- il y a 1 heure
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Revenons-en maintenant aux conséquences de la marche chômage à Quentin Doran, que c'était samedi à Lyon,
00:05et on a appris que le parquet avait ouvert deux enquêtes.
00:09Deux enquêtes, et là c'est vers vous que je me tourne, Alexandra Gonzales du service polyjustice de BFM TV.
00:16Enquête ouverte, pourquoi ? Qu'est-ce qui a été vu et entendu alors ?
00:20Le parquet de Lyon a vu sur certaines images des saluts nazis et a entendu, puisque c'est filmé aussi,
00:27des cris à caractère raciste et homophobe et a décidé d'ouvrir deux enquêtes préliminaires pour cela.
00:32Donc la première, pour apologie de crime contre l'humanité, c'est l'infraction qui peut être visée lorsqu'il
00:38y a des saluts nazis,
00:40qui peuvent être qualifiés comme tels, et la deuxième enquête pour injure à caractère raciste et homophobe.
00:46Et donc le but des enquêteurs va être d'identifier clairement les personnes que l'on voit sur ces images,
00:53notamment sur les nôtres aussi, d'ailleurs nos reporters ont pu le filmer.
00:57Mais ça ce sont des points levés.
00:58Mais regardez, cet homme va basculer sa main au moment où il la bascule, voilà.
01:02Ça, ça peut s'apparenter à un salu nazi.
01:04Celui-là aussi, très clairement, à visage découvert d'ailleurs, est un salu nazi.
01:10On a aussi les cris racistes pour les citer.
01:13Il y a par exemple eu un moment où on entend des manifestants crier « sale bougnoule » et le
01:19service d'ordre,
01:20qui est à ce moment-là, le long du cortège, leur dire « attention, attention, il y a les caméras
01:23».
01:23Ça montre bien toute l'ambivalence qu'il pouvait y avoir pour certains lors de cette marche.
01:28Qu'est-ce qu'on risque pour un salu nazi ?
01:30Un salu nazi, s'il est qualifié et qu'on est bien sur de l'apologie de crime contre l
01:35'humanité,
01:36est passible d'une peine pouvant aller jusqu'à 5 ans de prison et 45 000 euros d'amende.
01:41Gabriel Syri-Wari, bonsoir.
01:43Vous êtes maire socialiste adjointe du 18e à Paris, porte-parole d'Emmanuel Grégoire d'ailleurs au municipal.
01:49C'était une marche fasciste ?
01:52C'est une marche manifestement où il y a eu un certain nombre de néo-nazis.
01:57Moi, ce qui m'interroge, c'est que le principe des manifestations,
02:01c'est qu'elles sont permises si elles ne représentent pas de troubles à l'ordre public.
02:06Et là, on voit que manifestement, il s'agit d'un certain nombre de troubles à l'ordre public,
02:10puisque ce sont, comme vous l'avez indiqué, des délits qui sont passibles.
02:15Et ça ne vous étonne pas finalement ?
02:16Évidemment que ça ne m'étonne pas du tout.
02:18C'était prévisible.
02:19Et moi, ce que je constate, c'est que ce genre de marche se multiplie
02:23et que nous en avons aussi régulièrement dans les rues de Paris.
02:26Je pense notamment au 10 mai dernier, où un certain nombre de néo-naziens...
02:31Autorisé pourtant, par le ministère de l'Ontario.
02:33L'Ontario a autorisé, c'était une erreur ?
02:35Oui, je pense que c'était une erreur.
02:36Et à chaque fois, on se dit, mais pourquoi est-ce que ces marches sont autorisées ?
02:39On semble s'étonner du fait qu'il y ait des saluts néo-nazis, qu'il y ait des insultes.
02:46Et ça participe en réalité de la banalisation de ces propos,
02:49de la banalisation des insultes racistes.
02:51Et c'est extrêmement grave.
02:52Victor Ayrault est avec nous également, journaliste politique à Valeurs Actuelles.
02:55Alors, je pose la même question.
02:56Est-ce que c'est une marche fasciste, en fait ?
