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  • il y a 5 heures
Nadir Sedrati, beau parleur, escroc, voleur d'identités. Au printemps 99, son ombre se reflète soudain à la surface d'un canal de Nancy. Remontent ici des bras, des jambes, une tête. Un puzzle sordide qui conduit à plusieurs cadavres.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:0114h15, c'est l'heure du crime sur RTL.
00:04J'ai vu ce pied, il était griver dans un état de décomposition avancée.
00:09Sur le coup, j'ai pensé qu'effectivement, il avait été coupé par une hélice de bateau.
00:12Le lundi 31 mai, l'éclusier m'appelle vers 6h du matin en me disant
00:16« Patrick, je crois qu'il y a une tête à l'amont de l'écluse. »
00:18J'ai dit « T'es sûr que c'est une tête ? »
00:19Je lui ai dit « Ah non, je ne suis pas sûr. »
00:21J'ai dit « Écoute, si c'est une tête, tu prends un seau et tu la mets dedans. »
00:24Bonjour, Nadir Sedrati, escroc et beau-parleur.
00:28Au printemps 99, c'est à la surface d'un canal à Nancy que son ombre va soudain se refléter.
00:35Ici, on remonte des bras, des jambes, une tête, un puzzle sordide qui conduit à plusieurs cadavres.
00:43Mais pourquoi ce médiocre voyou serait-il derrière ce carnage ?
00:47Et s'il n'en était pas à son coup d'essai, Nadir Sedrati, le dépeuseur de l'écluse,
00:53l'heure du crime, la seule émission Radio 100% fait diverser tout de suite sur RTL.
01:04Dimanche 30 mai 1999, un pêcheur à la ligne qui vient de s'installer sur le bord du canal de
01:11la Marne-Aurin,
01:12à Jarville, commune limitrophe de Nancy, est surpris par ce qui flotte sous ses yeux.
01:18Un pied humain.
01:20Les pompiers sont rapidement sur place.
01:22Un légiste identifie le pied droit d'un homme en cours de décomposition.
01:27Impossible de dire comment ce membre a été tranché.
01:31Le passage d'une hélice de bateau n'est pas exclu.
01:34Le lendemain, alors que la police n'a pas encore commencé à recenser les possibles accidents de bateau sur le
01:41canal,
01:42c'est une tête d'homme qui remonte à la surface.
01:45Pendant trois jours, les pompiers de Nancy participent ainsi à une macabre partie de pêche.
01:52Un tronc, un pied gauche, des viscères, un appareil génital masculin, des lambeaux de chair disparates.
02:00L'APJ de Nancy apprend que deux jours avant les premières découvertes,
02:04les employés du service de navigation ont exceptionnellement vidé l'écluse numéro 26 bis à Jarville.
02:12Le bassin dégageait une odeur de cadavre pestilentiel.
02:16Les employés avaient dégagé des lambeaux de chair et des eaux.
02:20Ils avaient pensé qu'il s'agissait d'un animal.
02:23Ils les avaient mis dans des sacs poubelles, le tout jeté dans une décharge.
02:28Par chance, ils n'ont pas été détruits.
02:30A l'intérieur des sacs, on découvre entre autres trois rotules humaines.
02:36Il y a donc au moins deux cadavres dans le canal.
02:39L'expertise établit une découpe nette des victimes.
02:42Les os ont été sciés manuellement.
02:45Pas d'arrachement des os et des chairs provoqués par le séjour prolongé dans l'eau.
02:50On constate la présence d'estafilades qui correspondent à l'utilisation d'une arme blanche, écrit le légiste.
02:58Mardi 15 juin 1999, l'expert toxicologue indique que l'analyse des tissus humains du canal révèle une importante concentration
03:08de cyanure de potassium.
03:09Avant d'être découpé, les victimes seraient donc mortes empoisonnées.
03:14Le médecin légiste et deux experts du laboratoire de police scientifique de Paris s'affairent sur l'épiderme des doigts
03:21d'une main droite.
03:22Ils vont patiemment restaurer les tissus jusqu'à redessiner les douze points qui constituent l'empreinte digitale de l'un
03:31des doigts.
03:32Le 7 juillet, le résultat est transmis au tout nouveau fichier informatisé des empreintes digitales.
03:37Le résultat est saisissant.
03:40Cette main droite appartient à un ressortissant allemand, Hans Gassen, âgé de 55 ans.
03:46Il est connu pour des histoires d'escroquerie et de stupéfiants.
03:50Sa dernière condamnation a été prononcée à Mulhouse.
03:53Il est sorti récemment du centre de détention de Saint-Miel, dans la Meuse.
03:58D'autres morceaux de corps, humérus droit, deux fémurs, un tibia gauche, lui appartiennent.
04:04Les enquêteurs remontent la piste à Hans Gassen, premier mort identifié du canal, à la prison de Saint-Miel.
04:11Il avait pour co-détenu un autre allemand, Hans Joachim Müller.
04:15Müller est toujours vivant.
04:17Il explique avoir vu pour la dernière fois Gassen le 20 mai.
04:21Il est venu lui rendre visite, chez lui, en Allemagne.
04:24Il a passé une nuit sur place.
04:25Il avait sur lui une importante somme d'argent.
04:30Il est parti sans prévenir le lendemain matin, vers 7h, au volant d'une voiture de location.
04:35Müller l'a appelé sur son portable.
04:38Gassen lui a dit qu'il allait à Laksou, dans la banlieue de Nancy.
04:42Il avait rendez-vous avec un dénommé Nadir Cedratti,
04:46un homme que les deux Allemands ont connu à la prison de Saint-Miel.
04:50Il leur avait même proposé de monter des arnaques.
04:54Le numéro de téléphone de Cedratti est au nom d'un certain Philippe Grossiot.
04:58C'est une fausse identité.
05:00C'est bien Cedratti, 61 ans, connu pour escroquerie,
05:04qui habite à Laksou, locataire d'un studio, au 38 avenue de l'Europe.
05:0921 juillet, presque deux mois après la découverte des corps,
05:12Nadir Cedratti est interpellé.
05:16Et on va voir, mais pas tout de suite,
05:18ce que Nadir Cedratti va raconter aux policiers,
05:20et surtout ce qu'on va retrouver chez lui.
05:22Un décor des plus lugubres,
05:25qui pourrait faire de cet escroc souriant,
05:27et plutôt désinvolte, en tout cas très beau parleur,
05:30un abominable tueur en série.
05:32Mais tout ça, on va en parler dans la suite de l'heure du crime.
05:34Alors il y a ces découvertes macabres dans ce canal de la Marne,
05:38au Rhin,
05:38et puis autour d'une écluse.
05:41Bonjour Jean-Christophe Herbstein.
05:43Bonjour.
05:44Merci beaucoup d'être avec nous en direct dans l'heure du crime.
05:46Vous êtes ancien journaliste à l'Est Républicain.
05:49Et votre concours nous est précieux aujourd'hui,
05:51parce que vous connaissez très bien cette affaire,
05:53vous l'avez suivi, évidemment, pour l'Est Républicain,
05:55qui est le grand journal de cette région.
05:57Il faut lire l'Est Républicain, c'est un excellent journal.
05:59Jean-Christophe Herbstein,
06:05première question,
06:06il y a cette découverte des morceaux de corps dans un canal,
06:09on est à Nancy,
06:10on n'est pas très très loin finalement de la place Stanislas à Nancy.
06:13Évidemment, tout de suite, ça frappe les imaginations.
06:16Alors, pas tout de suite quand même,
06:18parce qu'au départ,
06:19c'est vraiment un fait divers, un peu ordinaire,
06:22il y a des bouts de cadavres qui sortent du canal
06:27et on se dit,
06:29c'est peut-être quelqu'un qui s'est donné la mort,
06:32qui s'est jeté dans le canal,
06:33ou un accident, etc.
