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  • il y a 9 mois
Chaque week-end, Emilie Broussouloux vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00– Nicolas Sarkozy sortira-t-il de prison demain ? La réponse dans quelques heures.
00:09Bonsoir, soyez les bienvenus sur BFM TV.
00:12La cour d'appel de Paris va statuer ce lundi sur la demande de remise en liberté de l'ex-chef de l'État.
00:18Trois semaines après son entrée à la prison de la Santé, il pourrait bien en ressortir.
00:23Zoé Lamarche.
00:23Trois semaines après son incarcération à la prison de la Santé, l'ex-président sera entendu en visioconférence pour une éventuelle remise en liberté.
00:35Un rappel des faits et de la condamnation de Nicolas Sarkozy sera fait, puis ses avocats plaideront pour démontrer pourquoi, selon eux, sa place n'est pas derrière les barreaux.
00:45La justice devra trancher. Faut-il vraiment le maintenir en détention provisoire ?
00:50Si elle estime qu'elle peut faire autrement, par exemple en l'assignant à résidence avec un bracelet ou en l'astreignant à venir au commissariat régulièrement pour pointer, alors il sera remis en liberté.
01:02Si les conditions sont réunies, l'ancien chef d'État pourra être libéré dans les heures suivant la décision.
01:08En cas de refus, ses avocats pourront déposer immédiatement une nouvelle demande.
01:12En attendant, il restera en détention provisoire dans le cadre des conditions actuelles de son incarcération.
01:18Il reçoit la visite quotidienne du lundi au samedi de ses avocats.
01:23Il a plusieurs parloirs par semaine avec sa famille, mais son entourage se refuse à communiquer tout élément sur son état d'esprit ou sur la façon dont il vit cette détention provisoire.
01:34Demain, Nicolas Sarkozy pourra choisir de ne pas comparaître et de laisser ses avocats plaider seul en son nom.
01:40Et pour en parler, nous sommes avec Laurent Valdiguier.
01:44Bonsoir Laurent, journaliste d'investigation, consultant BFM TV.
01:48On est assis avec maître Serge Portelli.
01:50Bonsoir.
01:51Bonsoir.
01:51Vous êtes avocat et ancien magistrat.
01:53Et puis Laurent Saillet, Maurice Safran et Antoine Oberdorf sont restés avec nous.
01:59Laurent Valdiguier, expliquons bien ce qui va se passer demain.
02:02Les avocats de Nicolas Sarkozy ont demandé sa remise en liberté en attendant le procès en appel, c'est ça ?
02:08Oui, alors Nicolas Sarkozy, il est convoqué en visioconférence depuis une salle de la prison de la santé.
02:15Comme avant lui la semaine dernière et encore la semaine avant, les deux autres condamnés à de la prison ferme avec exécution provisoire du procès des biens,
02:23le banquier Wahib Nasser et l'intermédiaire Alexandre Jury.
02:26Oui, alors le premier, Wahib Nasser, il a été libéré.
02:29Le deuxième, Alexandre Jury, il a été maintenu en détention.
02:32Nicolas Sarkozy, il espère que les juges, parce qu'en réalité, il va passer pour la première fois,
02:39au-delà de cette demande de mise en liberté, c'est le premier face-à-face de Nicolas Sarkozy et de ses prévenus face à Olivier Géron.
02:50Olivier Géron, c'est le président de la cour d'appel avec ses deux assesseurs
02:54qui examinent aujourd'hui cette demande de mise en liberté, mais qui en mars les jugera dans le procès en appel.
03:01Donc c'est un moment très important pour cette demande de mise en liberté.
03:07Mais aussi pour cette rencontre qui est la première.
03:10Oui, pour cette première impression que chacun se donne dans cette confrontation,
03:15parce que c'est une confrontation déjà.
03:17Olivier Géron, il fait tout un rapport sur l'affaire qui est lié aux soupçons sur chacun.
03:23Il a fait un rapport très précis sur Waïb Nasser, pointant tout ce qui pouvait conduire à son maintien en détention.
