- il y a 11 mois
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Deuxième partie de l'émission de Marshall Truchot, on dirait que sur BFM TV, nous sommes ensemble jusqu'à 18h45,
00:06nous accueillons l'ancien premier Jean-Pierre Infarin. Bonsoir Jean-Pierre Infarin.
00:08Bonsoir, bonsoir à tous.
00:10Nous allons vous aller répondre à nos questions avec Amandine Atalaya,
00:13notamment on va commencer avec l'affaire Nicolas Sarkozy, sa condamnation.
00:17Mais écoutez ce matin ce qu'en disait le patron du parquet national financier,
00:22puisque Nicolas Sarkozy a toujours parlé ces derniers jours, de la haine des juges.
00:25Nous n'avons pas de haine à exprimer. Chacun peut penser, évidemment, ce qu'il souhaite en son fort intérieur d'une situation.
00:34Mais nous, je l'ai déjà dit sur cette antenne Thomas Soto, notre boussole c'est le droit, c'est la règle de droit.
00:42Je vais être plus direct, est-ce que vous, vous avez un problème personnel avec Nicolas Sarkozy ?
00:45Aucun.
00:45Est-ce que vous avez un compte à régler ?
00:46Aucun.
00:47Aucun.
00:47Certainement pas. Certainement pas, et je n'ai jamais eu de compte à régler avec aucun homme politique.
00:53Quand vous avez appris que votre ancien ministre allait passer plusieurs jours, plusieurs semaines, plusieurs mois peut-être en prison,
01:02comment vous avez réagi, humainement ?
01:05J'étais secoué et touché.
01:08Et mon amitié pour lui, même si j'ai eu beaucoup de divergences avec lui, a été très sensible et à vif.
01:15Je mesure le choc que c'est pour lui, pour sa famille, et c'est quand même quelque chose...
01:22En politique, on est habitué à ce que ça soit très très dur, mais là, on a, sur le plan personnel, ce qui lui arrive est quelque chose de terrible, surtout que...
01:30Vous lui avez fait un message de soutien ?
01:31Pardon ?
01:32Vous lui avez fait un message de soutien ?
01:33Oui, enfin, j'ai exprimé mon amitié.
01:36Est-ce que c'est injuste ?
01:37Écoutez, bon, je ne peux pas dire ça parce que je suis républicain et je veux qu'on respecte la justice.
01:46Dans une démocratie, j'ai fait un grand forum au début de cette rentrée en Poitou.
01:51Il y avait mille personnes sur, justement, les démocraties en danger.
01:55Et la conclusion, c'était que l'essentiel de la démocratie, c'est l'état de droit.
01:58C'est ça notre valeur centrale.
02:00Et si on ne respecte pas la règle commune, il n'y a pas de vivre ensemble.
02:03Oui, mais au début, juste après l'énoncé, Jean-Pierre Affin, vous avez relayé des messages très critiques sur les réseaux sociaux à l'encontre de la décision de justice.
02:12Et puis là, vous appelez à... Vous dites qu'il faut respecter la justice.
02:16Moi, j'ai... Attendez, je vais vous dire exactement ma pensée, mais je n'ai pas appelé...
02:21Non, vous avez relayé des messages très critiques.
02:23Non, mais il y a eu des messages très critiques.
02:25Moi, je pense qu'il faut respecter la justice.
02:27Je pense que la justice, et les magistrats notamment, ils appliquent le droit.
02:31Donc moi, je propose tout de suite des changements de notre droit.
02:35Je pense qu'il faut faire assez vite un texte de loi pour que l'exécution immédiate ne concerne que les gens directement et immédiatement menaçants.
02:46Il n'y a aucune menace, Sarkozy, pour le pays.
02:49Donc cette décision immédiate est quelque chose de très difficile à accepter, de se dire, il est présumé innocent, il va en prison.
03:00Et peut-être qu'il va être jugé en appel comme innocent, il aura été en prison.
03:04Et donc on aura cassé quelque chose de très important, alors que le jugement...
03:08Je pense que cette exécution provisoire s'applique quotidiennement.
03:12Mais je pense qu'elle ne doit s'appliquer que pour les gens menaçants pour l'ordre.
03:16Mais on pourrait vous dire que c'est une justice à deux vitesses et que vous protégez l'école Blanc.
03:20Non, mais je protège des gens assez responsables.
