00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Maxime Liedot.
00:05Il est 7h12 sur Sud Radio et à la une ce matin, encore une absurdité venant de l'État.
00:10L'État décidé, dans la torpeur de l'été, d'encadrer encore un peu plus les bateaux des austréiculteurs.
00:16Bonjour Axel Boudard.
00:18Bonjour Maxime Liedot.
00:19Merci beaucoup d'être avec nous ce matin.
00:20Vous êtes austréiculteur et restaurateur et gérant du Le Tamario et l'Huitre Bleue.
00:24Ça se situe du côté de Rondernos-les-Bains, en Gironde.
00:26Vous, vous faites partie des professionnels concernés par cette arrêtée ?
00:31Oui, tout à fait. On a deux entreprises austréicoles, donc on est obligé de se conformer à la législation, si vous voulez.
00:38Là, à ce jour, c'est pas encore appliqué. Personne n'a appliqué cette mesure et on pense sincèrement que l'État va revenir à la raison.
00:45Parce que non seulement ça n'a aucune utilité, si vous voulez, et puis il y a même carrément certains bateaux où ça tournerait au ridicule,
00:52parce qu'il y a des bateaux qui n'ont même pas de cabine.
00:54C'est un simple bateau de chargement, si vous voulez, avec juste un poste de pilotage.
00:58Donc vous imaginez bien qu'on ne peut pas mettre de point d'eau ou de toilette sur un bateau sans cabine.
01:02Et là, c'est ce qu'ils veulent vous imposer.
01:05En réalité, c'est ça. C'est-à-dire que pour ceux qui sont en train de se réveiller, qui nous accompagnent ce matin,
01:10il faut bien peut-être rappeler, et je compte sur vous, mon cher Axel Boudard, pour nous raconter,
01:14c'est-à-dire que le bateau des austréiculteurs, c'est quasiment une planche de 12 mètres de long sur l'eau, c'est ça ?
01:18Entre nous, certains bateaux, on appelle ça des plates, si vous voulez.
01:22C'est une simple barge, en fait, sans cabine, qui permet, en fait, de stocker, si vous voulez,
01:26les huîtres qu'on amène et qu'on ramène au parc.
01:29Et certains austréiculteurs, selon les endroits de France, vont faire que 10 minutes de bateau, des fois.
01:34C'est vraiment ridicule, si vous voulez. Dans la journée, dans l'aller-retour, 10 minutes allées, 10 minutes retour, si vous voulez.
01:39Donc, c'est vraiment ridicule. C'est un peu une décision hors sol.
01:43Et ça semble vraiment donner de bon sens, si vous voulez.
01:46Et pourtant, l'État, quand il justifie cet arrêté, il dit, en réalité, c'est pour améliorer la sécurité
01:52et améliorer vos conditions de travail.
01:55Donc, vous dites quoi ? Vous dites, mais c'est totalement invraisemblable comme propos ?
01:58Exactement. Tout à fait invraisemblable.
02:00Je pense que l'État, malheureusement, comme beaucoup de sujets, voit ça de très loin.
02:03Et dans l'envie de bien faire, au final, ça tourne au ridicule.
02:07Mais non, je pense qu'aucun austréiculteur, ni salarié, ni chef d'entreprise, trouve cette mesure pertinente.
02:12On n'aurait même pas la place, techniquement, pour les bateaux qui ont des cabines.
02:16Et pour les bateaux qui n'ont pas de cabine, comme une grosse partie des bateaux, c'est vraiment ridicule.
02:20Mais en réalité, quand on entend l'État avec cette idée, cette volonté d'améliorer la sécurité
02:26et surtout les mesures sanitaires,
02:28j'imagine que déjà dans votre métier, mon cher Axel Boudard, vous devez être envahi de mesures sanitaires.
02:33Alors déjà, on a énormément de mesures sanitaires, énormément de contrôles.
02:37On est un métier très réglementé.
02:38C'est normal, c'est un produit sensible.
02:40Donc ça, on l'entend, il n'y a pas de souci.
02:42Mais c'est sûr que ce nombre de...
02:43Mais peut-être, pardonnez-moi, peut-être prenez le temps de décrire un peu
02:46à quel point, si vous voulez, dans votre métier, vous devez être vigilant
02:48avec toutes les mesures de protection qui s'imposent au quotidien
02:52quand vous manipulez des fruits de mer, en l'occurrence ici des huîtres.
02:54Les huîtres, si vous voulez, il faut être très vigilant dans l'hygiène de la cabane,
03:00il faut être très vigilant dans l'origine de l'eau, comment elles sont stockées,
03:04quand elles ont été stockées, d'où elles viennent, quand elles ont été ramenées.
