- il y a 3 mois
© Cineflix & National Geographic Channel
Les autres épisodes : https://dailymotion.com/playlist/x8bbxc
La chaîne : https://www.dailymotion.com/lesavionsdeligne2
Playlist saison 16 : https://dailymotion.com/playlist/xagb78
Playlist saison 23 : https://dailymotion.com/playlist/x845vy
Playlist saison 24 : https://dailymotion.com/playlist/x8nzzy
Les autres épisodes : https://dailymotion.com/playlist/x8bbxc
La chaîne : https://www.dailymotion.com/lesavionsdeligne2
Playlist saison 16 : https://dailymotion.com/playlist/xagb78
Playlist saison 23 : https://dailymotion.com/playlist/x845vy
Playlist saison 24 : https://dailymotion.com/playlist/x8nzzy
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Le vol Garuda 421 est secoué par de fortes turbulences.
00:05D'où ça sort ça ? Attache-toi !
00:08L'appareil tremblait tellement que j'ai failli en perdre totalement le contrôle.
00:15Les passagers n'espèrent qu'une chose, que le cauchemar se termine.
00:19J'avais peur, j'étais terrifiée.
00:22Mais ils sont loin d'être au bout de leur peine.
00:26On a perdu le 1.
00:30Et le 2 aussi !
00:32Quand on perd les deux réacteurs, on court droit à la catastrophe.
00:37L'avion de 56 tonnes tombe du ciel.
00:41Pardonne-nous nos offenses et donne-nous la force de sauver nos passagers.
00:44Je sentais que la mort était sur le point de nous emporter.
00:49On allait mourir, alors on s'est mis à prier.
01:00Un Boeing 737 survole l'Indonésie.
01:23Le vol intérieur 421 de Garuda, Indonesia, est à mi-parcours.
01:33On était à 28 000 pieds et on se rendait à l'aéroport Addis Uchipto, à Djojakarta.
01:40Le commandant, Abdul Rosak, est un pilote confirmé de la compagnie nationale indonésienne.
01:48Il fait quel temps à Djojakarta ?
01:51Son copilote s'appelle Harry Gunawan.
01:55Plutôt beau, mais il risque de pleuvoir.
01:57J'avais déjà effectué plusieurs vols en compagnie d'Harry Gunawan.
02:04On se connaissait assez bien.
02:12À bord, on dénombre 54 passagers.
02:19Vous désirez boire quelque chose ?
02:20Un thé, s'il vous plaît.
02:23Tu Wassono est steward pour la compagnie depuis 16 ans.
02:27Tout se déroulait le plus normalement du monde.
02:30On servait à boire et à manger aux passagers.
02:35On s'occupait de la cabine.
02:37On papotait.
02:40Merci.
02:41Suchi Suarianti travaille pour le gouvernement.
02:45Elle est attendue à une réunion importante.
02:48Pour mon travail, je suis souvent amenée à voyager en avion.
02:52Et ce, depuis les années 70.
02:55J'adore prendre l'avion.
02:57Le vol doit durer une petite heure.
03:00Parti de Mataram, sur l'île touristique de Lombok,
03:02l'avion doit rejoindre Jojakarta, situé sur l'île de Java.
03:06En janvier, c'est la saison des pluies.
03:09Le temps peut se montrer imprévisible.
03:11Évitons cette cellule.
03:12Disons Capo 300.
03:16Contrôle.
03:17Garuda 421, demandons Capo 300 pour évitement météo.
03:23Garuda 421, Capo 300 confirmé.
03:26Route direct Bravo Alpha NDB après évitement météo.
03:29Le contrôle aérien autorise une légère déviation,
03:34afin que les pilotes évitent de pénétrer dans un orage.
03:39Niveau météo, c'était comme n'importe quel autre après-midi.
03:43Il n'y avait aucune turbulence.
03:45Depuis la cabine, on voyait qu'il faisait grand soleil.
03:48Tout était normal.
03:52Mais très vite, d'autres gros nuages d'orage apparaissent sur la trajectoire.
03:58Vous en pensez quoi ?
04:00Sur mon radar, je voyais très distinctement les zones en vert, en jaune et en rouge.
04:06Je savais que le plus sûr était de passer par le vert.
04:10Si on pense sur la gauche en direction de la zone en vert,
04:13on devrait être tranquille.
04:18Qui dit orage, dit turbulence.
04:25Préparez la cabine.
04:26Ça risque de secouer un peu.
04:28Entendu.
04:30Par précaution, les passagers sont priés d'attacher leur ceinture.
04:35Pour moi, ça n'avait rien d'inhabituel.
04:39Il est tout à fait normal que le pilote allume la consigne
04:42« Attachez votre ceinture » au cours d'un vol.
04:48« Vous pouvez attacher votre ceinture, s'il vous plaît. »
04:52« Garuda 421, demandons autorisation de descendre niveau 1-9-0. »
04:57« Garuda 421, autorisé niveau 1-9-0. »
05:00Le vol est désormais prêt à entamer son approche.
05:04Le contrôle autorise les pilotes à descendre.
05:06Mais quelques instants plus tard, le temps se gâte subitement.
05:13« D'où ça sort, ça ? »
05:21« On est en plein dedans. »
05:23« Attache-toi. »
05:27J'avais dirigé l'avion en direction de la zone
05:29qui apparaissait en vert sur le radar.
05:33Mais dès qu'on est entré dans le nuage,
05:36la zone a viré au rouge.
05:37C'était une supercellule gigantesque
05:44installée sur une très large zone
05:46dans laquelle les pilotes étaient forcés de manœuvrer.
05:51Ça m'a énormément surpris.
05:54Mais étant donné qu'on était entrés dans le nuage,
05:57je me suis dit qu'il faudrait, bon gré, mal gré,
05:59traverser cet orage.
06:01On n'avait plus trop le choix.
06:02Les turbulences soudaines sont bien pires
06:08que ce que les passagers avaient imaginé.
06:13L'avion a commencé à être secoué très violemment.
06:17Et certaines personnes se sont mises à crier.
