- il y a 6 semaines
Chaque soir, Julie Hammett vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Également dans l'actualité, il y a ces avancées dans l'affaire du petit Émile.
00:05Peu à peu, au fil des mois, plusieurs éléments de l'enquête filtrent et permettent de dégager quelques certitudes.
00:11On découvre notamment que le crâne du petit garçon présentait une lésion qui pourrait indiquer qu'il a été frappé avec un objet.
00:18À cela s'ajoute un témoignage crucial de l'un des voisins de la famille d'Émile.
00:21Regardez cette enquête, elle est signée Stéphanie Zenati et Sophie Herbé.
00:24Dans les montagnes du Haut-Vernay, deux ans et demi après la disparition d'Émile, la mort du petit garçon reste toujours un mystère.
00:39Comment cet enfant âgé de deux ans et demi à l'époque est-il mort ? Que lui est-il arrivé ce 8 juillet 2023 ?
00:48Au fur et à mesure de l'enquête, toutes les hypothèses ont été étudiées.
00:52Mais aujourd'hui, les circonstances de son décès semblent se préciser.
00:59Des détails contenus dans un rapport anthropologique rendu en début d'année filtrent peu à peu.
01:05Les conclusions de ces expertises permettent de considérer l'hypothèse que le corps n'est pas demeuré au même endroit
01:11et dans le même biotope au cours du processus de décomposition et qu'il n'a pas été enfoui.
01:17Vous aurez compris donc que les expertises introduisent la probabilité de l'intervention d'un tiers dans la disparition et la mort d'Émile Soleil.
01:27Quelqu'un a déplacé le corps et il apparaît sur le crâne un traumatisme facial à résultat d'un coup violent.
01:35Un coup qui serait volontaire et qui aurait été porté potentiellement avec un objet.
01:40Car l'expertise de la boîte crânienne du petit garçon révèle une lésion à côté du zygomatique droit, cet os situé en haut de la pommette.
01:51Une blessure qui écarte la piste d'un choc avec un véhicule ou une chute accidentelle.
01:56On a maintenant la certitude qu'Émile ne s'est pas perdu seul, qu'il y a l'intervention d'un être humain pour expliquer la disparition et la mort de l'enfant.
02:05Ce n'est pas rien.
02:06Ça veut donc dire qu'à un moment donné, quelqu'un a donné la mort à Émile volontairement ou involontairement.
02:13Est-ce ce coup qui aurait provoqué la mort d'Émile ? Le rapport ne le précise pas.
02:17En revanche, un autre élément trouble les enquêteurs.
02:23Les vêtements récupérés à proximité du crâne de l'enfant sont restés intacts.
02:28Ils auraient donc été transportés puis déposés peu de temps après leur découverte.
02:33Ça veut dire deux choses.
02:35Soit quand Émile est mort, il n'avait pas les vêtements qui ont été retrouvés sur ce chemin forestier à proximité du hameau de Villevieille, au Vernet.
02:46Soit il avait ses vêtements, mais ils lui ont été retirés au moment de son décès pour ensuite être déposés avec ses ossements.
02:55Qui aurait déplacé le corps ? Qui serait à l'origine de ce coup porté au visage de l'enfant ?
03:01En juillet 2023, l'enquête démarre avec une première question cruciale.
03:07Où Émile a-t-il été vu pour la dernière fois ?
03:10Les premiers témoignages, ceux de la famille notamment, expliquent que l'enfant a disparu à 17h15.
03:16au milieu de la place de ce hameau paisible.
03:19Immédiatement, des chiens à l'odorat exceptionnel sont déployés dans le village pour tenter de retracer le trajet qu'aurait pu emprunter le petit garçon,
03:27à partir de la maison de ses grands-parents.
03:30Soit il est parti à droite, vers une cabane construite avec ses oncles et tantes qu'il adorait.
03:36Soit il est descendu à gauche, vers le centre du Auvergnet.
03:39Ce que confirme un voisin.
03:42Ce témoin m'a expliqué qu'il faisait des travaux dans son habitation cet après-midi-là, qu'il avait vu, aperçu le petit garçon.
03:54Pour lui, il était entre 16h45 et 17h.
03:58Il a vu que le petit descendait.
04:02Et on est sur un terrain qui descend, sur une pente.
04:04Donc c'est vrai que quand ceux qui ont eu des enfants et qui connaissent ces enfants, un enfant de 2 ans, 2 ans et demi,
04:10on a du mal à imaginer que naturellement il va monter.
04:13Il va plus forcément descendre.
04:15Et c'est d'ailleurs sur ce chemin que les chiens ont repéré sa trace.
04:18Ils ont arrêté de marquer ici, là, ici, au Lavoire.
04:23Et il semble, celles et ceux qui connaissent le petit et sa famille, que le petit Émile aimait venir ici.
04:29Pourquoi ? Parce que là, il y a des lapins dans une cage.
04:32Et apparemment, il aime beaucoup venir voir les lapins.
04:36Donc il n'y a rien de surprenant à ce qu'il soit peut-être venu ici, s'il en avait l'habitude,
04:40voir les lapins donner à manger aux lapins.
04:41C'est la dernière trace qu'on a d'Émile à peu près.
04:45A priori, c'est là, c'est ici.
04:48Émile se serait alors volatilisé.
04:52Les enquêteurs ont interrogé un voisin qui livre un témoignage crucial.
04:58Il affirme que très peu de temps après avoir vu le petit garçon,
05:02le grand-père d'Émile a lui aussi descendu la ruelle,
05:05avant que son oncle et sa tante, âgés respectivement de 16 et 18 ans,
05:09ne l'empruntent eux aussi.
05:13Étaient-ils tous les trois à la recherche de l'enfant ?
05:16Qu'ont-ils vu exactement ?
05:18D'après ce témoin, une fois arrivés en bas de la route,
05:22ils auraient rapidement rebroussé chemin.
05:24Une attitude qui intrigue les enquêteurs.
05:27Alors le 25 mars 2025, au petit matin, ils sonnent à la porte de la demeure familiale de la Bouilladis
05:38et placent en garde à vue les grands-parents d'Émile, son oncle et sa tante pour homicide volontaire et recel de cadavres.
05:48Ils sont emmenés dans des lieux différents pour être auditionnés.
05:51Il y en avait deux, Anne et Philippe Védovigny, les époux, qui étaient dans les locaux de la section de recherche de Marseille.
06:00Il y avait également leur fille qui, elle, était du côté de Roquevert, un village voisin,
06:05et puis leur fils qui semble être à Aubagne.
06:09Donc oui, chacun était dans un bureau face à des enquêteurs.
06:11Philippe Védovigny était, lui, face au directeur d'enquête.
06:14Ce n'est pas rien, il était face à l'homme qui gère la cellule humile depuis maintenant 20 mois.
06:20Ça veut aussi bien dire, quand on lit entre les lignes, que la personne prioritaire pour les enquêteurs ces dernières heures,
06:27c'était naturellement le grand-père Philippe Védovigny.
06:30Nous avions le directeur d'enquête qui était face à nous, avec une ambiance, j'allais dire, évolutive, sur 48 heures,
06:36des moments où il y avait plus de tensions que d'autres, des moments où c'était plus apaisé.
06:41Est-ce que par moments, j'imagine, ils ont essayé de pousser votre client dans ses retranchements ?
06:44Oui, tout à fait, et ça aussi, c'est habituel, ce n'est pas lié à ce dossier.
06:49Vous avez toujours ces méthodes des enquêteurs qui sont là pour obtenir des vérités
06:53et qui, forcément, vont parfois pousser le trait, parfois hausser le ton.
06:58C'est parfaitement logique.
07:01Ces gardes à vue étaient prévues de longue date.
07:04Les interrogatoires parfaitement préparés.
07:08On sait que les enquêteurs avaient un certain nombre d'éléments techniques, scientifiques.
07:13Ils ont recueilli énormément de choses au cours de l'enquête et qu'ils les ont présentés.
07:17Il y a une table, il y a différents documents, ça peut être des photographies, des textes, etc.
07:22Toutes sortes d'éléments et on leur a demandé leur avis.
07:25Comment expliquez-vous que tel élément soit apparu à ce moment-là,
07:28lors de la disparition du petit Émile ?
07:30Bref, ils ont vraiment été confrontés au moindre détail de cette fameuse journée
07:35où le petit garçon a disparu dans le hameau du Auvergne.
