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  • il y a 3 mois
Chaque week-end, Emilie Broussouloux vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00L'information du jour, c'est aussi le limogé du directeur de la prison de Rennes.
00:05Il a été écarté de ses fonctions ce matin après l'évasion d'un détenu lors d'une sortie collective.
00:10C'est le garde des Sceaux lui-même, Gérald Darmanin, qui a annoncé sa décision.
00:14Les récits de ces dernières heures avec Elsa Théobald.
00:18La sanction est tombée ce matin.
00:21Dès son arrivée à la prison de la Santé, Gérald Darmanin n'a pas tergiversé au moment d'annoncer sa décision.
00:26J'ai considéré que ce chef d'établissement ne peut pas rester en responsabilité lorsqu'il est manifestement en train de mettre en place un système qui fait qu'une personne qui s'est évadée va se réévader.
00:41Un directeur de prison démis de ses fonctions, un geste fort du ministre de la Justice.
00:46Cette évasion s'est déroulée lors d'une sortie au Planétarium et suscite la colère des syndicats d'enseignants.
00:52Car seuls trois d'entre eux auraient été présents pour les encadrer et se charger de la visite.
00:57Il n'y avait aucun surveillant pénitentiaire, ce qui veut dire que potentiellement, nos collègues n'étaient pas protégés.
01:04Nous sommes révoltés de ce type de situation.
01:08Comment peut-on oser risquer la vie de personne pour le prétexte d'une sortie ?
01:15Mais pour les syndicats pénitentiaires, la responsabilité du chef d'établissement n'est pas avérée.
01:20Le juge d'application des peines a décidé de le tester, apparemment, sur une sortie collective.
01:24Encore une fois, vu qu'il s'était déjà évadé plusieurs fois sur de précédentes incarcérations, sur justement des permissions de sortie,
01:29je pense que le juge d'application des peines, là, a fait une erreur et n'aurait jamais dû autoriser sa sortie.
01:33Et le vrai responsable, pour moi, c'est eux, c'est la magistrature, c'est eux qui ont commis la faute et pas notre chef d'établissement.
01:39Le détenu âgé de 37 ans est toujours en fuite. Il devait être incarcéré jusqu'en mars 2027.
01:44– Et pour en parler, on est avec Thibaut Chevillard, bonsoir. – Bonsoir.
01:48– Consultant police, justice, BFM TV, Victor Hérault, bonsoir. – Bonsoir, Émilie.
01:52– Journaliste politique à valeurs actuelles.
01:55Thibaut Chevillard, d'abord, j'aimerais qu'on puisse faire le point sur ce qui s'est passé.
01:59Comment s'est-il évadé ?
02:01– Eh bien, cette évasion, elle a eu lieu le 14 novembre dernier.
02:05Ce jour-là, il y a un groupe de détenus qui s'est rendu au Planétarium, à Rennes.
02:11Ils étaient encadrés par trois personnels.
02:14Alors, ce n'étaient pas des gardiens de prison, mais des personnels de l'Éducation nationale.
02:18– Donc, des enseignants qui les accompagnaient.
02:20– Exactement.
02:22Et parmi ces six détenus se trouve cet homme de 37 ans
02:25qui a été condamné à un an de prison en décembre 2024 pour des faits de vol.
02:31Il devait être incarcéré jusqu'en mars 2027.
02:34Mais sur les coups de 18h30, ce vendredi,
02:37eh bien, il a faussé compagnie aux accompagnateurs.
02:41Et il est actuellement toujours en fuite.
02:44Alors, effectivement, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin,
02:48a annoncé avoir démis de ses fonctions.
02:50Le directeur de la prison de Rennes,
02:53qui a autorisé cette sortie,
02:55alors que ce détenu, il s'était déjà évadé dans le passé.
02:59Et il a été autorisé à participer à cette sortie.
03:02Contrairement à ce que Gérald Darmanin avait demandé déjà dans le passé.
03:08Gérald, le ministre de la Justice, estime que le directeur de la prison de Rennes
03:13a commis une faute, ce qui lui vaut, effectivement, d'avoir été démis de ses fonctions.
03:17Victor Hérault, vous, vous nous le disiez, vous êtes sidéré par cette affaire.