02:58Alors, généraliser, je pense, des cas particuliers à toute la marche.
03:02Non, ça, je ne suis pas certain qu'on puisse faire l'amalgame à tout le groupe
03:05des 3 000 personnes qui étaient présentes.
03:08Maintenant qu'il y ait eu des personnalités à l'intérieur de cette marche
03:10qui étaient d'extrême droite, on le savait déjà.
03:12Des personnalités connues, d'ailleurs.
03:13Des personnalités pour certaines qui étaient connues, effectivement.
03:16Qu'il y ait des personnes qui faites des saluts nazis, l'enquête le dira,
03:19mais les images, là, pour le coup, me paraissent assez probantes.
03:22Ces personnes-là doivent être retrouvées et condamnées, comme il se doit,
03:25puisque la loi interdit, évidemment...
03:27Du coup, ça veut dire que Quentin était vraiment de cette mouvance-là ?
03:31Il n'y a plus de doute ?
03:31Oui, mais ça, si vous voulez, c'est quelque chose...
03:34C'est compliqué à établir.
03:36Ça n'enlève rien, bien sûr, de la tragédie vécue.
03:41Mais ça veut dire que Quentin était appartenant à cette mouvance et ses amis lui ont rendu hommage.
03:47C'était un militant nationaliste.
03:48Alors, oui, il y a dans les mouvements nationalistes des gens qui sont plus ou moins radicaux,
03:53qui tendent plus ou moins vers le fascisme, vers peut-être le néo-nazisme, etc.
03:58C'est-à-dire qu'on est plus ou moins fasciste ?
04:01Oui, il y a quand même des nuances...
04:02Mais il y a des nuances de fascisme.
04:03On n'est pas souvent, on n'est pas fasciste, on l'est.
04:04Non, il y a quand même...
04:05Il y a des nuances de fascisme.
04:06Il y a des fascistes modérés.
04:08Ce que je veux dire, c'est que le nationalisme n'est pas par essence un fascisme.
04:13Ce n'est pas parce qu'on est un militant, même un militant assez radical, sans être obligatoirement néo-nazi.
04:20D'ailleurs, la famille de Quentin de Ranque, on a eu l'impression en filigrane, en lisant notamment les propos
04:28de leur avocat,
04:29on a la sensation que la famille de Quentin de Ranque a un peu découvert l'ampleur des convictions identitaires
04:34et nationalistes de leur fils,
04:36au moment où justement son passé a un peu ressurgi, son appartenance manifeste à des groupuscules classées à l'extrême
04:43droite, voire à l'outra-droite.
04:44Mais en revanche, sur le trouble à l'ordre public, il faut aussi peut-être...
04:47Il faut poser le pour et contre.
04:48Je ne dis pas qu'il ne faut absolument pas interdire ces manifestations.
04:51Je dis qu'il faut mettre aussi...
04:51Il n'y a pas eu de l'heure, parce qu'il y avait même la crainte d'affrontements avec
04:54des mouvements antifa.
04:55D'une part, bien.
04:56Du coup, ça a été très sécurisé.
04:57Ça s'est mieux passé que ce qu'on attendait.
04:59Mais on ne peut pas se satisfaire de sa vie d'avis en pleine rue en France en 2026.
05:03Ça reste quelque chose...
05:05Évidemment. Mais je veux dire, encore une fois, ces personnes-là doivent être interpellées une par une et doivent être
05:09condamnées comme il se doit.
05:09En revanche, on peut aussi prendre la chose à l'inverse et dire, du point de vue du ministère de
05:13l'Intérieur,
05:14se dire peut-être qu'il vaut mieux encadrer, donc autoriser ces manifestations-là pour éviter les débordements.
05:18Je ne parle pas des saluts nazis, puisque là, ils se repéraient, ils sont condamnés.
05:21Mais pour éviter les erreurs.
05:22C'est-à-dire que si le ministère de l'Intérieur considère que, quoi qu'il arrive, ces gens allaient
05:25manifester
05:26et qu'une manifestation non autorisée, donc non encadrée par des cortèges de police et non surveillée,
05:32allait forcément déborder vers un peu plus grand.