07:40Selon l'avocat Dan Védovini, revenir sur cette journée tragique a été douloureux.
07:44Voilà une grand-mère, endeuillée par la perte d'un petit-fils dans des circonstances
07:51que chacun sait pour être parfaitement épouvantables.
07:55On a forcément du mal à se figurer l'intensité qui règne alors dans cette situation
07:59parce qu'elle est, je le disais, terriblement originale, atrocement originale.
08:04Des détails sont dévoilés au gardé à vue,
08:07comme la certitude de l'intervention d'un tiers à l'attente de l'enfant.
08:11Elle a découvert effectivement cette information pendant le temps de la garde à vue.
08:17C'est effectivement un élément important qui l'a impacté.
08:23C'est une information qui a été importante à entendre
08:28et difficile aussi à entendre pour elle.
08:33Les enquêteurs analysent les réactions des proches d'Émile
08:36lorsqu'il leur révèle de nouvelles informations.
08:41Parfois des choses qu'il a pu apprendre ont été particulièrement déstabilisantes pour lui
08:46et je pense surtout aux coups dont Émile a été victime.
08:52C'est violent.
08:52Le premier communiqué de presse de M. le procureur de la République
08:55faisait état de fracture post-mortem sur le crâne d'Émile
08:59et là on nous parle d'un traumatisme facial.
09:00Vous ne pouvez pas être insensible à cette information,
09:05vous ne pouvez pas être déstabilisé.
09:08Mais malgré tout, il a réussi à se ressaisir
09:11et à parler, à donner toutes les explications,
09:15toutes les réponses qu'on lui demandait.
09:16La garde à vue des grands-parents et de leurs deux enfants
09:20est prolongée quasiment jusqu'au bout de la durée légale maximum.
09:25Ils sont extrêmement épuisés, fatigués.
09:29Ils ont été enfermés pendant 48 heures.
09:30Une garde à vue, c'est extrêmement violent.
09:32On perd toute notion du temps puisqu'on a enfermé 24 heures sur 24.
09:37La grand-mère d'Émile, elle a été abattue.
09:39Elle était vraiment épuisée, marquée.
09:41Philippe Védovigny, lui, étant le directeur d'enquête
09:43qui a mené les interrogatoires, lui a dit
09:46« La garde à vue est levée, vous pouvez partir. »
09:49La première réaction de Philippe Védovigny, ça a été
09:51« D'accord, mais je fais quoi ? Je vais où ? »
09:54Il n'avait pas compris la fin de ce qu'il venait d'affronter.
09:58Et donc c'est son avocate qui lui a dit
09:59« Mais Philippe, c'est bon, vous pouvez partir.
10:01Vous pouvez maintenant rentrer chez vous. »
10:05Les gardes à vue sont levés au milieu de la nuit
10:07sans qu'aucun des proches d'Émile ne soit mis en examen.
10:11Une décision dont se réjouit l'avocate du grand-père
10:14qui assure que son client a pleinement coopéré.
10:18« Les enquêteurs ont fait leur travail.
10:21Ils avaient depuis hier beaucoup de questions à nous poser.
10:24On a répondu à l'intégralité des questions.
10:26Je pensais qu'on pouvait s'expliquer sur tous les points.
10:29Il y avait peut-être des zones d'ombre à lever.
10:31C'était le but, on l'avait dit dès les obsèques d'Émile
10:34qu'on voulait participer à l'œuvre de vérité.
10:37Voilà, je vous avoue que c'est un soulagement pour eux,
10:41pour l'avocat aussi, parce que c'est bien. »
10:45Au-delà des aspects éprouvants de ces gardes à vue,
10:48elles ont eu au moins un intérêt pour la famille d'Émile.
10:50« Cette mesure a présenté le mérite, du coup,
10:55de porter à la connaissance de ma cliente
10:57l'ampleur des investigations qui ont été conduites
11:01dans le cadre de cette mesure.
11:03Et nous avons pu toucher du doigt
11:05ce travail véritablement admirable
11:08de la section de recherche de Marseille
11:11qui a conduit depuis ce drame
11:13un nombre incalculable d'investigations.
11:16Cela a eu un effet, je dirais, rassurant
11:18pour la personne gardée à vue
11:20parce que, dans le même temps,
11:22elle savait qu'elle était le soin porté
11:23par ses enquêteurs
11:25à lui apporter peut-être un jour
11:27la vérité. »
11:31Ces fins de garde à vue
11:32mènent-elles à une impasse ?
11:34La piste familiale est-elle définitivement abandonnée ?
11:37« Ils sont ressortis libres de garde à vue.
11:41C'est-à-dire qu'au moment où on se parle,
11:43ils sont totalement libres
11:44et ils ne sont pas poursuivis,
11:47ils n'ont aucun statut
11:48qui font qu'ils sont suspects
11:49dans cette procédure.
11:50Pour autant, ça ne veut pas dire
11:51que c'est fini. »
11:54À ce stade,
11:55toutes les hypothèses restent envisagées
11:56par les enquêteurs.
11:57« Nous avons approfondi
12:01la piste intrafamiliale
12:03à l'occasion des gardes à vue
12:05qui ont été réalisées
12:06et de l'ensemble des auditions
12:08qui les accompagnaient.
12:10Alors aujourd'hui,
12:11il y a une phase qui se termine
12:12concernant cette piste.
12:13Ça ne veut pas dire
12:14qu'elle se termine définitivement.
12:18Il peut survenir
12:18au cours des investigations futures
12:20des éléments complémentaires,
12:22nouveaux,
12:23qui sont susceptibles
12:24de la prolonger. »
12:26« Les enquêteurs,
12:26ils vont continuer à travailler
12:27sur l'univers de cette famille,
12:29sur leurs antécédents,
12:31sur d'éventuelles écoutes,
12:33d'éventuelles conversations
12:34qu'ils ont pu avoir
12:35les uns avec les autres.
12:36C'est une piste
12:37qui reste au cœur
12:38des investigations. »
12:41Le 9 décembre 2025,
12:43les grands-parents d'Émile,
12:44son oncle et sa tante
12:46ont été convoqués
12:47devant les juges d'instruction
12:48pour être entendus
12:49en qualité de partie civile.
12:53En tout,
12:54une dizaine de gendarmes spécialisés
12:56continuent à travailler
12:57sur ce dossier
12:58pour tenter d'élucider,
13:00enfin,
13:01le mystère
13:02autour de la mort d'Émile.
13:03Pour en parler,
13:08on accueille sur ce plateau
13:08Dominique Rizet.
13:10Bonsoir, Dominique,
13:11consultant Polyjustice.
13:12On est toujours avec
13:13Dylan Slama,
13:14avocat.
13:15Périne Rogier-Tuber
13:16nous a rejoint.
13:17Merci beaucoup
13:18d'avoir accepté
13:19notre invitation,
13:19commandante de police
13:21en police scientifique
13:22de la direction
13:23de la PJ de Paris.
13:24Merci beaucoup
13:25d'être là.
13:26Jacques-Charles Fonbonne,
13:27également,
13:27général de gendarmerie
13:29et consultant Polyjustice
13:30pour BFM TV.
13:32Ce qu'on apprend là,
13:33Dominique Rizet,
13:34c'est bien donc
13:35que le crâne
13:35du petit Émile
13:37avait une lésion
13:38qui pourrait indiquer
13:40qu'il a donc été frappé
13:41avec un objet,
13:43ce qui referme
13:44certaines pistes.
13:45On savait déjà
13:46qu'il avait un coup violent,
13:48qu'il avait reçu
13:49un coup violent au visage.
13:50Ça nous avait été
13:50annoncé par le procureur
13:54d'un public,
13:54Jean-Luc Blachon,
13:55lors de sa dernière
13:56conférence de presse.
13:57Oui, ce coup,
13:59en tout cas,
14:00selon le rapport
14:00anthropologique
14:01rendu début 2025,
14:03dont on a connaissance
14:04successivement
14:05et progressivement,
14:06écarte cette lésion,
14:08écarte la possibilité
14:09d'un choc
14:09avec un véhicule.
14:10C'est ça la nouveauté.
14:12On écarte le choc
14:13avec le véhicule,
14:14on écarte une intervention
14:15animale,
14:15on écarte la chute accidentelle.
