Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 mois
La COP 30 démarre le 10 novembre 2025, elle sera l’occasion de mettre en avant les enjeux de financement de la transition des pays émergents. Pour la réussir, le développement d’infrastructures énergétiques est essentiel. Philippe Varin, président de la Chambre de commerce international et Jean-Francis Dusch, directeur de la gestion en dette infrastructure d’Edmond de Rothscild nous expliquent comment augmenter les financements nécessaires. Ils sont les invités de cette émission spéciale à la Paris Infraweek.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Et pour cette première séquence de ce Smart Impact spécial Paris Infra Week, on parle souveraineté, on parle de nos infrastructures, de nos modèles de financement et puis on se projette aussi sur les investissements en matière de transition, de transformation environnementale à l'occasion de la COP30 qui se tient au Brésil.
00:21Je vous présente tout de suite mes invités, Jean-Philippe Varin. Philippe Varin, pardon, bonjour, bienvenue. Bonjour Thomas. Heureux de vous accueillir ici dans ce cadre de Bercy.
00:31Vous êtes aujourd'hui le président de la Chambre de Commerce Internationale, grande carrière dans l'industrie. Je ne vais pas rappeler toutes vos missions et notamment à la tête de PSA, l'ancien Stellantis.
00:42Il y a quelques années, j'accueille Jean-Francis Duches. Bonjour et bienvenue. Vous êtes le directeur de la gestion en dette d'infrastructures chez Edmond de Rothschild.
00:52Quelques mots tiens sur la Chambre de Commerce Internationale. Quelles sont vos missions ?
00:57Nous sommes une organisation internationale basée à Paris et nous avons une présidence dans 170 pays avec 45 millions d'entreprises qui sont rattachées à nos chambres de commerce.
01:12Nous avons un siège aux Nations Unies et on est connu d'abord pour historiquement par nos standards du commerce international. Vous savez, on régule 17 trillions de dollars avec les incoterms aujourd'hui.
01:25Et puis quand ça va mal, on est connu pour la Chambre d'arbitrage, la Cour d'arbitrage où nous jugeons tous les ans 200 milliards de dollars de claims. D'accord ?
01:32Donc c'est ça, j'irais, l'historique. Mais alors maintenant, on a trois activités importantes. Un, c'est le climat, puisqu'on est l'organisation mondiale des entreprises dans les COP notamment.
01:44Et ce sera le cas à Bellem bientôt. On a également une activité très forte dans le digital. Le commerce des 17 trillions de dollars de biens, il n'est pas digitalisé.
01:54Donc il faut le digitaliser. C'est un énorme chantier. Et puis c'est d'actualité. Sur le multilatéralisme, en tant qu'organisation mondiale des entreprises, on veut mettre fin autant qu'on peut à la fragmentation du commerce mondial.
02:08Alors on va parler de la COP effectivement ensemble, de cette COP30. Peut-être un mot, Jean-Francis Duce, sur les...
02:14Alors on est ici pour parler d'infrastructures. Si on doit chiffrer les besoins en financement, les types d'infrastructures qui sont concernés en premier chef, vous diriez quoi ?
02:23Alors chez Edmond Rothschild, donc, on a une activité de financement d'infrastructures, tant sur le volet fonds propres que dettes.
02:31Sur le volet dettes, on a une taille de 7 milliards. Donc ça nous permet d'être un acteur assez influent sur le marché.
02:39Donc pour nous, les infrastructures, un peu dans le sens de ce que disait Philippe, c'est très large. C'est-à-dire quand on a lancé notre activité d'aide d'infrastructures, bien sûr qu'il y avait la notion d'impact,
02:49qu'il soit sociale, environnementale, gouvernance. Mais on est tout secteur. Et d'ailleurs, un point important, on va beaucoup parler de transition énergétique, j'imagine, sur Efra Week encore.
03:00Transition énergétique...
03:00Et dans cette émission.
03:01Voilà, et dans cette émission, elle est tout secteur. Bien sûr, c'est naturellement l'énergie, mais avec tous les dérivés, que ce soit le stockage.
03:09Parce que ça, des nouvelles technologies comme l'hydrogène vert. Mais la digitalisation des infrastructures est essentielle également.
03:15On pourra en parler plus tard. La mobilité verte. Tout ce qui est infrasocial avec un angle d'efficience énergétique.
03:21Et puis, on parle souvent d'économie circulaire, de services publics. Il y a un grand enjeu de décarbonation de ces infrastructures.
03:31Et je pense qu'on est vraiment à une époque assez extraordinaire où les infrastructures évoluent, les technologies évoluent.