05:33Alors, une manifestation interdite est toujours encadrée quand même.
05:37La police ne dit pas, puisque c'est interdit, on n'y va pas.
05:39Je suis d'accord, mais les risques de débordement sont plus grands lorsque la manifestation n'est pas autorisée et
05:45encadrée.
05:45La règle, d'ailleurs, c'est d'autoriser les manifestations en France.
05:48Et l'exception, c'est que si on considère qu'il y a un trouble de l'ordre, il faut
05:51justifier.
05:52Et on peut faire d'ailleurs des recours devant la justice, devant le tribunal administratif.
05:55Lucas Jacobo Vizbou qui avait travaillé sur ces mouvements.
05:58On avait l'apanage de l'ultra-droite en France, dans ces rues de Lyon.
06:04C'est pas très très nombreux, 3200 selon la préfecture.
06:08Incontestablement, ce qui est intéressant aussi de regarder, c'est que ces mouvances d'extrême-droite,
06:11pendant très longtemps, étaient associées au Front National, à l'extrême-droite traditionnelle.
06:15Ils faisaient partie des mouvements.
06:17Si vous voulez, l'extrême-droite, c'est les groupuscules ultra-violents.
06:19C'est toute une nébuleuse.
06:21Vous avez des catholiques intégristes, le fébriste, vous avez des nôtres, etc.
06:25Qui souvent d'ailleurs, entre eux, ne sont pas d'accord.
06:27Qui souvent ne sont pas d'accord, surtout.
06:28Comme souvent, les groupuscules, il y a des...
06:30Même aujourd'hui, il y a des conflits.
06:32Est-ce qu'il faut soutenir Poutine ? Est-ce qu'il faut soutenir l'Ukraine ?
06:34Ce qui est très intéressant de constater, c'est que dans la mesure du possible,
06:38et c'est pas parfait, loin de là,
06:39le Rassemblement National essaye aujourd'hui de se détacher le plus possible de ces profils-là.
06:45C'est pour ça que Jordan Bardella avait appelé d'ailleurs ses troupes à ne pas participer à cette marche.
06:49Et vous avez des gens comme ça dans le parti.
06:51Vous avez des assistants parlementaires, effectivement.
06:54Vous avez des députés comme M. Bocatelli, je crois, qui est élu dans le Sud-Est
06:58et qui a tenu une librairie non-nazis, ce qui est vrai, évidemment.
07:01Mais on a l'impression que c'est une tendance qui est en train d'être petit à petit,
07:05même si c'est long, même si c'est dur, purgée à l'intérieur de l'extrême droite.
07:10Ce qui est intéressant, en revanche, c'est que du côté de l'extrême gauche,
07:13vous avez des groupes tout aussi violents,
07:15notamment la jeune garde, qui, pour le coup, a tué un individu.
07:18Il faut quand même le rappeler, peu importe ses opinions politiques.
07:22Et ces groupuscules-là sont en ascension au sein de LFI,
07:25c'est-à-dire qu'ils sont des assistants parlementaires.
07:26Et Jean-Luc Bouchon maintient le lien, notamment avec son député, Raphaël Arnaud.
07:31Voilà.
07:31Les deux parties, extrême droite comme extrême gauche, ont des profils problématiques.
07:35La différence, c'est que l'extrême droite essaye, dans la mesure du possible,
07:39soit dans le meilleur des cas, de les virer, soit dans le pire des cas,
07:41de les cacher sous le tapis,
07:44alors que l'extrême gauche a plus tendance à les promouvoir et à les institutionnaliser.
07:49Mais que représentent ces mouvements ?
07:50Parce que j'ai l'impression qu'on se joue aussi un peu à se faire peur,
07:53avec l'ultra-gauche, l'ultra-droite.
07:56Comme ça, c'est très, très minoritaire.
07:57Quand même, ce sont des groupuscules.
07:58C'est marginal.
07:59Il y a eu quelques milliers de personnes,
08:02les mouvements antifa ont manifesté à Rennes, c'était quelques centaines.
