- il y a 3 mois
- #faceabockcote
Mathieu Bock-Côté propose un décryptage de l’actualité des deux côtés de l’Atlantique dans #FaceABockCote
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:0019h sur CNews, merci d'être avec nous pour face à Mathieu Boc-Côté.
00:04Cher Mathieu, bonsoir.
00:06Bonsoir Arthur de Vatrigan, ravi de vous retrouver.
00:08Mais que fais-je ?
00:11L'incorrect, le trumpisme peut-il réveiller l'Occident ?
00:15Évidemment, à la une de l'incorrect.
00:19Le point sur l'information, c'est avec Sandra Chiumbo.
00:22Bonjour Sandra.
00:23Bonjour Elliot, bonjour à tous.
00:25À la une, la cathédrale Notre-Dame est en alerte.
00:27Une lettre anonyme évoquant un risque d'attentat ce week-end a été découverte hier.
00:32Le message appelait à ne pas ouvrir les portes du lieu de culte,
00:35car des couteaux y avaient été cachés pour, je cite, faire un carnage.
00:39Mais après inspection, la décision a été prise de ne pas évacuer le bâtiment religieux.
00:43Un match de football sous haute tension se joue en ce moment à Oslo,
00:46Norvège-Israël en qualification au Mondial 2026.
00:49À quelques heures du coup d'envoi, des centaines de personnes ont manifesté
00:52et marqué leur soutien à la cause palestinienne.
00:54Des sifflés ont ensuite retenti pendant l'hymne israélien.
00:58Et la sélection a été huée.
00:59Et puis le Hamas ne participera pas à la signature officielle de l'accord de cesser le feu à Gaza
01:04et promet de repousser l'agression si la guerre reprend.
01:07Le mouvement palestinien s'attend à des négociations plus complexes
01:10pour la deuxième phase du plan Trump.
01:12Il prévoit notamment le désarmement.
01:14C'est hors de question et non négociable selon un responsable.
01:17Merci beaucoup Sandra pour le point sur l'information.
01:20À la une de face à Mathieu Bocoté, affligeante, tragicomique, déconnectée.
01:26La classe politique se couvre-t-elle de ridicule en tentant de protéger leur poste
01:32au lieu de revenir aux urnes, tous sous le regard de Français exaspérés ?
01:36C'est la question que bon nombre de spécialistes se posent après cette semaine complètement folle
01:40aboutissant à la reconduction de Sébastien Lecornu, décryptage dans un instant.
01:45Avec vous, cher Mathieu, une crise dans la crise, celle du parti Les Républicains,
01:51un parti qui se déchire pour savoir si, oui ou non, la droite républicaine doit intégrer le gouvernement,
01:57ne pas l'intégrer mais soutenir sans en faire partie,
02:00ou le censurer.
02:01La réunion ce samedi a viré au psychodrame chez les LR.
02:05C'est qui le patron ?
02:07Éléments de réponse dans cette émission.
02:08Enfin, vous recevez ce samedi Cyril Dalmon,
02:10directeur de recherche pour les questions numériques à l'Institut Thomas More.
02:14Un sujet sous-traité médiatiquement pourtant en combien important.
02:17L'Europe envisage-t-elle vraiment une sorte de passe numérique pour ses concitoyens ?
02:23Quels sont les dangers d'une telle mesure ?
02:25On en parle dans cette émission.
02:28Voilà le programme de face à Mathieu Bocoté.
02:31Chers Mathieu, tous conviennent que le présent spectacle politique est profondément affligeant.
02:36Tous, sauf peut-être les politiques eux-mêmes,
02:39qui n'ont peut-être pas conscience de l'image qu'ils renvoient à la population.
02:43Comment expliquez-vous, Mathieu Bocoté, ce décalage ?
02:47Alors, je vous avouerai, je parlerai ce soir à la manière d'un amoureux désenchanté de la politique.
02:53Je fais partie de ceux qui, depuis toujours, dirais-je, suivent la politique avec passion.
02:58On voit dans les querelles des partis, il voit dans les querelles des hommes et des femmes qui s'affrontent autre chose qu'une simple lutte pour le pouvoir.
03:05J'y voyais des idéaux s'affronter.
03:07J'y voyais des idéologies débattre entre elles.
03:11J'y voyais le destin d'un pays se jouer.
03:13Et là, qu'est-ce qu'on voit depuis, je veux dire depuis quelques années, mais franchement depuis quelques semaines et plus encore depuis quelques jours,
03:21la politique dans sa nudité.
03:23La politique dans sa nudité, c'est-à-dire le désir de conquérir le pouvoir pour lui-même
03:31et sans d'autres raisons que de l'exercer pour ensuite ne pas le perdre.
03:35L'exercer pourquoi?
03:37Rien de particulier.
03:38C'est ce qu'on peut rappeler du néo-chirachisme, c'est-à-dire une fois qu'on a obtenu le pouvoir, on n'en fait rien.
03:42Bon, donc on se retrouve devant une caste qui, devant nous, ramène la politique à une forme d'affrontement primaire
03:50pour la conquête de postes et des avantages qui accompagnent ces postes,
03:54mais qui est complètement déchargée de toute dimension historique, sociologique, idéologique, philosophique.
04:01Donc, il s'entretue entre eux, mais pour la plus basse part de l'existence humaine, les postes.
04:06Alors, je précise, la politique en tant que telle ne se réduit pas à ça.
04:11En d'autres temps, et même de gauche comme de droite, voyons les choses largement,
04:15si vous étiez de gauche autrefois, vous vous engagez en politique pour transformer la société à partir d'un idéal, même d'une utopie.
04:22Alors, le conservateur que je suis ne se reconnaît pas dans cette vision du politique,
04:27mais je vois néanmoins là-dedans cette idée qu'on s'engageait pour quelque chose qui nous dépassait.
04:31Il y avait d'ailleurs, vous le noterez, le lyrisme en politique, il y avait une part romantique en politique.
04:36Si vous chantez l'international, ce n'est pas mon champ de référence, mais c'est quand même magnifique l'international.
04:41Ça porte, alors comme je dis, ce n'est pas mon champ de référence, mais ça porte quand même une certaine conception de l'émancipation humaine.
04:47À droite, vous aviez dans l'engagement politique aussi une forme de romantisme,
04:52mais double, c'est-à-dire l'homme romantiste qui consiste à sauver son peuple parce qu'on a toujours peur de sa dissolution,
04:58parce qu'en ce monde, depuis la chute de Rome, nous savons que toutes les sociétés humaines finiront par périr
05:02et nous ne voulons pas voir notre peuple périr de son vivant.
05:05Donc, il y avait une dimension conservatrice et aussi, quelquefois, tout simplement, une quête de puissance pour son pays.
05:10Dans la joute du monde, il est bien que son pays puisse défendre ses intérêts et tailler sa place.
05:16Alors, qu'est-ce qu'on voit aujourd'hui?
05:17Eh bien, le pouvoir est ramené à sa dimension la plus primitive.
05:23Je prendrai une réflexion presque en deux temps, de ce point de vue,
05:26en citant deux auteurs qui ne sont pas de la même spécialité,
05:30mais qui ont décrit les choses de la même manière.
05:32D'abord, Tolkien.
05:33Tolkien, pour ceux qui ont eu le plaisir de lire Le Seigneur des Anneaux
05:37ou qui l'ont vu à l'intérieur, les films sont tout à fait remarquables.
05:40Qu'est-ce que c'est dans Tolkien?
05:41C'est à quel point le pouvoir rend les hommes fous.
05:44L'anneau de pouvoir fait en sorte que même le plus généreux des hommes
05:47peut devenir une sale petite crapule prête à poignarder son prochain
05:51ou à chaparder son cousin
05:53ou à... imaginez tout ce qu'on peut faire
05:55parce que le pouvoir rend fou, tout simplement,
05:58parce que la quête du pouvoir anéantit tout ce qu'il fait, tout ce qu'a d'humain en l'homme.
06:03Ou, autre auteur, Marie-Estelle Dupont, qui est sur Europe 1
06:06et qui, elle, dans des écrits, et dans une émission, je crois,
06:09il y a peut-être cette semaine ou la semaine d'avant,
06:12disait, le propre parieur de la politique, c'est en partie d'attirer la structure de notre société,
06:17fait qu'on attire des personnalités pathologiques en politique.
06:19Donc, globalement, la politique n'est pas faite pour attirer des gens équilibrés.
06:23Et c'est cette réflexion que j'aimerais développer parce qu'elle est globalement vraie.
06:27Alors, on pourrait dire, pour le meilleur,
06:29le général de Gaulle, dans l'histoire, n'est pas un homme équilibré.
06:32C'est le moins qu'on puisse dire.
06:32Quand on se prend pour la France et qu'on a six ans,
06:34c'est que, manifestement, il y a quelque chose qui n'est pas normal dans notre cerveau.
06:37Mais ça fait qu'on est capable de porter la libération de son pays
06:40quand les circonstances historiques sont tragiques.
06:42Mais, de l'autre côté, dans sa part non-gaulienne,
06:45dans sa part, si je peux me permettre, allons-y plus loin,
06:47même avec des gens que nous aimons aujourd'hui,
06:49Philippe de Villiers est un créateur génial,
06:52c'est un poète de génie,
06:53c'est un politique qui transfigure tout ce qu'il touche,
06:55mais je ne crois pas que c'est un homme équilibré.