03:23Le maire de Toulon, le maire de Toulon, il est condamné en première instance.
03:28Et on lui demande de démissionner immédiatement.
03:31Ça veut dire quoi ?
03:32Ça veut dire que le jugement, il est présumé innocent, parce que c'est la première instance.
03:36Mais comme on lui demande de démissionner, l'opinion publique, l'homme politique est un homme public.
03:41Publiquement, il est sanctionné par sa démission.
03:44Je trouve qu'il n'était pas menaçant, Hubert Falco.
03:47C'est quelqu'un de très, je dirais, sociable et qui...
03:51Donc pour vous, c'est aberrant, inquiétant et injuste ?
03:54Moi, je pense que c'est une mauvaise decision, c'est un mauvais droit.
03:57Donc je n'attaque pas les magistrats.
03:59Ah bah si !
04:00Non, attendez, je n'attaque pas les magistrats, parce que c'est dans le texte de loi.
04:03Vous dites qu'il faut qu'appliquez la loi.
04:04La loi est mauvaise.
04:05Je dis que le politique, sa responsabilité, c'est de changer la loi.
04:09Le politique, c'est de faire la loi.
04:10Mais pourquoi ne pas l'avoir fait avant, parce que le problème se pose depuis des années ?
04:13Mais écoutez, pas dans ces proportions-là.
04:15Là, c'est en effet un cas flagrant, parce que non seulement les preuves ne sont pas évidentes,
04:20parce qu'il y a beaucoup de sujets qui sont en discussion,
04:22et que cette exécution immédiate pose un vrai problème sur nos deux niveaux de juridiction.
04:28Tout ceci fait que la question est aujourd'hui posée de manière très populaire.
04:34Partout, tout le monde vous en parle.
04:35On sort dans la rue, tout le monde vous en parle de ça.
04:37Donc là, on n'a jamais eu de cas si puissants dans l'opinion publique récemment.
04:43Donc je pense qu'il faut se dire, quand on est politique,
04:46et quand on n'est pas satisfait d'un fonctionnement de la justice,
04:49c'est à la loi.
04:50Le magistrat, il applique la loi.
04:50Oui, mais souvent la droite demande une justice plus forte, plus dure, moins laxiste.
04:57Et là, quand il s'agit d'un responsable de droite qui amaye à partir avec la justice,
05:02on a qu'on demande un peu plus de souplesse.
05:04Non, c'est une question de principe.
05:07Il y a un principe de la présomption d'innocence.
05:10Il y a le principe de la double juridiction.
05:12Ce sont des principes qui, là, sont mis en cause par ce type de décision.
05:15Quand on a des délinquants qui sont remis en liberté au bout de 24 heures,
05:20on voit bien, et tous les gendarmes nous disent ça en permanence
05:23quand on discute un peu sur le terrain avec eux,
05:25ils disent, le type, je l'ai arrêté déjà trois fois, mais trois fois il est reparti.
05:28Donc on se dit, il faut bien être plus sévère.
05:31Là, le principe, c'est que les gens qui sont menaçants,
05:34les gens qui sont récidivistes,
05:35les gens qui posent un problème à l'ordre public,
05:37qu'on applique ce type de décision, je suis d'accord.
05:40Mais quand vous avez des gens qui ne sont pas dans une situation de menaçant,
05:43là, il a insisté à tout son procès.
05:45– Il ne va pas fuir.
05:46– Il ne va pas fuir, il dit même qu'il est prêt à donner son passeport, etc.
05:50Donc il n'y a vraiment aucune menace.
05:52– C'est de l'acharmement ?
05:53– Il n'y a pas de menace Sarkozy, je pense.
05:57– Ça veut dire que les juges ont voulu se payer Nicolas Sarkozy ?
05:59L'humilier ?
06:00– Ça, vous ne me ferait pas dire des choses que je ne veux pas dire.
06:03Je pense ce que je veux penser.
06:04– Vous le pensez, mais vous ne voulez pas le dire parce que vous êtes un ancien Premier ministre.
06:07– Non, parce que je suis un républicain,
06:09et que la loi de la République doit s'appliquer.
06:11Et quand on n'est pas content, ce n'est pas le magistrat qu'on attaque,
06:15au Parlement, et on change le magistrat.
06:17– Quand Nicolas Sarkozy dit qu'il y a de la haine de la part des magistrats…
06:20– Je pense qu'il y a dans tout…
06:23– Ce n'est pas républicain de dire ça pour un ancien président de la République ?
