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  • il y a 7 heures
Au 80e jour de guerre au Moyen-Orient ce lundi 18 mai, les tensions sont toujours présentes dans la région. Washington met la pression sur Téhéran pour conclure un accord: Donald Trump a prévenu hier qu'il ne "restera plus rien" de l'Iran si le pays n'accepte pas les négociations.

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00:00Et il y a également sur le détroit d'Hormuz cette annonce, il y a quelques instants qu'on vous
00:04rappelle, l'Iran qui annonce officiellement la création d'un organisme chargé de gérer le détroit.
00:11Voilà ce que dit le Conseil suprême de la sécurité nationale, Manel Emir Khan.
00:15Alors c'est vrai que depuis plusieurs jours et plusieurs semaines, l'Iran mettait en place une structure avec un
00:22immeuble, un site internet, des personnels pour institutionnaliser tout ça.
00:26Et aujourd'hui, l'Iran bascule encore dans autre chose. Ils disent voilà, ça y est, les choses sont figées.
00:31Oui, ils basculent dans autre chose. Ils commencent leur communication, ils commencent à prendre contact avec ces armateurs.
00:37Ils ont lancé leur compte Twitter en disant suivez-nous, on vous donnera toutes les informations.
00:41Donc ils sont en train de, quand ils disent on se prépare à l'après, c'est vraiment cette espèce
00:46de relation bilatérale à établir avec les utilisateurs du détroit.
00:50Et de l'autre côté, une équipe technique, a priori, qui la semaine dernière se serait entretenue avec les Omanais,
00:58parce qu'ils savent aussi très bien que seuls, ils ne pourront pas.
01:01Ils doivent quand même partager ce détroit avec les Omanais et c'est pour ça qu'ils démultiplient les communications
01:06vis-à-vis des Omanais.
01:06Sauf que, moi je pense que nous on a le prisme d'utilisateur de ce détroit, avec effectivement les flux
01:15qui passent là, mais il y a le prisme des producteurs en fait, qui sont dépendants de ce détroit et
01:21qui sont dépendants du Golfe Persique.
01:22D'ailleurs, c'est intéressant, ils appellent cet organisme l'organisme du détroit du Golfe Persique et non pas le
01:29détroit d'Hormoz en anglais.
01:31Donc, c'est pour montrer vraiment que tout le Golfe Persique va être sous le contrôle quelque part de cette
01:41porte de sortie et d'entrée.
01:44Et le problème, c'est que ce n'est pas l'Iran, c'est les gardiens de la révolution.
01:47C'est la partie la plus radicalisée de ce régime qui est en train d'imposer sa volonté sur la
01:53région.
01:54Est-ce que ces pays de la région vont l'accepter au même titre que les armateurs ?
01:58C'est vraiment deux niveaux différents. Les armateurs peuvent être prêts à payer, les consommateurs peuvent être prêts à payer.
02:05Mais la question géopolitique et géostratégique de cette région par rapport à ce détroit et au contrôle des gardiens de
02:12la révolution reste quand même en suspens.
02:15Alors justement, la réaction des pays de la région, on va la demander à Théo Bacillana parce qu'il est
02:19sur place.
02:20Alors que cette annonce vient de tomber, comment peuvent réagir les pays qui sont autour de vous, vous qui vous
02:25trouvez au Qatar ?
02:27Et on a entendu en plus tout à l'heure un représentant de la marine marchande qui dit au moins
02:30ça permettra de faire sortir les bateaux.
02:36Exactement, vous l'avez dit, ce compte qui a tout juste été créé avec cette publication, je me permets de
02:41la lire.
02:41Donc ce compte officiel est désormais en ligne.
02:43Suivez-nous pour des mises à jour en temps réel sur les opérations du détroit d'Ormus et ses derniers
02:49développements.
02:50Alors ici, il y a des réactions, mais on parle d'Iranien qui parle d'un nouveau mécanisme.
02:55Mais cela fait en réalité plusieurs jours qu'il est déjà appliqué à certains pays.
02:59On pense notamment à la Chine, le Japon ou encore le Pakistan.
03:03Une annonce qui a pour objectif, encore une fois, d'officialiser aux yeux de tous un processus de contrôle iranien
03:10de ce passage maritime.
03:12Alors quelles seront précisément les conditions de ce mécanisme ?
03:16Eh bien nous sommes désormais habitués.
03:18Il faut coopérer avec l'Iran.
03:20Traduction, payer des droits de passage qui peuvent atteindre les 2 millions de dollars.
03:24Puis entretenir de bonnes relations diplomatiques avec l'Iran.
03:27Une condition primordiale puisque Téhéran a d'ores et déjà prévenu le détroit d'Ormus,
03:33restera fermé par exemple aux pays associés à l'opération militaire des Etats-Unis.
03:38Ce nouveau mécanisme de transit payant géré par les Iraniens n'est pas passé inaperçu non plus chez les Iraniens.
03:45Puisque certains pays sont déjà en train de discuter avec l'Iran pour pouvoir eux aussi franchir ce passage maritime.
03:52Dernière précision importante que je peux vous donner.
03:56L'Iran affirme que ce mécanisme ne concernera que le passage de navires commerciaux.
04:00Parce que, preuve en est, un bateau armé chinois allié des Iraniens situé proche du détroit d'Ormus avait été
04:07arraisonné jeudi dernier par les gardiens de la Révolution.
04:10– Théo Bassilana pour ses premières réactions avec Nils Cambier dans les pays du Golfe.