06:35Et donc, très honnêtement, au début,
06:37c'est vraiment des entrefilés
06:38qu'on connaît d'une manière assez sobre.
06:41C'est pas, dès le départ, ça n'a pas été,
06:44il faudra attendre un petit peu
06:45pour que ça devienne quelque chose de plus important.
06:48Oui, bien sûr, parce qu'il y a,
06:49effectivement, il y a cette pêche macabre
06:51qu'on pourrait l'appeler,
06:52qui est pratiquée par les policiers.
06:54Évidemment, tous les jours,
06:55on a l'impression qu'on va sortir quelque chose du canal.
06:57Donc, ça va commencer à faire beaucoup.
06:59Alors, on va savoir, Jean-Christophe Herbstein,
07:02qu'il y a au moins deux cadavres dans l'eau.
07:04Évidemment, là, on commence à se poser des questions,
07:07quand même, ce mois-là.
07:08Je m'en souviens très, très bien,
07:09effectivement, quand j'étais au commissariat,
07:11qu'on m'a dit,
07:12bon, il y a une rotule,
07:13il y a deux rotules,
07:13il y a trois rotules.
07:15Là, on s'est dit, il y a un problème.
07:17C'est peut-être pas le même.
07:19Ou alors, c'est une bête assez curieuse.
07:20Il a même été question,
07:22à un moment,
07:22que c'était peut-être un couple.
07:24Ça n'a pas duré longtemps.
07:26On a parlé d'un couple.
07:28Mais ça n'a pas été là.
07:29Du moment où il y a eu deux cadavres,
07:33la certitude qu'il y avait deux corps,
07:35c'est là que l'affaire a commencé un petit peu à s'emballer.
07:40Parce que, un, d'accord,
07:41deux, c'est un peu plus mystérieux.
07:45Dans ce coin, autour de cette église à Jarville,
07:51c'est un coin plutôt tranquille, là ?
07:54Ce n'est pas un endroit très fréquenté.
07:57D'accord.
07:57C'est dans la banlieue de Nancy,
08:01ce n'est pas quelque chose.
08:02Mais il est arrivé souvent que des gens
08:04tombent dans l'eau,
08:06se donnent la mort.
08:07Et qu'ils soient,
08:09c'est un peu l'hypothèse qu'on avait au départ,
08:11et que les corps, sans être macabres,
08:13soient découpés par des hélices.
08:15Bien sûr, les hélices.
08:16Ça, on l'avait traité peu de temps avant, d'ailleurs.
08:20Mais les deux rotules,
08:22là, ça ne faisait plus aucun doute.
08:24C'est là que ça commençait un peu à inquiéter.
08:27À bouger.
08:27Bonjour, Maître Alexandre Boutier.
08:29Bonjour, Monsieur Richard.
08:30Merci beaucoup d'être avec nous en direct
08:32dans le studio de l'heure du crime.
08:33Vous êtes avocat au barreau de Nancy,
08:34et vous êtes un des avocats de Nadir Sedrati.
08:37Alors, Sedrati, on va en parler dans un petit moment.
08:39Il va arriver, il va rentrer en scène.
08:43Alexandre Boutier,
08:44l'enquête, elle est exceptionnelle.
08:46Il faut que vous nous parliez,
08:46parce qu'on découvre une main dans le canal.
08:50Et on va analyser cette main, plus que ça.
08:52Exactement.
08:52On est au début de ce qu'on appelle aujourd'hui,
08:55dans un anglicisme,
08:56le forensic,
08:56c'est-à-dire c'est l'analyse criminelle scientifique.
08:58Et c'est vrai qu'il va y avoir une expérience
09:00qui va être tentée par des médecins,
09:03c'est-à-dire de faire repousser la peau.
09:04On sait le faire,
09:05on savait le faire déjà à l'époque,
09:06c'est-à-dire pour les grands brûlés.
09:07Et en fait, on est une main qui ne donne rien.
09:09Et pour autant, en fait,
09:10ils vont reposer des lambeaux dessus,
09:12ils vont cultiver finalement la peau,
09:14qui même si la main est morte, par définition,
09:17eh bien, va faire réapparaître,
09:18réapparaître une empreinte digitale.
09:20Et cette empreinte digitale,
09:21elle va matcher immédiatement
09:22avec effectivement l'identité de Hans Müller.
09:25Alors, on a de la chance,
09:26parce que un,
09:27les spécialistes,
09:28les médecins qui ont fait ça,
09:29bravo,
09:30c'est formidable,
09:30un travail déjà rapide et formidable.
09:33Deux, il y a ce nouveau fichier
09:34des empreintes digitales qui apparaît,
09:35il arrive au bon moment.
09:36Et on retrouve un fameux,
09:39ce serait le cadavre du canal,
09:40Hans Gassen,
09:41c'est un Allemand.
09:43Et puis, on va se dire
09:44qu'il était en prison à Saint-Miel.
09:47C'est ça.
09:48Et cette prison,
09:49elle va devenir un peu l'épicentre de l'affaire.
09:51Exactement, c'est le centre,
09:52donc c'est un centre de détention.
09:53Donc, en fait,
09:53ce sont pour des peines relativement longues.
09:56On n'est pas dans une centrale,
09:57mais dans un centre de détention.
09:59Effectivement,
09:59Nadir Sedrati va être le coiffeur de cette prison.
10:02Donc, en fait,
10:02il a accès finalement à tous les détenus.
10:04Et ça va être très rapidement
10:06un dénominateur commun.
10:07Qui est cet homme ?
10:08En quelques mots,
10:08on va en parler beaucoup,
10:09mais qui est Nadir Sedrati ?
10:11C'est un escroc professionnel,
10:13c'est ça ?
10:13Alors, c'est surtout un personnage.
10:14C'est surtout un personnage,
10:15parce que même lui,
10:16dans son parcours,
10:17ne sait pas vraiment qui il est,
10:18parce que,
10:20Algérien,
10:21mais sans avoir la culture,
10:22il va essayer de gommer cela.
10:23Les experts psychiatres
10:24vont tous se cogner un peu la tête,
10:26quand même,
10:26en l'expertisant.
10:27et lui utilise des masques,
10:29très clairement.
10:30Et c'est quelqu'un
10:33au contact agréable.
10:34On va le dire,
10:35c'est qu'en fait,
10:35on lui reproche quand même
10:36la pire des choses,
10:36mais c'est quand même
10:37quelque chose de truculent.
10:38On est dans des films
10:41d'une autre époque,
10:43mais Audiard l'aurait adoré.
10:45Spécialiste des fausses identités.
10:46Tout à fait.
10:47Donc, effectivement,
10:48quand vous parlez de masques,
10:49c'est important,
10:50parce que cet homme,
10:51il va fuir entre les mains
10:52des policiers.
10:53Dans le studio de Cédrati,
10:56Dessy,
10:57et une broyeuse,
10:58Nadir Cédrati,
11:00le dépeuseur de l'écluse.
11:02Dans ce dossier,
11:03l'ombre chasse en permanence
11:05la lumière.
11:05Les choses sont loin
11:06d'être terminées.
11:07L'enquête de l'heure du crime.
11:08Je vous retrouve dans un instant
11:09sur RTL.
11:11L'heure du crime.
11:12Jusqu'à 15h sur RTL.
11:1714h, 15h,
11:18Jean-Alphonse Richard sur RTL.
11:21L'heure du crime.
11:23L'heure du crime.
11:24Consacré aujourd'hui
11:24à l'affaire Nadir Cédrati.
11:26Au printemps 99,
11:27ce sexagénaire escroc
11:29de haut vol
11:29se retrouve impliqué
11:31dans une terrifiante découverte.