03:30Il a fait un rapport terrible sur Alexandre Oggioury, puisque Alexandre Oggioury pensait être libéré.
03:36Et à l'issue de ce rapport, ses avocats ont bien compris qu'il risquait d'être maintenu, et il a été maintenu.
03:40Donc demain se jouera tout ça si Nicolas Sarkozy vient, évidemment, devant cette caméra.
03:46Oui, il n'est pas obligé de prendre la parole.
03:48On le rappelle, Maître Portelli, je voudrais savoir quels sont les critères sur lesquels va se fonder le juge pour prendre sa décision ?
03:56Alors, juste ce que je voudrais rajouter, c'est que la position du parquet, du procureur...
04:01Oui, sur l'avocat général.
04:03L'avocat général, très exactement, n'est pas négligeable.
04:06Puisque, c'est pas lui qui décide, mais quand même, il propose.
04:12Voilà, il en requiert.
04:13Et dans les deux affaires, les deux accusés, enfin accusés, prévenus qui avaient été examinés il y a une et deux semaines,
04:24le parquet général, l'avocat général, avait demandé que ces deux personnes restent en détention.
04:32Donc, la Cour d'appel a fait preuve d'une certaine indépendance, en tout cas,
04:40notamment le premier dossier, et a remis en liberté sous contrôle judiciaire cet homme qui était déjà relativement âgé,
04:48qui n'avait pas de risque de chute.
04:50Donc, ce qui est à chaque fois en cause, comme vous le disiez, et je reprends enfin à votre question,
04:57c'est un certain nombre de critères, quatre, très exactement.
05:00Alors, dans un premier temps, on peut se dire, il va être remis en liberté de main.
05:07Pourquoi ? Est-ce qu'il y a une des conditions qui est remplie pour Nicolas Sarkozy ?
05:11Oui, si vous laissez répondre, je vais vous le dire tout de suite.
05:13Allez-y, je vous en prie.
05:14En ce qui concerne le risque de chute, bon, il est relativement mince, il est quand même totalement inexistant.
05:23Les autres critères, peu importe.
05:26Mais il y en a un sur lequel je veux insister, et sur lequel, jusqu'à présent, même pendant le procès,
05:33on n'a pas trop parlé.
05:35C'est le risque, la loi dit, de pression et de concertation.
05:40Voilà.
05:41Et si j'en parle, ce n'est pas pour rien, parce que, en ce qui concerne Nicolas Sarkozy,
05:46la question peut se poser.
05:49En effet, il y a un élément qui est sur la table depuis maintenant plusieurs années,
05:55c'est que Nicolas Sarkozy est mis en examen, mais il n'est pas le seul d'ailleurs.
05:59Il y a aussi Carla Bruni, Mimi Marchand, dans une affaire qu'on nomme Sauver Sarkozy,
06:06que tout le monde connaît plus ou moins maintenant,
06:08mais où Nicolas Sarkozy, Carla Bruni, Mimi Marchand sont mis en examen
06:16pour avoir tenté d'influer la déposition d'un témoin que tout le monde connaissait,
06:24que tout le monde connaît encore, c'est M. Taquedine, qui est décédé.
06:28Et on sait très bien qu'ils sont accusés d'avoir essayé de faire changer sa version.
06:39Et là encore, Nicolas Sarkozy a mis en examen pour association de malfaiteurs
06:44en vue de commettre le délit d'escroquerie au jugement.
06:51Enfin, escroquerie au jugement, et surtout pour recel de subornation de témoins.
06:58Donc, c'est une information qui est en cours, on ne s'est pas jugé.
07:05Nicolas Sarkozy est totalement présumé innocent dans cette affaire.
07:10Mais, qu'est-ce que la Cour d'appel ou le parquet général vont essayer de tirer de cette affaire ?
07:17Ce n'est pas rien, parce que si on essaye de juger le critère
07:22« Est-ce qu'il va faire des pressions ou une concertation avec d'autres personnes ? »
07:27Il est déjà mis en examen pour une affaire de recel de subornation de témoins.