14:17Oui,
14:17donc on revient
14:18sur un geste
14:20qui aurait pu provoquer
14:23la mort d'Émile,
14:24mais encore une fois,
14:25c'est quelque chose
14:26qu'on savait.
14:28Je crois que là,
14:28on est en train
14:29de revenir
14:30à des fondamentaux
14:31pour expliquer
14:31pourquoi les grands-parents
14:33ont été placés
14:34en garde à vue
14:35et pour nous expliquer
14:36que ces éléments
14:37en ont disposé déjà
14:38et que c'est dans le cadre
14:40des investigations
14:42menées sur ces découvertes,
14:45sur le crâne d'Émile,
14:47qu'on a placé
14:47les parents en garde à vue.
14:49Pensons peut-être
14:50qu'ils allaient apprendre
14:51aux enquêteurs
14:52des choses nouvelles,
14:53première hypothèse.
14:54pensons peut-être
14:55deuxième hypothèse
14:56qu'ils n'avaient pas
14:57tout dit aux enquêteurs
14:58et qu'ils avaient encore
14:59des choses à dire.
15:00Pensons peut-être
15:00troisième hypothèse
15:01qu'ils n'ont absolument
15:02rien dit de ce qu'ils devraient dire.
15:04Alors,
15:04arrêtons-nous peut-être
15:05quand même sur...
15:05Mais ils ont été remis en liberté.
15:07Ils ont été remis en liberté.
15:09Sans charge et sans poursuit.
15:10Ils ont été entendus à nouveau
15:11par des juges d'instruction
15:13ces dernières semaines
15:14et on va y revenir.
15:15Pas dans le même cas.
15:15Pas dans le même cas,
15:15vous avez raison,
15:16en tant que parti civil.
15:17C'est ça.
15:17On va y revenir,
15:18mais juste arrêtons-nous
15:18sur l'analyse
15:20de la boîte crânienne
15:21d'Émile
15:22puisqu'elle est au cœur
15:23des investigations.
15:24On apprend donc
15:25qu'il y a cette lésion.
15:26On parle d'une lésion
15:27à côté du zygomatique droit,
15:30ce qui est l'os situé
15:31en haut de la pommette.
15:33Qu'est-ce que ça dit,
15:34cette lésion,
15:35à cet endroit-là ?
15:36Alors, effectivement,
15:37c'est l'os frontal.
15:39En fait,
15:39on appelle ça
15:40l'os de la pommette.
15:41Donc là,
15:42les experts ont analysé
15:43un fracas osseux.
15:46S'ils excluent un animal,
15:49c'est parce que,
15:50normalement,
15:50l'animal ne va pas
15:52s'intéresser à des ossements.
15:54L'animal va rogner
15:55autour des ossements.
15:57Mais l'os ne va pas
15:58intéresser l'animal.
15:59Donc, ce n'est pas l'animal
16:00qui aurait provoqué
16:00cette lésion ?
16:01Non.
16:02Donc, ça veut dire
16:02que ça exclut,
16:03par exemple,
16:03des traces de griffure
16:04ou de morsure
16:05ou de rognage sur l'os.
16:07Si ça exclut un accident,
16:09par exemple,
16:10avec un véhicule,
16:11ça peut s'expliquer
16:12parce qu'un choc
16:14contre le pare-choc
16:16d'un véhicule
16:16va entraîner
16:17des dégâts importants.
16:18Donc, des lésions
16:19étendues, étalées.
16:21Là, s'il y a juste
16:22le zygomatique qui est touché,
16:24forcément,
16:24ça va exclure
16:25un choc
16:26avec quelque chose
16:27d'important.
16:27Plus global.
16:28Si la chute accidentelle
16:30est exclue,
16:31ça peut s'expliquer
16:32parce qu'on est sur
16:32une victime
16:33qui est jeune.
16:35Donc, les os sont souples.
16:37C'est pour ça
16:38qu'il y a très peu
16:38de fractures
16:39chez les jeunes enfants,
16:40notamment lorsqu'ils tombent
16:41parce que l'ossature
16:42n'est pas encore
16:42totalement formée.
16:45Donc, il ne reste
16:46que l'hypothèse,
16:47effectivement,
16:48d'une lésion
16:49qui serait provoquée
16:51par un objet.
16:52Donc, qui dit objet
16:53dit intervention
16:54d'un tiers.
16:55Ensuite,
16:56si vraiment
16:56les conclusions
16:57sont celles-ci,
16:59je pense quand même
16:59qu'il y a
17:00des informations
17:02que l'on n'a pas
17:03et c'est normal,
17:04nous n'avons pas accès
17:04au dossier,
17:05mais des informations
17:06potentielles
17:07sur l'objet
17:07qui aurait pu provoquer
17:08ce fracas osseux.
17:11Parce que ça peut être
17:11un objet tranchant,
17:12un objet piquant.
17:13Par exemple,
17:14la lame d'un couteau
17:15qui viendrait finir sa course
17:17sur l'os.
17:18Donc là,
17:18on aurait une marque.
17:19De même qu'une ogive
17:20pour une plaie
17:22par arme à feu
17:22qui finit sa course
17:23sur un os,
17:24on aurait également
17:25une marque.
17:25après,
17:26ça peut être un objet
17:27contendant.
17:28Alors l'objet contendant,
17:29on l'utilise
17:29un peu
17:31à toutes les sauces.
17:32L'objet contendant,
17:33c'est l'objet,
17:34l'outil,
17:35l'arme par destination.
17:37C'est-à-dire souvent,
17:37ce sont des objets
17:38du quotidien
17:39qui vont être déviés
17:40de leur fonction première
17:41et qui vont être utilisés
17:42pour blesser
17:43ou pour tuer.
17:44Alors la difficulté
17:45de l'objet contendant,
17:46c'est que c'est assez difficile
17:47en fait à retrouver
17:48puisque ça va être
17:49des objets
17:50de notre environnement.
17:52Voilà,
17:52donc ça peut être
17:52énormément d'objets,
17:53un objet térébrant,
17:55enfin,
17:56il y a énormément d'objets.
17:57Et si les conclusions
17:58aboutissent
18:00à un diagnostic
18:00d'exclusion
18:01en disant ça,
18:02c'est forcément un objet,
18:03je pense qu'à un moment,
18:04il y a peut-être
18:05des stigmates
18:05sur les ossements
18:07qui permettent
18:08d'identifier
18:10cet objet.
18:10d'approcher
18:11de par la forme,
18:12d'approcher peut-être
18:13la nature de l'objet.
18:14Donc vous pensez
18:15que les enquêteurs
18:16que la police scientifique
18:17qui s'occupe
18:17de ce dossier-là
18:18a la nature de l'objet
18:19qui aurait causé
18:20la mort d'Émile ?
18:23Ou alors,
18:23soit ils n'ont pas
18:24la nature de l'objet,
18:25soit effectivement,
18:28par la démonstration
18:29en fait scientifique,
18:30par un diagnostic
18:31d'exclusion,
18:32ça ne peut pas être
18:32une théorie
18:33ou une hypothèse autre.
18:35Et ça ne peut pas être,
18:36alors,
18:36comment on explique,
18:38pardon,
18:38si je vous fais répéter,
18:40mais comment on explique
18:40que c'est un objet
18:41et pas un coup de poing
18:44ou juste un humain
18:47qui s'en serait pris à lui
18:48directement sans objet ?
18:50Oui, c'est-à-dire,
18:51par exemple,
18:51des violences volontaires
18:52ou des violences physiques ?
18:53Une gifle ?
18:54Une gifle violente ?
18:55Alors,
18:55une gifle violente
18:56doit être vraiment
18:58très violente
18:59pour entraîner
18:59un fracas osseux
19:00parce que c'est quand même
19:00la dernière strate
19:01au niveau du corps humain.
19:03C'est-à-dire qu'on peut
19:03être victime
19:04de violences volontaires
19:06et cela va atteindre
19:07la chair,
19:09les tissus cutanés,
19:11les zones
19:11sous l'épiderme,
19:13le muscle,
19:14mais l'os
19:14est quand même
19:15assez profond.
19:16Donc, ça veut dire
19:17que c'est une lésion
19:18vraiment profonde.
19:19On n'a pas dit
19:19que c'est une lésion
19:21de petite taille
19:22à proximité
19:23du zygomatique droit.
