- il y a 5 mois
Vendredi 3 octobre 2025, retrouvez Capucine Lapeyronie (Fondatrice,.Doc), Inès Delasa (Fondatrice, La Boîte à Outinès), Delphine Delhumeau (Fondatrice, Maison Mosaïque) et Marie Adeline-Peix (Directrice exécutive des partenariats régionaux, de la création et de l’action territoriale, Bpifrance) dans LA TOURNÉE ENTREPRENEURIAT QUARTIERS 2030, une émission présentée par Juliette Miglierina, Mathieu Meffre et Sibylle Aoudjhane.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous accueillir pour une nouvelle émission spéciale à l'occasion du lancement de la tournée Entrepreneuriat Quartier 2030.
00:23Il s'agit d'une initiative gouvernementale portée par BPI France qui a pour objectif de soutenir, financer et accompagner les porteurs de projets dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, les QPV.
00:36Cette tournée parcourt toute la France métropolitaine à la rencontre de celles et ceux qui font bouger les lignes de l'entrepreneuriat.
00:43Et pour cette première étape, nous sommes à Rennes, en Bretagne, à la découverte des entrepreneurs et des projets engagés.
00:49Je suis ravie d'ouvrir cette émission avec deux lauréates du prix Talent des Cités qui récompense chaque année des créateurs d'entreprises issus des QPV.
01:01Capucine Laperonier, vous êtes fondatrice de Point Doc. Merci beaucoup d'être avec nous.
01:05Merci.
01:06Et Inès Delazare, vous êtes fondatrice de La Boîte à Outines.
01:09Tout à fait.
01:09Merci d'être avec nous. Est-ce que vous pouvez toutes les deux nous présenter votre solution ? On commence par vous ?
01:15Bien sûr. Moi, j'ai créé Point Doc. Je suis assistante administrative indépendante. J'aide les professionnels et les particuliers dans toutes les tâches administratives.
01:27D'accord. Parce que souvent, c'est des problématiques qui remontent à vos oreilles.
01:30En fait, j'ai remarqué que j'ai travaillé dans plusieurs domaines, dans la restauration, le notisme, la banque.
01:35Et j'ai remarqué que l'administratif était partout et que la plupart des gens n'aiment pas ça. Moi, si.
01:42Ah oui ? Voilà. C'est vrai que c'est rare d'entendre.
01:44Donc, j'ai trouvé l'idée en fait d'ouvrir Point Doc qui signifie digitalisation, optimisation et classement.
01:51Et comment ça se passe ? C'est une plateforme sur laquelle on upload ses dossiers, ses papiers ?
01:56Non. En fait, c'est vraiment à la demande. Donc là, je travaille avec des professionnels, des auto-entrepreneurs et des particuliers.
02:03Donc, ils me parlent de leurs problèmes. Et voilà. Si j'ai des solutions, je les aide.
02:08D'accord. J'ai pas mal d'exemples. Je peux tout faire, on va dire, au niveau administratif.
02:13Oui, parce que c'est tout type d'administratif.
02:15Oui. Je peux créer une auto-entreprise sur l'INPI, par exemple.
02:21Je peux... Donc, j'ai créé un catalogue de livres anciens avec des particuliers.
02:25Faire des photos pour mettre sur des sites. Et de la... Voilà. Je peux déclarer l'URSSAF. Voilà.
02:31Tout type d'action. Et vous, Inès, alors, qu'est-ce que la boîte à outinesse ?
02:36Eh bien, la boîte à outinesse, c'est une entreprise de cofabrication artisanale.
02:40Donc, je suis ébéniste et aussi charpentière de diplôme.
02:43Et j'ai à cœur de mettre en avant les savoir-faire d'artisans accessibles à tous et à toutes.
02:49Donc, je propose de la cofabrication lors de chantiers où les personnes peuvent s'investir dans leurs travaux sur une étape, apprendre à manier une machine ou sur des ateliers collectifs, en petits groupes, venir sur des sujets à thème, pratiquer l'ébénisterie ou la charpente.
03:06Bon, plutôt la petite charpente non structurante.
03:08Oui, cofabrication, c'est vrai que...
03:12Voilà. Oui, c'est assez ambitieux, sinon.