11:32Des morceaux de cadavres
11:34retrouvés dans un canal à Nancy.
11:36Deux mois plus tard,
11:37l'individu est interpellé.
11:39Mercredi 21 juillet 99,
11:42Nadir Cédrati,
11:44interpellé
11:44et encadré par les policiers,
11:46assiste à la perquisition
11:47de son studio
11:48à Laksou,
11:50près de Nancy.
11:50Ici,
11:51les enquêteurs mettent la main
11:53sur le portable
11:54de l'allemand
11:54Hans Gassen,
11:56un des dépecés du canal,
11:58et sur une somme
11:59de 100 000 francs
12:00qu'il transportait.
12:01Un bocal de poudre blanche
12:03et grisâtre,
12:04plus d'un kilo,
12:05est posé dans un coin.
12:06Une espèce de pipette
12:07en plastique
12:08semble destinée
12:09à verser la poudre
12:10dans une boisson.
12:11Cédrati
12:12dit tout ignoré
12:13de cette poudre,
12:14il dit même
12:14y avoir goûté
12:15pour savoir
12:15si c'était de la drogue.
12:16Parce que la drogue,
12:17dit-il,
12:18moi,
12:18je n'y touche pas.
12:19Le bocal
12:20est en fait rempli
12:21de cyanure de potassium.
12:23Dans le studio,
12:24on découvre encore
12:25une broyeuse à végétaux,
12:26deux scies de bouchée,
12:28un couteau de cuisine
12:29très effilé,
12:30un étau
12:31et des sacs plastiques.
12:32Il y a du sang
12:33sous le broyeur,
12:34sur le carrelage
12:34de la cuisine,
12:35sous le linoléum
12:36et près de l'évier.
12:38Des sacs de chaux
12:39sont à la cave.
12:40Pour la tête
12:41retrouvée dans le canal,
12:43le légiste
12:43avait effectivement
12:44évoqué
12:45un traitement
12:46à la chaux-vive.
12:47En garde à vue,
12:49Cédrati admet
12:49connaître les Allemands
12:50Hans Gassen
12:51et Hans Joachim Müller.
12:53Ils lui ont rendu visite
12:55les 21 et 22 mai
12:56au studio.
12:57Il y avait également,
12:58dit-il,
12:59deux Marocains.
13:00Puis il se ravise.
13:01Selon lui,
13:02Müller et Gassen
13:02se sont disputés.
13:04Le premier
13:04a donné un coup
13:05de couteau au second,
13:07scénario
13:07qui s'écroule
13:08assez vite.
13:09Cédrati
13:09est mis en examen
13:10pour assassinat.
13:13Dans le studio,
13:14les policiers tombent
13:15sur de nombreux documents,
13:16parmi lesquels
13:17des pièces d'identité
13:18au nom de Gérard Steele.
13:2055 ans,
13:21sorti de prison
13:23il y a un an.
13:24Ce célibataire,
13:25sans enfant,
13:25sans famille,
13:26n'a plus donné de nouvelles
13:27depuis le 14 mai 1999.
13:30Les enquêteurs,
13:31appuyés par quatre
13:32laboratoires scientifiques
13:33et la police parisienne,
13:35reconstituent
13:35l'arbre généalogique
13:37de Gérard Steele.
13:38Ils parviennent
13:39à retrouver
13:40des demi-frères,
13:41des demi-sœurs,
13:42l'ADN match
13:43avec un homoplatre
13:44pêché dans le canal.
13:45L'ADN de Gérard Steele
13:47est aussi retrouvé
13:48sur les deux scies de boucher
13:49et sur le linoléum.
13:51Cédrati
13:51l'aurait attiré
13:52dans un piège.
13:53Il lui aurait fait
13:54miroiter un emploi
13:55dans une société bidon.
13:56Il l'aurait tué,
13:57dépouillé,
13:58récupéré ses affaires
13:59dans un foyer
14:00qui l'hébergeait.
14:01Steele
14:02est le deuxième mort
14:03du canal.
14:04De la même façon,
14:05Nadir Cédrati
14:06a piégé
14:07un troisième homme,
14:08un dénommé
14:09Norbert Ronfort.
14:10Ses papiers,
14:12médicaments,
14:12lunettes
14:13sont retrouvés
14:13dans le studio.
14:14Le 19 juillet,
14:16Cédrati
14:17est allé chercher
14:18Ronfort
14:18à sa sortie de prison.
14:20Il avait appris
14:21que cet homme
14:21voulait s'offrir
14:22en Tour de France
14:23en camping-car.
14:24Alors il lui a proposé
14:25un véhicule
14:26appris
14:27défiant toute concurrence.
14:28Ronfort
14:29a disparu.
14:30Aucune trace
14:31de son corps
14:31dans le canal.
14:32Les enquêteurs
14:33estiment que Cédrati
14:34s'en est débarrassé
14:35dans un puits
14:36ou peut-être
14:37une galerie de mines.
14:39Mercredi 3 novembre 1999,
14:41le juge de Nancy
14:43demande que soit vidée
14:44la portion du canal
14:46de la Marne
14:47au Rhin
14:47à hauteur de Jarville.
14:49Quatorze ossements
14:50humains sont découverts.
14:51Fémur,
14:51tibia,
14:52une côte
14:53et un bassin complet.
14:54Tous ses membres
14:55ont été sciés.
14:56Nadir Cédrati
14:57conteste tout.
14:58En bloc,
14:59il refuse de s'exprimer,
15:01tente de se pendre
15:02dans sa cellule.
15:03Les policiers
15:04de la PJ de Nancy
15:05et la direction centrale
15:06de la PJ parisienne
15:07mais aussi
15:08leurs collègues allemands
15:09restent à la recherche
15:10d'autres victimes.
15:12La trajectoire
15:12de Cédrati,
15:13escrocs itinérants
15:14s'abritant derrière
15:15des noms d'emprunts,
15:17des pseudonymes
15:18de Dominique
15:19à Bambino
15:19est bien difficile
15:21à suivre.
15:21Dans ce dossier,
15:23l'ombre chasse
15:24en permanence
15:24la lumière.
15:25Les choses
15:26sont loin
15:26d'être terminées,
15:27annonce le procureur
15:29de Nancy,
15:29Laurent Lemel
15:30dans le Figaro.
15:32Des choses
15:33qui sont loin
15:33d'être terminées,
15:34effectivement,
15:35le juge
15:36et les enquêteurs
15:37vont s'apercevoir
15:37que Nadir Cédrati
15:39a peut-être commencé
15:40à faire disparaître
15:42des hommes
15:42bien avant
15:44les personnes
15:45qu'on a retrouvées
15:45dans le canal
15:46dans le but
15:47sans doute
15:47simplement
15:48de les voler,
15:48de les dépouiller
15:49des crimes
15:50implacables.
15:51Deux noms
15:51vont surgir
15:52dans les archives
15:53policières.
15:54On va en parler,
15:55vous allez voir,
15:55c'est passionnant
15:56parce que là,
15:56on va remonter
15:57dans le temps,
15:57on va en parler
15:58dans le prochain
16:00chapitre
16:00de l'heure
16:01du crime.
16:02Jean-Christophe
16:03Herbstein,
16:04vous êtes avec nous
16:04dans cette heure
16:05du crime.
16:06Vous étiez journaliste
16:07à l'époque
16:07à l'Est républicain
16:08et vous avez suivi
16:09toute cette affaire.
16:10Alors,
16:10il y a la perquisition
16:11dans le studio
16:12de Cédrati.
16:14On a le sentiment
16:15comme ça
16:16quand on lit
16:17les comptes rendus
16:18de l'époque,
16:19quand on lit
16:19les procès verbaux
16:20des policiers,
16:22qu'on entre
16:23dans le petit atelier
16:25de l'horreur.
