- il y a 4 mois
Les clefs d'une vie - Nicolas d'Estienne d'Orves
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PersonnesTranscription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:06Voici 40 ans jour pour jour, Simone Signoret nous quittait.
00:10Loin des plateaux, elle n'a jamais fait le moindre cinéma, bien au contraire.
00:14Vous avez choisi de la raconter à travers une histoire d'amour qui fait aussi partie de sa légende.
00:18Bonjour Nicolas Lettienne d'Or.
00:20Bonjour Jacques.
00:21Alors vous publiez Simone Signoret, histoire d'un amour chez Calman Levy.
00:25Et évidemment je me suis dit pour célébrer les 40 ans de sa disparition,
00:28il fallait vous inviter.
00:30Alors c'est l'histoire de Signoret et Montand,
00:33mais en même temps il y a toute l'histoire de Signoret qu'il faut raconter à travers ça.
00:36En fait je me suis vraiment recentré sur le coup de foudre
00:40et toutes les convictions de ce coup de foudre.
00:42C'est comme si c'était la vie et mort d'un coup de foudre.
00:44On commence en 49 cette fameuse rencontre et on va jusqu'à la mort de Marilyn.
00:48Donc c'est vraiment, en fait c'est un roman sur Signoret et Montand et aussi sur les années 50.
00:52Alors on va en parler tout à l'heure bien entendu
00:54et on va évoquer simplement la carrière de Simone Signoret.
00:58dont on va tout de suite entendre la voix.
01:00Je ne suis pas menteuse.
01:02Je mens comme tout le monde, mais pas beaucoup.
01:05Enfin moins possible.
01:06Elle n'était pas menteuse, mais elle avait du caractère.
01:09On va en parler.
01:10Alors première date que j'ai trouvée, c'est le 15 avril 1938,
01:14car c'est son premier choc politique.
01:16Elle découvre un roman qui vient de sortir,
01:19La nausée de Jean-Paul Sartre.
01:21Et c'est vrai que ce roman,
01:22ce dialogue opposant l'humanisme à l'individualisme,
01:24c'est la découverte de la politique pour elle.
01:28Il faut dire une chose,
01:28c'est que Signoret était une fille de bourgeois.
01:31Elle a grandi un oeil sur scène.
01:32Elle était éduquée.
01:33Elle était très...
01:34Voilà, elle a passé son baccalauréat.
01:36Ce qui à l'époque pour les femmes n'était pas toujours le cas.
01:38Donc c'est quelqu'un qui est vraiment...
01:38C'est une femme qui réfléchissait,
01:40qui était passionnée du littérature.
01:42Ses autres chocs esthétiques,
01:43ça a été la condition humaine.
01:45Ça a été les Thibauts de Martin Dugard.
01:46C'était une femme qui lisait,
01:48ce qui n'était vraiment pas le cas de Montand.
01:49Et puis la politique,
01:51elle avait une mère qui était en fait très engagée politiquement.
01:53Un père qui va partir à Londres pendant la guerre
01:55et qui ensuite va travailler pour l'ONU
01:57et être l'un des inventeurs de la traduction simultanée.
02:00Enfin donc c'était une femme pour qui la politique était un combat permanent.
02:05Et La Nausée, c'est un roman de celui dont on va entendre aussi la voix.
02:09Je pense en particulier qu'un enfant subit toujours l'influence de son père
02:15sur le plan des professions, de la propriété.
02:19C'est une foule de choses.
02:20Jean-Paul Sartre, c'était son premier roman philosophique
02:23et partiellement auto-fictionnel.
02:25Et d'ailleurs ce roman a été classé dans la liste des grands prix
02:29des meilleurs romans du siècle.
02:30Et c'est vrai que je crois qu'elle a découvert ce roman à 17 ans
02:34grâce à un de ses copains qui tenait le livre de son professeur de lettres
02:38qui était Jean-Paul Sartre.
02:39Absolument un oeil sur scène.
02:40C'est ça.
02:41Et ça, ça l'a beaucoup marqué.
02:42Ça l'a beaucoup marqué.
02:43De toute façon, elle avait besoin de nourriture spirituelle,
02:46de nourriture intellectuelle.
02:47Dieu sait si elle aimait boire, manger et fumer.
02:49Mais c'est quelqu'un qui lisait et qui d'ailleurs finira sa carrière
02:51en se découvrant écrivain et en se découvrant bon écrivain.
02:55Alors il faut savoir qu'elle est née à Wiesbaden,
02:58qui est l'une des plus anciennes cités thermales d'Europe
03:00et qui est célèbre pour ses 26 sources d'eau chaude.
03:03On l'appelle la Nice du Nord,
03:05car elle a l'un des climats les plus doux d'Allemagne.
03:07J'adore apprendre des choses sur vous.
03:08Alors elle dit ne jamais avoir conservé le moins de souvenirs de ses années,
03:13car elle est née là parce que son père était là.
03:15Son père était en fait militaire.
03:16Son père a fait partie des troupes d'occupation françaises en Allemagne.
03:20Et en fait, elle y a vécu, je crois, à peine un an.
03:23Après ça, ils sont rentrés.
03:24Elle n'a aucun souvenir.
03:25Il se trouve que ce n'est pas accident qu'elle est née en Allemagne.
03:27Oui.
03:28En fait, elle s'appelle à l'époque Simone Kaminker,
03:30le nom de son père.
03:31Et effectivement, ça dure deux ans.
03:32Et son père retourne à la vie civile.
03:35Et il va travailler dans la société d'Étienne Damour,
03:38qui est un pionnier de la réclame, de la publicité.
03:40C'est un des pionniers de la publicité.
03:43Mais pour ce monsieur Lamour,
03:45travailleront aussi Paul Grimaud, Jacques Prévert,
03:48beaucoup de personnes.
03:49Il y a Jacques Prévert qui travaille aussi.
03:51Il y a Céline, qui est collaborateur médical.
03:54Et Violette Leduc pour les Frères d'Issac.
03:56C'est assez chic quand même.
03:57Ça fait chic.
03:58Et c'est vrai qu'on a totalement oublié ce monsieur,
03:59qui est le véritable inventeur de la réclame,
04:02avant Marcel Bessin-Blanchet.
04:03Absolument.
04:04Donc, elle s'installe à Neuilly.
04:06Elle grandit dans cet univers bourgeois.
04:08Et à l'école, elle est excellente en lettres
04:11et nulle en mathématiques.
04:13Elle était prédestinée malgré tout.
04:15Et elle était bonne en langue.
04:16Elle est très bonne en langue.
04:17Et ses parents vont même l'envoyer faire un séjour linguistique en Angleterre,
04:22ce qui n'était pas donné à tout le monde à l'époque.
04:23Et un bilinguisme qui va ensuite l'aider pour sa carrière.
04:26Alors, il se trouve, Nicolas Détiendorf,
04:28que Simone Signoret a une autre spécialité qu'on ne connaît pas.
04:31Elle est très forte en sport et en gymnastique,
04:33à tel point qu'on dit qu'elle a un côté garçon manqué à l'époque.
04:36D'ailleurs, de ce point de vue-là, elle se retrouvera avec Yves Montand,
04:40qui préparait ses tours de champs comme des compétitions sportives.
04:44Donc, il se trouve aussi qu'elle va avoir deux frères,
04:48je crois Alain et Jean-Pierre.
04:49Absolument.
04:50Et que le père étant souvent absent,
04:52elle va devenir le bras droit de sa maman, Simone Signoret.
04:55Elle va devenir la mère de substitution.
04:57Elle va devenir une grand-sœur très très très présente.
04:59Et Alain mourra tragiquement dans les années 50.
05:03Et elle a toujours dit qu'elle a perdu l'enfant qu'elle a perdu,
05:07qu'elle a perdu son fils.
05:07Oui, il est mort noyé, je crois.
05:09Il est mort noyé.
05:09En fait, il travaillait sur un tournage,
05:12sur un documentaire sur les marins de l'île de Sein.
05:14Et ils ont voulu, en plus du tournage,
05:16aller sauver un bateau qui était en train de couler.
05:19Et là, il est mort.
05:21Alors, il se trouve que la drôle de guerre éclate.
05:23Et elle va suivre ses parents à Vannes, en Bretagne.
05:26Pourquoi Vannes ?
05:26Parce que tout simplement,
05:28en fait, ils allaient passer l'été en Bretagne tous les ans.
05:30Et on arrive, on est en septembre 1939.
05:35Effectivement, ils se disent,
05:35bon, on ne va pas rentrer à Paris,
05:36on ne sait pas ce qui va se passer, restons là.
05:38Et elle passe une année à Vannes.
05:39Et c'est même à Vannes qu'elle passe son baccalauréat.
05:42Oui.
05:42Et puis, elle a une prof d'histoire qui va la marquer beaucoup,
05:45une certaine Lucie Samuel.
05:47Qu'on connaîtra quelques années plus tard,
05:48sous le nom de Lucie Aubrac.
05:49C'est fou, hein ?
05:50Alors, il se trouve que cette histoire est insensée
05:52parce qu'au départ,
05:53Lucie Aubrac a passé le concours d'institutrice.
05:55Elle l'a ratée au départ, elle le réussit.
05:57Mais elle n'a pas le bac.
05:58Et pour aller plus loin, elle va passer le bac,
06:00faire une licence d'histoire,
06:02une agrégation d'histoire en autodidacte
06:05et être mutée à Vannes en 1938.
06:07Et c'est étonnant, c'est qu'ensuite,
06:08dans l'Armée des Ombres,
06:09le personnage de Mathilde est inspiré
06:11du personnage de Lucie Aubrac,
06:12personnage que jouera Simone Signoret.
06:14Et à l'époque, d'ailleurs,
06:14Lucie Aubrac, avant l'Armée des Ombres,
06:16on n'en parlait pas beaucoup.
06:17Les femmes résistantes,
06:18c'était encore quelque chose de secret.
06:20Absolument.
06:21Et vous connaissez bien l'histoire
06:22puisque dans votre famille,
06:23il y a eu des résistants.
06:24De la première heure, absolument.
06:26Absolument.
06:27C'était lesquels ?
06:27C'était mon oncle, l'honoré d'Estiendor,
06:29donc le frère de mon grand-père,
06:30qui a été fusillé le 29 août de 1941.
06:32Et puis, à Vannes,
06:33elle rencontre aussi un jeune cinéaste
06:34qui rêve de faire ce métier,
06:36qui est Alain René.
06:37Voilà, qui est le fils des pharmaciens.
06:38Qui est le fils de pharmaciens de Vannes.
06:40Mais c'est très étonnant,
06:41c'est comme au lycée à Neuilly,
06:44son grand ami,
06:46c'est le futur Chris Marker.