07:31Je ne dis pas que ce sera appliqué, mais la question se pose.
07:35En tout cas, ce n'est pas sûr qu'il sorte de prison demain, c'est ce que vous nous dites.
07:40Laurent Valdiguet, sur quel témoin est-ce qu'il pourrait mettre la pression ?
07:44Nicolas Sarkozy ?
07:45Oui, alors, à la fois, c'est vrai que c'est une affaire parallèle, c'est une affaire connexe,
07:49cette affaire dite rétaculation de Takedin.
07:51En plus, Takedin est décédé aujourd'hui.
07:53Donc, ses avocats vont dire que, justement, il n'y a pas de témoins sur lesquels faire pression,
07:58que Nicolas Sarkozy, il a déjà été placé 12 ans le temps de l'enquête.
08:02Et puis, il n'a pas été mis en détention provisoire avant le jugement.
08:04Mais c'est vrai qu'il y a au moins trois scénarios pour demain.
08:07Il est libéré demain après-midi.
08:10Tout le monde a compris, dans les avocats de Nicolas Sarkozy,
08:12que d'habitude, la cour d'appel, elle se réunissait à 13h30,
08:15et qu'elle mettait son délibéré le lendemain à 13h30.
08:17Là, elle se réunit à 9h30 demain matin,
08:20parce que le surlendemain est un jour férié, le 11 novembre.
08:26Donc, vraisemblablement, elle va rendre son arrêt demain après-midi.
08:32– Pas sûr. – Pas sûr, mais enfin, bon, elle peut.
08:34Donc, soit il est libéré sous contrôle judiciaire, comme a été Wahid Nasser,
08:39soit il est, comme le suggère Serge Portelli, maintenu en détention.
08:43– Je n'ai pas suggéré, j'ai juste dit que c'était une possibilité.
08:45– C'est votre lecture.
08:46Soit, il y a aussi un scénario un peu intermédiaire,
08:50où ils peuvent décider de le libérer sous bracelet électronique.
08:55Et pour libérer un détenu sous bracelet électronique,
08:58il faut faire ce qui s'appelle une enquête de faisabilité,
09:00c'est-à-dire envoyer un agent pénitentiaire ad hoc
09:05pour vérifier si son domicile…
09:07– Ça a déjà été fait, là.
09:08– Alors, ça a déjà été fait.
09:09Je crois que d'affaire en affaire, ils vont commencer son assuré.
09:12Alors ça, ce serait un scénario un peu intermédiaire
09:15qui prendrait Nicolas Sarkozy,
09:16il risquerait de devoir attendre 8N.
09:19Vous savez, c'est tout ça.
09:21Dans l'administration pénitentiaire, les choses sont longues.
09:23Donc, ça peut retarder un peu.
09:25– Antoine Oberdorff, pardon, il est…
09:26– Oui, une question que je me pose spontanément,
09:29c'est, comme on chronique quand même à longueur de plateau
09:31les lenteurs de la justice, etc.,
09:33trois semaines se sont écoulées depuis le 21 octobre,
09:3720 jours exactement, depuis le 21 octobre
09:39et l'incarcération de Nicolas Sarkozy à la prison de la santé.
09:42Y a-t-il en l'espèce une célérité particulière
09:45donnée à l'examen de cette demande de remise en liberté ?
09:48– Vous parlez du délai, c'est un délai plutôt normal.
09:50– C'est un délai qui a été plus court.
09:53– Je vois venir, si vous voulez, immédiatement,
09:57alors, c'est une affaire où les avis sur la condamnation
10:01de Nicolas Sarkozy et son incarcération sont très clivés.
10:04Donc, j'entends déjà la petite munique, si vous voulez,
10:06du traitement de faveur éventuel qui pourrait être fait
10:08à Nicolas Sarkozy compte tenu de la rapidité
10:11de l'examen de cette demande de remise en liberté.
10:12– Mais qu'on l'accepte ou pas, les juges, bien sûr,
10:17le contestent absolument, et les avocats aussi,
10:19Nicolas Sarkozy n'est pas imprévenu comme les autres.