08:05En fait, le problème, ce n'est pas qu'ils soient groupusculaires,
08:08c'est qu'ils arrivent à imposer leurs idées groupusculaires
08:10à l'intérieur de parties institutionnalisées.
08:13C'est un entrisme.
08:14C'est une sorte d'entrisme.
08:15Et si vous regardez, à l'intérieur du Rassemblement national,
08:18aujourd'hui, c'est incontestable.
08:19Vous avez des personnes qui ouvrent la bouche pour se détacher
08:22des groupuscules d'extrême droite.
08:24En revanche, observez bien, on va dire,
08:26le campisme des députés à la fille depuis le début de la séquence Quentin.
08:30Personne ne s'est ouvertement opposé à…
08:33En tout cas, ceux qui s'y opposent se taisent.
08:35Se taisent.
08:36Il y a peut-être un malaise, mais ce n'est pas cela qu'on entend.
08:39Se s'opposent à la sanction, par exemple,
08:41ou une démission potentielle de Raphaël Arnaud.
08:45Et si je peux rajouter quelque chose pour faire un parallèle,
08:48en fait, entre l'extrême droite et l'extrême gauche,
08:50il y a un cas qui est totalement passé sous les radars dans les débats actuels,
08:53c'est le 17 février 1995.
08:56Le 17 février 1995, un adolescent de 17 ans qui s'appelait Ibrahim Ali
09:01a été tué par des militants, des coleurs d'affiches du Front National,
09:05alors qu'il passait dans la rue, c'est tout.
09:07À cette époque-là, le Front National de Jean-Marie Le Pen avait dit
09:11« Heureusement que nos coleurs d'affiches étaient armés,
09:13et puis ça pose le problème qu'il y a trop de Comorions à Marseille,
09:16et puis la prochaine fois, vous réfléchirez à deux fois
09:19avant d'embêter nos coleurs d'affiches. »
09:21Et si vous regardez, la sémantique utilisée par le Front National
09:24dans les années 90, quand il était diabolisé, en fait,
09:28est exactement la même que celle qui est utilisée par LFI,
09:33c'est-à-dire inversion accusatoire, relativisme,
09:36on jette la boule puante sur le mort.
09:38La seule différence, et je vais vous dire,
09:39la seule différence, c'est qu'à l'époque, en 1995,
09:42la droite chiracaine avait fait vraiment un cordon sanitaire total
09:46contre le Front National,
09:47alors qu'aujourd'hui, on n'a pas l'impression que la gauche républicaine...
09:51Et certains, François Hollande, il l'a redit encore ce matin...
09:55– Oui, mais je parle de Jérôme Gage, des LPS,
09:58mais ils sont minoritaires au parti.
09:59– On a eu des porte-parole du Parti Socialiste, est-ce qu'il faut mettre...
10:02– Pas du Parti Socialiste, du candidat de Jérôme Gage.
10:05– Emmanuel Grégoire, est-ce qu'il faut mettre un cordon sanitaire
10:08autour de la France Insoumise, comme certains de vos amis socialistes
10:12le disent clairement aujourd'hui ?
10:13Je parlais de François Hollande, Jérôme Gage,
10:15Bernard Casse-d'œuvre ce matin chez nous.
10:17– Il y a plusieurs choses.
10:18La première chose, c'est que la violence politique est évidemment tout à fait inacceptable.
10:21Et ce qu'on ne rappelle pas assez, je crois, c'est que l'objet même
10:24des institutions politiques démocratiques, c'est d'institutionnaliser le débat
10:29et la conflictualité politique pour ne pas avoir de violence, de rue, etc.
10:35Maintenant, et j'aimerais bien qu'on...
10:37Donc évidemment, la mort de Quentin de Ranck, de ce jeune homme,
10:42est tout à fait scandaleuse.
10:43On a tous été horrifiés de ce qui s'est passé.
10:45Personne ne mérite de mourir tabassé dans la rue à 23 ans.
10:49Et donc la violence en politique, je pense qu'effectivement,
10:52les responsables politiques ont cette responsabilité de la condamner quoi qu'il arrive.