06:47C'est fou, hein ?
06:48Et elle sympathise tout de suite,
06:50même si elle ne veut pas du tout
06:51faire de cinéma à l'époque.
06:52Bon, elle ne pense pas à ça.
06:53Elle est très jeune,
06:54elle revient dans le Paris Occupé,
06:57elle ne sait pas vraiment ce qu'elle veut faire.
06:59Mais il se trouve aussi
07:00qu'elle était au lycée à Neuilly
07:03avec Corinne Luchère,
07:04qui, elle, est devenue une comédienne
07:05très très connue,
07:06mais très très peu de temps.
07:07Oui, alors il se trouve d'abord
07:08qu'elle passe le baccalauréat,
07:09ça c'est sûr,
07:10baccalauréat de philosophie.
07:12Et puis, son père va à Londres,
07:13il va travailler pour la France libre.
07:15En fait, surtout,
07:16elle ne le sait pas.
07:17Le père disparaît, il part.
07:19Ils ne savent pas où il est
07:19parce qu'il s'appelle Kamanker,
07:20donc il est juif.
07:22C'est des juifs assimilés
07:23depuis très très très longtemps,
07:24pas du tout religieux,
07:24mais il n'hésite même pas.
07:26Il part et donc il laisse quand même
07:27sa femme et les trois enfants
07:29en France.
07:31Et il faut bien qu'ils survivent.
07:33Donc, Simone Signoret décide de...
07:35Il faut qu'elle cherche du travail.
07:36D'abord, elle fait des petits métiers
07:38et puis ensuite,
07:40elle veut travailler pour les studios à recours.
07:44Elle ne sait pas comment faire.
07:45Et donc, elle se souvient
07:46que sa copine Corinne Luchère
07:47est devenue actrice.
07:48Donc, elle appelle chez les Luchères,
07:49elle tombe sur Mme Luchère,
07:50la femme de Jean Luchère,
07:52grand baron de la presse collaborationniste,
07:53qui dit, écoutez,
07:54ce que je peux vous conseiller,
07:55c'est d'aller voir mon mari.
07:56Je crois qu'il a besoin d'une assistante.
07:57Et ce qui est extravagant,
07:59Simone Kamanker,
07:59donc à moitié juive,
08:00se retrouve à être
08:01la secrétaire particulière
08:03d'un des barons
08:04et des plus ultra collaborationnistes.
08:06Oui, Jean Luchère.
08:07Jean Luchère qui a écrit ce jour-là
08:08qui s'appelait Les Nouveaux Temps.
08:09Exactement.
08:10Et Corinne Luchère, en fait,
08:11va faire une carrière de comédienne.
08:12Elle va...
08:13Ça va marcher pendant quelques années.
08:15Et puis, elle va mourir
08:16parce qu'elle va attraper une tuberculose.
08:19Et au début des années 50,
08:20alors qu'elle était une gloire décente,
08:22elle disparaît.
08:23Elle disparaît.
08:24Elle est totalement oubliée.
08:25Et même pendant la guerre,
08:26elle ne fait plus grand-chose.
08:27Elle fait surtout la fête
08:27avec des Allemands dans les boîtes de nuit.
08:29C'est autre chose.
08:29Et puis, elle fait la fête aussi,
08:31Simone Signoret,
08:32mais à Saint-Germain-des-Prés.
08:33Car elle découvre ce quartier.
08:35Elle crée avec les habitués du Café de Flore
08:38des liens intellectuels.
08:39C'est-à-dire qu'en fait,
08:40elle rentre dans un petit cénacle.
08:42Alors qu'elle est encore à travailler
08:45au théâtre et par l'intermédiaire
08:48d'un jeune homme
08:48qu'elle rencontre dans une pièce de théâtre,
08:51elle est introduite
08:52dans ce qu'on appelle
08:52la bande du Flore
08:53qui sont des anciens membres
08:54du groupe Octobre,
08:55c'est-à-dire Mouloudji,
08:56Fabien Loris,
08:57Prévert qui n'était pas là,
08:59mais qu'elle va rencontrer ensuite.
09:00Et donc, elle découvre
09:01une sorte de cénacle
09:02qui vit quasiment en phalanstère
09:04à l'intérieur du Café de Flore,
09:06complètement en parallèle
09:07avec le Paris occupé,
09:08des gens qui sont plutôt de gauche,
09:09très engagés,
09:10souvent communistes,
09:11mais qui vivent dans une sorte
09:12d'état dans l'état
09:13qui est le Flore.
09:15Épucelage politique,
09:16intellectuel et artistique.
09:17Oui, mais Nicolas Détienne d'Or,
09:18il faut savoir que dans cette bande,
09:20il y a les frères Marc,
09:22c'est-à-dire le futur Francis Lemarque,
09:24il y a Mouloudji.
09:25Absolument.
09:25Mouloudji, à l'époque,
09:26était un jeune comédien
09:27qui a tourné dans la guerre des gosses
09:29en sortant de l'école du spectacle
09:31où il avait comme condisciple
09:33Charles Aznavour.
09:34Il a tourné dans les disparus
09:35de Saint-Agile,
09:36juste avant la guerre.
09:37Il a habité,
09:38parce qu'il n'y avait pas
09:38de domicile fixe
09:39chez Jean-Louis Barrault,
09:41qui a découvert le spectacle
09:42et il fait partie de cette bande,
09:44cette bande qui va marquer son époque.
09:46Oui, et il tournera
09:47tout en étant,
09:49il était, il me semble,
09:51à moitié cabile
09:51et il tournera
09:52dans Les Inconnus dans la maison
09:53où il jouera le rôle
09:55entre guillemets du Métèque
09:56et d'ailleurs le nom sera changé
09:59lorsque le film sera redoublé
10:01après la guerre.
10:02Cette bande du Café de Flore,
10:03elle est devenue mythique ?
10:04Elle est devenue mythique
10:04parce qu'ils se sont essaimés
10:06et elle,
10:06pour Simone Signoret,
10:07c'est extraordinaire.
10:08C'est comme ça
10:08qu'elle fait ses premiers pas
10:11dans le cinéma,
10:12mais comme elle s'appelle Kaminka
10:13et qu'elle est à moitié juive,
10:15elle ne peut pas avoir
10:15la carte du COIC
10:17qui est en fait
10:17le permis de tourner.
10:19Elle n'a le droit
10:20de faire que des rôles de figurante.
10:22Ça, on va en parler,
10:23mais surtout ce qui est important,
10:24c'est qu'elle découvre,
10:24elle se découvre
10:25une vie intellectuelle
10:26qu'elle n'imaginait pas
10:27et qui va rester présente
10:29même si elle n'en parle pas toujours
10:31lorsqu'elle tourne.
10:32Oui, mais de toute façon,
10:33c'est une époque de bande,
10:35c'est une époque de gang,
10:37c'est une époque de clan
10:37et elle va avoir aussi
10:39ses premiers vrais flirts
10:40avec des comédiens montants,
10:41avec d'abord Daniel Gélin
10:43et puis ensuite,
10:44Daniel Gélin,
10:44elle le trouve un peu jeune,
10:45elle avait besoin d'un mentor
10:46et après,
10:47elle a eu une aventure
10:48avec Marcel Duhamel,
10:49le fondateur de la série Noire,
10:51grand intellectuel
10:51qui l'initie au jazz aussi,
10:53qui lui fait lire des livres
10:53et puis ensuite,
10:54elle rencontre Yves Allégret
10:55qui va lui donner
10:57ses premiers rôles au cinéma.
10:58Ça, on va en parler.
10:58Il faut savoir que
10:59Marcel Duhamel,
10:59la série Noire,
11:00le nom a été trouvé
11:01par Jacques Prévert
11:02et est rentré dans l'histoire
11:03mais effectivement,
11:05il y a eu beaucoup,
11:05beaucoup de choses d'autres
11:06dans la vie
11:07de Simone Signoret
11:08et on va l'évoquer
11:09à travers une autre date
11:10pendant la guerre,
11:11le 6 mars 1942.
11:13A tout de suite
11:14sur Sud Radio
11:14avec Nicolas Détiendorf
11:16pour parler de Simone Signoret.
11:17Sud Radio,
11:18les clés d'une vie,
11:19Jacques Pessis.
11:20Sud Radio,
11:21les clés d'une vie,
11:22mon invité Nicolas Détiendorf
11:24pour ce livre
11:24Simone Signoret,
11:25histoire d'un amour
11:26chez Calman Lévy.
11:28Simone Signoret
11:28qui a disparu
11:29voici exactement 40 ans
11:31et le cinéma,
11:33ça n'a pas démarré
11:33tout de suite
11:34et j'ai trouvé
11:35la date du 6 mars 1942,
11:37Nicolas Détiendorf
11:38puisqu'elle fait ses débuts
11:40dans un film de Jean Boyer,
11:41Le Prince Charmant.
11:43C'est une histoire totalement folle.
11:44Rosine et sa soeur Ginette
11:46posent pour des cartes postales.
11:48Elles rencontrent un monsieur
11:49qui est un belâtre
11:50qui s'est passé pour un voyou
11:51qu'elle va épouser.
11:52Enfin,
11:53c'est un peu n'importe quoi
11:54et elle apparaît,
11:55je crois,
11:55pendant quelques secondes
11:56dans un tailleur élégant
11:58en train de boire un verre
11:59dans une boîte de nuit.
12:00C'est les seuls petits rôles
12:02qu'on lui permettait d'avoir
12:03puisqu'elle n'avait pas
12:03cette fameuse carte
12:04qui permettait
12:05d'avoir des rôles
12:07où on peut dire
12:08des répliques.
12:10C'est le genre de film,
12:12c'est le genre de divertissement
12:13un peu crétin
12:13comme on peut en tourner
12:14pendant l'Occupation.
12:15C'est de la série Z du moment
12:16et elle va tourner
12:17beaucoup de petits rôles
12:19comme ça
12:20mais ensuite,
12:21le début,
12:23même si c'est la figuration,
12:24le début de sa carrière,
12:25c'est quand même
12:25elle est figurante
12:26dans Les Visiteurs du soir
12:28de Marcel Carné.
12:29Justement,
12:29on va en parler
12:30mais surtout,
12:30dans ce film de Jean Boyer,
12:32Jean Boyer,
12:32on l'a un peu oublié aujourd'hui,
12:34il a fait plein de comédies
12:35qui sont devenues des classiques,
12:36le passe-muraille
12:37avec Garou Garou,
12:38le romance de Paris,
12:40plein de choses
12:40qu'on a totalement oublié
12:42et là,
12:42il l'a repéré
12:43dans un casting,
12:45il l'a trouvé sympa
12:46et simplement,
12:46c'est là où
12:47elle a décidé
12:47de changer de nom.
