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  • il y a 3 mois
Les clefs d'une vie - Lilian Renaud

Depuis sa victoire dans The Voice , il poursuit sa carrière en artisan. Il a enregistré son nouvel album « Le chant des possibles » dans son village au pied des montagnes , avec l’espoir d’atteindre les sommets des ventes

🗝 Découvrez plusieurs dates-clefs de la vie des plus grands artistes, auteurs et personnalités aux côtés de Jacques Pessis.
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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2025-11-03##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, celle de mon invité, vous repartez en campagne en l'évoquant dans vos nouvelles chansons.
00:09Vivre au contact de la nature vous a permis de le rester, nature.
00:13On dit qu'impossible n'est pas français, vous le démontrez à travers votre nouvel album.
00:17Bonjour Lilian Renaud.
00:18Bonjour.
00:19Alors on vous retrouve, on vous avait accueilli d'après mes fiches en 2019.
00:23Vous avez fait du chemin depuis.
00:24Donc le principe des clés d'une vie c'est de raconter votre parcours.
00:27Donc on a des choses à raconter entre 2019 et 2025 et avant, à l'occasion de la sortie de ce nouvel album,
00:33Les chemins du possible, qu'on va bien sûr évoquer dans l'émission.
00:37Donc voilà la date, première date que j'ai choisie.
00:40Alors c'est le 15 mai 2015, c'était une fête populaire, il y a 200 mètres de queue et c'est à Micropolis.
00:47Ça vous dit quelque chose ?
00:48Oui ça me dit quelque chose, c'était après The Voice je pense.
00:51Exactement.
00:52Je suis revenu.
00:53C'était la foire, une foire dans votre région et on vous annonce, quand on voit les images, c'est insensé, c'est une foule immense.
01:03Oui, c'est vrai que ça avait fait parler cette émission, c'est sûr.
01:07Et puis en effet, ils avaient été débordés, je me souviens, je devais chanter dans un petit théâtre.
01:12Ils avaient prévu un petit théâtre de 300 places et puis je crois que 20 000 personnes étaient venues.
01:16C'était un petit peu juste.
01:18Et c'est vrai que c'était le parc des expositions de Micropolis qui est quelque chose de très important dans la région.
01:22Oui, c'est un centre qui est en effet très populaire chez nous parce qu'il s'y passe beaucoup de choses.
01:29Cette foire comptoise d'ailleurs existe depuis 1922 et c'est là qu'a été inauguré le 22 mai 57 l'émetteur qui a permis de voir la télévision dans la région.
01:38C'était un événement.
01:39Alors, on attend bien sûr ce jour-là une chanson, c'est celle-ci.
01:52Le bruit de l'aube, l'aube de votre carrière justement.
01:56Et c'est vrai que l'aube, ça a commencé pour vous à Mamirol parce que cette fête a été le point de départ.
02:05Vous vous êtes rendu compte de votre popularité ?
02:07Oui, je m'en suis rendu compte après la télé du mois parce que j'ai été confiné pendant très longtemps dans la télé par rapport à l'émission.
02:17Et puis en effet, en sortant, j'ai découvert tous ces gens qui avaient été là pendant l'émission derrière leur écran.
02:24En effet, on se rend compte de la popularité de ce qui se passe.
02:28Mais ce qui est extraordinaire, c'est qu'à Amiropolis, dans ce village, il y a 1000 personnes et là, il y en avait 20 000.
02:34Donc, il y avait des voitures partout.
02:35Ah oui, c'était énorme.
02:37Oui, on n'avait jamais vu le village comme ça forcément parce qu'il y a le quotidien des gens.
02:43Mais c'est tout finalement dans ces villages.
02:45Donc là, c'était assez extraordinaire.
02:47Vous n'auriez jamais imaginé ça, Lillian Renaud, quand vous êtes rentré à la Musique Académie Internationale à Nancy ?
02:53Non, non, non.
02:54En plus, si j'y allais vraiment, je finissais mon métier.
02:57Je suis allé dans cette école pendant un an en me disant que je reviendrais à ce que je faisais
03:02parce que la musique finalement était pour moi très lointaine.
03:06Ce n'est pas quelque chose...
03:08Je ne pensais pas en vivre un jour du tout.
03:10Donc peut-être que j'avais nourri ce rêve inconsciemment, comme je dis toujours.
03:13Je ne sais pas.
03:14Mais ce n'était pas vraiment conscient.
03:15Mais au départ, qu'est-ce que c'est que cette école ?
03:17C'est une école de formation.
03:19D'ailleurs, les meilleurs élèves sont envoyés à un collège de Boston.
03:24Ah, il y en a.
03:24Maintenant, il faut un partage avec une école en Amérique.
03:27En effet, à Boston, qui est une très belle école.
03:29Non, mais la MAI, c'est une école privée en soi.
03:32Où, voilà, il faut...
03:34Il y a un petit examen d'entrée.
03:37Moi, j'étais dans un cursus de chanteur.
03:39Je n'ai pas eu beaucoup de difficultés à passer cet examen.
03:42Mais il y a aussi des cursus de musiciens.
03:44Il y a beaucoup de très grands musiciens qui jouent, d'ailleurs, avec des artistes
03:48que je vois actuellement dans des grandes salles, etc., qui sortent de la MAI de Nancy.
03:53Et pourquoi avoir choisi cette école ?
03:55Eh bien, parce que moi, je n'ai pas fait le conservatoire.
03:57Je n'ai pas fait... Je ne connaissais pas la musique.
03:59Et c'est une école où on pouvait rentrer sans connaître vraiment la musique.
04:03Où on pouvait... Voilà, il n'y avait pas ce diplôme de départ où il fallait lire des partitions.
04:08Ce que moi, en tant qu'autodidacte, je ne sais pas faire.
04:11En même temps, il y a plein de musiciens qui ne savent pas lire des partitions.
04:14Ben oui, alors j'ai appris un petit peu depuis avec le temps.
04:17Mais en effet, moi, ce n'est pas quelque chose... Je n'ai pas eu de formation comme ça.
04:20Je n'ai jamais fait d'école de musique, de cours de musique.
04:23Et vous avez commencé à chanter à 10 ans, je crois.
04:26Oui, même peut-être un peu avant.
04:29Oui, même.
04:30Oui, je crois peut-être devant la télé, devant les clips vidéo de la télé.
04:33Et comme ça, par passion ?
04:34Avec mes soeurs, oui, par passion.
04:36Puis un jour, on se met à chanter.
04:38Puis en fait, c'est une découverte.
04:39On se dit, tiens, j'y arrive à chanter.
04:42Et ensuite, on continue, on continue.
04:44Puis la voix se forge et voilà.
04:46Et vous avez commencé un peu plus tard à découvrir le rock et à apprendre la guitare.
04:50Oui, en fait, je suis ici d'une grande famille.
04:52J'ai des grands frères qui étaient plutôt axés très rock'n'roll, on va dire.
04:57C'était plutôt les Zeppelins, les Guns.
04:59Et puis, voilà, des groupes de rock français qui passaient à la maison.
05:05Et en fait, j'étais beaucoup bercé là-dedans.
05:08Puis après, moi, je me suis intéressé un peu plus à la folk, etc.
05:12Parce que ma voix se prête plus aussi à ce genre de chansons que vraiment le rock.
05:17Et voilà, c'est un parcours.
05:19Justement, le folk est présent dans ce nouvel album.
05:21On va en parler.
05:22Alors, vous commencez, je crois, avec un ami d'enfance à faire un duo
05:25et à vous produire dans les environs.
05:27Qu'est-ce qui vous a donné envie de faire ça ?
05:28Oui, avec mon ami Bruno, on partait.
05:34La passion de la musique, c'est tout.
05:37Mais sans aucune...
05:38Non, non, sans aucune...
05:40On avait des métiers chacun de notre côté.
05:43Et puis, nos voix se mêlaient bien.
05:46Je me souviens que moi, je chantais les lids, plutôt les harmonies.
05:49Deux guitares, deux voix, ça marchait bien.
05:50Et au final, on arriva à faire quelques concerts.
05:53Oui, au profit du Téléthon.
05:55Oui, on a joué pour tout ce qu'on pouvait.
05:57Honnêtement, vraiment, quand on était demandé pour le Téléthon dans le village d'à côté,
06:03on y allait avec grand plaisir.
06:04Et puis, on a fait toutes sortes de fêtes en soi.
06:07Avec un répertoire classique.
06:09Oui, classique, folk, chansons, chansons françaises.
06:11Je suis très passionné de Cabrel, de Goldman, et puis Tracy Chapman, et puis Bob Dylan, et voilà.
06:20Et en même temps, vous préparez un BTS de fromagerie et laitière.
06:24Oui, c'est ça.
06:25Dans mon village, il y a une école d'industrie laitière.
06:28Et pourquoi ?
06:29Pourquoi ?
06:30J'ai toujours été passionné de...
06:32C'est toujours un environnement qui m'a intrigué.
06:34Depuis enfant, ça a commencé par les vaches dans les champs,
06:39et puis on s'intéresse à ce qui se passe derrière.
06:42Et j'ai décidé de partir dans une école de fromagerie.
06:46Pas très compliquée, puisqu'elle était dans mon village.
06:49Mais je suis le seul de mes frères à l'avoir faite, quand même.