16:25Il n'y a pas
16:25d'autre terme.
16:26C'est un peu ça,
16:27non ?
16:28Oui,
16:28c'est un peu ça
16:29et c'est d'autant plus ça
16:30que personne
16:31ne s'attend à ça.
16:33En fait,
16:33c'est comme si
16:34on changeait de film.
16:35On part sur un film
16:35de gangster au départ,
16:37c'est vraiment ça
16:38et je pense que
16:38les enquêteurs
16:39s'attendaient vraiment
16:40à démanteler
16:41une filière de truands.
16:43Voilà.
16:43Et ils arrivent
16:45et là,
16:45on tombe sur des choses,
16:48des couteaux,
16:49du sang sous le nino
16:51et surtout,
16:53un objet
16:54qui va faire
16:54vraiment fantasmer
16:55tout le monde,
16:56c'est-à-dire
16:56une broyeuse à végétaux
16:58avec des os dedans.
17:00Alors,
17:00ici à Nancy,
17:01on aime bien découper les corps
17:02puisqu'on a eu
17:02Simone Weber.
17:04À la transzoneuse.
17:05Enfin,
17:06voilà,
17:06c'était à la transzoneuse.
17:08Donc,
17:08voilà.
17:09Et donc,
17:09on est dans ce...
17:11Et souvent,
17:12j'ai demandé aux enquêteurs,
17:13pourquoi est-ce qu'ils découpaient
17:15les corps ?
17:15Ils m'ont dit,
17:16écoute,
17:16c'est simple,
17:17il est tout petit,
17:18il n'a pas de force,
17:19donc il ne peut pas
17:20transporter les corps.
17:21Donc,
17:21d'une manière logique,
17:22assez implacable
17:23et assez macabre,
17:25il découpe les corps
17:26parce que c'est plus facile
17:27à transporter.
17:28Jean-Christophe Erfstein,
17:30autre question.
17:31Alors,
17:32il nie pour l'allemand
17:33Hans Gassen,
17:34c'est lui qu'on a reconnu
17:35grâce à sa main.
17:36On a reconstitué sa main
17:37à cet homme
17:37et c'est lui presque
17:38la première victime
17:39identifiée du canal.
17:40Il nie,
17:41mais on ne peut pas dire
17:42qu'il se défend très bien
17:43parce qu'il raconte
17:44tout et son contraire.
17:45c'est dracon.
17:47il se défend,
17:49s'il n'y avait pas l'ADN,
17:50s'il n'y avait pas la police,
17:52tout ce qui est police scientifique
17:54dont a parlé Maître Boutier
17:55juste avant,
17:56ça se passait très bien.
17:58Il aurait été condamné quand même,
18:00mais ça passait.
18:01Mais là,
18:02c'est vraiment le choc
18:02entre finalement
18:04une défense assez classique
18:06comme des gens
18:08qui mentent en permanence,
18:10qui changent de version
18:10et puis des choses implacables.
18:13quand il y a de l'ADN
18:16de Gassene
18:17qui a retrouvé
18:18dans du sang,
18:20c'est implacable.
18:21Et c'est un peu ce choc finalement,
18:23une espèce de choc
18:24des cultures finalement.
18:25Et ça effectivement,
18:26ça le met un petit peu dedans
18:28pour dire de manière
18:29un peu vulgaire.
18:30Il se retrouve pied et poing lié
18:32dans cette affaire.
18:32Maître Alexandre Boutier,
18:33vous êtes avec nous
18:35dans le studio de l'heure du crime,
18:36vous êtes avocat à Nancy
18:37et vous êtes un des avocats
18:39de Nadir Sedrati.
18:40Évidemment,
18:40vous connaissez bien
18:41cette trajectoire
18:41et ce personnage
18:43alors on dit
18:44qu'il ne se défend pas très bien.
18:45Il change beaucoup de version.
18:46Un petit mot là-dessus peut-être.
18:48Il n'arrête pas
18:48de changer de version.
18:49Oui,
18:50mais de façon assez impressionnante
18:52en fait,
18:53il n'a jamais véritablement
18:54eu accès
18:54que par l'intermédiaire
18:56de ses conseils,
18:57dont moi.
18:58Mais il ne s'est jamais
18:59pris les pieds dans le tapis.
19:00C'est-à-dire qu'en fait,
19:01c'était une défense
19:02un peu en arborescence
19:03et en fait,
19:03on ne l'a jamais pris
19:04en contradiction.
19:06C'est vrai qu'il avançait
19:08dans sa défense
19:09avec des éléments objectifs.
19:11Vous venez de les rappeler.
19:12Je note quand même
19:13que le broyeur à végétaux,
19:14en fait,
19:14ça a été objectivé,
19:15n'a pas servi
19:16à broyer de l'humain,
19:18si vous me permettez l'expression.
19:19Pour autant,
19:19on a retrouvé du sang
19:20effectivement au niveau de l'homme.
19:21Bien sûr.
19:22Il y a du sang.
19:22Et il y a la présence,
19:23en fait,
19:25toujours ambivalente
19:26de l'autre,
19:27l'allemand,
19:28c'est Hans Müller,
19:30qui ne va pas pouvoir
19:31participer justement
19:32à l'œuvre de justice,
19:33comme on dit.
19:33C'est-à-dire qu'en fait,
19:34qu'il ne veut pas venir en France
19:36parce qu'il connaît un peu
19:36la justice française
19:37et il sait très bien
19:38qu'il va être embastillé
19:39immédiatement.
19:40Donc, on organise
19:41une reconstitution,
19:41une confrontation
19:42à la frontière.
19:43Et c'est vrai que
19:44cette partie allemande
19:45de l'histoire
19:46avec ce trafic de drogue
19:48pose problème.
19:49Très clairement.
19:50Et il va s'appuyer là-dessus,
19:51c'est Drati.
19:52Il va beaucoup parler
19:52de drogue, etc.
19:53Il va dire,
19:54voilà, moi j'étais...
19:55Et de façon assez spectaculaire,
19:57c'est que la poudre
19:57qui va s'avérer être du cyanure
19:59réagit au test de Merck
20:01qui est un test à l'époque
20:02pour déceler l'héroïne.
20:03En fait,
20:04on se demande même
20:04à un moment donné
20:05si ce n'est pas une escroquerie
20:06à l'héroïne
20:07qui est derrière tout ça.
20:09Donc, encore une fois,
20:10c'est Drati,
20:10il est malin,
20:11donc il va s'appuyer là-dessus.
20:12Il va dire,
20:13moi j'étais au milieu du feu,
20:14je me suis retrouvé
20:15au milieu d'un trafic de drogue finalement
20:16et puis ces gens
20:17se sont entretués.
20:18Alors,
20:19autre question,
20:20elle est très importante
20:21Maître Alexandre Boutier,
20:22il y a deux autres victimes potentielles,
20:25je dis bien
20:25qui ont été...
20:26En tout cas,
20:26il y en a une,
20:27c'est sûr,
20:27elle est dans le canal,
20:28c'est Gérard Steele.
20:31Lui,
20:31on retrouve effectivement...
20:32L'homoplate.
20:32L'homoplate dans le canal.
20:34C'est difficile de vivre sans.
20:35C'est difficile de vivre sans
20:36et là,
20:36ça tombe au mauvais moment.
20:37Donc Gérard Steele,
20:38ça serait évidemment
20:39une autre victime,
20:40la deuxième victime identifiée.
20:41Alors,
20:42c'est vrai que la justice a finalement
20:44félicité Nadir Sadrati
20:45et lui a remis quelque part
20:46le trophée
20:46de la créativité de la magie
20:48puisqu'on a eu la femme coupée en deux
20:49et là,
20:50on a un homme,
20:51Hans Gassen,
20:52qui est éparpillé
20:53façon Pulse.