12:49Parce qu'en fait,
12:50Kamenker,
12:50c'était un petit peu visible
12:52à l'époque
12:52et en fait,
12:53elle a utilisé
12:54le nom de jeune fille
12:55de sa mère,
12:56Signoret,
12:56et en plus,
12:57parce qu'il y avait
12:58un comédien connu avant-garde
12:59qui s'appelait
12:59Gabrielle Signoret
13:00qui ne faisait pas du tout
13:01partie de la même famille
13:02mais elle s'est dit
13:03que ça allait faire
13:04tilt dans l'esprit des gens
13:05et on ne prête qu'aux riches.
13:07Il faut savoir
13:07qu'à l'époque,
13:08elle ne compte pas
13:08faire de cinéma,
13:09Simone Signoret,
13:10elle fait ça
13:11parce qu'il faut bien
13:11gagner sa vie.
13:12Il faut bien gagner sa vie.
13:14Sa mère
13:15et ses deux frères
13:17sont partis à Valréas
13:18travailler dans une blanchisserie
13:19parce qu'ils n'ont plus
13:21les moyens de vivre à Paris
13:22donc elle,
13:23elle est seule,
13:23elle est très très jeune,
13:25elle est assez inexpérimentée
13:26et elle va vraiment
13:26disons s'inventer
13:29sur le tas
13:30au quotidien
13:31dans ce Paris occupé
13:32où elle mène quand même
13:33une vie assez
13:34j'allais dire presque amusante
13:36c'est-à-dire qu'elle ne rentre pas
13:37dans la résistance,
13:37elle ne fait pas de politique
13:38mais il y a un tel fourmillement
13:40et tout se semble tellement possible
13:41pourtant dans un Paris
13:42sous la botte allemande
13:43elle a 4 ans
13:444 années absolument passionnantes.
13:45En même temps,
13:46tout étant possible,
13:47elle frappe à la porte
13:48d'un impresario
13:49ce qu'on ne peut pas imaginer
13:50aujourd'hui
13:50et lui propose des rôles
13:51de figuration.
13:52Voilà, des rôles de figuration
13:53et de toute façon
13:54c'est une époque
13:55où on se réinvente constamment
13:56parce qu'on avance à vue
13:57on ne sait absolument pas
13:58ce qui se passera le lendemain
13:59qui sera à la tête de l'Etat
14:01qui sera ministre
14:02quelles seront les lois
14:03donc c'est une époque
14:04où on avance masqué
14:06mais avec une intensité extraordinaire.
14:08Oui, et puis petit à petit
14:09elle commence à découvrir le cinéma
14:11elle observe
14:12et elle va apprendre son métier
14:13et elle va commencer
14:15à avoir du goût
14:16pour ce métier.
14:17Elle va avoir du goût
14:17pour ce métier
14:18et puis il va y avoir
14:19la rencontre ensuite
14:20avec Yvalet Grec
14:21qui va là.
14:21Mais en même temps
14:22elle apprend sur le terrain
14:23elle n'a pas fait d'école
14:24elle n'a pas fait d'école
14:25elle apprend sur le terrain
14:26et ils sont toute une bande
14:28comme ça du même âge
14:30à s'inventer une vie
14:32parce que c'est une époque
14:33effectivement
14:33où tout étant impossible
14:34tout devenait possible.
14:35Alors effectivement
14:36vous avez cité un film
14:37dont on va écouter
14:38la bande-annonce.
14:39Les visiteurs du soir
14:48de Marcel Carnet
14:49où elle joue
14:49la dame du château
14:50et je crois qu'elle racontait
14:52qu'elle avait été
14:52la dernière figurante
14:54à rester
14:54parce qu'il y avait
14:55un écrémage
14:56à la fin de chaque journée.
14:57Absolument
14:58je crois que Carnet
14:58était terrible
14:59tous les jours
15:00il les passait en revue
15:02et elle a réussi
15:03à passer entre les gouttes
15:04et ça a été
15:05elle le dit elle-même
15:06ça a été trois mois
15:07de grandes vacances
15:07parce que tout à coup
15:08ils sont partis
15:08en zone libre
15:09le tournage était
15:10à la victorine
15:11et au-dessus de Nice
15:12seulement ils avaient faim
15:15c'est-à-dire que
15:16les fameuses scènes
15:16de banquet
15:17dans lesquelles on jouait
15:18la scène a pris du temps
15:20à tourner
15:20la première fois
15:21ils ont mis
15:21de la vraie nourriture
15:22et le problème
15:23c'est qu'au bout d'un quart d'heure
15:23tout avait été mangé
15:24parce qu'il crevait de faim
15:25encore à l'époque
15:25donc après
15:26ils ont mis
15:27des poulets en carton
15:28mais c'est extraordinaire
15:30elle le raconte
15:31de voir jouer
15:32Jules Berry
15:33de voir jouer Alain Cuny
15:34de voir jouer Arletti
15:35bien entendu
15:35avec qui elle entiendra
15:36toujours des rapports
15:38mais pour elle
15:40c'est aussi une école extraordinaire
15:42et en plus
15:43il se trouve que
15:43pourquoi elle est restée
15:44c'est parce qu'elle faisait rire
15:45Marcel Carnet
15:46quand on imagine
15:47Simone Signeret
15:48on n'imagine pas
15:48qu'elle pouvait faire rire
15:49quelqu'un
15:49mais c'était quelqu'un
15:51qui était connu
15:51pour avoir de l'humour
15:52pour être très drôle
15:52pour avoir des fous rires
15:53et d'ailleurs
15:54quand elle sera
15:55elle profitera d'être
15:56dans le sud
15:57pour aller rendre visite
15:58à sa mère à Valréas
15:58donc elle fera tout un périple
16:00parce qu'elle va passer
16:01toute l'occupation
16:02sans du tout voir sa famille
16:03il y a un autre film
16:05d'ailleurs qui à l'époque
16:06est un bit total
16:07et qui est devenu culte
16:08qui est Adieu Léonard
16:09des frères Prévert
16:10avec Charles Trainet
16:11et Simone Signeret
16:12qui fait un petit rôle dedans
16:12elle joue un petit rôle de gitane
16:13alors là c'est encore
16:14l'occasion d'une balade
16:16d'une balade
16:16en zone libre
16:18c'est tourné
16:19non c'était déjà
16:20la zone occupée
16:20c'est tourné
16:21dans le pays basque
16:23c'est un film totalement
16:24totalement lunaire
16:25totalement surréaliste
16:25avec un Charles Trainet
16:26dans le rôle principal
16:27qui est comme toujours
16:28dans ses films
16:29c'est à dire
16:29à la fois très mauvais
16:30et très juste
16:31il se trouve qu'ensuite
16:32donc elle rencontre
16:33Yves Allégray
16:33on est en 43
16:34je crois qu'il est assistant
16:36de Jean Renoir
16:37il est en pleine ascension
16:38et il l'engage
16:40dans un film
16:41qui s'appelle
16:41La boîte aux rêves
16:42alors il l'engage
16:43d'abord
16:43il tombe fou amoureux d'elle
16:44et il arrive à la caser
16:46mais elle a toujours
16:47ce problème
16:48de carte
16:49de carte de cinéma
16:51donc d'autorisation
16:52donc elle ne peut
16:53jouer que des rôles
16:54de figuration
16:54et il faudra attendre
16:56effectivement la libération
16:57pour qu'elle puisse
16:58enfin devenir
16:59la Simone Signor
17:00et qu'on connait
17:00avec des répliques
17:01avec du texte
17:02et d'ailleurs
17:02quand on regarde ce film
17:03le générique du film
17:04elle n'y est pas
17:05et je me suis renseigné
17:06il y a deux figurants
17:07qui ne sont pas crédités
17:08dans ce film
17:09La boîte aux rêves
17:09c'est Simone Signoret
17:11et un débutant
17:12qui s'appelait
17:12Gérard Philippe
17:13alors ça c'est
17:14j'adore apprendre des choses
17:15alors il se trouve
17:17effectivement
17:18il tombe amoureux
17:18et elle tombe amoureuse
17:19parce que lui
17:20lui il vient de divorcer
17:21et elle
17:22elle ne résiste pas
17:23lui alors lui en plus
17:24ce sont des bonnes familles
17:26bourgeoises
17:26chez qui ce genre de choses
17:27ne se fait pas
17:27donc il se brouille même
17:29avec une partie de sa famille
17:30il a une femme
17:32avec qui il ne vit plus
17:33mais ils ont un fils
17:35et donc il plaque un peu tout
17:36il s'installe à Paris
17:37ils vivent rue du dragon
17:38d'ailleurs dans un milieu
17:40où vivait aussi
17:41Gérard Philippe
17:42et Jacques Sigurd
17:44qui était le scénariste
17:45attitré d'Allégret
17:47et il y a une espèce
17:48de vie de bohème
17:49à la fin du Paris Occupé
17:51où ils sont à deux pas
17:52du flore
17:52et tout ça
17:53c'est des gens
17:53qui se voient constamment
17:54en plus
17:55Yves-Allégret
17:56et Simone Sigurd
17:57vivent une vie de bohème
17:59avec Catherine
18:00qui est née en 1946
18:01Catherine née en 1946
18:03Catherine née
18:04enfin d'ailleurs
18:05il y a eu
18:06elle est tombée enceinte
18:07une première fois
18:07juste après la guerre
18:08et ça n'a hélas pas duré
18:12et ensuite
18:13Catherine née
18:13en 1946
18:14au moment
18:15de l'explosion
18:17de Sigurd
18:18et Comédienne
18:18c'est au moment
18:19du tournage
18:19des Envers
18:20ce film a marqué sa vie
18:21elle toujours dit
18:23qu'il a été réussi
18:24parce qu'il y avait
18:25une véritable équipe
18:26qui faisait ça
18:28pour pas grand chose
18:29c'est tourné
18:31dans des conditions
18:31assez compliquées
18:32parce qu'on est juste
18:32après la guerre
18:33on est en pleine période
18:34de reconstruction
18:35et de restrictions
18:36on oublie toujours
18:37que les restrictions
18:38ne sont pas arrêtées
18:39en 1945
18:40ça a duré jusqu'au début
18:41des années 50
18:42donc c'est des films
18:43plus ou moins bricolés
18:44mais ça s'adaptait
18:45d'un roman
18:45qui a eu du succès
18:46à l'époque
18:46et c'est le premier
18:48vrai grand rôle de Garce
18:49de Simone Signoret
18:50qui va en jouer beaucoup
18:51ça se passe
18:52théoriquement
18:53dans le port d'Envers
18:54mais le bourgmesse d'Envers
18:56a refusé
18:56parce qu'il n'avait pas envie
18:57que ça donne
18:57une mauvaise image
