00:00Alors, pas pour la science, pour une sorte d'illusion très orgueilleuse d'hyper-rationalité,
00:07où l'homme moderne compte mais ne raconte plus, donc il veut se réduire à des chiffres,
00:13or un chiffre, ça n'est rien, un chiffre on lui fait dire ce qu'il veut, un chiffre en fait c'est bête,
00:18un chiffre n'est intelligent qu'à partir du moment où on l'analyse.
00:21Donc oui, bien sûr qu'on s'est abîmé dans cette vision, et on le voit avec la médecine et la dérive de la psychiatrie,
00:29qui se veut une psychiatrie strictement cognitive et comportementale,
00:33où finalement l'homme pourrait être décrit strictement par ses conduites normales ou déviantes.
00:39Et à partir de ce moment-là, vous passez à côté de la singularité, de la subjectivité,
00:43mais donc aussi des ressources de chaque individu pour se tirer de son malaise,
00:48et aussi de toutes les ressources créatives de la société,
00:50puisque si l'objectif est uniquement de normer les conduites, vous passez à côté de leur signification.
00:55Jung disait, il ne faut jamais supprimer un symptôme tant qu'on n'a pas compris ce qu'il avait à nous dire.
01:00Et aujourd'hui, on voit bien que les grandes pathologies, c'est-à-dire l'explosion de la consommation de psychotropes,
01:05parce qu'anxiété, parce qu'addiction, parce que dépression,
01:08il est le reflet d'une société qui est conduite par une vision erronée.
01:12Le problème, c'est qu'on a fait disparaître la dimension psychique des médias, des plateaux de télévision, etc.
01:18Alors, c'est revenu un peu avec le Covid, parce qu'on ne pouvait pas nier l'ampleur des dégâts,
01:23mais en l'escamotant, en réalité, ça permet de dissimuler, justement,
01:31que les décisions politiques sont prises à partir d'une anthropologie qui est une gestion du troupeau.
01:36Sous-titrage Société Radio-Canada
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