03:38Et donc, on doit s'adapter aux besoins. Et dans notre cas, puisque nous sommes gestionnaires d'actifs, convaincre, amener nos investisseurs,
03:46soutenus aussi par une réglementation favorable, on y reviendra, pour financer les besoins qui sont...
03:51On a des chiffres assez énormes, jusqu'à 700, 800 milliards de besoins de financement, ne serait-ce que jusqu'à 2030, qui est demain.
04:02Donc, on est vraiment en face d'un beau challenge et avec un besoin de liquidité clé.
04:08Oui. Avec cette COP qui se déroule dans quelques jours au Brésil, effectivement, Philippe Varin, on ne sait jamais trop quoi en attendre d'une COP.
04:21Parce qu'à la fois, c'est un des rares rendez-vous où il y a encore une discussion internationale dont on peut espérer qu'elle fonctionne à peu près.
04:28Et puis, en même temps, on est toujours un peu déçu par les résultats et ce qui est annoncé.
04:33Comment vous, vous l'abordez, cette COP ? Je sais qu'avec OXERA, vous avez travaillé sur une étude sur l'adaptation climatique
04:41qui peut éclairer aussi la façon dont vous appréhendez ce rendez-vous.
04:45Je vais vous dire comment l'Assemblée du Commerce internationale aborde la COP.
04:51Parce qu'effectivement, le temps est compté maintenant. Un mot du contexte général.
04:55Le contexte général, c'est que la fenêtre de tir se referme.
04:59Puisque vous vous souvenez qu'à Dubaï, il y a deux ans, il y a eu une évaluation qui a été faite.
05:03Et au lieu de 1,5 à 2 degrés comme trajectoire à la fin du siècle, on disait à Dubaï, on va être au problème au-dessus de 2, entre 2 et 3.
05:14Si les engagements de contribution des États sont respectés.
05:18Or, premier point à Belém, on va avoir une consolidation mondiale normalement.
05:25Parce qu'on devait faire actualiser ces contributions au premier semestre de cette année.
05:29Je suis assez pessimiste.
05:31Ce qui veut dire que si on n'était pas en ligne, on serait au-dessus de 3 degrés.
05:34Donc c'est le point numéro 1, si vous voulez.
05:36Le deuxième point, vous l'avez mentionné, c'est que la nature n'attend pas.
05:40Les événements extrêmes se développent.
05:42Cette étude que vous mentionnez d'Oxéra, sur les dix dernières années,
05:47il y a eu, d'après cette estimation, 2 000 milliards de dollars de dommages.
05:512 trillions de dollars d'hommages dans le monde.
05:54Et 2 milliards d'habitants sur 8 de la planète ont été touchés par ces événements.
06:00Et donc, on voit les primes d'assurance qui augmentent, etc.
06:03Et puis le troisième sujet, et peut-être particulièrement pertinent aujourd'hui,
06:07c'est que le financement pour les États en développement ou émergent est tout à fait insuffisant.
06:13Juste pour fixer une idée, sur les investissements dans l'énergie, aujourd'hui,
06:17alors, ces pays émergents en développement représentent deux tiers de la population mondiale.
06:24Eh bien, sur ces pays, aujourd'hui, la part de l'investissement mondial n'est que de 17%,
06:29et à l'intérieur de ça, pour l'Afrique subsaharienne, que 2%, si vous voulez.
06:34Donc ça, c'est le deuxième point important, c'est que, enfin le troisième, c'est que le financement n'est pas là.
06:38Donc voilà la situation.
06:39Alors maintenant, pour répondre à votre question sur nos objectifs, on en a trois.
06:45Un, on veut que les contributions soient vraiment actualisées, pour qu'on sache où nous sommes,
06:52et à l'intérieur de chacune de ces contributions de pays, qu'il y ait un paragraphe, je dirais,
06:57sur le rôle de l'investissement privé dedans, c'est-à-dire comment est-ce organisé.
07:02Bon, ça, c'est le point numéro un.
07:03Le point numéro deux, c'est la question du financement.
07:06Et le financement, on a, je dirais, trois volets.
07:09Le premier, c'est, à chaque fois que les banques multilatérales investissent,
07:13il faut qu'elles prennent des risques sur leurs épaules pour que l'investissement privé puisse venir.
07:19Donc là, on a un premier objectif, c'est que ce soit le cas.
07:21Bon, le deuxième point, c'est peut-être un point qui est important, c'est le réglementation BALTRA.
07:29On y reviendra un peu plus tard sur BALTRA.
07:31Et puis, il y a le développement des marchés volontaires du carbone, qui ont été autorisés à bas coût.
07:36C'est l'article 6 de l'accord de Paris.