18:58de sa ville
19:00alors tout le monde
19:01sait bien ce qui se passe
19:02dans les ports
19:02surtout à cette époque-là
19:03il disait
19:04non non
19:04nous n'avons aucun bordel
19:05tout se passe très bien
19:06et c'est une histoire
19:07et c'est une histoire terrible
19:08de prostituée
19:10et de souteneur
19:11le rôle du souteneur
19:12joué par Marcel Dalio
19:12qui est génial dedans
19:13c'est un film
19:14d'une grande noirceur
19:15et c'est l'explosion
19:17de Simone Signoret
19:18actrice
19:19et d'une beauté
19:21qu'on ne connaissait pas
19:22dans le cinéma français
19:22oui mais elle avait déjà joué
19:24les prostituées
19:24dans un autre film
19:25Macadam
19:26qui lui avait valu
19:27je crois un prix
19:27de la révélation
19:28absolument
19:29qui est un film
19:30assez étrange
19:31réalisé théoriquement
19:32par Marcel Blistain
19:33et en fait
19:34sous l'égide
19:37de Jacques Fédère
19:38qui est avec
19:39Françoise Roset
19:40et Paul Meurice
19:41où elle joue
19:41effectivement
19:42c'est son premier
19:42vrai rôle de putain
19:44il se trouve
19:45qu'il y a eu aussi
19:46Manège
19:46un autre film
19:47L'idée allégrait
19:48alors là c'est
19:48avec Jeanne Marquenne
19:50c'est un duo
19:51de garces
19:52épouvantable
19:52alors ça pour le coup
19:53c'est peut-être
19:54mon signorais préféré
19:55qu'elle tournera
19:55avant Casque d'Or
19:56c'est la dernière
19:57collaboration
19:57avec Yves Allégret
20:00c'est-à-dire qu'au moment
20:01où Manège sort
20:01elle l'a déjà quitté
20:03et c'est un film
20:03d'une noirceur
20:04d'une méchanceté
20:05quand on parle
20:06de films noirs
20:07ou de films sombres
20:07c'est un film
20:08sur la manipulation
20:09c'est vraiment
20:09le portrait
20:11d'une femme diabolique
20:12bien plus diabolique
20:13que dans des rôles suivants
20:14et elle est là
20:16à martyriser
20:16ce pauvre Bernard Blier
20:17juste pour lui prendre
20:19son argent
20:19pour lui prendre
20:20sa vitalité
20:20pour lui prendre sa vie
20:21c'est un film
20:22vraiment à redécouvrir
20:23c'est-à-dire les critiques
20:24ont dit à l'époque
20:24à côté de cette histoire
20:26qu'est des brumes
20:27où Pépé le moco
20:28paraissent totalement euphoriques
20:30mais à tel point
20:31que dans la rue
20:32des spectatrices
20:33qui avaient été choquées
20:33l'alpaguay
20:34la traitait de salope
20:35juste uniquement
20:36parce qu'elle a croisé
20:37dans la rue
20:37alors il se trouve
20:38qu'elle a épousé
20:39Yves Allégret
20:40en 1947
20:41après la naissance de Catherine
20:42mais que tous deux
20:43mènent une vie de bohème
20:44et sont très heureux
20:45comme ça au départ
20:46très heureux comme ça
20:47je pense que lui
20:47est encore très amoureux
20:49elle n'a jamais été
20:50Paul de Yves Allégret
20:52comme elle le sera
20:53ensuite de mon temps
20:53et puis c'est qu'elle n'a
20:55de toute façon
20:55qui vit pour sa carrière
20:56Simone Signor
20:57à cette époque-là
20:57et donc
20:58sa carrière
21:00devient très dense
21:02et puis elle part
21:03elle part en 1949
21:05se reposer
21:06à la Colombe d'Or
21:07en se disant
21:08voilà
21:08et tout à coup
21:09arrive
21:10je pense que vous allez
21:10m'en parler
21:11on va en parler
21:11mais il faut savoir
21:13que ces vacances
21:13c'est Yves Allégret
21:14qui lui avait dit
21:15tiens va à Saint-Paul
21:16devant
21:16s'il y a la Colombe d'Or
21:17un petit hôtel sympa
21:18elle y est allée
21:19et la suite
21:20on va l'évoquer
21:21à travers la date
21:22du 19 août 1949
21:23à tout de suite
21:24sur Sud Radio
21:25avec Nicolas Détienne-Dorvre
21:27pour parler de Simone Signoré
21:28Sud Radio
21:29les clés d'une vie
21:30Jacques Pessis
21:31Sud Radio
21:32les clés d'une vie
21:33mon invité
21:34Nicolas Détienne-Dorvre
21:35Simone Signoré
21:37histoire d'un amour
21:38chez Calman Levy
21:38c'est votre livre
21:39et la sortie
21:40ça correspond
21:41à ses 40 ans
21:43aujourd'hui
21:43de la disparition
21:45de Simone Signoré
21:45très jeune d'ailleurs
21:46à 64 ans
21:47très jeune
21:48mais une vie
21:48très intense
21:49elle a vécu
21:50à 400%
21:51comme on dirait
21:51exactement
21:52alors justement
21:53cette vie intense
21:54il y a une date
21:55qui la marque
21:55c'est le 19 août 1949
21:57elle va se reposer
21:58à la Colombe d'Or
21:59à Saint-Paul-de-Vence
22:00avec Catherine
22:01il faut savoir
22:01que la Colombe d'Or
22:02au départ
22:02c'était un dancing
22:04qui ouvrait le week-end
22:04un café-bar
22:05tenu par Paul Roux
22:06et sa mère
22:07il a fait trois chambres
22:09la Colombe d'Or
22:10les personnalités
22:11sont venues
22:11comme il était sympa
22:12elle venait de plus en plus
22:14Prévers s'est installé
22:15et c'est devenu
22:16vraiment le lieu
22:17le lieu mythique
22:19de Saint-Paul-de-Vence
22:20et qui existe toujours
22:20aujourd'hui
22:21et qui pratique
22:22des tarifs
22:23de grands hôtels
22:24est un très très bel endroit
22:25avec de l'art contemporain
22:27et c'était
22:28c'était le refuge
22:30de Signoret
22:31à cette époque
22:32oui
22:32donc elle y va
22:33avec Catherine
22:33elle prend une chambre
22:34et puis
22:35elle descend un jour
22:36au restaurant
22:37elle descend un jour
22:37au restaurant
22:38et elle retrouve
22:39un copain
22:41de la bande du Flore
22:42qui était le
22:42qui était le guitariste
22:44Henri Crola
22:44et qui était là
22:45en train de parler
22:47avec un grand
22:48et beau jeune homme
22:48et ce jeune homme
22:49c'est Yves Montand
22:50et bien justement
22:51on écoute sa voix
22:51Les feuilles mortes
23:06qui n'a pas marché
23:07pendant 4 ans
23:08qui était dans le film
23:10Les portes de la nuit
23:11qu'on a appelé
23:12Les portes de l'ennui
23:13je crois
23:13qui a été un désastre
23:15et pour Carnet et Prévert
23:17et pour Yves Montand
23:18parce qu'en fait
23:18Yves Montand
23:19remplaçait Gabin
23:20au pied levé
23:21qui avait annulé
23:22sa participation
23:22parce qu'il devait jouer
23:23avec Marlène Dietrich
23:24et Montand
23:25qui était déjà
23:26une star montante
23:27de la chanson
23:27mais qui n'avait jamais
23:28fait de cinéma
23:28s'est retrouvé
23:30comme un chien
23:31dans un jeu de qui
23:32il a été canardé
23:33par la critique
23:34et en fait
23:34il va garder
23:35une longue méfiance
23:36pour le cinéma
23:36Oui
23:37en même temps
23:38s'il est dans ce film
23:39c'est parce que
23:39Edith Piaf a téléphoné
23:40à Marcel Carnet
23:41en disant
23:42prends le petit
23:43et il est très bien
23:44en fait
23:44elle quittait Montand
23:45c'était son cadeau d'adieu
23:46elle avait dit à son propos
23:47il faut savoir
23:48se séparer de son soleil
23:49on ne peut pas le garder
23:50toute sa vie
23:51et ça a été
23:52le premier grand chagrin
23:53d'amour de Montand
23:54d'ailleurs
23:54après Piaf
23:55il n'a surtout pas voulu
23:56avoir une nouvelle histoire
23:58d'amour
23:58donc il a enchaîné
23:59enchaîné les maîtresses
24:00bon il n'arrêtera jamais vraiment
24:02et tout à coup
24:03nous sommes en 949
24:04et il voit cette femme magnifique
24:06qu'il avait vue
24:07dans des films
24:08tout comme elle avait été
24:08le voir sur scène
24:09un jour avec Allegret
24:10mais c'est vraiment
24:11un coup de foudre absolu
24:12c'est-à-dire que
24:12la foudre
24:13tombe dessus
24:14il se regarde
24:15et c'est un amour
24:16mais bouillonnant
24:17qui va durer quand même
24:18pendant quelques années
24:19la preuve elle ne dort pas
24:20de la nuit
24:21et le lendemain
24:21elle vient déjeuner
24:22et là elle va se mêler
24:23à la bande
24:24qui tourne autour
24:25de Montand et Crolat
24:26avec surtout
24:26Jacques Prévert
24:27qui va être un peu
24:28leur Merlin l'enchanteur
24:30qui va être leur filtre d'amour
24:31et cette histoire
24:33et en quelques jours
24:34en quelques jours
24:35c'est un couple
24:35qui se forme
24:36et qui se restera soudé
24:37bon an mal an
24:38jusqu'à la fin
24:39Yves Allégret
24:40était censé arriver
24:41dès qu'il arrive
24:43elle lui dit tout
24:44il la gifle
24:45il prend les enfants
24:45et ils repartent
24:46et c'est le début
24:47de cette histoire
24:47d'amour
24:47qui va être
24:48l'histoire d'amour
24:49iconique en France
24:51dans les années 50
24:52alors si on la reprend
24:53dans le détail
24:53au départ
24:54il y a ce déjeuner
24:55après Montand
24:56doit se reposer
24:57qu'est-ce qu'elle lui propose
24:58pour dire se reposer
24:59dans sa chambre
24:59venez donc dans ma chambre
25:00on l'aurait tous fait
25:01il accepte
25:03il aurait tort
25:04de refuser quand même
25:05à sa place
25:06et tout se passe
25:07très très très vite
25:08avec une simplicité
25:09et une évidence
25:10elle va le soir à Nice
25:11voir son concert
25:12elle va le soir à Nice
25:12voir son concert
25:13ils y sont à Saint-Paul-de-Vorce
25:14donc à une demi-heure
25:14en voiture
25:15et pendant trois jours
25:16ils vivent une vie complètement
25:17de jeunes amants
25:19alors je ne sais pas
25:19comment ils faisaient
25:20avec les enfants