06:25On ne pouvait plus tenir debout
06:26et marcher dans les couloirs.
06:28Les plateaux voltigeaient dans la cabine.
06:34J'avais peur de tomber à la renverse sur quelqu'un.
06:49L'appareil tremblait tellement
06:50que j'ai failli en perdre totalement le contrôle.
06:54Les réacteurs !
06:58Le commandant s'aperçoit d'un gros problème.
07:01Les deux sont en train de nous lâcher.
07:03Les réacteurs perdent de leur puissance.
07:06J'augmente la poussée.
07:10Ça marche pas.
07:13Ne les quitte pas des yeux.
07:14Compris.
07:15Quelques instants plus tard,
07:16la situation s'aggrave.
07:18On a perdu le 1.
07:21Confirmez.
07:21Confirmez.
07:24Et le 2 aussi.
07:30Le processus de combustion s'est arrêté.
07:33Les deux réacteurs s'éteignent.
07:35Quand on perd, les deux réacteurs
07:37ont pour droit à la catastrophe.
07:40L'avion n'a désormais plus aucune poussée.
07:42A bord, le circuit électrique principal est coupé.
07:48Tous les systèmes passent sur l'alimentation de secours.
07:51D'un coup, j'ai vu l'éclairage de secours s'allumer.
07:57Ça m'a fait un sacré choc.
08:00Alors que l'avion perd de l'altitude,
08:02le commandant a bien du mal à stabiliser son appareil.
08:05Tout de suite, j'ai crié à mon copilote
08:08« Checklist d'urgence ».
08:10Procédure d'extinction des moteurs.
08:13Bouton d'allumage sur vol.
08:15Bouton d'allumage sur vol.
08:16Commandes de démarrage sur off.
08:17Commandes de démarrage sur off.
08:19Les deux commandes de démarrage des réacteurs
08:21doivent ensuite être remises sur on.
08:24Puis il faut attendre de voir si les moteurs repartent.
08:27La procédure de relance exige du temps.
08:36Selon le protocole,
08:39il fallait attendre 30 secondes
08:40pour vérifier si les moteurs repartaient.
08:43C'est exactement ce que nous avons fait.
08:49Mon Dieu, je vous en supplie.
08:50Laissez-moi revoir ma famille.
08:52Aidez-nous.
08:53Je veux revoir mes proches.
08:55J'ai pensé que je ne reverrai plus
08:56ni mon mari ni mes enfants.
08:59Je me suis tournée vers Dieu
09:00et j'ai prié qu'il me vienne en aide
09:02parce que je ne voulais pas mourir.
09:08Au bout de 30 secondes,
09:09les réacteurs auraient dû repartir.
09:12Oui, l'échec.
09:13Pourtant, aucun ne répond.
09:15Recommence.
09:16D'accord, allons-y.
09:19Bouton d'allumage sur vol.
09:21Bouton d'allumage sur vol.
09:23L'avion plonge de 300 mètres
09:24toutes les 15 secondes.
09:26C'est une urgence absolue.
09:29Comptage, 30 secondes.
09:32Les options sont minces.
09:34Il faut agir immédiatement.
09:45Toujours rien.
09:45Malgré une seconde tentative,
09:49les pilotes ne parviennent pas
09:50à faire repartir les moteurs.
09:53À quelques minutes de s'écraser,
09:55ils n'ont plus guère d'options.
09:58Quand on s'est rendu compte
09:59que les réacteurs ne redémarraient pas
10:02après notre deuxième essai,
10:05je savais qu'il nous restait encore
10:06le groupe auxiliaire,
10:08le fameux APU.
10:09L'APU est un générateur
10:12alimenté par le kérosène
10:13destiné à produire
10:15de l'énergie électrique.
10:17L'APU est peut-être
10:18leur dernier espoir.
10:20Lance l'APU !
10:21Je lance l'APU !
10:23Mais en l'allumant...
10:28On n'a plus de jus !
10:30C'est la catastrophe.
10:32Quand mon copilote a tenté
10:34de démarrer le groupe électrogène,
10:36tout s'est éteint.
10:38Règle-moi ça !
10:40On n'avait plus la moindre électricité.
10:44Les instruments de bord étaient HS.
10:47On était plongés dans le noir.
10:49Je n'avais plus aucun instrument
10:51pour piloter mon avion.
10:55Les contrôleurs sont sidérés
10:56de voir le vol 421
10:58disparaître de leur radar.
10:59Garuda 421, vous m'entendez ?
11:03421, quelle est votre position ?
11:08Médé, Médé, Médé !
11:12Garuda 421, Médé !
11:15On était encore pris
11:16dans la zone de turbulence.
11:17On avait essayé
11:18toutes les procédures.
11:19Mon copilote a appelé
11:20le contrôle aérien
11:21pour lancer le signal de détresse.
11:23Médé !
11:24Médé, Médé, Médé !
11:25Garuda 421, Médé !
11:28Mais l'appel à l'aide
11:28ne parvient pas au contrôleur.
11:30Garuda 421,
11:32vous m'entendez ?
11:33Quelle est votre position ?
11:37Médé, Médé, Médé !
11:39Garuda 421 !
11:41Ils ont perdu le contact
11:42avec l'avion en détresse.
11:44J'ai entendu qu'ils criaient
11:46Médé, Médé, Médé !
11:48Et puis ensuite,
11:48on n'a plus de jus.
11:50Il n'y a plus de courant.
11:52On n'a plus de jus.
11:53Il n'y a plus de radio.
11:54C'est à ce moment-là
11:55que je me suis aperçue
11:56que les réacteurs de l'avion
11:57étaient en panne.
11:58Plus rien ne fonctionnait.
12:00On n'a plus de jus.
12:01Plus de radio.
12:03Qu'est-ce qu'il nous reste ?
12:04Les instruments d'urgence.
12:05Ils ne devaient leur rester
12:08que l'horizon artificiel,
12:10l'anémomètre de secours
12:12et un compas magnétique.
12:15On est entre les mains de Dieu.
12:21Les pilotes s'en remettent à Dieu.