04:16Après donc quelques minutes seulement, merci beaucoup Théo, cette annonce qui est une annonce forte.
04:20On se demande Patrick Sos, comment les Américains peuvent laisser passer un affront pareil quand même ?
04:26– Ils le savent dès le départ, c'était de toute façon la première conséquence.
04:32Ça avait été annoncé par les agences de renseignement, première conséquence d'une opération militaire américaine.
04:37– Et au début, Donald Trump d'ailleurs a dit que ce n'est pas si grave.
04:38– Oui, ce n'est pas si grave.
04:40Il a dit ensuite, au bout de 48 heures, que finalement, il allait enlever son opération,
04:45enfin en terminer avec son opération projet liberté de déblocage de ce détroit d'Ormus.
04:50La dernière déclaration en date, c'est celle de Marco Rubio, ce week-end face à la télévision américaine,
04:56disant, en fait, nous on était prêts à poursuivre, c'est simplement qu'à la demande, disons le bon dos…
05:01– À poursuivre le projet liberté.
05:02– Oui, à la demande des médiateurs pakistanais, nous avons fait un geste de bonne volonté.
05:08Le fait est que, comme c'était expliqué quelques instants plus tôt sur ce plateau,
05:13et également par votre invité qui est vraiment au cœur du projet parce qu'il représente les marins,
05:19il va y avoir une situation de facto.
05:22Est-ce qu'on se dirige notamment vers un péage pour rentrer, c'est-à-dire sur le rail iranien,
05:27et une navigation libre pour sortir, c'est-à-dire dans les eaux omanaises ?
05:31Je note, moi, comment la création, enfin ils annoncent la création d'un organisme,
05:36est-ce que c'est un organisme qui est purement iranien,
05:39ou est-ce qu'ils comptent cogérer ça avec les omanais ?
05:43Je rappelle aussi, parce que dans le maelstrom de déclaration de Donald Trump,
05:46vous vous souvenez qu'à un moment, c'était dit, et partons sur une co-gestion américaine ou iranienne.
05:50On l'avait oublié.
05:51Si il y a un peu d'argent à se faire, quelques dollars à récupérer.
05:54Voilà.
05:54Ça a duré une nuit, non ?
05:55Ça a duré une nuit, mais le fait est que, comme d'habitude,
05:59les Iraniens essayent de montrer qu'eux sont dans le droit international.
06:04Ils disent, c'est justifié, on ne pouvait pas faire autrement.
06:07Et donc, une tentative de déblocage de cette situation,
06:10qui maintenant a été signée, tamponnée par nous-mêmes,
06:13eh bien, ce serait un véritable acte de guerre.
06:15Mais c'est la logique iranienne.
06:17Sébastien Ragnon.
06:17Oui, c'est la politique du fait accompli, finalement.
06:19C'est ça.
06:19Parce qu'en fait, tous les bateaux qui veulent de la sécurité,
06:22ils sont prêts à payer quelque chose pour obtenir cette sécurité.
06:25Alors, c'est là où les Iraniens jouent assez finement.
06:28C'est-à-dire qu'ils leur garantissent la sécurité qu'ils ont eux-mêmes mis en péril,
06:36si vous voulez, et pour obtenir cette sécurité, d'obtenir un paiement.
06:41Donc, en fait, pour les Iraniens, c'est tout bénéfice.
06:44En revanche, et c'est là où je crois qu'il y a deux aspects,
06:47il y a deux types de bateaux qu'il faut bien souligner.
06:49C'est-à-dire qu'il y a des bateaux exportateurs de brutes,
06:52et ceux-là ont des moyens, et ces moyens seront...
06:55Enfin, ces paiements de taxes, etc., sont répartis sur toute la chaîne d'approvisionnement.
07:01La question est de savoir, pour tous les pays du Golfe,
07:04et c'est là où c'est vraiment un gros problème pour ceux qui sont,
07:06comme le Qatar, le Bahreïn, etc.,
07:08qui n'ont pas d'autre voie de sortie que le Golfe Persique,
07:11qu'est-ce qu'il va falloir faire pour eux, pour obtenir des importations ?
07:15Parce que c'est aussi des bateaux, des pays qui sont extrêmement dépendants
07:18des importations de l'étranger, notamment en nourriture, en engrais, etc.,
07:24pour pouvoir faire fonctionner toutes les économies des Émirats,
07:27du Bahreïn, du Qatar, du Koweït, etc.
07:30Ils ont besoin d'importations.
07:32Et là, qu'est-ce qui va se passer ?
07:33Et quelle est la décision qui sera prise par les Iraniens ?
07:37Mais petit à petit, on voit bien les Iraniens mettre en place leurs procédures,
07:41qui, face à, finalement, un monde relativement uni au départ dans cette guerre,
07:48pour dire non à cette nouvelle situation,
07:52désormais, chacun agit en fonction de ses propres besoins,
07:56en fonction de ses propres intérêts.
07:57Et on voit bien, là, vraiment, le jeu, je vous dis,
08:00surtout des pays d'Asie, qui jouent chacun pour soi.
08:03On téléphone à Téhéran et on laisse passer nos bateaux,
08:06puisque, finalement, d'un point de vue multilatéral, rien ne fonctionne.
08:10Donc, c'est le bilatéral qui triomphe, et c'est le chacun pour soi.
08:12C'est le bilatéral qui triomphe, et c'est le bilatéral qui triomphe,
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