10:21On peut raconter tout ce qu'on veut.
10:23Effectivement, son emprisonnement est particulier.
10:26Le traitement qu'il a dans la prison est particulier.
10:28On pourrait donner mille et un exemples.
10:30Donc, effectivement, ça va sans doute un peu plus vite que d'habitude.
10:33Les juges sont, d'une certaine façon,
10:38ils ne savent pas trop comment faire avec cet objet Sarkozy-là.
10:40– Oui, évidemment.
10:41– Et il va falloir qu'ils le traitent le plus rapidement possible.
10:43Ça, c'est vrai.
10:44– Alors, les deux autres, ça a duré un mois.
10:46Lui, ça dure trois semaines.
10:47Mais les deux autres, pendant les 15 premiers jours,
10:49la Cour d'appel n'avait pas le dossier libyen à disposition.
10:52Donc, en réalité, la défense de Nicolas Sarkozy
10:56dit que c'est un rythme à peu près normal.
10:58C'est vrai qu'en moyenne, c'est un mois et demi plutôt.
11:00– De toute façon, quoi qu'il se passe, ceux qui ne...
11:04– Je vous fais réagir dans un tout petit instant, Laurence Saillet.
11:06Justement, ça va sans doute vous intéresser.
11:08C'est la réaction de François Ruffin.
11:09Sur notre antenne, ce matin, à la question
11:12« Est-il souhaitable que Nicolas Sarkozy soit remis en liberté ? »
11:16Écoutez ce qu'il a répondu.
11:18– Qu'il reste en prison et qu'il y reste le plus longtemps possible.
11:21– Et pourquoi ?
11:23– Et vous savez, si c'était quelqu'un de gauche qui avait fait ce qu'il a fait,
11:26je serais encore plus dur à son égard.
11:28– Il y a eu un jugement qui lui a dit qu'il a commis un crime contre la nation.
11:32Il faut bien comprendre ce qu'il a...
11:33– Association de malfaiteurs.
11:34– Crime contre la nation, c'est dans le jugement.
11:37Qu'est-ce qui s'est passé ?
11:38Ce n'est pas une petite affaire de corruption avec un promoteur immobilier.
11:42– Bon, ça a le mérite d'être clair, ce qu'en pense le député Debout de la Somme.
11:46Est-ce que ça vous choque, Laurence Saillet,
11:47quand il dit qu'il reste en prison le plus longtemps possible ?
11:50– Il fait de la comédie, vous savez, comme ça, il sait qu'il sera repris.
11:53Bon, ça ne me touche pas beaucoup.
11:54Sachant qu'il est parlementaire, donc il pourrait connaître la loi
11:57et la présomption d'innocence, ça existe.
12:01Donc quoi qu'on pense de Nicolas Sarkozy,
12:02aujourd'hui, il a fait appel, il est présumé innocent,
12:05il pourrait au moins avoir une phrase d'introduction dans son propos
12:07qu'il le précise.
12:09Au-delà de ça, moi je ne sais pas du tout ce qui se passera demain,
12:12évidemment, personne ne le sait.
12:14et je vous laisse expliquer la partie juridique.
12:18Moi, ce que je peux vous dire, c'est que Nicolas Sarkozy a reçu beaucoup de soutien
12:22pendant cette période, justement, où il était incarcéré.
12:26– Oui, pendant que vous parlez, peut-être qu'on va voir ces images,
12:28justement, environ 500 courriers par jour, selon son entourage.
12:31– Avec des personnes, bon, dans le pays, il y a des gens que ça choque,
12:35il y a des gens que ça ne choque pas, tout le monde a le droit d'avoir son opinion,
12:37mais c'est vrai qu'il y a, pour les gens qui sont attachés à Nicolas Sarkozy,
12:43au président de la République, ça veut dire quelque chose.
12:45Il a été président de la République et beaucoup de Français l'ont aimé
12:49et le soutiennent.
12:51Et c'est vrai que c'était très touchant de voir tous ces courriers
12:55qu'il a pu recevoir pendant cette période.