03:14Mais c'est surtout allier un moment convivial, des rencontres, savoir utiliser des matériaux de réemploi, biosourcés, et passer un bon moment tout en s'autonomisant et en apprenant à faire de ses mains.
03:27Donc, cofabrication, ça veut dire que n'importe quel particulier peut arriver dans vos ateliers.
03:32Et il vous propose un projet, comment ça peut se passer idéalement ?
03:37Alors, tout à fait. N'importe quel particulier, peu importe son niveau, c'est là où j'essaie d'être sur mesure et dans le projet et dans l'accompagnement que j'offre,
03:46parce qu'on peut tout à fait se sentir pas légitime, mais en fait, être très capable, parce que tout est réalisable avec les bons outils et avec la bonne méthode.
03:55Donc, en fait, on se présente à moi. Soit on a un projet de rénovation, de travaux chez soi.
04:01Donc là, c'est vraiment un accompagnement sur mesure.
04:04Soit on se présente juste à un atelier à thème, par exemple, manier l'électroportatif.
04:09Et donc, on passe trois heures avec un petit groupe à apprendre comment utiliser telle et telle machine,
04:14quels sont les enjeux de sécurité et les possibilités de chaque machine.
04:18Et à quel stade se trouve votre entreprise ? Là, à présent, est-ce que vous êtes déjà accompagnée ?
04:27Où est-ce que vous en êtes dans vos étapes ?
04:29Moi, mon entreprise, elle est créée. Ça fait deux ans.
04:33Donc, voilà, j'ai été suivie par la BGE et la Passe Création.
04:37Et donc, voilà, moi, là, mon planning a assez pris.
04:40Donc, ça marche bien. J'ai du ponctuel et j'ai des clients récurrents.
04:46Donc, voilà, j'en suis à deux ans et je suis assez contente du résultat pour l'instant.
04:50Et vous ?
04:51Eh bien, moi, je me suis immatriculée avant l'été.
04:53Oui.
04:54Donc, il y a quelques mois et j'officie vraiment à mon compte depuis un mois, depuis début septembre.
04:59Donc, c'est tout frais.
04:59Et on commence à vous connaître ? Vous avez certaines personnes qui vous sollicitent ?
05:03Oui, tout à fait. J'ai eu quelques commandes, déjà une réalisée sur ce mois de septembre.
05:07Et surtout, je mets en place les dates des ateliers collectifs et un peu de prospection sur Rennes et alentour pour venir remplir ces dates-là.
05:13C'était sur quoi la commande, alors ?
05:15C'était une entreprise qui réaménage son hangar pour fabriquer des vélos électriques.
05:20D'accord. Et alors, du coup, ce prix Talon des Cités, qu'est-ce que ça vous apporte à chacune ?
05:26Déjà, une reconnaissance. C'est vrai que c'est motivant.
05:29Ça me motive, en fait, à continuer l'aventure.
05:32Et pourquoi pas développer Point Doc, en fait, pour pouvoir recruter après, pour aider de plus en plus de personnes.
05:39Donc, développer, c'est… Enfin, qu'est-ce qui vous manque pour pouvoir aller à cette échelle supérieure ?
05:43Alors, pour l'instant, j'attendais déjà des clients.
05:46Maintenant, voilà, là, je pense que grâce à ce concours, je vais pouvoir peut-être communiquer, avoir plus de personnes.
05:55Et là, je vais pouvoir transformer mon auto-entreprise en société.
05:58Et pourquoi pas, voilà, recruter et continuer. Point Doc.
06:03Et vous, yes ?
06:04Moi, le Talon des Cités, c'est porter ma voix au-delà de ce que je pouvais penser porter.
06:10Entreprendre, c'est oser faire différemment.
06:12Et le Talon des Cités met vraiment en avant des parcours différents.
06:16Et c'est quelque chose qui m'a vraiment apporté.
06:19C'est aussi montrer que c'est possible quand on trouve les organismes et les structures qui sont là pour soutenir.
06:24Ce qui est mon cas.
06:25Oui, parce que comment est-ce que vous vous êtes dit que vous alliez participer à ce prix ?
06:32Eh bien, ce sont les Premières, les Premières Bretagnes qui m'ont incubée pendant six mois.
06:36Alors, les Premières Bretagnes qui est…
06:37Qui est un réseau d'incubateurs qui soutient les femmes dans l'entrepreneuriat et les équipes mixtes.