07:38Et donc, on veut simplement les rendre opérationnels.
07:40Voilà. Donc, voilà les objectifs.
07:42Et puis, très important, l'adaptation.
07:46Aujourd'hui, avec les températures qui montent, c'est un fait, qu'on veuille ou non, malheureusement.
07:51Eh bien, l'adaptation, aujourd'hui, dans l'investissement pour le climat, ne représente que 10%.
07:56Donc, on veut augmenter.
07:57Et pour augmenter, on veut aussi qu'il y ait un cadre sur l'adaptation tel que les entreprises puissent investir, que ce soit, entre guillemets, business case.
08:05Voilà nos objectifs.
08:06Alors, je veux bien que vous nous parliez effectivement de ce rôle, cette mission presque de l'investissement privé.
08:11Et puis, on peut peut-être s'appuyer sur un exemple de financement récent d'Edmond Rothschild.
08:17On a fait 150 investissements dans le secteur des infrastructures depuis 2014.
08:27Alors, c'est très intéressant.
08:28Philippe mentionnait l'exemple des pays émergents.
08:31Quand on avait une activité de conseil, on regardait des PPP en Afrique.
08:35Et ce qui était assez intéressant, c'est de voir l'impact social, l'impact environnemental.
08:40Et on parle d'il y a 15-20 ans.
08:42Pour revenir à votre question, on peut même, puisqu'on est en France aujourd'hui et à Paris,
08:47on n'a pas besoin de se déplacer trop loin.
08:49Mais un exemple qui était intéressant pour nous, parce qu'on parle beaucoup de transition énergétique
08:52et on se concentre beaucoup sur le but.
08:56Et c'est normal.
08:57Il faut atteindre l'objectif.
08:58Mais il y a aussi le terme transition.
09:00Et on a eu la chance de travailler avec une société française, la Française de l'énergie.
09:05Je pense qu'ils ne m'en voudront pas de les citer.
09:09Qu'est-ce qu'ils font, nous, en tant que gestionnaire d'actifs ?
09:11On a une exclusion du charbon, évidemment.
09:13Par contre, cette société opère sur des mines de charbon fermées en France.
09:18Qu'est-ce qu'il y a dans ces mines de charbon ?
09:19Il y a du méthane qui est capturé sous haute pression.
09:21Qu'est-ce qui peut se passer ?
09:22Ça peut exploser.
09:23Danger pour la société.
09:25Mais surtout, si ça part dans l'atmosphère, c'est 84% plus nocif que des émissions de CO2.
09:32Donc c'est un projet de récupération ?
09:34Donc voilà, c'est la récupération, c'est du traitement.
09:36Et on a deux angles.
09:38Un, c'est fournir des services énergétiques.
09:41Mentionner 10%, nous, 30-35% de nos portefeuilles, c'est des services énergétiques.
09:47Et qu'est-ce que fait cette société ?
09:48Elle va capturer le méthane, elle va produire de l'énergie renouvelable,
09:52qui s'inscrit totalement, d'ailleurs, dans la définition de la taxonomie française,
09:55et aussi créer des réseaux de chaleur.
09:58Et ça, c'est intéressant, parce que ça touche aussi au thème important de l'interconnectivité des infrastructures.
10:04Je dirais que ce n'est pas un financement de très grosse taille.
10:06Initialement, c'était une vingtaine de millions.
10:08Maintenant, on a financé une centaine de millions.
10:10Mais pour nous, c'était vraiment...
10:11Mais il est assez symbolique de ce qu'on doit se faire.
10:12Voilà, c'est symbolique, parce que c'est de la transformation.
10:16Et c'est une société qui est en forte croissance, grâce à ce financement qu'on a pu apporter.
10:22Parce que, comme l'a dit Philippe, sur certains pays, les multilatéraux, les agences de développement,
10:26ont un rôle important à jouer.
10:28On peut également amener le secteur privé à prendre certains risques, les encadrer,
10:33et financer en amont ce type d'actifs.
10:35Alors, justement, il nous reste trois minutes.
10:36On va terminer sur ce cadre BAL3, ensemble de réformes réglementaires élaborées par le comité de BAL sur le contrôle bancaire.
10:45Ah, c'était après la crise financière de 2007-2008.
10:47Cet objectif principal, renforcer la solidité, la stabilité du système bancaire mondial.
10:52Avec Philippe Varin, une critique, je ne sais pas si vous la partagez ou si au contraire vous dites qu'elle est exagérée,
10:58ils disent que BAL3 pénalise, je mets des guillemets, l'investissement d'infrastructures privées.
11:02Qu'est-ce que vous en dites ?