03:21Oui, parce que, si vous voulez, Gérald Darmanin a parfaitement raison
03:24de faire valoir son autorité dans ce genre d'affaires-là.
03:26D'autant plus qu'on sait que ce sont des affaires qui peuvent très vite mouiller les gardes des Sceaux.
03:30On se souvient d'Éric Dupond-Moretti avec l'affaire des kartings.
03:32C'était, je crois, dans la prison de Fresnes.
03:33qui l'avait entachée pendant un bon moment.
03:35On en avait parlé pendant plusieurs semaines.
03:38Gérald Darmanin avait effectivement, c'est en tous les cas ce qu'il dit,
03:40fait savoir au directeur d'établissement qu'il fallait vérifier absolument les profils
03:43de ceux dont on comptait les faire sortir dans des activités.
03:46Là, il se trouve que c'était au planétarium.
03:49Ça s'inscrit également dans la lutte, si vous voulez, de Gérald Darmanin,
03:51plus longue, plus long terme.
03:53Celle, par exemple, du conditionnement des activités loisirs,
03:55lorsqu'il y avait eu une polémique autour de massages de détenus.
03:58Gérald Darmanin disait des activités pour la réinsertion, c'est d'accord,
04:02mais des activités purement de loisirs, ça n'a pas sa place en prison.
04:05En gros, ça allait trop loin.
04:07C'est-à-dire, là où je comprends une partie de Français
04:09qui peuvent être choqués devant ce genre d'affaires,
04:10c'est qu'on apprend à chaque fois qu'une affaire de ce type sort,
04:15les Français découvrent, ah bon, on va au planétarium quand on est en prison.
04:17Ah bon, on peut faire du karting.
04:18Ah bon, on a des massages.
04:19Ça renvoie un message, si vous voulez, ça amplifie cette musique que je ne partage pas,
04:23qui est la prison, c'est le club mène.
04:24Un certain nombre de Français commencent à se dire, mais c'est bizarre,
04:27il y a des activités quand même qui ne sont pas censées pouvoir se dérouler en prison.
04:30Ça soulève aussi, et ça c'est important, le manque de moyens de la prison.
04:35Par exemple, vous le disiez, ces encadrants qui sont des enseignants,
04:38qui ne sont même pas des gardiens de prison,
04:39qui ne sont pas des gens compétents pour pouvoir arrêter quelqu'un s'ils tentent de s'évader.
04:42Ça soulève cette question-là.
04:43Il n'était que trois pour encadrer tout un tas de détenus.
04:47Seulement, voilà, la question c'est que le risque zéro, le risque n'est jamais nul,
04:50il n'y a aucun risque zéro.
04:51En revanche, on ne va pas aller tenter le diable en laissant la possibilité à quelqu'un
04:55qui a déjà tenté de s'évader, qui a déjà réussi à s'évader,
04:57la possibilité de s'évader à nouveau.
04:59– Oui, je voudrais qu'on pose la question à Cyril Huet, qui est avec nous.
05:02Bonsoir, monsieur.
05:03Vous êtes secrétaire général adjoint du syndicat pénitentiaire des surveillants.
05:08D'abord, peut-être une réaction sur la décision du ministre de la Justice,
05:12Gérald Darmanin, qui a décidé de limoger le directeur de la prison.
05:16Est-ce que cette décision vous semble juste ?
05:19– Écoutez, c'est simple.
05:21Je peux entendre beaucoup de choses.
05:23Le JAP a validé la sortie.
05:25Il n'aurait pas dû le faire, c'est clair.
05:26Néanmoins, ce n'est pas le JAP qui a organisé cette sortie.
05:30Donc, c'est bien le directeur d'établissement qui l'a organisée et qui l'a gérée.
05:34Il y a plusieurs choses, moi, qui me viennent en tête.
05:36Comment les trois éducateurs,
05:38c'est-à-dire qu'ils ont pu sortir les trois éducateurs,
05:40mais comment ils ont pu accepter de sortir avec plusieurs détenus,
05:44sans personnel pénitentiaire ?
05:45Là aussi, c'est un problème.