06:25– Au total, si.
06:27– Un ancien président de la République ne devrait pas dire ça ?
06:29– Écoutez, il dit ce qu'il veut, il a assumé…
06:33– Est-ce qu'un ancien président de la République…
06:34– Vous vous êtes exprimé en tant que Premier ministre,
06:36en tant qu'ancien Premier ministre,
06:37est-ce qu'un ancien président de la République devrait parler de haine des juges ?
06:40– S'il le ressent comme ça, je ne vais pas lui dire qu'il se taisent.
06:43À partir du moment où il le ressent, il a vécu des heures et des heures de procès,
06:47donc moi, je ne les ai pas vécues, je ne peux pas apprécier ça.
06:49Donc s'il dit ça, c'est qu'il l'a ressenti,
06:51qu'il a mesuré ça dans son fort intérieur,
06:54donc il dit ce qu'il veut dire, et donc je n'ai pas à juger ce qu'il dit.
06:58Ce que je crois vraiment, c'est qu'aujourd'hui,
07:01il y a un certain nombre de sujets qui sont développés partout,
07:05ailleurs comme s'il y avait eu une menace Sarkozy.
07:07Il n'y a pas de menace Sarkozy, donc il n'y avait pas…
07:09– Aujourd'hui, celle qui est menacée,
07:11c'est la présidente du tribunal qui a reçu des menaces de mort.
07:14– C'est inacceptable, c'est inacceptable de menacer les magistrats.
07:17– Est-ce qu'il n'a pas provoqué cela aussi ?
07:19– Je vous le dis, je fais avec vous de la pédagogie,
07:22ce n'est pas aux magistrats qu'il faut s'en prendre,
07:24c'est aux textes de loi.
07:25– Mais est-ce que Nicolas Sarkozy, en réagissant si fort,
07:27n'a pas provoqué aussi cette haine
07:29qui se dirige désormais contre les magistrats ?
07:31– Vous savez, le sentiment d'injustice,
07:33c'est quelque chose de très fort,
07:34et quand vous le ressentez,
07:35quelquefois vous avez du mal à le maîtriser,
07:37et c'est sans doute ce qui peut vous secouer le plus.
07:39Et donc, quand vous avez ce sentiment de haine,
07:41ce sentiment d'injustice,
07:43il est très difficile de le maîtriser.
07:44Je comprends qu'après toutes les heures de procès qu'il a eus,
07:48après toutes les manœuvres,
07:49ses avocats écoutés, un certain nombre de choses,
07:51qui ont été, d'une certaine manière,
07:53un peu, pour lui,
07:56extraordinairement pénétrantes et douloureuses.
07:59Donc je pense que c'est normal
08:01qu'il ait ses propres réactions,
08:03tout le monde aurait sans doute ce type de réactions,
08:04mais aujourd'hui, quand on n'est pas content d'un dispositif,
08:08on essaie de le changer,
08:09et donc ce n'est pas le magistrat qu'on a...
08:11Le magistrat, il applique la loi.
08:12Quand on est politique,
08:14c'est-à-dire notamment qu'on est au Parlement,
08:15là, je pense qu'on a...
08:16On change la loi quand elle n'est pas bonne.
08:18On a à changer,
08:19et de dire que l'exécution immédiate
08:21est réservée aux individus menaçants.
08:23Il y a aussi un débat sur l'impartialité des juges.
08:26On a appris que cette présidente
08:28avait manifesté en 2011,
08:30lorsque Nicolas Sarkozy était aux affaires,
08:32contre sa politique pénale,
08:34puisqu'elle était syndicaliste.
08:36Est-ce que ça vous choque
08:36d'apprendre que des magistrats
08:38font finalement de la politique ou du syndicalisme ?
08:41Je le sais depuis longtemps.
08:43Ce n'est pas nouveau.
08:45Et dans notre pays...
08:45Est-ce qu'ils doivent être syndiqués, les magistrats ?
08:48C'est une question qui peut être posée.
08:50Les militaires ne le sont pas autorisés.
08:53C'est une question qui peut être posée.
08:55Moi, personnellement, ça ne me choque pas,
08:57parce que je crois à l'éthique,
08:58et je crois qu'on peut avoir des positions personnelles
09:00dans ma vie de responsable de pays,
09:03comme président de région,
09:04comme député européen,
09:05comme parlementaire français,
09:06comme ministre,
09:06comme premier ministre.