06:51Personne n'a suivi ce parcours-là.
06:54Et puis, voilà, c'est un métier que j'aime toujours.
06:56Et le Mamirol, en fait, c'est un fromage qui a été fabriqué à partir de 1935.
07:02Alors, d'après mes renseignements, il est entre les dames, le Saint-Paulin,
07:05et c'est aussi un fromage à raclette.
07:07Oui, c'est surtout utilisé en fromage à raclette.
07:09Mais c'est un fromage qui est fait exclusivement dans l'école, l'industrie laitière.
07:13C'est pas une grosse production.
07:14Non, mais on a du mal à en trouver chez son fromager habituel.
07:17Exactement.
07:18Alors, il se trouve que c'est une famille, effectivement.
07:20Il y a des oncles, paysans et bûcherons.
07:22Vos parents ont travaillé dans une école de fromagerie, je crois.
07:25Dans cette école, oui.
07:26Et vous commencez, vous, à travailler dans des coopératifs, dans les environs.
07:30C'est ça.
07:30Moi, j'ai travaillé dans ce qu'on appelait les frutières saujettes.
07:34C'était un groupement d'employeurs.
07:36Et je remplaçais les fromagers dans trois fromageries pour leur repos.
07:40Puis ensuite, c'est moi qui étais en repos et on tournait comme ça.
07:44Et donc, c'est un métier prenant.
07:47Oui, en même temps, vous gagnez de l'argent.
07:49Cet argent vous permet de financer ses études.
07:52Exactement.
07:52Et ses études, il y a un soir pour la nouvelle promotion, un petit concert.
07:57Et là, il y a un certain Bruno Berberès.
08:00Alors là, c'est quand je rentre à l'école, à la MAI à Nancy.
08:03Oui, c'est ça, le premier jour.
08:05Et toute ma promo, on passe sur scène.
08:08Et puis, en effet, dans la salle, il y a Bruno Berberès.
08:11Et moi, je ne sais pas qui est cette personne à ce moment-là.
08:14Et donc, il me prend en vidéo.
08:16Et puis, il me propose assez vite l'émission.
08:19Donc, ça m'est tombé dessus vraiment très, très vite.
08:22Et vous êtes interloqué.
08:23Vous dites non au début, non ?
08:24Oui, j'ai dit plusieurs fois non.
08:26Parce que, comme on vient de le dire, fromager.
08:31Le 15 septembre, je finis le travail.
08:32Le 29 septembre, je suis à l'école à Nancy.
08:34Et puis, le premier jour, on me propose The Voice.
08:36Je me dis, tiens, c'est bizarre.
08:37La vie, ça va vite.
08:39Et je ne savais pas que dans cette école,
08:42on pouvait avoir accès à ce genre de choses, finalement.
08:45Je n'y allais vraiment pas pour ça.
08:46Et donc, ça a été la stupéfaction.
08:49J'ai refusé plusieurs fois.
08:50Et puis, au bout d'un moment, j'ai accepté de le faire.
08:52Et sans imaginer que vous alliez remporter la saison 4.
08:56Oui, évidemment.
08:57Non, je ne l'imaginais pas.
09:00C'est sûr que ça paraît très lointain.
09:02Puis, je me disais que, de toute façon, il fallait des candidats.
09:05Il fallait des gens aussi pour remplir le casting.
09:07Donc, je me suis dit, j'ai une voix, il s'est passé un truc et on verra.
09:12Mais j'ai senti très vite que ça a basculé quand même dans « Je peux aller loin ».
09:16Comment vous l'avez senti ?
09:18Dès la première émission, par rapport à ce qui s'est passé,
09:22au buzz, à l'engouement, dans les coulisses,
09:24il y a tout un ressenti comme ça qui fait qu'on sent qu'il se passe quelque chose.
09:29On sent une effervescence plus autour de certaines personnes que d'autres.
09:33Et on le sent vite, quoi.
09:34Et d'ailleurs, dans cette promotion, il y avait Anne-Silla et Camille Lelouch qui ont fait leur carrière ensuite.
09:41Oui, bien sûr.
09:41Et puis d'autres.
09:42Oui, mais c'était les deux plus importants.
09:44Oui, voilà.
09:45Après, oui, c'est vrai.
09:46Et le fait de se retrouver comme ça, pris dans un tourbillon,
09:49parce que les premières émissions sont enregistrées
09:51et à la fin, on découvre sa popularité.
09:54Oui, oui, oui, exactement.
09:56Oui, c'est ça, c'est ce que je disais au début de l'émission.
09:59Il y a les six mois confinés et puis ensuite, on découvre la réalité.
10:03Et alors, vous vous reconnaissez dans la rue ?
10:05Oui, forcément.
10:06Au début, là, c'était...
10:08Sauf un boucher.
10:10Oui, exactement.
10:10Qu'est-ce qui s'est passé ce jour-là, il y a de rien ?
10:12Oui, oui, c'est vrai.
10:12Un boucher autour de chez moi où j'allais chercher un bout de viande.
10:17Et puis, c'est vrai qu'il ne me croyait pas.
10:20Il me disait, mais vous ressemblez à Lilian Renaud ?
10:22Je dis, je suis.
10:23Mais il me dit, non, ce n'est pas possible.
10:25Il ne peut pas faire ses courses ici.
10:27C'est impossible.
10:27J'ai dit, si, il peut.
10:29Il n'y a pas le choix.
10:30On continue de manger en soi.
10:32Et puis, voilà, c'est une anecdote rigolote.
10:34Et donc, vous avez dit que vous étiez son frère, finalement.
10:37C'est ça ?
10:37Oui, c'est vrai.
10:38Je ne savais même plus ça, vous voyez.
10:40Je dis, oui, je suis son frère.
10:42Et là, il est monsieur de la vérité.
10:44Je ne pense pas, du coup.
10:45Donc, The Voice a été un triomphe.
10:48Et puis ensuite, il y a eu beaucoup d'autres choses.
10:50Et on va les invoquer à travers une autre date, le 10 avril 2019.
10:54A tout de suite sur Sud Radio avec Lilian Renaud.
10:56Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
10:59Sud Radio, les clés d'une vie, mon invité Lilian Renaud.
11:02Nous parlions tout à l'heure de Le Chant des Possibles, votre nouvel album.
11:05À Chant, c'est H-A-M-P.
11:07Exactement.
11:08Même s'il y a C-H-A-N-T dans les chansons.
11:10Et puis, on a évoqué vos débuts, effectivement, dans The Voice.
11:14Et le 10 avril 2019 est sortie une nouvelle chanson
11:17dont le titre symbolise votre retour et votre désir de chanter.
11:21Notre troisième album et surtout le premier autoproduit.
11:38Ce qui est un événement.
11:39Pourquoi avoir choisi cette voix, Lilian Renaud ?
11:41Parce que je sortais d'une période un petit peu complexe.
11:44Et puis, voilà, il y a eu des discussions.
11:47Et finalement, le choix qui a paru le plus, comment dire, logique.
11:54Et peut-être pour mon bien-être, c'était l'autoproduction.
11:59C'était de redevenir un petit peu artisan, un petit peu plus de ce que je faisais.
12:04Et voilà, ça s'est fait comme ça.
12:08Parce qu'en fait, l'autoproduction, ça remonte à 63.
12:11Où les deux premiers à avoir choisi cette voix, ce sont Guy Béard et Henri Salvador.
12:16D'accord.
12:17Et ça a marché pour eux.
12:18Pierre Perret a ensuite repris le chemin avec Rebecca.
12:21Mais c'est quand même un métier particulier, l'autoproduction, Lilian Renaud.
12:23Oui, en fait, au début, on ne se rend pas trop compte.
12:26Parce qu'on se dit, bon, on va faire les chansons.
12:28Et puis, voilà, il faut monter une société, évidemment.
12:30Il faut avoir des statuts.
12:32Voilà, on rentre un peu plus dans l'administratif.
12:34Et puis, on découvre plein de choses.
12:36Puis, au fur et à mesure, on se rend compte des casquettes, des différentes casquettes qu'il faut.
12:41On essaie de faire comme un label.
12:43Mais évidemment, on n'a pas les moyens derrière.
12:46Donc, c'est compliqué.
12:48Mais le résultat est que, quand on a un public et qu'on arrive à vendre quand même ses albums,
12:55eh bien, c'est plutôt onéreux et c'est bien, au final.
13:00Oui, et en même temps, c'est un métier qu'il faut apprendre.
13:02Ce n'était pas facile.
13:03Oui, c'est un métier qu'il faut apprendre.
13:05En effet, vraiment, il y a plusieurs métiers.
13:08Entre guillemets.
13:09Après, c'est vraiment une adaptation un peu de tous les jours.
13:12Et puis, des découvertes tout le temps.
13:14On se dit, tiens, je n'ai pas fait ça.
13:15Il va falloir...
13:16Voilà, c'est beaucoup de casquettes.
13:17Et puis, il faut avoir eu une équipe autour de vous.
13:20Oui, bien sûr, il faut s'entourer.
13:22Parce qu'en plus, dans la famille, personne n'est musicien.
13:24Non, non, non.
13:25On s'entoure de plein de corps de métier aussi, évidemment.
13:28Mais bon, on devient un peu maître de la chose.