06:42Ok.
06:42Et donc, je fais partie des Premières maintenant, après six mois d'incubation.
06:46Et elles m'ont poussée à faire différents concours parce que c'est toujours quelque chose qu'on remporte ou pas de se challenger et d'aller oser faire quelque chose de nouveau.
06:56Et donc là, il se trouve que ça a marché.
06:58Je suis lauréate régionale.
07:00Bravo.
07:00Et justement, c'était difficile.
07:03Vous êtes à différents stades peut-être de vos avancées.
07:05Mais est-ce que jusqu'à présent, vous avez fait face à certains freins ?
07:09C'était difficile pour vous ?
07:10Alors, au début, oui, bien sûr.
07:12Pour se faire connaître, il faut participer à plusieurs réseaux, au café des professionnels.
07:17Ce qui est difficile aussi, c'est d'aller proposer, de faire un devis et en fait d'avoir un refus.
07:22Après, ce qui est bien, c'est que quand je commence à travailler avec quelqu'un régulièrement, je commence avec une heure, deux heures par mois.
07:32Et puis d'un coup, on me demande un peu plus d'heures.
07:34Donc voilà, c'est difficile de trouver les clients, de se faire connaître, je pense.
07:39Oui, c'est ce que vous ressentez aussi.
07:40Oui, tout à fait.
07:41Je découvre que la com, c'est un métier à part entière, bien loin du mien.
07:45Et donc, être chef d'entreprise, c'est aussi réunir tout un tas de corps de métiers et de capacités.
07:50Donc là, moi, c'est mon début. En effet, la prospection, c'est vraiment la première étape.
07:54Oui, c'était vraiment la communication qui était votre, l'aspect vraiment qui vous était étranger.
07:59Oui, complet. Oui, oui. Parmi plein de choses, d'autres aussi.
08:02Mais quand même, la communication, je dirais que c'est le plus loin, oui, de moi.
08:05Est-ce que là, cette aventure avec BPI, ça vous permet d'intégrer un réseau que vous pourrez ensuite solliciter
08:12ou que vous trouvez que c'est très important pour vous aider à vous développer ?
08:16En fait, moi, ce qui va m'aider là, c'est que si je développe .doc, je pense essayer de trouver les personnes
08:24avec qui je vais travailler dans ce réseau, en fait, dans les réseaux quartier 2030.
08:30Voilà, je vais essayer d'intégrer, de participer à des ateliers pour les aider, pour leur montrer comment faire
08:36et pourquoi pas après recruter.
08:38Oui, pour trouver peut-être des nouveaux collaborateurs qui peuvent comprendre aussi
08:41comment fonctionne tout ce monde de l'entrepreneuriat, etc.
08:44C'est exactement ça.
08:45Qu'est-ce que vous attendez aussi ? Ça vous motive d'intégrer un réseau ?
08:51Oui, tout à fait. Oui, oui. Moi, je compte intégrer le réseau des activés de France Active pour l'année 2026.
08:58Donc, oui, passer par le talent des cités et aller rencontrer du monde comme là aujourd'hui, c'est tout à fait intéressant.
09:04Et du coup, là, c'est-à-dire que le territoire, en tout cas de Bretagne, vous l'avez trouvé assez riche
09:10pour pouvoir vous mettre le pied à l'étrier. Vous avez dit que vous avez participé à Première.
09:14Il y a beaucoup d'initiatives comme ça qui vous permettent d'avoir le pied à l'étrier.
09:17Oui, tout à fait. Oui, il y a tout un réseau d'organismes entre eux où chacun se fait la passe
09:21à différentes étapes du projet et de l'entreprise. Donc, oui, c'est quelque chose qui est très florissant.
09:27En Bretagne, je ne sais pas si c'est plus qu'ailleurs. En tout cas, en Bretagne, oui, ça y est.
09:31Vous aussi, c'est ce que vous avez ressenti ?
09:32Oui, moi, en Bretagne, c'est vrai que j'ai participé à plein de réseaux entreprendre aux féminins.
09:36J'ai eu le pass création, j'ai eu des cafés des pros. Et c'est vrai qu'en tout cas, en Bretagne,
09:40je ne connais pas ailleurs non plus, mais il y a de quoi faire. On n'est pas seul, en fait.