10:57J'aimerais qu'on s'intéresse aussi, et je pense que c'est l'objet du plateau par la suite,
11:01à l'opération de récupération politique par l'extrême droite du contexte...
11:06– Vous ne répondez pas à ma question.
11:07– Je pense que j'ai répondu.
11:08– Ma question, c'est est-ce qu'il faut mettre un cordon sanitaire autour de la France.
11:12– Si la question, c'est est-ce qu'il y aura des alliants ?
11:15Je pense que là, vous pouvez me demander à moi et à tous les responsables
11:18ont clairement répondu qu'il n'y aura pas d'alliance avec la France insoumise
11:21aux élections municipales, etc.
11:23Je pense que ça fait un certain nombre de temps.
11:25– Et aux législatives ?
11:25– Non, mais aux législatives non plus.
11:26Le NFP n'existe plus.
11:27Enfin, je veux dire, tout ça, c'est quelque chose vraiment sur lequel
11:31il n'y a plus aucune ambiguïté.
11:32– Il n'y aura plus de désistement au second tour.
11:35– Les désistements, je parle notamment pour le contexte parisien.
11:42Il a été très, très clairement affirmé à plusieurs reprises par Emmanuel Vérard
11:45qu'il n'y aurait pas d'alliance avec la France insoumise, ni au premier, ni au deuxième tour.
11:48Donc il n'y a absolument aucune ambiguïté là-dessus.
11:53Et l'expression, voilà, cordon sanitaire, front républicain,
11:58elle s'applique à l'extrême droite.
12:00La question, c'est celle de l'extrême droite.
12:03Donc aujourd'hui, cette sémantique, ça semble s'appliquer aussi à la France insoumise pour certains.
12:07– Oui, mais parce qu'il y a une…
12:10Je voudrais vraiment qu'on s'intéresse à cette opération de récupération
12:13qui est quand même assez scandaleuse au niveau national.
12:15Parce que je vous ai écouté sur la violence en politique,
12:21la soi-disant désolidarisation du Rassemblement national,
12:24un certain nombre de groupuscules.
12:25Je voudrais parler aussi de la cocarde.
12:27La question de la cocarde qui est un syndicat étudiant
12:30qui est très proche du Rassemblement national.
12:32Il y a même un député européen qui s'appelle Pierre-Romain Thionnet
12:35qui est proche de Jordan Bardella,
12:37ancien secrétaire général de la cocarde,
12:39impliqué dans un certain nombre d'opérations de tabassage d'étudiants ces dernières années.
12:42– Donc le ménage n'est pas encore complètement fait.
12:44– Donc le ménage n'est pas fait du tout à l'extrême droite
12:46sur ce sujet de la violence en politique.
12:48Ça, c'était complètement évident.
12:50Et je voudrais rappeler un chiffre aussi,
12:52c'est que 90% des morts de violence politique en France entre 1986 et 2021
12:58sont le fait de l'extrême droite.
12:59C'est juste pour remettre un petit peu de mesure là-dedans.
13:02Et je pense avoir répondu clairement sur tous les points.
13:04– Je ne suis pas d'accord avec deux points.
13:05Alors d'une part, si l'élément de défense de la gauche,
13:08qui n'est pas forcément votre gauche d'ailleurs,
13:09mais de la France insoumise, c'est de dire
13:10l'extrême droite fait la même chose que nous,
13:12je ne suis pas certain, il va falloir prendre un autre.
13:14– Non, mais attendez, je ne m'exprime pas du tout à ce titre-là.
13:16– Non, non, je veux dire, si c'est de dire les mêmes bons muscules en face,
13:19c'est déjà qu'il y a un problème.
13:21– Non, ce n'est pas ça, c'est qu'on est en train de parler
13:22de manifestations de néo-nazis avec un certain nombre de saluts néo-nazis,
13:29d'insultes, racistes, etc.
13:29– Il y a eu une manifestation de néo-nazis, je veux dire, 90%.
13:33On a trouvé trois cas sur trois mille personnes.