03:07Ça demande une très grosse traçabilité tous les jours au quotidien,
03:10si vous voulez, c'est un produit sensible.
03:12Donc c'est sûr qu'on se passe de ce genre de mesurettes qui vont prendre beaucoup de temps.
03:16Parce qu'en plus, là, je crois avoir compris qu'il va falloir demander une dérogation
03:19pour ne pas les installer.
03:20Donc si vous voulez, c'est encore une fois beaucoup de temps perdu pour pas grand-chose.
03:24C'est ça qui est très agressant, si vous voulez.
03:27Dérogation pour ne pas potentiellement appeler ce qu'ils ont appelé en effet l'État un point hygiène.
03:33Est-ce que, si en réalité l'État ne recule pas sous un certain bon sens,
03:37en réalité vous avez déjà commencé à regarder combien ça pourrait vous coûter ?
03:42Alors sincèrement, non, j'ai aucune idée.
03:44Et puis comme je vous disais, il y a vraiment certains cas où ce n'est même pas possible.
03:48Les gens qui n'ont pas de cabine n'ont pas à faire mettre une cabine pour mettre un point d'eau.
03:53Et si c'est une obligation, Axel Boudard, vous ne raisonnez pas comme l'État,
03:57parce que vous faites preuve de bon sens, mon cher Axel.
03:58Mais si l'État dit, en réalité, on va aller imposer ça jusqu'au bout,
04:02peut-être que ça veut dire quoi ?
04:03Que certains seraient carrément obligés de changer potentiellement une partie de leur flotte ?
04:06Ça pourrait aller jusque-là ?
04:08Changer leur flotte, peut-être pas.
04:10Mais rajouter une cabine, rajouter quelque chose pour mettre un...
04:14Ce ne sera pas des travaux faciles à faire, entre guillemets, pour certains.
04:18C'est sûr que non.
04:19Avec des frais supplémentaires du gaz.
04:21Bien sûr.
04:21Et puis surtout, des frais qui n'ont aucun sens,
04:24surtout à une heure où la profession, si vous voulez, est plus en difficulté qu'autre chose.
04:28C'est vraiment, vraiment ridicule.
04:29Qu'est-ce que vous dites potentiellement, je pense, à un ou deux ministres qui peuvent nous écouter ce matin ?
04:33Qu'est-ce que vous leur dites ?
04:34Vous le dites, écoutez, arrêtez ça tout de suite, revenez, ayez un peu de bon sens ?
04:38Ou au contraire, vous dites, bon, de toute façon, quand bien même l'État continue, on va dire, à s'arc-bouter sur cette mesure,
04:44nous, on trouvera des solutions ?
04:45Vous êtes déjà en train de vous concerter, peut-être, pour manifester une hostilité un peu plus vive que ce qu'on peut apercevoir en ce moment ?
04:51Non, je pense que sincèrement que l'État va revenir à la raison.
04:56Je pense que ces décisions qui sont prises de très loin et qui paraissent complètement hors sol,
05:00mais une fois tout le monde autour du table, je pense qu'on peut tout de même trouver, si vous voulez, un point d'entente.
05:05Je vous dis d'autant plus que la profession est quand même globalement plus en difficulté qu'autre chose.
05:11Ce genre de mesure, si vous voulez, qui agace la profession, qui hérite la profession, c'est contre-productif pour l'État, si vous voulez, également.
05:18Parce que ça nous agace, ça nous éloigne de notre travail, qui n'est pas d'installer des toilettes sur un pont de bateau.
05:25Et ça n'a aucun intérêt, ni pour le consommateur, ni pour nous, si vous voulez.
05:28Oui, ça c'est sûr. Et en plus, vous vous rappeliez parfois à quel point le bateau n'est vraiment qu'un petit outil de travail sur lequel on ne passe pas énormément de temps.
05:36Merci beaucoup Axel Boudard d'avoir été avec nous ce matin.
05:38Je vous en prie, Michel.
05:39Austréiculteur et restaurateur et gérant du Le Tamariou et l'huître bleu à Andernos-les-Bains.
05:43Donc si vous êtes dans la région, dans le coin de la Gironde, vous allez faire un tour chez Axel Boudard,
05:47qui a eu la gentillesse de se lever encore peut-être un peu plus tôt que d'habitude d'être avec nous en direct sur Sud Radio.
05:51Merci beaucoup. Il est 7h18.
05:53Merci beaucoup.
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