06:57Heureusement, d'ailleurs.
06:58Il vous regarde.
06:59Cher Philippe, bonsoir.
07:00Je pense que le génie de Villiers
07:02tient justement dans le fait que c'est une personnalité exubérante
07:04qui déborde de partout et qui est créateur profondément.
07:07Villiers n'est pas exactement ce qu'on pourrait appeler
07:09un fonctionnaire territorial, centriste, éterne,
07:12avec des habits beiges fripés.
07:15On est devant quelque chose d'autre.
07:18Alors, le génie de la politique,
07:19c'est les personnalités qui transfigurent tout.
07:21Ou alors, ou alors, dans la part toxique de la politique,
07:24ce sont des gens, vous savez, on dit quelques fois
07:25que la politique, c'est là où vont ceux qui désiraient être célèbres
07:27mais qui n'étaient pas assez beaux pour être des rock stars.
07:29Et j'ai quelques fois l'impression,
07:30regardant la politique, de voir effectivement
07:33des gens qui sont attirés par ce milieu
07:34qui, par définition, attirent des personnalités trop.
07:37Donc, premièrement, vous vous lancez en politique.
07:40Vous avez l'illusion que vous allez peser
07:42sur le sens de l'histoire.
07:43C'est quand même déjà pas rien.
07:45C'est-à-dire, vous arrivez et vous conseillez
07:46que le sens de l'histoire va basculer
07:48parce que vous vous en mêlez.
07:49Ce qui implique, par ailleurs, le désir de contrôler
07:51non seulement votre propre vie,
07:52mais de contrôler celle des autres.
07:54C'est toujours compliqué.
07:55Déjà, vouloir contrôler la vie des autres,
07:57que ce soit par un règlement, une norme,
07:59une taxe, une loi,
08:01ça témoigne déjà d'un certain désir un peu trouble.
08:03C'est-à-dire, non seulement je sais ce qui est bon pour moi,
08:05mais je sais ce qui est bon pour vous,
08:06même si je vais appeler ça la cité.
08:08De la même manière, c'est un métier fondé
08:10sur la possibilité de l'élimination de son prochain.
08:12C'est-à-dire, si vous arrivez candid,
08:13persuadé de la bonne nature des êtres humains,
08:16vous serez égorgé politiquement assez rapidement.
08:18Vous serez condamné à la décapitation symbolique
08:21ou juridique ou morale très rapidement.
08:22C'est un métier où, pour se maintenir sur le terrain,
08:25il faut en permanence trahir ses amis.
08:27C'est-à-dire, si vous ne trahissez pas suffisamment,
08:29très rapidement, vous aurez le destin
08:31d'un cadre oublié du Parti socialiste
08:33unifié des années 70.
08:35Ce qui n'est pas exactement un destin souhaitable,
08:36vous serez une forme de soumis chez le rocard.
08:39Une fois que vous réussissez à conquérir le pouvoir,
08:41quel qu'il soit président de conseil régional,
08:44président de je ne sais quel conseil départemental
08:45ou le vrai pouvoir,
08:46vous n'avez d'ailleurs qu'une seule obsession,
08:48ne pas le perdre.
08:50Ne pas le perdre.
08:50Et pour cela, vous serez prêt à toutes les contorsions,
08:53tous les reniements,
08:54les convictions que vous brandissiez la veille
08:56et que vous les sacrifiez le lendemain.
08:57Pourquoi ?
08:58Parce que vous devez conserver le pouvoir.
08:59Et vous avez toujours dans votre cerveau
09:01une petite machine à fabriquer une rhétorique
09:02qui dit que vous devez conserver le pouvoir
09:04pour le bien commun, l'humanité,
09:06pour la noblesse de l'être humain.
09:07Vous avez toute une série de raisons
09:08pour rationaliser vos trahisons à répétition.
09:11Mais fondamentalement, c'est un métier fondé
09:12sur le désir de contrôler autrui,
09:14d'éliminer son prochain,
09:16de renier en permanence ses convictions
09:18et plus encore de formes de logique
09:20sous-darwinienne.
09:21C'est-à-dire, globalement,
09:22les gens sont appelés à s'éliminer,
09:25mais ce n'est pas nécessairement
09:26les meilleurs qui l'emportent.
09:27Alors, il y a un élément
09:28qu'on pourrait ajouter à ça,
09:30puisque le pouvoir, effectivement,
09:31a une dimension pathologique.
09:33Il n'a pas qu'une dimension pathologique,
09:34évidemment, mais je mets l'accent sur ça.
09:36On s'est dit à travers l'histoire,
09:37oui, il faut donc des contre-pouvoirs
09:39pour contrôler ces individus bizarres
09:40qui veulent contrôler la vie des gens.
09:42Sauf que ce qu'on avait oublié,
09:44c'est que les contre-pouvoirs
09:44attirent aussi leur catégorie
09:46d'individus toxiques et exagérément ambitieux.
09:49Le juge qui se prend pour la norme
09:50et la vertu.
09:51Le journaliste qui se prend pour inquisiteur
09:53et figure de transparence et de vérité.
09:55Le fonctionnaire qui se prend pour la norme
09:57alors qu'il n'aime rien tant
09:58que réglementer votre vie.
10:00Autrement dit, le même des contre-pouvoirs
10:01et le pouvoir, quel qu'il soit contre
10:03ou pas contre, dans les faits,
10:04a une dimension pathologique.
10:06Et c'est cette dimension pathologique
10:07qui remonte à la surface aujourd'hui.
10:08On est entouré par des fous.
10:10On peut le dire comme ça aussi.
10:11C'est plus simple, mais c'est pas faux.
10:13Vous parliez du monde politique ou médiatique?
10:15Parce que j'ai eu un doute.
10:15Sachez que le monde médiatique
10:16participe au monde politique.
10:19Cet exercice n'est-il pas vain
10:21dans un contexte où le pouvoir conquis
10:23ne l'est peut-être que pour quelques jours,
10:25même quelques heures.
10:26Et c'est ça qui nous marque cette semaine.
10:28Exactement.
10:29Toute cette agitation.
10:31Des gens qui se battent dans l'espoir
10:32d'être ministre 24h, 48h, une semaine
10:35s'ils ont une grande longévité.
10:37Être ministre aujourd'hui une semaine,
10:38c'est l'équivalent d'être un centenaire
10:40de vies biologiques.
10:41C'est quand même un peu étonnant.
10:43Alors, tout ça est vain, absolument.
10:44Alors, il y a deux choses qu'on doit retenir,
10:46cela dit, qui sont un peu moins vaines.
10:48Le premier élément, c'est qu'à travers la lutte
10:50pour les carrières des uns, des autres,
10:52et tous ceux qui veulent avoir leur petit poste,
10:54leur gloriole ministérielle temporaire,
10:56au-delà de ça, qu'est-ce qu'on voit?
10:58On voit une caste, dont j'ai souvent parlé ici,
11:01la caste, l'extrême centre, la technostructure,
11:03qui, elle, redoute une chose plus que tout,
11:06c'est l'émergence d'une autre élite
11:07qui pourrait la déloger.
11:09Vous savez, si vous avez la passion, comme moi,
11:11des sociologues politiques italiens
11:12du début du 20e siècle,
11:13je devine que ce n'est pas si universel
11:14que ça non plus comme passion,
11:16vous découvrez, quand vous lisez
11:17Mosca, Pareto, Michels, quelques autres,
11:21ils nous disent, il y a une chose fondamentalement,
11:22il existe des élites qui, un jour, sont épuisées.
11:25Il fut un temps où elles étaient belles,
11:26il fut un temps où elles étaient compétentes,
11:28il fut un temps où elles savaient gouverner,
11:29mais un jour, elles ne sont plus rien,
11:31elles n'ont plus de vitalité,
11:32elles sont mortes cérébralement,
11:35elles sont mortes électoralement,
11:36et tout ce qu'il leur reste,
11:37c'est la puissance d'inertie pour se maintenir
11:39et empêcher les gens de les remplacer,
11:41de les déplacer,
11:42de faire en sorte qu'une élite
11:43plus vigoureuse émerge.
11:45Mais ce qu'on voit aujourd'hui,
11:46c'est un peu ça.
11:46C'est la lutte d'un côté
11:47entre une élite morte.
11:49L'extrême-centre est...
11:50Pour apprendre la formule du président Macron
11:52d'autres circonstances pour l'OTAN,
11:53l'extrême-centre est cérébralement mort aujourd'hui.
11:57Il ne connaît que quelques formules vaines
11:59pour être capable de se maintenir au pouvoir
12:01avec une espèce de discours
12:02anti-lécimagré, anti-fasciste des circonstances,
12:04mais fondamentalement,
12:06ils veulent se maintenir au pouvoir à tout prix.
12:08Et de l'autre côté,
12:09mais ils ne savent plus quoi faire.
12:10Ils ne sont même plus compétents.
12:11C'est ça qui est insupportable.
12:12Ils nous cassent les oreilles
12:13depuis des années à nous dire
12:15qu'eux sont compétents
12:16parce que le camp d'en face n'est pas compétent.
12:18Mais s'ils sont compétents,
12:19comment ont-ils pu ruiner ce pays
12:20avec autant d'adresses?
12:22C'est une drôle de compétence quand même, ça.