13:32Oui, vous étiez beaucoup plus heureux comme ça.
13:34Ah oui, à ce moment-là, oui, c'est clair.
13:37En plus, vous avez travaillé en artisan jusqu'au studio,
13:40quand vous avez créé un petit studio avec le minimum syndical.
13:45Oui, le minimum, ce qu'il fallait en tout cas.
13:47Pour faire de la qualité.
13:49C'était quand même un studio pro, mais voilà, qui était minimaliste.
13:52Mais chez vous, tranquillement.
13:53Voilà, exactement.
13:54Oui, c'est ça.
13:55Mais comme vous savez, comme beaucoup font, finalement.
13:58Il y a beaucoup de grands artistes qui vont très loin dans la campagne
14:02pour écrire et puis enregistrer.
14:04Il y en a encore, je pense, dans des studios parisiennes, etc.
14:08Oui, peut-être.
14:09Et je me souviens de Jean-Luc Goldman, quand il a fait un de ses albums.
14:12Il vivait à l'époque près de Marseille.
14:15Et il vivait avec sa nouvelle femme dans un appartement de trois pièces.
14:18Il y avait un coin avec le studio et un canapé pour servir de réverbération.
14:23Oui, exactement.
14:23On peut tout faire.
14:25Ah oui, après, voilà.
14:26Puis c'est vrai qu'aujourd'hui, on a des moyens qui font qu'on peut,
14:30avec finalement beaucoup moins de matériel, faire du très bon son.
14:33Donc, c'est...
14:34En effet, on peut faire ça un peu partout, quoi.
14:36Et puis, les liens renaux, ce qui est important aussi,
14:38c'est que vous travaillez en artisan sans les réseaux sociaux, au départ.
14:42Oui, alors ça, c'est plutôt une béquille, pour le coup,
14:45parce que dans nos trères, sans réseau, il faut être un peu fou quand même.
14:51Enfin, ça reste très compliqué, en plus de l'autoproduction.
14:54Mais je me rends compte aussi aujourd'hui des difficultés que je peux avoir par rapport à ça.
15:00Et malheureusement, j'ai une forme de déprime par rapport à ça.
15:04J'ai beaucoup de mal, en fait, à...
15:06S'il faut que je fasse deux postes dans une journée, c'est très compliqué.
15:09J'ai beaucoup d'énergie pour des choses,
15:10mais pour ça, vraiment très très peu, c'est assez bizarre.
15:14Mais du coup, c'est quand même une béquille, un peu.
15:18Oui, mais en même temps, si on n'aime pas ça,
15:20et puis, il n'y a pas que des avantages.
15:22On se respecte, voilà, c'est tout.
15:23Après, peut-être qu'un jour, il faudra en faire un petit peu plus,
15:28tout en restant sincère et honnête, quoi.
15:32Ce qui n'est pas si fréquent sur les réseaux sociaux.
15:35Oui, peut-être pas.
15:36Ce qui est clair, c'est que cette décision d'autoproduction
15:39est venue après des ennuis de santé, après un burn-out,
15:43et après une longue réfection, car ça ne s'est pas fait toute seule.
15:46Ah oui, oui, ça ne s'est pas fait toute seule.
15:48De toute façon, le burn-out nous ramène dans un état de...
15:52On revient quand même à des choses très très terre à terre,
15:56parce que quand on n'est pas bien dans son corps,
15:59c'est compliqué d'avancer.
16:00Donc, on revient à des choses très très...
16:02Voilà, la famille, les choses de notre environnement.
16:06Et puis ensuite, on réfléchit.
16:09Et voilà, en fait, la vie, vous savez,
16:11c'est que des choix qu'on fait à des moments, à des autres.
16:14Et puis, à partir du moment où on fait un choix,
16:17le chemin se redessine différemment, quoi.
16:19Mais voilà.
16:21Mais le burn-out, en plus, le mot, je me suis un peu renseigné,
16:24a été utilisé pour la première fois aux Etats-Unis, en 1974,
16:28pour décrire l'état psychique de psychiatre
16:30qui donnait des consultations bénévoles, dans des dispensaires.
16:33Donc, c'est venu en France bien après les années 70.
16:35Oui, oui, j'imagine.
16:36Et alors, ce burn-out, ce qui est étonnant, Lilian Renaud,
16:38c'est que vous l'avez senti, et un jour, vous avez dit
16:41« J'arrête », alors que vous étiez en plein succès.
16:43Oui, oui, parce que de toute façon, pas le choix.
16:46Pas le choix, c'était...
16:47En fait, je ne me sentais pas de remonter sur scène, etc.
16:50J'avais attrapé une forme de peur, d'angoisse,
16:53qui était assez profonde.
16:54Mais dû à quoi ?
16:56Je ne sais pas.
16:57Parce que tu marches bien.
16:57Je ne sais pas.
16:58C'est parce qu'on se sent un petit peu,
17:00on marche à côté de...
17:01Comme je dis toujours, on marche à côté de ces pompes.
17:03Et puis, le déracinement que j'ai vécu,
17:06vous savez, j'étais fromager où je traversais...
17:09Comme je dis toujours, je traversais ma colline,
17:11j'allais faire mon travail.
17:12Et puis, du jour au lendemain, on m'a mis là.
17:14Et il a fallu que je m'adapte à tout.
17:17Et que du jour au lendemain,
17:18je chante devant des milliers de gens.
17:20Et puis, voilà, c'est simplement un déracinement.
17:23Quand on coupe l'arbre, il ne va pas très bien.
17:27C'est tout.
17:28Et en plus, vous avez eu de la chance
17:29parce que votre manageuse,
17:31à qui vous avez téléphoné pour dire
17:32« je ne termine pas ma tournée »,
17:34a parfaitement compris.
17:36Ah oui, oui.
17:36À l'époque, de toute façon...
17:39Oui, elle m'a dit « de toute façon,
17:40on ne pourra pas avancer sans toi. »
17:41Voilà.
17:42Tout simplement.
17:43Donc, c'est vrai qu'il y a eu une bonne compréhension
17:45à ce niveau-là.
17:46Et voilà.
17:47Et puis, on vous avait construit un personnage
17:50qui, on l'a vu quelques temps plus tard,
17:52ne correspondait pas à votre réalité.
17:53Pas forcément.
17:57Alors, il y a eu...
17:58Je pense qu'ils ont fait aussi au mieux
17:59avec la réalité du marché
18:01et essayer aussi de me respecter.
18:06Je n'ai pas vu non plus des gens
18:07qui m'ont dit
18:08« toi, on va te prendre, on va te changer
18:10et puis on va te dénaturer. »
18:11Ça, ce n'est pas la réalité.
18:13Ce n'est pas comme ça que ça se passe.
18:14Mais simplement,
18:16pour moi, à ce moment-là,
18:17tout va trop vite.
18:18Tout va trop vite.
18:19Et puis, les décisions vont trop vite
18:20sont prises à ma place.
18:22Et du coup,
18:23ça devient très complexe pour moi.
18:25Et lorsque vous êtes revenu
18:27avec cet album,
18:28vous avez compris une chose,
18:29c'est que vos fans vous avez suivis.
18:32Ah oui, oui.
18:32C'est clair.
18:33Oui, oui.
18:33Tout à fait.
18:34Non, mais c'est la chance encore
18:35que j'ai vraiment
18:36d'avoir un public
18:38et des gens qui viennent au concert.
18:40Encore mes dates qui arrivent
18:42s'annoncent complètes, etc.
18:43Donc, c'est vrai que je pense
18:46que ma musique a quand même
18:47fait un peu plus fort
18:48que finalement toute cette histoire.
18:51Et ça reste chez les gens.
18:53Et voilà, ça se passe quand même bien.
18:54Et il y a eu un autre album en 2021.
18:57Et cet album correspond effectivement
18:58à ce que vous vivez.
18:59Un moment de bonheur.
19:00Ces moments-là,
19:02ça ressemble à des toujours
19:03Ce désamour qu'on veut pour soi
19:06Mais on ne sait pourquoi
19:07La disparaisse à contre-temps
19:10Qu'on a à peine le temps de sentir
19:15Alors, ce qui est étonnant
19:16dans cet album,
19:17c'est qu'il y a huit chansons en anglais.
19:19Et je crois que vous avez appris l'anglais.
19:20Vous avez pris des cours d'anglais
19:21pour ça dans votre région,
19:23Lilian Renaud.
19:23Alors, pas des cours,
19:25mais en fait,
19:25j'ai rencontré un ami musicien
19:27qui s'appelle Lee Patterson
19:28qui a un studio de musique, en fait.
19:31Et en fait, le destin
19:32m'a mis sur sa route.
19:34Et puis, j'ai chanté chez lui.
19:37On s'est pris d'affection
19:39et on a fait ces deux albums ensemble.
19:41Et ça m'a permis d'aller plus loin
19:43dans mes influences
19:44parce qu'en fait,
19:45je ne suis pas très, très
19:47variété française à la base.
19:51Et j'aime beaucoup plutôt,
19:53comme je dis toujours,
19:53ce qu'il y a de l'autre côté de l'océan.
19:55Donc, voilà, la musique folk,
19:57gospel, country,
19:59toutes ces influences
20:00que certains artistes
20:01ont amenées aussi en France.