12:58Et ça montre qu'effectivement, c'est quelqu'un dont on ne peut pas parler
13:03comme si on parlait du commun des mortels.
13:06Et après, il n'a pas eu de traitement de faveur, comme je l'entends.
13:09Pardon de dire que quand on est à l'isolement,
13:11et ceux qui connaissent justement les conditions d'incarcération,
13:15l'isolement, ce n'est absolument pas un traitement de faveur.
13:18Cet isolement a été nécessité par la nécessité de sa sécurité.
13:23Certains me disent qu'il a choisi, pas vraiment, mais personne n'essaie.
13:26– On va y venir sur ces conditions de détention dans un instant.
13:28– Donc je pense que raison gardée, j'entends que certains
13:31aient des griefs contre Nicolas Sarkozy,
13:33mais bon, on peut aussi commenter les choses avec un petit peu d'humanisme.
13:37– Justement, est-ce que la pression populaire va compter
13:41dans la décision du juge Laurent Valdiguier ?
13:44– Il faut espérer que non, Olivier Gérond et la Cour d'appel
13:48doivent être absolument indépendants.
13:49– C'est pour ça que je l'ai noté, pour ne pas la déformer,
13:54il y a une phrase dans l'arrêt qui maintient Alexandre Djury en prison,
13:58qui campe le décor de l'affaire.
14:03Alexandre Djury est impliqué dans une série de faits
14:06qui présentent la particularité de tous se situer à la frontière
14:09entre le monde des affaires et la gouvernance des États,
14:13et qui sont de nature, à les supposer avérer,
14:15à vicier le fonctionnement normal et sain de l'un et l'autre.
14:19Donc en réalité, Olivier Gérond, la Cour d'appel,
14:24il n'est pas tout seul, il situe l'incarcération d'Alexandre Djury
14:28comme dans un cadre, le fonctionnement normal de l'un et l'autre,
14:34le fonctionnement des États.
14:35Donc c'est vous dire que le sujet…
14:39– Comment on peut imaginer que des magistrats soient influencés ?
14:42Les magistrats sont indépendants et bien heureusement,
14:45ils vont prendre la décision de droit que les égisent et de la bonne.
14:48Quand on écrit à Nicolas Sarkozy ou quand on relate qu'on a reçu,
14:52moi j'ai beaucoup reçu de messages pour le président,
14:54ce n'est pas une question de pression,
14:56c'est juste parce que quand on est touché par la situation,
14:59de savoir qu'il y a tout ce soutien, c'est quelque chose qui nous réconforte.
15:02C'est très affectif si vous voulez,
15:04ce n'est pas des pressions quiconque veut exercer sur quoi que ce soit.
15:07Je tiens bien à le préciser.
15:08– On sait qu'il y a eu des pressions quand même,
15:09ça a entraîné des débats très électriques sur les plateaux.
15:14– Peut-être mais en ce qui me concerne, je considère,
15:15on peut critiquer une décision de justice sans critiquer la justice.
15:20Et je pense que c'est important d'en faire, si vous voulez, la différence.
15:24Moi, je n'ai pas envie de dire aux Français, ne croyez plus en votre justice.
15:27L'institution judiciaire, si elle n'est plus respectée,
15:29c'est tous les fondements d'un République qui s'écroulent.
15:31Mais pour autant, on a le droit de dire qu'on n'a pas compris,
15:35qu'on n'est pas d'accord, qu'on conteste surtout,
15:38moi je le sais innocent, donc je ne vais pas vous dire,
15:40je comprends qu'ils sont en prison aujourd'hui,
15:42quand on sait quelqu'un innocent.
15:43Non, ça c'est une opinion personnelle qui ne touche pas toute la justice,
15:47ça touche une situation.
15:49Il faut être précis sur les mots.
15:51– Et sur la pression, en tout cas l'opinion publique
15:54que vous avez vu au qui à l'instant à Émilie,
15:57on l'a objectimée par un sondage IFOP paru dans l'opinion,
16:01qui est vraiment révélateur en ce sens,
16:03qu'il y a 76% des Français qui ne veulent pas d'un retour,
16:08on les interrogeait sur le retour, l'hypothèse d'un retour en politique
16:13de Nicolas Sarkozy,
16:14ou qu'il puisse continuer à peser d'une manière ou d'une autre
16:16sur la scène politique.