12:24Pardonne-nous nos offenses
12:25et donne-nous la force
12:27de sauver nos passagers.
12:31Je sentais que la mort
12:33était sur le point de nous emporter.
12:35On allait mourir.
12:40Alors on s'est mis à prier.
12:45J'avais peur.
12:46J'étais terrifiée.
12:48J'ai fait ma prière.
12:51J'ai imploré Dieu de nous aider.
12:53J'ai dit mes dernières volontés
12:55et j'ai demandé pardon à Dieu.
12:58Je n'ai pas cessé de prier.
12:59C'était la seule chose
13:00que je pouvais faire.
13:01C'était la seule chose.
13:05Privé d'électricité
13:06et donc de puissance,
13:08le jet de 56 tonnes
13:09tombe rapidement.
13:11Mais les pilotes
13:11ne baissent pas les bras.
13:13Il faut qu'on trouve
13:13un aéroport.
13:15L'avion planait.
13:16Il perdait certes
13:17de l'altitude,
13:19mais il continuait de voler,
13:20même sans réacteur.
13:22Donne-moi la vitesse,
13:22pour descente moteur coupé.
13:24Tout de suite.
13:27Les instruments de secours
13:28étaient tellement petits
13:29que je ne parvenais
13:31même pas à les distinguer.
13:33Je ne pouvais compter
13:34que sur mon copilote.
13:36Vitesse R
13:36de descente progressive,
13:38212 nœuds.
13:39212.
13:40Et notre vitesse actuelle ?
13:42235.
13:44Il faut ralentir.
13:45C'est extrêmement compliqué
13:50de tenter de poser
13:51un 737
13:52sans la moindre puissance
13:54et sans aucune assistance.
14:01Aux alentours de 8000 pieds,
14:03l'avion de la Garuda
14:04finit par sortir de l'orage.
14:08Bon.
14:10Où est-ce qu'on est ?
14:15Malgré cela,
14:17la tâche semble toujours impossible.
14:19Comment poser un avion
14:20sans réacteur
14:21et sans guidage électronique ?
14:23Je n'avais pas la moindre idée
14:26de l'endroit où on se trouvait,
14:28étant donné que
14:28tous mes instruments étaient morts.
14:33On est près du fleuve Solo.
14:35Où est l'aéroport ?
14:37Vite !
14:38On l'a dépassé.
14:39L'aéroport le plus proche
14:41est derrière eux.
14:42Ils sont trop bas
14:43pour faire demi-tour.
14:44C'était là leur dernière chance
14:45de pouvoir effectuer
14:46un atterrissage contrôlé.
14:49Il faut qu'on se pose quelque part.
14:51Quelle option on a ?
14:53L'avion pesait 56 tonnes.
14:56Je vous laisse imaginer
14:57à quelle vitesse vertigineuse
14:59on descendait.
15:03On avait à peine quelques secondes
15:05pour décider de l'endroit
15:06où tenter un atterrissage.
15:08Alors que l'avion continue sa chute,
15:15l'équipage du vol Garuda 421
15:17cherche un endroit où se poser.
15:21La rizière, commandant ?
15:23Non, c'est trop risqué.
15:25Se poser sur une rizière,
15:27c'était risqué de faire des tonneaux.
15:29L'avion aurait aussi pu se disloquer.
15:31Avec le sol qui s'approche
15:34et sans autre option en vue,
15:36le commandant Rosac décide d'essayer
15:38ce que bien peu de pilotes
15:39ont tenté de faire.
15:41Allez, on tente le fleuve.
15:43C'est notre meilleure chance.
15:44Très bien, je vous écoute.
15:47On ne sort ni le train,
15:48ni les volets.
15:49Surveille ma vitesse.
15:50Le fleuve Solo est étroit
15:52et méandreux.
15:53Y poser un 737
15:54n'est pas une mince affaire.
15:56À ce moment,
15:58ce que je me disais,
16:00c'est que l'impact sur l'eau
16:02serait moins violent
16:03et qu'on aurait de meilleures chances
16:06de s'en sortir vivant.
16:09Mais un autre obstacle apparaît.
16:11Un pont !
16:13On peut passer dessous ?
16:15Non.
16:17Je voulais tenter de passer sous le pont,
16:20mais je me suis aperçu
16:22qu'il était soutenu
16:23par de gros piliers en béton.
16:263 000 pieds !
16:28Le commandant se décide
16:29en une fraction de seconde.
16:31On va tourner et se poser là-bas.
16:34Aide-moi !
16:36Je tourne !
16:38Le virage pourrait leur permettre
16:39de trouver une étendue d'eau
16:41plus longue pour amérir.
16:42Mais le temps leur est compté.
16:44Pour tourner,
16:45c'est le circuit hydraulique
16:47qui est sollicité.
16:49Il repose sur la puissance
16:50fournie par les réacteurs.
16:52Sans circuit hydraulique,
16:54il faut pas mal de force
16:55pour manœuvrer.
16:57C'est un peu comme si vous conduisiez
16:58votre voiture
16:59sans direction assistée.
17:01Angle d'inclinaison latérale.
17:03Regardez !
17:04Oui, je vois, je vois !
17:06Continue de tourner,
17:07sinon on n'y arrivera jamais.
17:08À fond !
17:09Mon copilote a crié.
17:16Il estimait que l'inclinaison
17:18de l'appareil
17:18était trop importante.
17:21Mais je lui ai dit
17:22qu'on n'avait pas le choix.
17:24Si on ne tournait pas au maximum,
17:25on n'arriverait jamais
17:26jusqu'au fleuve.
17:30Par le hublot,
17:31j'ai aperçu un fleuve,
17:32un pont et des rizières.
17:33Mais je ne savais pas
17:34quoi en penser,
17:35vu que je ne voyais
17:35aucune piste.
17:45Vitesse ?
17:47170 nœuds.
17:49Ça fera l'affaire.
17:50Lors de l'alignement
17:51de l'appareil
17:51avec le fleuve,
17:52un autre problème apparaît.
17:54Il y a un autre pont.