25:20qui étaient à côté
25:21mais enfin
25:21ils étaient organisés
25:22et puis donc
25:24ensuite il faut expliquer
25:25à Allegret
25:25comment ça se passe
25:26et il va y avoir
25:27pendant quelque temps
25:28une espèce de
25:28de modus operandi
25:30modus viandis
25:31pas très clair
25:31où elle reste avec Allegret
25:33tout en étant avec Montand
25:34et puis rapidement
25:35ils vont se rendre compte
25:35que c'est impossible
25:36et voilà
25:37la séparation sera consommée
25:39et ce qui est intéressant
25:39c'est que
25:40elle ne l'a jamais appelé Yves
25:42elle l'appelait Montand
25:43parce que Yves
25:44c'était Allegret
25:44et Montand c'était Montand
25:46et même dans l'entourage
25:48de Signoret
25:49on ne l'appelait Montand
25:50on ne l'appelait jamais
25:50par son prénom
25:51exactement
25:51et ce qu'il faut savoir aussi
25:53c'est qu'elle est venue
25:53le premier soir au concert à Nice
25:56elle n'avait jamais vu
25:57Montand sur scène
25:58Signoret
25:58je crois qu'elle l'avait vue
25:59une fois
26:00apparemment
26:01elle l'aurait vue une fois
26:02mais
26:02c'est pas sûr
26:03mais surtout
26:06elle découvre
26:06quelque chose
26:07qu'on ne voyait pas
26:08c'est-à-dire
26:08un seul en scène
26:09à l'américaine
26:10comme à One Man Show
26:11c'était
26:11elle était de l'école du musical
26:13c'est-à-dire des artistes
26:14qui s'en suivaient
26:15et je crois que les spectacles
26:16de Montand
26:16c'était une chorégraphie
26:18extraordinaire
26:19c'était d'une précision
26:20il arrivait en faisant la roue
26:21il avait un talent
26:22de transformisme
26:23c'était deux heures et demie
26:25de scène
26:25et quand il a fait
26:26le théâtre de l'étoile
26:27qui était une salle
26:28de 2000 places
26:28il a fait six mois
26:30à guichet fermé
26:31les quarts arrivaient
26:32de toute la France
26:33pour voir Montand
26:34et quand il a fait
26:35l'Olympia en 1981
26:36il a appelé
26:37quelques mois avant
26:38Poète Cacatrix
26:39et tous les matins
26:40à 9h
26:40il était à l'Olympia
26:42en secret
26:43pour répéter son spectacle
26:44pour vous préparer
26:45c'était un perfectionniste
26:46extraordinaire
26:47c'est une des choses
26:48d'ailleurs qui a
26:48bouleversé et fasciné
26:50Simone Signoret
26:51c'est le talent
26:53la perfection
26:53la précision de Montand
26:55qui préparait tout
26:56comme un horloger
26:57et que je disais
26:58comme un grand sportif
26:59alors Simone Signoret
27:00a rencontré Montand
27:01grâce à Henri Crolat
27:02finalement
27:02et Henri Crolat
27:03va être aussi celui
27:04qui va leur permettre
27:05de trouver
27:05l'appartement
27:06de leur rêve
27:07place Dauphine
27:08une petite librairie
27:09qu'ils vont transformer
27:11en appartement
27:11et qui s'appellent
27:12la roulotte
27:12parce que c'est tout
27:14en longueur
27:15et aussi en clin d'oeil
27:16aux enfants terribles
27:18de Jean Cocteau
27:19ou aux parents terribles
27:20je ne sais plus
27:21effectivement
27:22ils découvrent cet endroit
27:23pendant la guerre
27:24déjà parfois
27:25elles se promenaient
27:26avec ses copains
27:26de la bande du Flore
27:27sur les quais
27:27elles voyaient
27:28elles disaient
27:28un jour
27:29j'habiterai dans ce coin là
27:30et il se trouve
27:31que miraculeusement
27:31Crolat leur parle
27:32de cet appartement
27:34qui est une ancienne librairie
27:35avec une entrée
27:36côté Quai des Orphèves
27:37une sortie place Dauphine
27:38et en fait
27:39il était intéressé
27:39mais c'est trop cher pour lui
27:40et c'est le moment
27:41où justement
27:42après cette fameuse
27:43six mois
27:44à l'étoile
27:46où Montand
27:46a gagné énormément d'argent
27:48et tout de suite
27:48il investit
27:49il dit
27:49on va acheter ça
27:49et c'est leur nid
27:50et ce qui est très amusant
27:51c'est que ça devient
27:52un des lieux iconiques
27:55des français
27:56parce que
27:57ils ont passé leur temps
28:01à inviter
28:01la presse
28:02les médias
28:02la télévision
28:03ils accèdent à la notoriété
28:05au moment
28:06de l'explosion
28:07de la télévision
28:08de la radio
28:09de la presse
28:10dite people
28:10et donc
28:11dès qu'il y avait
28:12un jeune couple
28:13qu'il fallait suivre
28:14un jeune couple
28:14beau
28:15jeune
28:16fringant
28:16talentueux
28:16c'était les Montand
28:17donc on les voit
28:18découvrir l'appartement
28:19on les voit le décorer
28:20c'est très étonnant
28:21quand on va dans les archives
28:22et il y a une grande glace
28:24dans le salon
28:24et cette grande glace
28:25permettait à Montand
28:26de répéter chaque geste
28:27de son spectacle
28:27tous les matins
28:28absolument
28:28alors il se trouve
28:30qu'il se marie
28:30et la date du 22 décembre
28:3251 à Saint-Paul-de-Vence
28:34n'a pas été choisi
28:34au hasard
28:35Nicolas Etienne d'Or
28:36en fait il voulait
28:37être tranquille
28:37il voulait que les gens
28:38soient occupés ailleurs
28:39il voulait quelque chose
28:39d'extrêmement calme
28:41et d'extrêmement intime
28:43parce qu'il se doutait bien
28:43que sinon la presse
28:44allait se précipiter
28:45et là pour le coup
28:46après avoir été
28:48très très proche
28:48dans les médias
28:49ils ont voulu
28:50avoir un peu de discrétion
28:52et donc ils ont fait ça
28:52à la colombe d'or
28:53avec pour témoin
28:54donc le monsieur Roux
28:56le patron de la
28:57Paul Roux
28:58et Jacques Prévert
28:59et il se dit
29:00qu'une colombe
29:01serait venue
29:02au moment de la bénédiction
29:03il y a beaucoup
29:04de légendes au sujet
29:05mais surtout
29:06il voulait quelque chose
29:06il voulait que ce soit
29:07une date où les gens
29:08soient déjà occupés ailleurs
29:09pour qu'on leur foute la paix
29:10alors il se trouve
29:10qu'à cette époque-là
29:11Simone Signoret
29:12va songer à abandonner
29:13son métier de comédienne
29:14en fait elle est tellement
29:16elle est tellement fascinée
29:18par l'exigence artistique
29:20de mon temps
29:21et en fait elle a envie
29:22d'être juste une femme d'artiste
29:23et lui-même
29:24c'est lui qui veut
29:25lui botter les fêtes
29:25dis donc moi
29:26j'ai besoin d'admirer
29:27moi aussi
29:27et donc il va la repousser
29:29sur le chemin des studios
29:30parce qu'elle était prête
29:31vraiment à renoncer
29:32à sa carrière
29:32pour les beaux yeux
29:34de son beau montant
29:37il se trouve aussi
29:38qu'elle va tourner
29:39dans un film
29:40de Max O'Fulls
29:40Max O'Fulls
29:41que Jacques Demi
29:44considérait comme son maître
29:45à qui il a dédié
29:46son premier film
29:46Lola
29:47c'est vraiment
29:47un homme
29:48qu'on a oublié
29:49mais qui a inventé
29:50le trangling au cinéma
29:51ce film c'est
29:53La Ronde
29:54de Max O'Fulls
29:55Max O'Fulls
29:55qui a tourné
29:57dans beaucoup de pays
29:57qui à la fin
29:58tant mieux pour nous
29:59est venu en France
30:00et a tourné
30:01toute une série
30:01de chefs-d'oeuvre
30:02et c'est une espèce
30:03d'étrange
30:04schéma sketch
30:05inspiré d'un texte
30:07de Schnitzler
30:07dans lequel
30:08comme d'habitude
30:09Fiement Signoret
30:10joue le rôle
30:10d'une prostituée
30:11dans une espèce
30:12de sketch étonnant
30:13avec Gérard Philippe
30:14et d'ailleurs
30:15c'est le moment
30:15où elle reprend
30:16le chemin des studios
30:17et là pour le coup
30:17c'est Montand
30:18qui la suit
30:18et qui est comme
30:20des charbons ardents
30:21a guetté
30:22tous les beaux messieurs
30:23qui peuvent venir
30:24parler à sa femme
30:24exactement comme
30:25à la fin de tous les concerts
30:26elle était dans sa loge
30:27à filtrer
30:28qui rentrerait
30:30et s'il n'y avait pas
30:30des belles admiratrices
30:31Oui d'ailleurs
30:31il se présente non pas
30:32comme Montand
30:33mais comme le mari
30:33Absolument
30:34ça fait chic
30:35Alors il se trouve aussi
30:36qu'elle va continuer
30:37à jouer à les prostituées
30:38dans un film culte
30:39qui est Casque d'or
30:40Casque d'or
30:41c'est le grand rôle
30:43mythique de Simone Signoret
30:44l'acmé de sa beauté
30:45qui est un film
30:46qui a vraiment pas marché
30:48du tout
30:48qui a été assassiné
30:49par la critique
30:50les gens n'ont pas compris
30:50Casque d'or
30:51le film de Jacques Becker
30:52qui met en scène
30:53la vie des apaches
30:54de Belleville
30:55et de cette fameuse
30:56Casque d'or
30:56cette prostituée
30:57avec des cheveux blonds
30:59alors que Simone Signoret
31:00n'était pas blonde
31:01au début du 20ème siècle
31:04et ce tournage
31:06va être une sorte
31:08d'atmosphère
31:09très très douce
31:10et a lieu exactement
31:11pendant le tournage
31:12du Salaire de la peur
31:13qui pour le coup
31:14tourné par Clouseau
31:16avec Montand
31:17qui pour le coup
31:18est un cauchemar
31:18et ces deux tournages
31:19en même moment
31:20sont très symboliques
31:21dans la vie du couple
31:22Oui d'autant plus
31:23que Simone Signoret
31:25va vivre un cauchemar
31:26ensuite
31:26parce que
31:27bêtement
31:28elle va accepter
31:29de tourner
31:29dans les diaboliques
31:30de Clouseau
31:31c'est-à-dire qu'elle connaissait