12:24Alors de l'autre côté,
12:24vous avez effectivement une autre élite
12:26qui émerge,
12:26qu'on dira les populistes un peu partout.
12:28Le problème, c'est cette élite
12:29qui émerge populiste,
12:30est-elle capable véritablement
12:32d'exercer le pouvoir?
12:33Ou est-ce que finalement,
12:34elle a intériorisé
12:35tous les interdits des gens
12:37qu'elle conteste
12:37et arrivant demain en poste,
12:39serait tellement heureuse d'y être
12:41que finalement,
12:42elle renoncerait à appliquer le programme
12:43qu'elle brandissait encore la veille?
12:45Voilà pourquoi je confesse
12:46une forme non pas de désespoir,
12:47mais de tristesse.
12:48À vous entendre, Mathieu Bocoté,
12:50la présente séquence politique
12:52relève désormais exclusivement du burlesque.
12:56D'ailleurs, j'ai le sourire
12:56depuis le début de votre édito.
12:57Alors, pas exclusivement,
12:59parce que tout cela est quand même
13:00dramatique, accessoirement.
13:01Je le dis, il faut sourire même
13:03dans les temps tragiques,
13:04mais ce dont on parle à travers ça,
13:05c'est quand même un pays
13:06qui aujourd'hui s'auto-détruit
13:07de l'intérieur,
13:08un pays qui par ailleurs
13:09subit par l'islamisme
13:11une conquête extérieure,
13:12un pays qui connaît
13:13une submersion migratoire,
13:14un pays qui s'est fait
13:15voler sa souveraineté,
13:16détrousser sa souveraineté,
13:17vendre sa souveraineté,
13:18confisquer sa souveraineté,
13:20un pays dont l'identité
13:21est censurée,
13:22un pays dont l'appareil public
13:23sert aujourd'hui
13:24à vampiriser la population
13:25pour alimenter la technostructure
13:27à travers la logique
13:28du fiscalisme.
13:30Un État qui est,
13:31je dirais,
13:32le propre de l'État français
13:32aujourd'hui,
13:33c'est que c'est le propre
13:34de l'obèse morbide.
13:35Il est partout,
13:37il s'étend,
13:37mais il est impuissant
13:38et ne peut rien faire.
13:40Eh bien, je présente tout cela
13:41avec un sourire en coin,
13:43mais fondamentalement,
13:43je suis triste,
13:44je l'ai dit,
13:45parce que je vois à travers cela
13:46un pays que j'aime profondément
13:47se décomposer devant nous
13:48avec une élite qui hésite
13:50entre, d'un côté,
13:51conserver sa place à tout prix
13:52ou, de l'autre côté,
13:53le se mitrahir en embrassant
13:54les idéologies qu'ils détruisent aussi.
13:57Arthur Devatrigan,
13:59est-ce qu'il vaut mieux
13:59en sourire
14:00plutôt que d'en pleurer ?
14:01Quel regard vous portez
14:02sur la séquence actuelle ?
14:05Ce qui est vrai,
14:05c'est que ça vire au burlesque,
14:07au tragicomique.
14:09Au tragique, surtout.
14:10Qu'Emmanuel Macron
14:11soit un manipulateur
14:13qui s'est épanoui dans les crises
14:14et qui jouit dans le chaos,
14:15je crois que tout le monde
14:15l'a compris depuis quelques temps.
14:17Il n'y a rien à espérer
14:18de celui qui détient pourtant
14:19la clé de voûte de la cinquième
14:21parce que le problème,
14:22il est pathologique.
14:23Mais que des partis politiques
14:24des hommes politiques,
14:26des élus,
14:27jouent son jeu
14:28uniquement pour des intérêts personnels.
14:30Là, c'est une honte
14:31et même carrément à vomir.
14:32C'est le spectacle qu'on voit.
14:34Donc ça devient drôle,
14:35mais c'est un rire jaune,
14:36c'est un rire tragique.
14:38Parce que ce qu'ils appellent
14:39stabilité,
14:40c'est juste la stabilité de leur règne.
14:41Le règne de l'oligarchie.
14:42Quand ils disent la stabilité,
14:43c'est juste la petite caste
14:45qui veut garder son petit strapontin,
14:48sa petite minable étiquette
14:49et ses petites indemnités mesquines.
14:51Et donc ils sont prêts à tout,
14:52même à s'asseoir sur la ligne rouge,
14:54par exemple la réforme des retraites,
14:56ou se draper dans des valeurs
14:57aussi épaisses qu'un papier toilette.
14:58On peut penser au LR,
14:59ou M. Jean Brun
15:00qui explique le programme
15:01du RN, c'est socialiste,
15:02mais qui lors d'une élection
15:03on appelle à voter communiste.
15:05Bon, il faudra qu'on m'explique un jour.
15:07Mais la politique,
15:08c'est ça aujourd'hui.
15:08C'est-à-dire,
15:09on se fait élire contre
15:10et on reste au pouvoir contre.
15:12Et forcément,
15:13ça nous rappelle,
15:14vous savez,
15:14ce film magnifique,
15:15La folie des grandeurs,
15:16Louis de Funès qui est éjecté.
15:17Mais enfin,
15:17je suis ministre,
15:18je ne sais rien faire.
15:20Bon, là,
15:20on a l'impression que c'est ça.
15:21Comme il ne sert à rien à faire,
15:21ils veulent rester.
15:22Et donc,
15:23il n'y a qu'un seul socle commun,
15:24c'est en fait,
15:25c'est le refus de l'élection.
15:26Voilà,
15:27le socle de tous ces gens.
15:28S'ils refusent de se représenter,
15:29c'est la seule raison.
15:30Donc,
15:31on appelle ça une prise d'otage.
15:32Et une prise d'otage,
15:33généralement,
15:33ça se termine très très mal.
15:35Effectivement,
15:35ça va mal finir cette histoire.
15:38La crise dans la crise.
15:39Mathieu Bocoté,
15:40et là,
15:40on va parler des Républicains.
15:43Vous souhaitez revenir
15:43sur ce qui se passe actuellement
15:45chez les Républicains.
15:45D'ailleurs,
15:46je le dis,
15:46on sera avec Ottman Nassrou,
15:47secrétaire général des Républicains,
15:49à 20 heures sur ce plateau
15:51pour essayer de comprendre
15:52ce qu'il se passe.
15:53Est-ce que les Républicains
15:56vont intégrer ce gouvernement Le Cornu 2 ?
15:59Est-ce qu'ils vont participer
16:00sans avoir des ministres ?
16:02Ou alors,
16:02est-ce qu'ils vont censurer
16:03le gouvernement Le Cornu ?
16:04Bref,
16:05les LR se déchirent.
16:07On n'y comprend plus rien.
16:08Mais vous,
16:08vous prenez de la hauteur.
16:10Est-ce qu'on assiste
16:11à l'éclatement des LR ?
16:13Je pense que l'éclatement
16:14a déjà eu lieu
16:15depuis longtemps.
16:16Il était simplement recouvert
16:18d'une apparence
16:19d'unité formelle.
16:21Alors,
16:21qu'est-ce que j'entends par là ?
16:22C'est que vous aviez,
16:23d'un côté,
16:24les LR officiels,
16:25le parti qu'il s'agit
16:26de contrôler,
16:27qu'il s'agit de dominer,
16:28l'appareil maîtrisé.
16:31Aujourd'hui,
16:31Bruno Rotaillot
16:32est le patron des LR.
16:33Mais on constate aujourd'hui
16:34que les députés LR
16:35ne se sentent plus redevables
16:37envers leur parti.
16:38Ils considèrent
16:39que leur légitimité
16:40est une légitimité individuelle
16:41et personnelle.
16:42Ce n'est plus
16:42une légitimité collective.
16:44Dès lors,
16:44ils ne se sentent plus engagés
16:45et chacun veut pouvoir
16:47faire carrière librement
16:48si les circonstances
16:49lui permettent.
16:50Ajoutez à ça
16:51le choc des ambitions
16:52entre des gens
16:53qui ont pourtant
16:53des convictions semblables.
16:55Entre M. Rotaillot,
16:56M. Wauquiez,
16:57M. Bellamy,
16:57on pourrait nommer d'autres,
16:58Lysnard,
16:59il y a globalement
17:00un corps de doctrine partagée.
17:03Ce qu'on constate,
17:03c'est que la diversité
17:04des ambitions
17:04fait en sorte
17:05que ces ambitions
17:06ne peuvent pas se conjuguer
17:07au service d'un projet,
17:09mais chacun aujourd'hui
17:10autrement dit
17:10à sa propre trajectoire.
17:11Ajoutez à cela
17:12que c'est un parti
17:13où il y a une diversité
17:14de lignes idéologiques aussi.
17:16C'est le parti
17:16où il y a la fermeté intellectuelle,
17:18la force intellectuelle
17:19de Bruno Rotaillot.
17:20C'est aussi un parti
17:21où vous avez des gens
17:22qui,
17:23entre le RN
17:24et les communistes,
17:25préfèrent voter communiste.
17:27Tout en nous disant
17:28ensuite
17:28qu'ils refuseraient
17:29de voter RN
17:29à cause de la ligne économique
17:31du RN.
17:31Ça, c'est le meilleur argument.