05:47Je pense qu'il y a une succession d'erreurs de personnel,
05:51ou peut-être la peur de vouloir s'opposer à certaines décisions,
05:55qui fait qu'aujourd'hui, on arrive encore à une difficulté.
05:58Alors, on a un garde-es-saut qui prend des mesures de fermeté.
06:02Il veut avoir un devoir d'exemplarité,
06:04et ça passera justement par des directeurs qui prennent des décisions responsables.
06:08Aujourd'hui, on voit que les décisions qui ont été prises,
06:11elles sont complètement nulles,
06:14et elles amènent à une difficulté
06:16qui pourrait entraîner beaucoup de choses à l'extérieur
06:19d'un détenu qui est en cavale.
06:21Donc, pour vous, la solution, ce n'est pas seulement de virer le directeur ?
06:24Ça va plus loin que ça, en fait.
06:25Ça ne réglera pas le problème.
06:28Alors, d'abord, il n'a pas été viré.
06:31Il ne sera plus sur le poste de directeur de cet établissement.
06:34Donc, il n'est pas viré de l'administration.
06:35Il a été un peu rapide, il a été limogé, vous avez raison.
06:38Voilà, il a été démis de ce poste.
06:40Donc, il ne sera pas viré de l'administration pénitentiaire.
06:43Et ce n'est pas ce qu'on lui souhaite.
06:44Et d'ailleurs, on le dit et on le répète,
06:46on ne se jouit pas de cette situation
06:47qui, derrière le poste, c'est quand même une personne avec une famille.
06:52Et donc, on ne jouit pas de sa fonction.
06:57Néanmoins, il faut que ça serve aussi d'exemple
07:00pour les autres directeurs d'établissement,
07:02parce qu'on a cette difficulté
07:04où on est habitué à ce genre de décision
07:07qui nous offuse que nous, personnels pénitentiaires,
07:10à bas d'échelle.
07:12Et on subit ça.
07:13Et à chaque fois qu'on a des difficultés,
07:15on les subit.
07:16Et il y a des drames.
07:17Il y a eu des évasions à Arles il y a deux ans.
07:20On a eu la mort d'un détenu aussi.
07:24Et on a remis la faute sur le personnel
07:26pour qu'à l'arrivée, finalement,
07:27c'est le directeur d'établissement
07:28qui a été émis responsable.
07:31Donc, en fait,
07:33il y a tous ces tas de décisions
07:35qui sont prises depuis des années
07:36où les directeurs d'établissement
07:37ne doivent jamais répondre
07:39de ce qu'ils font
07:40ou de ce qu'ils prennent comme décision.
07:42Aujourd'hui, le garde des Sceaux,
07:44il a décidé que c'était fini
07:45et que si on voulait remettre de la fermeté,
07:48il fallait que tout le monde soit exemplaire.
07:50Et ça, c'est un bon signal,
07:51c'est un signal fort
07:52et ça va dans le bon sens
07:54de ce qu'il est en train de mettre en place.
07:55Et si les directeurs d'établissement,
07:57je les invite,
07:58mais vraiment à se mettre au diapason,
08:01s'ils n'ont pas compris la mesure,
08:02comment on va pouvoir y arriver
08:04à mettre en place
08:06tout ce que le garde des Sceaux
08:07essaye de faire
08:08pour qu'on puisse reprendre la main
08:10sur la population pénale.
08:12Et pendant que vous parliez,
08:13Pierre Botton nous a rejoint sur ce plateau.
08:15Bonsoir, monsieur Botton.
08:16Merci d'être avec nous.
08:17Merci à vous.
08:18Vous êtes ancien détenu
08:19à la prison de Fresnes
08:20et à la prison de la Santé à Paris.
08:21Vous avez écrit l'ouvrage
08:23dont la couverture va s'afficher
08:24« Quand les détenus font la loi »
08:26aux éditions Michel Laffont.
08:27Merci d'être avec nous.
08:29On entendait, il y a un instant,
08:30Victor Hérault,
08:31qui s'étonnait
08:32de voir toutes ces sorties organisées,
08:35notamment cette fuite
08:36qui a eu lieu
08:36lors d'une sortie au Planétarium.