31:32Clouseau
31:32à la ville
31:33avec qui elle avait
31:34vraiment beaucoup
31:35d'affinités
31:36parce que Clouseau
31:37était un intellectuel
31:38ils avaient des grandes
31:39conversations
31:40et Clouseau réussit
31:41à la convaincre
31:41de jouer
31:41de tourner
31:42dans les diaboliques
31:42parce que
31:43dans ce film
31:44tournait aussi
31:44Vera Clouseau
31:45la femme
31:45d'Henri George Clouseau
31:47qui a insisté
31:48parce qu'elle
31:48qui avait peur
31:49d'avoir un grand rôle
31:50au cinéma
31:50qui avait besoin
31:51d'être en sécurité
31:52donc qui a dit
31:52Simone je veux que tu tournes
31:54avec moi
31:54tu seras ma béquille
31:55et ça a été un cauchemar
31:56parce qu'en fait
31:56Clouseau
31:57qui était donné
31:58de l'autorité publique
31:58à un cinéaste
31:59assez cruel
32:00voire sadique
32:01va martyriser
32:03Simone Signoret
32:03et surtout
32:04il va faire durer
32:05le tournage
32:05beaucoup plus longtemps
32:06que prévu
32:06alors qu'elle était censée
32:07commencer les répétitions
32:09de la pièce
32:10et le sorcière de Salem
32:10qui vont se
32:11une fois de plus
32:12se superposer
32:13avec un timing
32:14et un emploi du temps
32:15harassant
32:16pour Simone Signoret
32:17et d'ailleurs
32:18Paul Meurice
32:18lui aussi a souffert
32:19pendant ce film
32:20puisqu'il y a une séquence
32:21dans une baignoire
32:23il est resté
32:23une journée
32:24dans une baignoire
32:24d'eau froide
32:25pour tourner cette séquence
32:26une séquence magnifique d'ailleurs
32:27il y a une séquence
32:28avec un jeune débutant
32:30qui est tourné
32:30qui est un certain
32:31Johnny Hallyday
32:32absolument
32:33le jeune Jean-Philippe Smet
32:34exactement
32:34un jour
32:35elle reçoit un coup de fil
32:36d'un metteur en scène
32:37anglais
32:38Jack Clayton
32:39qui lui propose
32:40quelque chose
32:40qu'elle n'imaginait pas
32:41absolument
32:42il y a un livre
32:43qui a eu un énorme succès
32:44quelques mois
32:45auparavant
32:46en Angleterre
32:46qui s'appelle
32:47Le chemin de la Haute-Ville
32:48avec un personnage
32:49de femme mûre
32:49qui a une histoire
32:50avec un homme plus jeune
32:51personnage d'Alice Esguil
32:52et Jack Clayton
32:54qui avait déjà croisé
32:55Simone Signoret
32:55lui propose de faire ce rôle
32:56alors que toutes les grandes
32:57actrices anglaises
32:58voulaient le faire
32:59et elle accepte
33:00elle est à un moment
33:00de sa carrière
33:01où elle tourne
33:02un petit peu moins
33:03et elle se dit
33:03pourquoi pas
33:04et surtout
33:05on l'a dit
33:06elle était bilingue
33:07donc elle parlait
33:07très très bien d'anglais
33:08elle va se tourner
33:09ce film un peu
33:10des mains dans les poches
33:11sans se douter
33:12que ça va être
33:12le tournant de sa carrière
33:14Mais pourquoi Jack Clayton
33:15a-t-il pensé
33:16à Simone Signoret ?
33:17Parce qu'elle avait déjà
33:19tourné dans des films
33:20dans des films
33:21excuse-moi
33:24elle avait déjà tourné
33:27dans des films
33:27en Angleterre
33:28et pour un public
33:30anglo-saxon
33:30mais il trouvait
33:31qu'elle correspondait
33:32exactement
33:32à la psyché
33:34de ce personnage
33:34elle avait l'âge
33:35de ce personnage
33:36et c'est un personnage
33:37un peu étrange
33:37et donc le fait
33:38qu'elle soit française
33:39changeait la donne
33:39et donnait plus de profondeur
33:40Et c'est un véritable triomphe
33:42puisque les critiques américains
33:43comparent alors
33:44Simone Signoret
33:45est Greta Garbo
33:46Greta Garbo
33:47elle reçoit le prix
33:48d'interprétation
33:49féminine à Cannes
33:51et ensuite
33:51c'est le triomphe
33:52elle reçoit l'Oscar à Hollywood
33:54elle est la première française
33:55à avoir
33:55la deuxième française
33:56après Paulette Godard
33:58après Claudette Colbert
34:00Claudette Colbert
34:01qui était une française
34:02qui est née à Saint-Mandé
34:04qui a tourné en Amérique
34:05qui a été star en Amérique
34:06et qui était la meilleure amie
34:08de Ronald Reagan
34:08quand il était comédien
34:09absolument
34:10mais est-ce que Claudette Colbert
34:11était considérée encore
34:12comme une française
34:13elle était très américanisée
34:14elle parlait couramment français
34:15je l'ai rencontrée
34:16plusieurs fois
34:16mais surtout
34:17quand on voit
34:18la tête de Simone Signoret
34:20quand elle reçoit son Oscar
34:21elle ne l'imaginait pas
34:22elle le reçoit
34:23contre Catherine Airburn
34:24Doris Day
34:25Elisabeth Taylor
34:26et Audrey Hepburn
34:27et tout à coup
34:27c'est la petite Simone Signoret
34:29qui arrive
34:29c'est Rokudson
34:30qui lui tend le truc
34:31et puis elle dit
34:31et puis même avec
34:32un accent français
34:33elle dit
34:33j'y crois pas
34:34j'y crois pas
34:34j'y crois pas
34:35et c'est bouleversant
34:36et puis ensuite
34:36et c'est pour elle
34:38le début d'une carrière
34:40hollywoodienne
34:40qui va durer jusqu'à
34:41la fin des années 60
34:42c'est ça
34:42et puis il y a eu
34:43d'autres choses
34:44mais on va en parler
34:45à travers la sortie
34:46de ce livre
34:46et la sortie de ce livre
34:47c'est aujourd'hui
34:48le 30 septembre 2025
34:49à tout de suite
34:50sur Sud Radio
34:51avec Nicolas Détienne Dorve
34:52pour évoquer
34:53Simone Signoret
34:54Sud Radio
34:55Les Clés d'une Vie
34:56Jacques Pessis
34:57Sud Radio
34:58Les Clés d'une Vie
34:59mon invité
35:00Nicolas Détienne Dorve
35:01votre livre
35:02Simone Signoret
35:03Histoire d'un amour
35:04chez Calvin Lévy
35:05nous sommes le 30 septembre 2025
35:07voici exactement 40 ans
35:09et bien elle nous quittait
35:11Simone Signoret
35:12et le titre de ce livre
35:13et bien il rappelle une chanson
35:15une des premières chansons de Dalida
35:26l'histoire d'un amour
35:28dont les paroles ont été traduites
35:29par Francis Blanche
35:30à l'époque
35:30il traduisait des paroles de chansons
35:32et c'est vrai que vous avez fait
35:33un livre très particulier
35:34car vous avez choisi
35:35de laisser la parole
35:36à Simone Signoret
35:37Nicolas Détienne Dorve
35:38alors c'était un choix
35:39un choix périlleux
35:40parce qu'en fait
35:40j'avais déjà écrit
35:41deux livres sur ce principe là
35:43un livre sur Mardrichard
35:44un livre sur Arletti
35:45où je me mettais dans la peau
35:46à tout point de vue
35:47de mes héroïnes
35:48et là
35:49pour Signoret
35:50j'ai hésité
35:51parce qu'elle même
35:52a écrit ses mémoires en 76
35:53La Nostalgie n'est plus ce qu'elle était
35:54qui est un excellent livre
35:55qui est un livre d'écrivain
35:56et j'ai fait une première mouture du texte
35:59où je couvrais toute sa vie
36:01et c'était à la troisième personne
36:03et une fois que j'ai eu fini
36:04je me suis rendu compte
36:05que ça fonctionnait pas
36:06ça ne s'incarnait pas
36:07et en fait j'ai mis
36:08mes petits problèmes d'égo
36:11au placard
36:12je me suis dit
36:12bon je vais oser me mettre
36:14dans la peau de Signoret
36:15en oubliant qu'elle est derrière moi
36:16et qu'elle me tape sur l'épaule
36:19j'en dis donc
36:19qu'est-ce que tu fais
36:20et donc je me suis
36:21si mieux rétifié
36:22et j'ai recentré aussi
36:25sur les années 50
36:27sur ce segment extraordinaire
36:29entre le coup de foudre
36:30de la colombe d'or
36:31et la rencontre avec mon temps
36:32et la mort de Marilyn
36:33et je me suis plongé
36:35dans cette vie
36:36qui est extraordinaire
36:37en oubliant
36:38que je ne suis pas signoré
36:39et c'était d'autant
36:40plus difficile à vivre
36:41qu'elle-même le disait
36:43c'était une emmerdeuse
36:44c'était une emmerdeuse
36:45d'ailleurs dans ma tête
36:45je parle je pense
36:47à cette trilogie de romans
36:47en l'appelant
36:48les grandes emmerdeuses
36:49et c'est aussi pour ça
36:50que j'ai du mal
36:51c'est parce que
36:52c'est pas un personnage
36:53qui est immédiatement sympathique
36:54mais une fois qu'on se plonge
36:56dans sa psychie
36:57on se rend compte
36:57que c'est une femme
36:57qui a énormément souffert
36:59qui s'en est prise
37:00vraiment plein à la gueule
37:01mais qui avait une force d'âme
37:03une énergie
37:03et que ce qu'on prenait
37:04parfois pour de l'agressivité
37:07c'est surtout du caractère
37:08de la force
37:10elle avait une grande gentillesse
37:11moi je suis un jour
37:12à Auteuil
37:13pour interviewer
37:14Yves Montand
37:14et Simone Signoret
37:15vous en avez de la chance
37:16et elle a quelques soucis
37:18et je lui parle
37:19et elle me remercie
37:20quelques jours plus tard
37:20en me disant
37:21écoutez qu'est-ce que vous voulez
37:21je vais faire une émission
37:22avec vous
37:23et c'est comme ça
37:23que je suis allé chez elle
37:24un après-midi
37:25enregistrer une émission de radio
37:26d'une heure et demie
37:27dans son salon
37:28et à un moment
37:29mon temps est arrivé
37:30et il a commencé
37:32à faire un grand numéro
37:32en disant
37:33je suis épuisé
37:33je tourne
37:34il a ouvert la porte
37:35théâtralement
37:36en disant
37:37je mange une pomme
37:37et je vais me coucher
37:38elle m'a regardé