17:56Altitude ?
17:57250 pieds.
18:00Le pont ne peut pas faire
18:00plus de 25 mètres.
18:01C'est bon.
18:03J'ai dû me résoudre
18:03à amérir
18:04entre deux ponts.
18:06150 pieds.
18:08Préviens la cabine
18:09de se préparer.
18:10Position de sécurité.
18:12Crispez-vous.
18:14Mettez-vous tous
18:15en position de sécurité.
18:20On y est, on y est,
18:21on y est, on y est.
18:22Attention.
18:2550 pieds.
18:2740.
18:28Mon Dieu aide-nous.
18:3030.
18:34POSITION DE SÉCURITÉ.
18:38Dès le début,
18:39je m'en étais remis à Dieu.
18:42Je n'avais plus peur.
18:44J'avais même l'espoir
18:45de m'en sortir
18:46et que les passagers
18:47survivraient eux aussi.
18:58L'avion touche l'eau
19:00à près de 320 km heure.
19:02la cabine du Boeing 737
19:25est démolie.
19:26On a un mairie
19:33et quand l'appareil
19:35s'est immobilisé,
19:37j'étais à la fois
19:38soulagé
19:38et très reconnaissant.
19:44Je me suis demandé
19:45si c'était du sang
19:46que je sentais
19:46à mes pieds.
19:50En fait,
19:51c'était de l'eau.
19:52Je me suis écriée
19:55« Dieu merci,
19:56je suis en vie ».
19:57J'ai lancé
20:03la procédure
20:04d'évacuation.
20:05J'ai aidé
20:06les passagers
20:06près de moi
20:07à l'avant
20:07de la cabine
20:08à sortir.
20:08Merci, mon Dieu.
20:35Allons voir
20:35les passagers.
20:36Les passagers
20:38empruntent
20:39la sortie
20:39de secours
20:40et traversent
20:41le fleuve
20:41à guet.
20:44J'ai été
20:45le dernier
20:45à quitter
20:46l'appareil.
20:50Sur un total
20:51de 60 personnes
20:52à bord,
20:53on ne compte
20:53qu'un mort.
20:55Je suis très surpris
20:57que l'accident
20:58n'ait fait
20:58qu'une seule victime.
20:59C'est un véritable miracle
21:00qu'il n'y ait pas eu
21:01plus de morts.
21:02Malgré cette prouesse,
21:11il est toujours
21:11perturbant
21:12de voir
21:12un Boeing 737
21:13au beau milieu
21:14d'un fleuve.
21:19Alors que
21:19l'épave
21:20commence à être dégagée,
21:21le pays tout entier
21:22attend déjà
21:23des réponses.
21:25Comment un avion
21:26en parfait état
21:27a-t-il pu cesser
21:28de fonctionner
21:28en plein vol ?
21:30L'enquête
21:41sur l'amérissage
21:42du vol Garuda 421
21:44est confiée
21:45aux autorités
21:45indonésiennes.
21:48La priorité
21:49est de retrouver
21:49les boîtes noires
21:50de l'appareil.
21:52Les boîtes noires
21:53allaient nous fournir
21:54toutes les informations
21:55nécessaires,
21:56que ce soit
21:57les données mécaniques
21:58des réacteurs
21:58ou les échanges
21:59dans le cockpit.
22:00Il fallait absolument
22:01qu'on mette
22:02la main dessus.
22:05En attendant,
22:06les enquêteurs
22:07s'entretiennent
22:07avec le commandant
22:08Rosag.
22:10Merci d'être venu.
22:12Ils veulent en savoir
22:13davantage sur lui.
22:15Merci.
22:17Il totalise
22:1814 000 heures
22:18de vol.
22:20Mais son parcours
22:21n'a pas été
22:21des plus simples.
22:23Issu d'une famille
22:24pauvre,
22:25il vendait des légumes
22:26dans les rues
22:26de Jakarta
22:27afin de pouvoir
22:28payer sa scolarité.
22:31Ma seule chance
22:32de pouvoir
22:32me faire une éducation
22:33était de décrocher
22:35une bourse.
22:37Des milliers
22:37d'étudiants
22:38postulaient
22:39pour entrer
22:39à l'École nationale
22:40d'aviation.
22:41Et j'ai eu la chance
22:42de faire partie
22:43des 56 élèves
22:44de ma promotion
22:45à obtenir
22:46mon brevet.
22:46Abdoul Rosag
22:49gravit rapidement
22:50les échelons
22:50chez Garuda.
22:53Ça a été
22:54un réel bonheur
22:55de rejoindre
22:56la plus grande
22:56compagnie aérienne
22:57d'Indonésie.
23:00Mon rêve
23:00s'était enfin réalisé.
23:03Bien.
23:05Racontez-moi
23:06ce qui s'est passé.
23:09Je n'avais encore
23:10jamais connu
23:10d'extinction moteur.
23:13Je pensais
23:13que ces réacteurs
23:14pouvaient résister
23:15à tout.
23:15Ma première question
23:18concernait
23:18la cause
23:19de cette panne
23:19simultanée
23:20des deux réacteurs.
23:22Pourquoi ne pas
23:23les avoir rallumés ?
23:24On a essayé.
23:26Ils étaient
23:27peut-être défaillants.
23:29Je n'ai pas compris.
23:36Le Boeing 737
23:37était équipé
23:38de deux moteurs
23:39CFM56,
23:41l'un des modèles
23:41de turbo-réacteurs
23:42les plus perfectionnés
23:43au monde.
23:45Le groupe moteur
23:47aspire l'air froid
23:48grâce à une énorme
23:50soufflante.
23:51Une série d'aube
23:52comprime ensuite
23:53une partie du flux
23:54avant qu'il ne soit
23:55mélangé au kérosène
23:56et allumé.
23:58Sous l'effet
23:58de la combustion,
23:59l'air fait tourner
24:00une turbine
24:00qui actionne le réacteur
24:02et crée la poussée
24:03quand les particules
24:03d'air chauffé
24:04ressortent à grande vitesse.