09:07J'ai souvent eu des décisions à prendre
09:09qui n'étaient pas forcément
09:10toujours en phase avec mes convictions.
09:12Mais au nom de l'éthique,
09:13je devais les prendre.
09:14Et j'ai créé la distance
09:15entre ma conviction et l'éthique.
09:17Et donc, je sais,
09:17c'est l'éthique qui doit conduire
09:19la décision.
09:21Et je pense que...
09:22Là, c'est le droit.
09:23Là, c'est le droit
09:25qui doit conduire la décision.
09:26Oui, mais c'est le fait
09:27de mettre ses convictions en retrait.
09:29Parce que, quelquefois,
09:30le droit, c'est le cas,
09:31le droit donne des capacités
09:33d'interprétation.
09:33Et est-ce que vous croyez
09:34qu'ils les mettent en retrait
09:35vis-à-vis de Nicolas Sarkozy ?
09:37Je pense que vous êtes quand même malicieux.
09:39Vous voulez me faire dire des choses ?
09:40Non, pas du tout.
09:41Je ne veux pas,
09:42comme républicain,
09:43penser que...
09:44Parce que vous parlez de vous-même
09:45en disant
09:46j'ai toujours mis mon éthique de coller.
09:47On a inventé la politique
09:48pour lutter contre la violence.
09:49Notre société est terriblement violente.
09:51La seule façon de lutter
09:52contre la violence,
09:53c'est la règle commune.
09:55C'est le droit qui nous protège.
09:56C'est d'accord,
09:56mais on peut corriger.
09:57Les faibles et protéger pas le droit.
09:58Est-ce qu'on peut affirmer ?
09:59Donc, c'est le droit
10:00qu'il faut défendre
10:01et c'est le droit
10:01qu'il faut améliorer.
10:02Et donc, c'est au Parlement
10:03qu'on doit faire.
10:04Et il faut faire confiance
10:05aux magistrats
10:05pour qu'ils aient une éthique.
10:07De temps en temps,
10:07on peut avoir le sentiment contraire,
10:09mais ce n'est pas un homme politique
10:10aujourd'hui
10:11d'aller faire le procès.
10:12Le mur des cons
10:13a laissé des traces.
10:14Vous le savez bien.
10:15Alors, c'était le syndicat
10:15de la magistrature.
10:17D'ailleurs, Nicolas Sarkozy
10:18était épinglé sur ce mur.
10:19Mais bien sûr,
10:21c'était inacceptable
10:22ce type d'attitude.
10:23Il y a des choses
10:23qui sont inacceptables
10:24dans les comportements.
10:25Bien sûr,
10:26mais je pense
10:27qu'un homme responsable
10:28qui est un responsable politique,
10:30il doit se dire
10:31si je ne suis pas content
10:32de ce jugement,
10:33c'est sur le droit
10:33que je dois travailler
10:34et ce n'est pas sur
10:35la liberté du magistrat.
10:37Non, mais je voulais juste
10:37vous entendre dire
10:38dans le cas inverse
10:39que les juges
10:40ne sont pas politisés.
10:41Alors, à vos yeux,
10:42est-ce qu'on peut faire
10:42l'affirmation inverse ?
10:44Je pense qu'évidemment,
10:45il y a des juges politisés.
10:47Qu'est-ce que ça veut dire
10:47politisé ?
10:48Ils sont comme
10:50tous les autres Français.
10:51Ils sont politisés.
10:52La question,
10:53c'est que je crois
10:53que la magistrature,
10:55c'est une éthique.
10:56Cette éthique,
10:57elle s'apprend dans les écoles.
10:58C'est quelque chose
10:59qui est un exercice professionnel,
11:01tout comme le médecin
11:02qui doit avoir un...
11:03qui respecte
11:04un certain nombre
11:05de règles éthiques.
11:07Et je pense que
11:07prendre de la distance
11:08avec la politique,
11:10quand on est responsable,
11:11ça s'appelle l'éthique.
11:12Moi, ça m'est arrivé
11:12très souvent,
11:13parce qu'il y a un moment...
11:14Et pour se parler, franchement,
11:15les responsables de droite
11:16ne sont pas plus victimes
11:17aujourd'hui de décisions
11:18de justice dures
11:19pour vous
11:19que les responsables de gauche ?