13:35– Je vous ai répondu sur la violence en politique,
13:36on ne peut pas du tout être…
13:37– On est d'accord, mais la différence sur les 90%
13:41de morts imputées à l'extrême droite,
13:43dans violences politiques,
13:44il y a une différence qui est quand même fondamentale, qui est majeure.
13:46C'est que le seul parti aujourd'hui en France
13:49à défendre une milice,
13:51donc qui a une action violente dans la rue,
13:52c'est la France insoumise.
13:53Le Rassemblement National ne le fait plus du tout,
13:55il le faisait au temps du Front National,
13:57et encore en 2013…
13:57– Mais la milice, c'est la jeune garde.
13:58– Mais si la question, c'est la sienne.
13:59– Oui, moi je considère,
14:00pour moi c'est purement et simplement une milice,
14:02quand on dit autodéfense populaire,
14:04ça s'appelle une action…
14:05– Ce n'est pas trop ce qu'elle veut dire,
14:06d'ailleurs autodéfense populaire.
14:07– Ça ne veut rien dire,
14:08c'est pour ça qu'on ne sait pas trop ce que ça veut dire.
14:09– Le peuple ne s'autodéfend pas,
14:11c'est la police qui défend le peuple.
14:12Si quelqu'un est dangereux, on appelle la police.
14:14– L'autodéfense est interdit d'ailleurs.
14:16– Je parle sous le contrôle de l'Alec-Gonzalez,
14:19l'autodéfense interdit.
14:20– Je voudrais quand même répondre,
14:21je veux juste répondre parce que j'ai été interpellée,
14:24je crois qu'il y a effectivement ce qui choque aujourd'hui,
14:28c'est le fait qu'il y ait des proches d'élus
14:31de l'Assemblée Nationale qui soient impliqués.
14:33Et la question de la désolidarisation
14:38vis-à-vis de la violence politique,
14:39et là, je pense que j'étais extrêmement claire
14:41et évidemment, il faut que les responsables politiques,
14:44quels qu'ils soient, se désolidarisent.
14:45– Je suis d'accord avec vous,
14:46mais pour moi, c'est encore plus dangereux que ça
14:48et ce n'est pas vous que je vise du tout,
14:49mais le danger, ce n'est pas qu'il y ait des assistants parlementaires.
14:52Là, on est sur le volet juridique.
14:53Moi, je dis qu'il y a un volet politique et moral
14:55qui est que la France Insoumise cautionne et promeut
14:57l'action de la jeune garde,
14:59qu'on est en train de découvrir
15:00parce que c'est un groupuscule qui existe depuis 2018,
15:02donc qui est assez jeune
15:03et dont on découvre aujourd'hui le sensé de ne plus exister
15:06parce qu'il a été dissous.
15:07– Mais il a été dissous, mais pourtant,
15:09alors ça, c'est encore une fois,
15:10c'est autre chose, c'est de dire,
15:12moi, je pense que ça ne sert à rien
15:13si ce n'est pour le symbole de dissoudre des groupuscules.
15:15– Ils se sont retrouvés à Lyon ensemble.
15:17– Les individus continuent d'exister,
15:18ils continuent de se retrouver,
15:19ils ont des canaux télégrammes,
15:20ils ont des canaux sur les réseaux sociaux,
15:22ils continuent de se rassembler.
15:23– Non, mais c'est vrai, vous avez raison,
15:24ça ne les...
15:26– Ça les disparaît, ils ne disparaissent pas.
15:27– Non, ça ne peut pas en faire des personnes
15:29de se retrouver, de continuer.
15:30– Lorsqu'un parti le défend...
15:31– Ça attéblit administrativement,
15:33parce qu'il y a des avoirs,
15:35il faut reconstituer l'association derrière.
15:37Et d'ailleurs, là, on peut signaler
15:39qu'on l'a appris aujourd'hui,
15:41il y a deux associations d'ultra-droite
15:43et une association d'ultra-gauche
15:45qui sont visées actuellement
15:46par une procédure du ministère de l'Intérieur
15:48pour dissolution.