24:06Il doit y avoir
24:07entre 4 et 6 000
24:08CFM56
24:09en utilisation
24:10à l'heure actuelle.
24:11C'est un moteur
24:12très fiable
24:13qui n'a connu
24:13aucun problème majeur.
24:15Voyons le compte-rendu
24:16d'événements.
24:26Mais même
24:27le meilleur
24:27des réacteurs
24:28n'est pas à l'abri
24:29de défaillance.
24:32On a trouvé
24:32des cas
24:33où des avions
24:35similaires
24:35avaient connu
24:37une extinction moteur.
24:41En 1988,
24:43le vol Taka 110
24:44reliant Bélise
24:45à la Nouvelle-Orléans
24:46s'était retrouvé
24:47au beau milieu
24:47d'un orage.
24:49Les deux réacteurs
24:50du Boeing 737
24:51flambant neuf
24:52sont tombés en panne.
24:54Les pilotes
24:54ont pu effectuer
24:55un atterrissage d'urgence
24:56sur une digue
24:57recouverte d'herbes.
25:02À la suite
25:03de cet incident,
25:04le constructeur
25:05avait effectué
25:05des changements
25:06dans la conception
25:07du réacteur.
25:09La forme du cône
25:10a été modifiée
25:12et la distance
25:13entre la soufflante
25:13et le séparateur
25:14a été accrue
25:15afin d'éviter
25:16une ingestion
25:17d'eau trop importante.
25:19La forme en dôme
25:20était jugée
25:21plus efficace
25:22contre le gel
25:22et la grêle.
25:25Alors,
25:25pourquoi les réacteurs
25:26avaient-ils connu
25:27une avarie ?
25:28Ça n'a aucun sens.
25:31J'ai été surpris
25:32de voir
25:33que l'extinction
25:33des moteurs
25:34se soit produite
25:35sur des réacteurs
25:36qui avaient été
25:37modifiés
25:37justement
25:38pour faire face
25:39aux précipitations.
25:40Les ingénieurs
25:41effectuent une batterie
25:42de test
25:42afin de déterminer
25:44l'anomalie
25:44qui aurait pu produire
25:45cette panne en plein vol.
25:46Il ne décèle pas
25:56le moindre défaut
25:57mécanique.
25:59Tout me paraît
26:00en ordre.
26:01Pour moi,
26:03les réacteurs
26:04modifiés
26:05avaient fonctionné
26:05correctement.
26:08Je me suis alors
26:09demandé
26:09ce qui avait pu
26:10provoquer
26:11leur dysfonctionnement.
26:12sur les lieux
26:15de l'accident,
26:16une découverte
26:17pourrait apporter
26:17quelques réponses.
26:20Des plongeurs
26:20ont mis la main
26:21sur l'enregistreur
26:22des paramètres
26:23de vol.
26:28Examinons les données.
26:30Les performances
26:30des réacteurs
26:31sont passées
26:32au crible.
26:33Regardez le débit
26:34carburant.
26:36La consommation
26:37de kérosène
26:38a fortement augmenté
26:39lorsque l'avion
26:40est entré
26:40dans l'orage.
26:45Néanmoins,
26:46le régime moteur
26:46est resté stable.
26:49Et pourtant,
26:50la vitesse
26:51de rotation
26:51du moteur,
26:52elle,
26:52n'a pas augmenté.
26:55Ce qui signifie
26:55que les réacteurs
26:56fonctionnaient à fond
26:57pour contrer
26:58les effets
26:58de la pluie battante.
27:00Le débit
27:01de carburant
27:02s'est accru
27:02à cause
27:03de toute l'eau absorbée
27:04qui a augmenté
27:05la densité de l'air.
27:06Et subitement,
27:07les moteurs ont lâché.
27:09Qu'est-ce qui a changé ?
27:10Les réacteurs
27:12sont conçus
27:12pour résister
27:13à d'énormes volumes
27:14d'eau.
27:16Rien dans les données
27:17n'explique
27:18ce qui aurait pu
27:18provoquer
27:19leur arrêt brutal.
27:20L'origine de la défaillance
27:26reste un mystère.
27:28Mais alors
27:28qu'une piste
27:29aboutit à une impasse,
27:30une autre s'ouvre.
27:32L'enregistreur
27:33phonique
27:33du vol
27:33Garuda 421
27:35est récupéré.
27:36Écoutons
27:43ce qu'il s'est dit
27:44dans le cockpit.
27:47C'est branché ?
27:49Vas-y.
27:50Évitons
27:50cette cellule.
27:52Au début
27:52de l'enregistrement,
27:53la qualité audio
27:54est bonne.
27:55Garuda 421,
27:57demandons cap
27:57au 300.
27:59Et le 2 aussi ?
28:01Oula,
28:02baisse un peu.
28:02Mais très vite,
28:05la violence
28:05de l'orage
28:06est telle
28:06que tout ce qui se passe
28:07dans le cockpit
28:08est quasiment inaudible.
28:13Tu peux isoler
28:14les deux voies ?
28:15Les enquêteurs
28:16sont dans l'incapacité
28:17de comprendre
28:17la conversation.
28:20Le bruit extérieur
28:21n'a pas pu être filtré.
28:23Résultat,
28:23l'échange
28:24entre les pilotes
28:25était inaudible.
28:26Le bruit extérieur
28:27était extrêmement fort.
28:30On avait énormément
28:31de mal
28:32à comprendre
28:33ce qui se disait.
28:39Stop.
28:40Rembobine.
28:46Recommence.
28:48Puis,
28:49dans les dernières secondes,
28:51une voix non humaine
28:52est perceptible.
28:57On entend terrain.
28:59c'est l'alarme
29:05de proximité
29:06de sol.
29:10Les enquêteurs
29:11viennent de faire
29:12une découverte majeure.
29:21On ne peut pas être
29:22si près du sol.
29:23c'est impossible.
29:26À environ
29:265 550 mètres
29:28d'altitude,
29:29l'ordinateur de bord
29:30a détecté
29:31quelque chose
29:31de solide
29:32sous l'avion,
29:33comme s'il était
29:33tout près du sol.