20:03Goldman a beaucoup amené
20:04ces influences-là.
20:05Mais je sais,
20:05mais en même temps,
20:06chanter en anglais,
20:07quelques fans vous ont dit,
20:08mais on ne comprend pas
20:09ce que tu racontes.
20:10Oui, quelques,
20:11mais en même temps,
20:12il y en a aussi beaucoup
20:12qui ont aimé.
20:13C'est-à-dire qu'on a dit,
20:14ah ben non,
20:15c'est un chanteur français
20:16avec un béret,
20:17donc il faut qu'il fasse du français.
20:19Oui.
20:19Mais moi, c'est un peu ce que je...
20:20Ce n'est pas ce que je reproche,
20:21mais je trouve bizarre
20:23de toujours mettre les gens
20:24dans des cases.
20:26On est quand même
20:26dans une société,
20:27je trouve, comme ça.
20:29Et la réalité,
20:30c'est que mes chansons
20:31en anglais
20:32auraient très bien pu
20:33marcher comme d'autres.
20:36C'est simplement
20:37qu'on décide à notre place
20:38que non,
20:38ça ne marchera pas.
20:39Mais les gens en concert
20:40les amènent beaucoup,
20:41je peux vous dire.
20:42De toute façon,
20:42vous n'êtes pas quelqu'un...
20:43Ça marchait plutôt bien en soi.
20:45Oui.
20:45Mais en effet,
20:46avec le texte en français,
20:47il y a un plus.
20:48Voilà.
20:49Mais en même temps,
20:49vous n'êtes pas quelqu'un,
20:50j'ai compris,
20:51qui se laisse faire
20:51lorsque vous décidez
20:52quelque chose maintenant.
20:54Vous le faites.
20:54Ah oui, oui.
20:55Oui, c'est clair.
20:57Je le fais.
20:58Voilà.
20:58Eh ben nous,
20:59on va continuer à parler de vous
21:00à travers une autre date,
21:01le 21 janvier 2022.
21:03A tout de suite
21:04sur Sud Radio
21:05avec Lilian Renaud.
21:06Sud Radio,
21:07les clés d'une vie,
21:08Jacques Pessis.
21:09Sud Radio,
21:10les clés d'une vie,
21:11mon invité Lilian Renaud,
21:12nous parlerons tout à l'heure
21:13de votre nouvel album,
21:15Le Chant des Possibles,
21:16avec des chansons
21:18qui vous tiennent à cœur.
21:19Il y aura même
21:20une petite surprise tout à l'heure.
21:21Là, on en revient
21:22à votre parcours.
21:23Donc, il y a l'autoproduction
21:25et puis tout change
21:26avec la sortie d'un album
21:28le 21 janvier 2022.
21:43Fermez les yeux
21:44avec Lilian Renaud
21:45et le Goldspelt.
21:47C'est une chanson
21:48de conclusion
21:48du deuxième album
21:49de Frédéric Goldman et Jones.
21:51Et d'ailleurs,
21:52il ne pensait pas
21:53faire un second album.
21:54il pensait que ce serait
21:55vraiment un coût unique
21:56et ça a raté,
21:58si j'ose dire,
21:58puisque ça s'est vendu
22:00à plus de 2 millions d'exemplaires.
22:01Et c'est vrai que cette chanson
22:03vous touche depuis des années,
22:04Lilian Renaud.
22:05Oui, en fait,
22:07quand on m'a proposé ce projet
22:09pour Heritage Goldman,
22:13quand on m'a proposé cette chanson
22:15et puis l'autre aussi,
22:16qui est à Elia,
22:18j'ai dit ça colle à pic
22:19parce que je trouve
22:20ces chansons magnifiques.
22:21Je crois que vous connaissiez Goldman
22:22depuis vos jeunes années.
22:23Oui, parce que
22:25voilà, dans tout ce rock'n'roll,
22:27il y avait avec mes frères,
22:28il y avait aussi le trio
22:30Goldman, Jones, Frédéric.
22:32Je me souviens qu'il tournait.
22:33Et moi, j'aimais beaucoup.
22:36Et puis,
22:37oui, ça a fait bien partie
22:39de mon enfance,
22:39oui, Goldman.
22:40Alors, tout commence
22:41par un message
22:42sur votre répondeur,
22:42je crois,
22:44du responsable
22:45qui vous propose
22:45de participer à l'album.
22:47Eh bien,
22:47le directeur artistique,
22:48Michel Boulanger,
22:51qui...
22:51Alors, non,
22:51c'est un message sur Instagram.
22:53Ah, c'est Instagram, oui.
22:53Il s'est mis à la page aussi.
22:55Oui, oui.
22:55Plus que vous.
22:57Et puis,
22:58voilà,
22:58il m'a proposé
22:59de venir enregistrer
23:00avec le Chœur Gospel Paris.
23:02De Paris,
23:03à la base,
23:04c'était des chansons de Goldman.
23:05C'était le but
23:06du premier album.
23:07En même temps,
23:08vous avez tout de suite rappelé
23:09en disant
23:09« ça m'intéresse »
23:10parce que, justement,
23:11vous aimiez Goldman.
23:12Oui, oui, oui,
23:12j'ai répondu
23:13parce que Goldman,
23:14pour moi,
23:15ça tombait à pic.
23:15Puis, en plus,
23:16Chœur Gospel,
23:17je me suis dit
23:17des reprises en piano voix
23:20avec le Chœur Gospel,
23:21waouh,
23:22je trouvais que c'était
23:23un beau projet,
23:24donc j'ai accepté
23:25tout de suite.
23:25Et les origines du Gospel,
23:27vous l'avez un peu oublié,
23:28ce sont les négro-spirituels,
23:29ce sont des chants sacrés
23:31interprétés par des esclaves
23:33africains aux Etats-Unis
23:34qui étaient une forme
23:35d'expression de la foi chrétienne
23:37et un moyen
23:38de résister à l'oppression.
23:40Donc, en même temps,
23:41adapter sa tessiture
23:42à des Gospels,
23:43ce n'est pas toujours évident.
23:44Ce n'est pas toujours évident,
23:46mais si on peut avoir
23:48les cordes vocales pour,
23:50c'est intéressant à chanter.
23:51Et là,
23:51justement,
23:52votre tessiture
23:53n'est pas loin
23:54de celle de Goldman,
23:55Lirono.
23:56Oui,
23:56un peu différente,
23:58mais oui,
23:59c'est sûr qu'après lui,
24:00c'est un vrai ténor,
24:00pour le coup.
24:01Moi, je suis baryton,
24:02mais...
24:03Oui, oui,
24:05je pense qu'il y a
24:06quelques intonations,
24:07peut-être.
24:07Et ça vous a étonné
24:08qu'on vous propose
24:09de participer
24:09à cet héritage Goldman ?
24:11Alors,
24:12au départ,
24:13oui,
24:13parce que chaque proposition,
24:15c'est toujours touchant
24:16quand on pense à nous,
24:17forcément.
24:18Je suis allé enregistrer
24:19chez Eric Benzi,
24:20qui a réalisé
24:24beaucoup de chansons
24:25de Goldman
24:25et de Céline Dion
24:27au passage
24:27et de beaucoup de gens.
24:29Et d'aller chez lui
24:30et de poser ma voix
24:31derrière son micro,
24:32c'était quelque chose.
24:33et puis ça a matché
24:34tout de suite.
24:37Donc, c'était,
24:38voilà,
24:38un plaisir, quoi.
24:39Et en même temps,
24:40je crois que vous avez
24:41eu le privilège
24:42de rencontrer
24:43Jean-Jacques Goldman
24:43à la fin
24:44d'un de vos concerts.
24:45Oui,
24:45j'avais eu ce privilège-là
24:46à Londres,
24:48en effet,
24:48dans une toute petite salle
24:50où il était venu me voir.
24:51Et c'était...
24:53Oui,
24:54c'était un moment
24:54assez unique.
24:55On avait partagé
24:56un petit moment aussi
24:57après le show.
24:58En plus,
24:59c'était un concert
24:59très intimiste
25:00en guitare-voix
25:01et j'avais trouvé
25:03vraiment sa démarche
25:04de passer là
25:05juste incroyable.
25:07Vraiment,
25:07ça m'avait beaucoup touché.
25:08Et comment ça,
25:09c'est que vous étiez
25:09à Londres ?
25:10Comment c'était arrivé ?
25:11Eh bien,
25:11c'était une toute petite salle
25:13dans une école française
25:15à Londres.
25:16Et il se trouve
25:17que Jean-Jacques
25:17n'était pas très loin
25:18de cette école
25:19et puis il est venu
25:21me voir interpréter
25:23mes chansons.
25:25C'est quelqu'un
25:25qui n'est pas actif
25:27dans la création
25:27mais qui est très actif
25:28en coulisses.
25:29C'est-à-dire que
25:30tous ses albums
25:30sont revus régulièrement,
25:33tout le travail
25:34autour de ce qu'il a fait
25:35est revu régulièrement
25:36mais il n'en parle jamais
25:37parce qu'il ne parle jamais
25:38de son métier finalement.
25:40Très peu.
25:42En ce moment,
25:42j'ai vu sur les réseaux
25:43qu'il y a pas mal
25:44de vidéos qui tournent
25:46ou un peu des archives.