15:51Alors, ce sont des procédures
15:52qui ont déjà plusieurs mois,
15:53donc elles n'ont pas de lien
15:54avec ce qui s'est passé
15:55et avec la mort de Quentin de Ranque,
15:57mais ce sont donc trois associations,
16:00deux à l'ultra-droite,
16:01une à l'ultra-gauche qui sont visées.
16:02– Lucas, oui, juste pour répondre
16:04aux échanges depuis quelques minutes,
16:07moi, en tant que journaliste,
16:08j'ai un peu une passion triste
16:09ou je ne sais pas, une névrose,
16:10je lis vraiment tous les sondages,
16:11à la fois les sondages qualitatifs
16:13et les sondages quantitatifs.
16:15Et en fait, c'est assez intéressant
16:16parce qu'on arrive à voir
16:17c'est quoi les freins qui empêchent
16:19les électeurs de ne pas voter
16:21à Rassemblement National
16:22depuis une dizaine d'années.
16:23Quand on dit le gros des électeurs,
16:25c'est les classes moyennes
16:26d'environ 50 ans,
16:27donc électeurs lambda
16:28de la France périphérique.
16:30Il y a trois choses
16:30qui, traditionnellement,
16:32empêchent de voter
16:32Rassemblement National.
16:34Le premier point,
16:35c'était tout ce qui était
16:35le positionnement, en fait,
16:37anti-Europe, retour au franc,
16:38du parti.
16:39Ça, c'est fini depuis 2017
16:41avec, on va dire,
16:42la purge de Florian Philippot
16:44et ses proches.
16:45Le deuxième point,
16:46c'était tout ce qui était
16:47la question de l'antisémitisme.
16:48Et aujourd'hui,
16:49quand on regarde des études
16:50qui sont sociologiquement robustes,
16:52comme la radiographie
16:53de l'antisémitisme en France,
16:56et c'est un fait,
16:57je ne sais pas si c'est
16:57la réalité ou autre,
16:58mais en tout cas,
17:00LFI est perçue
17:01comme étant plus antisémite
17:02que le Rassemblement National.
17:03Et d'ailleurs,
17:04dans ses études,
17:05l'alliance faite par l'EPS
17:06avec LFI
17:07fait qu'aujourd'hui,
17:08l'EPS est considérée
17:09comme aussi coupable
17:10de la montée
17:11de l'antisémitisme
17:12en France
17:12que le Rassemblement National.
17:14Le troisième point
17:15qui empêche
17:16les classes moyennes
17:17et, on va dire,
17:17le gros de la population
17:18de voter Rassemblement National,
17:20c'est cet aspect
17:22violent et protestataire
17:23du Rassemblement National.
17:25Il y a peut-être aussi
17:25quelque chose
17:25sur les étrangers, non ?
17:26J'imagine qu'il y a
17:27peut-être aussi un frein
17:28pour les gens
17:28de voter pour le Rassemblement National
17:30en raison de propositions
17:33qui visent l'immigration,
17:34qui allient l'immigration
17:35à la délinquance.
17:36Alors, de manière
17:37très curieuse et factuelle,
17:38ce n'est pas du tout le cas.
17:39Et d'ailleurs,
17:39il y a un livre très intéressant
17:40qui a été rédigé
17:41par une historienne
17:42qui s'appelle Virginie
17:43ou Valérie, je ne sais plus,
17:44Igounet,
17:45qui date de 2012.
17:46Et en fait,
17:47elle interroge Louis Alliot
17:48qui, à l'époque,
17:49est le numéro 2 du parti.
17:50Et Louis Alliot dit
17:50dans l'interview
17:51« En fait, nous,
17:52quand on tracte,
17:53quand on parle d'islam,
17:55d'immigration, de racisme,
17:56on se rend compte
17:56que les électeurs
17:57sont même encore
17:57plus à droite que nous.
17:59Les seules choses
17:59qui les empêchent
18:00de franchir le pas,
18:01c'est l'antisémitisme,
18:02l'aspect violent
18:03et la sortie de l'Union européenne.
18:04Et donc, évidemment,
18:05vous, vous allez dire
18:06que c'est de la récupération.