09:44Quand on montre quelque chose, on n'est pas seul.
09:46Et vous avez tous les deux participé, du coup, à des accompagnements spécifiques
09:52pour les entrepreneurs féminins. Ça, c'était important pour vous ?
09:56Moi, j'ai participé au réseau entreprendre aux féminins. J'ai essayé plusieurs réseaux.
10:01Et c'est vrai que j'ai trouvé… Voilà, on se sent entre nous et à l'écoute.
10:07Donc, j'ai vraiment aimé ce réseau. Le café des pros aussi à Auré, dans ma ville, qui est très bien.
10:14Qu'est-ce que vous avez ressenti aussi ? C'était important d'être accompagnée par un réseau
10:18qui comprenait les problématiques spécifiques aux entrepreneurs femmes ?
10:22Oui, oui, c'est évident. Dans mon parcours d'artisane, c'est vrai qu'il y a une vraie solitude
10:27du fait d'être femme dans ce monde-là. Et donc, dans l'entrepreneuriat, en fait,
10:31ce n'est pas si différent de l'artisanat. C'est assez compliqué de parler d'argent,
10:35de se sentir légitime. Donc, oui, être accompagnée par des personnes
10:38qui comprennent en détail et qui soutiennent les problématiques des femmes
10:41à entreprendre, c'était essentiel, oui.
10:44Merci beaucoup à toutes les deux. Capucine Laperroni, j'appelle que vous êtes fondatrice
10:48de Point Docs et Inès Delaza, vous êtes fondatrice de La Boîte à Une Tignesse.
10:52Et bravo à toutes les deux. Merci, lauréate.
10:54Merci.
10:59Delphine Delumeau, bonjour.
11:00Bonjour.
11:00Vous êtes fondatrice de Maison Mosaïque et vous êtes lauréate du concours
11:04Money Time, donc axée sur le financement des entreprises.
11:07Tout d'abord, vous pouvez nous raconter quel était le parcours
11:10pour être lauréate de Money Time ?
11:12Il a fallu que je remplisse un dossier et que je l'envoie, tout simplement.
11:16Donc, c'est un concours d'entrepreneurs en phase de recherche de financement.
11:20D'accord. Et alors, Maison Mosaïque, est-ce que vous pouvez nous raconter
11:23ce que c'est que votre entreprise ?
11:26Eh bien, c'est un atelier de création de meubles d'art.
11:29Donc, moi, je crée des tables avec un plateau en mosaïque
11:32à partir de matières premières françaises.
11:35Et puis, je propose aussi des ateliers d'initiation
11:37pour pouvoir transmettre et faire rayonner ce savoir-faire qui me plaît tant.
11:42Pourquoi est-ce que vous avez souhaité participer à cette aventure ?
11:45Je trouve que c'est un défi entrepreneurial.
11:49C'est une manière de pouvoir parler de mon projet, avoir un retour
11:52et puis créer du réseau, ne pas rester seule dans mon atelier.
11:57Oui, c'est vrai parce que les artisans, etc., on les imagine souvent assez solitaires.
12:02Est-ce que c'est ça qui vous manquait ?
12:04C'est peut-être d'avoir un réseau entrepreneurial surtout ?
12:07Oui, exactement. Moi, c'est tout ce que je ne veux pas, être seule dans mon atelier.
12:10J'ai besoin de vie, j'ai besoin de rencontres.
12:13Et pour moi, c'est hyper important d'avoir un réseau d'autres entrepreneurs,
12:17mais aussi d'artistes, d'artisans, pour pouvoir trouver aussi ma source d'inspiration, de conseils.
12:25Oui, c'est vrai que les artisans, on ne les imagine pas forcément à la croisée du monde entrepreneurial.
12:29On les mettra peut-être plus dans un cercle d'artistes.
12:35Est-ce que c'est important pour vous de vous inscrire dans le monde entrepreneur ?
12:41Oui, tout à fait, parce que pour moi, cette activité-là, ce n'est pas une activité de loisir.
12:45Je veux en vivre, en dégager une rémunération.
12:49Donc, c'est important pour moi d'avoir de bons conseils, un bon réseau, d'être bien entourée pour ça.