20:54C'est ça.
20:55Et on a une homoplate
20:57pour Gérard Steele.
20:57En revanche,
20:58le caractère sériel
20:59qui lui est appliqué,
21:00c'est-à-dire
21:01dans la norme internationale,
21:03le meurtre en série,
21:04c'est à partir de trois.
21:05Et c'est vrai qu'on va avoir
21:06Norbert Ronfort,
21:07le troisième.
21:08Alors,
21:08Norbert Ronfort,
21:09Norbert Ronfort,
21:10il y a juste un souci
21:10avec Norbert Ronfort,
21:11c'est qu'on ne trouve pas
21:12de morceaux dans le canal.
21:14Mais par contre,
21:15il y a ses lunettes
21:16dans la maison de Sédrati.
21:17Monsieur Richard,
21:18vous avez des lunettes.
21:19Oui, oui.
21:19Il y a votre ADN dessus,
21:20vous n'êtes pas mort.
21:22Oui,
21:23mais je les ai sur le nez.
21:24Elles ne sont pas
21:25dans le studio de Sédrati.
21:27Heureusement.
21:28Donc,
21:28effectivement,
21:28il y a quand même
21:29beaucoup de choses.
21:30Il y a le fait
21:30qu'il est allé le chercher
21:31à la prison,
21:32tout ça,
21:32etc.
21:32Le 19 juillet.
21:33Voilà.
21:33Et Sédrati est arrêté
21:34le 21 juillet.
21:35Et comme on dit
21:36dans le jargon policier,
21:37il est logé
21:37depuis plus de 48 heures.
21:39C'est-à-dire qu'en fait,
21:39il y a des policiers
21:40qui sont là
21:40et qui le surveillent.
21:42Et ça,
21:42ça va être un élément
21:43important du dossier
21:44parce que
21:45s'il avait découpé
21:46Norbert Ronfort
21:47comme on lui reproche
21:49pour les autres,
21:50eh bien,
21:50les policiers l'auraient vu.
21:51Il l'aurait interpellé
21:52en flagrant.
21:53En flagrance.
21:54Et il est où
21:55Norbert Ronfort ?
21:55Eh bien, écoutez,
21:56il est encore vivant.
21:58Ça, c'est vous qui le dites.
21:59J'en suis convaincu.
22:00Et ce n'est pas moi
22:00qui le dis.
22:00En fait,
22:01c'est une témoin,
22:03une femme avec un accent corse
22:04qui m'avait contacté
22:04à l'époque
22:06et qui a révélé
22:08des précisions
22:09sur Norbert Ronfort.
22:10Il était surmené
22:11casquette.
22:12Voilà.
22:12Et en fait,
22:12elle va faire...
22:13La justice n'a jamais voulu
22:14aller l'interpeller
22:15puisqu'elle était détenue
22:17à Nice à l'époque
22:17et j'avais dit
22:18lors du deuxième procès
22:19en appel à Metz
22:20il est facile,
22:21madame est à disposition
22:22de justice,
22:23il suffit de la faire venir.
22:24Le fait est que
22:25Norbert Ronfort,
22:26évidemment,
22:26il est ajouté
22:27à la liste des victimes.
22:28Dans un lointain passé,
22:30déjà deux disparitions
22:32dans le sillage du suspect.
22:34Nadir Cédrati,
22:35le dépenseur de l'écluse,
22:36dangereux,
22:37pervers,
22:37proche du cannibalisme.
22:39L'enquête de l'heure du crime.
22:40Le suspect avait-il commencé
22:4215 ans auparavant
22:43à faire disparaître des hommes ?
22:44À suivre.
22:45Tout de suite,
22:46sur RTL.
22:47Jean-Alphonse Richard,
22:49sur RTL.
22:50C'est l'heure du crime
22:51jusqu'à 15h.
22:5414h, 15h.
22:55C'est l'heure du crime
22:56sur RTL.
22:57Jean-Alphonse Richard.
22:59Il ne pouvait pas y avoir
23:00l'existence
23:01d'une telle lésion
23:03occasionnée
23:03par des hélices de bateau
23:04ou de quelque nature
23:05que ce soit
23:05parce que les sections
23:06étaient franches
23:07et d'autre part,
23:09on constatait
23:09l'existence
23:10de traits d'attaque
23:12utilisés
23:12à travers
23:13l'usage
23:14d'une arme blanche.
23:15Donc manifestement,
23:16il s'agissait bien
23:16du dépeçage.
23:18Au programme
23:19de l'heure du crime,
23:20l'affaire Nadir Sédrati,
23:21cet escroc,
23:22la soixantaine,
23:22est soupçonnée
23:23au printemps 99
23:24d'une série
23:25de meurtres à Nancy.
23:26Des cadavres d'hommes
23:27dépecés
23:28jetés dans un canal.
23:29Au moins trois victimes,
23:31les enquêteurs
23:32se penchent
23:33sur d'anciennes
23:34disparitions.
23:36Vendredi 30 juillet 99,
23:38une semaine
23:38après la mise
23:39à l'examen
23:40de Nadir Sédrati,
23:41le fils d'un certain
23:42André Gachy
23:43écrit au juge
23:45de Nancy.
23:45Il l'informe
23:46qu'il y a 15 ans,
23:47Sédrati avait été inquiété
23:49dans la disparition
23:50de son père.
23:50André Gachy,
23:52enseignant à la retraite,
23:53dépressif,
23:54était à l'été 82
23:55hospitalisé
23:56en maison de repos
23:57à Verrières,
23:58en Haute-Savoie.
23:59Il avait là-bas
24:00fait la connaissance
24:01de Nadir Sédrati
24:02puis avait mystérieusement
24:04disparu.
24:05Son corps n'a jamais
24:06été retrouvé.
24:07Sédrati s'était à l'époque
24:09installé dans l'appartement
24:10d'André Gachy.
24:11Il utilisait sa voiture.
24:12Il percevait ses indemnités
24:14de longue maladie.
24:16L'escroc avait été jugé
24:17et acquitté en 84
24:19par la cour d'assises
24:20de la Charente-Maritime.
24:22Malheureusement pour la justice,
24:24le dossier est désormais prescrit.
24:26Le juge est informé
24:27d'une autre disparition
24:29inexpliquée,
24:29celle de Léon Croce,
24:31évaporée en 1994
24:33de son domicile
24:34à Ville-Neuf-Saint-Georges
24:36dans le Val-de-Marne.
24:37Là aussi,
24:38Sédrati s'était installé
24:40dans la maison du disparu.
24:41Il sera condamné
24:43pour usurpation d'identité.
24:45Ce dossier est rouvert.
24:46Sédrati agit toujours
24:48de la même façon.
24:49Il s'attaque à des individus,
24:50ils volent leurs papiers,
24:52ils vident leurs comptes bancaires
24:53et ils s'installent chez eux.
24:54C'est un coucou,
24:56confie un enquêteur.
25:00Des experts chargés
25:01d'examiner Nadir Sédrati
25:02dressent de lui
25:03le plus sombre des portraits.
25:05Dans son dossier
25:06de service militaire
25:07au début des années 60,
25:08il était déjà mentionné
25:10« Mauvais soldat,
25:11valeur morale moyenne,
25:13têtu,
25:14capable du pire. »
25:15Un psychiatre évoque chez lui
25:16une dangerosité extrême.
25:18Un homme qui a le désir
25:20de manipuler l'autre
25:21et de s'assurer
25:22une emprise sur lui.
25:23Un expert psychologue
25:25le décrit comme un menteur
25:26qui met mal à l'aise.
25:28Un individu
25:29qui n'a cessé d'usurper
25:30les identités des uns
25:31et des autres.