18:08Le RN va dire
18:08que c'est une opportunité,
18:10mais pour eux,
18:10la séquence actuelle
18:11est effectivement des moyens
18:13de faire sauter
18:13les derniers verrous.
18:15Donc, Bardella,
18:16d'une façon assez baligne,
18:17en disant publiquement
18:18« Je veux que Métrou
18:19ne participe pas
18:20à cet hommage »,
18:21c'était une façon
18:22de dire « Voyez,
18:22on n'est plus violent,
18:23on n'est plus... »
18:24C'est pas très malin.
18:25Enfin, on n'a pas besoin
18:26d'avoir un master
18:27en sociologie électorale
18:28pour se rendre compte de ça.
18:29Mais d'une certaine façon,
18:31c'est comme si
18:31des partis comme le PS,
18:32en réalité,
18:33et c'est ça, en fait,
18:34le paradoxe,
18:35se placent comme
18:35des combattants
18:36du Rassemblement national,
18:37ce qui est tout à fait
18:38allouable pour ma part,
18:39mais en réalité,
18:40en fait,
18:40on tendance plutôt
18:41à le renforcer.
18:42C'est-à-dire que
18:42tant qu'il n'y a pas de digue,
18:44qu'est-ce qui va empêcher
18:44le RN,
18:45ou en tout cas
18:46des gens de l'air,
18:46de dire « Nous,
18:47dans ce cas-là,
18:47on va faire aussi
18:48l'union des droites
18:49puisque le PS
18:50est allié à la FI ».
18:51Mais je veux encore
18:52revenir là-dessus.
18:52Il n'y a pas d'alliance
18:53du PS avec la FI.
18:55Il y en a eu en 2020,
18:55il y a eu une.
18:56Oui, non, mais...
18:57Avec le soutien de la jeune garde,
18:58justement.
18:58Il y a eu un accord,
19:00je répète,
19:00c'était un accord
19:01électoral très ponctuel,
19:02c'est vraiment
19:03de l'histoire ancienne
19:04et là,
19:04je pense quand même...
19:05C'est pas si clair quand même.
19:05Pour le RN,
19:06on remonte dans les années 90,
19:07mais pour le NFP,
19:08là, c'est l'histoire ancienne,
19:09les 2024.
19:10Non, mais attendez...
19:11C'est pas très...
19:11C'est pas vraiment ancien,
19:12c'est...
19:14Non, non, mais attendez...
19:16Il y a besoin.
19:16Déjà, vous mettez...
19:18Vous pensez vraiment
19:19que le Rassemblement National
19:20a rompu déjà
19:21avec tous ces courants-là
19:23de ces années-là ?
19:23C'est pas seulement
19:24par électoralisme
19:25ou par stratégie.
19:26C'est que les groupuscules
19:27ne se reconnaissent même plus
19:28dans le Rassemblement National
19:28aujourd'hui.
19:29C'est le pro-spot à gauche.
19:30L'antisémitisme
19:31et la violence
19:32et l'Europe,
19:33les groupuscules considèrent
19:33que le RN est devenu
19:34un parti comme un autre.
19:35Un dernier mot.
19:35Tous les responsables socialistes
19:37ont été extrêmement clairs
19:39sur à la fois
19:39la condamnation
19:40de ce qui s'est passé,
19:41la condamnation
19:42de l'attitude
19:43de Jean-Luc Mélenchon
19:44vis-à-vis, effectivement,
19:45de l'absence de réaction
19:47et, effectivement,
19:48si les responsabilités
19:49sont établies,
19:50il faut absolument
19:51prendre ses distances.
19:53Je veux dire,
19:53la question de la violence
19:54aux politiques,
19:55elle est absolument centrale
19:56et je pense qu'il n'y a
19:57absolument pas d'ambiguïté
19:58là-dessus.
19:58Donc, c'est un peu désagréable
19:59de se l'avoir remis
20:00sur le plateau
20:01de manière perpétuelle
20:03alors que, systématiquement,
20:05on est tous extrêmement clairs,
20:06je pense, sur le sujet.
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