16:17Eh bien, vous avez 76% des Français qui ne veulent pas en entendre parler,
16:21et qui quelque part, peut-être pour certains d'entre eux,
16:23seraient disposés à dire, comme François Ruffin,
16:25qu'ils passent le plus de temps en prison.
16:27Et en revanche, quand vous plongez dans l'électorat de droite,
16:30vous avez exactement, quasiment exactement la même proportion,
16:33trois quarts d'électeurs de droite qui souhaitent encore aujourd'hui
16:37le retour de Nicolas Sarkozy, au regard de ce qu'il a incarné,
16:41au regard du fait que c'est quand même le dernier candidat
16:43qui a porté les idées de cette famille de pensée de droite au pouvoir,
16:48et que donc, ce parfum de victoire qui est en cours de Nicolas Sarkozy...
16:51– Ils souhaitent son retour en politique ?
16:52– Absolument, en tout cas qu'ils continuent,
16:54vous savez que notre actuel Premier ministre,
16:57premier geste qu'il fait lors de sa nomination,
16:59Sébastien Lecornu, il va voir Nicolas Sarkozy,
17:02un certain... Jordan Bardella va voir Nicolas Sarkozy,
17:05il joue encore ce rôle honorifique, si vous voulez,
17:08de parrain d'une forme de la droite,
17:10y compris, peut-être, après ce passage en prison.
17:13– Est-ce que ça n'a pas changé fondamentalement ?
17:16– Avec le choc carcéral peut-être ?
17:17– Après l'incarcération, on est quand même dans une situation
17:19tout à fait particulière.
17:21– Alors on peut parfaitement estimer que c'est une décision outrée
17:26de mettre Nicolas Sarkozy en prison.
17:28Par exemple, c'est mon cas, j'ai dirigé un journal
17:31qui était très très très anti-sarkoziste,
17:34j'ai eu des conflits avec Nicolas Sarkozy absolument terribles,
17:37absolument violents, il n'empêche que je considère
17:39que ça passe les pertes en prison.
17:40Mais c'est une pensée absolument personnelle.
17:44Mais c'est un événement tout à fait particulier quand même.
17:48Un président de la République qui est en prison,
17:51un président, il faut se le dire, se le répéter,
17:54un président de la Ve République qui est en prison.
17:56Donc ça change absolument tout.
17:58– Déjà avec chaque chiral,
17:59le président de la République condamné c'était…
18:01– Serge Portelli, vous avez souffert de ces débats justement,
18:04en plateau après la décision de justice.
18:08– Ce qui est extraordinaire aussi, c'est ce qui est reproché
18:11à un ancien président de la République.
18:13Enfin c'est la première fois en France
18:15qu'il y a de telles accusations aussi lourdes,
18:18aussi graves, aussi extraordinaires.
18:20Voilà, donc les gens peuvent être effectivement,
18:24c'est leur droit, choqués par l'incarcération,
18:27mais vous en avez peut-être autant qui sont choqués
18:29par les faits qui sont reprochés.
18:32Moi hier, j'ai discuté avec une connaissance comme ça
18:36qui me disait, ah ben moi j'ai…
18:39il est serveur dans un café, voilà, pour vous dire,
18:43j'allais dîner.
18:44Il me dit, ah mais moi j'ai lu l'arrêt du jugement,
18:49enfin le jugement.
18:50Il me dit, j'avais pas encore lu.
18:52Ah !
18:52Il me dit, mais moi j'avais voté pour Nicolas Sarkozy
18:56aux dernières élections,
18:57mais là franchement, j'ai lu le jugement,
19:00il aurait pu prendre 10 ans.
19:01Voilà, donc c'est pour vous dire que l'opinion publique,
19:05qu'est-ce que pense exactement l'opinion publique ?