11:20Mais droite ou gauche,
11:21je parle d'un cas
11:22qui est Nicolas Sarkozy,
11:23qui est président de la République.
11:24Mais lui élargit le problème.
11:26Oui, mais traitons ce cas-là,
11:27parlons de ce cas-là,
11:28parce que les autres cas
11:29sont tous très différents.
11:31Mais pour ce qui est
11:31de ce cas-là,
11:32il est évident
11:33que cette décision de justice
11:35a créé un choc
11:35dans l'opinion.
11:36Ça existe.
11:37On en parle partout.
11:38Parce que c'est la première fois
11:40qu'on va mettre
11:41un ancien président en prison.
11:42Oui, et parce qu'il y a
11:44quand même un désaccord
11:45qui existe dans les débats
11:47sur ce sujet.
11:47Est-ce que vous irez le voir
11:48en prison ?
11:49Ça, je ne sais pas.
11:50Je verrai ça avec lui.
11:51Mais si ça lui fait plaisir...
11:52Mais ça, je pense
11:55qu'il est tout à fait possible.
11:58Ça n'enlève pas
11:59le respect que j'ai
12:00pour ce qu'il a fait.
12:01J'ai eu des désaccords
12:02durs avec lui.
12:03J'ai des désaccords
12:03qui ne sont pas effacés.
12:05Mais j'ai des désaccords
12:05et j'ai un respect.
12:06Et d'abord pour la fonction
12:08qu'il a exercée
12:08président de la République
12:09et pour ses qualités personnelles.
12:11Je l'ai vu.
12:11Est-ce que ça abîme la France ?
12:13Est-ce que ça abîme la France
12:14ou c'est juste une histoire
12:15d'un homme ?
12:16Je pense que ça ne fait pas
12:18bien la France.
12:19Mais il ne faut pas exagérer
12:20non plus.
12:21De nombreux pays ont connu
12:23un certain nombre
12:23de secousses de cette nature.
12:26Que la vie française
12:28soit agitée,
12:29que la politique
12:31ne soit pas sacralisée
12:32comme il est dans d'autres pays,
12:33c'est un peu
12:34ce qu'est son,
12:36c'est une démocratie
12:36assez vivante
12:37et de culture
12:38un peu révolutionnaire.
12:39Est-ce que le président Macron
12:41doit le gracier
12:43puisqu'il en a le pouvoir ?
12:45Je pense que le président Sarkozy
12:47a répondu lui-même
12:48à cette question
12:49qu'à partir du moment
12:50où le président exige
12:52qu'il reconnaisse
12:52les faits,
12:53qu'il s'affirme coupable
12:54et qu'il veut défendre
12:55son innocence,
12:56le sujet n'est pas posé.
12:58Parce que visiblement,
12:59Nicolas Sarkozy
12:59n'est pas prêt
13:00à accepter
13:01l'inacceptable.
13:04Ce serait inacceptable ?
13:06De son point de vue.
13:07De le gracier.
13:08De son point de vue
13:09parce que
13:09ce qui serait inacceptable,
13:11c'est de reconnaître
13:12sa culpabilité.
13:13Une grâce
13:14serait-elle acceptable ?
13:16À partir du moment
13:17où la grâce
13:18à un préalable
13:18qu'il l'accepte,
13:19elle n'est pas acceptable
13:19parce qu'il ne veut pas
13:20accepter forcément.
13:22Il nous reste quelques minutes
13:23à un mot
13:24sur la situation politique
13:25du moment.
13:25On a un Premier ministre
13:26qui lui-même avoue
13:27être le plus faible
13:28de la Ve République.
13:30Sébastien Lecornu,
13:30vous êtes d'accord avec ça ?
13:32Un Premier ministre
13:32sans majorité,
13:33ce n'est pas un ministre
13:34très fort.
13:35Qu'est-ce que c'est
13:36qu'un Premier ministre ?
13:36C'est le chef d'une majorité.
13:38Et donc,
13:38quand on n'est pas
13:39de majorité,
13:40et là,
13:40il n'y a pas de majorité
13:41à l'Élysée,
13:42il n'y a pas de majorité
13:42à Matignon,
13:43il n'y a pas de majorité
13:43au Parlement.
13:44Donc,
13:45dans la Ve République,
13:46l'articulation principale,
13:47le fait essentiel,
13:48c'est le fait majoritaire.