19:24Alors,
19:25dans ces cas-là,
19:25ça veut dire que,
19:26à la lecture,
19:27subjectif d'ailleurs...
19:29Vous ne travaillez pas
19:29sur ce dossier-là.
19:31Effectivement,
19:32si le mot objet
19:33se trouve dans les conclusions,
19:35en tout cas d'une expertise,
19:37c'est que les autres hypothèses
19:38ont été écartées.
19:41Et on sait la dater,
19:42pardon,
19:43cette lésion,
19:43pour savoir
19:44quand est-ce qu'elle aurait été faite ?
19:45Est-ce que, vous voyez,
19:46est-ce que ça ne pourrait pas
19:46être quelque chose
19:47qui aurait été fait,
19:47en fait,
19:48en dehors presque du cadre ?
19:49Le problème,
19:50c'est qu'on a juste
19:51des ossements,
19:51on n'a rien d'autre.
19:52On n'a pas d'autres
19:53éléments anatomiques.
19:55Je crois que les ossements
19:56ont été retrouvés
19:57très tardivement.
19:58Donc, il n'y a plus
19:59tout ce qui entoure
19:59les ossements.
20:01Normalement,
20:01lorsqu'on étudie
20:02un fracas osseux,
20:03on a quand même...
20:04On peut examiner
20:05une nécrose,
20:06une perte hémorragique,
20:08enfin,
20:08une perte d'élasticité
20:10de la peau,
20:10un écartement des tissus.
20:12Là,
20:12si on a juste l'os,
20:14en fait,
20:14ça va être plus dur
20:15de dater.
20:15Ça va être plus dur
20:16de dater.
20:17Et je crois qu'on les a retrouvés
20:17assez tardivement.
20:18Il est possible
20:19que la lésion n'ait aucun lien
20:20avec le drame
20:24du petit Émile
20:24et que c'est finalement
20:25une lésion qui aurait pu
20:26être faite avant,
20:27on va dire,
20:28je ne sais pas,
20:28entre ses zéros
20:29et ses un an,
20:29il aurait pris un coup,
20:30il aurait survécu à ce coup.
20:32Non,
20:32parce que lorsque vous subissez
20:34une lésion
20:35qui touche un os,
20:37ensuite,
20:37il va y avoir
20:37une reconstruction de l'os.
20:39Et ça,
20:39ça se voit.
20:40Ça se voit au scanner,
20:41au microscope,
20:42ça se voit
20:43si votre lésion,
20:45elle est antérieure.
20:46Donc,
20:46si c'était une vieille blessure,
20:48on l'aurait su
20:49et ça aurait été
20:50un autre cas de pique.
20:50Il disparaît le 8 juillet
20:51et on retrouve
20:52sa boîte crânienne
20:54en mars,
20:548 juillet 2023,
20:55pardon,
20:56et on retrouve
20:57sa boîte crânienne
20:58en mars 2024.
21:00Ça fait 8 mois,
21:016 mois,
21:027 mois.
21:03C'est un tournant,
21:05Jacques-Charles Fonbonne.
21:05Alors,
21:06effectivement,
21:07ce rapport anthropologique,
21:08il a été rendu
21:09au début de l'année
21:10et c'est pour ça
21:11que les grands-parents,
21:13la tante et l'oncle
21:14ont été placés
21:15en garde à vue
21:16à l'époque
21:16en mars.
21:18Ça sort maintenant.
21:21Comment vous l'analysez ?
21:22Est-ce que c'est une stratégie
21:24aussi de la part
21:24des enquêteurs
21:25de dire
21:26on sort cette information,
21:28peut-être que les langues
21:29derrière vont se délier,
21:30peut-être que quelqu'un
21:31va vouloir parler ?
21:32Alors,
21:33il faut savoir
21:33par quel canal
21:35l'information
21:37a fuité.
21:39Légalement,
21:40les enquêteurs
21:40n'ont évidemment
21:41pas le droit
21:42de la faire fuiter.
21:42Il n'y a que le procureur
21:43de la République
21:43qui peut communiquer
21:45sur une affaire criminelle.
21:47Alors,
21:47est-ce que c'est par une voie
21:47journalistique
21:48que c'est sorti ?
21:50Je vous avoue
21:50que je n'en sais rien.
21:52Ce qui est intéressant,
21:54Julie,
21:54pour répondre
21:54à la première partie
21:55de votre question,
21:56c'est que ça crédibilise
21:59vraiment une hypothèse,
22:01on va dire une hypothèse criminelle
22:03ou au moins une hypothèse
22:05de domicile involontaire
22:07parce que rappelez-vous,
22:08il y a des éléments,
22:10notamment le fait
22:11qu'on l'a dit tout à l'heure
22:12que les vêtements du petit
22:14n'étaient pas souillés
22:14par la décomposition du corps.
22:17Il y a des éléments
22:17entomologiques
22:19qui laissent à penser
22:20qu'il est resté
22:21plusieurs semaines,
22:23éventuellement plusieurs mois
22:24dans un lieu fermé
22:25avant que le corps
22:26soit déplacé.
22:27On imagine
22:28que si cet enfant
22:31a été blessé
22:31par quelqu'un,
22:33il l'a été,
22:33on va dire forcément,
22:35mais en étant prudent,
22:36à l'intérieur du village.
22:37Il n'y aurait aucune raison
22:38pour qu'il parte
22:39de lui-même
22:40et qu'il soit ensuite
22:41rattrapé par quelqu'un
22:42dans les bois
22:43à l'extérieur du village,
22:45puis que le corps
22:45soit ramené
22:46dans un endroit
22:47clos
22:48dans lequel l'entomologie,
22:49c'est-à-dire les insectes,
22:51n'auraient pas pu
22:51faire leur travail
22:52chronologique
22:53pour ensuite
22:54être ressorti.
22:55qui, évidemment,
22:57on n'en sait rien,
22:58dans quel endroit,
22:59dans quelle maison,
23:00on n'en sait rien non plus,
23:02mais je dirais
23:02que ça paraît
23:03en termes de police scientifique
23:04et en termes d'enquête
23:05la chose la plus logique,
23:06c'est-à-dire un coup
23:07qui est porté
23:08à l'intérieur d'une maison,
23:10le corps,
23:11peut-être sur le lieu
23:12de l'accident
23:13ou de l'homicide,
23:14qui est conservé
23:15en tout cas
23:15dans des conditions
23:16qui démontrent
23:19qu'il n'a pas été mis
23:20tout de suite
23:20au milieu de la forêt,
23:22puis ensuite,
23:23à un moment
23:23où c'est plus calme,
23:24à un moment
23:24où les gendarmes
23:25ne sont pas là,
23:26quelqu'un qui en profite
23:27pour déplacer le corps
23:28et le déposer
23:29à peu près
23:30à l'endroit
23:30où on l'a trouvé,
23:31sachant que des animaux
23:32ont pu le déplacer,
23:33qu'il a pu faire,
23:34que le corps a pu faire
23:34quelque chose.
23:35En tout cas,
23:35on a la certitude
23:36donc que ce corps
23:37a été déplacé.
23:39C'est ce que nous dit
23:39le procureur.
23:40Le procureur dit
23:41qu'il n'a pas séjourné
23:42à l'endroit
23:42où on l'a retrouvé,
23:43il a séjourné ailleurs.
23:45Ce qui est intéressant aussi,
23:46c'est de poser la question,
23:47je vois qu'on a bientôt
23:48l'avocat du grand-père
23:51d'Émile,
23:52de la grand-mère
23:54d'Émile.
23:55Quand ces personnes
23:56sont placées
23:57en garde à vue,
23:57le grand-père,
23:58la grand-mère,
23:59le frère,
24:00le fils et la fille
24:02de Philippe et Anne Védovigny,
24:04tous les trois
24:04sont soupçonnés
24:05de domicile volontaire
24:06et recel de cadavres.
24:07C'est ce que nous dit
24:08le procureur.
24:09Donc, ce n'est pas rien.
24:10On ne les entend pas simplement,
24:12on ne les place pas
24:13en garde à vue.
24:14Alors, je ne sais pas
24:14si il faudrait voir,
24:16demander à Jacques-Courne,
24:17pourquoi on ne les place pas
24:18en garde à vue comme ça
24:18pour leur dire
24:20qu'on voudrait avancer
24:21un peu sur l'enquête.
24:22Les motifs,
24:22homicide volontaire,
24:23recel de cadavres...