37:39elle m'a dit
37:40faites pas attention
37:41chaque fois qu'il y a quelqu'un
37:42qui est là
37:43qui ne parle pas avec lui
37:44il fait le même numéro
37:45ce qui est extraordinaire
37:46ça vous avez bien de la chance
37:47oui mais surtout
37:48ça montre le caractère
37:49la gentillesse
37:50et les rapports
37:51entre Signoret et Montand
37:52qui n'étaient pas simples non plus
37:53pas simples
37:54à la fin de leur vie
37:56il était un peu son grand-fils
37:57c'était une espèce
37:58d'éternel adolescent
37:58qui avait besoin
37:59qu'on s'intéresse à lui
38:00comme un chien
38:00qui vient aboyer
38:01juste pour qu'on lui tape
38:03sur la tête
38:03et même j'ai regardé
38:05sur le site de Lina
38:06de nombreuses interviews
38:07où à chaque fois
38:08que la conversation
38:09devient un peu sérieuse
38:10ou se tourne
38:10sur Signoret uniquement
38:12il ne peut pas s'empêcher
38:13de faire un numéro
38:14de claquette
38:15et de rappeler
38:15qu'il est là aussi
38:16qu'il fredonne
38:17il fait son petit cirque
38:20à lui
38:20mais elle le tenait
38:21en tout cas moralement
38:22elle le tenait moralement
38:23elle était sa boussole
38:25elle était sa colonne vertébrale
38:26intellectuellement
38:27politiquement
38:28on se rappelle
38:28ce qui est devenu Montand
38:29dans les années 80
38:31où il s'est mis à donner
38:31des leçons de politique
38:32en disant un petit peu tout
38:33et n'importe quoi
38:33à la télévision
38:34voilà
38:35elle le tenait
38:36à tout point de vue
38:37oui
38:37alors c'est un couple
38:38fusionnel en politique
38:39car à une époque
38:42les chansonniers disaient
38:42on ne peut pas trouver
38:43une pétition en France
38:44sans qu'il y ait la signature
38:45de Montand et Signoret
38:46oui je crois même
38:47moi je me souviens
38:48je me souviens très bien
38:49quand j'ai appris le jour
38:50de sa mort
38:50voilà
38:51elle n'était pas
38:53elle-même
38:53sans provoquer
38:54une certaine exaspération
38:55dans le public
38:56parce qu'il n'y avait pas
38:57elle tapait du poing
38:58sur la table
38:59dès qu'il y avait une polémique
39:00dès qu'il y avait un sujet politique
39:02il y avait toujours signoré
39:02mais bon
39:03elle était une conscience
39:05de son époque
39:05il y a eu cette chose
39:06c'est qu'elle a toujours
39:07un peu culpabilisé
39:09d'avoir eu une occupation
39:10si je puis dire
39:11que les quatre ans d'occupation
39:12ça a été le tremplin
39:13de sa carrière
39:13elle ne se s'est pas engagée
39:14dans la résistance
39:15et c'était comme une façon
39:16de se faire pardonner
39:18son attentisme
39:19et juste son ambition
39:20professionnelle de la guerre
39:21qu'elle a passé son temps
39:22à partir des années 50
39:23à être de tous les combats politiques
39:25et aussi à accepter
39:26de s'être trompée
39:27c'est-à-dire qu'elle a accepté
39:28de s'être trompée
39:28sur le communisme
39:30ils en sont revenus
39:31ils ont fait un grand voyage
39:32dans les années 50
39:33alors justement
39:33le communisme
39:34le communisme
39:35c'est né au départ
39:36parce qu'ils n'ont jamais
39:37pris leur carte
39:38mais ils adhéraient aux idées
39:39ce qui énervait
39:40beaucoup de gens
39:41en fait ils étaient
39:41compagnons de route
39:42le frère
39:43le frère d'Yves Montand
39:45lui était vraiment
39:46un communiste
39:47encarté
39:49membre de la CGT
39:50il habitait d'ailleurs
39:51chez eux
39:51il était au cinquième étage
39:53au-dessus de chez eux
39:54sur le quai des Orphèves
39:56sur la place Dauphine
39:57et il a toujours été
39:59la conscience politique
39:59de son frère
40:00c'est le père
40:01de Jean-Louis Lévy
40:02le producteur
40:02on ne le voyait jamais
40:03on ne le voyait jamais
40:04mais c'était un homme
40:05voilà
40:05c'était un homme engagé
40:07et
40:07et quand les Montand
40:10vont faire ce fameux voyage
40:11dans les années 50
40:13à l'Est
40:14en fait ils vont découvrir
40:15ce qui se passe
40:16de l'autre côté
40:16du rideau de fer
40:17et c'est vraiment
40:18tintin au pays des Soviets
40:19c'est-à-dire qu'ils se rendent compte
40:19de l'extraordinaire film history
40:21de tout ça
40:21ils le racontent en revenant
40:22et ça va être le début
40:24d'une reconversion politique
40:27heureusement
40:27et une brouille familiale
40:31assez violente
40:32oui parce que
40:33le grand choc au départ
40:34c'est Budapest
40:35les chars soviétiques
40:36qui entrent à Budapest
40:37quelques semaines
40:38avant que Montand
40:39aille faire une tournée
40:40en URSS
40:40ça fait des ordres
40:41ça fait des ordres
40:42la tournée a été revue depuis longtemps
40:43a été repoussée
40:44pour des raisons de tournage
40:45des raisons de planning
40:46et tout à coup
40:46conjointement ça arrive au même moment
40:48et on ne se rend pas compte
40:50à quel point justement
40:51ils étaient populaires
40:52à quel point
40:52ils étaient dans les médias
40:54dans la presse
40:54et donc
40:54la tournée a été annoncée
40:57depuis très longtemps
40:57et là tout à coup
40:58ça devient une vraie polémique
41:00où les gens n'osent répondre
41:01le Figaro contre l'humanité
41:02et ce pauvre Montand
41:03se retrouve pris dans un étau
41:04j'y vais
41:05j'y vais pas
41:06c'est Louis Aragon
41:08qui va lui
41:08Simone Signore
41:09lui demande à Louis Aragon
41:10qui leur conseille d'y aller
41:12et en même temps
41:13quand il est chez lui
41:14il dit non Simone
41:15ça veut dire qu'il y a
41:16la grande honnêteté intellectuelle
41:18de Louis Aragon
41:18grand poète au demeurant
41:19et finalement ils y vont
41:21et ils en reviennent
41:22avec des images extraordinaires
41:23un dîner
41:24où il se retrouve à table
41:24avec Khrouchef
41:25après un concert
41:27où Simone Signore
41:29dit ses quatre vérités
41:30à Khrouchef
41:31au sujet de Budapest
41:32et il le prend très bien
41:33parce que voilà
41:34ils sont avec une jolie femme
41:35ils boivent de la vodka
41:36enfin ce sont des scènes
41:38incroyablement cinématographiques
41:39complètement
41:39et vous leur racontez
41:41en expliquant
41:42que le politburo
41:43les avait réunis
41:44il s'est fait un peu peur
41:45de se retrouver
41:45devant le politburo
41:46surtout ils n'étaient pas prévenus
41:47donc on le met dans une salle
41:48où il y a tout ce qu'on appelait
41:49le présidium
41:50c'est à dire
41:50Molotov, Malenkov
41:52et Khrouchef
41:53qui était quand même
41:54le successeur de Staline
41:55et une malheureuse
41:56petite interprète
41:56qui était là
41:57à donner le change
42:00en se disant
42:00que c'est à tout
42:01elle allait être envoyée
42:01au goulag le lendemain
42:02parce qu'elle avait assisté à ça
42:03alors il se trouve aussi
42:04qu'il y a un autre
42:05tournant politique
42:06c'est la pièce
42:07qu'ils vont jouer ensemble
42:08les sorcières de Salem
42:10qui est au départ
42:11une pièce écrite
42:12par Arthur Müller
42:13contre le maccartisme
42:14contre le maccartisme
42:15qui est un grand succès
42:15au milieu des années 50
42:16et surtout c'est la première fois
42:18qu'ils font du théâtre
42:19et qu'ils font du théâtre ensemble
42:20c'est à dire qu'ils vont jouer
42:21en plus ils vont jouer
42:22un rôle de couple adultérin
42:23donc ce qui est en soi
42:26assez prémonitoire
42:26et ce qui est intéressant
42:27c'est que cette pièce
42:28est montée au théâtre Sarah Bernard
42:30que dirigeait à l'époque
42:31Elvire Popesco
42:32avec une traduction
42:33faite par Marcel Aimé
42:34beaucoup plus douce
42:36et ensuite le film
42:37sera adapté au cinéma
42:38par Raymond Rouleau
42:39qui avait fait
42:39la mise en scène du spectacle
42:40et le scénario
42:42sera signé Jean-Paul Sartre
42:43et sera beaucoup plus raide
42:44beaucoup plus
42:45avec une grille de lecture marxiste
42:47beaucoup plus marquée
42:48et donc l'idée
42:49de ce spectacle
42:50c'est Elvire Popesco
42:51qui n'était pas
42:51une femme facile non plus
42:52un jour
42:53comme elle donnait
42:54des ordres
42:54dans tout le monde
42:55en voiture
42:55elle donne des ordres
42:56à son chauffeur
42:57il en a marre
42:58il revient au théâtre
42:59avec la clé de la voiture
43:00en disant
43:01je l'ai laissé
43:01au milieu des Champs-Elysées
43:02qu'elle se débrouille
43:03moi je démissionne
43:04et Popesco
43:05est dans sa voiture
43:06les bras croisés
43:07au milieu des Champs-Elysées
43:08alors il se trouve
43:09que cette pièce
43:10en plus
43:10c'est le point de départ
43:12d'une rencontre
43:12beaucoup plus tard
43:13avec Arthur Miller
43:14mais aller aux Etats-Unis
43:15après tout ce qui est passé
43:16en URSS
43:17pour mon temps
43:18comme pour Signoret
43:19c'était pas facile
43:20Nicolas Tienne-Dor
43:20ça va prendre
43:21un petit peu de temps
43:22parce qu'ils avaient
43:22des projets hollywoodiens
43:23avant ce départ
43:24et quand ils reviennent
43:25tout est annulé
43:26parce qu'on est quand même
43:28au coeur des années 50
43:29et les américains
43:30ne veulent rien avoir à faire
43:31avec des artistes
43:32qui seraient allés