25:47J'ai vu,
25:48il y a un compte comme ça
25:49où il y a beaucoup
25:50d'interviews de lui
25:51et ça m'inspire beaucoup
25:53parce que sa façon
25:55de s'exprimer
25:55par rapport à son travail
25:56et ses chansons,
25:59je trouve ça vraiment incroyable.
26:01Dans la discrétion,
26:02un peu comme vous ?
26:03Oui,
26:03bon après voilà,
26:05Jean-Jacques Goldman,
26:06c'est un autre stade là.
26:08Il peut être discret lui,
26:10on va dire aujourd'hui.
26:11L'album se fait,
26:12il est en renom
26:12et dans la foulée,
26:13il va y avoir
26:14je crois 109 ou 110 concerts
26:15de l'Héritel Goldman
26:16et vous êtes enroulé,
26:18il n'y a pas d'autre mot,
26:19pour ces concerts.
26:20Oui,
26:20c'est ça.
26:21En fait,
26:21je pose ma voix
26:22sur deux albums
26:23et puis ensuite,
26:24il démarre une grande tournée
26:25et ça part de là.
26:28Voilà,
26:28et je fais en effet
26:29110 concerts avec eux.
26:30Et là,
26:31c'est une autre aventure collégiale.
26:33Oui,
26:33c'est une autre aventure collégiale
26:34mais quelque part,
26:36ça me fait beaucoup de bien
26:37parce que ça me sort aussi
26:38justement de ma tête,
26:40de mes chansons,
26:41de mon autoproduction,
26:42de ce truc
26:43qui te prend la tête
26:44H24
26:44et puis là,
26:46je prends le bus
26:46et je vais chanter
26:48mes chansons avec les copains.
26:49Je n'ai que ça à faire
26:50entre guillemets
26:51et c'est un grand,
26:53grand plaisir
26:53et puis surtout,
26:54surtout de voir
26:55les gens,
26:56de voir des...
26:58encore du 777,
26:59des gamins
27:00qui connaissent
27:00les chansons par cœur.
27:01Ce qui est extraordinaire
27:02c'est que ces salles
27:03sont archi pleines
27:03et il y a toutes les générations.
27:05Oui,
27:06je pense comme lui
27:07a vécu du temps
27:08du moment
27:09où lui faisait ses concerts
27:10et je crois
27:12que c'est encore pareil
27:12et il y a des gamins
27:14qui sont nés
27:14bien après
27:15qu'il a arrêté
27:16sa carrière
27:17et pourtant,
27:17ils connaissent quand même
27:18les chansons par cœur.
27:19C'est assez touchant
27:21de voir ça.
27:22Et puis en même temps,
27:22le public reprend en cœur,
27:23des foules immenses
27:24que vous avez connues
27:25mais là,
27:26vous n'avez pas
27:26le même sentiment
27:27que ce que vous avez vécu.
27:28Vous n'avez pas
27:30le même sentiment
27:31que vous avez vécu
27:31la première fois ?
27:33C'est-à-dire que vous avez
27:33eu quelques soucis
27:34qui vous ont entraîné
27:35vers le burn-out.
27:36Là, c'est différent.
27:37Ah ben oui,
27:38là c'est complètement différent.
27:40On croque la vie.
27:41On prend le bus
27:42puis on va chanter.
27:43Et en même temps,
27:44c'est une façon
27:45d'apprendre un peu plus
27:46son métier,
27:46de découvrir certaines facettes
27:47qu'on n'avait peut-être
27:48pas imaginées.
27:49Aussi,
27:49ça m'a permis
27:50de découvrir plein de choses
27:51et puis aussi
27:51une très grosse tournée
27:52avec beaucoup de camions,
27:55beaucoup de techniciens.
27:56Donc,
27:57c'était vraiment impressionnant
27:59de vivre ça.
28:00Et il y a quelqu'un
28:01qui a été très important aussi,
28:02c'est Michael Jones,
28:03avec qui vous avez
28:05créé des liens d'amitié.
28:06Ouais,
28:07tellement proche des gens
28:10et puis
28:10en fait,
28:13de partager quand même
28:14110 dates ensemble,
28:16forcément,
28:17il se passe quelque chose
28:18humainement.
28:19C'est obligé
28:19parce qu'on se retrouve
28:20sur scène
28:21beaucoup de fois
28:21à jouer de la guitare ensemble
28:22et moi je regarde
28:24et je me dis
28:24tous les soirs
28:25pendant 110 dates,
28:26je me dis
28:26je suis quand même
28:26à côté de Michael
28:27et de partager ça
28:30et c'est vrai que c'est...
28:32Franchement,
28:33je dis
28:33je remercie la vie
28:34de m'avoir donné ça.
28:36Mais en même temps,
28:38Michael Jones,
28:38c'est un amoureux
28:39de la nature,
28:39vous avez fait du vélo
28:40avec lui.
28:41Il n'est pas très loin
28:42de votre forme de vie
28:43Lilian Renaud ?
28:43On n'a encore pas fait
28:45de vélo ensemble,
28:46peut-être ça viendra.
28:47Pour le moment,
28:47on a surtout fait du bus
28:48ensemble.
28:49mais c'est quelqu'un
28:51de très épicurien
28:53qui croque la vie
28:55et c'est une science infuse
28:58de connaissances.
28:59Il a énormément de connaissances,
29:01on peut parler de tout
29:02et pratiquement,
29:04c'est un grand enfant
29:06encore.
29:07Et ça,
29:07c'est assez important.
29:08Pour avoir rencontré
29:09Jean-Jacques et Michael,
29:11on a quand même
29:12deux personnages
29:13qui sont clairement
29:14très différents.
29:15On a dit que Jean-Jacques Goldman
29:18était venu incognito
29:19voir ce spectacle.
29:20C'est une légende ?
29:21Peut-être.
29:22Ça resterait une légende,
29:23du coup.
29:24Il a donné son feu vert.
29:26Oui,
29:27parce que Michael,
29:29Eric Benzi,
29:30on va dire que
29:30c'est ses plus proches
29:31qui sont un petit peu
29:33à l'origine du projet.
29:34Donc,
29:34il a donné le feu vert.
29:35Et vous,
29:36il n'a rien dit
29:36à votre propos
29:37parce qu'en plus,
29:38vous ne le connaissez.
29:38Vous ne savez pas.
29:40Je crois que lui seul le sait.
29:41Je ne vais pas raconter
29:42de bêtises.
29:42Non,
29:43on n'est pas là
29:43pour raconter des bêtises.
29:45Alors,
29:45vous avez fait
29:46beaucoup d'autres choses
29:46et j'ai découvert
29:47que vous avez fait aussi
29:48pendant des mois
29:49une émission de radio
29:50où vous présentiez
29:51votre région,
29:52Iliane Renaud.
29:52C'est autre chose ?
29:54Ah oui,
29:55ça c'était avec...
29:56Oui,
29:56c'était à Besançon.
29:57En effet,
29:58oui,
29:58j'ai fait ça
29:59et puis j'ai fait
29:59des chroniques aussi
30:00dans une autre radio
30:01où j'ai repris
30:03au moins une quarantaine
30:04de chansons
30:05en guitare-voix
30:07avec des anecdotes
30:09autour des chanteurs
30:10que j'ai pu rencontrer
30:10ou pas.
30:11C'est une envie ?
30:13C'est un autre métier finalement ?
30:14Oui,
30:15c'est un autre métier
30:16mais moi,
30:16tant que je peux faire
30:18un peu de guitare
30:18et chanter,
30:20en général,
30:20j'aime bien
30:20parce que ce n'est pas
30:21donné à tout le monde
30:22de pouvoir aussi
30:23le faire et d'en vivre.
30:25Je me suis senti quand même
30:26chanceux de pouvoir
30:27faire ça à la radio,
30:28c'était sympa.
30:29Oui,
30:29et en même temps,
30:30je reviens à ces petits métiers
30:31parce que j'ai écouté
30:32quelques de ces chroniques,
30:33vous parlez des gens
30:34dont on ne parle jamais,
30:35les artisans de notre région
30:36et on s'aperçoit
30:37qu'ils ont des tas de choses
30:37à dire
30:38et que vous savez
30:38les faire parler.
30:39Ah oui,
30:40ça c'est sûr
30:40qu'il y a des choses à dire.
30:41Une vie,
30:42c'est long
30:43et il se passe des choses
30:44donc c'est sûr
30:46qu'il y a beaucoup de gens
30:46qui auraient beaucoup
30:47de choses à dire
30:48mais bon,
30:48on n'a pas tous un micro.
30:50Oui,
30:50mais en même temps,
30:50vous avez choisi
30:51des gens précis
30:52parce qu'en même temps,
30:54on sent votre intérêt
30:54en écoutant ces chroniques
30:55pour ces gens-là.
30:56Ah oui,
30:57tout à fait.
30:58Moi,
30:58de toute façon,
31:00j'aime le populaire,
31:02j'aime les gens,
31:03j'aime...