08:39Est-ce que vous,
08:40vous comprenez
08:41que certains ne comprennent pas,
08:42justement,
08:43ces activités
08:44qui sont permises
08:45pour certains détenus ?
08:47Oui, oui.
08:47Bien sûr que je comprends.
08:48Bien sûr que ça peut choquer.
08:49Bien sûr que j'entends des phrases
08:50toujours les mêmes
08:51« VIP »,
08:52« Club Med »,
08:53contre lesquelles je me lève,
08:55d'ailleurs,
08:56parce qu'il n'y a pas
08:56de « Club Med »
08:58en prison.
08:59Quand vous êtes à quatre
09:01dans une cellule
09:02qui est prévue pour deux,
09:05pour l'avoir vécu,
09:07c'est vraiment des choses
09:09très, très difficiles.
09:11En revanche,
09:12je trouve que c'est bien
09:12ce que vient de faire
09:13Gérald Darmanin.
09:15Vraiment,
09:15je trouve que c'est très, très bien,
09:16mais il aurait dû le faire
09:17plus tôt.
09:17Je ne veux pas toujours être
09:18à la ramasse derrière lui,
09:20mais franchement,
09:21c'est vrai.
09:22Je trouve ça très, très bien
09:23parce que
09:24qu'est-ce qu'il advient
09:25du directeur
09:26qui a permis
09:27qu'il y ait une clé USB
09:28qui ait été donnée
09:30à Salem Abdel-Slam ?
09:33Vous ne croyez pas
09:33que c'est très sérieux, ça ?
09:34Qu'est-ce qu'il advient
09:35du directeur
09:36de la prison de Caen
09:38qui a été à l'origine,
09:42qui était là,
09:42qui n'a pas repéré
09:43Mohamed Amra ?
09:44Qu'est-ce qu'il advient
09:45du directeur de la santé
09:47qui n'a pas repéré
09:48Mohamed Amra
09:49comme un détenu dangereux
09:52lorsqu'il est passé
09:52à la santé ?
09:54Donc vous trouvez
09:54qu'il faut serrer la vis
09:55dans les prisons ?
09:56Mais je pense surtout
09:56qu'il faut serrer la vis
09:58en haut.
09:59Vous comprenez
10:00ce que je veux dire ?
10:00Parce que jusqu'ici,
10:02bien sûr,
10:02il n'y avait jamais
10:03de responsable.
10:04Je crois,
10:05il faut le vérifier,
10:06vous le saurez peut-être
10:06mieux que moi,
10:07mais je crois qu'il y a eu
10:08une évasion du temps
10:09du général de Gaulle.
10:10Il a viré le préfet,
10:11le directeur de l'administration
10:12pénitentiaire
10:12et le directeur de la prison.
10:15On en est loin quand même.
10:17Vous comprenez
10:17ce que je veux dire ?
10:19L'administration pénitentiaire
10:20aujourd'hui est encore
10:21celui qui était présent
10:22lors de l'évasion
10:25de Mohamed Amra.
10:26Moi, ça me choque.
10:27Je le dis franchement.
10:27D'ailleurs, il me l'a dit en face.
10:28Il me dit,
10:28vous demandez ma démission.
10:30Ben non,
10:30mais je demande
10:31qu'il y ait quelqu'un
10:31de responsable.
10:32Il faut qu'il y ait
10:33des gens responsables
10:34dans ce pays de ça.
10:36J'ai expliqué la conséquence
10:37parce que sans cela,
10:37c'est les surveillants
10:38qui payent.
10:39Et le travail des surveillants...
10:40Moi, j'ai fait deux ans.
10:42Je n'ai pas vu
10:43de directeur de prison
10:44dans les cours civils.
10:45En revanche,
10:45j'ai vu des surveillants.
10:46J'ai vu des surveillants
10:47se faire cracher à la figure.
10:49J'ai vu des surveillants
10:50se faire insulter.
10:53J'ai vu des surveillants
10:54avoir peur.
10:56Avoir peur.
10:58Mais je n'ai pas vu
10:58de directeur de prison
11:00dans les cours civils.
11:00Vous trouvez que ces prisons
11:01sont mal tenues globalement ?