17:33C'est-à-dire,
17:33nous refusons de voter RN
17:35parce que nous n'aimons pas
17:35leurs idées économiques.
17:36D'accord ?
17:37Et vous avez voté
17:37pour qui alors ?
17:38Pour les communistes
17:39et leur ligne...
17:39Qu'est-ce que c'est que ça,
17:40exactement ?
17:41Donc, on est devant des gens
17:42qui sont un peu des farceurs,
17:43en quelque sorte.
17:44Et c'est un parti aujourd'hui.
17:46Je pense qu'Emmanuel Macron,
17:47dans cette séquence
17:48qui lui déplaît probablement,
17:50dans cette séquence
17:51qui lui déplaît,
17:51est néanmoins parvenu
17:52à une véritable réussite.
17:53Et cette réussite,
17:54c'est qu'il est parvenu
17:55à nucléariser,
17:56à atomiser les LAR.
17:58Donc, il y a tout autant
17:59de partis aujourd'hui
18:00que de figures
18:01qui comptent dans ce parti.
18:02Je pense que,
18:03de ce point de vue,
18:04ils auraient intérêt
18:05à éclater.
18:06Parce que ceux
18:07qui ont vocation
18:07à devenir l'aile gouvernementale
18:08du Bloc national
18:09pourraient s'épanouir.
18:10Ceux qui ont vocation
18:11à devenir le surmoi conservateur
18:12du Bloc central
18:14pourraient s'épanouir.
18:15Et ceux qui rêvent
18:16à tout prix
18:16d'une carrière ministérielle
18:18parce qu'ils aimeraient ça,
18:19eux aussi, à leur tour,
18:20dire « Maman, je suis ministre ! »
18:21Bon, ceux-là,
18:22je les invite à voir
18:23je ne sais quel poste sous-secrétariat
18:25d'État aux anciens combattants,
18:26peut-être,
18:27ils auraient enfin atteint
18:28leur objectif dans leur vie.
18:29Quel avenir de la droite
18:31dans tout cela,
18:32Mathieu Bocotin ?
18:32Ah ben là,
18:33c'est la question fondamentale.
18:34Je ne parle pas de la droite ici,
18:35simplement comme la gauche pâle,
18:37la gauche au ralenti,
18:37la non-gauche.
18:38Je parle d'une droite
18:39qui serait autre chose,
18:40simplement,
18:41que le frein du progressisme.
18:43Eh bien, ce qu'on voit là-dedans,
18:44c'est que la droite
18:45se recompose aujourd'hui...
18:47On a parlé il y a quelques années
18:48de la fameuse droite hors les murs.
18:50Dans les faits,
18:51elle se recompose aujourd'hui
18:52à travers plusieurs parties,
18:54plusieurs tendances,
18:55mais il y a une forme
18:56de programme commun
18:57de droite assez clair aujourd'hui.
18:59Résumons-le.
19:00Stopper l'immigration massive,
19:03donc stopper la submersion migratoire.
19:05Stopper la contre-conquête
19:07des coloniales islamistes.
19:10Défiscaliser radicalement.
19:12Reconquérir la souveraineté
19:13confisquée à Bruxelles.
19:15Restaurer la méritocratie.
19:17Débureaucratiser autant que possible.
19:18Tous ceux qui se reconnaissent
19:20autour d'un tel programme
19:21devraient être capables
19:22de travailler ensemble.
19:23Reste à voir si ce sera
19:24avant 2027 ou après.
19:26Je me tourne vers vous
19:27pour un autre sujet,
19:28Arthur de Vintrigan,
19:29car vous ne souhaitez pas
19:30parler à les Républicains.
19:31Vous voulez parler
19:32du prix Nobel de la paix.
19:34Quand l'extrême-gauche
19:35reprend du service...
19:37Alors, vous le savez,
19:38Donald Trump n'a pas eu
19:38le prix Nobel de la paix.
19:40C'est Maria Corina Machado,
19:41la chef de l'opposition
19:43vénézuélienne,
19:44en conflit ouvert avec Maduro,
19:46qui l'a obtenu.
19:48Et Trump, d'ailleurs,
19:49l'a félicité.
19:50Pourtant, certains s'adignent
19:51de ce prix Nobel.
19:52Comment le comprendre ?
19:54Arthur de Vintrigan.
19:55J'étais très surpris
19:56de beaucoup de critiques
19:57et pas que de l'extrême-gauche.
19:58Beaucoup de gens ne la connaissent pas.
19:59Il faut peut-être racitier
20:00qui elle est.
20:01C'est une opposante politique.
20:02Elle est ingénieure.
20:03Elle a près de 60 ans aujourd'hui.
20:04Elle s'était opposée
20:04à Chavez à l'époque,
20:05puis Maduro aujourd'hui,
20:07qui s'est autoproclamée
20:09réélu en 2024.
20:10Et alors,
20:11pour des argusies juridiques,
20:13elle n'a pas eu le droit
20:14de se présenter.
20:15Elle a été jugée inéligible
20:16par la Cour suprême
20:17pour corruption et trahison.
20:19Mais à la base,
20:20pour vous donner une idée,
20:20c'est comme si Jean-François Copé
20:21vous donnait des leçons d'éthique.
20:23Donc, le candidat d'opposition
20:24à l'époque s'appelle
20:25Edmundo González.
20:26Mais Machado,
20:27elle fait campagne
20:27alors qu'elle risque
20:28de se faire arrêter.
20:29Sa tête est mise à prix.
20:29Elle sillonne le pays en voiture.
20:31Il y a des centaines de milliers
20:32de Vénézuéliens
20:33qui se lèvent,
20:34qui se rassemblent derrière elle.
20:35Elle apparaît le jour
20:35où elle parle
20:36et puis la nuit,
20:37elle se cache
20:37mais la foule la protège.
20:40L'élection a lieu.
20:41Maduro s'annonce élu
20:43mais ne publie pas les résultats
20:45soi-disant
20:45parce qu'il y a une cyberattaque.
20:46Et les opposants
20:47ont des PV
20:48qu'ils sortent
20:49et qui donnent
20:50González largement élu.
20:52Mais on est au Venezuela.
20:53Et au Venezuela,
20:53pour faire taire,
20:54on élimine.
20:55Et c'est là,
20:55c'est le rôle
20:56des avispas négras,
20:57ça s'appelle des guêpes noires
20:58qui sont en fait
20:59des brigades spéciales
21:00de Cuba
21:02qui ont été formées
21:03par des Chinois,
21:03les Nord-Vietnamiens,
21:04les Coréens,
21:04les Chinois,
21:05les Russes.
21:06Donc c'est vous dire
21:07que c'est des types
21:07hyper fréquentables.
21:08Donc ils éliminent
21:09tous les opposants
21:10et ceux qui y prouvent.
21:11Donc Maria Corina Machado,
21:12elle continue son combat,
21:13elle vit dans la clandestinité.
21:15C'est-à-dire que ses enfants
21:15ont quitté le pays,
21:16il ne les a pas eus
21:16depuis dix ans.
21:17Et elle doit être
21:17en mouvement permanent.
21:18Moi j'ai essayé
21:18de l'interviewer,
21:19j'avais un entretien avec elle,
21:20ça a été annulé
21:21quelques heures avant
21:21pour des questions de sécurité.
21:23C'est-à-dire,
21:23c'est comme,
21:23si vous voulez,
21:24ceux qui témoignent,
21:26les repentis qui témoignent,
21:27ils sont sous protection,
21:28là c'est pareil,
21:29sauf qu'elles se protègent
21:30toutes seules.
21:30Et elles résistent
21:31alors qu'elles peuvent
21:31se retrouver dans le...
21:32Elle hélicoïde,
21:33si vous voulez,
21:34c'est l'immense centre pyramidale,
21:36un immense immense pyramidal
21:37au centre de Caracas
21:38qui devait être normalement
21:39un centre commercial
21:40qui serait transformé
21:41en chambre des tortures
21:41de Maduro.
21:42Et là,
21:42on en voit tous les opposants
21:43et on les torture
21:45soit pour les punir,
21:46soit pour les faire parler.
21:46Les opposants sont aujourd'hui
21:48catalogués d'extrême droite
21:50d'après le torchon
21:51de l'humanité.
21:52Et parce que Maduro,
21:53qui est défendu
21:53par Mélenchon
21:54et par d'autres,
21:54si vous voulez,
21:55on torture les opposants
21:56mais c'est aussi la drogue
21:58parce que Venezuela,
21:59c'est 2000 kilomètres de côte.
22:00Donc c'est devenu
22:00la plaque tournante
22:02de la cocaïne
22:03et vous avez le cartel
22:04des soleils
22:04qui pilote le business
22:05et le cartel des soleils
22:06dedans,
22:06vous avez les hauts
22:07responsables militaires
22:08et civils
22:09du gouvernement de Maduro
22:10et Maduro,
22:11évidemment,
22:12son nombre plane
22:12sur le trône.
22:13Et toute sa drogue
22:15se déverse en Europe.
22:16Donc nous,
22:16on paye derrière.
22:17La cocaïne,
22:18elle augmente en Europe
22:18et en France,
22:19c'est grâce à ça.
22:20Puis il y a aussi le pétrole.
22:21Il y a beaucoup de pétrole.
22:22Il faut raffiner.
22:23Et là,
22:23c'est là qu'intervient l'Iran.