31:04Voilà,
31:04de toute façon,
31:05ma campagne
31:05m'a forgé comme ça
31:06donc c'est très très important
31:08et je me rends compte
31:09que toutes les dérives
31:11et tout ce qu'on peut entendre
31:13aujourd'hui
31:13dans les débats,
31:15la télé,
31:15les oppositions,
31:17des histoires sans fin,
31:18finalement,
31:19je trouve que sur le terrain,
31:21je pense que mon album
31:22il parle de ça par exemple,
31:23le chant des possibles,
31:25ça veut dire que
31:26la vraie,
31:26la réalité,
31:28elle est sur le terrain
31:29et puis de se faire des idées
31:30à travers un écran
31:31et des médias,
31:32c'est pas toujours juste
31:34et même souvent très faux
31:35et il faut aller sur le terrain
31:37pour parler avec les gens
31:38et puis ensuite,
31:39on se fait des idées.
31:40C'est votre quotidien aussi
31:41car le fait de fréquenter,
31:43de vivre dans cette région,
31:45ça vous donne une autre idée
31:46de la France.
31:48De vivre dans...
31:49Dans votre région,
31:50ça vous donne une autre idée
31:51de la France
31:51telle qu'on la voit
31:53aujourd'hui ailleurs.
31:54C'est-à-dire que vous avez
31:54vraiment le recul
31:55par rapport à la vraie population.
31:56par rapport aux agriculteurs
31:58notamment.
31:59Oui,
31:59tout à fait,
32:00c'est sûr.
32:01Et puis alors,
32:02j'ai vu aussi
32:02qu'il y avait quelque chose
32:04qui avait beaucoup plu
32:05à vos fans
32:05car beaucoup ont réagi
32:08lorsque vous avez interprété
32:09cette chanson
32:10dont voici le créateur.
32:12Sud Radio,
32:13les clés d'une envie.
32:14On peut vivre sans richesse,
32:16presque sans le sou
32:19des seigneurs
32:20et des princesses
32:21Car vous avez aussi chanté
32:22Bourbille,
32:23la tendresse.
32:24Oui.
32:24Pourquoi ?
32:25Oui, j'ai fait ça
32:26parce que j'adore.
32:26C'est une chanson
32:27que j'écoutais depuis tout petit.
32:29Je me souviens
32:29quand on partait en vacances
32:31avec mon oncle.
32:32Il mettait toujours ça
32:33au poste radio
32:33et puis voilà,
32:35ça tournait en boucle.
32:36Et le message
32:38de cette chanson
32:39est juste fabuleux.
32:41Franchement,
32:42je pense que ça peut parler
32:44à tout le monde.
32:45Mais cette chanson
32:46a traversé les générations
32:48parce qu'il y a eu
32:50pendant le confinement,
32:51je ne sais pas si vous avez vu,
32:52il y a plein de gens
32:53en France
32:53qui sont réunis
32:54via Internet
32:55qui ont chacun chanté
32:57un bout de cette chanson
32:57et ça a fait un tout.
32:59D'accord,
33:00je n'ai pas vu.
33:00C'est extraordinaire.
33:01Il y a 50 personnes
33:02qui chantent
33:02et qui se relaient
33:03pour la tendresse.
33:04Ok, magnifique.
33:05La tendresse,
33:05c'est essentiel pour vous ?
33:06C'est essentiel
33:07et puis vraiment,
33:08une chanson
33:09qui va encore parler
33:10pendant très longtemps.
33:11Le texte,
33:12c'est tellement bien écrit
33:13que je pense
33:14qu'on en a besoin.
33:15Et on a aussi besoin
33:16de tout ce que vous racontez
33:18dans ce nouvel album
33:18qu'on va évoquer
33:19à travers la date
33:20de sa sortie,
33:21le 19 septembre 2025.
33:23A tout de suite
33:23sur Sud Radio
33:24avec Lilian Renaud.
33:26Sud Radio,
33:26les clés d'une vie,
33:27Jacques Pessis.
33:28Sud Radio,
33:29les clés d'une vie,
33:30mon invité Lilian Renaud.
33:31On a évoqué
33:32votre parcours,
33:33vous êtes maintenant
33:34autoproducteur
33:35si j'ose dire.
33:36Et justement,
33:36le 19 septembre 2025
33:38est sorti
33:39un nouvel album,
33:40Le Chant des Possibles,
33:42C-H-A-M-P,
33:43ce qui est logique
33:44lorsqu'on est à la campagne.
33:45Un cinquième album
33:46et l'un des premiers titres
33:49résume un petit peu
33:50votre façon de penser
33:51« Bon sens paysan ».
33:53« Bon sens paysan ».
34:00« Toi qui manques,
34:02toi qui savais,
34:04le prix de tout
34:05de l'eau,
34:05du sang,
34:08le beau,
34:10le bienveillant ».
34:13Dans l'histoire de la chanson
34:14et de l'humour français,
34:16Jean-Richard,
34:17qu'on a connu
34:18dans le Commissaire Maigret,
34:19a commencé
34:19en faisant un paysan
34:21qui vivait à Champignol
34:22et ça a eu
34:23un succès considérable.
34:24Il y a eu quatre films
34:25qu'il a tournés
34:26dans les années 50-60,
34:27des spectacles
34:28et ça correspondait
34:30à la France profonde
34:30et cette France profonde,
34:32on la retrouve
34:32dans cet album.
34:33D'abord,
34:34cette nouvelle aventure,
34:35vous l'avez voulu
34:35vraiment personnelle
34:37et liée
34:38à votre région
34:39et à votre vie.
34:41Oui, oui.
34:41En fait,
34:42même en commençant
34:43cet album,
34:44je me souviens
34:45que je m'étais noté
34:46des mots
34:47et des thèmes
34:48un peu différents.
34:49Je me suis dit
34:50je vais sortir
34:50un petit peu
34:51de parler
34:52peut-être plus
34:53de moi
34:53du fait
34:54d'être
34:54d'un mec
34:55de 30 ans
34:56dans cette société
34:56et puis
34:57finalement,
34:59plus les mélodies
35:00arrivent
35:00et plus
35:01je chante
35:02mes yaourts
35:04pour composer
35:04mes chansons.
35:05En fait,
35:05j'ai toujours
35:06ces thèmes-là
35:06qui reviennent.
35:08Je n'y arrive pas
35:08en fait,
35:09je ne peux pas faire
35:10autrement
35:10que de parler
35:12de ça
35:13et en effet,
35:14tous les mots
35:14de l'album
35:15et les titres,
35:16on aurait pu
35:16les écrire
35:17avant moi.
35:19c'est-à-dire
35:20que je ne peux pas
35:23m'empêcher
35:23de parler
35:24de ça
35:25dans mes chansons.
35:26Je pense que
35:27j'ai quelque chose
35:27à dire
35:27par rapport
35:28à ça
35:28surtout.
35:29Et un bon sens
35:30populaire
35:30si j'ose dire.
35:31Oui,
35:31c'est ça en fait.
35:32c'est ça.
35:32Alors,
35:33le chant des possibles,
35:34pourquoi ce titre
35:34au départ ?
35:36Ce titre,
35:37ce n'est pas
35:37un titre
35:38de l'album
35:38du coup.
35:39Non, justement.
35:40Et le chant des possibles,
35:43pour moi,
35:44c'est le lien social
35:47qu'il y a
35:48sur le terrain.
35:50Comme je disais
35:51tout à l'heure,
35:51je trouve que
35:52le monde
35:53se divise.
35:55On parlait aussi
35:55de l'album de Goldman
35:56entre gris clair
35:57et gris foncé.
35:58Aujourd'hui,
35:58on a l'impression
35:59qu'il y a gris clair
35:59et gris foncé
36:00mais qu'il n'y a
36:00plus rien au milieu.
36:02Et quand on est
36:03sur le terrain,
36:04on voit tout ce qu'il y a
36:05au milieu là.
36:05Et puis,
36:06on peut penser des...
36:08Enfin,
36:09je veux dire,
36:09on vit dans une société
36:11où on like
36:12et on dislike.
36:14Voilà,
36:14j'ai l'impression
36:16que c'est noir ou gris.
36:18Et le chant des possibles,
36:20il ramène ça.
36:21Il veut dire,
36:23moi,
36:23mon papa est issu
36:25de quelqu'un
36:26de très catholique,
36:28qui a des valeurs
36:29de travail,
36:29etc.
36:30Mais qui est l'homme
36:31le plus ouvert du monde,
36:33qui m'a appris
36:33le respect de la différence,
36:35qui m'a appris
36:35le respect de l'autre,
36:37qui m'a appris
36:37le respect de la nature.
36:39Et en fait,
36:40c'est ça que je veux dire.
36:41C'est que j'ai l'impression
36:43qu'aujourd'hui,
36:43on se regarde
36:44plus qu'à travers
36:45un spectre politique,
36:47pratiquement,
36:48ce qui me rend très triste.
36:50et qui rend triste
36:51tout le monde,
36:52parce qu'on est tous
36:53pris dans cette société.
36:55Alors que,
36:57ce que raconte cet album,
36:58c'est,
36:59non,
36:59on peut être une chose
37:00et une autre.
37:01On peut penser
37:01une chose et son...
37:03Enfin,
37:03vous voyez ce que je veux dire ?
37:04Il y a beaucoup de nuances
37:05dans tout ça.
37:06Et le chant des possibles,
37:07je pense qu'il raconte ça.
37:08Exactement.
37:08En quelque sorte,
37:09c'est une ode à la fraternité
37:10qui est de plus en plus indispensable.