11:03Oui, mais je trouve
11:04que l'administration pénitentiaire
11:05est mal tenue, madame.
11:06Enfin, excusez-moi,
11:07mais quand je vous dis
11:08qu'il y a une clé USB
11:09qui rentre pour le terroriste
11:12qui a à l'origine
11:13de plus de 130...
11:15Le mec, il n'est pas surveillé.
11:17On laisse rentrer
11:18une clé USB
11:19et lui, on ne va pas
11:20virer le directeur.
11:22Je trouve ça
11:22complètement dément.
11:23Je vous dis,
11:24cette administration
11:25marche sur la tête.
11:26Je vous le dis.
11:27Et ce n'est pas du tout
11:28parce que je suis un détenu,
11:29c'est parce que je l'ai vécu.
11:30Oui, parce que vous avez vu
11:31justement qu'il y avait
11:32de nombreuses failles.
11:33Je voudrais faire réagir aussi
11:34Sofiane Aboubeker.
11:35Bonsoir.
11:36Vous êtes président
11:36de l'Union des métiers
11:37de la sécurité.
11:39On le disait dans cette affaire
11:40et il n'y avait que trois enseignants
11:42qui auraient été présents
11:44pour encadrer cette sortie
11:46au planétarium.
11:47Est-ce que ça vous semble aberrant
11:49quand vous entendez ça ?
11:51En fait, ce qui paraît aberrant,
11:52c'est la multiplication
11:54des dysfonctionnements
11:55de notre système carcéral
11:56aujourd'hui.
11:58On a effectivement,
11:59M. Bauton le rappelait en plateau,
12:01cette clé USB
12:02qui a été permis
12:03à un terroriste.
12:05On a des téléphones portables
12:07qui permettent
12:08à des criminels
12:09de pouvoir organiser
12:10un certain nombre de choses
12:11et on a des détenus
12:12qui s'évadent
12:13lors de sorties
12:15organisées par l'administration
12:16pénitentiaire.
12:17Donc, en fait,
12:18c'est un dysfonctionnement
12:19général de la chaîne
12:20aujourd'hui
12:21auquel on observe.
12:24Mais néanmoins,
12:25il ne faut pas tout mélanger.
12:26Moi, j'entends
12:27un certain nombre de choses
12:29et notamment le côté
12:30bon, les prisons,
12:33c'est le Club Med.
12:33Ce n'est pas le cas.
12:35Effectivement,
12:35les conditions de détention
12:36sont catastrophiques
12:37dans un certain nombre
12:38d'établissements
12:38pénitentiaires.
12:39C'est une réalité
12:40et malheureusement,
12:40la France a été condamnée
12:42par la Cour européenne
12:43des droits de l'homme
12:43à plusieurs reprises.
12:45On a la question
12:46de la réinsertion
12:47des détenus.
12:47Oui, effectivement,
12:48quand on met des gens
12:49en prison,
12:49au bout d'un moment,
12:50ils sortent de prison
12:50et donc,
12:51il faut les préparer
12:52à la réinsertion.
12:53C'est un ensemble.
12:55Mais au-delà de ça,
12:55il y a cette question
12:56de sécurité
12:57de nos établissements
12:57pénitentiaires
12:58qui n'est pas bonne
12:59et ça,
13:01effectivement,
13:01c'est aussi lié
13:02à une certaine forme
13:04qu'on a dans notre pays
13:05de laisser faire
13:07de temps en temps
13:08au niveau administratif
13:09avec des problématiques
13:10de responsabilité
13:11des chefs d'établissement.
13:13Et là,
13:13effectivement,
13:13je pense que
13:14Gérald Darmanin
13:14a bien fait
13:15de faire un exemple
13:17en montrant
13:18qu'un chef d'établissement
13:19est responsable
13:20de ce qui se passe
13:20au sein de sa structure
13:21et s'il y a
13:22des dysfonctionnements,
13:23c'est à lui
13:24de les gérer.
13:25Monsieur Aboubekar,
13:26juste pour qu'on comprenne bien,
13:27comment est-ce que cette sortie
13:29aurait dû être encadrée ?