22:25Donc le pays des Molas
22:26aide à raffiner le pétrole.
22:28En échange,
22:28ils récupèrent la cocaïne
22:29et ils blanchissent de l'argent
22:30parce que le Venezuela,
22:32c'est aussi une base arrière
22:32du terrorisme islamique.
22:33Vous avez le Hezbollah
22:34qui file des armes.
22:36En échange,
22:36on leur donne de la cocaïne
22:38et puis ils vont vendre
22:39un peu partout.
22:40Et il y a une alliance.
22:41En fait,
22:41cette alliance-là,
22:42elle a débuté sous Chavez
22:43mais Maduro était à l'époque
22:45ministre des Affaires étrangères.
22:46Et puis maintenant,
22:47il y a aussi un rapprochement
22:48avec la Russie.
22:49On y croise par exemple
22:50les ministres Wagner,
22:51vous savez.
22:52Et la Russie,
22:52parce qu'elle voit
22:53dans le Venezuela
22:54un allié pour lutter
22:56contre l'hégémonie américaine
22:57en Amérique du Sud.
22:58Et ils ont fait
22:58un gros partenariat.
22:59C'est comme en Iran.
23:01La Russie fournit des armes.
23:02C'est des hélicoptères.
23:03C'est des avions de combat.
23:04C'est des kalachnikovs.
23:05Et en échange,
23:06ils récupèrent le pétrole
23:07et aussi les mines d'or
23:08parce qu'il y en a là-bas.
23:09Donc voilà,
23:09si vous voulez,
23:10qui est Maduro
23:10et voilà qui est porté
23:13par Mélenchon en France
23:14et par d'autres.
23:14Et voilà qui est Maria
23:15Corina Machado
23:15qui lutte avec ses armes,
23:17c'est-à-dire son courage.
23:18Et en France,
23:18vous avez l'extrême gauche
23:19qui dit qu'elle est extrême droite.
23:21Vous avez les télégraphistes
23:22du Kremlin
23:22qui l'inondent de mensonges.
23:23Et puis vous avez d'autres
23:24qui par anti-américanisme primaire
23:26parce qu'elles demandent
23:27de l'aide aux Etats-Unis.
23:28La critique aussi.
23:30Heureusement pour eux,
23:30on ne meurt pas encore
23:31de la honte à notre époque.
23:32Eh bien, merci pour toutes
23:33ces précisions
23:34parce que c'est vrai
23:35qu'on ne connaissait pas
23:36en France
23:37cette prix Nobel de la paix
23:38et on pouvait s'étonner
23:39que Donald Trump
23:41ne soit pas Nobel de la paix
23:43après tout ce qui s'est passé
23:44et tout ce qu'il a fait
23:45ces derniers mois
23:46pour justement
23:46la paix au Proche-Orient,
23:48la fin de la guerre
23:49entre l'Iran et Israël
23:50et tous les autres conflits.
23:52Et on se demandait
23:52pourquoi Barack Obama
23:53l'a eu
23:53et pas Donald Trump.
23:56Parce que c'est parce
23:57qu'il s'appelle
23:57Donald Trump,
23:58Mathieu Bocoté.
23:58Je crois que jamais
23:59nous n'accorderons
24:00à Donald Trump
24:00le système international.
24:01Il ne lui accordera
24:02quelques mérites que ce soit.
24:03peut-être les historiens
24:04dans un siècle.
24:05J'ai hâte d'avoir
24:06la réaction de Philippe Devilliers
24:07qui nous écoute attentivement
24:09à votre premier édito.
24:10Cyril Dalmon
24:11sera notre invité
24:13directeur de recherche
24:14pour les questions numériques
24:15à l'Institut Thomas More.
24:16Il sera question
24:17du pass numérique en Europe.
24:19C'est absolument passionnant.
24:20Restez avec nous.
24:24Il est 19h30 sur CNews.
24:26Merci d'être avec nous
24:27pour la suite de face
24:27à Mathieu Bocoté
24:28toujours avec Mathieu bien sûr
24:29et Arthur de Vatrigan.
24:31Cyril Dalmon
24:31nous a rejoint
24:32directeur de recherche
24:33pour les questions numériques
24:34à l'Institut Thomas More.
24:35Merci d'être avec nous
24:36M. Dalmon.
24:37Pourquoi avoir invité
24:39Cyril Dalmon
24:40ce soir, Mathieu Bocoté ?
24:41Parce qu'au-delà
24:42du bal des marioles
24:43qui s'amusent
24:44à confisquer la vie politique,
24:45il y a des vraies questions
24:46qui se posent aujourd'hui
24:47en Europe,
24:48en Grande-Bretagne,
24:49en France,
24:49au niveau de l'Union européenne.
24:51Notamment cette question
24:52nébuleuse.
24:54On sent que quelque chose
24:55est important à travers cela
24:56mais on n'est pas capable
24:57de l'identifier clairement.
24:58Celle de l'identité numérique
24:59dont on parle de plus en plus,
25:01dont on parle en Grande-Bretagne
25:02notamment et sujet auquel
25:04s'est intéressé Cyril Dalmon
25:06dans un texte paru
25:07dans le Figaro cette semaine.
25:07Cyril Dalmon, bonsoir.
25:08Bonsoir.
25:09Alors, c'est une question
25:11qui tourne.
25:12Tout le monde sent
25:13que c'est inquiétant
25:14mais ne sait pas
25:14exactement pourquoi
25:15et on reviendra
25:16dans un instant
25:17sur votre texte du Figaro.
25:19Mais quand on parle
25:20d'identité numérique
25:21aujourd'hui
25:21et c'est un projet
25:23qui est porté notamment
25:23par le gouvernement
25:24Starmer aujourd'hui,
25:25on annonce ça
25:26pour 2026 en Europe,
25:27de quoi parle-t-on ?
25:28En fait, il ne faut pas
25:29confondre,
25:29ce n'est pas du tout
25:30à une question de papier
25:31comme une carte d'identité
25:32ou un passeport.
25:33L'identité numérique,
25:35c'est votre double
25:36en fait numérique.
25:38On numérise
25:38tout ce que vous êtes,
25:39votre être,
25:40vos informations
25:41pour vos impôts,
25:43pour votre assurance,
25:45pour votre banque,
25:45etc.
25:45Donc, l'idée,
25:46c'est d'avoir
25:47une identité numérique unique
25:49qui vous permette
25:50d'accéder
25:50à toutes vos futures
25:51démarches administratives
25:54et éventuellement,
25:56je dirais,
25:57privées,
25:58souscrire un prêt,
25:59etc.
25:59Tout serait relié
26:01à cette identité numérique.
26:02Alors, le point de départ
26:03de l'inquiétude
26:03pour plusieurs,
26:05c'est ce que je voyais
26:06autour de Kerst-Armer,
26:08puis on arrive tout de suite
26:08à cette question.
26:09Plusieurs disent,
26:10non, mais c'est non pas
26:11le premier pas,
26:11mais c'est un pas définitif
26:13dans le contrôle social
26:14de l'État,
26:15dans cette espèce d'idée
26:16d'une capacité
26:17qu'auraient les pouvoirs
26:18publics aujourd'hui
26:19à avoir accès
26:20à tout le domaine
26:21de notre existence.
26:22Il y a une forme
26:23d'inquiétude
26:24d'un potentiel totalitaire
26:25de la chose.
26:25Est-ce que je résume bien
26:26l'inquiétude
26:26telle qu'elle s'est exprimée
26:27en Grande-Bretagne ?
26:28Oui, en fait,
26:29en Grande-Bretagne,
26:30on voit qu'il y a
26:30une convergence
26:31de différents partis
26:33pour s'opposer
26:34à cette identité numérique,
26:36sachant qu'en Grande-Bretagne,
26:37il n'y a pas de carte d'identité,
26:38il y a un passeport
26:39pour voyager,
26:39mais pas de carte d'identité.
26:40Mais, en fait,
26:41on voit que ça dérange beaucoup
26:43parce qu'en fait,
26:46ça a été présenté
26:48comme permettant,
26:50pour permettre, en fait,
26:51d'accéder au marché du travail.
26:54Mais il y a toute une inquiétude
26:58par rapport à ce que ça pourrait devenir,
27:00notamment par rapport aux positions
27:02du Premier ministre anglais
27:04sur toutes les personnes
27:05qui ont contesté, en fait,
27:07la politique migratoire
27:08avec des arrestations de personnes
27:11qui ont pris des positions
27:12sur les réseaux sociaux, etc.
27:13Et du coup,
27:14on voit tout de suite
27:14le basculement possible
27:16à partir du moment
27:17où vous êtes identifiable,
27:18je dirais,
27:19comme un produit,
27:20un produit défectueux
27:21et qu'on peut vous mettre
27:23tout de suite au rebut,
27:24c'est-à-dire vous déconnecter
27:28ou vous disjoindre
27:29de toute activité
27:30de votre vie civile,
27:32de votre vie administrative,
27:34en fait,
27:34juste parce que vous êtes
27:35dans le système
27:37et que vous avez
27:38cette identité numérique.
27:39À partir du moment
27:39où vous êtes dedans,
27:40c'est de l'algorithmie,
27:41on peut vous déconnecter
27:42à distance, en fait.