37:12Exactement.
37:13Alors,
37:13ça veut dire beaucoup de travail,
37:14ça veut dire aussi
37:15trouver des idées,
37:16trouver des chansons,
37:17et surtout,
37:18je crois que vous avez
37:18beaucoup travaillé les mots
37:20et que vous sentez avoir progressé
37:22par rapport au quatrième album
37:23puisque c'est le cinquième.
37:25Oui,
37:25je trouve que,
37:26ouais,
37:26j'ai mis un point d'honneur
37:27sur les textes.
37:28Alors,
37:28j'ai eu la chance formidable,
37:29comme il faut le dire,
37:30j'ai fait cet album
37:31avec Kylian Arzel
37:32qui n'est autre que le fils
37:34que de...
37:34le fils de Gilda Sarzel,
37:37voilà,
37:37qui est un compagnon de route
37:38de Jean-Jacques Goldman
37:39qui est un auteur
37:40et en fait,
37:41qui a été plutôt touché
37:42par mes chansons
37:43et ma plume.
37:44En fait,
37:44il est venu aussi
37:45sur certains textes
37:46m'apporter de la nuance
37:48et me dire,
37:48voilà,
37:49moi,
37:49c'est un puissant fond de connaissance
37:51qui m'a parlé longuement aussi
37:52et il m'a appris aussi
37:55à mieux faire mes textes.
37:57Et du coup,
37:58j'ai mis un point d'honneur là-dessus
37:59et je pense que ça se ressent
38:01sur les textes.
38:02Voilà,
38:02mais c'est beaucoup,
38:03beaucoup de travail
38:04parce que quelquefois,
38:05il faut trouver le mot qu'il faut
38:06et ça peut prendre quelques jours.
38:09Exactement.
38:10Alors,
38:11des fois,
38:11ça vient très vite.
38:12Il y a des textes
38:13qui s'écrivent bien tout seuls
38:15et puis il y en a
38:16où on va bloquer,
38:17on va bloquer,
38:17on va passer plus de temps
38:18sur une phrase,
38:19sur un mot
38:20et ouais,
38:21en effet,
38:22c'est du travail tout ça.
38:24C'est le cas de Pierre Perret
38:25qui m'a toujours expliqué
38:26que quelquefois,
38:27il a mis trois mois
38:28à trouver un mot
38:28dans une chanson.
38:30Ah oui,
38:31ça ne m'étonne pas,
38:32c'est possible.
38:33Et c'est le cas,
38:33je crois,
38:34d'une chanson
38:34qui s'appelle
38:35Tourne.
38:35Là aussi,
39:00donc effectivement,
39:00les mots ont été
39:01réussis à trouver.
39:02Celle-là,
39:03c'est un peu différent,
39:05je dirais que ce n'est pas
39:05le meilleur texte,
39:08mais mélodiquement,
39:08je trouve que c'est
39:09une des meilleures chansons
39:10de l'album
39:10parce qu'en fait,
39:11le texte,
39:12comme je dis,
39:12quand je compose,
39:13j'ai pris le piano,
39:14j'ai fait tourner
39:15quatre accords
39:16et j'ai trouvé cette mélodie
39:19et puis le texte
39:20est né en même temps.
39:21Et j'ai essayé
39:22beaucoup de fois,
39:23même avec Gilda,
39:24je me souviens,
39:24on a eu des longues discussions
39:25pour essayer
39:25d'améliorer ce texte
39:27qui est plutôt très simple
39:28sur cette chanson
39:29et en fait,
39:30on n'a jamais réussi
39:31parce que des fois,
39:33quand il y a un sentiment
39:33qui passe à travers une chanson,
39:36il naît comme ça
39:37tout de suite,
39:38en fait.
39:38Vraiment,
39:39c'est né d'un coup,
39:40la chanson.
39:42Et donc,
39:43pour celle-là,
39:44c'est un peu différent.
39:45On n'a jamais réussi
39:45à améliorer le texte.
39:47Il a resté ce qu'il était
39:48à la base.
39:48Oui,
39:48mais une chanson,
39:49ce sont aussi des mots simples
39:50au départ
39:51pour que tout le monde
39:51les retienne.
39:52C'est sûr,
39:53ça fait,
39:53voilà.
39:53Et puis,
39:54c'est ça qui marchait
39:54pour cette chanson.
39:56Quand on pense à Goldman,
39:57l'une de ses dernières chansons,
39:58c'est « Tourne les violons »
40:00qui est en son dernier album,
40:02« Chanson pour les pieds ».
40:03Oui,
40:03tout à fait.
40:04Alors,
40:04il se trouve aussi
40:05que Kylian Arzell,
40:06donc votre compositeur
40:08et complice,
40:09vous l'avez rencontré
40:10pendant l'héritage Goldman.
40:12Oui,
40:12parce qu'il a enregistré
40:13des guitares
40:14sur les albums
40:15où moi,
40:16j'ai posé les voix.
40:17Et en fait,
40:18un jour,
40:18on était dans une promo
40:19pour héritage,
40:20il a essayé ma guitare
40:21et je trouvais
40:22que c'était un guitariste
40:23folk pour le coup,
40:25vraiment incroyable
40:26comme on en croise peu.
40:28Et on a commencé
40:29à discuter autour de ça,
40:30jouer ensemble
40:31et puis assez vite,
40:32je lui ai demandé
40:33de devenir le réalisateur
40:34de ce cinquième album.
40:36Vous aviez les mêmes influences,
40:37les mêmes goûts.
40:38Exactement.
40:39Vraiment,
40:39c'est assez impressionnant
40:40de rencontrer quelqu'un
40:41qui...
40:42Parce que finalement,
40:43on est dans ma génération,
40:45là,
40:45on n'est pas tant que ça
40:46avec ses influences,
40:47etc.
40:49Malheureusement,
40:49parce qu'elles sont tellement belles.
40:51On est bien d'accord.
40:52Mais en tout cas,
40:54c'est assez impressionnant
40:55de voir,
40:56tiens,
40:56j'ai écouté ça
40:57quand j'étais...
40:57Ah ouais,
40:58moi aussi,
40:58mais c'est fou,
40:59personne ne connaît.
40:59Et puis en fait,
41:00sur plein de trucs comme ça.
41:02Et finalement,
41:03on a réalisé
41:04ces chansons ensemble.
41:05Et puis,
41:05il vous a présenté
41:06quelqu'un d'autre
41:07qui est Calum Shermont.
41:09Calum Stewart.
41:10Stewart.
41:10Alors,
41:11je l'ai rencontré
41:11pendant aussi
41:12Héritage Goldman.
41:13Et lui,
41:14c'est le musicien celtique
41:15juste incroyable en France.
41:18Il joue de la flûte irlandaise.
41:20Ouais,
41:20des whistles,
41:21des flûtes irlandaises,
41:22puis ce fameux U-Line-Pipe,
41:24qui est vraiment
41:25la cornemuse irlandaise,
41:26vous savez,
41:26avec le ballon
41:28sous le bras,
41:28quoi.
41:29Et c'est un joueur exceptionnel.
41:31Il est écossais,
41:32il vit en Bretagne.
41:33Et en fait,
41:35on est devenu amis
41:36durant la tournée.
41:37Et puis,
41:37il est venu poser
41:38forcément son instrument
41:39sur mes chansons,
41:40sur cette chanson.
41:41Et maintenant,
41:42il est sur scène
41:42avec moi aussi.
41:43Et en fait,
41:44cette flûte irlandaise,
41:45c'est une flûte
41:46à citroux,
41:47je crois.
41:47le whistle,
41:50oui,
41:50exactement.
41:51Il se trouve que c'est
41:51extraordinaire,
41:52parce qu'il y a quelqu'un
41:53qui un jour a vu cette flûte
41:54et a eu l'idée
41:55d'un album de bande dessinée,
41:56c'était Peyo,
41:57la flûte à citroux.
41:59Et la flûte à citroux,
42:00il a inventé des personnages
42:01qui avaient cette flûte,
42:02c'était les schtrouffes.
42:03Et les schtrouffes sont nés
42:04de cette flûte irlandaise.
42:05C'est assez particulier.
42:06On les voit avec l'air.
42:08Il y a quand même
42:08un côté Goldman
42:10dans cette chanson,
42:11parce que dans son album
42:12Chanson pour les pieds,
42:13il avait aussi utilisé
42:14plein d'instruments.
42:17On avait été voir
42:19un fabricant de vieilles anciennes.
42:21Il avait vraiment
42:23fait attention
42:23à chaque instrument.
42:24Et vous,
42:24vous aimez ces mélanges aussi ?
42:26Ah ouais,
42:26j'aime beaucoup.
42:27J'aime beaucoup.
42:28Et puis vraiment,
42:28dans tous ces instruments-là,
42:30pour moi,
42:30il y a quelque chose
42:31qui dépasse le...
42:33Je ne sais pas,
42:33qui dépasse l'âme.
42:36Je ne sais pas pourquoi,
42:38ça me touche autant.
42:39Mais après ça,
42:40c'est des énergies,
42:40finalement.
42:41Et puis,
42:42il y a une autre chanson
42:43qui est beaucoup plus personnelle,
42:45c'est
42:45Ta main sur nos doigts.