12:54Donc, vous avez déjà eu l'idée. Maintenant, c'est vraiment l'aspect financement qui vous manque en plus du réseau.
12:59Oui, exactement, parce que là, je suis en phase de prototypage de mes premières tables.
13:03Je suis en train de créer mes premiers produits.
13:06Et là, l'idée, c'est de lancer une collection pour le printemps 2026.
13:09Donc, pour ça, j'ai besoin de fonds pour pouvoir produire ces premières tables et les commercialiser rapidement.
13:16Et donc là, Money Time, vous avez pitché devant des investisseurs, c'est ça ?
13:19Oui, exactement. C'est une première expérience.
13:23C'est très chouette de pouvoir parler de mon projet que j'aime tant et que j'ai envie de faire rayonner.
13:28Donc, j'espère que j'aurai d'autres occasions.
13:31Ça s'est bien passé ?
13:32Oui, je crois.
13:34Est-ce que vous avez déjà eu des conseils, justement, pour pouvoir aller à l'échelle supérieure, trouver ces financements ?
13:40Et bien, justement, l'idée, là, c'est que tous les financeurs potentiels m'ont dit que je ne demandais pas assez d'argent
13:46et qu'il fallait voir plus grand.
13:47Donc, je vais revoir un peu ma copie.
13:50Ah oui, prendre plus de risques, oser.
13:53Exactement.
13:54Est-ce que… et quelle est votre, entre guillemets, valeur ajoutée dans ce monde entrepreneuriel
14:00en tant qu'artisan, venant du monde de l'artisan, de l'artisanat ?
14:06Qu'est-ce que vous apportez de plus qu'on ne va pas forcément voir chez d'autres artisans ?
14:11Je crois que c'est la créativité, le fait main, le fait en France, de valoriser d'autres savoir-faire au travers de mes créations.
14:20Ça, c'est un pilier qui est très important chez Maisons Mosaïques, c'est de créer à partir des matières premières françaises
14:26pour sublimer le travail d'autres artisans d'art.
14:30Et déjà, d'être lauréat de Money Time, ça vous a apporté un coup de projecteur
14:34ou ce n'est pas encore le moment d'être sous la lumière ?
14:39Pas encore, mais peut-être que dans deux jours, je vous dirais que oui, il y a eu des retombées.
14:44Pour l'instant, c'est d'aujourd'hui, donc c'est encore trop frais pour le dire.
14:48Parce que c'est quoi la suite ?
14:50Eh bien, la suite, donc on a pitché les trois lauréats aujourd'hui
14:54et ensuite, a priori, il y a une finale nationale à Paris pour pitcher.
14:59Eh bien, je vous souhaite beaucoup de courage.
15:00Merci beaucoup.
15:01Merci beaucoup, Delphine Delimo.
15:02Je rappelle que vous êtes fondatrice de Maisons Mosaïques.
15:05Merci beaucoup.
15:08Et pour cette dernière partie d'émission, je suis ravie d'être en compagnie de Marie-Adeline Pex.
15:12Bonjour.
15:13Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous.
15:14Avec plaisir.
15:15Vous êtes directrice exécutive des partenariats régionaux et créations entrepreneuriales chez BPI France.
15:19Vous avez réalisé toutes les éditions de cette tournée entrepreneuriat quartier 2030.
15:26Quel était le constat de départ il y a cinq ans, c'est ça ?
15:30Oui.
15:30Alors, le constat de départ, c'est que la dynamique entrepreneuriale dans les quartiers, elle est très forte.
15:37Quand on interroge les gens, ils se disent, oui, pourquoi pas ?
15:42Le passage à l'acte est beaucoup plus compliqué.
15:44Et puis, il y a encore pas mal de gens qui se disaient, il y a cinq, six ans, l'entrepreneuriat, ce n'est pas pour moi, en fait.
15:53L'entrepreneuriat, je ne suis pas fils d'entrepreneur, je n'ai pas fait HEC, j'habite dans un quartier prioritaire, je n'ai pas de réseau, ce n'est pas pour moi.
16:00Donc, c'était le premier constat.
16:03Et le deuxième constat, c'est que quand on a interrogé les entrepreneurs qui avaient été accompagnés dans leur projet entrepreneurial par différents réseaux,
16:11notamment les réseaux qu'on a réunis au sein du collectif Caprea, ils nous ont dit, c'est super.