29:35J'ai été très surpris
29:36d'entendre
29:36l'alarme
29:37de proximité de sol
29:38parce qu'il n'y avait
29:39aucun obstacle
29:39à cette hauteur.
29:41Aucun volume d'eau
29:42n'est capable
29:43de déclencher
29:43cette alarme.
29:44Qu'est-ce
29:47qu'il se passait ?
29:50Les enquêteurs
29:52ont bien du mal
29:52à comprendre
29:53pourquoi l'alarme
29:54de proximité
29:55de sol
29:55s'est déclenchée
29:56à bord
29:56du vol Garuda
29:57421
29:58alors même
29:59que l'appareil
30:00se trouvait
30:00à plus de 5000 mètres
30:01d'altitude.
30:03Exhumé
30:03des décombres,
30:04le cône de nez
30:05ou radome
30:06leur fournit
30:07un indice capital.
30:08Venez voir ça.
30:09Il était sacrément
30:12amoché.
30:13On aurait dit
30:14que quelqu'un
30:14avait frappé dessus
30:15à grands coups
30:16de marteau.
30:17Il était complètement
30:18défoncé.
30:19Regardez.
30:21Je n'avais encore
30:22jamais vu ça.
30:24Je ne vois qu'une seule
30:24explication.
30:27La grêle.
30:30L'orage
30:31qu'a traversé
30:31le Boeing 737
30:33était suffisamment
30:34puissant
30:34pour endommager
30:35le cône de nez
30:36et déclencher
30:37l'alarme
30:37de proximité
30:38de sol.
30:39Selon les estimations
30:44qui ont été faites,
30:45les grêlons
30:46étaient de la taille
30:47d'une balle de tennis.
30:49C'est énorme
30:49et très dangereux
30:50pour un avion.
30:53Certaines
30:53des modifications
30:53du constructeur
30:54étaient censées
30:55corriger les problèmes
30:56posés par la grêle.
30:58Ce moteur
30:59est conçu
30:59pour résister
31:00à 10 grammes
31:01par mètre cube,
31:02ce qui représente
31:03de très grosses
31:04précipitations.
31:06Les enquêteurs
31:06se demandent alors
31:07si l'orage
31:08dans lequel
31:08s'est retrouvé
31:09l'appareil
31:09de la Garuda
31:10étaient encore
31:11plus violents.
31:16Il mesure
31:16le bruit provoqué
31:17par la pluie
31:18et la grêle
31:18sur le cockpit
31:19au moment
31:20où les moteurs
31:21ont lâché
31:21et le compare
31:22avec celui
31:23d'autres vols
31:24qui ont essuyé
31:24de gros orages.
31:25Il n'y a aucune
31:31correspondance.
31:33Il apparaît alors
31:34que le vol Garuda
31:34421
31:35a rencontré
31:37le pire volume
31:37de précipitations
31:38jamais enregistrées.
31:41D'après le bruit
31:41de l'orage
31:42et les données
31:42de performance
31:43des réacteurs,
31:44les enquêteurs
31:45parviennent
31:45à estimer
31:46le volume
31:46des précipitations.
31:49C'est du délire.
31:50Grâce à nos tests,
31:52on en a conclu
31:53que le volume
31:54d'eau et de glace
31:55s'élevait
31:56à plus de 18 grammes
31:57par mètre cube.
31:59La limite
32:00fixée par les tests
32:01du constructeur
32:02pour ces réacteurs
32:03était largement dépassée.
32:05On atteignait
32:06quasiment le double
32:07de volume
32:07de précipitations,
32:08pluie et grêle
32:09ingérés par les moteurs.
32:12Les enquêteurs
32:12ont amassé
32:13suffisamment
32:14de données convaincantes
32:15sur la cause probable
32:16de l'arrêt des moteurs.
32:18Mais pour en être certains,
32:19ils décident
32:20de tester
32:21leur théorie.
32:23Puissance moteur
32:24enclenchée.
32:29Voilà.
32:30On ajoute
32:31de l'eau
32:31et de la grêle.
32:33Le KNKT
32:34cherchait
32:35à déterminer
32:35la quantité
32:36d'eau
32:36effectivement ingérée
32:37pour voir
32:38si le réacteur
32:39continuerait
32:39de fonctionner.
32:41Les ingénieurs
32:41ont donc envoyé
32:42en plein
32:43dans l'admission
32:43du moteur
32:44le volume d'eau
32:45testé par le fabricant.
32:46Le réacteur
32:47ne s'est pas arrêté.
32:49augmente.
32:53Ils ont ensuite
32:54refait le test
32:54en augmentant
32:55le flux d'eau.
32:56Le volume
32:57était calibré
32:57pour correspondre
32:58à ce que le
32:59Volga Ruda 421
33:00avait traversé
33:01selon leur calcul.
33:01volet.
33:14Maintenant on sait
33:15pourquoi les moteurs
33:16ont lâché.
33:18Le test
33:19est sans appel.
33:20L'expérience
33:21était révélatrice.
33:23C'est l'entrée
33:24de grêle
33:24en plus de la pluie
33:25qui a noyé
33:26les réacteurs.
33:27C'est donc
33:29un orage
33:30violent
33:30fait de fortes
33:31pluies
33:32et de très gros
33:32grêlons
33:33qui a conduit
33:34à l'arrêt
33:34des réacteurs
33:35du vol
33:35Garuda 421.
33:37Mais l'enquête
33:38n'est pas terminée.
33:40Il reste
33:40un dernier mystère
33:41à éclaircir.
33:43Pourquoi le pilote
33:44a-t-il conduit
33:44son avion
33:45dans cette zone
33:46orageuse ?
33:47Pourquoi les systèmes
33:48de navigation
33:49ultra sophistiqués
33:50n'ont-ils pas
33:53averti l'équipage
33:54de s'éloigner
33:54du danger ?
33:56Les enquêteurs
33:57se penchent
33:58sur les données
33:58météo fournies
33:59par les satellites
34:00ce jour-là.