13:31Alors,
13:31elle aurait dû être encadrée
13:32avec un des surveillants
13:34de l'administration
13:35pénitentiaire
13:35parce qu'encore une fois,
13:37les détenus
13:39sont protégés,
13:41sont surveillés
13:42par l'administration
13:43pénitentiaire
13:44qui a son corps
13:45de surveillant
13:45et donc ce serait
13:46aux surveillants
13:47de pouvoir accompagner
13:48effectivement les détenus
13:49lors de sortie
13:50parce qu'ils sont formés
13:51pour pouvoir détecter
13:53des comportements
13:54inormaux
13:54et puis pour pouvoir
13:55les maîtriser.
13:56Et à côté qu'on est
13:56des éducateurs
13:57effectivement
13:58qui fassent ce travail
13:58de réinsertion,
13:59ça, ça ne pose pas
13:59de difficultés,
14:01bien au contraire.
14:01Je pense que c'est
14:02une question d'ensemble.
14:03Mais l'un sans l'autre,
14:04ça ne fonctionne pas.
14:04Et là, on le voit bien,
14:05trois éducateurs
14:06pour surveiller six détenus
14:08sur une sortie
14:09autorisée sur un planétorium
14:10avec un détenu
14:11qui a déjà un passé
14:12et qui s'est déjà évadé,
14:14là, il y a des dysfonctionnements
14:15majeurs.
14:16Et moi, je m'interroge aussi
14:17sur la responsabilité
14:19effectivement
14:19de cette magistrate
14:21qui a autorisé
14:22ce détenu
14:23alors qu'il y a
14:24à peu près un an,
14:25un an et demi,
14:26il avait déjà,
14:28il s'était déjà évadé.
14:29Donc, encore une fois,
14:30c'est un...
14:31Je vais vous expliquer
14:31ce qui m'ennuie,
14:32madame, là-dedans.
14:33Oui, monsieur.
14:33Je vais vous expliquer
14:34ce qui m'ennuie,
14:34c'est qu'on a donné
14:36une permission
14:37à aller sur le planétorium
14:38avec quelqu'un
14:39qui n'aurait jamais
14:40dû l'avoir.
14:41Oui, donc l'erreur
14:42est déjà à ce niveau-là.
14:43Le gars, il a déjà
14:44essayé de s'évader.
14:45Il a réussi.
14:46Il a réussi.
14:47Il a réussi.
14:48En plus, il a réussi,
14:49on le rattrape,
14:49il ne faut pas présenter.
14:52En revanche,
14:52ce qui m'ennuie dans ça,
14:55c'est que maintenant,
14:55on va dire,
14:56pour tous les détenus,
14:57stop,
14:57ce n'est pas vrai.
14:58Et je vous assure
14:59que ce n'est pas vrai.
15:00Et je vous assure
15:01que c'est nécessaire.
15:02Il y a des tas de détenus,
15:04souvent je dis,
15:05il y a des tas de détenus,
15:05et c'est la grande chose
15:07que Gérald Darmanin a fait.
15:08Il n'a plus qu'à classer
15:09les détenus
15:10suivant,
15:11s'ils sont en attente
15:12de procès,
15:13mais souvent
15:13leur dangerosité.
15:15Moi, je vais vous dire
15:16que Mohamed Amra
15:17ou que Abdel-Slam
15:19n'aient pas de réinsertion,
15:20je m'en fous.
15:22Je vous le dis franchement,
15:22je m'en fous.
15:23Vous ne les mettez pas
15:24tous dans le détenus.
15:25Mais Norman Lelandais,
15:26je m'en fous.
15:27Je vous le dis franchement.
15:28En revanche,
15:29que des jeunes
15:29qui sont à la première,
15:33comment dire,
15:34vous savez,
15:34on voit bien
15:35qu'il y a un gros problème
15:36de trafic de drogue.
15:37Quand est-ce qu'on a les jeunes ?
15:39Quand est-ce qu'on peut
15:40prendre les jeunes
15:41et la République
15:42essayer de les redresser ?
15:44Je dis bien
15:44essayer de les redresser.
15:46Quand ils sont en prison,
15:47madame.
15:48Seulement actuellement,
15:49quand vous les mettez en prison,
15:50vous les mettez au milieu
15:52d'un endroit
15:53où il n'y a plus
15:54aucune loi.