16:15J'ai rencontré par hasard Younes, Isabelle, Bernadette, et vraiment l'accompagnement, c'est super.
16:22Mais par hasard, à chaque fois, c'était j'ai eu la chance d'eux, quelqu'un m'a dit que, voilà.
16:30Et en fait, tout l'enjeu que l'on avait, enfin un des enjeux que l'on avait et qu'on cherche à atteindre avec la tournée, c'est de rendre le hasard possible à tous.
16:40C'est d'expliquer à chacun, non pas que c'est facile d'entreprendre, parce qu'en fait, la réalité, c'est qu'entreprendre, c'est extrêmement exigeant.
16:47Mais qu'il ne doit y avoir aucune forme de déterminisme qui fait dire que, parce que je suis une femme, parce que je viens d'un quartier,
16:55parce que j'ai fait telle ou telle étude ou parce que je ne vais pas hériter de la boîte de mon papa, l'entrepreneuriat, ce ne serait pas pour moi.
17:02On veut absolument rendre possible cette aventure incroyable qu'est l'entrepreneuriat pour tous ceux qui ont envie de passer le pas.
17:10Et de jouer tous ces clichés qui peuvent être très solides.
17:13Exactement.
17:13Et alors, avant de venir sur l'édition 2025, est-ce qu'il y a déjà un bilan ? Qu'est-ce que vous apprenez ces dernières éditions ?
17:23Ce qu'on constate quand on regarde les chiffres, et il faut être modeste, parce que tout n'est pas lié à l'action de BPI France
17:32et de ses partenaires en soutien à la création d'entreprises dans les quartiers.
17:35Mais ce qu'on constate quand on regarde les chiffres, c'est qu'il y a cinq ans, on fait tous les deux ans une enquête qu'on appelle l'indice entrepreneurial français.
17:44On interroge 5000 personnes, dont des entrepreneurs des quartiers, et on les positionne dans la chaîne entrepreneuriale.
17:51Est-ce que je suis entrepreneur, porteur de projet ? Est-ce que je suis intentionniste ? J'envisage de me lancer.
17:57On fait ça depuis 2018, et la première édition, on a constaté qu'il y avait un Français sur trois qui était dans cette dynamique entrepreneuriale.
18:07C'est énorme.
18:08C'est beaucoup.
18:09Une Française sur quatre, on pourra en reparler peut-être à une autre émission, et un habitant des quartiers sur cinq.
18:16D'accord.
18:17C'était en 2018.
18:18La dernière fois qu'on a fait cet indice entrepreneurial français, en 2024, les chiffres ont évolué, et on a un habitant des quartiers sur quatre, et non plus sur cinq, qui se met dans cette dynamique entrepreneuriale.
18:32On a encore un enjeu, enjeu qu'on a cherché à traiter cette fois-ci dans la tournée, et on en reviendra, qui est le passage à l'acte.
18:38C'est-à-dire qu'on a plus d'intentionnistes dans les quartiers, on a moins de gens qui se disent « c'est pas pour moi », mais on a encore des gens qui se disent « en fait j'ai trop de freins, je ne vais pas trouver de financement, je ne sais pas qui peut m'accompagner ».
18:52Donc c'est ce passage à l'acte, cette tournée-là, on l'a beaucoup tourné autour du passage à l'acte.
18:58Alors justement, 2025, qu'est-ce qu'il y a de nouveau ? Qu'est-ce qui permet d'avancer encore dans cette évolution ?
19:04Alors en 2025, en 2024, on a lancé un grand programme qui s'appelle Entrepreneuriat Quartier 2030, qui est un programme renforcé d'accompagnement et de financement et d'accélération des projets qui sont dans les quartiers.
19:17On a, avec le soutien de l'État et de la Caisse des dépôts, mobilisé beaucoup de moyens pour pouvoir plus accompagner et plus financer.
19:24On a poursuivi et développé nos actions d'aller vers pour aller chercher des projets là où ils sont, mais on a aussi renforcé beaucoup l'accompagnement, le financement.