24:2447 heures en garde à vue
24:25pour le grand-père.
24:26Oui.
24:28Libérés ensuite.
24:2847 heures de garde à vue.
24:29Pour compléter ce que dit Dominique,
24:31je dirais que ça peut être
24:32une technique d'enquête.
24:34C'est-à-dire qu'on se trouve,
24:36quand je dis on,
24:37ce sont les enquêteurs,
24:38se trouvent dans une situation
24:39où ils ont, on va dire,
24:42un doute sérieux sur quelqu'un.
24:45On va mettre à ce moment-là
24:46plusieurs personnes en garde à vue
24:47dont on considère
24:48qu'elles pourraient avoir
24:49participé à l'affaire.
24:51Évidemment, on les sépare
24:52pendant la garde à vue
24:53et c'est un coup de sonde.
24:57On va à la pêche,
24:58on jette la ligne,
24:58on va voir ce qui va remonter.
25:00On les entend
25:00et ensuite,
25:01il y a quatre enquêteurs,
25:02il y a un directeur d'enquête.
25:04Chaque fois qu'on aborde un sujet,
25:05on compare les réponses
25:07et on les interroge ensuite,
25:09chacun,
25:10à l'aune de ce qu'ont dit les autres.
25:11« Votre mari dit telle chose
25:14sur tel événement,
25:15qu'est-ce que vous en pensez ? »
25:17« Votre neveu, votre tante
25:19dit quelque chose,
25:20comment vous l'expliquez ? »
25:21À partir d'un certain moment,
25:23on peut avoir des contradictions
25:24et on va se servir
25:25de ces contradictions
25:26ou on va se servir
25:27du fait que quelqu'un
25:28va craquer en disant
25:30« Écoutez, je sais quelque chose,
25:31mais effectivement,
25:33il y a eu un incident,
25:34c'est involontaire,
25:35ça a mal tourné »
25:36et va essayer
25:37de donner une explication,
25:39soit, je dirais,
25:40pour libérer sa conscience
25:41parce qu'on est dans le cas
25:42de quelque chose
25:43qui est extrêmement émotif
25:45puisqu'il s'agit
25:46de la mort d'un enfant,
25:47on n'a pas affaire
25:48à des gangs criminels,
25:49donc les gens peuvent
25:50à un moment donné
25:51craquer,
25:53donner des éléments
25:54à partir de quelque chose
25:55qui va frapper leur émotion,
25:57qui va frapper leur imagination,
25:59qui va tout simplement
26:00faire appel à des notions
26:03qu'un adulte peut avoir
26:04vis-à-vis de la mort d'un enfant
26:06et que quelqu'un
26:07dise quelque chose.
26:08Là, ça n'est pas le cas.
26:0947 heures de garde à vue,
26:10je me tourne vers l'avocat,
26:12est-ce qu'ils peuvent
26:13à nouveau,
26:1447 heures pour les grands-parents,
26:15est-ce qu'ils peuvent
26:16à nouveau être placés
26:17en garde à vue ?
26:17Une heure.
26:18Est-ce qu'il reste
26:19rappelé les règles ?
26:20Exactement.
26:20En fait, il y a un délai
26:21de garde à vue
26:22qui, selon la faction,
26:23reprochait peut-être
26:23de 48 ou 96 heures,
26:25là en l'occurrence 48 heures,
26:26et donc,
26:27ils peuvent le remettre
26:27en garde à vue pour une heure.
26:29Donc, le temps de notifier le droit
26:30à faire une audition express,
26:32faire venir l'avocat,
26:33c'est fini.
26:34Maintenant,
26:35ce n'est pas pour autant
26:39qu'il se rend compte
26:39qu'il y a vraiment quelque chose.
26:40Il est convoqué directement
26:41devant le juge d'instruction
26:42pour ce qu'on appelle
26:43un interrogatoire
26:44de première comparution,
26:45une éventuelle mise en examen.
26:47Et là, l'enquête redémarre,
26:49même si la garde à vue
26:50n'est plus le terrain
26:51le plus propice
26:52pour entendre cette personne.
26:53On reviendra sur le profil,
26:54justement, de la famille,
26:56du grand-père,
26:57de la grand-mère
26:57qui ont été longuement entendues.
27:00Mais ce qu'on apprend aussi
27:01ce soir, Dominique,
27:03c'est qu'un témoin assure
27:05que trois personnes
27:06ont recherché Émile
27:08peu après,
27:09sa disparition.
27:11Alors, on est dans une histoire
27:12de minutes,
27:12de calcul de minutes.
27:14Il y a un voisin
27:14qui est assis au fond de sa cour.
27:16Je reprends nos confrères
27:17du Parisien
27:18qui ont révélé
27:18cette information ce matin,
27:20qui est assis au fond de sa cour
27:21et qui a sa tablette
27:23et qui voit Émile passer.
27:25Il est sûr que c'est lui
27:26qui donne un horaire
27:28vers 17h15
27:29à plus ou moins
27:30trois minutes près,
27:31trois minutes approximatives.
27:33Et puis, un moment après,
27:35le grand-père
27:35qui passe,
27:36Philippe Védovigny,
27:37dans le sens de la descente,
27:38dans cette ruelle du village.
27:41Donc, on est entre
27:43trois et sept minutes
27:45après qu'il a vu,
27:46que ce voisin
27:46a vu passer Émile.
27:48Alors, bon,
27:49c'est quand même assez précis,
27:51mais dans une enquête judiciaire,
27:52trois, quatre minutes,
27:53c'est long.
27:54c'est long.
27:56Ensuite, il y a Maxima
27:57qui passe,
27:58le fils de 16 ans
27:59et puis Marthe,
28:00la fille de 18 ans.
28:01Ce sont les deux enfants
28:02les plus aînés
28:03du grand-père.
28:08Là, on parle de l'oncle
28:10et de la tante d'Émile.
28:12Voilà, c'est un peu compliqué.
28:13Il y a dix enfants,
28:14il faut s'y retrouver.
28:15Et un moment après,
28:17eh bien,
28:18le voisin voit
28:19remonter le grand-père.
28:22Sept à dix minutes après,
28:24être passé,
28:25il repasse dans l'autre sens.
28:27Et à 17h30,
28:28un autre voisin,
28:29plus jeune,
28:30voit le grand-père,
28:32donc voit le grand-père aussi.
28:3417h30,
28:36la nouvelle de la disparition
28:37commence à courir dans le village.
28:4018h12,
28:41la grand-mère appelle
28:42la gendarmerie.
28:43Vous voyez qu'on est vraiment
28:44dans une histoire
28:45de deux minutes
28:46et là encore,
28:47on a l'avocat
28:49qui va nous dire,
28:50voilà,
28:51écoutez,
28:51à deux ou trois minutes près,
28:53qui peut être suffisamment précis
28:54pour dire
28:55monsieur Védovini
28:56est passé à 17h37
28:57plutôt qu'à 17h40
28:59et s'il est passé à 37
29:00plutôt qu'à 40,
29:01qu'est-ce que ça change ?
29:02Est-ce que c'est si important que ça ?
29:04Est-ce que ça prouve quelque chose ?
29:06Vous voyez,
29:06c'est quand même
29:07un peu compliqué
29:09de s'y retrouver dans tout ça.
29:11Mais donc,
29:11ce que ça dit,
29:12si je résume,
29:13c'est qu'il y a un témoin
29:14qui voit le grand-père,
29:15l'oncle et la tante
29:16partir à la recherche
29:17du petit Émile.
29:18Il y a d'abord Émile
29:19qui descend.
29:20Oui.
29:21Le grand-père,
29:22l'oncle et la tante.
29:23L'oncle et la tante
29:23qui descendent
29:24et qui rebroussent chemin
29:25quelques minutes plus tard.
29:26Et il revoit lui repasser
29:27le grand-père.
29:29Après ?
29:30Oui.
29:31Alors avec toujours
29:32le problème du témoignage,
29:33on sait bien
29:34en matière d'enquête
29:35que le témoignage
29:36est la chose la moins fiable.
29:38D'abord parce que
29:39les témoins n'ont pas,
29:40comme l'a dit Dominique,
29:41l'œil rivé sur leur montre.
