénible.
26:20Ils sont peut-être nombreux à nous écouter ce midi.
26:24Donc, on salue leur travail
26:25et on souligne le manque de moyens, évidemment, pour les hôpitaux.
26:28Beaucoup de courage à vous, Béatrice, et à votre fils.
26:30On pense fort à vous.
26:31Merci d'avoir été avec nous dans RTL Midi.
26:33Les auditeurs ont la parole.
26:34Merci d'avoir regardé cette vidéo !
26:35Sous-titrage Société Radio-Canada
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