25:32Tout cela est le fruit
25:34d'une personnalité perverse
25:35proche du cannibalisme,
25:38écrit le médecin.
25:40Et il faut s'arrêter
25:41juste un instant
25:42sur les deux premières disparitions
25:44qu'on reproche à Cédrati.
25:46Je vais poser la même question
25:47à nos deux invités.
25:49Jean-Christophe Herbstein,
25:50je commence par vous.
25:51Vous étiez journaliste
25:52à l'Est républicain,
25:53vous connaissez bien
25:54cette affaire.
25:55C'est quand même troublant,
25:56ces deux précédentes disparitions.
25:58Quand on remonte dans le temps,
25:59on se dit que finalement,
26:00ce Cédrati,
26:01il y a beaucoup de monde
26:01qui disparaît autour de lui.
26:03Et on se dit même
26:05qu'il y en a peut-être plus,
26:06mais ça,
26:07on ne le saura jamais.
26:08Et c'est vrai qu'à l'époque,
26:10moi j'avais été en contact
26:12avec un confrère
26:15du Dauphiné
26:15qui m'avait envoyé
26:16les coupures de presse,
26:19le procès, etc.
26:21C'est vrai qu'il agit
26:23toujours de la même manière.
26:24On le retrouve,
26:25il ne change pas
26:26d'une époque à l'autre.
26:28Ce qui a changé,
26:28c'est les modes d'enquête
26:31qui ont changé.
26:31Mais lui, il ne change pas.
26:32Il est toujours le même type
26:35finalement de victime.
26:37Oui, alors il y a un enquêteur
26:40qui dit que c'est un coucou.
26:41Le coucou,
26:42il prend la place des autres.
26:43Oui, j'aime bien.
26:44Voilà, donc il y a un peu ça
26:45chez lui, non ?
26:47Vous savez,
26:47quand on dit
26:48qu'on vole une identité,
26:50eh bien lui,
26:50il va jusqu'au bout
26:51de la logique.
26:52Il vole toute l'identité
26:55jusqu'à faire supprimer
26:57l'original.
26:59C'est une logique
27:00assez implacable,
27:03c'est macabre.
27:04Oui, tout à fait.
27:04Vous parlez de logique
27:06implacable,
27:07c'est exactement ça.
27:08Il y a une espèce
27:09de méthodologique
27:09qui s'applique.
27:11Maître Alexandre Boutier,
27:12avocat Nancy,
27:13vous avez défendu
27:14Nadir Cédrati.
27:17Même question pour vous ?
27:18Non, mais c'est troublant
27:20qu'il n'y a pas beaucoup
27:21de personnes
27:22qui disparaissent autour de vous.
27:23Cédrati,
27:23il y a plein de personnes.
27:25Si vous considérez
27:25que la justice
27:26a condamné
27:27à bon droit
27:29Nadir Cédrati
27:30pour les trois crimes,
27:32vous devez considérer
27:32que la justice aussi
27:33n'a pas failli
27:34lorsqu'elle l'a équité.
27:35En fait,
27:35toutes les questions
27:36de cadavres
27:37ou pas de cadavres.
27:38On est quand même
27:38dans un milieu interlope,
27:39c'est-à-dire qu'en fait,
27:40tous ceux qui fréquentent
27:41parce qu'il est un escroc,
27:42eh bien,
27:42ce sont des gens
27:43repris de justice
27:43qui sont un peu
27:44en dessous des radars,
27:46il faut très bien le dire.
27:46Donc en fait,
27:47aujourd'hui,
27:47quand quelqu'un disparaît,
27:48il a peut-être des raisons
27:49de vouloir disparaître aussi.
27:50Et c'est vrai
27:51qu'aujourd'hui,
27:52nous n'avons que deux cadavres
27:53avérés,
27:54c'est-à-dire ceux
27:55de Hans Gassen
27:56et de Gerhard Steyl.
27:57Voilà.
27:58Le reste,
27:59c'est point d'interrogation
28:00et la justice a tranché.
28:01Je n'étais pas
28:02l'excellent avocat
28:03de Nadir Cédrati
28:04quand il a obtenu
28:05son acquittement,
28:06mais encore,
28:06force est de constater
28:07que c'est très difficile
28:08d'obtenir l'acquittement.
28:08Je veux dire que,
28:09voilà,
28:09donc pour moi,
28:11c'est peut-être un hasard,
28:12mais en tout cas,
28:13la justice
28:14n'a pas failli
28:15à mon sens.
28:16La méthodologie,
28:18pardon,
28:18ce que dit très bien
28:19Jean-Christophe Herbstein,
28:20c'est vrai que c'est
28:21un peu toujours la même.
28:22On s'installe,
28:23on approche,
28:24parce que c'est un beau parleur,
28:25il faut dire en mots là-dessus.
28:26Cédrati,
28:27c'est un séducteur,
28:28Cédrati.
28:28Comme les escrocs
28:29sont un séducteur.
28:30Ils ont une empathie énorme.
28:32Voilà.
28:33Et d'ailleurs,
28:33lui, il le dit,
28:34je n'ai pas obligé,
28:34je ne suis pas obligé
28:35de tuer
28:36pour avancer.
28:37D'ailleurs,
28:37il utilise l'identité
28:39d'un confrère de l'époque,
28:41Grossior.
28:42Il dit,
28:42vous l'entendez tous les jours
28:43sur Europe 1,
28:44je ne l'ai pas tué.
28:45Voilà,
28:45c'est comme ça qu'il se défend.
28:46Mais à juste titre,
28:48j'ai envie de dire.
28:49Donc c'est vrai
28:49qu'il est séduisant
28:50comme un escroc.
28:51Et lui,
28:52il se défend,
28:52il dit,
28:52mais je n'ai pas besoin
28:53de tuer.
28:53C'est vrai que,
28:55je pense que s'il n'y avait pas
28:56cette présence,
28:57on va dire,
28:57allemande
28:58de l'autre groupe,
28:59de l'autre côté de la frontière,
29:01eh bien,
29:01il n'y aurait peut-être pas eu
29:02ces cadavres.
29:03Clairement.
29:04Vous pensez qu'il a été
29:05un peu utilisé,
29:06d'instrumentaliser
29:07ce qui est de la situation.
29:08La justice est prononcée,
29:09bien évidemment.
29:10Bien sûr,
29:10c'est un point
29:11d'interrogation.
29:13Jean-Christophe Herbstein,
29:16dangerosité extrême,
29:17disent les experts psy.
29:19Ils assurent que ce type-là,
29:21il n'est pas fréquentable.
29:23C'est ça,
29:26finalement,
29:27le côté très troublant.
29:29C'est que,
29:32dans les faits,
29:34il est terriblement dangereux.
29:37Mais il a cette personnalité
29:40d'escroc,
29:41très séduisant.
29:42C'est un coiffeur,
29:43à Saint-Miel.
29:45Il a réussi
29:46à recueillir des confidences.
29:50Et il est malin
29:51parce qu'à Saint-Miel,
29:54au centre de détention,
29:55il est surnommé aussi
29:56la gousse,
29:57on ne l'a pas dit là encore,
29:59la gousse parce qu'il passe son temps
30:00à manger de l'ail.
30:01Et donc,
30:02c'est bon pour la circulation,
30:04certes,
30:05mais c'est peut-être pas bon
30:06pour le voisinage.
30:06C'est une odeur.
30:07Moi, je me souviens
30:08d'un des procès
30:09où les trois magistrats
30:11avaient carrément
30:12des mouchoirs sur le nez.
30:14Ça sentait...
30:14Et c'était aussi
30:15une manière
30:16finalement d'écarter
30:17les importuns,
30:19les agresseurs,
30:20ce genre de choses.
30:20C'est extrêmement malin.