19:07On en se fiche trop bien.
19:08Le décès 10, l'épisode du décès 10
19:11et la mise en lumière d'Abdallah Sennoussi,
19:15ce personnage sombre qui a exécuté les bases d'œuvres
19:19pour Kadhafi et qu'a rencontré notamment
19:22Brice Hortefeux.
19:24La mise en lumière de ce personnage-là dans l'opinion publique,
19:27absolument.
19:27Mais la mise en lumière de ce personnage-là…
19:29Je dis simplement que les 170 victimes de cet attentat-là,
19:38la présence de leurs proches et de leurs familles à l'audience,
19:41je parle sous le contrôle de Laurent Valdiguier,
19:42a joué un rôle dans l'opinion publique.
19:44Je voudrais juste parler,
19:45mais qu'on évoque ces conditions de détention avec vous,
19:48Laurent Valdiguier,
19:50puisque, voilà, pour ce qu'on voulait en parler,
19:53si jamais Nicolas Sarkozy est relâché demain,
19:56d'après les informations notamment de Charles Sapin
19:58pour le point,
20:00l'ancien chef de l'État suit un régime très étrange.
20:02C'est bien ça, à base de yaourts.
20:03Oui, alors c'est vrai que son entourage se refuse absolument
20:06à détailler, raconter, c'est assez…
20:09C'est compréhensible.
20:11Il se refuse à toucher le moindre plat qu'on lui sert en cellule
20:13par peur que quelqu'un ait pu cracher dans sa pittance,
20:15si ce n'est pire.
20:17Et puis, il refuse aussi de cuisiner.
20:20Alors ça, c'est un proche qui le dit,
20:21il ne sait même pas cuire un œuf.
20:23On ne sait rien, mais c'est un proche qui le dit.
20:24Et donc, il ne se nourrirait que de yaourts.
20:27Oui, alors ça, c'est…
20:28Vous pouvez cantiner en prison.
20:32C'est-à-dire que vous avez un plateau,
20:34ça s'appelle une gamelle.
20:35Donc, il y a un surveillant qui vous met une gamelle
20:38devant la cellule.
20:42La première semaine,
20:43les surveillants de la santé disaient
20:45que Nicolas Sarkozy gamellait bien.
20:47Autrement dit, qu'il prenait son plateau
20:48et puis qu'il rendait un plateau.
20:51Autrement dit, là, maintenant,
20:53il a eu au bout de dix jours,
20:54donc à la moitié de ses vins,
20:56il a eu au bout de dix jours
20:57la possibilité de cantiner,
20:59donc de s'acheter une poêle,
21:00de s'acheter une casserole
21:01pour pouvoir améliorer l'ordinaire
21:04de l'administration.
21:07Surtout s'il a peur que des gens
21:09crachent dans son plateau repas.
21:12Sur son plateau repas,
21:13il pouvait se faire des pâtes
21:15ou acheter des duries.
21:17Ça me choque, je suis choquée.
21:19En fait, ces articles qui sont sortis,
21:20pardon de vous dire,
21:21je suis choquée.
21:23Vous les trouvez voyeuristes ?
21:24Non, mais qu'on parle de la sécurité
21:25du président,
21:27c'est quand même un fait public.
21:28C'est-à-dire, c'est un ancien président
21:29de la République,
21:29comment ça a débattu,
21:31est-ce qu'il devait avoir
21:31d'officacité de sécurité, etc.
21:32OK.
21:33Mais quand j'ai lu des articles
21:34qui allaient aussi loin
21:36dans cette intimité,
21:37je suis choquée.
21:39J'ai même vu,
21:41avis d'un nutritionniste,
21:42quelle va être son évolution
21:44s'il ne mange...
21:45Alors déjà, ces informations
21:46ne sont pas claires du tout,
21:48n'ont pas été du tout validées
21:50et vérifiées.
21:52Je tiens à le dire.
21:53Donc, on va commencer
21:54à raconter les choses.
21:55On n'osera pas nous remettre
21:56en cause le travail de Charles Sapin.
21:58En tout cas, il donne ses sources.