27:43Alors, c'est assez particulier
27:44parce que je voyais ça
27:45justement cette semaine
27:46à propos du débat britannique,
27:47mais pas seulement
27:48parce qu'on en parle
27:48d'ailleurs en Europe aussi.
27:50Ce que je crois comprendre,
27:52ce qu'on redoute,
27:53c'est qu'un pouvoir
27:54qui serait capable
27:54d'avoir une forme d'accès,
27:56finalement,
27:56d'identité numérique
27:57contrôlée pour chacun,
27:59dans un pays,
28:00la Grande-Bretagne,
28:01où effectivement,
28:01la police peut arriver
28:02chez vous
28:03parce que vous avez fait
28:03un tweet
28:04et que ce tweet
28:05heurte la vision actuelle
28:07de l'idéologie diversitaire,
28:09eh bien,
28:09il n'est pas difficile,
28:11en fait,
28:11de voir la prochaine étape.
28:12C'est-à-dire,
28:13un État se donne
28:14les moyens ici
28:15de pratiquer
28:15une forme de ségrégation
28:16numérique
28:17à grande échelle.
28:18Certains voient même,
28:19à tort peut-être,
28:20une possibilité de contrôle.
28:22On parle quelquefois
28:22de crédit social
28:23à l'européenne aujourd'hui.
28:25Donc, je crois
28:25que Kirstarmer
28:26jouait avec l'idée
28:26que pour retirer son argent,
28:28avoir accès
28:28à son propre argent,
28:29l'identité numérique serait...
28:30Autrement dit,
28:31on voit se déployer
28:32à travers ça,
28:33une forme de nouveau 1984.
28:35En fait,
28:35il y a deux phénomènes
28:37qui se rejoignent.
28:39Deux phénomènes
28:39qui sont le résultat
28:40de deux impuissances.
28:41Vous avez le phénomène,
28:43je dirais,
28:44de la gauche
28:44de gouvernement,
28:46on va dire,
28:46qui est très tentée
28:47par la censure
28:48parce qu'elle a perdu
28:49le monopole
28:50de la description
28:51du réel, en fait.
28:52Depuis les années 70,
28:53elle était habituée
28:54à jamais être mise en cause
28:55dans sa façon
28:56de décrire le réel.
28:58Et depuis,
28:59en fait,
29:00essentiellement,
29:00les réseaux sociaux
29:01et le changement générationnel
29:02de personnes
29:03qui ne s'informent plus
29:04sur les médias traditionnels,
29:05elle perd progressivement
29:06ce monopole
29:08pour décrire le réel.
29:10Et vous avez
29:10une autre conjonction
29:12d'impuissance
29:12qui vient plutôt
29:13de la droite
29:13et qui est
29:15une impossibilité
29:16à gérer
29:17les problèmes de sécurité,
29:18les problèmes d'immigration.
29:19Et du coup,
29:20pour dissimuler
29:22son impuissance,
29:23part sur une logique
29:24de...
29:24On va contrôler
29:25tout le monde,
29:25en fait.
29:26On va faire
29:27du contrôle de masse,
29:29on va faire
29:29du traçage numérique.
29:30Plutôt que d'identifier
29:31ceux qui causeraient
29:32problème en particulier,
29:33on va contrôler
29:33tout le monde.
29:34Exactement.
29:34En fait,
29:35c'est un peu la logique
29:35du pêcheur
29:36qui pêche
29:37au filet dérivant.
29:38C'est-à-dire,
29:39on ramasse tout
29:40et on se dit
29:41on verra bien.
29:42Peut-être que
29:43les poissons
29:44qu'on cherche,
29:45on va les trouver
29:46dans ce filet.
29:47En fait,
29:47ce dont on se rend compte,
29:49c'est que
29:49le délinquant
29:51n'est absolument
29:52pas inquiet
29:53par ce type
29:54de process,
29:55ce qu'on appelait
29:56autrefois
29:56la vidéosurveillance.
29:58On a changé
29:58la terminologie,
29:59on en a fait
30:00de la vidéoprotection.
30:02Mais en fait,
30:02on se rend bien compte
30:03que la vidéoprotection
30:04ne protège rien.
30:05En fait,
30:05c'est juste
30:05un outil de preuve.
30:07C'est-à-dire,
30:07une fois que le délit
30:08a eu lieu,
30:08on s'en sert
30:09pour pouvoir identifier
30:10la personne
30:11ou l'acte
30:13qui s'est passé.
30:14Mais ça ne vous protège pas,
30:15ce n'est pas
30:15une protection dynamique.
30:17Donc,
30:17on change la sémantique
30:18et on donne
30:21l'illusion
30:21d'une action
30:22globale
30:23sur la sécurité.
30:24Alors qu'en fait,
30:25on est dans une logique
30:26de,
30:26on effraie
30:27le bon citoyen
30:28finalement.
30:29On lui donne
30:30à penser,
30:31à croire
30:31qu'il est en sécurité
30:32alors qu'il n'en est
30:33absolument rien.
30:34Alors,
30:34je donne la parole
30:35dans un instant
30:35à Arthur de Vatrigan.
30:36Mais juste sur cette question,
30:37en France,
30:37j'ai entendu effectivement
30:38un ministre responsable,
30:39c'était il y a peut-être
30:41un an et demi,
30:42qui disait,
30:43pour être capable
30:43de restaurer la sécurité,
30:45oui,
30:45la reconnaissance faciale
30:46sera ce qui permettra
30:47de restaurer la sécurité
30:48dans nos pays.
30:49Et j'entends l'argument
30:50du commun immortel
30:51qui dit,
30:52oui,
30:52mais si tu n'as rien
30:52à te reprocher,
30:54eh bien,
30:54ne t'inquiète pas.
30:55Et moi,
30:55j'ai toujours envie
30:55de répondre
30:56au commun immortel,
30:57mais pour l'instant,
30:57tu n'as rien
30:58à te reprocher,
30:58mais l'État,
30:59demain,
30:59peut décider
30:59de te reprocher
31:00quelque chose
31:00sans que tu ne le saches.
31:02Et dès lors,
31:02il n'y a pas
31:02une forme de l'œil
31:04de Sauron
31:04qui se développe
31:05avec ça ?
31:06En fait,
31:06c'est déjà le cas.
31:09On a tous
31:10quelque chose
31:10à reprocher,
31:11ça dépend qui vous
31:11reproche quelque chose.
31:13Il y a un exemple
31:13qui pour moi
31:14est extrêmement pertinent.
31:15Quand vous avez
31:16Éric Zemmour
31:17qui fait le lien
31:17entre immigration
31:19et délinquance,
31:20il est condamné.
31:21Quand vous avez
31:21Gérald Almarin
31:22qui fait le lien
31:23entre immigration
31:23et délinquance,
31:24il est garde des Sceaux.
31:27Donc,
31:27voilà,
31:28tout dépend de qui
31:28va vous reprocher
31:29quelque chose,
31:30en fait.
31:30Et on aura toujours
31:31quelque chose
31:31à se reprocher
31:32en fonction de la personne
31:33qui tient le manche
31:34du pouvoir,
31:35finalement.
31:36Tant que cette personne
31:37cherche à vous mettre
31:39dans une situation
31:40où vous êtes
31:41potentiellement
31:42un criminel,
31:43elle trouvera
31:44toujours la solution.
31:45Et on pourrait
31:46rebondir sur ce qui
31:47est aujourd'hui
31:48le nœud gorgien
31:50du problème
31:50qui est les discours
31:51de haine.
31:53Puisqu'en fait,
31:53on peut mettre
31:54tout et n'importe quoi
31:55dans les discours de haine.
31:57D'ailleurs,
31:57vous avez le Parlement
31:58irlandais
31:59qui vient de s'opposer
32:01à la volonté
32:01de la Commission européenne
32:02de légiférer
32:04sur les discours de haine.
32:05Parce que la haine
32:06est un sentiment
32:06et c'est quelque chose
32:09de subjectif.
32:09Donc quand quelqu'un
32:11finalement
32:12émet une opinion,
32:16elle peut heurter
32:16la personne
32:17qui reçoit
32:18cette opinion.
32:19Donc les discours haineux
32:21ou les discours de haine
32:22dépendent autant
32:22de la personne
32:23qui émet le discours
32:25que la personne
32:25qui l'entend
32:26ou qui le reçoit.
32:27Et vous avez
32:28des choses très simples.
32:29Si par exemple,
32:29ce soir,
32:30je dis
32:31Emmanuel Macron
32:32est en train
32:33de tordre les institutions
32:34pour rester au pouvoir
32:35et faire en sorte
32:37de mettre
32:37les parlementaires
32:38face à leurs propres
32:39contradictions,
32:39c'est-à-dire la perte
32:40de leur mandat.
32:41Vous basculez
32:41dans la macronophobie.
32:43Voilà.
32:44En fait,
32:44une personne
32:45qui soutiendrait
32:46Emmanuel Macron
32:47pourrait considérer
32:48que mes propos
32:49portent atteinte
32:50à l'honneur
32:51ou à la dignité
32:52du président
32:53et de sa fonction
32:53et éventuellement
32:55intenter une action
32:57contre moi
32:58en disant
32:58que ces discours
32:59sont haineux
32:59contre le président
33:00de la République.