29:43Ensuite,
29:44parce qu'à la lumière
29:45des événements,
29:48il peut y avoir
29:49des vérités
29:51qui reviennent,
29:52c'est-à-dire
29:52des témoignages
29:53de bonne foi
29:54mais des témoignages faux
29:55parce que les gens se trompent.
29:56Et puis parce qu'ils ont mal vu,
29:57parce qu'ils se trompent dehors,
29:58parce qu'ils se trompent de jour.
29:59Là, ce n'est pas le cas.
30:01Mais un témoignage
30:02qui n'est pas corroboré
30:04par un élément,
30:05par exemple,
30:05de police scientifique,
30:07c'est extrêmement fragile.
30:08Moi, je sais que
30:09sur les cold cases,
30:10sur les affaires
30:11qu'on avait en portefeuille
30:12et qui étaient très anciennes,
30:14je faisais reprendre
30:16à mes OPJ
30:17des affaires
30:18sur lesquelles
30:18on avait un point d'ancrage,
30:20c'est-à-dire
30:20un élément
30:21de police scientifique.
30:22On connaissait les causes,
30:23on connaissait les raisons
30:25de la mort.
30:26Sur une affaire
30:26très ancienne,
30:27quand vous n'avez
30:28que des témoignages,
30:29on n'y va pas.
30:30Parce qu'on sait que
30:31sauf miracle,
30:32on va perdre son temps.
30:33Donc c'est vraiment
30:33la difficulté
30:34pour les enquêteurs
30:35parce que que faire ?
30:36Est-ce qu'on prend
30:36ce témoignage en compte ?
30:38Si on ne le prend pas,
30:39je dirais que c'est
30:39une faute professionnelle
30:40s'il se révèle exact.
30:44S'il n'est pas
30:45un faux témoignage,
30:46c'est-à-dire
30:46pas quelqu'un qui ment,
30:47mais quelqu'un qui se trompe,
30:49à ce moment,
30:49on va partir
30:50sur une fausse piste
30:51et on va perdre
30:52énormément de temps.
30:53Difficile de savoir
30:53quelle valeur accordée
30:54à ce témoignage-là.
30:55Ça dépend des gens,
30:56de leur âge,
30:57de leur capacité
30:58à mémoriser les choses.
30:59Mais qu'est-ce qu'il raconte
31:00au fond ?
31:01Qu'est-ce qu'il raconte
31:02au fond de ces moignages ?
31:03Juste que le grand-père,
31:04une partie de la famille
31:05est partie rechercher
31:06Émile et qu'il est remonté derrière.
31:08Ça serait partie
31:08parce que je pense
31:09qu'il faut même
31:09le mettre au conditionnel.
31:10Oui, selon ce témoin.
31:12Tout à fait.
31:12Il est tout à fait possible
31:13qu'après,
31:14en ayant appris la disparition,
31:16de bonne foi,
31:17des gens en quelque sorte
31:18réinventent une histoire
31:20parce qu'ils ont
31:21des souvenirs partiels.
31:22Ils ont l'impression
31:22d'avoir vu quelque chose
31:24et d'être portant d'outil.
31:25Ils ont l'impression
31:26selon un raisonnement
31:26qui leur paraît cohérent
31:28mais qui n'est pas forcément
31:29l'expression des faits.
31:30Pauline Rogier-Tuber,
31:31est-ce qu'à l'heure qu'il est,
31:34on est donc plus de deux ans
31:35après la disparition
31:36du petit Émile,
31:37est-ce que la police scientifique
31:39dans ces délais-là
31:40généralement
31:40a fini d'analyser
31:41tous les éléments
31:45à sa disposition ?
31:46Est-ce que le crâne d'Émile
31:47a fini de parler,
31:48pardon,
31:48de parler aussi crûment ?
31:50Est-ce que les habits
31:50d'Émile
31:52ont fini de parler,
31:53de révéler leurs secrets ?
31:55Je pense
31:56qu'aujourd'hui,
31:58les examens
31:59sont terminés.
32:01Donc,
32:01je pense qu'effectivement,
32:03les gendarmes
32:04ont tous les résultats.
32:07Après,
32:08il peut y avoir
32:08d'autres analyses
32:09qui vont être effectuées
32:10s'il y a de nouvelles auditions,
32:12de nouvelles investigations,
32:13mais je pense
32:13que tous les éléments
32:14qui ont été retrouvés
32:15aujourd'hui
32:16ont tous été analysés.
32:17Ce qui est un peu surprenant,
32:19pardon,
32:20Pyrène,
32:20dans cette histoire,
32:21c'est l'évolution des choses.
32:24Quand le procureur Blachon
32:25nous parle de la découverte
32:26de la boîte crânienne d'Émile,
32:29on est un dimanche
32:30et il y a une conférence de presse
32:31assez vite,
32:32je crois que c'est le lendemain,
32:33où il nous apprend
32:34que le crâne porte
32:35des traces de griffure,
32:37sans doute provoquées
32:38par un animal,
32:40mais rien d'autre,
32:41pas de traces de coup.
32:43Et puis,
32:43quelques mois plus tard,
32:44nouvelle conférence de presse.
32:45Et là,
32:46on nous parle,
32:47le même procureur
32:47nous parle
32:48d'un coup violent
32:50à la face.
32:51Et puis ensuite,
32:51on découvre maintenant
32:52que c'est une lésion
32:55de petit aïe
32:56à proximité
32:57du zygomatique droit.
32:59Un coup porté
32:59avec une puissance
33:00importante,
33:03quand même,
33:04traumatisme,
33:06voilà,
33:06compatible
33:06avec une intervention humaine.
33:08Vous voyez,
33:08c'est évolutif.
33:09Donc, je me dis,
33:10est-ce que la police scientifique,
33:12oui,
33:12bon,
33:12Périne,
33:14évidemment,
33:14a raison,
33:15au bout de maintenant
33:16un an et demi,
33:17les vêtements,
33:17on sait tout sur les vêtements,
33:18on sait tout sur...
33:19Mais ce crâne,
33:20ça intrigue quand même.
33:21Est-ce qu'on va nous donner
33:22une quatrième évolution
33:24de l'affaire
33:24en nous disant,
33:25ben voilà,
33:26cette fracture,
33:27elle est maintenant
33:27ou cette lésion,
33:28elle a été provoquée ?
33:30Mais vous dites quoi ?
33:30Vous dites quand potentiellement,
33:31ils avaient toutes les infos
33:32dès le départ
33:33et qu'ils choisissent
33:34de les égréner
33:34ou est-ce qu'ils les découvrent
33:36au fur et à mesure ?
33:37Je me pose la question,
33:38je me pose la question,
33:39Julie.
33:39C'est vrai que tout était égréné.
33:41Au début,
33:41voilà,
33:42trauma facial,
33:43aujourd'hui,
33:44le fracas osseux,
33:46dans quelques temps,
33:46on saura,
33:47je pense,
33:48l'origine de l'objet
33:49qui a provoqué
33:51ce fracas osseux.
33:52Oui.
33:53Alors,
33:53est-ce que c'est une volonté
33:54des gendarmes
33:55ou est-ce que les résultats
33:57arrivent vraiment
33:57au fil de l'eau ?
33:59Est-ce que les journalistes
33:59ont les infos ?
34:00On sait que
34:01le journaliste du Parisien,
34:02Renan Folgoa,
34:03c'est vraiment
34:03l'un des meilleurs connaisseurs
34:05du dossier.
34:05C'est lui qui retrace
34:07chronologiquement
34:08ces informations.
34:09Mais alors,
34:09question,
34:10parce que vous avez l'habitude,
34:12est-ce que,
34:12généralement,
34:13vous retenez
34:14certaines informations
34:15sur certains cas,
34:17sur lesquels
34:17vous avez pu travailler ?
34:20Ah non,
34:20en police scientifique,
34:22nous,
34:22on va donner
34:22tous les résultats
34:23au service enquêteur
34:25ou au juge d'instruction.
34:26Oui,
34:26c'est ensuite
34:26le juge d'instruction
34:27qui décide.
34:28Nous,
34:28on fournit
34:30tous les résultats.
34:31Et question,
34:32pardon,
34:32peut-être à l'avocat
34:33qui nous attend,
34:34c'est,
34:34les parents,
34:37les grands-parents
34:38ne sont pas mis en examen,
34:39ni l'oncle,
34:39ni la tante.
34:41Et en fait,
34:41s'ils avaient été mis en examen,
34:43les avocats
34:43auraient eu accès au dossier.