15:55Vous avez de la drogue,
15:57vous faites rentrer
15:58tout ce que vous voulez,
15:59vous avez des téléphones
16:01de tous les côtés
16:02et en plus de la corruption.
16:03C'est Gérald Darmanin,
16:04d'ailleurs,
16:05qui a déclaré
16:05que 80 000 portables
16:07avaient été saisis
16:07dans les établissements
16:08pénitentiaires en 2024
16:10et qui a lancé
16:11l'opération
16:11zéro téléphone,
16:12Thibaut Cheviard.
16:13Oui, exactement.
16:14Une opération
16:14qu'il a lancée ce matin
16:16à la prison de la santé.
16:18Ce n'est pas Gérald Darmanin,
16:20c'est le directeur
16:20de l'administration pénitentiaire
16:21qui a donné ce chiffre
16:22de 80 000 téléphones portables
16:24qui ont été saisis
16:25en 2024
16:26dans les prisons françaises.
16:27Ce sont des téléphones
16:28qui sont soit lancés
16:29par-dessus
16:30les enceintes des prisons
16:32ou alors remis
16:33directement aux détenus
16:34lors d'un parloir.
16:35C'est vrai que le chiffre
16:36est stupéfiant.
16:37Oui, c'est un chiffre
16:38très important.
16:39Quand on sait
16:39qu'il y a à peu près
16:4090 000 détenus,
16:42c'est effectivement
16:43un chiffre
16:43qui est très important.
16:45Cyril Huet,
16:48je voulais vous faire rebondir
16:49sur ce que disait
16:49Pierre Bauton.
16:50C'est très important
16:50sur la réinsertion
16:53des détenus.
16:54Il le disait.
16:55Finalement,
16:56cette histoire
16:56fait du mal
16:57à l'ensemble
16:58des détenus
16:58qui, pour certains,
16:59ont besoin
17:00justement de ces sorties
17:01pour pouvoir ensuite
17:02se réinsérer.
17:05Écoutez,
17:05moi, je pense
17:06que l'administration
17:07souffre
17:08d'un déficit personnel
17:10qui nous empêche
17:11de mener à bien
17:11des missions
17:12de réinsertion.
17:13et c'est pour ça
17:14qu'on a mis
17:15des personnels
17:15éducateurs
17:16ou des conseils
17:17d'insertion
17:18ou qu'on a créé
17:19toutes ces missions
17:20à l'époque
17:20pour enlever ça,
17:22cette tâche-là
17:23aux surveillants
17:24qui s'adoptaient
17:25à des missions
17:26de sécurité
17:26principalement.
17:28Aujourd'hui,
17:29le personnel
17:30qui vient en complément
17:31des conseils
17:32d'insertion
17:33ne peuvent plus
17:33faire ce travail.
17:34Donc,
17:35on a créé
17:35les sorties ludiques
17:36mais ces sorties-là,
17:37je ne suis pas sûr
17:38que ce soit celles-ci
17:39qui sont faites
17:40pour réinsérer
17:40les détenus
17:41et les détenus
17:42pour être réinsérés
17:43moi,
17:44je préférerais
17:44qu'on leur fasse passer
17:45un permis de conduire,
17:47qu'on leur apprenne
17:47à écrire,
17:48à parler une langue,
17:50à apprendre,
17:50passer un diplôme,
17:52un bac.
17:53C'est par ça
17:53que ça doit passer
17:54la réinsertion,
17:55pas par des activités
17:56thérapie cheval,
17:58aller faire
17:58de l'aquaponée
17:59ou aller
18:00dans un théâtre.
18:02Non,
18:03ce n'est pas ça
18:03la réinsertion.
18:04La réinsertion,
18:04c'est leur apprendre
18:05la vie,
18:05leur apprendre l'hygiène,
18:07leur faire passer
18:07des diplômes.
18:08C'est tout ça
18:09la réinsertion.
18:10Ce n'est pas
18:10ce qu'on essaie
18:11de nous faire croire.
18:13Merci beaucoup
18:13d'avoir été avec nous
18:15pour évoquer ce sujet.
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