19:35Et cette tournée, cette année, plutôt que de faire une tournée très ouverte pour tous, pour convaincre à « c'est pour vous »,
19:43On a fait cette tournée orientée business, très business et orientée très fortement financement pour que les gens qui ont déjà été accompagnés dans le cadre du programme
19:57ou qui ont été identifiés dans le cadre du programme, on travaille avec eux, on les amène dans un temps extrêmement orienté sur le business et le financement
20:08pour partager des expériences, pour faire connaître des solutions de financement qui existent, pour apprendre à parler banquier, pour travailler sur son business plan.
20:21Donc c'était vraiment une volonté que de réduire le périmètre à une expertise et un périmètre très qualifié de porteur de projet suffisamment mature
20:31pour leur dire maintenant, si vous voulez vraiment vous développer, si vous voulez pouvoir vivre de votre entreprise,
20:38c'est quand même la moindre des choses, pouvoir manger à la fin du mois, à un moment il faut parler financement.
20:45Il faut aller chercher du financement auprès des réseaux d'accompagnement, il faut aller chercher des prêts d'honneur.
20:50On a mis en place un prêt d'honneur quartier, il faut aller convaincre les banquiers.
20:54S'endetter c'est pas mal, s'endetter c'est parfois essentiel pour permettre le développement de son entreprise
21:00et il faut y penser tôt et ça c'est aussi un gros message de tout après-midi.
21:05Quand vous créez une boîte et que vous allez chercher de l'argent au moment de sa création,
21:10pour un financeur, pour un banquier, pour les réseaux qui font des prêts d'honneur, vous êtes une opportunité.
21:15Si vous revenez un an, 18 mois après en me disant, bah oui je me suis lancé mais là je pensais que ça irait plus vite,
21:23mon projet, là vous devenez un risque.
21:26C'est plus facile d'aller chercher des fonds quand on se lance que d'aller chercher des fonds quand on est dans la galère en réalité.
21:32Et donc, financer sa boîte dès le départ, c'est éviter de monter l'Everest en tongs, partir avec les moon boots, le bonnet, les gants
21:45et accessoirement les sherpas de l'accompagnement, ceux qui sont tous derrière ce petit coq, le coq de la création
21:51et qui vont vous accompagner dans la réussite de votre projet.
21:54Et ça c'est quand même une problématique qui résonne dans la tête de tous les entrepreneurs,
21:58mais comment est-ce qu'on le fait pour l'appliquer d'autant plus pour les entrepreneurs de quartier prioritaire ?
22:04Alors, d'abord on a, c'est effectivement un sujet pour tous les entrepreneurs
22:09et très souvent les gens qui créent se disent, et notamment les femmes,
22:13non mais je ne veux pas m'endetter, je ne veux pas mettre en risque le patrimoine de ma famille,
22:17je vais faire avec de la love money, voilà.
22:20Donc c'est un sujet qui est un sujet qui touche tout le monde,
22:24qui touche particulièrement les entrepreneurs des quartiers,
22:27parce que la réalité c'est qu'en général ils ont moins de ressources propres,
22:32on n'hérite pas beaucoup dans les quartiers,
22:37et on n'a souvent pas de patrimoine financier,
22:41et donc de mise de départ, on n'en a pas forcément.
22:46Et donc il y a un aspect renforcé autour de la prudence,
22:52c'est pour ça qu'on a mis en place un prêt d'honneur quartier.
22:56Le prêt d'honneur quartier, c'est un prêt qui va être fait à la personne,
23:00donc que je vais vous faire à vous,
23:02que vous allez pouvoir injecter dans votre entreprise,
23:05ce qui veut dire que ça va devenir les fonds propres de votre entreprise,
23:09et avec les fonds propres de votre entreprise,
23:12vous allez pouvoir aller lever notamment de la dette auprès des banques,
23:14et une prise de risque un petit peu plus diminuée, partagée.
23:18Partagée, c'est un prêt qui fait sans garantie,
23:21donc je ne vous demande pas d'hypothéquer la caravane de votre grand-mère.
23:25C'est un prêt qui est à taux zéro,
23:28et c'est un prêt qui est à différer de remboursement,
23:31qui vous permet de commencer à faire du business
23:34et à récupérer de l'argent,
23:37avant de me rembourser.