30:22Peut-être d'écarter
30:23le mauvais sort aussi,
30:24mais ça ne lui a pas profité.
30:25Ça ne lui a pas profité.
30:28Maître Alexandre Boutier,
30:30il y a un expert
30:31qui va dire
30:32dangerosité extrême,
30:32je l'ai dit,
30:33proche du cannibalisme,
30:35un pervers,
30:36c'est-à-dire
30:36qui découperait les gens
30:38proches.
30:39Les experts psychologues
30:40ont l'art
30:41d'enfoncer
30:41les portes ouvertes
30:42et lorsqu'on est escroc,
30:44on porte des masques.
30:45C'est ce qu'il vient de dire.
30:46Je n'ai jamais vu
30:47aucun expert
30:47venir dire
30:48ce n'est pas possible,
30:49cet homme-là
30:49n'a pas pu faire
30:50ce qu'on lui reproche.
30:51Donc, aujourd'hui,
30:52je mets beaucoup
30:52de précautions
30:53sur ses expertises.
30:55Le suspect
30:56va être jugé.
30:57Nadir Cédrati,
30:59le dépeceur de l'écluse.
31:00J'ai mis le doigt
31:01dans le bocal de cyanure,
31:02j'ai goûté.
31:03Je peux vous dire,
31:04c'est sacrément amer.
31:05L'enquête de l'heure du crime.
31:07On se retrouve
31:07dans un instant
31:07sur RTL.
31:09L'heure du crime,
31:10la seule émission radio
31:12100% fait d'hiver.
31:13Jean-Alphonse Richard.
31:1515h,
31:16c'est l'heure du crime
31:17sur RTL.
31:18Avec Jean-Alphonse Richard.
31:20Retour
31:21dans l'heure du crime
31:22sur l'affaire Nadir Cédrati.
31:23Cet escroc professionnel
31:24se retrouve accusé
31:25en 99
31:26d'avoir tué
31:27trois hommes
31:27pour les dépouiller.
31:28Des cadavres dépecés
31:30jetés dans un canal
31:31à Nancy.
31:32Trois ans après les faits,
31:33il est jugé.
31:35Vendredi 26 avril 2002,
31:37Nadir Cédrati,
31:3864 ans,
31:39apparaît dans le box
31:40des accusés
31:40de la cour d'assises
31:41de la Meurthe-et-Moselle
31:42à Nancy.
31:43Costume en flanel gris,
31:45cravate rouge,
31:46chemise blanche,
31:47sûr de lui
31:48et de sa prestance.
31:49Petit sourire satisfait.
31:51« J'ai eu une vie de misère
31:53en France, » dit cet Algérien
31:54qui est né en Isère.
31:56« Mais ça ne regarde personne.
31:57Je veux des faits.
31:58Rien que des faits. »
32:00Accusé des morts
32:01de Hans Gassen,
32:03Gérard Steele
32:04et Norbert Ronfort,
32:05il prend la parole
32:06en gesticulant,
32:07occupe l'espace.
32:09Il évoque sa trajectoire
32:10au cours de laquelle
32:11il séjournait régulièrement
32:12dans des établissements
32:14spécialisés.
32:14« Le seul endroit
32:15où on ne m'embête pas,
32:17c'est l'hôpital psychiatrique, »
32:18affirme Sedrati.
32:19Des mimiques,
32:20des déclarations
32:21à l'emporte-pièce,
32:22mais peu d'explications
32:23sur les faits
32:24dont il est accusé.
32:25Quand un expert révèle
32:27l'analyse du contenu
32:28du bocal de cyanure
32:30retrouvé chez lui,
32:31il s'exclame
32:31« J'ai mis le doigt dedans,
32:33j'ai goûté.
32:34Je peux vous dire
32:35que c'est sacrément amer,
32:37même avec du sucre,
32:38impossible d'en faire boire
32:40à quelqu'un. »
32:42Nadir Sedrati
32:43livre des explications insensées.
32:44« Sur les disparitions
32:46des trois victimes,
32:46deux heures de monologue
32:48pour décrire
32:48un vaste trafic de drogue
32:50qui s'est terminé
32:51en règlement de compte.
32:52Je les avais prévenus
32:53de ne pas toucher
32:54à la drogue, »
32:55dit l'accusé.
32:56Il ne se démonte pas
32:57davantage
32:58quand les psychiatres
32:59et les psychologues
33:00viennent témoigner.
33:01Il prend à partie
33:02l'enquêtrice
33:03de personnalité.
33:04« Est-ce que tout ça
33:05fait de moi
33:06un criminel ? »
33:07questionne-t-il.
33:08Après cinq jours
33:09de procès,
33:09Nadir Sedrati
33:10est condamné
33:11à la réclusion criminelle
33:12à perpétuité,
33:14assorti d'une peine
33:14de sûreté
33:15de 20 ans.
33:19Jean-Christophe Herbstein,
33:20vous êtes avec nous
33:21dans cette heure du crime,
33:22journaliste à l'Est républicain.
33:25Il y a ce procès
33:26de Nadir Sedrati.
33:27À quoi est-ce qu'il ressemble
33:27cet homme finalement ?
33:28Parce qu'on n'en a pas
33:29beaucoup parlé.
33:30Alors,
33:31c'est un petit bonhomme.
33:34Il a des cravates
33:35totalement improbables.
33:36Il a une petite voix
33:37et grelettes.
33:38Il me fait penser
33:38à ses acteurs
33:39de second rôle
33:40d'avant-guerre
33:41du genre Julien Carrette
33:43qui a encore la rêve.
33:45Vraiment,
33:45avec une gouaille,
33:46avec quelque chose.
33:47Et il a un côté
33:48pour nous autres journalistes
33:50un très bon client finalement
33:51parce que quand il arrive,
33:52il occupe l'espace effectivement.
33:54Et c'est un artiste
33:55parce que finalement,
33:56avant de...
33:56Ça, ça m'a marqué.
33:58Avant de parler,
33:59il tapote sur le micro
34:00pour voir s'il fonctionne bien
34:02comme un professionnel.
34:04Et puis,
34:04il a des répliques incroyables
34:06quand il dit
34:07à la présidente,
34:09Madame la présidente,
34:10c'est moi qui mène les débats.
34:12Je dis,
34:13waouh !
34:14C'est un bon client.
34:16Et il a vraiment
34:16la répartie extrêmement facile.
34:18Et donc,
34:19c'est un petit bonhomme
34:22mais dont le visage
34:23est très amenant
34:24mais peut se transformer
34:25quand il est en colère
34:27ou pris à défaut.
34:29Il a là plutôt
34:30une tête de gargouille.
34:31Voilà.
34:32C'est comme ça
34:32que je l'avais vu en tout cas.
34:33Oui, c'est bien vu.
34:34Ça va.
34:34La photographie est bonne.
34:36Maître Alexandre Boutier,
34:38avocat à Nancy,
34:38avocat de Nadir Cédrati.
34:41Alors évidemment,
34:41il y a ce procès
34:42qui est capital
34:43pour Cédrati.
34:45Première chose,
34:45il a décidé
34:46de se donner
34:47en spectacle,
34:48sûrement.
34:48Alors les avocats,
34:49en général,
34:50vous voyez vos clients
34:50avant les procès.
34:52Oui.
34:52Vous les préparez,
34:53on dit.
34:54C'est un terme
34:54qui est un peu horrible
34:55et vous les préparez
34:56en quelque sorte
34:57à avoir une attitude
34:58peut-être un peu...
34:59Si on les prépare,
34:59on échoue souvent alors
35:01parce que...
35:02Ça s'appelle comme ça.
35:03Non, non, la préparation...
35:04Non, en fait,
35:04on explique,
35:05on discute avec eux
35:06parce que tout part
35:07d'un dossier quand même.