33:00Et si vous avez
33:01la chance
33:01de tomber
33:02sur un tribunal
33:03qui,
33:03par un oeil
33:04très bienveillant,
33:05reçoit ce propos,
33:06vous pouvez être condamné
33:07pour avoir juste
33:08fait une analyse
33:09toute simple
33:09en fait
33:10de ce que sont
33:11les institutions françaises.
33:12Arthur de Matrigan.
33:13Je reviens sur les caméras
33:14de surveillance
33:15et notamment le discours
33:16porté par la droite
33:17que vous dénonciez,
33:18que vous analysez très bien.
33:20Et je me rappelle
33:20d'un débat
33:21il n'y a pas si longtemps
33:21et vous allez me confirmer,
33:23mais je crois que c'était
33:23dans la ville de Nice,
33:24c'était sur les caméras
33:25algorithmiques.
33:26Et je me rappelle
33:27le débat qu'on avait eu
33:28notamment sur cette chaîne
33:29et puis ailleurs.
33:30Est-ce que peut-être
33:30vous pouvez nous rappeler
33:31ce que sont
33:32ces caméras algorithmiques
33:34et ce que vous en pensez ?
33:36En fait,
33:36le principe
33:37c'est de la vidéodynamique,
33:39c'est-à-dire qu'il y a
33:40un algorithme
33:40qui va analyser
33:41plusieurs choses,
33:42soit une reconnaissance faciale,
33:44une photo,
33:44une image de vous,
33:45mais ça peut analyser
33:46votre voix,
33:47ça peut analyser
33:48votre démarche,
33:49ça peut analyser
33:50votre comportement.
33:52Donc par exemple,
33:53vous avez un comportement
33:54que l'algorithme
33:55va considérer
33:55comme anormal
33:56dans une situation donnée.
33:59Vous avez un arrêt de bus,
34:00trois personnes
34:00et une personne
34:01qui commence à taper
34:02sur une autre personne.
34:03En fait,
34:03l'algorithme détecte
34:04que ce n'est pas
34:05un comportement normal.
34:06Théoriquement,
34:07cet algorithme
34:08alerte en fait
34:10les services de police,
34:11les services des forces
34:12de l'ordre
34:12pour intervenir.
34:14Qu'est-ce que j'en pense ?
34:16De toute façon,
34:17tout ce système
34:18et c'est toute la difficulté,
34:21le numérique
34:21est quelque chose
34:22d'intrusif,
34:23il permet de faire
34:23des choses extraordinaires
34:24mais aussi de faire
34:26une sorte de contrôle
34:27permanent et systématique.
34:29Mais s'il n'y a pas
34:29de sanctions derrière,
34:31au niveau des objectifs
34:32annoncés de lutte
34:33contre la délinquance,
34:34les résultats,
34:34ils sont nuls.
34:35C'est-à-dire,
34:36vous pouvez filmer
34:36toute la population
34:37H24
34:38dans tous les lieux
34:39possibles,
34:40inimaginables.
34:40Si derrière,
34:41la chaîne pénale
34:42ne suit pas,
34:43il ne se passera rien.
34:44En fait,
34:44il n'y aura pas du tout
34:44d'impact sur la délinquance.
34:46Alors,
34:46poursuivons sur des inquiétudes
34:47liées justement
34:48à cette...
34:50En fait,
34:50c'est un plan seul
34:50le contrôle social
34:51par le numérique
34:52parce que je pense
34:52que c'est le vaste sujet
34:53vers lequel
34:54nous nous dirigeons.
34:56Il y a un sujet
34:57dont on parlait un peu
34:57cette semaine,
34:58d'ailleurs,
34:58je crois que ça va être
34:59reporté,
34:59c'est ce qu'on appelle
35:00chat control en Europe.
35:02Donc,
35:02cette idée de l'ensemble
35:03des conversations privées
35:04qu'on pourrait avoir
35:05sur WhatsApp,
35:05sur Telegram,
35:06sur Snapchat,
35:07sur Instagram,
35:08tout ce qui existe
35:09comme réseaux sociaux,
35:10au nom de la lutte
35:11contre la pédocriminalité,
35:13eh bien,
35:13l'ensemble de vos conversations
35:14seraient scannées
35:15dans le privé
35:15pour s'assurer
35:16que vous n'envoyez pas
35:17des contenus illicites
35:18en matière de lutte
35:19contre la pédocriminalité.
35:20Alors,
35:21je le précise,
35:21tout le monde trouve
35:21que la pédocriminalité
35:22est absolument atroce,
35:24mais est-ce qu'on n'est pas
35:24à travers cela
35:25au nom d'un prétexte légitime
35:27devant une société
35:28de surveillance maximaliste
35:29à laquelle même
35:30Orwell n'aurait pas rêvé ?
35:32En fait,
35:33la justification de l'action
35:34est toujours
35:35le point le plus important.
35:37Vous avez en ce moment,
35:39en phase de test
35:39sur les sites pornographiques,
35:43la reconnaissance faciale
35:44de l'utilisateur.
35:45Alors,
35:46effectivement,
35:46c'est quelque chose
35:47qui est difficile à dénoncer
35:48puisqu'on dit
35:48que c'est pour protéger
35:49les mineurs.
35:50Et c'est la même logique,
35:52en fait.
35:52C'est-à-dire qu'on veut protéger
35:54soi-disant
35:54les plus fragiles.
35:56C'est un discours
35:57qu'on a retrouvé
35:57pendant la période du Covid.
35:59On veut dire
35:59les plus fragiles,
36:01ceux qui ont le plus de mal
36:02à utiliser l'outil,
36:03etc.
36:05Et on met en place
36:06progressivement
36:06des outils
36:07par des,
36:07je dirais,
36:08des biais détournés.
36:09C'est-à-dire
36:09que c'est très difficile
36:11d'aller demain
36:12dire
36:12non,
36:13mais vous portez atteinte
36:14à la vie privée
36:15de quelqu'un
36:16qui regarde des images
36:17qu'il ne devrait pas regarder.
36:18Donc,
36:19forcément,
36:19peu de gens
36:20vont aller dénoncer
36:21cette situation.
36:22Mais en fait,
36:23c'est que des phases
36:23de tests.
36:24Ce dont il faut bien
36:25se rendre compte,
36:26c'est que ce n'est pas
36:27une démarche
36:27qui s'impose d'elle-même.
36:29On n'est pas encore
36:30dans une logique,
36:31je dirais,
36:31de dictature lourde.
36:34On est dans une logique
36:35plutôt de grignotement
36:37progressif
36:39d'un certain nombre
36:39de libertés publiques.
36:40on impose un certain nombre
36:42de nouvelles contraintes
36:44sur la liberté d'expression
36:46dont je parlais.
36:47On a peut-être
36:49quinzaine de textes
36:50qui se sont succédés
36:51depuis 2017
36:53qui viennent rogner
36:55petit peu
36:55par petit peu,
36:56petit bribe
36:57de liberté d'expression
36:58par petite bribe
36:59de liberté d'expression
37:00et qui,
37:02en fait,
37:03in fine,
37:04vont venir créer
37:05une sorte de verrouillage
37:06que tout le monde
37:07va devoir respecter
37:08et la liberté d'expression
37:11bientôt sera
37:12une compétence
37:13de l'État,
37:14en fait,
37:15une variable
37:16de l'ordre public.
37:17Arthur Levatrigan.
37:18Je reviens sur
37:19l'identité numérique
37:20parce que là,
37:21actuellement,
37:21c'est en Angleterre.
37:23Bon,
37:23on se rappelle du Brexit,
37:24l'Angleterre est plus dans l'UE.
37:26Est-ce que ce sujet
37:27est déjà sur la table
37:28dans l'Union européenne ?
37:28Est-ce qu'on en a parlé
37:30sur le cas français ?
37:31Est-ce qu'on peut nous faire
37:32un panorama ?
37:33Oui,
37:33alors,
37:33c'est une idée
37:34qui est en gestation
37:36depuis un bon moment
37:37au sein de l'Union européenne.
37:39Il y a eu des tentatives
37:40aussi au niveau
37:41de la France,
37:42des tentatives un petit peu
37:43à, je dirais,
37:45esseler,
37:46qui se sont heurtées
37:47à des difficultés techniques,
37:49essentiellement,
37:50parce que
37:52l'Union européenne
37:53veut imposer,
37:54en fait,
37:55une traçabilité
37:55au niveau
37:57de tous les territoires
37:59des États membres,
38:00un peu sur la logique
38:01du pass sanitaire,
38:02en fait.
38:03il faut bien comprendre
38:05que le pass sanitaire
38:06a été
38:06une répétition générale
38:08de ce que sera
38:09l'identité numérique.
38:11C'est-à-dire,
38:11vous êtes identifié
38:13partout en Europe
38:14avec un identifiant unique
38:15et derrière,
38:16on crée
38:16des wallets,
38:18des portefeuilles
38:19d'applications
38:20et on vient
38:21incorporer
38:22la banque,
38:23les impôts,
38:24votre assurance,
38:25votre mutuel,
38:26etc.
38:26Et toutes ces applications
38:28viennent taper
38:29sur votre identité numérique.
38:30ce qui peut être
38:33extrêmement pratique
38:34et utile,
38:35je dirais,
38:35dans la vie quotidienne.
38:37Quand vous avez,
38:39je dirais,
38:39juste votre téléphone
38:40sur vous
38:40et que vous voulez
38:41aller chercher de l'argent,
38:42que vous voulez
38:42souscrire une assurance,
38:44etc.,
38:44ça peut aller très vite,
38:45ça peut être très pratique.