34:03Rejetons un oeil
34:04sur la carte
34:04du radar météo.
34:07Bon.
34:08Alors.
34:11Votre trajectoire
34:12vous a conduit
34:14en plein
34:15dans la zone rouge.
34:18Pourquoi le commandant
34:19Rosac a-t-il choisi
34:20un itinéraire
34:21aussi dangereux ?
34:22Le radar météo
34:23aurait dû l'aider
34:24à trouver
34:25une voie de contournement.
34:27Pourquoi pénétrer
34:27dans l'orage ?
34:29Pourquoi ne pas
34:30avoir fait un détour ?
34:31Si on prend
34:32sur la gauche
34:33en direction
34:33de cette zone en vert,
34:34on devrait être tranquille.
34:37Ils pensaient
34:37avoir une ouverture
34:38qui leur permettrait
34:39de traverser
34:40la zone orageuse.
34:42Sur le radar,
34:43c'était en vert.
34:44Pour moi,
34:44la route était sûre.
34:47Pourquoi le radar
34:48a considéré
34:48cette zone sans danger ?
34:49J'en sais rien.
34:53Mais d'un coup,
34:53tout a viré au rouge.
34:58Tout semble indiquer
34:59que le radar
35:00n'a pas repéré
35:00le danger.
35:01D'où ça sort, ça ?
35:04Le passage
35:05dans lequel
35:06ils voulaient s'engouffrer
35:07s'est refermé sur eux.
35:08Ce n'était pas
35:09la trajectoire sécurisée
35:10qu'ils espéraient.
35:11Les enquêteurs
35:12doivent comprendre
35:13pourquoi.
35:14Attache-toi !
35:14Ils font appel
35:20à un expert
35:21en radar
35:22qu'ils sont entrés
35:23dans l'orage.
35:25Ils découvrent
35:26les dangers
35:26que posent
35:27les zones d'ombre radar.
35:30Une zone d'ombre
35:31est un phénomène
35:32qui se produit
35:32quand le radar
35:33est incapable
35:34de détecter
35:35les cellules orageuses
35:36à éviter.
35:38Une zone d'ombre ?
35:40Quand les précipitations
35:41sont très importantes,
35:43les ondes radios
35:44ne parviennent plus
35:44à percer le ciel
35:45qui se trouve
35:46devant l'appareil.
35:47Une ombre apparaît
35:48alors sur le radar
35:49comme une espèce
35:50de trou noir.
35:51Le pilote
35:52se fait alors duper.
35:53Il croit pénétrer
35:54dans une cellule
35:54de beau temps
35:55alors qu'en réalité
35:56il entre dans
35:57une zone orageuse.
35:59La trajectoire risquée
36:00choisie par le pilote
36:01est dès lors
36:01compréhensible.
36:04Donc, en gros,
36:05il pensait trouver refuge
36:07dans cette zone d'ombre.
36:10L'équipage n'avait pas
36:11conscience que la zone
36:12orageuse
36:13dans laquelle il s'enfonçait
36:14était suffisamment
36:15violente
36:16pour endommager
36:16les réacteurs.
36:18Mais il reste
36:18une dernière question.
36:20Les moteurs ont rendu
36:21l'âme à cause
36:21des grêlons.
36:22Je lance la PU.
36:24Mais qu'est-ce qui a
36:25neutralisé le groupe
36:26électrogène ?
36:28On n'a plus dû.
36:32L'avion a perdu
36:33toute puissance électrique.
36:35Il n'y avait plus
36:36aucune électricité
36:37à bord.
36:37On était très embêtés
36:41et on devait trouver
36:42l'origine de cette
36:43panne de courant.
36:50Les enquêteurs
36:52savent que le vol
36:53Garuda 421
36:54n'avait plus aucune
36:55puissance électrique.
36:57Sans cette perte
36:57de courant,
36:59ils auraient pu
37:01refaire partir
37:01les moteurs
37:02une fois sortis
37:03de l'orage.
37:04Qu'est-ce qui s'est passé ?
37:05Mais ils ignorent
37:07encore pourquoi.
37:10Merci d'être venu.
37:11Asseyez-vous.
37:12Les enquêteurs
37:12espèrent que le pilote
37:14se souviendra
37:14de plus amples détails.
37:16J'ai d'autres questions
37:17à vous poser.
37:20Vous voulez bien
37:21me décrire
37:21dans le détail
37:22ce qui s'est passé
37:23après l'arrêt
37:24des réacteurs ?
37:26On a immédiatement
37:27suivi la procédure
37:28de rallumage.
37:29bouton d'allumage
37:31sur vol
37:32bouton d'allumage
37:33sur vol
37:33commande de démarrage
37:34sur off
37:35commande de démarrage
37:36sur off
37:36Ils ont suivi
37:37la procédure
37:37à la lettre.
37:39Échec !
37:40Après deux tentatives
37:41infructueuses,
37:42ils essaient
37:43d'enclencher
37:43le groupe auxiliaire
37:44afin de rétablir
37:45le courant
37:45dans tout l'appareil.
37:48Et ensuite,
37:50un cauchemar.
37:52Lance la PU !
37:54Je lance la PU !
37:55On a flûtu !
38:03Les deux tentatives
38:05de rallumage
38:06des moteurs
38:06et de la PU
38:07avaient en fait
38:09vidé les batteries.
38:12Les batteries d'avion
38:13sont ultra résistantes
38:14et il est très rare
38:15qu'elles se vident
38:16en plein vol.
38:17Alors pourquoi
38:18est-ce arrivé ?
38:19Le commandant
38:19n'a pas la réponse
38:20mais il fournit
38:21un indice capital.
38:24Vous souvenez-vous
38:25d'un autre détail ?
38:27Le voltage de la batterie
38:29était bas.
38:30Il indiquait 22.
38:36Même avant qu'on lance
38:37la procédure de rallumage.
38:39Ça m'a paru bizarre
38:40mais on n'a pas eu
38:41le temps d'y réfléchir.