34:45Est-ce qu'ils n'ont pas
34:46été mis en examen
34:47justement pour préserver
34:49la confidentialité
34:50du dossier ?
34:51Ça existe parfois.
34:51Alors,
34:52s'ils sont partie civile,
34:53ils ont accès au dossier.
34:54Ils ont accès au dossier ?
34:55Ils ont accès au dossier.
34:56Pour être tout à fait précis,
34:58l'avocat peut consulter
34:59le dossier au greffe
35:00du juge d'instruction,
35:01mais ne peut pas en avoir copié
35:02avant la première audition.
35:03Mais dès que les parties civiles
35:04ont été entendues...
35:05Et dedans, il a des expertises ?
35:06Il a tout ?
35:06Ah ben, il a tout,
35:07bien sûr, il a tout.
35:07Alors, il a tout ce qui a été,
35:09c'est un peu technique,
35:09mais tout ce qui a été coté
35:10par le juge d'instruction.
35:11C'est-à-dire que le juge d'instruction
35:12reçoit un certain nombre
35:13d'investigations
35:13et décide à un moment
35:14de les mettre dans le dossier.
35:15Il peut lui décider
35:16de retenir un certain nombre
35:17de temps,
35:18de ne pas les coter,
35:18de la commission rogatoire,
35:19de ne pas les coter,
35:20en nésitant que les investigations
35:21sont toujours en cours.
35:22Et quand il estime
35:22que la commission rogatoire
35:23en cours,
35:24ça veut dire que la mini-enquête
35:25dans l'enquête est terminée,
35:26il décide de la verser au dossier.
35:28Et là, l'avocat fait
35:28une demande de copie,
35:29va au tribunal,
35:30consulte le dossier
35:30et peut bien sûr
35:31avoir tous ces éléments-là.
35:32Donc l'avocat n'a accès à rien
35:33de ce qui est important.
35:35Pendant un certain temps,
35:36une fois que le juge d'instruction
35:37estime que l'investigation
35:38en question est terminée,
35:39il le verse au dossier
35:39et l'avocat y a accès.
35:40Encore une fois,
35:41à condition que ses clients
35:42soient participés.
35:42Vous vouliez poser la question
35:43directement à l'avocat ?
35:45Est-ce qu'il a accès
35:50à tout le dossier ?
35:51Maître Julien Pinelli,
35:52vous êtes avec nous.
35:54Je ne sais pas
35:54si vous entendez les débats.
35:57Dominique Rizet
35:58a une question pour vous.
36:00Est-ce que vous avez accès
36:01en tant que partie civile
36:02à tout le dossier ?
36:03Aux expertises dont on parle ?
36:05Est-ce que vous en aviez connaissance ?
36:06Est-ce que vous les suivez
36:09depuis le début,
36:10ces expertises ?
36:11Oui, monsieur Rizet.
36:12Effectivement,
36:13nous avons accès
36:14à l'intégralité
36:15des éléments de la procédure
36:16puisque notre statut
36:17de partie civile
36:18nous autorise
36:19à accéder au dossier,
36:20à disposer d'une copie
36:21de façon à ce que nos clients
36:23puissent en prendre connaissance.
36:26Comment, alors,
36:26vous, vous avez accès au dossier,
36:28donc vous aviez déjà
36:28cette information,
36:29mais comment la grand-mère
36:32du petit Émile
36:33réagit-elle face à cette info-là ?
36:36Donc, l'hypothèse privilégiée
36:38désormais,
36:39c'est une lésion
36:41suite à un coup
36:42porté volontairement
36:45contre Émile
36:46avec un objet ?
36:48Je me garderais bien
36:50pour ma part
36:51de rentrer dans le fond du dossier
36:52puisque c'est un peu
36:53ce qui nous place
36:54à inégalité,
36:55vous et moi,
36:55c'est que vous pouvez
36:56très aisément évoquer
36:59le fond de la procédure,
37:00notamment les éléments
37:01qui ont été révélés
37:02par voix de presse.
37:03En revanche,
37:03étant parti à la procédure,
37:05c'est rigoureusement
37:06interdit à l'avocat.
37:07Mais ça, chacun le sait.
37:09En revanche,
37:10pour une partie des éléments
37:11qui ont été,
37:12non pas dévoilés,
37:13mais repris,
37:14puisque le parquet
37:15d'Aix-en-Provence
37:15en était déjà fait
37:16très largement l'écho,
37:18ce sont des éléments
37:18dont nous avons connaissance
37:20depuis déjà un certain temps,
37:23qui en réalité
37:23n'ont rien de très nouveau.
37:25Ce que je note surtout,
37:26c'est les interprétations
37:27qui en sont faites.
37:29Et ce qui appelle,
37:30à mon sens,
37:30à peut-être davantage
37:31de prudence,
37:33j'entends beaucoup
37:33de propos péremptoires,
37:34non pas de votre part,
37:35puisque je suis un petit peu
37:36à les débats depuis quelques minutes
37:37et j'entends notamment
37:39les appels à la prudence
37:40qui sont lancés
37:40sur la fragilité
37:41d'un témoignage,
37:43sur les limites
37:43d'une expertise.
37:45Et s'agissant notamment
37:45de ce que vous évoquiez,
37:46à savoir de ce choc traumatique
37:48d'origine humaine,
37:50cela fait naturellement partie
37:52des options
37:52qui sont proposées.
37:53Sauf que,
37:54selon nos informations,
37:57selon nos informations,
37:58les infos du service
38:02police-justice de BFMTV,
38:04l'hypothèse
38:05que privilégiaient
38:07les grands-parents,
38:08c'était l'hypothèse
38:10d'un accident.
38:13Est-ce que cette piste-là,
38:14il la referme ?
38:17Absolument pas.
38:18Il n'y a pas d'option privilégiée
38:21du côté des grands-parents.
38:22Ça, je peux vous l'indiquer
38:23d'une façon parfaitement ferme,
38:25tout simplement parce qu'au contraire,
38:27et ma cliente notamment,
38:28sont extrêmement attentifs
38:30à l'évolution de l'enquête,
38:32n'ont pas d'idée arrêtée
38:33sur les circonstances
38:34dans lesquelles le petit Émile
38:35a perdu la vie
38:36et se garderaient bien même
38:38d'avoir une hypothèse définitive
38:40parce qu'au cours de la procédure,
38:42naturellement,
38:43ces derniers ont eux aussi
38:44établi des hypothèses
38:46qui ont parfois été démenties
38:47par les éléments de la procédure.
38:49Ces hypothèses étaient surtout
38:51pour eux des espoirs
38:52et pas simplement des recherches.
38:54Et vous comprenez bien
38:55qu'aujourd'hui,
38:56ils adoptent une posture
38:57beaucoup plus pragmatique
38:58qui consiste à recevoir
39:00ce qu'on leur donne
39:01en termes d'enquête
39:02et de pouvoir,
39:04à partir de là,
39:04élaborer,
39:06telle ou telle ou telle théorie.
39:09Mais il n'y a absolument pas
39:10de thèse privilégiée
39:12du côté de la famille Bédonini.
39:15Maître, est-ce que vos clients
39:16ont le sentiment
39:18d'être les suspects numéro un,
39:20d'être au cœur du dossier ?
39:22Est-ce qu'ils vous en parlent ?
39:23Est-ce qu'ils vous parlent,
39:25je ne sais pas,
39:25d'une sorte d'acharnement
39:26des enquêteurs
39:27ou de soupçons permanents
39:29des enquêteurs sur eux ?
39:31On a cette impression-là.
39:34Le fait qu'il y ait un soupçon
39:35de la part des enquêteurs,
39:37et on l'a évoqué tout à l'heure,
39:38le fait que notamment
39:39ils aient été placés
39:39en garde à vue,
39:41en toute objectivité,
39:42cela apparaît parfaitement logique
39:44au regard de la procédure
39:46et des éléments
39:46dont on dispose,
39:47encore une fois,
39:48compte tenu de la configuration
39:49des lieux,
39:51compte tenu des personnes présentes
39:52le jour de la disparition d'Émile,
39:54il aurait été absolument impensable
39:57que ma cliente notamment
39:59et son mari
40:00et de leurs enfants
40:01ne sont pas placés
40:02en garde à vue
40:02pour être entendus.