38:47Par contre,
38:47il faut bien comprendre
38:48que si cette identité numérique,
38:50elle est pratique,
38:51elle peut aussi être
38:52extrêmement dangereuse
38:53parce qu'en fonction
38:54de la personne
38:55qui la contrôle,
38:56elle peut être coupée.
38:57Vous pouvez juste
38:58disparaître,
38:59en fait.
38:59C'est-à-dire,
38:59vous n'avez plus accès
39:00à rien du tout.
39:01Autrement dit,
39:02on vous a condamné,
39:03par exemple,
39:04pour délit d'opinion,
39:05par exemple,
39:05quelque chose d'autre.
39:06Vous avez,
39:07peut-être dans 15 ans,
39:09dans 20 ans,
39:09vous n'avez pas respecté
39:10votre quota de viande mensuelle,
39:12vous avez le droit de manger
39:13ou vous avez voyagé exagérément.
39:15Et là,
39:15c'est une forme de crédit social
39:16à la chinoise,
39:17on pourrait tout simplement
39:17décider de vous priver
39:19de votre propre vie.
39:20Vous n'avez plus accès
39:20à votre propre vie
39:21sur le mode d'une sanction.
39:23Ça peut être
39:24sur le mode d'une sanction
39:25et en plus,
39:25ça peut être total ou partiel.
39:26C'est-à-dire qu'on peut
39:27vous désactiver
39:28un certain nombre
39:28d'applicatifs.
39:30Mettons,
39:31vous ne pouvez plus
39:31souscrire de prêt,
39:32vous ne pouvez plus voyager.
39:34Par contre,
39:34vous pouvez payer vos impôts.
39:36Voilà.
39:36On peut toujours payer nos impôts.
39:38On peut toujours payer les impôts.
39:39Mais c'est un certain nombre
39:40d'applications
39:41qui vont dépendre
39:42de cette identité numérique.
39:44Et effectivement,
39:45c'est quelque chose
39:46qui,
39:47de manière globale,
39:48en fait,
39:50pose un problème.
39:51Pose un problème
39:51de liberté publique
39:52et pose un problème
39:53de qui contrôle,
39:55en fait,
39:56qui contrôle le contrôleur.
39:57Et c'est là
39:58où on tourne
39:58un petit peu en rond
39:59sur,
40:01en fait,
40:02je dirais,
40:03la balance
40:04entre l'intrusion numérique,
40:06la sécurité parfois,
40:08le respect
40:09de certains propos
40:10et les libertés publiques.
40:12Et on s'aperçoit
40:12qu'en fait,
40:13la balance,
40:14elle pèse
40:14de plus en plus lourd
40:15et les libertés,
40:16en fait,
40:17sont en train,
40:17de liberté publique,
40:18de manière générale,
40:19sont en train,
40:20finalement,
40:20de se dissoudre
40:21notamment au niveau européen.
40:24Alors,
40:25je vous écoute,
40:25j'ai l'impression
40:26d'entendre un propos
40:26qui est de simple bon sens.
40:29Or,
40:30j'ai l'impression aussi,
40:30vous me corrigerez,
40:31que les inquiétudes
40:32que vous relayez
40:33sont plutôt absentes
40:34du discours politique.
40:36À la marge,
40:37quelquefois,
40:37mais une telle inquiétude
40:39que vous portez,
40:39qui est rationnellement fondée,
40:41ne trouve pas encore
40:41un écho dans la classe politique.
40:43Est-ce que je me trompe ?
40:44Alors,
40:44l'écho,
40:45il est très faible,
40:46mais il est faible
40:46pour des raisons
40:47qui sont,
40:48je dirais,
40:48plutôt idéologiques.
40:51C'est-à-dire que là,
40:52tous ces process
40:53sont portés
40:54par l'Union européenne.
40:55Donc,
40:55les dénoncer,
40:57c'est aussi
40:57s'attaquer à l'Union européenne.
40:59Or,
40:59là,
40:59on rentre dans un totem.
41:01Dénoncer le fonctionnement
41:02de l'Union européenne,
41:04dénoncer le manque
41:05de transparence
41:06de certains points
41:07de l'Union européenne
41:08et surtout,
41:08cette tentation
41:09de contrôle systématique
41:11des populations,
41:13ce n'est pas
41:13pour des politiques
41:15qui ne veulent pas
41:15prendre de risques.
41:16Ce n'est peut-être
41:16pas la meilleure approche.
41:18Arthur Le Matrigan.
41:19Alors,
41:20il y a la prise publique.
41:21prise de parole publique,
41:22en effet,
41:23étant donné que ce n'est pas
41:23le courage
41:24qu'ils étouffent,
41:24ils ne vont surtout pas
41:25s'affronter à l'Union européenne.
41:26Mais vous êtes chercheur
41:27dans un think tank
41:28à l'Institut Thomas More.
41:30Et donc,
41:30forcément,
41:31vous discutez
41:31avec des hommes politiques
41:32et en privé,
41:33est-ce qu'ils sont réceptifs ?
41:34Est-ce que c'est quelque chose
41:34qu'ils comprennent
41:35ou ils passent complètement
41:36à côté du sujet ?
41:37Il faut savoir qu'en France,
41:39on est très en retard
41:40sur les questions numériques.
41:41On a vraiment
41:42beaucoup de discours
41:45d'Emmanuel Macron
41:46très proactif
41:48sur le numérique,
41:49le développement
41:49du numérique en France.
41:51On est extrêmement
41:51en retard.
41:52D'ailleurs,
41:53c'est une question annexe,
41:54mais on aura
41:55un vrai problème économique
41:56dans peu de temps.
41:57Parce qu'aujourd'hui,
41:58le numérique,
41:59c'est 30 à 35 %
42:00des capitalisations mondiales.
42:02L'Union européenne,
42:03aujourd'hui,
42:04c'est à 9 %
42:05sur le numérique mondial.
42:07Donc,
42:07il y a une vraie question
42:08et un vrai retard
42:09et une absence
42:10de prise de considération
42:12de ce qu'est le numérique.
42:14C'est-à-dire qu'on a
42:14des politiques français
42:15qui sont dans la grande politique.
42:17C'est un peu sale.
42:18On est un peu
42:19dans le cœur de la machine.
42:21Aller s'intéresser
42:23à des questions,
42:24je dirais,
42:24de techniciens.
42:25C'est un peu veule.
42:26On n'est pas
42:27dans quelque chose
42:28que le politique
42:29du haut de sa stature
42:31a envie de gérer.
42:32Alors,
42:33il nous reste une minute.
42:34Je vous pose une question,
42:36appelons ça sous le signe
42:36de la plus grande inquiétude.
42:38Est-ce que,
42:39d'après vous,
42:39nous nous dirigeons
42:40vers une société
42:41de moins en moins libre,
42:43tout simplement?
42:44Et est-ce qu'on peut voir
42:45à travers tout cela
42:46non pas un totalitarisme
42:47lourd établi,
42:48mais une tentation totalitaire,
42:50consciente ou inconsciente?
42:51Il y a une tentation,
42:53en fait,
42:53de mettre les peuples au pas.
42:56On s'en rend compte.
42:58En fait,
42:58plus l'impuissance
42:59de l'Union européenne
43:01va, je dirais,
43:02devenir éclatante,
43:04puisque c'est un échec
43:05aujourd'hui
43:06sur beaucoup d'aspects
43:07au niveau géopolitique,
43:09au niveau de la défense,
43:10au niveau économique,
43:12au niveau de l'immigration.
43:13L'Union européenne est un échec.
43:16On arrive au bout d'un système
43:18et plus cette tentation
43:19va être importante,
43:20finalement,
43:21de réguler,
43:22d'augmenter la norme,
43:25de faire de la norme à foison
43:26et de réguler
43:27et de tenir,
43:28je dirais,
43:28les populations
43:29dans un état
43:31de contrôle,
43:32d'une sorte de sédation
43:33contrôlée.
43:34Eh bien,
43:35grand merci,
43:35Cyril Dalmon.
43:36Je rappelle que vous êtes
43:37directeur de recherche
43:38pour les questions numériques
43:39à l'Institut Thomas More.
43:41Arthur Devatrigan,
43:42merci.
43:42Mathieu Bocoté,
43:43merci.
43:44Dans un instant,
43:44c'est l'heure des pros.
43:46L'invité de l'heure des pros,
43:47le secrétaire général
43:48Les Républicains,
43:50Ottman Nassrou,
43:51qui sera notre invité
43:52pour nous dire tout
43:53ce qu'il se passe
43:53du côté des LR
43:54et cette crise dans la crise.
43:56Et puis,
43:56vous découvrirez dans un instant
43:58les premiers mots
43:59de Sébastien Lecornu
44:01accordés à nos confrères
44:02du journal du dimanche.
44:05Est-ce qu'il menace
44:06de démissionner
44:07une nouvelle fois ?
44:08Si les conditions
44:09ne sont pas rendus...
44:10Pour être renommé ensuite ?
44:11Je ne sais pas.
44:12On ne dit normalement
44:13jamais 203.
44:14On revient dans un instant
44:15pour l'heure des pros.
44:16Restez avec nous.
Commentaires