11:02Écoutez, c'est compliqué BAL3, donc je vais prendre un exemple.
11:06Oui, soyons concrets.
11:07On prend une ferme solaire au Ghana, investissement de 100 millions de dollars.
11:12Alors, les banques vont appliquer BAL3 avec une approche pour mesurer,
11:18c'est-à-dire la pondération des risques pour l'actif concerné.
11:24Bon, cette pondération pour un actif de 100, au Ghana, elle vaut 400, d'accord ?
11:30Alors que si vous faites cet investissement en UK ou en Suisse, c'est 20, d'accord ?
11:36Donc, il y a un écart colossal.
11:38Donc, nous ne souhaitons pas remettre en cause BAL3, qui est une régulation qui est là pour protéger du risque, vous le savez.
11:45Mais il ne faudrait pas que BAL3, pour vouloir protéger d'un risque financier, conduise à un désastre collectif.
11:51Donc, il faut le faire évoluer ?
11:53Donc, il y a trois éléments à avoir en tête.
11:55Un, à chaque fois que les banques multilatérales, les assurances politiques donnent des garanties,
12:01souvent elles sont conditionnelles ou partielles.
12:03Et en fait, le règlement BAL3 évacue toute garantie qui a un élément de conditionnalité.
12:08Et ça, ça doit être repris.
12:10Donc, ça, c'est un premier sujet.
12:11Le deuxième sujet, c'est le traitement d'un projet finance, c'est-à-dire un projet qui est financé.
12:18Aujourd'hui, les banques considèrent qu'un projet financé, avec des garanties appropriées,
12:23c'est traité comme un financement d'entreprise.
12:26Donc, ça, ce n'est pas bon.
12:27Il faut avoir quelque chose de spécifique sur le projet que fait.
12:29Non, c'est le troisième sujet.
12:30C'est de ne pas confondre le risque qui porte sur un projet qui peut être très bien soutenu comme un projet de ferme solaire au Ghana.
12:38Mais la banque, en appliquant le règlement, va appliquer le rating du pays, du Ghana.
12:43Donc, ce n'est pas correct.
12:44Donc, il faut reprendre ça.
12:45Et en reprenant ça, on peut, à ce moment-là, libérer de la capacité parce que la banque ne sera plus obligée de mettre 400, mais nettement moins.
12:53Alors, pour ça, ce qu'on propose sur ICC, nous, on fait des études, on fait beaucoup d'études sur le trait de finance,
13:00le trait du commercial dans le monde entier.
13:02Et on constate que sur les pays en développement, le risque, ce n'est pas tant que ça.
13:06Alors, on veut, avec les banques, créer une base de données qui mesure les défauts, qui mesure effectivement les temps de réhabilitation lorsque c'est le cas.
13:18Et avec cette base de données, qui sera une base de données de preuves, on puisse réduire cette pondération.
13:25Qui permettra de combler ce déficit d'investissement dans les pays émergents.
13:29Un mot là-dessus sur ces propositions ou sur ce qui freine aujourd'hui l'investissement privé ?
13:35En fait, je pense qu'il y a beaucoup de thèmes que Philippe a évoqués.
13:39Une minute, allez, pour conclure.
13:40Allez, en une minute.
13:41Un, il y a une chose qui est très belle que vous avez dite, c'est le financement de projet.
13:45Il ne faut pas que ce soit du financement d'entreprise.
13:48C'est un projet, c'est des conditions particulières, des risques particuliers, un objectif, l'essentialité, l'impact, etc.
13:54Et c'est ça, nous, qu'on aime faire en tant que gestionnaire d'actifs.
13:57Donc, après, les banques, elles trouvent toujours des solutions.
14:01Donc, BAL3 peut-être évoluera à l'initiative de ce que Philippe a mentionné.
14:07Nous, j'irais, on apporte de la liquidité institutionnelle.
14:10Et là, on a une réglementation assez favorable en Europe, Solva 2 Infra.
14:14Pour les sujets environnementaux, la directive SFDR.
14:17Et ça nous permet d'amener une liquidité complémentaire.
14:20On n'est pas là pour se battre avec les banques, on est là pour apporter de la liquidité complémentaire
14:25et ensemble répondre aux enjeux que vous avez mentionnés.
14:28On a un vrai enjeu de future génération, de préserver la planète et d'assurer le futur des générations.
14:35Merci beaucoup, merci à tous les deux encore une fois d'avoir participé à cette émission spéciale.
14:41Bon Paris Infra Week, on vous laisse rejoindre les différentes réunions et conférences.
14:48On va continuer de parler de souveraineté énergétique tout de suite.
Commentaires

Recommandations