13:49Qu'il n'est où ?
13:50Ce fait majoritaire,
13:51il n'est dans l'élection
13:52présidentielle au deuxième tour
13:53car il n'y a que deux personnes.
13:55Et donc,
13:55celui qui est en tête,
13:56il a forcément une majorité.
13:58Et donc,
13:58dans ce contexte-là,
13:59le Premier ministre,
14:00naturellement,
14:00est dans une situation fragile.
14:02Est-ce qu'il doit faire
14:03des concessions
14:04sur la justice fiscale
14:05réclamées par nombre
14:06de Français
14:07et par le Parti socialiste
14:07ou au contraire,
14:08il doit tenir bon,
14:09il ne faut pas davantage
14:10taxer les entreprises ?
14:10Moi,
14:10je propose,
14:11je propose qu'ils comprennent
14:13et plutôt l'exemple
14:14sur l'Allemagne.
14:14ce n'est pas au Premier ministre
14:16d'avoir une proposition
14:17pour que les gens disent
14:18oui ou non.
14:19C'est de mettre ensemble
14:20dans une pièce
14:21les gens qui veulent essayer
14:23de sortir de cette impasse.
14:25Ils n'y arrivent pas.
14:26Alors,
14:26on n'a pas le temps.
14:27Parce que là,
14:28ils les reçoivent
14:28les uns après les autres.
14:29On aura tout le temps
14:30qu'il faut
14:30s'ils sont d'accord.
14:32Je pense que
14:33ce n'est pas
14:34en ayant une proposition
14:35de l'un,
14:36une proposition de l'autre
14:36comme ça séparément
14:37qu'on en sortira.
14:38Ça ne me dit pas
14:39ce que vous pensez
14:39sur la justice fiscale.
14:41La taxe Zuckman,
14:42c'est votre truc ?
14:43Bien sûr que non.
14:44Comment voulez-vous
14:44que ce soit mon truc ?
14:45Je suis quelqu'un de raisonnable.
14:47Je suis en plus
14:48quelqu'un de juste
14:48et quelqu'un qui veut
14:49des emplois pour mon pays
14:50et qui veut de l'innovation
14:51et qui veut des gens créatifs
14:53et des gens qui investissent.
14:54Et donc,
14:55je ne suis pas pour qu'on taxe
14:56les biens professionnels.
14:57Je suis pour qu'on protège
14:58l'activité.
14:59On a quand tous les pays
15:01tout autour de nous
15:01travaillent souvent...
15:02Vous avez vu,
15:02les Français,
15:03dans les sondages,
15:03sont très favorables.
15:04Ça dit quoi, ça, d'ailleurs ?
15:05Que les Français,
15:06finalement,
15:07voudraient qu'on taxe
15:08davantage les plus riches ?
15:09Ça dit deux choses.
15:11La première,
15:12c'est que le travail
15:12n'est pas tout à fait à la mode
15:13et que la deuxième,
15:14c'est que les salaires
15:15ne sont pas assez élevés
15:15pour que les gens
15:17aient plus envie de travailler.
15:19Ils ont encore le voyer.
15:19On parlait de la restauration
15:20tout à l'heure
15:21quand je vois tous ces restaurateurs
15:22qui sont obligés
15:22d'imiter leur nombre de tables
15:24en terrasse
15:24parce qu'ils n'ont pas
15:25assez de personnel
15:26et qu'on voit que les gens,
15:28aujourd'hui,
15:29refusent un certain nombre
15:29de travaux,
15:30en général.
15:32Pas parce que l'emploi
15:33ne leur plaît pas forcément,
15:34mais surtout parce que
15:35le salaire est trop bas.
15:37Justement,
15:37aujourd'hui,
15:38il y avait une réunion
15:38avec les alliés
15:39du Bloc central
15:40du Socle commun
15:41et Sébastien Lecornu
15:42a dit que son futur gouvernement
15:43ferait des propositions
15:44de baisse d'impôts
15:45en faveur du travail.
15:47Donc,
15:48ça veut dire qu'on va
15:48alléger sûrement
15:49certaines cotisations
15:50ou certaines charges.
15:51Ça va dans le bon sens.
15:52Et ça va vraiment
15:53dans le bon sens.
15:54Il faudra trouver des recettes
15:54ailleurs quand même.
15:55Il faudra trouver des recettes
15:57et des économies surtout.