35:07Donc, en fait,
35:08d'essayer d'expliquer
35:09les éléments quand même
35:10qui sont troublants,
35:11les éléments qui sont accablants
35:12peut-être,
35:12ou les éléments
35:13qui posent questions
35:15et les questions
35:15qui restent en suspens.
35:16Voilà.
35:16Et c'est vrai que Nadir Sadrati
35:18avait réponse à tout.
35:21Et encore,
35:22il espérait très clairement
35:24du procès
35:25une vérité
35:26qui allait jaillir
35:27et notamment
35:27cette vérité
35:28qui est quand même,
35:29il faut très bien le dire
35:31de façon objective,
35:32sur fond de stupéfiants
35:33avec la partie allemande.
35:35Voilà.
35:35Et c'est vrai
35:36que ça n'a pas pris
35:36puisque les Allemands
35:37n'étaient pas là
35:37par définition.
35:38Ils n'ont jamais voulu venir
35:40en France
35:40pour ne pas être confrontés
35:42à nouveau
35:42à la justice française.
35:43Donc,
35:45encore une fois,
35:46lorsque vous lui parlez
35:47à Sadrati,
35:48vous le connaissez,
35:49vous savez qu'il est,
35:51comment dirais-je,
35:52imprévisible
35:52et qu'il peut
35:53à tout moment
35:54vous échapper
35:55et raconter
35:56peut-être pas n'importe quoi
35:57mais en tout cas
35:57des choses extravagantes.
35:59Oui,
35:59il a l'art du spectacle
36:01très clairement.
36:03Jean-Christophe Herbstagne
36:04vient de le dire.
36:05Il va perdre
36:06de sa superbe
36:06en appel
36:07parce que peut-être
36:08un peu fatigué
36:09par la détention,
36:10il devient aussi âgé
36:11mais c'est vrai
36:11qu'au premier procès
36:12c'est spectaculaire.
36:13C'est très clairement
36:14un personnage
36:16agréable.
36:18La justice rit
36:19très clairement.
36:20Les magistrats professionnels
36:21pouf quand même.
36:22Et pourtant l'histoire
36:23est épouvantable.
36:24Exactement.
36:25Donc ça met quand même
36:26un peu une distance.
36:27Bon après,
36:27le délibéré,
36:28le jugement
36:28va être terrible
36:30pour lui
36:30puisque c'est
36:31la réclusion criminelle
36:32à perpétuité
36:33mais toujours est-il
36:34c'est quand même
36:34il a réponse un peu à tout.
36:36Jean-Christophe Herbstagne,
36:37du côté de l'accusation
36:39à ce procès,
36:41on paraît très armé,
36:43c'est ça ?
36:43Il n'y a aucun doute
36:44du côté des enquêteurs ?
36:46Je crois qu'il n'y a aucun doute
36:48puisqu'ils ont derrière eux,
36:51ils ont avec eux
36:53des éléments de police scientifique
36:56donc là-dessus.
36:57Mais moi je me souviens,
36:58même les enquêteurs,
36:59quand on discute avec eux,
37:00ça les faisait rigoler
37:01ces alternoiements
37:04en permanence.
37:06voilà.
37:07Alors oui,
37:08Rondfort,
37:10on avait,
37:12Alexandre Boutier
37:13s'en souvient peut-être,
37:14on avait été
37:15avec le SRPJ,
37:18on avait fait des fouilles
37:18dans des puits de mines
37:20près de Nancy.
37:22Parce qu'il est considéré
37:23comme une des victimes,
37:24Rondfort, c'est ça ?
37:25Voilà,
37:26et qu'on avait retrouvé
37:27de la terre
37:28très particulière
37:29chez lui
37:30sur une pelle
37:31si je me souviens bien,
37:33avec des éléments
37:34un peu férigineux,
37:37propres aux mines.
37:39Donc je crois
37:40que les enquêteurs,
37:41pour eux,
37:41ça ne fait pas de doute.
37:44Voilà,
37:44bon,
37:44après tout ça,
37:45après c'est le spectacle
37:46et puis il y a aussi
37:48sa manière
37:48dont il essaye
37:49de fuir
37:54en simulant
37:55un peu la folie.
37:56Moi je me souviens
37:56qu'une fois
37:58une reconstitution,
38:01j'envoie le photographe
38:02le prendre en photo
38:03donc il se met
38:04un petit peu
38:05à l'affût
38:06et il revient
38:07et il me dit
38:07écoute,
38:08il était très embêté,
38:09il me dit
38:09écoute,
38:09les photos
38:10c'est très bizarre,
38:11le gars,
38:12c'est dratti,
38:13il a passé son temps
38:13à faire des grimaces
38:14au photographe.
38:16Je me suis dit
38:17ça va être compliqué,
38:18dans l'ESC-15
38:19c'était compliqué
38:20de le passer.
38:21C'était quand même
38:23compliqué.
38:23Bien sûr,
38:24mais chaque fois,
38:24effectivement,
38:25c'est ce que dit
38:25très bien maître
38:26Alexandre Boutier,
38:27il y a cet homme
38:27avec ses masques
38:29et Alexandre Boutier
38:30le fait est,
38:31c'est qu'il y a du spectacle,
38:32on rit,
38:32vous l'avez dit,
38:34parfois ça part
38:35dans tous les sens,
38:36mais finalement,
38:37il n'aborde jamais
38:37directement le fond.
38:40Il l'aborde très clairement.
38:41Il esquive beaucoup
38:42quand même, non ?
38:43Oui, il esquive peut-être
38:43beaucoup,
38:43mais dans le cabinet
38:44du juge d'instruction,
38:46M. Scheer,
38:47il va être tout à fait
38:48surprenant à nouveau
38:49puisque le magistrat
38:51l'interpelle sur son humanité
38:52en disant,
38:52écoutez,
38:52pour les deux autres,
38:54il y a eu des restes
38:55qu'on va qualifier
38:56de restes humains,
38:56donc il peut y avoir
38:57un deuil
38:58pour les familles.
38:59Pour Norbert Ronfort,
39:00il dit,
39:00il n'y a pas de cadavre.
39:02Il n'y a pas de choses
39:03dans le cadavre.
39:03Exactement.
39:03Donc il lui dit,
39:04dites où il est.
39:05Et là,
39:06Nadir de dire,
39:08je vais vous dire
39:08où il est.
39:09Et là,
39:09tant de pause,
39:10tout le monde
39:10est quand même
39:11bouche ouverte,
39:12que ce soit les policiers
39:13d'escorte,
39:14la greffière,
39:14tout le monde,
39:15il dit,
39:15Norbert Ronfort
39:16est en train de boire
39:17un verre Pestanislas.
39:18Et donc là,
39:18on pouffe,
39:19bien évidemment.
39:19Mais finalement,
39:21c'est assez objectif
39:21quand même
39:22puisqu'on veut toujours
39:23faire dire
39:24plus exactement
39:24à l'ADN,
39:25beaucoup trop de choses.
39:26En fait,
39:26il n'y a pas de sang,
39:27il n'y a pas de bout d'os
39:28de Norbert Ronfort.
39:29Ce ne sont que des follicules
39:30donc en fait
39:30de l'ADN de contact.
39:31Et c'est vrai
39:32que Norbert Ronfort,
39:33je le dis très clairement
39:34et posément,
39:35je pense qu'il était vivant
39:36à l'époque.
39:36Peut-être l'est-il encore aujourd'hui.
39:37C'est un appel aujourd'hui.
39:39Pas alerte enlèvement,
39:40bien évidemment.
39:40Mais en tout cas,
39:42genre Norbert Ronfort,
39:43surnommé casquette,
39:44casquette,
39:45et était toujours vivant
39:46pour ma part.
39:47Voilà.
39:47L'accusé
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