43:33prêter le flanc
43:35à l'Union soviétique
43:36et il va y avoir
43:37un nombre
43:38de tractations
43:39avec le consulat américain
43:41il faut qu'ils aient
43:42un visa
43:43heureusement
43:43mon temps
43:44finit par être invité
43:45à faire une tournée
43:47en tant que chanteur
43:48à Broadway
43:49et c'est un triomphe
43:51c'est un triomphe extraordinaire
43:52d'ailleurs la conférence
43:53de presse
43:54est animée
43:55par Simone Signoret
43:56elle-même
43:56oui parce qu'elle
43:57elle se retrouve
43:58à être l'interprète
43:59de son mari
43:59en revanche
44:00quand ils arrivent
44:01dans New York
44:01c'est elle
44:02qu'on ne reconnait pas lui
44:03parce qu'entre temps
44:03elle avait joué
44:04Alice S. Gill
44:05dans les chemins
44:05de la Haute-Ville
44:05il se trouve qu'un soir
44:07dans la salle
44:07il y a Arthur Miller
44:08et Marine Monreau
44:10sa jeune femme
44:10absolument
44:11donc ils s'étaient
44:12vaguement croisés
44:13avec Miller
44:13mais sans Marilyn
44:14et Miller
44:15a beaucoup de sympathie
44:16pour eux
44:16parce qu'ils ont été
44:17d'abord ils sont du même bord politique
44:18et ils ont créé
44:19les personnages
44:20des sorcières de Salem
44:22et qui les invitent à dîner
44:23et l'alchimie fonctionne tout de suite
44:26ils s'entendent très bien
44:27mais comme deux couples amicaux
44:28c'est-à-dire qu'ils sont du même bord
44:30et Simone Signoret
44:32voit en Marilyn
44:32en fait elle la voit au saut du lit
44:34elle ne voit pas
44:34la cover girl extraordinaire
44:36elle voit
44:36une petite américaine
44:38un peu paumée
44:38parfois ébouriffée
44:39et dont elle voit
44:41disons
44:42elle voit la coulisse
44:42elle ne voit pas du tout
44:44en elle
44:44une rivale
44:46et au cours du dîner
44:47Marilyn évoque un projet de film
44:49que Carrie Grant doit tourner
44:51le milliardaire
44:52mais on n'est pas sûr
44:53d'avoir trouvé la tête d'affiche
44:54il recherche
44:55il y a plein de partenaires
44:57c'est nos films de George Cucor
44:58plein de partenaires
44:59sont envisagés
45:01Rokutson
45:02Carrie Grant
45:04et toute une série
45:04et il s'hésite
45:06et puis alors
45:06Montand et Coutson
45:07il est très impressionné
45:09et qu'est-ce qui se passe
45:10quelques mois plus tard
45:11c'est à lui qu'on propose le rôle
45:12et il accepte
45:13bien sûr
45:13et donc il va se retrouver
45:15à Los Angeles
45:15à tourner avec Marilyn
45:17dans le même hôtel
45:18avec des chambres différentes
45:19au départ
45:20Simone Signoret est revenue en France
45:21alors la légende prétend
45:23qu'un soir
45:23en répétant la scène
45:25du lendemain dans la chambre
45:26il l'aurait embrassé
45:28comme tous les soirs
45:28pas tout à fait sur la joue
45:29mais sur la bouche
45:30et que ça aurait démarré
45:31comme ça
45:31alors évidemment
45:32on peut imaginer
45:33beaucoup de choses
45:33mais ce qui est assez drôle
45:35c'est que le titre français
45:36c'est le milliardaire
45:38mais le titre en anglais
45:39c'est Let's Make Love
45:40et ce que dit la presse
45:41c'est qu'ils ont pris
45:42le titre au pied de la lettre
45:43exactement
45:43alors il se trouve
45:44comment l'info a-t-elle filtré
45:47c'est qu'un jour
45:47ils sont promenés
45:48dans Los Angeles
45:49main dans la main
45:50et par hasard
45:51un photographe qui était là
45:52a pris le cliché
45:52qui a fait le tour du monde
45:53qui a fait le tour du monde
45:54et Simone l'apprend
45:56d'une façon terrible
45:57elle est rentrée en Italie
45:58parce qu'elle doit tourner
45:59un film à Rome
45:59avec Mastroianni
46:00et en fait
46:01elle l'apprend
46:02en fait on lui met
46:03le journal sous les yeux
46:04ce qui est d'une violence terrible
46:05c'est-à-dire que tout à coup
46:06en l'espace de quelques secondes
46:08elle devient la femme trompée
46:09la plus connue de la planète
46:10elle devient la cocu universelle
46:13et donc pour elle
46:15c'est moins une peine de coeur
46:17qu'une blessure d'orgueil
46:17c'est-à-dire qu'elle savait
46:18que mon temps badinait
46:20elle savait que mon temps
46:21avait des aventures
46:22mais elle lui avait toujours dit
46:22je ne veux pas le savoir
46:24il faut que ça reste en coulisses
46:24et là
46:25être jeté en pâture
46:27sur la place publique
46:28c'est une blessure terrible
46:29et elle répondra
46:30avec beaucoup de classe
46:31comment peut-on
46:32ne pas avoir le béguin
46:33pour Marie-Lyne ?
46:34Oui elle répondra
46:34avec beaucoup de classe
46:35mais je crois qu'elle a
46:35beaucoup beaucoup
46:36beaucoup encaissé
46:37elle a valé
46:37beaucoup de couleuvres
46:38et d'un certain point de vue
46:39elle ne s'en remettra
46:40jamais vraiment
46:41Et d'ailleurs
46:41vous racontez dans votre livre
46:42Nicolas Etiendorf
46:43qu'il a eu beaucoup
46:44d'autres aventures
46:45beaucoup d'autres intercartades
46:47elle était un peu habituée
46:48Elle était habituée
46:49mais en fait
46:49elle était ça
46:50au bout du compte
46:51elle était un peu
46:52sa vieille maman
46:52c'est-à-dire qu'elle le tenait
46:54parfois même
46:55c'est presque à se demander
46:57si elle ne gérait pas l'agenda
46:58mais elle savait
46:59qu'il avait des besoins
47:01comme on disait
47:02mais dès l'instant
47:03que ça n'était pas su
47:04que ça n'était pas officiel
47:04qu'elle-même ne le savait pas
47:06ça allait
47:06mais à partir du moment
47:07où les choses
47:09étaient dans la presse
47:10ce n'était plus possible
47:10Un jour
47:11il a eu une aventure
47:12elle l'a appris
47:13et elle a dit
47:14à la jeune femme
47:15on n'a rien vu
47:16on n'est au courant de rien
47:16Absolument
47:17Alors il se trouve
47:18que c'est à partir
47:18de ce moment-là
47:19qu'elle a commencé
47:20bon elle buvait déjà
47:21elle fumait déjà
47:22mais vraiment
47:23à se laisser aller
47:24Il y a je pense
47:26même des casques d'or
47:27un vieillissement précoce
47:28mais dans les diaboliques
47:30où elle n'a que 33
47:31ou 34 ans
47:32déjà son visage se durcit
47:33mais il y a une bascule
47:35à partir de l'affaire Marilyn
47:36et en fait
47:36d'abord ça commence
47:38à la mort de son frère
47:39Alain Camincaire
47:39où là vraiment
47:40qu'elle vit très très
47:41avec beaucoup de violence
47:42mais là on sent
47:43qu'elle se laisse aller
47:45qu'elle ne fait plus aucun effort
47:45presque pour faire payer
47:47pour faire payer
47:47un montant
47:48quand il rentre le soir
47:49ce qu'il lui a fait
47:50c'est-à-dire qu'elle boit
47:50elle fume
47:51elle mange
47:52elle mange gras
47:54elle fait exprès
47:56de ne pas se protéger
47:59ça n'empêche pas
48:00d'avoir du génie
48:01puisque la vie devant soi
48:02va lui valoir un César
48:03Madame le Juge
48:05qu'elle a tourné
48:05pour la télévision
48:066 épisodes
48:07est un chef-d'oeuvre
48:08de la télévision
48:08comme on n'en voit plus aujourd'hui
48:09il faut les revoir
48:10sur le site de l'INA
48:11c'est extraordinaire
48:11et c'est vrai que
48:12elle va petit à petit
48:14s'éloigner de l'écran
48:14pour écrire
48:15et petit à petit
48:16s'éteindre
48:16mais presque
48:17presque volontairement
48:19elle se laisse aller
48:20elle s'abstrait
48:21il y a ce grand succès
48:22de ses mémoires
48:23au milieu des années 110
48:24la nostalgie
48:25n'est plus ce qu'elle était
48:26600 000 exemplaires vendus
48:28elle passe chez Pivot
48:29elle passe chez Chancel
48:30elle fait toutes les émissions
48:31et Montand
48:33conçoit une certaine jalousie
48:34parce qu'elle avait toujours
48:34une longueur d'avance
48:35il a voulu redevenir comédien
48:37comme elle était grande comédienne
48:38très bien
48:39mais elle est devenue écrivain
48:39et ça l'agaçait
48:41en plus qu'il raconte tout
48:42mais c'est pas comme si lui
48:44n'avait pas tout raconté
48:45si tout ne s'était pas retrouvé
48:46dans la presse
48:46donc il y avait toujours
48:47une idée de revanche
48:48et puis elle a toute fin
48:49c'était son rêve depuis toujours
48:50elle devient romancière
48:51à la fin des années 80
48:53elle écrit ce roman
48:54qui s'appelle
48:54Adieu Volodia
48:55un roman historique
48:56qu'elle écrit
48:57la dernière année de sa vie
48:58et dans une petite pièce
48:59à hauteuil
48:59et au fur et à mesure
49:00qu'elle écrit
49:00elle perd la vue
49:01elle perd la vue
49:02et elle est quasiment aveugle
49:03à la fin
49:03lorsqu'elle met le point final
49:04une fin tragique
49:06mais d'une femme exceptionnelle
49:07qu'on ne doit pas oublier
49:09que vous restiez très bien
49:10dans ce livre
49:10Simone Signoret
49:12Histoire d'un amour
49:13chez Calman Lévy
49:13merci Nicolas Détiendorf
49:15de vous être mis dans sa peau
49:16et de l'avoir écrit
49:17parce que je pense
49:18que c'est important
49:19pour qu'une nouvelle génération
49:20la découvre
49:20c'était le but
49:21merci beaucoup
49:21merci
49:22les clés d'une vie
49:23c'est terminé pour aujourd'hui
49:24on se retrouve bientôt
49:25restez fidèles
49:26à l'écoute de Sud Radio
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