42:47Et que vienne
42:49ton âme
42:51et toi
42:52Et que vienne
42:56ta main
42:57sur mon doigt
42:59Et que vienne
43:03il y a
43:04Là,
43:04c'est Clément,
43:0530 ans,
43:06la paternité,
43:07oui ou non,
43:08vous vous interrogez
43:09sur ce problème
43:09dans le monde
43:10d'aujourd'hui.
43:12Ouais,
43:12c'est sûr,
43:12on se pose des questions.
43:13Alors,
43:14dans la chanson,
43:14je raconte que
43:15je pense que la vie
43:16prendra le dessus
43:17et qu'à un moment donné,
43:19on arrêtera
43:20de se poser des questions.
43:21Mais en effet,
43:22on s'en pose.
43:23On s'en pose,
43:23on le voit bien
43:24pour ce que j'ai parlé
43:26tout à l'heure aussi,
43:26comment le monde évolue
43:27et pas toujours
43:29comme on aimerait
43:30qu'il évolue.
43:31Et forcément,
43:34on se pose des questions
43:35quand on arrive
43:36à un âge
43:36où on pourrait,
43:38où la paternité...
43:39On peut s'interroger
43:40aussi avec ses parents
43:42parce que ses parents
43:42ont connu
43:43un autre monde.
43:45Ouais,
43:45ils ont connu
43:45un autre monde
43:46mais eux,
43:46ils attendent,
43:47ils veulent qu'on fasse
43:48des enfants.
43:49J'imagine.
43:50Il n'y a pas une fois
43:51où je les croise
43:52et ils ne m'en parlent pas,
43:54je crois.
43:55Il faudra écouter la chanson.
43:56Mes parents,
43:56en plus,
43:57ont eu six enfants
43:57alors eux,
43:58leur vie,
43:59en fait,
43:59c'est les enfants.
44:00C'est-à-dire que
44:00leurs enfants,
44:01leurs petits-enfants,
44:03leur vie se résume à ça,
44:04finalement.
44:05Pas que,
44:06mais voilà,
44:07c'est plus qu'important.
44:08Votre vie,
44:08pour l'instant,
44:09pour vous,
44:09c'est les chansons
44:09et les tournées
44:10car les tournées,
44:11vous les organisez vous-même.
44:12Ouais,
44:13je travaille aussi,
44:14je suis bien entouré
44:15mais en tout cas,
44:16j'ai la clé du truc
44:18en tant que producteur
44:19de mes concerts.
44:20D'ailleurs,
44:21vous avez commencé
44:22symboliquement
44:22à l'Escale de Mortaux
44:24dans votre région.
44:25Ouais,
44:26c'est une très belle salle.
44:27C'est une très belle salle
44:27avec une charpente incroyable
44:29et j'ai fait ma résidence
44:31là-bas aussi
44:32avec mes musiciens
44:34et puis on a fait
44:35la première date.
44:36Et maintenant,
44:37ça continue.
44:37Vous avez toute une série
44:38de concerts
44:38qu'on trouve sur...
44:39Les dates sont sur Internet,
44:40on les trouve facilement.
44:41On les trouve tout.
44:42mais pour vous,
44:44encore une fois,
44:44au départ,
44:45il y a beaucoup de concerts
44:46dans votre région.
44:47Bah oui,
44:48parce que le remplissage
44:51est aussi plus simple
44:52parce que dans l'Est,
44:54voilà,
44:54j'ai toujours une notoriété.
44:56Mais on cherche
44:57à aller ailleurs.
44:58On y travaille
44:58mais organiser des concerts
45:02quand on a beaucoup
45:02de musiciens,
45:03beaucoup de techniciens,
45:04etc.
45:05Eh bien,
45:05aujourd'hui,
45:07parfois,
45:07ça peut être un peu complexe.
45:08Oui, oui.
45:09Donc c'est un travail aussi
45:11et on espère vraiment
45:13qu'on va réussir
45:14à élargir
45:15dans toute la France
45:16en 26 et 27, quoi.
45:18Voilà.
45:18Écoutez,
45:19vous prenez le temps
45:19et vous le chantez d'ailleurs.
45:20Laisse-moi le temps.
45:21Laisse-moi le temps,
45:23celui du vent
45:25qui courbe
45:26les plus vieux des gènes.
45:30Laisse-moi le temps,
45:32c'est lui qui souvent
45:34rapporte nos imbos et miel.
45:37Mais pourquoi, toi,
45:41j'ai renoncé
45:43souvent ?
45:45Cet album,
45:45Le Chant des Possibles
45:46est donc disponible partout.
45:48C'est votre nouvelle aventure
45:49avec ses tournées.
45:51Mais je sais que vous aimez
45:51par-dessus tout
45:52le contact avec le public
45:54et avec celles
45:55et ceux qui vous écoutent.
45:56Oui, j'aime bien.
45:58En fait,
45:58c'est surtout
45:59faire les chansons
46:03qu'on a faites en studio
46:04et qu'en fait,
46:05quand elles se retrouvent
46:06sur scène
46:06avec des musiciens,
46:07forcément,
46:08ça fait toujours
46:10quelque chose.
46:12Plus l'énergie du concert,
46:14des gens
46:14qui sont là
46:16pour écouter,
46:18pour partager le moment.
46:19Tout ça,
46:20ça reste toujours touchant
46:21en tant qu'artiste.
46:22Écoutez,
46:23non seulement
46:23on vous écoute sur scène,
46:25mais vous avez voulu
46:26nous faire un cadeau,
46:27faire écouter
46:28une de vos chansons
46:29en direct,
46:30je ne dis pas en live
46:31parce qu'on parle français,
46:32au micro de Sud Radio.
46:33Je vais vous laisser
46:34terminer cette émission
46:35en prenant votre guitare,
46:37votre micro,
46:39et puis de nous faire
46:40en exclusivité,
46:42mais en direct,
46:43une chanson de l'album
46:44qui est
46:45beaucoup de toi.
46:47Exactement.
46:47qui est importante pour vous.
46:48Oui,
46:49c'est une chanson importante
46:49qui clôturera bien
46:51cette émission,
46:52du coup.
46:52On va l'écouter.
46:53Une chanson pour mon papa.
46:54Parfois,
46:56le soir était dur.
47:02Les sourires semblaient
47:04bien trop loin.
47:09Et la croix
47:10accrochée au mur
47:13pour ne pas oublier
47:17la valeur du pain.
47:23Erreur les fois
47:24où tombait l'armure
47:27d'un guéri au front
47:31que l'on n'ait jamais fin.
47:33Et la prière,
47:38tu en es si sûre,
47:43nous disait le soir,
47:45tu feras le bien.
47:46Du creux de tes peaux
47:55mais du fond de tes yeux
47:57n'eut le besoin
47:58d'avoir lu tous les livres.
48:01On comprend que
48:02ce qui reste de mieux
48:03c'est d'être bon
48:05pour bien vivre.
48:08Pour bien vivre.
48:13C'est d'être bon
48:15pour bien vivre.
48:23Il y a des hommes
48:26épris de fortune
48:27qui ne font plus rien
48:32que d'acheter le monde.
48:37Et puis toi,
48:39tu nous montrais la lune
48:42que l'on comprenne au fond
48:46qu'il n'y en a qu'une.
48:51Il y a des hommes
48:53au-dessus des tribunes
48:56qui déclament si fort
49:00à faire taire les cœurs.
49:02Et puis toi,
49:06délaissant le costume,
49:11tu nous attends ta prière
49:13dans toute ta pudeur.
49:16Du creux de tes peaux
49:24mais du fond de tes yeux
49:26n'eut le besoin
49:27d'avoir lu tous les livres.
49:30On comprend que
49:31ce qui reste de mieux
49:32c'est d'être bon
49:34pour bien vivre.
49:35C'est d'être bon
49:44pour bien vivre.
49:52Souvent je vois
49:54dans l'ombre de mes pas
49:57un peu de moi
50:01beaucoup de toi
50:04du creux de tes peaux
50:07mais du fond de tes yeux
50:09nul besoin
50:10d'avoir lu tous les livres.
50:13On comprend que
50:14ce qui reste de mieux
50:15c'est d'être bon
50:17pour bien vivre.
50:20Livre
50:20pour bien vivre.
50:23C'est d'être bon
50:27pour bien vivre.
50:36Je vous applaudis moralement
50:38au nom des auditrices
50:39et aux auditeurs de Sud Radio.
50:40Merci pour ce beau cadeau.
50:42Merci.
50:42Je pense en comptant
50:43cette chanson
50:44beaucoup de toi
50:44que le père peut effectivement
50:46être fier de son fils
50:47Liliane Renaud.
50:49La zone s'appelle
50:50Le chant des possibles
50:51avec ces titres
50:52qu'on a découvert.
50:53La tournée
50:54toutes les dates
50:55sont sur internet
50:56et puis continuez
50:57votre chemin
50:58dans la nature
50:59et tel que vous êtes
51:00un homme nature
51:01Liliane Renaud.
51:02Ça marche.
51:02Merci beaucoup.
51:03Merci à vous.
51:03C'est terminé pour aujourd'hui.
51:05On se retrouve bientôt.
51:06Restez fidèles
51:07à l'écoute de Sud Radio.
51:08Sous-titrage Société Radio-Canada
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