40:03C'était dans le droit fil des choses
40:05et c'est dans ce cadre-là
40:06qu'est intervenue
40:08précisément cette démarche
40:09à laquelle ma cliente
40:10s'est complètement pliée.
40:13Jusque là,
40:13il n'y a pas de difficulté
40:14et elle a parfaitement admis.
40:16Je ne pense pas aujourd'hui
40:16qu'on puisse considérer
40:18qu'il y ait des soupçons privilégiées
40:20sur telle ou telle personne
40:20dans le cadre de cette procédure.
40:22Mais pourquoi pour homicide volontaire
40:23et recel de cadavres alors ?
40:26Tout simplement parce que
40:28déjà dans le cadre d'une information,
40:29il est d'usage de privilégier
40:31un petit peu
40:31les qualifications les plus hautes
40:34quitte à redescendre ensuite.
40:36C'est une pratique,
40:36je pense qu'on pourra vous le confirmer
40:38également sur le plateau,
40:39assez habituelle.
40:40Et que parmi les hypothèses
40:42qui auraient pu être retenues
40:43et parmi les pistes
40:44qui ont pu être suivies,
40:46il y avait l'idée,
40:47évidemment,
40:48d'un homicide commis
40:49dans ces circonstances
40:51avec, à la suite,
40:53le recel du cadavre.
40:54Et la mise en cause
40:55qui pesait à cet instant-là,
40:56notamment sur ma cliente
40:58et son époux,
40:59naturellement,
40:59faisait l'objet
41:00de ces qualifications.
41:02Merci beaucoup.
41:03Merci, Maître Pineli.
41:06La cellule Émile reste active.
41:08Est-ce qu'il y a en permanence
41:10toujours des enquêteurs
41:11qui travaillent sur le dossier Émile ?
41:13Oui, et puis certainement
41:14un grand nombre d'enquêteurs.
41:16La gendarmerie enquête comme ça,
41:18c'est-à-dire qu'on met un maximum
41:20d'officiers de police judiciaire
41:22dans les débuts des investigations,
41:24puis, je veux dire,
41:25qu'on les maintient
41:27aussi longtemps que possible.
41:28Et ils font que ça ?
41:29Ou ils sont aussi sur d'autres dossiers ?
41:30Sur un dossier important,
41:31ils ne font que ça.
41:32Mais on peut avoir,
41:33pendant plusieurs années,
41:35un ou deux officiers de police judiciaire
41:37qui, à ce moment-là,
41:38font autre chose,
41:39mais qui restent sur l'enquête
41:40de façon à recueillir
41:41tous les éléments,
41:42aller à la pêche,
41:43en quelque sorte,
41:44de tout ce qui peut sortir
41:44dans la presse,
41:45de tous les témoignages.
41:46L'affaire de la petite Marion Wagon,
41:49la cellule a été active
41:52pendant plusieurs dizaines d'années.
41:55C'est une petite fille
41:56qui avait été enlevée.
41:59Je crois que c'était
41:59la section de recherche d'Agen.
42:00Agen, c'était la police judiciaire.
42:02Voilà, et ils l'ont tenue
42:03et ils l'ont tenue pendant longtemps.
42:04Ce qui est intéressant à dire.
42:05On a vu son visage
42:05sur des briques de lait
42:08dans toute la France,
42:09le visage d'un petit Marion Wagon.
42:11Ce qui est intéressant
42:11par rapport à ce qu'a dit
42:13l'avocat des grands-parents,
42:15c'est qu'une garde à vue,
42:16elle est motivée
42:18par une raison plausible
42:19de penser que la personne
42:20a commis les faits.
42:22Une raison plausible,
42:23ça peut être quelque chose
42:23d'extrêmement ténu.
42:25En revanche,
42:26à la fin de la garde à vue,
42:27comme le disait Dominique
42:28tout à l'heure,
42:29ils n'ont pas été mis en examen.
42:30Ça veut dire qu'a priori,
42:31il n'y a vraiment rien
42:32dans le dossier.
42:33Parce qu'on ne peut pas avoir
42:35la chose que Dominique évoquait,
42:38c'est-à-dire le fait
42:39de ne pas les mettre en examen,
42:41justement pour leur laisser
42:43à croire qu'ils n'ont rien fait
42:44s'ils sont les auteurs
42:45et qu'on ne s'intéresse plus à eux.
42:47Parce que ça les priverait
42:48à ce moment-là
42:48de l'accès au dossier
42:49et ça serait une faute de procédure.
42:51Est-ce qu'à ce stade,
42:53la police scientifique,
42:54vous ne travaillez pas vous
42:56sur le dossier,
42:57je le reprécise,
42:58mais est-ce que la police scientifique
42:59travaille toujours
43:00sur le dossier à votre avis ?
43:01Est-ce qu'elle continue
43:02des recherches sur le terrain ?
43:04Est-ce qu'on espère
43:05toujours retrouver des ossements ?
43:07Je pense qu'elle est associée
43:08à la cellule.
43:10Je pense que la police scientifique
43:12doit être associée
43:13à la cellule créée
43:13par la gendarmerie.
43:15Et dès qu'il y a
43:16un nouveau déplacement,
43:17un nouveau transport
43:17sur les lieux,
43:18la police scientifique
43:19est présente
43:20pour ramasser
43:23des tracés indices
43:23et pour faire
43:24toutes les analyses
43:25postérieures.
43:26Oui.
43:27De toute façon,
43:28je pense que jusqu'à la fin
43:29de l'instruction,
43:31la police scientifique
43:31est toujours associée.
43:33La gendarmerie appelle ça
43:33les techniciens
43:34d'identification criminelle.
43:35Il n'y a que qui sur une scène
43:37de crime interviennent,
43:39prennent les indices,
43:40font les sceller
43:41et ils sont évidemment
43:42toujours en lien
43:43avec les enquêteurs
43:43parce que, tiens,
43:45on a telle hypothèse
43:46et le responsable
43:47de la police technique
43:48et scientifique
43:48va dire non,
43:50c'est pas possible
43:50parce que c'est contredit
43:52ou au contraire,
43:53ça peut être corroboré
43:54par tel élément
43:55de police technique,
43:56par tel élément
43:57de police scientifique.
43:57Qu'est-ce qu'ils pourraient faire
43:59là, à ce stade,
43:59basculer l'enquête ?
44:01Les témoignages,
44:02vous disiez,
44:02on n'y accorde pas
44:03trop de valeur.
44:04On peut y accorder une valeur
44:05à partir du moment
44:06où ils sont corroborés.
44:10Rappelez-vous
44:10l'affaire Jubilard,
44:11par exemple,
44:11il y avait un témoignage
44:12qui était intéressant
44:13où les témoins disaient
44:14la voiture est garée
44:14dans l'autre sens.
44:16On peut imaginer
44:16qu'ils se sont trompés
44:18mais là,
44:18il y a une raison objective,
44:20c'est qu'ils savent tous
44:21que la victime
44:22garait la voiture
44:23dans un certain sens
44:24parce que les enfants
44:25ne pouvaient pas descendre
44:27Ça, si vous voulez,
44:28c'est un élément
44:29un peu objectif
44:30qui va corroborer
44:31un témoignage.
44:32S'il y en a plusieurs
44:33qui disent la même chose,
44:34des personnes
44:34qui ne se connaissent pas,
44:35qui n'ont pas pu discuter
44:36entre elles
44:37après les faits,
44:38on va pouvoir
44:39y accorder quelque chose.
44:40Mais ce qui va pouvoir
44:41donner, à mon avis,
44:42un élément,
44:42c'est soit un élément
44:44de police technique
44:44ou scientifique,
44:46soit un remords,
44:47soit un aveu,
44:48soit quelqu'un.
44:49Le témoin qui va sortir
44:49du chapeau,
44:50ça sera quand même
44:51un peu difficile.
44:51Ou une erreur,
44:52une erreur humaine
44:53commise par quelqu'un.
44:55Merci beaucoup.
44:57Vous pouvez ajouter
44:58un mot ?
44:58Non, je dis
44:59s'il y a un seul meurtrier
45:00et le seul à savoir,
45:01mais s'il y a plusieurs personnes,
45:02elles peuvent dénoncer
45:03le meurtrier.
45:05On suivra les suites
45:06de cette enquête
45:07autour de la disparition
45:09du petit Émile.
45:10Merci beaucoup
45:11à tous les quatre.
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