15:59Le sujet numéro un de la France,
16:01c'est les économies.
16:02Mais là,
16:02personne n'ose vraiment en faire.
16:03C'est quand même
16:04toujours très flou.
16:05C'est pour ça
16:07que je pense vraiment
16:07que la méthode
16:09aujourd'hui,
16:09ce n'est pas une méthode
16:10comme elle est aujourd'hui.
16:12Elle est publique.
16:13Il faudrait que les gens
16:13s'enferment
16:14pour que chacun puisse
16:16négocier entre eux.
16:19Il y a une victoire
16:20socialiste sur tel sujet.
16:21Il y a une victoire
16:22des LR sur tel autre.
16:23On arrive à trouver
16:24un équilibre.
16:25Il faut prendre
16:26la méthode des Allemands.
16:27On veut faire des coalitions.
16:28On veut organiser les choses.
16:29On voudrait que les socialistes
16:31et les LR puissent s'entendre.
16:32C'est possible, ça ?
16:34Ça, c'est possible.
16:35Sans freinier ?
16:35Mais c'est possible
16:36à condition qu'on ait
16:38ce qu'on fait quelquefois
16:39pour les élections municipales.
16:40On fait des listes municipales
16:41ouvertes,
16:43mais on passe du temps
16:44à définir un programme.
16:45On passe du temps
16:46à définir un programme.
16:47Les Allemands,
16:48ils passent deux mois
16:48à définir leur programme
16:50de coalition.
16:51Mais une fois qu'ils sont élus,
16:52ils ont 300 pages
16:52et ils appliquent le programme.
16:54Mais nous sommes les Français.
16:55Et vous ne pensez pas
16:56comme Édouard Philippe
16:57que la dissolution
16:58est inéluctable ?
16:59Je pense comme Édouard Philippe
17:00en général.
17:00Justement, c'est pour ça
17:02que je vous demande.
17:02Et là, en particulier,
17:04en effet,
17:05il y a un moment
17:06où les choses vont devenir
17:07très difficiles
17:07et ce sera sans doute
17:08la dissolution.
17:11Mais la dissolution,
17:12ça a été inventé
17:13pour un jour de succès.
17:15C'est le jour
17:15où le président de la République
17:16n'a pas de majorité
17:17qu'il dit aux Français
17:18vous venez de me donner
17:19une victoire,
17:21donnez-moi le Parlement
17:22pour que je puisse agir.
17:23Donc ce serait une nouvelle crise.
17:23Et donc conformez ça.
17:24Là, on a fait une dissolution
17:25un jour de défaite.
17:27J'ai été battu.
17:27Confirmez-moi ma défaite.
17:28Et ils ont confirmé la défaite.
17:30Donc on est dans une situation
17:32où je pense que la dissolution
17:34n'aurait pas forcément
17:35de très bons résultats.
17:37Et simplement,
17:37la présidentielle anticipée ?
17:39Je pense qu'à un moment,
17:40naturellement,
17:41c'est quelque chose
17:42qui s'imposera.
17:42Je ne suis pas favorable
17:44à demander la démission
17:45du président.
17:47La révocation,
17:48tout cela me paraît républicain.
17:51Le président est élu
17:51pour une certaine durée.
17:52Il doit assumer cette durée.
17:53Si on commence
17:54à faire démissionner
17:56les gens quand ils sont en place,
17:57ça va être pour les maires,
17:58ça va être pour les députés.
17:58Dès qu'il y aura des désaccords,
18:00on les mettra dehors.
18:00Or, la stabilité,
18:02c'est quelque chose
18:03qui est très important,
18:04notamment socialement.
18:05C'est la stabilité
18:06qui, pour les plus fragiles,
18:08est la plus profitable.
18:09Merci, Jean-Pierre Raffarin.
18:10Merci d'avoir été...
18:10Merci à vous.
18:11Vous avez été déçu
18:12par François Bayrou ou pas ?
18:14Non, je le connais
18:15depuis longtemps.
18:16Merci, Jean-Pierre Raffarin.
18:18C'est positif.
18:20Ah bon, ah bon ?
18:21C'est des compliments
18:22comme ça,
18:23on en redemande, effectivement.
18:25Que vous êtes malveillant.
18:26Merci, merci,
18:27Jean-Pierre Raffarin.
18:28Merci.
18:29Merci.
18:30Merci.
18:31Merci.
18:32Merci.
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