38:45Lorsque je me suis entretenu
38:46avec le commandant Rosak,
38:49il m'a dit
38:49que le voltage
38:50de la batterie
38:51était de 22
38:52au moment
38:53au moment
38:53où il a tenté
38:54de rallumer
38:55les moteurs.
38:5822 volts,
38:59ça reste acceptable
39:00mais c'est la limite
39:01planchée
39:02donc considérée
39:03comme faible.
39:05Chargée à plein,
39:06la batterie d'un 737
39:08est à 24 volts.
39:10Vous êtes bien sûr
39:10qu'elle indiquait 22
39:11et non 24 ?
39:1322 volts.
39:15Je m'en souviens.
39:16Deux volts supplémentaires
39:19auraient pu faire
39:20toute la différence.
39:26Quatre semaines
39:27après l'accident,
39:28la dernière pièce
39:29du puzzle
39:30est remontée
39:30à la surface.
39:32La batterie du vol
39:32Garuda 421.
39:35Une de ses 20 cellules
39:36est endommagée
39:37et les dégâts
39:38datent d'avant l'accident.
39:41Cette preuve
39:42vient corroborer
39:43les observations
39:44du pilote.
39:46La cellule
39:48était dans
39:49un piteux état.
39:52C'est ce qui a réduit
39:53la capacité de charge
39:55de la batterie.
39:57Mais à quel point
39:58était-elle endommagée ?
40:00La batterie
40:01était-elle trop faible
40:02pour faire repartir
40:03un réacteur ?
40:05Les enquêteurs
40:06effectuent un test
40:07pour le savoir.
40:08On va envoyer
40:09de l'eau et de la grêle
40:10à hauteur de 18 grammes
40:11par mètre cube.
40:13Ils reproduisent
40:14les conditions de vol
40:15et suivent la même procédure
40:17que les pilotes
40:17pour faire redémarrer
40:18les réacteurs.
40:23On lance la procédure
40:25de rallumage moteur.
40:28Bouton d'allumage
40:29sur vol.
40:30Bouton d'allumage
40:30sur vol.
40:31Commande de démarrage
40:32sur off.
40:32Commande de démarrage
40:33sur off.
40:33Commande de démarrage
40:34sur réduit.
40:35Commande de démarrage
40:35sur réduit.
40:36Montage
40:3730 secondes.
40:3828, 29, 30.
40:48C'est bon.
40:49Échec de la première
40:50tentative.
40:52La batterie est à 20 volts.
40:54Préparez les précipitations.
40:56On va voir comment réagit
40:57la batterie
40:58après un deuxième essai.
41:00On relance le comptage.
41:02C'est parti.
41:03Je recommence.
41:05Bouton d'allumage
41:05sur vol.
41:06Bouton d'allumage sur vol.
41:07Commande de démarrage
41:08sur réduit.
41:08Commande de démarrage
41:09sur réduit.
41:10Comptage
41:1030 secondes.
41:1428, 29, 30.
41:19La batterie est descendue
41:21à 12 volts.
41:22Elle est quasiment
41:23inutilisable.
41:26Et maintenant,
41:27allumons l'APU.
41:29Je lance l'APU.
41:35On n'a plus de jus.
41:36Ils n'avaient aucune chance.
41:39La procédure de rallumage
41:40avait vidé
41:40leur batterie défectueuse.
41:42Elle n'a pas pu supporter
41:45la procédure de relance
41:46des moteurs
41:47en condition d'urgence.
41:50Les enquêteurs
41:51tiennent finalement
41:52tous les facteurs
41:53qui ont conduit
41:54le vol Garuda 421
41:55à effectuer
41:56un amérissage.
41:57Si on prend sur la gauche
41:58en direction
41:59de cette zone en vert,
42:00on devrait être tranquille.
42:01une zone d'ombre radar
42:03trompe l'équipage
42:04qui pénètre
42:05dans une zone orageuse.
42:10L'orage de grêle
42:11est si intense
42:12que les réacteurs
42:13s'arrêtent.
42:14Procédure d'extinction
42:15des moteurs.
42:16Bouton d'allumage
42:17sur vol.
42:18Bouton d'allumage
42:19sur vol.
42:20Les efforts des pilotes
42:21pour relancer
42:22les moteurs
42:22les privent
42:23d'une énergie indispensable
42:24dans une batterie
42:25déjà endommagée.
42:26L'appareil se retrouve
42:28sans électricité
42:29et chute à vitesse
42:30grand V
42:30loin de tout aéroport.
42:33C'est finalement
42:33grâce au professionnalisme
42:35du commandant Rosac
42:36que la catastrophe
42:37est évitée.
42:44Dans son rapport officiel,
42:46le KNKT recommande
42:47une meilleure formation
42:48des équipages
42:49à la lecture
42:49des données radar
42:50en conditions
42:51météorologiques extrêmes.
42:53Les enquêteurs
42:54demandent également
42:55de nouvelles procédures
42:56lorsqu'un avion équipé
42:57de réacteurs CFM-56
42:59vole par fortes pluies
43:00et grêles
43:01comme par exemple
43:02l'augmentation
43:03de la poussée
43:04en entrant dans un orage.
43:06Parce qu'ils ont fait
43:07preuve d'héroïsme,
43:09le commandant
43:09Abdoul Rosac
43:10et son copilote
43:11Harry Gunawan
43:12reçoivent les félicitations
43:13du président indonésien
43:14en personne.
43:18Ça a été
43:19le plus grand honneur
43:20de toute ma vie.
43:23En plus d'une reconnaissance
43:25publique,
43:25l'équipage
43:26a reçu
43:27des preuves
43:27de gratitude.
43:30Il a sauvé
43:31tellement de gens
43:32ce jour-là
43:32et pour ça
43:34je lui suis
43:35infiniment reconnaissant.
43:39D'une certaine manière,
43:42c'est Dieu
43:43qui a choisi
43:43ces deux hommes
43:44pour nous faire
43:45amérir
43:46sains et saufs
43:46sur le fleuve.
43:49Ce sont nos héros.
43:50C'est à la
Commentaires
1