22:00D'accord.
22:00Mais je ne comprends pas,
22:01si vous voulez.
22:02Vous avez peut-être
22:02d'autres informations.
22:03Mais je ne les donnerais
22:04même pas si je les avais.
22:05Je trouve que c'est l'intimité,
22:07si vous voulez,
22:08d'une personne qui est respectable
22:11et qui on doit un peu de distance.
22:14Mais c'est un avis personnel.
22:15Et je pense que peut-être
22:15d'autres ont été choqués.
22:16Rassurez-vous,
22:17si jamais il est remis
22:19en liberté demain,
22:20plus personne ne s'intéressera
22:22à la façon dont se passe
22:24la détention de 84 000 détenus
22:27actuellement en France.
22:29Tout le monde s'en fichera
22:30éperdument.
22:31Donc, effectivement,
22:33qu'on s'intéresse
22:34à la gamelle de Nicolas Sarkozy,
22:36oui, pourquoi pas ?
22:38Mais moi, ce qui me choque,
22:40c'est l'intérêt fantastique,
22:42vraiment le battage
22:44qui est fait
22:45autour de la détention
22:46de Nicolas Sarkozy,
22:48alors qu'il y a quand même
22:4984 000 détenus,
22:51alors qu'on a simplement
22:5365 000 places.
22:54Je ne sais pas ce que vous voyez.
22:55On a 5 000 matelas,
22:57des gens qui dorment sur...
22:58Vous savez, malheureusement,
22:59qu'on ne s'intéresse
23:00à ces conditions-là
23:00qu'épisodiquement.
23:01Je pense, par exemple,
23:02quand il y a eu le drame
23:02avec Yvan Colonna,
23:04effectivement,
23:04c'est dit, ah mais oui,
23:05c'est comme ça
23:05que ça se passe en prison.
23:06Et la réalité,
23:07la surpopulation incarcérale,
23:08elle est connue.
23:09Et là, tous les politiques
23:10butent sur le fait
23:11d'y mettre plus de moyens
23:12alors qu'on sait
23:13qu'il les faudrait.
23:14Non mais maître,
23:15vous feignez d'être surpris.
23:17Vous êtes parfaitement conscient
23:18que l'incarcération
23:19d'un des...
23:20Je ne sais plus comment
23:20le président de la 5e,
23:215 ou 6.
23:22C'est le 6e.
23:23Le 6e.
23:24D'un des présidents
23:25de la Seine République,
23:25pour le pays tout entier,
23:27c'est effectivement un choc.
23:29Ça transmet quelque chose.
23:31C'est une situation
23:32extrêmement particulière.
23:33Vous n'êtes pas surpris.
23:36C'est normal
23:37que ça se passe comme ça.
23:38Les Français raccordent ça
23:40aussi au contexte politique actuel.
23:42Parce que moi,
23:42quand on me le dit,
23:43bien sûr,
23:43c'est que des gens
23:44qui l'aiment bien,
23:44qui viennent me voir,
23:45vous en doutez,
23:46mais ils me disent
23:47qu'est-ce qui se passe
23:47dans notre pays ?
23:48Parce qu'on est dans
23:49un contexte politique
23:50qui est perturbé en ce moment
23:52politiquement,
23:53économiquement,
23:55sécuritaire.
23:56Et ça s'ajoute,
23:56si vous voulez,
23:57à une forme de...
23:59Je ne sais pas,
24:00le sentiment qu'on perd
24:01beaucoup de repères
24:02et de stabilité.
24:03Cela dit,
24:04Nicolas Sarkozy a dit
24:04qu'il écrivait un livre.
24:05Ce sera le mot de la fin.
24:06Donc vraisemblablement,
24:07il va raconter tout ça
24:08dans son livre.
24:08Oui,
24:09on risque d'avoir
24:09quelques petits détails
24:11ces prochains mois.
24:12Merci beaucoup
24:13d'avoir été parmi nous
24:14pour évoquer cette affaire.
24:15sur la fin.
24:16Sous-titrage Société Radio-Canada
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