23:39Et donc, ce dispositif-là, il est spécifique,
23:42il existe partout en France, le prêt d'honneur,
23:44dans les quartiers, il a été simplifié,
23:48notamment simplifié par le fait qu'au lieu de vous demander
23:50un euro de financement bancaire en face de votre financement prêt d'honneur,
23:56je vais vous demander, avec un euro de financement bancaire,
23:59moi je vais vous faire 2 euros de prêt d'honneur.
24:01Ces prêt d'honneur, ils sont...
24:03Et par ailleurs, si vous n'avez pas accès au financement bancaire,
24:06eh bien l'ADI, qui est un réseau d'accompagnement
24:09qui fait du micro-crédit,
24:11va pouvoir apporter le co-financement,
24:15et donc permettre à des gens qui aujourd'hui
24:17n'ont pas accès à du financement bancaire
24:19de quand même bénéficier d'un prêt d'honneur.
24:21Donc c'est vraiment un dispositif extrêmement utile,
24:26et pour simplifier encore les choses,
24:30vous n'êtes pas obligé d'aller chercher le financement à l'ADI,
24:33puis le financement chez BPI, puis le financement d'adada.
24:36L'ADI que vous allez rencontrer,
24:39elle va vous rencontrer, accompagner votre projet,
24:43constater qu'il est finançable,
24:45vous financer et solliciter directement le financement auprès de BPI.
24:49Donc vous n'êtes pas obligé de faire le tour des popotes
24:53et d'aller chercher 50 financements à 50 endroits.
24:58Le message aussi que l'on porte,
25:02et que l'on porte très fortement dans les quartiers comme ailleurs,
25:05c'est faites-vous accompagner,
25:07et ces financements-là, ils sont liés à un accompagnement.
25:11On a l'habitude de dire,
25:14les réseaux d'accompagnement,
25:16on les a réunis au sein d'un collectif,
25:18qu'on appelle le collectif CapCrea.
25:19Le petit message, notre nouvelle campagne de communication,
25:24c'est venez avec une idée, repartez avec un réseau.
25:27Et ça, c'est particulièrement important dans les quartiers,
25:30parce que très souvent,
25:32ce que nous disent les entrepreneurs de ces territoires,
25:35c'est, moi, je n'ai pas de réseau.
25:37En fait, j'ai un réseau familial,
25:38j'ai un réseau de proximité,
25:40mais le réseau qui va pouvoir me permettre
25:42d'aller recruter facilement,
25:44ou d'aller trouver les clients plus facilement,
25:47et bien, je ne l'ai pas.
25:48Donc, il faut que je me le construise.
25:51Et participer à des accélérateurs
25:53portés par Entrepreneuriat Quartier 2030,
25:56candidater à des concours comme Money Time
25:59ou comme Talent des Cités,
26:00qu'on a mis en valeur aussi à l'occasion de la tournée,
26:03et bien, c'est le moyen de se faire un réseau,
26:04de se faire connaître,
26:06et du coup, de gagner en visibilité,
26:08de renforcer ses chances de réussite.
26:09Marie-Anne Inpex, il nous reste une minute.
26:11Vous avez travaillé longtemps en Bretagne,
26:13et justement, ce vivier d'entrepreneur,
26:15comment le qualifier ?
26:17Est-ce qu'il est dynamique dans la région ?
26:19La Bretagne, c'est une terre d'entrepreneur.
26:21Alors, tout le monde n'est pas Pinault ou Leclerc,
26:26mais la Bretagne, c'est une terre d'entrepreneur
26:29très forte,
26:31avec une très forte tradition
26:34de travail en collectif.
26:37D'accord.
26:40Un sentiment de partage et d'appartenance très fort
26:44qui rend cette terre extrêmement dynamique
26:47et qui en fait, au-delà de ma terre de cœur,
26:51une terre incroyable.
26:52Merci beaucoup, Marie-Anne Inpex.
26:54Je rappelle que vous êtes directrice exécutive
26:56des partenariats régionaux et créations entrepreneuriales
26:58au sein de BPI France.
26:59Merci à vous toutes et tous
27:01de nous avoir suivis sur Bsmart4Change
27:03pour le lancement de la tournée
27:05Entrepreneuriat Quartier 2030.
27:06Sous-titrage Société Radio-Canada
27:12– Sous-titrage Société Radio-Canada
27:14– Sous-titrage Société Radio-Canada
27:16– Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires